Groundhogs.

BIOGRAPHIE.

 

GROUNDHOGS/Angleterre

 

Groundhogs

 

Actif entre 1963 et aujourd’hui.

Label:Liberty Records.

Genre:blues-rock,rock psychédélique,,hard rock,rock progressif.

Site officiel:www.thegroundhogs.co.uk

 

L’ancien postier surfe sur le blues.

Guitariste anglais, Anthony Charles McPhee, dit Tony McPhee, est l’homme grâce auquel les Marmottes ont pu hiberner dans le blues et le blues-rock british des années 60 et 70. Toujours actif malgré un AVC, en 2009, qui l’a affecté principalement au niveau de la parole et amené à ce qu’il ne puisse plus chanter correctement, McPhee est toutefois toujours dans le coup et ses Marmottes, les fameuses Groundhogs, aussi.

Groundhogs 1

Mcphee groundhogs 1

Mcphee groundhogs 2The Groundhogs et Tony McPhee.

Cet ancien postier, évoluant alors au sein des Shcenuals, intègre, au début des 60’s, une unité constituée par les frères Cruickshank, dont l’un, John n’est autre qu’un collègue de travail. C’est l’époque des Dollar Bills qui sert de tremplin à ce qui va devenir Groundhogs à la fin de l’année 1963, nom inspiré par le Groundhog’s Blues de John Lee Hooker.

Pignon sur rue du blues.

De John Lee Hooker, il en question quand, après un an d’existence passé sur le circuit blues national, les Groundhogs sont sollicités par le bluesman black pour être son groupe de soutien pour la dernière semaine de sa tournée britannique (1964), démarche que JLH reconduira à plusieurs reprises dès lors que ses tournées l’amènent au Royaume-Uni.

Champion Jack Dupree, Little walter et Jimmy Reed ont également fait appel à ses services dans les mêmes conditions. Ces associations permettent aux Groundhogs de faire parler d’eux et de devenir à la fin de la décennie un groupe ayant pignon sur rue dans le domaine du blues de l’Old Albion.

Un catalogue du meilleur tonneau.

Signé par Liberty Records, les Groundhogs attaquent fort dès leur premier album, Scratchin’ The Surface (1968), qui révèle un blues brut de décoffrage et particulièrement efficace.

Leur savoureuse mise en bouche, savoureuse pour qui aime le blues lourdingue, est prolongée par deux autres LP du meilleur tonneau, Blues Obituary (septembre 1969), plus progressif et encore une fois doté d’une belle énergie, ainsi que Thank Christ For The Bomb (Mai 1970), sorte de concept album oscillant entre blues et hard. Hormis Scratchin’ The Surface qui se fait à quatre (avec l’harmoniciste Steve Rye), jusqu’en 1974, date de sa première pause, la formation évolue dans un format trio : McPhee, Cruickshank et Ken Pustelnik.

Mcphee

« Tant qu’il y aura des gens qui comprennent ce qu’il faut pour jouer le blues et aussi longtemps qu’il y a des guitares et des guitaristes, il y aura toujours du blues. » (Tony McPhee)

Le métallique Split (1971), numéro 5 dans les charts, disque d’or, œuvre de référence de Groundhogs, le complexe mais superbe Who Will Save The World ? The Mighty Groundhogs (1972) et le sous-coté Hogwash, fait sans Pustelnik qui a quitté le trio avant cet album, remplacé par Clive Brooks, terminent proprement la première ère des Groundhogs, celle qui s’achève en 1974. Seul ombre au tableau, le discutable Solid, sorti en 1973, qui préfigure du McPhee à venir, celui qui en pince pour les synthés.

Profusion de live.

Les deux derniers LP de la décennie, ceux nés de la réactivation de Groundhogs, Crosscut Saw (1975) et Black Diamond (1976) ne traduisent en rien le trio incendiaire d’avant 1974. Passé à une formule élargie, Groundhogs rompt une seconde fois en 1976 avant de revenir dans les années 80. Bien que pouvant se targuer d’une discographie studio de grande qualité, il leur manquera toujours pour étayer ce merveilleux parcours des années 60 et 70 un live officiel. Pourtant de live, le catalogue n’en manque pas, pas toujours recommandables d’ailleurs. Avec le recul, Live At Leeds 1971, publié en 1998, et Hogs On The Road (juin 1988), sont venus pallier cette carence.

