Hill, Ethridge, Barbata.

BIOGRAPHIE.

 

HILL, ETHRIDGE, BARBATA/Los Angeles (Californie)

 

Hill barbata ethridge 1

 

Actif en 1971.

Label:Atco.

Genre:rock,blues-rock,blue-eyed soul.

 

Un attelage qui avait du sens.

Quand Scott Hill, Chris Ethridge et Johnny Barbata ont, pour leur seul plaisir, uni leurs talents, alors unaninement reconnus de toute la profession, et mis leurs expériences respectives au service d'un super trio, ils n'ont certainement pas pris la décision la plus absurde de leur carrière. Au regard du seul témoignage discographique restituant cette réunion au sommet, L.A. Getaway (1971), l'idée, exclusivement récréative, avait du sens, à défaut d'avoir un avenir dans le rock.

Que le légendaire Paul Rothchild (The Doors, Janis Joplin) en ait été aux manettes et que la quintessence de la scène californienne (Dr John, John Sebastian, Booker T.Jones, Spooner Oldham, Larry Knechtel, Sneaky Pete Kleinow, Clarence White, Leon Russell...) du moment s'y soit invitée, donne une idée du crédit accordé à ses instigateurs.

Hill barbata ethridgeHill, Barbata et Ethridge...

Hill barbata ethridge l a 2...un attelage qui avait du sens.

Hill barbata ethridge l a 1L'excellent L.A Getaway, publié en 1971 chez Atco.

Hill barbata ethridge 1Des profils racés.

L.A. Getaway, un joyau oublié.

Hill, Ethridge et Barbata n'étant pas des peintres, le seul document vinylique qui en résulte s'inscrit dans ce que le blues-rock, ici en mode funky, a produit de mieux dans les 70's. Que le trio n'ait pas eu de suite, tient finalement à peu de choses et aux qualités techniques d'un homme, Johnny Barbata, exfiltré de cette unité transitoire pour aller battre pour un supergroupe de réputation mondiale, Crosby Stills Nash & Young, choix qu'il n'eut jamais à regretter par la suite.

Passer sous silence une telle association de bienfaiteurs relève du déni de réalité, d'autant que de son temps déjà, le trio et son entourage n'ont pas franchement joué la carte communication, état d'esprit ludique oblige, rendant la traçabilité pour accéder à cette histoire furtive aussi difficile que l'acquisition du trésor discographique d'origine. Depuis réédité sur support moderne, rendons donc à Cesar...

Des profils racés.

Apprécié de la scène californienne qu'il a marqué de son empreinte pendant de longues années, le chanteur-guitariste et multi-instrumentiste Scott Hill, Joel de son prénom, est natif de l'est texan. De Naples précisément, mais c'est à San Diego, dans le sud de la Californie, qu'il grandit et qu'il fourbit ses premières vraies armes musicales en rejoignant les Strangers dès la fin des 50's, groupe de rock/surf rock (Scott Hill, Harold Kirby, Ronny Lynch, Jimmy Marino) auteur de l'instrumental Caterpillar Crawl (Titan Records).

Hill n'est peut-être pas le plus connu des trois, et c'est peut-être pour ça que le trio n'a pas eu les retombées qui lui revenaient de droit, ni l'avenir heureux qu'il aurait pu s'aménager, mais il devient malgré tout un pilier des clubs californiens, sous différentes appellations certes, et selon les endroits et les moments où il se produit : The Joel Scott Hill Band, The Joel Scott Hill Three, The Joel Scott Hill Trio.

Après avoir signé quelques singles pour le label d'Hollywood Monogram, distributeur de Era Records, il réunit autour de son nom les Invaders (Joel Hill & The Invaders/1964). Jusqu'à la fin des 60's, il est très impliqué sur la place angeline jusqu'à faire équipe en 1971 avec Barbata et Ethridge pour l'intermède divertissant évoqué par ailleurs, avant d'intégrer, par la suite, Canned Heat (1970/72) où il remplace Alan Wilson, ainsi que des Flying Burrito Brothers reformés par Chris Ethridge en 1975.

Son palmarès est aussi favorable et élogieux que sa performance comme chanteur et guitariste au sein cette tierce royale.

