Hot Tuna.

BIOGRAPHIE.

 

HOT TUNA/San Francisco (Californie)

 

Hot tuna 1972

 

Actif entre 1969 et 1977, en 1983 puis de 1986 à aujourd’hui.

Label:RCA/Grunt,Relix,Eagle,Red House.

Genre:blues-rock,rock,blues,San Francisco Sound,country-rock.

Site officiel:www.hottuna.com

 

Casady/Kaukonen, la signature sonore de l’Airplane.

Pour beaucoup dans la signature sonore de Jefferson Airplane, Jorma Kaukonen, guitariste, et Jack Casady, bassiste, sont les initiateurs du projet parallèle, Hot Tuna, groupe de blues-rock actif en même temps que le groupe mythique du San Francisco Sound, avec Grateful Dead, le Quicksilver et quelques autres.

Hot tuna 1

Hot tuna 2

Formé en 1969, Hot Tuna, complété par Will Scarlett, harmoniciste et auquel les potes et proches de l’Airplane s’invitent souvent (Marty Balin, Spencer Dryden, Peter Kaukonen, Papa John Creach, Sam Piazza…), évolue dans un style blues et country d’abord axé sur l’acoustique dans leurs premiers albums mais succombe à l’électrique jusqu’à exceller dans une sorte de hard blues vivifié. Le duo se sépare une première fois en 1977 après un dernier concert au Palladium new yorkais le 26 novembre de cette même année, signant, pour bien marquer cette rupture, une compil’ qui sortira fin mars 1979.

Un break et des réincarnations.

Jorma Kaukonen met à profit cette pause pour enregistrer son deuxième LP solo, Jorma (1979), 5 ans après Quah (1974) tandis que Jack Casady rejoint le groupe SVT, puis les Yankees. Devenus respectivement artistes RCA et 415 Records, ce break signifie également la fin de la collaboration du duo avec Grunt. 

Hot Tuna repart pour un tour en 1983, mais ne réussit pas à fédérer autour de son nom comme au temps de sa splendeur. Il se range quelque temps des voitures, avant de réapparaître sous forme d’une unité acoustique en 1986, puis dans des réincarnations multiples et variées  jusqu’à aujourd’hui, retrouvant son lustre d’antan.

Depuis plus de 50 ans.

Kaukonen et Casady jouent ensemble depuis leur adolescence passée à Washington DC, soit depuis plus de cinq décennies. Au milieu des 60’s, alors que Jorma kaukonen a depuis peu intégré un Jefferson Airplane alors en période de gestation, il suggère à Marty Balin et Paul Kantner de recruter Jack comme bassiste, quand Bob Harvey ne convient plus pour soutenir les desseins psychédéliques du groupe, ceux qui vont définir le son de la Baie. Comme le jeu de Casady déborde du cadre dans lequel sont confinés la plupart des bassistes traditionnels du moment, l’affaire est conclue qui va contribuer à alimenter le mythe acid rock de la côté ouest des Etats Unis, de la Californie et de San Francisco notamment, et à son statut si particulier.

Entre le jeu de guitare caractéristique de Kaukonen alternant la finesse du fingerpicking à la fulgurance et la technique particulière de la pratique de la basse par Casady en faisant un des plus beaux bassistes de tous les temps, Jefferson Airplane, pendant cinq ans, puis Hot Tuna pour les 45 dernières années, tiennent en ce tandem un des plus lumineux que le rock ait connu. Kaukonen/Casady, c’est aussi culte que Bruce/Clapton, Paul Jones/Page ou Redding/Hendrix.

Hot tuna jack casady

« La combinaison de nos deux instruments crée un élément unique. C’est la raison pour laquelle le public est en interaction avec Hot Tuna et aime l’être.

C’est sur cette base que notre carrière s’est construite auprès des gens. » (Jack Casady/2014)

Un catalogue très prisé.

Entre 1970 et aujourd’hui, Hot Tuna peut se targuer de s’être constitué une très belle discographie dont l’essentiel, pour ce qui concerne la partie studio se situe dans les années 70 : Burgers (1972), The Phosphorescent Rat (1973), American’s Choice (1975), Yellow Fever (1975) et Hopkorv (1976). Toutefois c’est un album live qui ouvre son catalogue, l’éponyme Hot Tuna (1970), appelé Breaking Glass album en raison du bruit de verre brisé qui accompagne l’enregistrement d’Uncle Sam Blues. Il est suivi d'un second live en 1971 First Pull Up, Then Pull Down. Depuis, on peut suivre la formation californienne au gré de ses prestations live, blues acoustiques ou électriques essentiellement, qui maintiennent le duo à un niveau toujours aussi excitant, malgré leur entrée dans le club des septuagénaires.