Malgré un AVC, McPhee repart au combat.

Tony McPhee, qui a publié de nombreux disques de blues acoustique en solo ou avec Jo Ann Kelly, dont il était très proche, a depuis réuni ses Marmottes, notamment en 2003 et pour une année et demie, quand il apparaît avec le line-up d’origine, histoire de fêter dignement le quarantième anniversaire de la fondation du groupe, avant de s’étendre sur d’autres projets personnels. Il remet le couvert avec Groundhogs en 2010, après son accident vasculaire cérébral. La dernière mouture articulée autour de son légendaire guitariste comprend le bassiste Dave Anderson, le batteur Carl Stokes. Joanna Deacon les accompagne au chant. Si Groundhogs n’a pas été le plus original des groupes de blues britanniques, il n’en a pas moins été l’un des plus emblématiques et son guitariste l’un des plus impressionnants du blues d’Angleterre (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Groundhogs scratching

 

GROUNDHOGS

SCRATCHIN’ THE SURFACE – 1968  4/5

 

Publié en 1968.

Produit par Mike Batt.

Durée:44 :03.

Label:Liberty Records.

Genre:blues,blues-rock.

 

Les enfants de John Lee.

 

Les Groundhogs (ex-Dollar Bills), ça vous parle ? Dans les années 60, alors que le British Blues bat son plein, en France, ils sont aux abonnés absents. Inconnus au bataillon, sauf d’une minorité…qui n’ignore pas que cette formation accompagne régulièrement John Lee Hooker (et l’autre bluesman noir qu’est Champion Jack Dupree) dans ses tournées sur le sol britannique. Normal, cette formation est très influencée par le blues, du blues bien lourd, du blues brut de décoffrage et à l’efficacité avérée. A la JLH.

A son propos, il est légitime de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ce groupe n’a pas tiré les marrons du feu dans un genre où, il est vrai, ça se bouscule alors au portillon. C’est un véritable mystère, compte tenu que sa production discographique des sixties a valeur de référence pour le blues-rock anglais. Peut-être peut-on lui objecter de pratiquer, certes du bon blues, mais sans faire preuve d’une grande originalité. En dehors de ça, c’est efficace et comme, personnellement, je l’aime. Il est fort possible aussi que ses incursions dans un registre plus progressif n’ont pas plaidé en sa faveur. Pas plus que le virage électronique n’a marqué les esprits.

Formée en 1963, il faut patienter jusqu’en novembre 1968 pour assister à la sortie de leur premier LP : Scratchin’ The Surface. Déjà, c’est un peu long. Il est l’apanage d’un line-up hybride quant aux nationalités qui le composent. Il y a là les anglais Tony McPhee (chanteur-guitariste) et Steve Rye (harmonica), le batteur écossais Ken Pustelnik et l’indien de Calcutta, Peter Cruickshank, bassiste.

Le plus blues de tous les disques blues du groupe, cet album au son caractéristique de l’époque montre une formation au style simple mais efficace. Produit par Mike Batt, enregistré « live » en studio, Scratchin’ The Surface dévoile, outre un omniprésent Rye à l’harmonica (c’était un cador reconnu à cet instrument), un Tony McPhee, exceptionnel guitariste, qui s’impose comme le vrai leader des Groundhogs, entraînant ses petits camarades dans un blues-rock très authentique à la John Lee Hooker dont ils ont hérité.

Still A Fool, Early The Morning, Walking Blues, Man trouble, You Don’t Love Me sont une excellente mise en bouche pour qui veut tâter du british blues. A cet effet, leurs trois premiers albums se recommandent à plus d’un titre (RAZOR©).

 

1. Rocking Chair.

2. Still a Fool.

3. Early in the Morning.

4. Waking Blues.

5. Married Men.

6. No More Doggin'.

7. Man Trouble.

8. Come Back Baby.

9. You Don't Love Me.

 

Tony McPhee:guitare,chant.

Steve Rye:harmonica,chant.

Peter Cruickshank:basse.

Ken Pustelnik:batterie.

