Gregg Allman.

BIOGRAPHIE.

 

GREGG ALLMAN/Nashville (Tennessee)

 

Gregg allman 1

 

Né Gregory Lenoir Allman, dit Gregg Allman.

Né le 8 décembre 1947 à Nashville (Tennessee),décédé le 27 mai 2017 à Richmond Hill (Géorgie/USA).

Années actives:de 1965 à 2017.

Labels:Liberty Records,Atco Records,Capricorn Records,Epic Records.

Genre musical:blues-rock,rock,blues.

Site officiel:www.greggallman.com

Le cadet d’une fratrie légendaire.

La fratrie Allman est peut être la plus brillante que le rock ait révélé. Avec la mort de Gregg, le plus jeune, en mai dernier (2017), une page se tourne, le livre du rock sudiste se referme. Duane Allman, l’ainé, compte parmi les meilleurs guitaristes de tous les temps. De quelques mois son cadet, Gregory Lenoir Allman, dit Gregg (ou Greg) Allman, est lui un excellent chanteur de rock et de blues. Pianiste, guitariste, auteur, compositeur et interprète, il est, avec feu son frère Duane disparu à un carrefour au sommet de sa gloire fin octobre 1971, membre fondateur du légendaire Allman Brothers Band.

Gregg en 1947, comme Duane en 1946, sont tous deux natifs de Nashville dans le Tennessee, épicentre de la country, fief des plus grands endroits d’enregistrements. Ils viennent au monde quand la capitale de cet état du sud est des Etats-Unis connait un développement exceptionnel dans la construction de ces studios. Prémonitoire.

Fils d’un gradé de l’armée américaine, Gregg et son frère perdent leur père très jeunes (2 et 3 ans), assassiné par un auto-stoppeur lors d’une perm’ lors du Noël 1949. La maman Geraldine fait du mieux qu’elle peut pour élever ses enfants ; l’un comme l’autre intègrent la très austère école primaire de Lebanon (Tennessee), la Castle Heights Military Academy. Mama A veut le meilleur pour eux, qu’ils finissent puisatiers, vendeurs de hot dogs ou danseurs ; la famille déménage en 1958 à Daytona Beach, en Floride. Deux ans plus tard, Gregg et Allman commencent à amasser les petits boulots pour se payer, une guitare pour le premier, une Harley pour le grand frère.

Gregg allman 4

Des Houserockers à l’Allman Joys.

Gregg se passionne très tôt pour l’instrument, mais c’est le frangin qui en devient l’expert mondialement reconnu dans le groupe mythique qui les réunit une énième fois, l’Allman Brothers en 1969. Duane étant plus doué que lui, il transfère sa passion de la musique vers l’orgue et le piano ainsi que le chant.

Avant de connaître la popularité avec ce monstre sacré du rock sudiste, les Allman évoluent ensemble dans des formations locales telles que les Houserockers (And The Untils), les Escorts, les Allman Joys ou The Hour Glass qui préfigure directement Allman Brothers Band.

The Houserockers And The Untils est le premier d’entre eux. Il est alors constitué d’une section rythmique batterie-basse-piano, les Houserockers, face à laquelle se trouvent trois chanteurs, les Untils. Il y touche ses premiers gains : 6 dollars la soirée d’été.

La suite se fait avec les Escorts (1963) qui mutent vers l’Allman Joys et se font alors remarquer par John D. Loudermilk lequel les orientent vers les studios où le duo Allman enregistre Spoonful (1966). La qualité de ce titre en surprend plus d’un et notamment Bob Johnston de CBS et producteur de Dylan qui les auditionne ; en avance sur leur époque, les jeunes frangins signe ici un pacte avec la célébrité.

Les Hour Glass avant ABB.

The Hour Glass (1967/1968) correspond à leur déménagement sur la scène de Los Angeles. Formé sur les cendres de l’Allman Joys et des Men-Its, le groupe ne rencontre pas le succès, malgré le fait d’avoir ouvert pour des formations comme les Doors ou Buffalo Springfield et ses passages dans les clubs huppés de la place, le Troubadour ou le Fillmore West. Ses deux albums pour Liberty Records, avec lequel John McEuen (Nitty Gritty Dirt Band) les met en relation, ne se vendent pas (The Hour Glass/1967 et Power Of Love/1968), malgré l’apport de l’écriture de Gregg.

Dépitée, la fratrie Allman se détache de Hour Glass, quitte la Californie pour la Floride et Jacksonville, malgré les menaces de poursuites du label. Tenté par une carrière solo, Gregg prolonge son séjour angelin de quelques mois et rejoint son frère un peu plus tard, quand l’idée de former l’Allman Brothers Band germe dans les esprits de Duane et de son nouveau pote Butch Trucks. Gregg est alors solliciter pour être de la partie, Duane ne peut l’envisager autrement. Allman Brothers Band naît en mai 1969 qui, grâce à un excellent rock coloré de soul, va devenir un des plus grands groupes de l’histoire du rock.

Gregg et duane allman

Une légende du rock prend forme en Floride.

Hormis son frère et Butch Trucks, Gregg Allman partage cette fabuleuse, mais dramatique aventure, avec Berry Oakley, Dickey Betts et Jay Jaimoe Johanson.

Prisé du public, l’Allman Brothers Band est également très apprécié de la critique et de son milieu professionnel.

La mort tragique de Duane en moto, après deux excellents premiers albums, puis de Berry Oakley dans des circonstances similaires, fragilise la formation star de la maison d’éditions Capricorn, installée à Macon. Elle est alors au sommet de sa gloire.

Ces disparitions amènent l’Allman Brothers Band, qui prend le parti de ne pas remplacer Duane, à prendre une autre direction musicale, sous l’influence de Dickey Betts et avec l’arrivée de Chuck Lewell.

Ce dernier, utilisé par Gregg Allman sur un premier LP solo enregistré en parallèle, Laid Back (1973), favorise son intégration dans une formation alors de plus en plus en proie aux tensions et consommatrice abusive de drogues.

Le déclin s’annonce avec Win Lose Or Draw (1975), le cinquième volet du catalogue du groupe floridien. En mai 1976, l’inévitable arrive : le groupe explose après que Gregg Allman soit arrêté en possession de stups et s’en sorte par des biais pas très clairs, ni avouables. Cette fin de cycle nébuleuse est mise à profit par Chuck Leavell qui en profite pour aller créer Sea Level en convaincant Lamar Williams de le suivre dans son projet tandis que Gregg Allman et Dickey Betts continuent en solo.

Exceptionnel Laid Back.

Laid Back ouvre la page personnelle de Gregg Allman. Il rétablit une certaine justice si l’on considère que l’auteur-compositeur et chanteur a souvent été mis dans l’ombre de son cadet, élevé au rang de mythe, tout en ayant pris une part très active dans la réussite de l’Allman Brothers Band.

Gregg allman 2

« S’il arrive que nous reformions l’Allman Brothers Band comme au bon vieux temps, ce ne sera pas pour une nuit seulement.

Il faudra derrière une belle tournée dans des grandes villes. Et si je rejoue à nouveau avec Dickey (Betts), ce sera dans ce cadre là. Devant notre public, celui qui nous a toujours soutenu.