Actif sur scène et en studio.

Toujours très prisé, Hot Tuna, constitué aujourd’hui du duo Casady/Kaukonen plus le mandoliniste Barry Mitterhof et le batteur Skoota Warner, est encore très actif sur la route et ses concerts affichent souvent complets. Côté studio, Steady As She Goes (Red House Records) est son dernier LP ; il date de 2011 et est le premier en 20 ans. Avec douze excellents titres de folk-rock dont la moitié écrite par Kaukonen et qui varient agréablement les ambiances, ce retour discographique est annonciateur d’un ensemble plus mature et plus motivé que jamais. C’est bon signe tout ça (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Live 1 - 1969

 

Hot tuna lp 1970

 

HOT TUNA

HOT TUNA – 1969  5/5

 

Publié en mai 1970.

Produit par Al Schmitt.

Durée:45:59.

Label:RCA Victor.

Genre:blues acoustique.

 

Ambiance feu de camp.

 

Lorsque Hot Tuna, monté à des fins récréatives par le duo Kaukonen/Casady, pointe le bout de son nez en 1969, alors que le guitariste et le bassiste sont d’inamovibles et influents piliers d’un Jefferson Airplane, qui n’a pas vu, en ce projet parallèle, la fin annoncée de la formation mère et phare de l’acid rock et du San Francisco Sound ?

Qui n’a pas soupçonné, ni ne leur en a pas voulu, que leur projection dans ce parcours engagé de front et pour satisfaire leur seul plaisir acoustico-blues, leurs racines, ne sème la zizanie dans un collectif élevé au rang de mythe et sacralisé ? Hot Tuna n’est-il pas le fossoyeur de l’Airplane ou en tout cas le responsable de son déclin ? Si flamboyant jusqu’à Volunteers, publié en novembre 1969, l’Airplane marque le pas à sa suite et pendant deux ans fait ceinture, Kantner et Slick s’accordant du répit pour la naissance de leur enfant. Pour meubler avant Bark (1971) et Long John Silver (1972), albums qui traduisent le recul évoqué précédemment, RCA publie une compil’, The Worst of Jefferson Airplane.

Jorma Kaukonen et Jack Casady mettent à profit cette pause pour donner plus de poids à un Hot Tuna encore embryonnaire mais qui va donner rapidement aux deux compères l’occasion de lui accorder une attention plus marquée pour ne pas dire exclusive.

L’avenir nous apprendra que les soupçons pesant sur de supposées petites tensions en interne sont finalement avérés, que la paire Kantner/Slick ne voit pas d’un bon œil l’implication de Kaukonen et de Casady dans Hot Tuna, surtout quand ça se fait au détriment de l’affaire juteuse qu’est l’Airplane. La maison de disques abonde dans le sens du couple et pointe du doigt Kaukonen qu’elle tient pour responsable d’avoir sabordé en quelque sorte Jefferson Airplane.

Pour un temps encore, le binôme continue à assurer le casse-croûte quotidien en restant fidèle à l’Airplane, tout en prenant son pied dans la configuration acoustique annexe. Il passe alors allègrement du blues-rock électrifié à un folk-blues dépouillé, jusqu’au jour où Hot Tuna devient son unique foyer, la société qui l’accapare à plein temps et sa seule raison d’être.

Une fois admise et bien ancrée dans les esprits, cette alternance n’a jamais posé le moindre problème aux puristes évoluant dans la sphère de l’Airplane. On a fait avec les deux. Le tandem Casady/Kaukonen doublonne avec un égal bonheur et son  implication  ne dépare pas dans le collectif Airplane.

Le premier LP, Hot Tuna (en écoute intégrale ici) qui naît de sa marginalisation artistique est si bien accueilli que l’idée germe en Casady et Kaukonen de poursuivre cette expérience discographique ; elle va quand même être reconduite à 8 reprises jusqu’au terme de la première phase de leur carrière fin des années 70.

Leur union a débuté dans la première moitié des 60’s dans la région de Washington D.C et leur amitié ne s’est jamais démentie à ce jour. Elle se profile en filigrane de cet album éponyme, appelé aussi Recorded Live, enregistré à partir de concerts de septembre 1969 à la New Orleans House de Berkeley, une petite salle qui se prête magnifiquement à cet exercice intime, et publié en mai 1970.

L’harmoniciste Will Scarlet offre son concours à cette prestation folk-country-blues en comité restreint, qui s’articule autour d’un répertoire repris aux anciens comme Leroy Carr, Jelly Roll Morton et Reverend Gary Davis, dont les interactifs acteurs Kaukonen et Casady ont saisi tout l’esprit, ainsi qu’autour de titres originaux de Kaukonen ou traditionnels, mais arrangés par le duo.