LP Studio 2 - 1969

 

Groundhogs blues obituary

 

GROUNDHOGS

BLUES OBITUARY – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Tony McPhee.

Durée:33:35.

Label:Liberty Records.

Genre:blues-rock,hard rock,rock progressif,rock psychédélique,garage.

 

Un enterrement de première classe.

 

Après le blues classique de Scratchin’ The Surface (1968) et un second LP (John Lee Hooker With The Groundhogs & John Mayall/1968) dont on sait peu de choses, car distribué sur un petit label et à dose homéopathique, le troisième disque à apparaître au catalogue des anglais est ce Blues Obituary (en écoute intégrale ici) de 1969. Considérons-le comme le deuxième studio.

Steve Rye, le sublime harmoniciste de l’album précédent, n’est plus là, ce qui laisse le champ libre à McPhee. Ce dernier entraîne le désormais trio au-delà du blues classique, l’étendant à des champs plus progressifs.

L’excellente, mais surprenante, prestation qui en résulte est explicite : les Groundhogs, comme l’indique le titre traduit de l’album, Nécrologie du Blues, veulent enterrer le blues. Si l’intention n’est pas de lui faire offense, ni de le sous-estimer, car le trio McPhee/Pustelnik/Cruickshank a encore et toujours beaucoup de considération pour ses racines, comme en attestent Mistreated, Times et Express Man, les aspirations du moment sont cependant plus progressives, à l’image de Dazed Of The Weak ou de l’instrumental  et expérimental Light Was The Day.

Chaque piste ici contribue à faire de cet album de transition une pièce essentielle du répertoire de Groundhogs.  Cet  opus installe le groupe dans un format de trio rock-prog qui lui va très bien.

Il constitue l’avenir artistique de demain pour lequel il est le plus reconnu et qui aurait du assoir plus conséquemment  sa popularité. Ils méritent, en effet, bien mieux que l’intérêt qui leur a été témoigné. Il n’est jamais trop tard… (RAZOR©).

 

1. B.D.D.

2. Daze Of The Weak.

3. Times.

4. Mistreated.

5. Express Man.

6. Natchez Burning.

7. Light Was The Day.

 

Tony McPhee:guitare,Mellotron,harmonium,chant.

Pete Cruickshank:basse.

Ken Pustelnik:batterie.

LP Studio 3 - 1970

 

Groundhogs thank christ

 

GROUNDHOGS

THANK CHRIST FOR THE BOMB – 1970  5/5

 

Publié en mai 1970.

Produit par Tony (T.S) McPhee,Martin Birch.

Durée:39:53.

Label:Liberty Records.

Genre:blues-rock.

 

Un truc de malade.

 

Le trio McPhee/Cruickshank/Pustelnick est au sommet de son art. Limité à sa plus simple expression (guitare, basse, batterie et chant), le Groundhogs de Thank Christ For The Bomb (en écoute intégrale ici), publié en mai 1970 toujours pour Liberty Records, hausse le volume et dynamise sa musique comme jamais.

Bien en a pris à McPhee, le chef de meute, d’avoir entraîné ses dingos fous, élevés à la pâtée du blues, vers des prairies heavy prog, plus étranges, plus noires et plus féroces qu’ailleurs. McPhee, dont on ne dira jamais assez quel guitariste hors pair il a été, se charge de l’écriture de tous les titres.

Parfois, les paroles sont un peu puériles, mais cela ne nuit en aucun cas à la qualité incroyable de ce disque emballant et considéré par d’aucuns, comme conceptuel. En s’appuyant sur des chansons courtes pour un concept-album, les Groundhogs obtiennent la reconnaissance de leurs contemporains et entrent pour la première fois dans les charts avec un Soldier qui annonce le thème antimilitariste de l’album.

Oscillant entre blues, hard et touches expérimentales, le troisième LP studio du trio anglais débute par un cinglant Strange Town, relayé par un Darkness Is No Friend aux allures de boogie. Un Soldier aux riffs accrocheurs, par lequel  la gloire du moment tombe sur les épaules des trois compères, introduit l’étrange et expérimentale chanson-titre de plus de 7 minutes. Etrange parce qu’elle passe d’une guitare acoustique soutenue par un chant, à un rythme de marche cadencée allant crescendo, pour se poursuivre dans un final électro-chaotique indescriptible, via la guitare frénétique de McPhee, et ponctué de deux explosions.