Mais bon, ne vous attendez pas à ce que cette réunion se fasse du jour au lendemain. Pas avant 2017, c’est certain. » (Gregg Allman)

 

Musicien très précoce, Gregg est un excellent joueur de claviers et d’orgue notamment, doublé d’un songwriter et d’un vocaliste de grande qualité. Les plus assidus à l’artiste se souviennent des It's Not My Cross to Bear, Whipping Post, Dreams, écrits alors qu’il n’a pas encore 22 ans, puis de Midnight Rider, Melissa, Stand Back, Don't Keep Me Wonderin', Waste Words, Come and Go Blues, ou Ain't Wasting Time No More. La liste est longue…

Laid Back est là pour remettre l’église au milieu du village, d’une part, de par son niveau exceptionnel, de l’autre sur le plan de la confiance et de la motivation, évanouies avec le traumatisme né de la perte cruelle de son frère. Le décontracté et mélancolique Laid Back, taillé sur mesure pour sa voix et son jeu, est certainement ce qu’il a fait de mieux. Libéré de l’extraordinaire popularité de l’Allman Brothers Band d’alors, ce disque retrouve depuis de belles couleurs.

Entre le cœur et la raison.

Gregg Allman se partage ensuite entre son groupe de cœur et sa carrière personnelle auréolée d’un nouveau LP live en 1974. The Gregg Allman Tour est enregistré au Carnegie Hall et au Capitol Theatre. Autre temps fort du catalogue de l’artiste, il bénéficie du soutien des voisins de Cowboy, colocataires de la maison Capricorn.

Gregg allman cher

Consommateur de drogues et d’alcool, Gregg Allman, marié à la chanteuse Cher (1975/79) relance parallèlement l’Allman Brothers Band avec les tauliers Betts, Johanson et Trucks.

Le très réussi Playin’ Up A Storm (1977) et le pitoyable Two The Hard Way (avec sa gazelle) viennent compléter sa discographie personnelle et Enlightened Rogues (1979) rajouter une ligne au C.V d’Allman Brothers.

Malgré la qualité de ce dernier travail collectif des 70’s, le public se détourne de ces pionniers du southern rock, lâché la même année par un label en proie à de très gros problèmes financiers. Tout ce joli monde rentre dans le rang à l’amorce des années 80.

L’avenir sous ABB ?

Les 80’s voient Greg renaître avec le Gregg Allman Band, appelé aussi Gregg Allman & Friends.

Survivant d’un milieu et d’une vie sur les routes  qui l’ont exposé à toutes les tentations et les pièges, revenu de 6 mariages, Gregg Allman revient en 2012 avec le convaincant Low Country Blues, opérant ainsi un des plus surprenants come-back de ces dernières années.

Il est aujourd’hui un homme comblé dans sa vie de tous les jours et qui, malgré une santé que le rock a rendue précaire (hépatite C, greffe du foie), aime plus que tout autre l’art qu’il pratique avec compétence depuis 50 ans. La preuve, il parle encore d’avenir avec l’Allman Brothers Band (RAZOR©2015).

DISCOGRAPHIE ALLMAN BROTHERS BAND 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Abb 70

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

THE ALLMAN BROTHERS BAND – 1969  5/5

 

Publié le 30 novembre 1969.

Produit par Phil Walden.

Durée:33:18.

Label:Capricorn Records (Atco).

LP couplé en 1973 avec Idlewild South sous Beginnings.

 

Accueil mitigé…et pourtant !

 

Groupe américain originaire de Macon en Géorgie, la formation des frères Duane et Gregg Allman compte parmi les sommités du rock sudiste. De bar en bar, les Allman, Betts, Oakley, Trucks et Jay Jay Johanson vont rendre populaires les mélodies et le son de ce genre musical. Le Sud des Etats-Unis est le territoire où ils vont sévir.

Avec leurs cheveux longs, leurs baccantes tombantes et leurs tenues cuir et clous, ces hippies sudistes séduisent le milieu des bikers et des Hell’s Angels. Leur popularité se faisant croissante, un premier album paraît. Eponyme dans un ton essentiellement blues-rock, apprécié par la presse, mais ignoré par le public.

Dreams, et Whipping Post (titre figurant dans la liste des morceaux ayant marqué le rock) posent les jalons de ce que va être ce groupe mythique et deviennent incontournables dans les concerts du groupe.

L’album, sorti en 1969, recèle une excellente musique. Il est réédité en 1972 (Beginnings) sous forme de double (album éponyme + Idlewild South).

Ce LP s’ouvre par un instrumental, Don’t Want You No More de Spencer Davis, une sorte de locomotive qui tracte dans son sillage, avec force, talent et complémentarité (quel line-up que celui-ci !) 6 autres wagons-titres solides, accrocheurs, et ce, jusqu’à l’arrivée en gare et dont le  sublime Whipping Post est le point d’orgue. Aucune faille, entretemps. Le train Allman Brothers est sur les rails de la gloire. C’est une révélation.

S’il est un reproche que l’on peut faire valoir à propos de cet album, c’est sa longueur. Il est beaucoup trop court pour la beauté de son blues rock et le plaisir, l’émotion qu’il suscite ! Duane Allman, le génial guitariste et légende du rock, est omniprésent. Berry Oakley affiche des grosses qualités à la basse. Les deux potes mourront jeunes et dans les mêmes circonstances, au même endroit, à un an d’intervalle. Il est des légendes qui ne s’inventent pas. Pour moi, cet album est un inévitable classique du rock à posséder. Pourquoi un tel monument du rock est-il passé entre les gouttes du succès ? Difficile à expliquer, si ce n’est le peu d’engouement et de popularité qu’avait, au moment de sa sortie, le blues rock (RAZOR©).

 

1. Don’t Want You No More.

2. It’s Not My Cross To Bear.

3. Black Hearted Woman.

4. Trouble No More.

5. Every Hungry Woman.

6. Dreams.

7. Whipping Post.

 

Duane Allman:slide guitare,lead guitare.

Gregg Allman:chant,orgue.

Dickey Betts:lead guitare.

Berry Oakley:basse,choeurs.

Butch Trucks:batterie.

Jai Johanny "Jaimoe" Johanson:percussions,congas.

 

LP Studio 2 - 1970

 

Idlewild south cover

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

IDLEWILD SOUTH – 1970  4/5

 

Publié en septembre 1970.

Produit par Tom Dowd.

Durée:30:19.

Label:Capricorn (Atco).

LP couplé en 1973 avec The Allman Brothers Band (1969) sous Beginnings.

 

Merveilleusement construit.

 

Le deuxième album de l’Allman Brothers Band, datant de 1970, a suscité des commentaires élogieux de la critique et c’est tout à fait justifié et mérité. Ce disque est merveilleusement construit avec des titres concis, l’idéal pour un passage sur les antennes. C’est un délicieux mélange de rock, de blues, de jazz et de soul.

L’Allman Brothers Band est attendu au tournant après son premier album éponyme très réussi. Pour la petite histoire (et je sais que vous en êtes friands), le nom donné à l’album, Idlewild South, est celui d’un ranch dans lequel le groupe avait pris l’habitude de se réunir.

L’album met au grand jour trois morceaux extraordinaires : Revival, signé Dickey Betts, un incontournable du groupe et qui était une base de leurs concerts (Jai Jai et Butch aux percussions et batterie, c’est quelque chose !), Midnight River (Gregg Allman), une bien belle ballade soul ponctuée par un solo de Dickey et qui illustre à merveille le rock sudiste ainsi que l’instrumental curieux et jazzy qu’est In Memory Of Elizabeth Reed de Betts (il paraît que l’inspiration aurait été puisée sur une tombe d’un cimetière de Macon, leur ville).