Sans jamais donner l’impression d’être répétitifs, les airs de blues très voisins les uns des autres, s’enchaînent dans une ambiance bon enfant, entretenue par les jeux décontractés et tout en technicité de deux musiciens accomplis et virtuoses. On insistera plus sur celui de Jorma Kaukonen, son compère bassiste se contentant d’un rôle, certes actif et plein de maîtrise, mais, pour l’occasion, plus contenu. On connaît depuis longtemps le style vif, imaginatif, en nuances et original du blond binoclard, considéré à son poste comme l’un des meilleurs du rock de tous les temps.

La partition acoustique cool de Kaukonen, loin des standards psyché-électrifiés de l’Airplane, s’appuie sur la technique du fingerpicking. Elle  révèle ici de ce guitariste, de l’élégance, de l’agilité, de la subtilité, de la grâce, de la diversité. Ni sa manière de jouer, ni le chant qui l’accompagne  ne donnent jamais le sentiment qu’il force.

Le sous-estimé Hot Tuna (l’album) est une superbe conversation musicale qui rend le meilleur des hommages au blues et à ceux qui ont installé ses bases avant Kaukonen et Casady. Oui, ce couple pouvait coexister dans l’environnement de Jefferson Airplane. Non, il n’a pas été étouffé par son illustre fratrie. Au contraire, il a contribué à la déstabiliser et à en précipiter sa fin. Ne négligez pas ce disque chaleureux à trois acteurs, articulé autour de la gratte sèche, qui fait très ambiance feu de camp, il est énorme (RAZOR©).

 

1. Hesitation Blues.

2. How Long Blues.

3. Uncle Sam Blues.

4. Don't You Leave Me Here.

5. Death Don't Have No Mercy.

6. I Know You Rider.

7. Oh Lord, Search My Heart.

8. Winnin' Boy Blues.

9. New Song.

10. Mann's Fate.

 

Jorma Kaukonen:guitare acoustique.

Jack Casady:basse.

Will Scarlet:harmonica.

LP Live 2 - 1971

 

Hot tuna first pull up

 

HOT TUNA

FIRST PULL UP, THEN PULL DOWN – 1971  5/5

 

Publié en juin 1971.

Enregistré au Chateau Liberty Los Gatos (Californie) en avril 1971.

Produit par Jorma Kaukonen.

Durée:44:06.

Label:RCA Victor.

Genre:blues-rock.

 

Du Thon hyper chaud !

 

Deuxième LP de Hot Tuna et deuxième live en 1971 : First Pull Up, Then Pull Down (en écoute intégrale ici). On laisse tomber la guitare acoustique de l’album éponyme précédent (1970) et on branche les guitares électriques. Malgré la transition, on ne perd rien au change, Hot Tuna excelle tant dans le blues acoustique que dans un registre plus blues-rock.

Pour l’occurrence, c’est le Château Liberté de Los Gatos dans les montagnes californiennes de Santa Cruz, un ancien relais de diligences du milieu du dix-neuvième siècle, qui prête son cadre à l’enregistrement de First Pull Up Then Pull Down. Bar à bikers fréquenté par la fine fleur des notables du coin, des artistes, des hippies, cet endroit de rock où Hot Tuna, les New Riders Of The Purple Sage, Moby Grape et la clique de la baie aimaient se produire, a vu défiler le gratin des formations du moment comme Quicksilver, Elvin Bishop ou les Doobie Brothers dont la photo de la pochette de l’album éponyme a été prise dans ce bar où ils étaient des habitués.

Sur le line-up de l’album précédent (Kaukonen, Casady et Scarlett) viennent se greffer le violoniste en vogue sur le circuit du moment, Papa John Creach et Sammy Piazza, qui remplace Joey Covington à la batterie. De trio, Hot Tuna passe en quintette. L’ambiance du moment est alors à une perte de vitesse du groupe-mère, l’Airplane qui perd Balin son fondateur et Dryden, et à une scène west-coast qui commence à tirer la langue.

Le jeu intense d’un Jorma Kaukonen, la basse d’un Jack Casady en très grande forme, un Sammy Piazza explosif aux fûts et deux virtuoses comme Papa John Creach et Will Scarlett, voilà en quelques mots ceux à quoi vous vous exposez sur cet album de hard blues qui fait au moins aussi bien que son devancier, dans des conditions d’enregistrements similaires mais dans un registre totalement différent. Ici on laisse tomber le picking et les bonnes manières et on entre, sans s’essuyer les tiags sur le paillasson ou mettre les patinettes, dans un univers de riffs et d’accords sortis tout droit de chez Calberson.   