Chris Ethridge est également dans le coup de ce trio. Le pédigrée de ce bassiste-pianiste-chanteur mississippian, décédé d'un cancer en 2012, n'est pas mal non plus. Après avoir bricolé dans des formations régionales, puis s'être fait remarqué à Biloxi (Californie), il prend la route de la Californie où il joue avec le précédent Scott Hill, avant de devenir membre de l'International Submarine Band reformé de Gram Parsons, celui qui signe Safe At Home (1968).

Hill barbata ethridge johnny barbata

« Je ne pense pas que nous retrouverons un jour l'ambiance des années 60's/70's. Le meilleur de la musique est là. La grande majorité des gens que je rencontre aujourd'hui réfère toujours à cette période exceptionnelle et partage mon sentiment. De nos jours, la musique est devenue beaucoup trop synthétique. » (John Barbata)

Avec ce dernier, Ethridge entame une collaboration par après reconduite dans le Flying Burrito Brothers (1968/1969 et de 1974 à 1976) dont il est co-fondateur et dans les Fallen Angels. Il redevient ensuite musicien de sessions et prend part à de multiples enregistrements de ses confrères (Judy Collins, Johnny Winter, Ry Cooder, Leon Russell, Randy Newman, Linda Ronstadt, les Byrds, Arlo Guthrie, Rita Coolidge, Dave Mason, Graham Nash, Jackson Browne).

Le Barbata des Turtles, de CSN & Y et des 2 Jefferson.

The Last But Not The Least, le CV de Johnny Barbata, originaire du New jersey, n'a rien à envier à ceux de Hill et Ethridge. Batteur depuis la fin des 50's, Barbata est un musicien très prisé pour son jeu dynamique pointant sur plus d'une centaine d'albums dans le milieu du disque d'alors.

Pressenti par David Geffen pour être le batteur d'Eagles passé dans le giron d'Asylum, son label, Barbata est alors, en 1971, un des meilleurs praticiens américains de l'instrument. Il est célèbre depuis son passage au sein des Turtles entre 1966 et 1969, auteurs du planétaire Happy Together (1967), puis, plus tard, pour son implication auprès du quatuor magique CSN & Y (et de ses individualités) en remplacement d'un Dallas Taylor miné par l'héroïne. Il est également partie partie prenante dans le Jefferson Airplane de la période transitoire vers le Jefferson Starship, ayant au final le privilège d'être le seul batteur commun à ces deux moutures mythiques.

Conclusion : Barbata, c'est du lourd, comme l'est cette obscure mais brillante formation à trois têtes ayant pris l'option de sobrement se nommer Hill, Ethridge, Barbata, et, sous cette identité, de revisiter de façon originale et convaincante un répertoire de reprises et de chansons écrites par des condisciples. Ne s'étant jamais produit en live, satisfaisons-nous de la fraîcheur et de la puissance de L.A. Getaway pour juger de la légimité de cet assemblage passé entre les mailles du filet (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1971

 

Hill barbata ethridge l a 1

 

HILL BARBATA, ETHRIDGE

L.A. GETAWAY – 1971  4,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Paul Rothchild.

Durée:40:13.

Label:Atco.

Genre:blues-rock,rock,blue-eye soul.

 

Aurait mérité meilleur sort.

 

Le nom de L.A. Getaway ne dit certainement rien qui vaille à la majorité d’entre nous. Ce n’est pas sous cette identité que ce super trio fait parler de lui, mais sous les patronymes des trois membres fondateurs de cette unité américaine, à savoir Joel Scott Hill, Chris Ethridge et John Barbata qui, en 1971, unissent leurs talents et leurs expériences pour former un des power bands les plus mésestimés des années 70, certainement pas le moins compétent.

L’affaire est ponctuelle et relève plus de l’opportunité de se réunir pour le plaisir. Elle ne dure pas bien longtemps mais le LP rattaché à l'union Hill Barbata Ethridge, L.A. Getaway de 1971 (en écoute intégrale ici) rappelle combien ce line-up prestigieux était tenu en haute estime et aurait mérité reconduction.