On appréciera tout autant le hot rock Don’t Keep Me Wondering, un country-blues portant toujours la signature de l’aîné des Allman, le retour aux racines blues réalisé avec la reprise du classique Hoochie Coochie Man de Willie Dixon. Le blues, leur terroir, reprend ses droits dans le dernier morceau de l’album, Leave My Blues At Home. Seules petites ombres au tableau, ce dernier titre cité, et celui qui le précède sur le LP, Please Call Home qui, bien que n’ayant aucune remarque à faire quant à leur interprétation, sont malgré tout en peu en retrait par rapport au niveau global de Idlewild South.

Cependant, pour un groupe encore jeune dans le métier, je trouve cet album très mature et j’invite quiconque n’est pas familiarisé avec ces artistes, de se pencher sur ce disque, qui est le reflet de la période dorée d’Allman Brothers Band, avant que la tragédie ne vienne les faucher en pleine gloire. Mais avant, il y aura le live au Fillmore East et Eat A Peach. Et ça, mes biquets… (RAZOR©)

 

1. Revival.

2. Don't Keep Me Wonderin'.

3. Midnight Rider.

4. In Memory of Elizabeth Reed.

5. Hoochie Coochie Man.

6. Please Call Home.

7. Leave My Blues At Home.

 

Gregg Allman:chant,piano,orgue.

Duane Allman:lead,slide,acoustique guitare.

Dickey Betts:lead guitare.

Berry Oakley:basse,chant sur 5.

Butch Trucks:batterie.

Jai Johnny "Jaimoe" Johanson:batterie,congas.

Thom "Ace" Doucette:harmonica,tambourin.

 

LP Live 1 - 1971

 

Allman bros live fillmore

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

LIVE AT FILLMORE EAST- 1971 5/5

 

Enregistré les 12 et 13 mars 1971 au Fillmore East (New York).

Publié en juillet 1971.

Produit par Tom Dowd.

Durée:76:26 (double LP).

Label:Capricorn (Atco).

 

La der de Duane.

 

Culte, mythique, phénomenal, fabuleux, anthologique, légendaire, intemporel…n’en jetez plus la cour est pleine ! Normal, c’est certifié or et platine. Live At Fillmore East est une référence incontournable du rock. Donc à posséder coûte que coûte !

Débarqué sur le marché en juillet 1971, le live At Fillmore East (écouter l'intégralité ici) consiste en un double album en public. Mélange de blues, de rock ou plutôt de southern Rock, de country, de jazz aussi, il a été classé numéro 49 par Rolling Stone Mag. Donc, c’est une référence.

Les 12 et 13 mars 1971, dates de cet enregistrement, il a dû se passer quelque chose de grandiose entre la bande à Allman et le public, un courant exceptionnel de vibes car ce disque est une bombe dégoupillée en direct, un must de prestation live.

Gregg Allman, le chanteur-organiste a une belle voix de bluesman, pleine de force, les phrasés de guitares de Duane Allman et de Dickey Betts, la basse de Oakley atteignent des sommets qu’on pensait inaccessibles (seuls les grands… mais les jeunes sont désormais grands). Deux batteries… qui dit mieux ? Tout y est et ça donne une rythmique fracassante ; ça file la pêche et ça dégage une chaleur et une joie spontanées comme seuls les grands albums live savent en générer. Et ce disque compte parmi le gratin de ce qui se fait dans le genre.

Ce disque est une fête qui s’ouvre sur Statesboro Blues lequel plante le décor de ce qui nous attend. On ne redescend qu’à Whipping Post. Prêtez toutefois une oreille attentive à ce titre In Memory of Elisabeth Reed, inventif, à la mélodie harmonisée, l’ambiance latino. On croirait ces groupes de blacks et de blancs de l’époque qui tapaient le bœuf et fusionnaient leurs univers musicaux sur fond d’impro.

Profitez-en bien car c’est le dernier des albums de Duane Allman qui, trois mois plus tard, décèdera dans un accident de moto. Il s’est vraiment passé quelque chose en ces 12 et 13 mars 1971, croyez-moi ! (RAZOR©)

 

1. Statesboro Blues.

2. Done Somebody Wrong.

3. Stormy Monday.

4. You Don’t Love Me.

5. Hot’ Lanta.

6. In Memory Of Elizabeth Reed.

7. Whipping Post.

 

Gregg Allman:chant,piano,orgue.

Duane Allman:lead,slide,acoustique guitare.

Dickey Betts:guitare,chant.

Berry Oakley:basse.

Butch Trucks:batterie,timbales.

Jai Johnny "Jaimoe" Johanson:percussions,batterie,congas,timbales.

Thom "Ace" Doucette:harmonica,tambourin.

Randolph Juicy Carter:saxophone.

 

LP Studio 3 - 1972

 

Eat abb

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

EAT A PEACH – 1972  5/5

 

Publié le 12 février 1972.

Double LP hybride (studio et live).

Produit par Tom Dowd.

Durée:69:24.

Label:Capricorn Records.

Fait marquant du disque:mort du Duane Allman pendant l’enregistrement ; c’est la dernière réunion de ce line-up exceptionnel.

 

Le meilleur line-up d’ABB.

 

"A chaque fois que je rentre en Géorgie, je mange une pêche pour la paix". Ce sont ces propos, tenus par Duane Allman, le génial guitariste du groupe, lors d’une interview accordée à Rolling Stones Mag juste avant sa disparition, qui ont motivé le titre du quatrième album d’Allman Brothers, double LP hybride de 1972 (studio et live) en l’occurrence.

Pendant l’enregistrement de ce disque, Duane Allman se tue en moto. C’est le meilleur moyen que trouvent les membres restants, terriblement affectés par cette affreuse tragédie, pour lui rendre un ultime hommage.

Venant juste après le fabuleux live At Fillmore East (1971), les terribles circonstances confortées par les fantastiques retombées médiatiques de ce  concert mythique font que les ventes vont exploser.

Trois titres sont sortis du live anthologique précédent pour alimenter et pour boucler un Eat A Peach quasi achevé au moment du drame : Trouble No More, One Way Out et Mountain Jam, une jam de plus de 33 minutes reprise d’un titre de Donovan (First There Is A Mountain).

Pour le reste, c’est du studio dans un mélange d’acoustique et de rock sudiste. Ain’t Wastin’ Time No More (de Gregg Allman) ouvre l’album. Ce titre, rythmé par la basse et le piano, est un hommage au frère disparu. Les Brers In A Minor est un peu zarbi, hésitant à se fixer comme un pur instrumental ou un titre résolument psychédélique. C’est un peu bordélique au départ, mais quand les divers instruments s’invitent au festin, c’est plutôt bien gaulé.

Melissa ? Que voilà un beau bébé ! C’est dépouillé, avec un jeu de guitare tout en douceur. Un délice prompt à se relaxer avant de plonger à corps perdu dans le méga bœuf de folie qu’est Mountain Jam (un des plus grands et longs du rock), sur lequel le terme de génie de la guitare pour Duane Allman, prend tout son sens.

Suivent un fabuleux titre bluesy, One Way Out, Trouble No More aux influences jazz, un bon Stand Back (autour du piano et de la guitare), le magnifique titre Blue Sky avec Betts au chant et l’acoustique Little Martha, merveilleuse manière de finir de manger la pêche.

Je profite de cette occasion pour rétablir certaines vérités. Duane Allman a bel et bien participé à l’enregistrement de Eat A Peach. Il assure certaines parties de guitare avec Dicky Betts. Les seules sur lesquelles il ne figure pas, sont Ain’t Wastin’ Time No More, Les Brers In A Minor et Melissa morceaux enregistrés après la mort du génial guitariste.