Pour mettre, sans attendre, le feu au bar, un instrumental pas piqué des hannetons, John’s Other et 8 minutes, autour d’un exceptionnel violon Papa John Creach : le mec a de la bouteille à ce moment-là et c’est peut-être sa meilleure prestation sur tous les projets qu’il a eus avec l’Airplane ou Hot Tuna.

Candy Man ne fait rien pour éteindre l’incendie. Au contraire, point culminant de l’œuvre, il nous scotche par son aspect bon vieux blues classique. Been So Long et Want You To Know autorisent une petite trêve sympathique et plus reposante. C’est ce qu’il faut avant de plonger dans la longueur savoureuse jam de plus de 8 minutes du populaire et croustillant Keep Your Lamps Trimmed And Burning. C’est tout le bar qui s’enflamme.

Après un Never Happen No More qui passe quasiment pour du pipi de chat (alors qu’il est réellement bon) dans ce contexte de folie furieuse, c’est le plafond qui s’embrase et qui nous tombe sur la gueule avec un délirant et fougueux Come Back Baby. Le temps que tout s’effondre, il faudra 9 minutes 30 d’un furieux blues électrique qui va court-circuiter l’endroit. Inqualifiable album, je vous le promets ! Nettement différent du premier LP plus acoustique, First Pull Up, Then Pull Down est un Hot Tuna carrément électrique, magique, intense et en totale confiance qui gagne ses galons de groupe à part entière. Pour ma part, les deux me séduisent (RAZOR©).

 

1. John's Other.
2. Candy Man.
3. Been So Long.
4. Want You to Know.
5. Keep Your Lamps Trimmed and Burning.
6. Never Happen No More.
7. Come Back Baby.

 

Jack Casady:basse.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Papa John Creach:violon électrique.

Sammy Piazza:batterie.

Will Scarlett:harmonica.

LP Studio 1 - 1972

 

Hot tuna burgers

 

HOT TUNA

BURGERS – 1972  5/5

 

Publié en février 1972.

Produit par Jorma Kaukonen.

Durée:37:21.

Label:Grunt.

Genre:folk-rock.

 

L’hommage au rock californien.

 

Pour un groupe sans autre ambition que celle de se faire plaisir, Hot Tuna, lancé par Kaukonen et Casady dans le dos de Jefferson Airplane, en arrive en ce mois de février 72  à supplanter la formation qui lui a déroulé le tapis rouge pour assoir sa popularité. Tandis que l’Airplane, écartelé entre différents choix, est sur le reculoir et aux portes de disparaître, Hot Tuna gagne ses galons de groupe à part entière et ce ne sont pas les deux lives précédents qui diront le contraire.

Hot Tuna, en 1972, y va de son premier LP studio, Burgers (en écoute intégrale ici) preuve s’il en est qu’après avoir récréé la galerie des proches et fidèles de New Orleans House à Berkeley et ceux du Château Liberté à Los Gatos, le duo fondateur croit dur comme fer en l’avenir de leur affaire, d’autant que du côté de la maison mère, ça tangue de plus en plus, Long John Silver, dernier LP studio de l’ère Jefferson Airplane 60/70 n’étant pas de nature à relever le niveau moyen qui affecte depuis quelque temps ce qu’il reste de ce groupe, en tout cas de son esprit.

Après avoir témoigné de la reconnaissance du ventre en prenant part à  l’ultime travail avec le collectif qui l’a promu au rang de rock stars, le tandem  accorde une attention toute particulière à Burgers. Résultat, cet album fusion d’électrique et d’acoustique est un nectar, Hot Tuna prend un relief indéniable.

Les fans considèrent généralement cet opus comme la pièce maîtresse de le carrière du Thon Chaud. C’est le cas. Il est vrai que l’album de ce quartet avec Papa John Creach au violon et Sam Piazza à la batterie, fourmille de compositions magnifiques dont la majorité est écrite par Kaukonen, empruntées au folk blues combiné à un rock électrique.

A ce titre, True Religion, le premier titre, débute à la manière d’un folk blues pour virer vers un trip psychédélique et revenir à son point de départ. Les arrangements sont sublimes avec des parties acoustiques phénoménales (l’instrumental Water Song), le tout bien agencé.

Cet album recèle une multitude de perles magiques comme Sea Child qui aurait pu figurer sur un album de l’Airplane, une magie dont il faut profiter, car le groupe aura du mal à la recréer par la suite : Highway Song, Year Blues, le mythique Keep On Truckin’ ou la reprise du Let Us Get Together Right Down Here (Reverend Gary Davis).