Les mémoires infaillibles du rock auront tôt fait de retapisser ces gus aux pédigrées prestigieux. Si Joel Scott Hill n’est pas le plus populaire du lot, ce guitariste de session n’en a pas moins été un membre des Strangers, puis du Canned Heat de la période 70/72, en remplacement d’Alan Wilson après son suicide.

Par contre, faut-il encore présenter feu Chris Ethridge, le bassiste et chanteur des Flying Burrito Brothers, passé par l’International Submarine Band de Gram Parsons et acteur, à son poste, sur une pléiade d’albums de stars du rock (Gene Clark, Graham nash, Gram Parsons, Ry Cooder, Arlo Guthrie, Judy Collins…) ?

Et John Barbata. Est-il nécessaire de rappeler qu’il a battu pour les Turtles, pour l’Airplane de la fin de cycle certes, mais Airplane quand même, et surtout pour ce qui est alors le meilleur groupe du monde, Crosby Stills Nash & Young ? Ce trio de premier plan, des piliers de la scène west coast, a fière allure, ce que confirme son unique et merveilleux legs discographique, L.A Getaway (ATCO/1971).

Porté par la belle voix et la guitare experte de Jo Scott Hill, L.A Getaway exsude un délicieux mix de rock, de blues et de soul, articulé autour de reprises essentiellement (Chuck Berry, Allen Toussaint, Bo Diddley, Leon Russell…), mais de reprises complètement revisitées et aux adaptations, dans certains cas, totalement maîtrisées que l’original s’en trouve souvent supplanté, que les interprètes s’écartent fortement de leurs auteurs. On aurait pu le leur objecter si leur lecture n’avait pas été si audacieuse et inspirée ici. Comme la prestation est globalement réussie, alors poupouille…

L’apport du lot d’invités qui vient se greffer sur ce projet est l’autre réussite de L.A Getaway. Parmi les guests, citons au hasard: Dr John, Larry Knechtel, Leon Russell, Pete Kleinow, Booker T., John Sebastian, Clarence White… Devant tant de talents et d’expériences, on en vient à regretter fortement que l’affaire n’ait pas eu de suite.

Malgré cela, cette réunion reste quasiment inconnue des fans des 70’s. L’heure est donc venue de réhabiliter ces acteurs et ce LP qui aura autant échappé aux presses du rock ainsi qu’à un public pourtant alors à l’affût de bonne musique californienne.

Craney Crow, écrit par Malcolm Rebennack plus connu sous le nom de Dr John, traduit bien la transformation radicale mais aboutie d’une reprise boueuse en une pièce enjouée. Tout aussi inspiré, Ole Man Trouble (de Booker T.Jones) est dans ce même esprit d’esprit. Dans un ordre d’idées approchant, So Long et It’s Your Love tirent également leur épingle du jeu. Plus que les couvertures moins remarquées de The Promised Land (Chuck Berry) et d’Eyesight.

Tout n’est pas forcément gagnant dans un lot qui semble avoir été fait plus pour se divertir que pour laisser une empreinte dans le rock. Néanmoins, L.A. Getaway affiche une collection de 10 titres qui méritent tous, quels qu’ils soient, une écoute. Il n’est rien ici qui ne soit pas digne d’intérêt. Dès lors, je ne peux que vous exhorter à partir à sa recherche (RAZOR©).

 

1. Bring It To Jerome.

2. It’s Your Love.

3. Long Ago.

4. Craney Crow.

5. The Promised Land.

6. Ole Man Trouble.

7. Eyesight.

8. L.A. Getaway.

9. Big City.

10. So Long.

 

Jim Keltner,Johny Barbata:batterie.

Joel Scott Hill:chant,guitare.

Chris Ethridge:chant,piano,basse.

Dr. John,Leon Russell,Spooner Oldham:piano.

Clarence White:guitare.

Pete Sneaky Kleinow:pedal steel guitare.

Larrty Knetchel,Booker T. Jones:orgue.

Bobby Hall Porter,Robert Gesues:percussions.

Clyde King,The Blackberries:chœurs.

John Sebastian:harmonica.

Paul A. Rothchild:producteur.

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