Un dernier mot sur ce line-up extraordinaire : portez une attention particulière aux musiciens ; après Eat A Peach, le cœur y est moins d’autant que Berry Oakley, le bassiste et grand pote de Duane Allman, va également perdre la vie à moto à quelques centaines de mètres des lieux où l’aîné des Allman s’est tué.

Ces mecs-là sont vraiment les cadors de tous les line-ups de l’Allman Brothers ! Leur musique, c'est du très grand southern rock, malheureusement pour la dernière fois en ce qui concerne cette mouture d’exception  (RAZOR©).

 

1. Ain't Wastin' Time No More.

2. Les Brers In A Minor.

3. Melissa.

4. Mountain Jam.

5. One Way Out.

6. Trouble No More.

7. Stand Back.

8. Blue Sky.

9. Little Martha.

 

Gregg Allman:orgue,chant,piano,piano électrique.

Duane Allman:slide guitare,lead guitare.

Dickey Betts:slide guitare,lead guitare,chant.

Jai Johanny Johanson:batterie,congas.

Berry Oakley:basse

Butch Trucks:batterie,percussions,timbales,gong,vibraphone.

 

LP Studio 4 - 1973

 

Brothers abb

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

BROTHERS AND SISTERS - 1973  5/5

 

Publié en septembre 1973.

Produit par Johnny Sandlin et ABB.

Durée:38:21.

Label:Capricorn Records.

 

Betts et méchant…

 

On a généralement tendance à mettre en avance le Live At Fillmore East et Eat A Peach, dès lors que l’on évoque la discographie d’Allman Brothers Band. Et on oublie qu’il y a eu un géantissime Brothers And Sisters (en écoute intégrale ici), sorti en 1973 et premier album paru sans Duane Allman, et partiellement, sans Berry Oakley, mort dans les mêmes circonstances (accident de moto) que son pote, pendant les sessions d’enregistrement. Lamar Williams le supplée pour la fin de ces sessions.

La mort du cadet de la famille Allman donne l’occasion de sortir du chapeau un Richard Betts, considéré au sein des siens, comme meilleur guitariste que le défunt Duane. On flairait bien un talent, mais jusqu’alors il était étouffé dans l’œuf pour les besoins de la cause.

Dans Brothers And Sisters, Dickey Betts donne la pleine mesure de cet énorme potentiel, tant à l’écriture, car il est l’auteur de la plupart des titres, qu’au chant où il est efficace et agréable, qu’à la guitare où il excelle. C’est son album et c’est lui qui en fait la force et la grande teneur. Son savoir-faire mélodique éclate au grand jour dans cet extraordinaire morceau au refrain accrocheur qu’est Ramblin’ Man.

Si Betts prend une envergure plus ample dans l’Allman Brothers Band, le petit nouveau Chuck Leavell aux claviers trouve bien vite ses marques et une complémentarité intéressante qui se ressent sur l’album. Ce Brothers And Sisters, qui flaire bon la communauté hippie (un poster de la famille Allman élargie aux oncles, cousins, cousines, tantes, descendants, chats, chiens… était proposé dans le package du LP), est d’une grande fluidité, dynamique, chaleureux dans ses sonorités, moderne (il n’a pas vieilli), bien maîtrisé sur le plan de la technique (merci Mr Sandlin).

Aucun titre n’est à écarter. Le seul (et encore !) qui puisse paraître un peu vieillot, c’est la reprise de Trade Martin, Jelly Jelly. Mais un petit retour en arrière, pour ne pas oublier d’où l’on vient, n’est pas vain.

Que ce soient les deux morceaux proposés par Gregg Allman, Wasted Words et Come And Go Blues, l’instrumental fantastique Jessica, qui fut l'indicatif d'une émission nocturne de Claude Villers sur France Inter, le blues acoustique enjoué Pony Boy ou le plus classique et vitaminé Southbound, tous contribuent à faire de Brothers And Sisters un excellentissime disque de blues rock sudiste bien percutant et très efficace. On voudrait que ça ne s’arrête jamais, mais ça c’est une autre histoire ! (RAZOR©).

 

1. Wasted Words.

2. Ramblin' Man.

3. Come and Go Blues.

4. Jelly Jelly.

5. Southbound.

6. Jessica.

7. Pony Boy.

 

Gregg Allman:chant,orgue,guitare rhythmique,choeurs.

Richard Betts:chant,lead et slide guitare,dobro.

Berry Oakley:basse sur 1 et 2.

Lamar Williams:basse sur 3/4/5/6/7.

Chuck Leavell:piano,piano électrique,choeurs.

Jaimoe:batterie,congas.

Butch Trucks:batterie,percussions,tympani,congas.

Les Dudek:lead guitare sur 2,guitare acoustique sur 6.

Tommy Talton:guitare acoustique sur 7.

 

LP Studio 5 - 1975

 

Winabb

 

ALLMAN BROTHERS BAND

WIN, LOSE OR DRAW – 1975  2/5

 

Publié en août 1975.

Produit par Johnny Sandlin.

Durée:38:38.

Label:Capricorn Records et ABB.

 

Sauvé par sa seule notoriété.

 

Alors là, je veux qu’on m’explique! Que l’on m’explique pourquoi on a quitté un groupe extraordinaire, sur un album qui l’est tout autant (Brothers And Sisters-1973) et ce, en dépit d’être orphelin de deux de ses membres fondateurs, et que l’on retrouve, deux ans après, un album d’une tristesse et d’une déception incroyables.

Si incroyables, que je n’hésite pas à voir au travers de ce disque et en ce line-up tombé dans la dope une fin de parcours imminente. Je pensais ABB être dirigé désormais de main de maître par un Betts taille XXXL, par un Betts véritable âme et créateur du nouvel Allman Bro. Point de tout cela ici. Totale désillusion. On retombe de haut. Y a le bordel dans le groupe ou quoi ? La came les enfants. La came, le fric et le statut de rock stars marquent la fin d’une grande époque, d’un groupe hors norme. Bref,ça fout la merde entre les membres. Des dissensions voient le jour sur la marche à suivre en matière artistique. Leavell veut du son plus jazz, Betts prône de regarder du côté de la country. Le ver est dans le fruit… Qui plus est question ego, je ne vous en cause pas. Chacun bosse de son côté sur des projets solo. Greg Allman, Dickey Betts se la jouent perso au lieu de la faire collective. C’est la cata, la cabane est tombé sur le chien, ça pue le sapin grave.

Dans les faits, qu’a-t-on à se mettre sous la dent ? Pas grand-chose d’exceptionnel, si ce n’est quelques petites gâteries comme l’instrumental jazzy High Falls, Nevertheless, la chanson titre et du Can’t Lose What You Never Had. A part ça, nada ! Rien ! Nothing ! Nichts ! Peau de balle, sinon que des titres pour meubler et sortir quelque chose qui puisse s’appeler un album. C’est des coups à se la prendre et la mettre sur l’oreille en attendant des jours meilleurs. On aurait pardonné cet ersatz de disque à un bleu-bite, mais pas à eux. Surtout après leurs derniers chefs d’œuvre. C’est digne de peu d’attention, parce qu’en manque d’inspiration flagrant et de grosses carences en énergie. Trop pour un seul disque. Le groupe allait se liquéfier l’année suivante. Je comprends mieux. Ok. Donc on passera sous silence ce disque de celui qui est devenu l’Allman Bordel Band (RAZOR©).