Ship On The Ocean confirme l’impressionnant jeu de guitare du leader et l’excellence de la rythmique. L’excellent Garden, Status People et son riff de basse assassin, le rock fougueux Rich Man, Poor Man, Eccentric Man…  il n’est pas une piste qui dépareille dans ce contexte remarquable, renforcé par la présence du génial Martin Birch, en qualité de producteur (Deep Purple, Fleetwood Mac, Wishbone Ash, Black Sabbath, Iron Maiden…). Comme quoi, à trois, avec une guitare, une basse et une batterie, de l’ingéniosité, des idées, de la diversité, des couilles, on peut sortir un sacré truc de derrière les fagots (RAZOR©).

 

1. Strange Town.

2. Darkness Is No Friend.

3. Soldier.

4. Thank Christ For The Bomb.

5. Ship On The Ocean.

6. Garden.

7. Status People.

8. Rich Man, Poor Man.

9. Eccentric Man.

 

Tony McPhee:chant,guitare.

Pete Cruickshank:basse.

Ken Pustelnik:batterie.

LP Studio 4 - 1971

 

Groundhogs split

 

GROUNDHOGS

SPLIT – 1971  4,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Tony (T.S) McPhee.

Durée:39:52.

Label:Liberty Records.

Genre:blues-rock.

 

Grand moment de délire parano.

 

Enregistré à la fin de l’année 1970 et publié en mars 1971, Split (en écoute intégrale ici) est un autre client pouvant postuler au haut du panier de la discographie deGroundhogs.

Sixième, au classement anglais des meilleures ventes d’albums, l’année de sa parution, Split est aussi la pièce N°5 apparaissant au catalogue général de ces artistes, le numéro 4 pour ce qui a trait à la discographie studio.

Split, suggéré par le mauvais trip d’un McPhee sous hallucinogène, est un grand moment de délire parano, sur fonds de heavy rock blues. Entraînée par la guitare illuminée, possédée et inspirée de McPhee, capable aussi bien de riffs tueurs que de belles touches en picking, régulée par les sieurs Cruickshank et Pustelnik, acteurs d’une rythmique phénoménale, la musique de ce trio aux origines blues, a une lourdeur frénétique et une énergie débordante.

Split est bâti sur les fondements de cette mauvaise expérience psychédélique ; il est une sorte de vision confuse et schizophrène du traumatisme hallucinatoire de son auteur. Quatre degrés de cet esprit ainsi torturé se succèdent sur la face A (Split 1 à 4). L’ajout d’une pédale wah wah, le jeu adapté de la rythmique donnent une dimension extraordinaire au son et au style de cette divagation conceptuelle en quatre étapes, tandis qu’ils servent de cadre aux hallucinations d’un McPhee, laissant libre cours à son talent d’improvisateur. Ses distorsions électriques flirtent avec la folie. Dans ce contexte perturbé, je vois mal le non-initié aux choses de cette formation, commencer sa prospection par Split…

Un Cherry Red au rythme infernal (c’est le titre le plus connu de Groundhogs), ouvre la deuxième face de la galette noire, plus classique, plus blues-rock de cet album. Amusant, doux, mélancolique, A Year In A Life, inspiré des Beatles, est un contraste bienvenu  dans cette ambiance frénétique. Junkman est plutôt un territoire étrange et délabré, propice à distorsions improvisées et à  guitare cacophonique. Au regard de ce titre, on se dit que McPhee a du avoir de sacrées visions…

Par contre, chapeau pour la piste de clôture, Groundhog, blues d’une grande simplicité, brut de décoffrage, de et à la Hooker (c’est ce titre qui a inspiré le choix du nom du groupe), et qui nous ramène aux belles heures de Blues Obituary (RAZOR©).

 

1. Split Part 1.

2. Split Part 2.

3. Split Part 3.

4. Split Part 4.

5. Cherry Red.

6. A Year In The Life.

7. Junkman.

8. Groundhog.

 

Tony McPhee:chant,guitare.

Pete Cruikshank:basse.

Ken Pustelnik:batterie.