La voix nasillarde de Jorma Kaukonen et son travail en fingerpicking, la basse féline d’un Casady au top de sa forme (un des meilleurs bassistes du rock et une de ses prestations les plus mémorables), un Piazza léger aux drums qui s’en donne à cœur-joie et un violon façon Papa John Creach qui tourbillonne comme jamais en transpirant à donf le blues, voilà ce qu’est ce fameux Burgers des Hot Tuna que le violoniste black quittera juste après pour rejoindre le Jefferson Starship, une autre mouture d’un Jefferson Airplane qui ne résistera pas à cette nouvelle fuite de son personnel et qui signe, en 1973, la fin du grand groupe qu’il fut.

Décidément, ces gars n’avaient pas leurs pareils pour restituer ce qu’était l’acid rock (écoutez Sunny Day Strut) et le phénomène hippie. Ce disque très inspiré est donc unique et une telle perfection musicale ne sera plus jamais atteinte par Hot Tuna. Il est en quelque sorte l’hommage de deux de ses plus éminents acteurs à tous ceux qui ont écrit le beau livre du rock californien qui passe alors la main. C’est donc cet album qu’il vous faut ! (RAZOR©)

 

1. True Religion.

2. Highway Song.

3. 99 Years Blues.

4. Sea Child.

5. Keep On Truckin'.

6. Water Song.

7. Ode for Billy Dean.

8. Let Us Get Together Right Down Here.

9. Sunny Day Strut.

 

Jorma Kaukonen:guitare,chant.

Jack Casady:basse,chant.

Papa John Creach:violon,chant.

Sammy Piazza:batterie,percussions,chant.

Nick Buck:orgue,piano sur 1/5.

Richmond Talbott:chant,guitare slide sur 3.

David Crosby:chant sur 2.

LP Studio 2 - 1973

 

Hot tuna the phosphorescent rat

 

HOT TUNA

THE PHOSPHORESCENT RAT – 1973  4/5

 

Publié en janvier 1974.

Produit par Mallory Earl.

Durée:37:46.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock,hard rock.

 

A bon chat, bon rat.

 

Entre Burgers de 1972 et America’s Choice de 1975, Hot Tuna sort le « Rat », en 1973 : The Phosphorescent Rat (en écoute intégrale ici), plus exactement. Le groupe a tourné le dos au folk acoustique du début de sa carrière pour s’adonner, avec succès, à un blues-rock plutôt bien léché. Dans l’affaire, il a abandonné au passage quelques fans hippies du désormais défunt Airplane, mais a largement gagné au change.

Dans son quatrième LP (le deuxième en studio), Hot Tuna continue à prendre son pied, à se faire (et à nous faire) plaisir. C’est leur manière de fonctionner au sein de cette formation qui ne se prend pas le chou et qui joue sans pression. Résultat : un album au gré des envies, partagé entre des titres tantôt rock, blues et country.

Le « Rat », il n’est pas inutile de le préciser, est le premier album qui sort au moment de la rupture d’avec le Jefferson. Jusqu’alors, Hot Tuna évoluait en parallèle de son illustre aîné. Hot Tuna est, pour cet album, une entité complètement indépendante de l’Airplane. Ce petit point pour vous faire sentir l’ambiance libérée du « Rat » qui, pour l’anecdote, sera l’ultime de Sam Piazza à la batterie, pour le groupe s’entend, tandis que Papa John Creach a lui déjà rejoint le Jefferson Starship de Slick et Kantner.

On retrouve sur The Phosphorescent Rat, des grands titres comme Soliloquy For 2 qui n’aurait pas dépareillé sur un album de l’Airplane, l’accrocheur I See The Light, Day To Day Out The Window Blues, In The Kingdom, Living Just For You, le brûlant hard rock Easy Now, Corners Without Exits, plus soft.

Les neuf titres vifs, tantôt optimistes, voire intimes pour la plupart, sont de Kaukonen, ce qui prouve que Hot Tuna est devenu le terrain d’expression privilégié du guitariste-compositeur. Il est vraiment dans son élément et ça se sent dans son toucher de guitare magique et son son envoûtant. A ses côtés, Casady assure avec toujours autant de maîtrise et de percussion à la basse. L’un comme l’autre ont de l’énergie à revendre. Par moments, le disque n’est pas sans évoquer l’Airplane. J’aime encore beaucoup, mais c’est quand même un bon ton en dessous de Burgers, la référence studio. Par moments, il semblerait que la cuirasse se fissure, du côté de Piazza notamment un peu à la ramasse. Que demander de plus  pour prendre également son pied ? (RAZOR©)

 

1. I See The Light.

2. Letter To The Nort Star.

3. Easy Now.

4. Corners Without Exits.

5. Day To Day Out The Window Blues.

6. In The Kingdom.

7. Seeweed Strut.

8. Living Just For You.

9. Soliloquy For 2.

10. Sall, Where'd You Get Your Liquor From ?

 

Jorma Kaukonen:chant,guitares.