 

1. Can't Lose What You Never Had.

2. Just Another Love Song.

3. Nevertheless.

4. Win, Lose or Draw.

5. Louisiana Lou and Three Card Monty John.

6. High Falls.

7. Sweet Mama.

 

Gregg Allman:chant,orgue,clavinet,guitare acoustique.

Dickey Betts:lead guitare,slide guitare,guitare acoustique,chant.

Jaimoe:batterie,percussions.

Chuck Leavell:piano,piano électrique,synthétiseur Moog,clavinet,choeurs.

Butch Trucks:batterie,congas,tympani,percussions.

Lamar Williams:basse électrique.

Johnny Sandlin:guitare acoustique,batterie,percussions.

 

LP Studio 6 - 1979

 

Abb enlightened rogues

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

ENLIGHTENED ROGUES - 1979  3,5/5

 

Publié en février 1979.

Produit par Johnny Sandlin et ABB.

Durée:38:10.

Label:Capricorn Records/Polygram.

Fait saillant:Dan Toler et David Goldflies intègrent ABB.

 

Inespéré, presque miraculeux.

 

L’Allman Brothers Band, on va dire, dans sa mouture originale amputée de Duane Allman et Berry Oakley, a déposé le bilan en 1976. Mais le groupe et la communauté qui gravite autour refusent de mourir. On se dit alors que c’est une grosse plaisanterie que de tenter de s’accrocher aux branches, compte tenu de la désagréable impression laissée par l’album précédent et des bugs persistants en interne liés à la dope et aux egos ; j’ai nommé le crac cra Win Lose Or Draw de 75.

A l’appel d’Enlightened Rogues, qui y croît encore ? Mais quand on voit, que pointent présents, pour cet album de reformation, Gregg Allman, Dickey Betts, Jaimoe, Butch Trucks et Tom Dowd à la production (il a été le producteur des grands albums de début de carrière), on se frotte les mains à l’idée de renouer avec leur bon vieux rock sudiste de derrière les fagots.

Pour l’occasion, Dan Toler, guitariste, rejoint le groupe. Idem pour David Goldflies à la basse. Nous sommes en 1979 et l’Allman Brothers Band renaît de ses cendres en revenant à une formule gagnante avec deux guitaristes.

Dickey Betts s’est remis au travail d’écriture et l’album se révèle finalement plus que correct avec des morceaux qui passent bien, comme Blind Love, le blues nonchalant Need Your Love So Bad, Try It One More Time, une ballade sixties ou Can’t Take It With You avec un Gregg Allman en grande forme.

Les lauriers de ce disque vont surtout vers Pegasus, un joyau instrumental qui n’est pas sans rappeler le fameux In Memory Of Elizabeth Reed. J’ai aimé cette résurrection et je pense ne pas être le seul à ‘approuver (RAZOR©).

 

1. Crazy Love.

2. Can't Take It With You.

3. Pegasus.

4. Need Your Love So Bad.

5. Blind Love.

6. Try It One More Time.

7.  Just Ain't Easy.

8. Sail Away.

 

Gregg Allman:claviers,chant.

Dickey Betts:guitare,chant.

Dan Toler:guitare.

David Goldflies:basse.

Jaimoe:percussions,batterie.

Butch Trucks:batterie,percussions.

Joe Lala:percussions sur 3/5/6.

Bonnie Bramlett:chœurs sur 1

Jim Essery:harmonica sur 2/4/5/7.

Mimi Hart:choeurs sur 8.

 

LP Live - 1970 publié en 1990

 

Allman brothers band live ludlow 1990

 

ALLMAN BROTHERS BAND

LIVE AT LUDLOW GARAGE 1970 – 1990  4/5

 

Publié en avril 1990.

Enregistré le 11 avril 1970 à Ludlow.

Produit par Bill Levenson.

Durée:90:50.

Label:Polydor.

Genre:southern rock,blues-rock,jam rock, live.  

 

Grande rencontre avec le public.

 

L’histoire du Ludlow Garage n’est pas banale. Cette salle de spectacle d’un quartier de Cincinnati (Ohio), affectée à la réparation automobile jusqu’à la fin des 60’s avant de devenir un endroit de musique réputé dans le rock, a servi de cadre, en 1970, au live du même nom de l’Allman Brothers Band : Live At Ludlow (en écoute intégrale ici). Tout ça pour une acoustique digne des meilleures salles des Etats-Unis et pour éviter que les jeunes du crû, alors en proie à des problèmes de taf, ne désertent la région. Le Ludlow était souvent cité comme le Fillmore East du Midwest.

Cette place culturelle de Cincinnati réputée, apte à recevoir 1200 spectateurs, était très prisée de la scène rock du moment puisque des groupes comme Grand Funk Railroad (qui a fait l’ouverture), Spirit, Santana, James Gang, Elvin Bishop, Sons Of Champlin, les Kinks, Boz Skaggs, Bo Diddley, Dr John, Neil Young, les Stooges, MC5, Fairport Convention, Humble Pie, Pure Prairie League, Stone Fox s’y sont également régulièrement produit. Mais c’est grâce aux frères Allman que le site est aujourd’hui immortalisé.

En effet, un an avant de sortir, en juillet 71, leur fumeuse référence Live At Fillmore (double LP), l’Allman Brothers Band enregistre à Ludlow et en direct (11 avril 1970), ce qui semble être une ultime répétition avant le Fillmore. Le disque n’était pas prévu pour une quelconque publication dans le commerce ; c’était plutôt un enregistrement destiné à alimenter les archives personnelles du groupe tant les défectuosités techniques (un ampli défaillant) prévalent sur ce que l’on peut considérer comme un petit trésor malgré tout, car il restitue une prestation brillante d’un groupe encore jeune et qui allait après l’événement Fillmore, dominer la plate-forme du rock. Rares sont les témoignages en public de la formation sudiste d’origine, trop tôt privée de son leader charismatique, le génial Duane Allman, donc autant profiter de ces enregistrements restaurés et  remasterisés depuis. Et oui, nous sommes des petits veinards…

Il aura fallu le début des années 90 pour que Live At Ludlow ait une vie dans les bacs grâce à Polydor Records (1990). 20 ans après quasiment jour pour jour. On n’osera pas une comparaison avec le mythique Fillmore, indéboulonnable pièce maîtresse de la formation géorgienne, mais on peut s’intéresser de très près à ce double bootleg qui prépare le légendaire concert new yorkais des 12 et 13 mars 71.

Le matériel collecté figurant sur Ludlow Garage occupe l’auditeur pendant presque 91 minutes. Il fait la part belle aux basiques de l’équipe de Macon comme Statesboro Blues, repris aussi sur le live à suivre, comme les incontournables Dreams, Every Hungry Woman et Trouble No More de l’excellent album éponyme de 69 ; la collection s’ouvre également à des blues prestigieux comme Dimples, un classique John Lee Hooker, (I’m Your) Hoochie Coochie Man de Willie Dixon, ainsi qu’à un I’m Gonna Move To The Outskirts Of Town allongé à plus de 9 minutes.

Dans le genre jam, le disque 2 détient la palme de l’étirement, Mountain Jam, bœuf mémorable sur un titre de Donovan (First There Is A Mountain) que l’on retrouve à 33 minutes sur le dramatique LP Eat A Peach (1972), dramatique car Duane Allman décède pendant son enregistrement, avoisine ici les 44 minutes. Du jamais vu, sauf du côté de Canned Heat dont le délire acide Refried Boogie culmine à 45 minutes…

La prestation de Ludlow est moins intense que la performance séminale captée dans les lieux cultes de Manhattan ; elle permet néanmoins de voir comment le groupe a évolué entre ces deux dates, c’est pourquoi on n’écartera pas ce disque tardif au motif de faire double emploi avec le Fillmore. Les deux se complètent même si l’histoire du rock n’en a retenu qu’un.