LP Studio 5 - 1972

 

Groundhogs who will save the world

 

GROUNDHOGS

WHO WILL SAVE THE WORLD? THE MIGHTY GROUNDHOGS – 1972  4/5

 

Publié en 1972.

Produit par Tony (T.S) McPhee.

Durée:36:28.

Label:United Artists.

Gnere:blues-rock.

 

Des marmottes écolos.

 

L’énorme réussite de Split amène Groundhogs à ouvrir la tournée britannique des Stones de 1971. Suit alors, en mars 1972, un LP au titre qui pose question et attaché à un concept environnementaliste : Who Will Save The World ? (en écoute intégrale ici). La réponse est dans la question : The Mighty Groundhogs.

Plus que jamais, Tony McPhee montre sa grande résolution à sillonner de nouveaux styles et horizons sonores inexplorés. Le trio, limité jusque là à l’équation gagnante  basse/batterie/guitare et chant, incorpore dorénavant, de manière brutale et un peu abusivement, des claviers et synthés (mellotron et harmonium notamment).

La réaction spontanée à ce choix musical nous amène à regretter que cet apport instrumental se fasse au détriment de la fantastique guitare de MCPhee, base même de l’œuvre de Groundhogs jusqu’ici. La guitare est toujours là, toujours belle, mordante, mais la prise de pouvoir du mellotron tend à adoucir le son d’ensemble.

Cette sensation d’entrer dans un univers différent de celui auquel Split nous a convié avec plaisir, est perceptible dès Earth Is Not Room Enough. L’écolo Wages Of Peace tient plus du Groundhogs qui nous est familier. La remarque vaut aussi pour Body In Mind qui voit McPhee sortir sa boite à riffs douloureux. L’espoir renaît pour l’humanité comme le revendique la majestueuse Music Is The Food Of Thought.

Côté opposé du vinyle, les choses commencent sous les meilleurs augures avec un excellent Bog Roll Blues que le clavier dramatise davantage. Death Of The Sun n’est pas spécialement mémorable et fait plus office de remplissage. A l’image d’Amazing Grace, dont on se demande ce qu’il peut bien foutre ici, si ce n’est nous pomper le dard. C’est horrible.

Par contre, cette faute de goût est oubliée et pardonnée avec un final étiré à un peu plus de 10 minutes (plus eut été gonflant) : le tourbillonnant The Grey Maze. Le trio sort le grand jeu et nous sert un dernier plat boogie façon prog, dont vous me direz des nouvelles.

Cet album, encore convaincant, marque la fin de cet incroyable trio, avec le départ de Pustelnik. L’avenir sera moins percutant, mais offrira quelques belles surprises (RAZOR©).

 

1. Earth is not Room Enough.

2. Wages of Peace.

3. Body in Mind.

4. Music is the Food of Thought.

5. Bog Roll Blues.

6. Death of the Sun.

7. Amazing Grace.

8. The Grey Maze.

 

Tony McPhee:guitare,Mellotron,harmonium,chant.

Pete Cruikshank:basse.

Ken Pustelnik:batterie.

LP Studio 6 - 1972

 

Groundhogs hogwash

 

GROUNDHOGS

HOGWASH – 1972  4/5

 

Publié en novembre 1972.

Produit par Tony (T.S) McPhee.

Durée:39:26.

Label:United Artists.

Genre:blues-rock,hard rock,rock progressif,heavy-blues rock.

 

La belle surprise du catalogue.

 

Sous-coté ! C’est la remarque qui me vient  immédiatement à l’esprit dès lors qu’Hogwash (en écoute intégrale ici), sixième LP studio des Groundhogs publié fin 72, est évoqué. Le sourire ornant  le visage de Tony McPhee sur la pochette,  traduit bien la satisfaction qui l’habite, après avoir enfilé, coup sur coup, trois magnifiques perles, Thank Christ For The Bomb, Split et Who Will Save The World. Il ne faut pas pour autant négliger les précédents et probants Blues Obituary et Scratchin’ The Surface.

Le sous-estimé Hogwash n’a pas la prétention de remettre en cause cette sublime trilogie (et pourtant…), mais il a toujours été là, dans l’ombre, à attendre qu’on veuille bien lui abandonner une petite parcelle de gloire. Encore une fois, merci aux rééditions et aux remasterisations, sans lesquelles ce dépoussiérage ne serait pas possible. Hogwash mérite très largement mieux que ce que les critiques de l’époque en voient alors.