Jack Casady:basse,balalaika.

Sammy Piazza:batterie,percussions.

LP Studio 5 - 1975

 

Hot tuna american s choice

 

HOT TUNA

AMERICA’S CHOICE – 1975  4/5

 

Publié en mai 1975.

Produit par Hot Tuna,Mallory Earl.

Durée:

Label:Grunt.

Genre:blues-rock.

 

Changement de Thon.

 

Cinquième album de Hot Tuna, enregistré en 1974 et sorti en mai 1975, America’s Choice (en écoute intégrale ici) marque un tournant majeur dans la carrière musicale du groupe.

Avec l’apport de Bob Steeler, en remplacement de Sam Piazza, le style, dès le milieu des années 70, devient plus hard. Le nouveau batteur apporte un indéniable punch et un style supplémentaire. Le trio entame une période artistique très électrique.

Jorma Kaukonen, au top et qui vient de boucler Quah, son premier album solo, développe un jeu de guitare très créatif, tandis qu’une rythmique incendiaire assure derrière. Sept des huit chansons de cet album qui, de par son côté très hard, s’inscrit dans une trilogie électrique plus avec les futurs Yellow Fever et Hopkorv, sont l’œuvre de Kaukonen, la dernière Walkin’ Blues étant une reprise de Robert Johnson.

Album quadriphonique (une innovation), America’s Choice possède une base très rock, mais l’entame se fait en douceur avec Sleep Song et le chant de Kaukonen. Funky# 7, jam incontournable et interminable en concert, donne un ton psychédélique étrange, mais agréable.

Il précède un brillant Walkin’ Blues et dévoile le grand travail de Steeler aux fûts, la grande performance de Casady à la basse (également un grand moment de live). Pendant 7 minutes, Invitation, du très bon Hot Tuna, déroule une piste qui, dans sa deuxième partie, vire en jam instrumentale.

Le malicieux Single # 1, plus rock est fantastique. Dans Serpent Of Dreams, très beau titre, la poésie impressionniste et sombre de Kaukonen prend tout son sens. Le rôle de Steeler y est capital. Phénoménal ! Le bizarre et funky I Don’t Want To Go, avant Great Divide : Revisited, un Thon en dessous, referment ce fantastique album auquel Bob Steeler apporte une incontestable plus-value et un esprit guerrier (RAZOR©).

 

1. Sleep Song.
2. Funky #7.
3. Walkin' Blues.
4. Invitation.
5. Hit Single #1.
6. Serpent Of Dreams.
7. I Don't Wanna Go.
8. Great Divide: Revisited.

 

Jorma Kaukonen:guitares,chant.

Jack Casady:basse.

Bob Steeler:batterie,percussions.

LP Studio 6 - 1975

 

Hot tuna yellow fever

 

HOT TUNA

YELLOW FEVER – 1975  5/5

 

Publié en novembre 1975.

Produit par Hot Tuna,Mallory Earl.

Durée:39:25.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock,hard rock.

 

Pure frénésie !

 

Ce sixième album de Hot Tuna, Yellow Fever (en écoute intégrale ici) est le deuxième sorti en 1975 avec America’s Choice.  Chargé d’électricité, il s’inscrit dans la même veine que son prédécesseur (et que son suivant) et est encore très bon. Dès l’entame, avec le blues électrique Baby What Tou Want Me To Do, une reprise de Jimmy Reed, on retrouve un Jorma Kaukonen qui fait péter les watts sur sa guitare, un Jack Casady percutant et virevoltant derrière sa basse, soutenu (et oh combien !) par un Bob Steeler qui n’est pas le dernier à rajouter de la puissance et de la tonicité à la communauté musicale, de par son jeu de batterie très percutant.

Les acteurs communiquent par instruments interposés et sont en osmose totale. Ils y aspirent l’auditeur. Du grand art, dans un style bien à eux. Hot Jelly Roll Blues (de Bo Carter) permet de souffler quelque peu sans altérer le plaisir de l’écoute. C’est simultanément lourd et suave. Très bon titre.

Débutent alors les titres signés Hot Tuna. Un Free Rein enchaîne, qui se fait violent et dévastateur. Et ce n’est pas sur Sunrise Dance With The Devil qu’il faut compter pour récupérer, même s’il démarre comme un blues.

Yellow Fever, c’est du grand Hot Tuna, avec des titres que le groupe prit plaisir à faire durer toute la nuit durant, lors d’interminables concerts. La musique s’y prête parfaitement. Toujours aussi frénétique et puissant, Yellow Fever déroule, emporte tout sur son passage. Il n’est qu’à se poser sur Song For The Fire Maiden.