Ludlow, plus brut que son devancier, paye également le manque de maturité d’un groupe qui débutait alors et dont l’expérience technique, les moyens étaient encore assez limités. Leur budget du moment ayant été quasiment englouti dans leur premier LP, Live At Ludlow en subit certainement le revers.

Considérons donc cette œuvre comme un disque entrant dans le cadre de la formation de l’Allman Brothers Band : c’était déjà du costaud. Personne ne peut nier un talent sous-jacent dont on connaît désormais l’issue. Un grand moment de l’histoire de l’ABB a été ressuscité en 90, Ludlow est une première grande rencontre avec le public ; sautez dessus comme des crevards (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Dreams.

2. Statesboro Blues.

3. Trouble No More.

4. Dimples.

5. Every Hungry Woman.

6. I'm Gonna Move to the Outskirts of Town.

7. (I'm Your) Hoochie Coochie Man.

 

Disque 2.

1. Mountain Jam (Theme from First There Is a Mountain).

 

Gregg Allman:orgue,piano,claviers,chant.
Dickey Betts:guitare,voix.
Duane Allman:guitare.
Berry Oakley:basse.
Jaimoe:batterie,percussions.
Butch Trucks:batterie.

 

Bootleg officialisé - 2012

 

Abb ars

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

A & R STUDIOS NEW YORK : 26 AUGUST 1971 – 2012 5/5

 

Publié en 2012.

Durée:environ 70’.

Label:Letfield Media/Chrome Dreams.

Fait saillant:ultimes enregistrements de Duane Allman et Berry Oakley.

 

On met le mouchoir dessus.

 

Avant d’être légitimé par l’étiquette de la périphérie londonienne Chrome Dreams (2012), l’album A & R Studios : New York 26th August 1971 (en écoute intégrale ici)de l’Allman Brothers Band a eu une vie de hors-la-loi.

Bootleg issu d’un live de studio (A & R), destiné à une retransmission radiophonique pour WPLJ FM, la station de Manhattan, cette performance suit de quelques cinq mois le live anthologique à Fillmore East (mars 71) et précède de deux, la mort accidentelle (moto) de son leader charismatique Duane Allman (octobre 71).

Un an plus tard, le malheur  repasse les plats en enlevant à la vie Berry Oakley, bassiste, dans des circonstances identiques et quasiment au même endroit. Ce disque est une de leurs dernières apparitions ensemble et le line-up qui y prend part est le meilleur que le groupe ait proposé.  

Trésor national américain, le groupe de Macon, pionnier du rock sudiste, livre ici une exceptionnelle exhibition, pleine de fougue, de confiance et inspirée, rehaussée par la grande qualité sonore et le dynamisme de l’offre, chose rare pour un boot’. A moins que les intervenants sur ce disque officialisé n’aient eu accès aux bandes d’origine.

Quoi qu’il en soit, compte tenu de la proximité de cette prestation avec les événements tragiques qui ont affectés l’Allman Brothers Band, il s’avère que nous tenons là une pièce historique des ultimes heures de cette formation mythique. Rien pour cela, l’offre est alléchante, d’autant plus que les acteurs affichent une forme resplendissante.

Tous ses titres appartiennent à un répertoire familier du southern rock et de la bande des frères Allman. Parmi les standards, In Memory Of Elizabeth Reed, étiré au-delà des dix minutes et qui envoie au front le peloton des guitaristes, Duane Allman et Dickey Betts, la suite improvisée You Don’t Love Me, le classique Statesboro Blues, Don’t Keep Me Wonderin’, Done Somebody Wrong, Stormy Monday, Don’t Keep Me Wonderin’…

La grande majorité des morceaux interprétés se retrouve sur le Live At Fillmore East, certains d’entre (une minorité) eux ayant fait l’objet d’un passage dans les deux premiers LP de l’ABB (l’éponyme de 69 et Idlewild South de 70), commercialement ratés, avant que leur live de référence ne vienne remettre l’église au milieu du village. On aura ici une pensée toute particulière pour Duane et Berry et on met le mouchoir dessus of course (RAZOR).

 

1. Statesboro Blues.

2. Trouble No More.

3. Don't Keep Me Wonderin'.

4. Done Somebody Wrong.

5. One Way Out.

6. In Memory of Elizabeth Reed.

7. Stormy Monday.

8. You Don't Love Me.

9. Soul Serenade.

10. You Don't Love Me.

11. Soul Serenade (in memory of King Curtis).

12. Hot 'Lanta.



Gregg Allman:chant,orgue,piano.

Duane Allman:slide guitare,guitare.

Dickey Betts:guitare,guitare rythmique.

Berry Oakley:basse.

Butch Trucks:batterie.

Jai Johanny "Jaimoe" Johanson:tambours.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP STUDIO 1 - 1973

 

Gregg allman laid back 73

 

GREGG ALLMAN

LAID BACK – 1973  5/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par Johnny Sandlin,Gregg Allman.

Durée:35:27.

Label:Capricorn.

Genre:pop-rock,blues-rock.

 

Confiance retrouvée.

 

A peu de choses près, Laid Back (en écoute intégrale ici) doit être, si je ne m’abuse, le premier LP réalisé par Gregg Allman après la mort de son frère Duane (et de Berry Oakley). A moins que Brothers & Sisters (1973) de l’Allman Brothers Band ne le devance de quelques semaines ; ça doit se jouer à un poil de fion. Toujours est-il que ces enregistrements se situent dans la période d’unité retrouvée par la communauté A.B.B. Et ça se renifle à des lieux à la ronde.

Son premier solo diffère de ce que fait alors la formation de Macon, remise sur pied et réorientée country par Dickey Betts. Gregg semble avoir retrouvé une confiance ébranlée par les drames successifs dans son entourage. Son chant étant  plus assuré, le cadet des frères Allman se montre convaincant… sans convaincre toutefois les fans de son groupe de tutelle qui boudent ce disque R&B, folk et gospel à l’ambiance décontractée et mélancolique, au son un peu lissé auquel le producteur Johnny Sandlin n’est pas étranger.

Les fans, pour une fois, se trompent. Avec le recul et la déception digérée, Laid Back se révèle être ce que Gregg a fait de mieux. Excellente, tissée autour d’un répertoire axé sur la douleur et les femmes, sa première expérience discographique en solitaire tourne à son avantage. On est loin du pitoyable Allman and Woman fait avec sa femme Cher, en 1977. Ce Laid Back, c’est taillé pour lui et pour son bel organe vocal.

L’album bénéficie de la présence d’un véritable orchestre pour soutenir son écriture. Pas moins d’une quinzaine de musiciens et d’une dizaine de choristes l’assistent dans son projet. La grande cavalerie est de sortie. Parmi eux, Chuck Leavell qui vient de rejoindre l’Allman Brothers Band, Talton, Stewart et Sandlin, le trio de Happy To Be Alive (1976), Scott Boyer (Cowboy), David Brown, premier bassiste de Santana, Buzz Feiten, guitariste qui remplace au pied levé Elvin Bishop dans le Paul Butterfield Blues Band, le claviériste du début des frangins Allman (Hour Glass), Paul Hornsby, Butch Trucks (batteur) et Jai Johanny Johanson, Allman Brothers de la première heure. Rajoutons, pour être complet, Charlie Hayward, Jim Nalls, David Newman… Que du beau linge.