Resituons le débat. Respectivement en mars et en novembre de l’année 1972, les Groundhogs publient  “Who Will Save The World? The Mighty Groundhogs”, qui voit, pour la première fois,  la guitare excitante et inventive  de McPhee s’effacer derrière le  mellotron. Le batteur Ken Pustelnik quitte le trio, après WWSTWTMG, perdant du même coup, une force vive et essentielle de la rythmique et du style Groundhogs.

Ce départ capital et l’utilisation moins prononcée de la guitare par McPhee (d’après la légende, il est victime d’une chute de cheval qui lui aurait brisée le poignet et qui l’amène à se détourner de son instrument de prédilection)  expliquent en partie le détachement qui s’est opéré autour d’Hogwash. Pourtant, McPhee fourmille encore d’idées, maîtrise mieux, aussi, les instruments de substitution (notamment les synthés) et les effets à en tirer.

Parallèlement, même si le jeu de Pustenik était  plus puissant et énergique que son remplaçant, reconnaissons à Clive Brooks (Egg) un toucher de qualité. McPhee, lui, retrouve de la souplesse dans son articulation meurtrie, du doigté, revient à un peu plus de guitare et livre un travail impressionnant sur 3744 James Road.

Hormis l’expérimental the Ringmaster (solo de batterie réverbéré), cet album de heavy-blues-rock qui se conclut sur un hommage à JLH,  est remarquable de solidité. I Love You Miss Ogyny, l’énergique You Had A Lesson, 3744 James Road (du Groundhogs pur jus), Sad Is The Hunter, plus hard, le rock prog Song’s One, Earth Shanty (le plus beau fleuron, le plus créatif et taillé dans le style Moody Blues) et le blues acoustique Mr Hooker Sir John sont à un très bon niveau d’écriture et d’interprétation.

Efficacement produit et arrangé, Hogwash est passé à côté du pompon de son temps, et pourtant, il convainc. Très inspiré, il figure, pour moi, au même rang que ses illustres devanciers. Voici le lien pour écouter le dénommé Hogwash, cette belle surprise concoctée par McPhee dont on comprend mieux le sourire malicieux (RAZOR©). 

 

1. I Love You Miss Ogyny.

2. You Had a Lesson.

3. The Ringmaster.

4. 3744 James Road.

5. Sad Is The Hunter.

6. Song’S One.

7. Earth Shanty.

8. Mr. Hooker,Sir John.

 

Tony McPhee:guitare,claviers,synthés,mellotron,chant.

Clive Brooks:batterie.

Peter Cruikshank:basse.

LP Studio 7 - 1974

 

Groundhogs solid

 

GROUNDHOGS

SOLID – 1974  3/5

 

Publié en 1974.

Produit par Tony McPhee.

Durée:40:39.

Label:WWA Records.

Genre:blues-rock.

 

A vouloir trop en faire…

 

Solid (en écoute intégrale ici), paru en 1974, n’est pas si solide que ça. Son entrée en matière tonitruante le laisse penser (Light My Light, Free From All Alarm, Sins Of The Father) à tort. C’était bien parti pour flamber, mais là, McPhee pousse le bouchon un peu trop loin dans sa quête expérimentale, devient trop aventureux et nous fait lâcher prise en route.

Album varié sur lequel le synthé prend toute la place pour ainsi dire, Solid nous perd dans les méandres que trace son guitariste-claviériste, qui a toute latitude pour entraîner l’auditeur là où il le désire, soutenu qu’il est par une rythmique exceptionnellement disponible pour son expérimentation.

McPhee ne s’en prive pas et parfois, c’est un peu trop chargé, trop progressif, voire décousu. Solid est un moyen de gamme, pas très accessible aux jeunots et qui annonce le chant du cygne de cette formation, malgré quelques titres costauds (ceux cités essentiellement). (RAZOR©).

 

1. Light My Light.

2. Free From All Alarm.

3. Sins of the Father.

4. Sad Go Round.

5. Corn Cob.

6. Plea Sing, Plea Song.

7. Snow Storm.

8. Joker's Grave.

 

Tony McPhee:guitare,claviers,synthés,mellotron,chant.