Dans le mouvement, le magnifique Bar Room Crystal Ball autorise une petite trêve de 7 minutes (avec un apport de synthé, eh oui !). Hot Tuna est à son meilleur. Pas un accroc. Half/Time Saturation et l’instrumental Surphase Tension achèvent parfaitement le boulot.

Hot Tuna, en trois disques, prouve qu’il a définitivement le statut rock, hard rock même, après avoir traversé le blues avec succès et posé ses premiers jalons dans le folk-rock. Hot Tuna passe entre les gouttes avec infiniment de talent, de virtuosité. On peut ne pas aimer l’un ou l’autre Hot Tuna, mais on doit respecter. Ces deux lascars, que sont Kaukonen et Casady, ont marqué l’histoire du rock avec ce groupe, plus qu’avec l’Airplane. Yellow Fever ? Le pied ! (RAZOR©)  

 

1. Baby What You Want Me To Do.
2. Hot Jelly Roll Blues.
3. Free Reign.
4. Sunrise Dance With The Devil.
5. Song For The FIre Maiden.
6. Bar Room Crystal Ball.
7. Half/Time Saturation.
8. Surphase Tension.

 

Jorma Kaukonen:guitares,chant.

Jack Casady:basse.

Bob Steeler:batterie.

Nick Buck:synthétiseur.

John Sherman:guitare.

LP Studio 7 - 1976

 

Hot tuna hoppkorv

 

HOT TUNA

HOPPKORV – 1976  4/5

 

Publié le 11 octobre 1976.

Produit par Harry Maslin.

Durée:36:00.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock.

 

Coupure électrique.

 

Hoppkorv (en écoute intégrale ici), en 1976, est le septième album de Hot Tuna. La collaboration avec Grunt Records prend fin après cet enregistrement. Cet album achève, par la même occasion, la trilogie dite électrique commencée par America’s Choice (1975) et relayée par Yellow Fever (1975). Il est donc bâti dans le même moule que les deux auxquels il succède, à la différence qu’il est moins hard.

Ce LP se caractérise par de belles reprises de Buddy Holly (It’s So Easy), de Muddy Waters (I Can’t Be Satisfied), de Billy Boy Arnold (I Wish You Would) et de Chuck Berry (Talkin’ About You), le reste étant constitué d’originaux, signés Kaukonen et Nicky Buck qui ne se contente pas, cette fois, de faire une courte apparition comme sur l’album précédent, mais s’implique conséquemment.

Les morceaux de choix de Hoppkorv s’articulent autour de plages très électriques. Hormis le très beau folk rock Watch The North Wind Rise, plus acoustique, et Song From The Stainless Cymbal, une sublime composition de Jorma Kaukonen et charmant folk électrique, le Thon est chaud, très chaud !

Dans le registre électrique et puissant, vous avez le choix entre Santa Claus Retreat, du lourd avec une très belle guitare de Kaukonen, qui ne demande qu’à surchauffer, entre It’s So Easy, un hommage concis à Buddy Holly, Bowlegged Woman, Knock Kneed Man, Drivin Around (la contribution de Nick Buck), I Wish You Would, I Can’t Be Satisfied, Talkin’ About You, Extrication Love Song. Bien construit, il y a vraiment de la place pour de bonnes sensations, de quoi faire pour se taper un petit panard d’autant que le picking de Jorma revient sur le devant de la scène… (RAZOR©)

 

1. Santa Claus Retreat.

2. Watch The North Wind Rise.

3. It's So Easy.

4. Bowlegged Woman, Knock Kneed Man.

5. Drivin' Around.

6. I Wish You Would.

7. I Can't Be Satisfied.

8. Talking 'Bout You.

9. Extrication Love Song.

10. Song From The Stainless Cymbal.

 

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Jack Casady:basse.

Bob Steeler:batterie,percussions.

Nick Buck:claviers.

John Sherman:2ème guitare sur 4.

Karen Tobin:choeurs.

LP Live 3 - 1978

 

Hot tuna double dose

 

HOT TUNA

DOUBLE DOSE – 1978  5/5

 

Publié le 13 mars 1978.

Enregistré au San Francisco Theatre, les 5/6 août 1977.

Produit par Felix Pappalardi,Don Gehman,Gail Collins.

Durée:76:41.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock.

 

Le Thon a la pêche !

 

Double Dose (en écoute intégrale ici) de 1978, comme son nom l’indique, est un double album. Live de surcroît et surtout, le premier depuis 7 ans. Il met un terme à l’histoire qui liait jusqu’alors les deux leaders de Hot Tuna. Du moins temporairement, puisque Jorma Kaukonen et Jack Casady, après des expériences personnelles respectivement dans Vital Parts et SVT, se retrouveront au début des années 80, avant de reformer le groupe en 1986.