Pour introduire l’album, Gregg reprend Midnight Rider, chanson populaire de sa composition, coécrite avec Robert Kim Payne, et qui figure sur Idlewild South, LP d’A.B.B. sortie en 1970. Il en livre ici une version  plus envoûtante, plus obscure où les cuivres dominent.  Difficile de trancher entre l’originale ou sa transposition. Chacune a ses arguments. Les purs et durs d’Allman privilégieront forcément l’interprétation collective. Gregg s’en sort plutôt bien, l’entrée en matière de Laid Back a de la gueule.

Queen Of Hearts, titre qui enchaîne sur une intro piano, Gregg Allman a mis un an et demi pour l’accoucher. Prévue initialement pour paraître sur Brothers & Sisters dont elle a finalement été écartée, cette chanson a été écrite pour Janice Blair, la seconde de ses six femmes, qu’il épouse en 73 pour divorcer en 75. Jazzy avec paroles mélancoliques, Queen Of Hearts est une des plus belles plages de sa carrière. Allman est dans son élément.

Please Call Home est également piochée dans Idlewild South et revisitée. Agréable et mélodique, cette adaptation plus solide est une des forces de cet album.

Pour Don’t Mess Up A Good Thing (de Rufus Thomas), il change de registre, optant pour un boogie, plutôt réussi il faut le dire, mais qui tranche nettement avec le reste du répertoire.

Gregg reprend aussi  du Jackson Browne, via These Days. L’arrangement qu’il  fait de ce morceau, que l’auteur-compositeur-interprète prusso-californien avait en réserve et qu’il publie pour la première fois sur For Everyman (1973), est fantastique. Il faut s’y arrêter ; c’est même mieux que l’original et ça n’est pas peu dire.

La ballade Multi Colored Lady est un autre de ses tours de force ici. L’amour donne incontestablement des ailes à son auteur

Autre balade et autre reprise, All My Friends appartient à Scott Boyer. L’appropriation d’Allman Junior est agréable, sans plus. Elle ne supplante pas, en tous cas, le travail d’origine de l’ancien Cowboy.

Laid Back se referme sur Will The Circle Be Unbroken, titre rendu célèbre par Nitty Gritty Dirt Band en 72. Une double et particulière signification pour Gregg. Ce chant traditionnel interprété à l’origine par la Carter Family et que l’A.B.B avait à son répertoire sur Eat A Peach de 1972 (il constitue le final de Mountain Jam de plus de 33 minutes), symbolise la ténacité d’un groupe qui, meurtri par le décès de Duane Allman et Berry Oakley, n’a jamais renoncé et le souvenir des funérailles de son génial guitariste au cours desquelles il fut joué en sa mémoire. Gregory Lenoir Allman se l’approprie ici pour en tirer le meilleur parti et la restituer dans une très jolie traduction. Il y met son cœur comme jamais, bien soutenu par une chorale gospel à filer la chair de poule. J’aime.

Même si Laid Back (Capricorn) se démarque du southern rock endiablé d’A.B.B (ici pas de solos, pas de jams), ce disque a toute sa place dans la discographie maison. En refaisant l’histoire, on ne peut que s’incliner devant ce très beau LP qui passe beaucoup mieux aujourd’hui qu’hier , mis sous l’éteignoir qu’il fut, par l’immense popularité d’A.B.B. Il faut l’avoir vécu pour le croire. (RAZOR©)

 

1. Midnight Rider.

2. Queen of Hearts.

3. Please Call Home.

4. Don't Mess Up a Good Thing.

5. These Days.

6. Multi-Colored Lady.

7. All My Friends.

8. Will the Circle Be Unbroken.

 

Gregg Allman:chant,guitare acoustique,orgue.  

Bill Stewart:batterie.

Chuck Leavell:piano.

Tommy Talton:guitares,slide guitare,dobro,tambourin.

Scott Boyer:guitares,steel guitare,piano électrique.

David Brown,Charlie Hayward,Johnny Sandlin:basse

Buzz Feiten,Jim Nalls:guitare

Paul Hornsby:orgue,claviers,clavinet.

Jai Johanny Johanson:percussions,conga.

Carl Hall,Hilda Harris,Cissy Houston,Emily Houston,June McGruder,Helene Miles,Linda November,Eileen Gilbert,Maretha Stewart,Albertine Robinson:choeurs.

David "Fathead" Newman:saxophone.

Butch Trucks:percussions,cabasa.

Ed Freeman:cordes.

Max Cahn,Tony Posk:violon.

DISCOGRAPHIE AVEC CHER 70'S.

LP Studio 1 - 1977

 

Gregg allman allman and woman

 

ALLMAN & WOMAN

TWO THE HARD WAY – 1977  2/5

 

Publié en novembre 1977.

Produit par Gregg Allman, Johnny Sandlin and John Haeny.

Durée:31:35.

Label:Warner Bros.

Genre:pop rock.

 

Quand l’amour rend con.

 

Si l’amour peut faire faire des conneries, on en a bien la preuve avec Two The Hard Way (en écoute intégrale ici), LP né de la relation puis du mariage entre Gregg Allman et Cher. L’espace d’un instant, je me suis dit que Capricorn Records n’a pas pu produire un truc comme ça. Pas possible, pas eux ! Vérification faite, c’est chez Warner que cet ersatz de disque a été fait. L’honneur est donc sauf.

L’amour rend souvent con. On est en plein d’dans. Et comment que j’t’aurais balancé un seau d’eau bien froid pour séparer les deux tourtereaux plutôt que de voir l’aîné des frangins Allman, alors grave défoncé, aller se fourvoyer dans un studio avec sa souris.

Pour quoi y faire ? Ce Two The Hard Way (1977) de pacotille qui ne fait certainement pas avancer le schmilblick et qui ne vaut pas un pet de lapin ? Pas toi Gregg, t’es tombé sur le ciboulot ou quoi ? T’as consommé du frelaté ou elle file vraiment le gourdin la Cher (à saucisses) ?

Taillé par la critique (mais pas que…), complètement mis de côté par la masse, c’est un flop de première ton coup. Ta tentative de mélanger ce que tu sais faire de mieux, le southern rock, avec la pop personnifiée, c’est du suicide ton affaire. C’était pour recoller les morceaux d’une liaison qui battait sérieusement de l’aile que tu nous as imposé ce produit mode Motown, funky à donf ?

Ok, elle miaule bien ta belette. Toi aussi, remarques. Mais là, man, tu touches le fond. T’es v’nu avec l’orchestre de Franck Pourcel ou quoi ? C’est trop instrumentalisé, trop poli, trop sucré. C’est du Barbapapa, ton LP, mon poulet.

L’idée était tentante de rapprocher Macon de la Californie, mais là, avoue, ça relève de l’invraisemblable ton projet. Zéro pointé l’ami. J’comprends mieux pourquoi la presse en a fait ses gorges chaudes. Horrible. Que veux-tu, Gregg, on a tous une croix à porter ! Ca doit être la tienne. (RAZOR©)

 

1. Move Me.

2. I Found You Love.

3. Can You Fool.

4. You've Really Got A Hold On Me.

5. We're Gonna Make It.

6. Do What You Gotta Do.

7. In For The Night.

8. Shadow Dream Song.

9. Island.

10. I Love Makin' Love To You.

11. Love Me.

 

Gregg Allman:claviers,chant.       

Scott Boyer:guitare.   

Randall Bramblett,Ronnie Eades,Dennis Good,jim Horn,Harvey Thompson:saxophone.        

Harrison Calloway,Ben Cauley:cuivres.

Cher:chant.