Clive Brooks:batterie.

Peter Cruikshank:basse.

LP Studio 8 - 1976

 

Groundhogs crosscut saw

 

GROUNDHOGS

CROSSCUT SAW – 1976  3/5

 

Publié en 1976.

Produit par Tony McPhee.

Durée:49:13.

Label:United Artists.

Genre:blues-rock,hard rock,rock psychédélique,rock progressif,garage.

 

Y a-t-il encore une Marmotte dans le terrier ?

 

Après l’échec de son album solo en 1973 et celui de Solid, attribué aux Groundhogs, en 1974, Tony McPhee, en proie à des problèmes personnels, dissout le trio l’espace de quelques mois. Revigoré, il reforme une nouvelle mouture de Groundhogs.

La formation qui va travailler sur les deux derniers LP de l’ère 70, Crosscut Saw (en écoute intégrale ici) et Black Diamond (publiés en 1976), s’élargit à quatre unités. La rythmique est remplacée, Martin Kent prenant la basse à la place de Cruickshank et Mike Cook la batterie. McPhee est de ce fait le seul membre d’origine (guitare, synthés, chant) d’un line-up désormais complété par un second guitariste, Dave Wellbelove.

Ce quatuor n’arrivera jamais à la cheville du trio légendaire constitué autour de McPhee/Cruickshank/Pustelnik, comme peut en attester, dans un premier temps, Crosscut Saw, un LP pas franchement mauvais, mais disposant de pistes un peu faiblardes et ne permettant pas aux nouveaux arrivants de s’exprimer complètement.

Il en résulte l’impression que Groundhogs joue en retenue, au frein à main, manque même d’inspiration. Quand la matière est défaillante, ce sont les artistes qui trinquent… Pour y pallier, les acteurs partent dans des sortes de jams, ponctuées de solis. Peu de substance à réjouissance, donc. Mean Mistreated (blues acoustique), Fullifillment, Promiscuity, Boogie With sont pas mal, mais où est passé le feu si caractéristique de ce groupe ? (RAZOR©).

 

1. Crosscut Saw.

2. Promiscuity.

3. Boogie With Us.

4. Fulfillment.

5. Live a Little Lady.

6. Mean Mistreater.

7. Eleventh Body Talk.

8. Fantasy Partner.

9. Country Blues.

10. Friendzy.

 

Tony McPhee:guitare,chant.

Dave Wellbelove:guitare.

Martin Kent:basse.

Mick Cook:batterie.

LP Studio 9 - 1976

 

Groundhogs black diamond

 

GROUNDHOGS

BLACK DIAMOND – 1976  3/5

 

Publié en 1976.

Produit par Tony McPhee.

Durée:37:27.

Label:United Artists Records.

Genre:blues-rock,rock progressif.

 

Fin de parcours.

 

J’avoue ne pas avoir beaucoup d’atomes crochus avec Black Diamond (en écoute intégrale ici) de 1976 depuis sa sortie. Trop différent du Groundhogs de la fin des années 60 et du début des années 70, le son et le style de ce quatuor me correspondent moins.

L’agressivité et l’énergie passées de la période dite classique sont à regretter, la matière n’est pas transcendante. La guitare de McPhee en arrive à ne plus m’émouvoir. Le Groundhogs (commercial) de 1976 n’est pas aussi accompli que son prédécesseur.

Même si ce disque n’est pas à voir comme un mouton noir, il n’apporte rien de plus, que l’on ne sache déjà, sur cette formation sur le déclin en termes de créativité, en recul sur la qualité de ses productions studio, mais encore terriblement efficace sur scène.

De ce disque, il faut retenir l’instrumental Pastoral Future, Friendzy et Fantasy Partner. Black Diamond est, sans conteste, le moins bon des albums du catalogue 60/70 avec son précédent (RAZOR©).


1. Body Talk.

2. Fantasy Partner.

3. Live Right.

4. Country Blues.

5. Your Love Keeps Me Alive.

6. Friendzy.

7. Pastoral Future.

8. Black Diamond.

 

Tony McPhee:guitare,chant.

Rick Adams:guitare.

Martin Kent:basse.

Mick Cook:batterie.

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