Avant de se quitter, le duo, complété par Nick Buck aux claviers et Bob Steeler à la batterie, nous fait don d’un exceptionnel disque qui sent la maturité, partagé entre l’acoustique (face A) et l’électrique (Face B,C et D).

Produit par Felix Pappalardi (de Mountain), ce double fait partie de la race des grandes oeuvres. Kaukonen y livre tout d’abord une grande performance acoustique en solo (Winin’ Boy Blues, Keep Your Lamps Trimmed And Burning, Embryonic Journey et Killing Time In The Cristal City), puis Hot Tuna prend le relais dans un registre plus électrique, dans un excellent blues rock de bonne famille. Et soudain, tout explose et s’enchaîne : I Wish You Would, l’extraordinaire Genesis (puisé au répertoire acoustique de Kaukonen et méchamment électrifié), Extrication Love Song et Talkin’ About You (de l’album Hoppkorv).

Beaucoup de supers titres alimentent cet album comme See The Light, Watch The North Wind Rise, I Can’t Be Satisfied, mais un des points culminants de Double Dose est Serpent Of Dreams qui rappelle, si besoin est, que ces mecs étaient les cadors du rock psychédélique. Le temps n’a en rien altéré la qualité exceptionnelle de cet album qui est un très grand live dont il serait faire injure que de passer à côté tant on tient là ce que le rock a fait de mieux à cette période. Pour clore le chapitre Hot Tuna, je vous invite à jeter un coup d’œil à la notation de la série discographique produite entre 1969 et 1978 et qui se passe de tout commentaire : 5, 5, 5, 4, 4, 5, 4 et 5… qui dit mieux ? (RAZOR©)

 

1. Winin' Boy Blues.
2. Keep Your Lamps Trimmed and Burning.
3. Embryonic Journey.
4. Killing Time in the Crystal City.

5. I Wish You Would.
6. Genesis.
7. Extrication Love Song.
8. Talking 'Bout You.

9. Funky #7.
10. Serpent of Dreams.
11. Bowlegged Woman, Knock-Kneed Man.

12. See the Light.
13. Watch the North Wind Rise.
14. Sunrise Dance With the Devil.
15. I Can't Be Satisfied.

 

Jorma Kaukonen:guitare,chant.
Jack Casady:basse.
Nick Buck:claviers.
Bob Steeler:batterie.

LP Live 4 - 1984

 

Hot tuna splashdown 84

 

HOT TUNA

SPLASHDOWN – 1984  3,5/5

 

Publié en 1984.

Produit par Leslie D. Kippel.

Durée:36:13.

Label:Relix Records.

Genre:blues-rock.

 

Country-blues acoustique de première main.

 

Splashdown est publié en 1984 chez relix records. Il consiste en un LP d'archives, monté à partir d'une performance donnée le 25 juillet 1975 dans le cadre de la station radio new-yorkaise WQIV-FM. Le disque implique le Hot Tuna dans une version acoustique.

Cet album au titre fait référence à l’amerrissage (Spashdown) de la capsule Apollo dans le Pacifique au terme de la première mission spatiale russo-américaine, le jour même où Hot Tuna est en plein broadcast sur les ondes new-yorkaises pour les besoins de ce qui allait alimenter ce disque.

Encapsulé à partir de cette émission radiophonique en direct, cet enregistrement aux huit titres très dépouillés est formaté sur le schéma guitariste/chanteur et bassiste, donc Jorma Kaukonen et Jack Casady, près de 50 ans d’amitié partagée.

Cette interprétation country-blues acoustique intime, décontractée, brillante, technique (Jack Casady est un bassiste génial et Jorma Kaukonen un joueur de guitare en picking fabuleux) et sans cadre restrictif, n’est pas sans rappeler le premier LP de Hot Tuna, éponyme et live de 1970, avec Will Scarlett à l’harmonica et enregistré en septembre 69 à Berkeley. C’était déjà une très belle pièce de leur catalogue.

Death Don’t Have No Mercy, Embryonic Journey et I Know Your Rider ramènent aux plus grandes heures de cette formation mythique, même si Splashdown n'a pas la prétention, ni la matière, pour égaler son prédécesseur. C'est néanmoins très compétent, à défaut d'être surprenant. J'aime (RAZOR©).

 

1. Death Don't Have No Mercy.

2. I Am the Light of This World.

3. Embryonic Journey.

4. Police Dog Blues.

5. Keep Your Lamps Trimmed and Burning.

6. I Know You Rider.

7. Keep On Truckin.

8. Candy Man.

 

Jorma Kaukonen:guitare acoustique,chant.

Jack Cassady:basse.

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