Venetta Fields,Doug Hayward,Pat Henderson,Clydie King:chœurs.

Sherlie Matthews,Russell Morris,Timothy B. Schmit:choeurs.    

Bobbye Hall:percussions.    

Ricky Hirsch,John Leslie Hug,Fred Tackett:guitare.

Neil Larsen:claviers.   

Mickey Raphael:harmonica.

Bill Stewart:batterie.  

Willie Weeks:basse.    

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 7 - 2011

 

Gregg allman low country blues

 

GREGG ALLMAN

LOW COUNTRY BLUES – 2011  4/5

 

Publié le 18 janvier 2011.

Produit par T-Bone Burnett.

Durée:52:32.

Label:Rounder.

Genre:blues-rock.

 

La meilleure thérapie, c’est le blues.

 

Low Country Blues (en écoute intégrale ici), produit par T-Bone Burnett, septième pièce en solo de ce survivant qu’est Greg Allman, atteint d’une hépatite C depuis des années et greffé du foie en 2010, figure parmi les vraies et belles œuvres  de 2011 susceptibles d’émouvoir l’amateur de blues.

Après un silence approchant la quinzaine d’années, le membre fondateur de l’anthologique Allman Brothers Band avec son défunt frangin Duane, revient au premier plan pour nous abreuver d’un blues pour lequel il a indubitablement d’énormes dispositions, doté d’une voix soul chaude et si caractéristique qui a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du rock américain.

Le sudiste reprend ici le blues des légendes qui l’ont influencé, les Muddy Waters, Skip James, Magic Sam, Bobby « Blue » Bland, Junior Wells ou B.B King. Son interprétation si personnelle donne une dimension supplémentaire à cette collection obscure, sélectionnée sur le volet, retravaillée, et qui ne se contente pas de se poser, pour une énième fois, sur les classiques du blues.

Dire que ça fleure bon les vieux rades moites du sud que les tiags de Gregg ont foulé dans les seventies, serait un euphémisme. Le répertoire ici développé est sublimement valorisé. Le retour est réussi car inspiré, émouvant, efficace et talentueux.

L’artiste est revenu à son meilleur. Faut dire que Gregg est un fameux expert dans le genre. Low Country Blues est un des come-back les plus crédibles de ces dernières années. Férus de blues, vous savez ce qu’il vous reste à faire (RAZOR©)

 

 

1. Floating Bridge.

2. Little By Little.

3. Devil Got My Woman.

4. I Can’t Be Satisfied.

5. Blind Man.

6. Just Another Rider.

7. Please Accept My Love.

8. I Believe I’ll Go Back Home.

9. Tears Tears Tears.

10. My Love is Your Love.

11. Checking On My Baby.

12. Rolling Stone.

 

Gregg Allman:chant,orgue,guitare acoustique.

Jay Bellerose:batterie,percussion.

Dennis Crouch:double basse.

Doyle Bramhall II:guitare.

T-Bone Burnett:guitare sur 1/4/6/7/9/11.

Dr. John:piano.

Hadley Hawkensmith:guitare sur 1.

Colin Linden:dobro sur 3/12.

Lester Lovitt,Daniel Fornero:trompette sur 4.

Joseph Sublett,Jim Thompson:saxophone ténor sur 5/6/7/9/11.

Thomas Peterson:saxophone baryton sur 5/6/7/9/11.

Darrell Leonard:arrangements cuivres sur 5/6/7/9/11,trompette basse sur 6/7/9/11,trompette sur 7/9/11.

Vincent Esquer:guitare sur 6.

Mike Compton:mandoline, choeurs sur 8.

Judith Hill,Alfie Silas-Durio,Tata Vega,Jean Witherspoon,Bill Maxwell:choeurs sur 12.

LP Studio 8 - 2017

 

Gregg allman southern blood 2017

 

GREG ALLMAN

SOUTHERN BLOOD – 2017  4/5

 

Publié le 8 septembre 2017.

Produit par Don Was.

Durée :46:08.

Label:Rounder Records.

Genre:blues,soul,southern rock.

 

Bye Gregg et merci pour tout.

 

Depuis sa transplantation hépatique en 2010, on pensait Gregg Allman à l'abri, or, ces derniers années (depuis 2012), son cancer du foie s'est à nouveau manifesté, faisant de lui un sursitaire face à la mort. Quand, déterminé et excité comme jamais, il attaque les sessions de Southern Blood, il n'en dit, bien sûr, rien à personne, réservant cette information à ses seuls proches.

Son temps étant compté, il fallait urger pour mener à bien son ultime projet. C'est dire la gravité de son état, une gravité que personne ne soupçonne alors, et la lucidité de son dernier travail... chaque mot est pesé, chaque note est réfléchie.

L'enregistrement de Southern Blood est calé sur 9 jours de mars 2016 sous la direction du producteur Don Was et avec le soutien des musiciens ayant accompagné Gregg Allman jusqu'au bout.

Les studios FAME de Muscle Shoals (Alabama) servent de cadre à ses sessions. Ceux-ci ont une valeur particulière pour le floridien puisque son frère Duane y a travaillé comme musicien de studio à la fin des années 60, juste avant la fondation de l'Allman Brothers Band.

L'état de santé alors déjà très dégradé du natif de Jacksonville ne permet pas une grosse charge de travail quotidienne. En quatre heures par jour, les titres de l'album sont enregistrés, un disque que son auteur et son producteur veulent dans l'esprit du premier album solo de l'artiste, à savoir Laid Back (1973). Pas question de faire un LP d'adieu donc...

La mort l'ayant rattrapé en mai dernier, l'album est publié à titre posthume. Hélas, Gregg n'aura pas le loisir d'écouter l'ensemble des titres achevés ; seuls 4 d'entre eux lui ont été soumis avant le 26 mai 2017.

Pour ce projet, Gregg avait dans l'idée de signer des nouveaux titres mais la maladie, le traitement et son calendrier chargé en ont voulu autrement. Il se rabat donc sur des reprises d'artistes et amis qui ont une signification pour lui et dont il fait une interprétation aussi douce et émouvante qu'exceptionnelle : on a ici du Bob Dylan, du Jackson Browne, du Lowell George, du Grateful Dead, du Tim Buckley, du Willie Dixon... de grands songwriters.

Il en agence lui-même l'ordre pour donner plus de cohérence et de profondeur à une sélection révélant surtout son intérêt musical et rappeler ainsi une carrière qui couvre plus de 50 ans. Seul My Only True Friend qui ouvre l'album est né sous sa plume, en co-écriture avec Scott Sharrard.

Bien que ce ne fut pas la finalité recherchée et même si cet excellent disque de standards ne surprend pas vraiment, Southern Blood sonne comme une déclaration d'adieu, un adieu inspiré et élégant que tout artiste de rock aimerait avoir. Merci Gregg pour cet ultime témoignage de ton talent et de ton immense créativité ; merci pour l'ensemble de ton oeuvre (RAZOR©).

 

1. My Only True Friend.

2. Once I Was.

3. Going Going Gone.

4. Black Duddy River.

5. I Love The Life I Live.

6. Willin'.

7. Blind Bats And Swamp Rats.

8. Out Of Left Field.

9. Love Like Kerosene.

10. Song For Adam.

 

Gregg Allman:chant,claviers.

Scott Sharrard:guitare.

Brett Bass:basse.

Peter Levin:claviers.

Steve Potts:batterie.

Marc Quinones:percussions.

Jay Collins:cuivres.

Mark Franklin:cuivres.

Art Edmaiston:cuivres.

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