Humble Pie.

BIOGRAPHIE.

 

HUMBLE PIE/Essex (Royaume-Uni)

 

Humble pie

 

Actif entre 1969 et 1975,1973/83,1988/2000,2001/2002.

Label:Immediate,A&M,Sanctuary.

Genre:blues-rock,hard rock,boogie rock.

Site officiel:www.humble-pie.net

 

Plus ricains que ces anglais, tu meurs.

Il a été derrière les Small Faces avec Kenny Jones et Ronnie Lane ; il est également celui par lequel Humble Pie a existé. Steve (Stephen) Marriott, chanteur, guitariste de rock et de blues, accessoirement session-man sur des enregistrements de Johnny Hallyday, a tenu une place essentielle dans la musique héritée de l’Old Albion de la deuxième moitié des 60’s et du début des seventies.

Humble pie 1

Humble pie 2

Humble pie steve marriottHumble Pie dans le sillage de Steve Marriott.

Décédé en avril 1991 dans l’incendie de son manoir du 16ème siècle d’Arkesden, tétanisé par une absorption massive d’alcool, de coke et de médicaments, Steve Marriott a compté parmi les chanteurs les plus compétents du rock et de cette génération.

Humble Pie résulte de la rencontre entre Marriott et Peter Frampton (ex-Herd), guitariste et harmoniciste que le premier nommé tenta vainement d’imposer déjà dans les Small Faces et qui connaîtra le succès international en 1976 avec Show Me The Way et son LP live Frampton Comes Alive !

Le tandem Marriott/Frampton.

Humble Pie est constitué en 1968 autour du tandem Marriott/Frampton et réunit également l’ancien bassiste de Spooky Tooth, Greg Ridley, et le jeune batteur de 17 ans, Jerry Shirley, un fidèle de la formation.

S’appuyant sur un blues-rock tonique qui fera surtout le bonheur des américains, Humble Pie est avant tout un groupe de scène.

Le mid tempo rock Natural Born Boogie (ou Bugie) est son premier gros coup, publié en 1969 sous forme de single, soutenu férocement par Andrew Oldham, ancien manager des Stones jusqu’en 1967 et, parallèlement, directeur du label indépendant Immediate Records (1965/70) pour lequel le titre sort.

Cet unique succès britannique se classe à une inespérée mais néanmoins magnifique quatrième place dans les classements britanniques de la fin de l'année 1969.

Objectif U.S.A.

La collaboration avec Immediate est reconduite pour la réalisation des deux premiers albums d’Humble Pie, As Safe As Yesterday Is et Town And Country, tous deux de 1969.

La maison de disques d’Oldham tombant en faillite au début des années 70, l’aventure musicale des anglais se poursuit du côté d’A&M, étiquette ricaine qui convertit le groupe à plus de lourdeur encore. Son nouveau manager, Dee Anthony, en fait un élément majeur du hard rock dès l’éponyme Humble Pie (1970).

Cette orientation ne sied pas du tout au fin technicien qu’est Frampton, qui décide de quitter ses camarades. Rock On de mars 1971 est sa dernière apparition en studio sous la bannière Humble Pie et, dans le même temps, son premier vrai grand succès aux USA, la cible dorénavant.

 

Humble pie clempson

« L’album Smokin compte parmi les bons moments que j’ai connus avec Humble Pie. C’était une période très excitante pour moi. Travailler avec un chanteur de la classe de Steve Marriott, visiter les States pour la première fois, un album qui cartonne au sommet des charts, jouer avec des gars formidables, c’était inespéré. » (David Clempson)

Mémorable Fillmore.

Avant d’être relayé par David Clempson (Bakerloo,Colosseum), Frampton est encore de la partie sur le live anthologique du groupe. Les prestations hard et blues live des britishs ne passent pas inaperçues, à l’instar de la plus fameuse d’entre elles, celle au Fillmore et entérinée sous le double live Performance Rockin’ The Fillmore (1971).

Disque culte, il est une pièce indéboulonnable du catalogue. Humble Pie prend un volume supplémentaire et du coffre, servant au mieux le mélange de boogie et de blues qu’il pratique. En ce sens, le jeu de guitare tonique et virtuose de Clem’ permet à Humble Pie de digérer sans trop de mal le départ de Frampton.

Les ventes de Smokin’.

Smokin’, le disque qui suit en 1972, est celui qui a généré le plus de ventes. Hot ‘n’ Nasty et 30 Days In The Hole sont un peu les arbres cachant la forêt dans la mesure où le départ de Frampton met l’accent sur une faille majeure : la faiblesse du songwriting.

Au regard du succès de Smokin’, A & M republie sous Lost And Found, les deux premiers LP du groupe, ceux de la période Immediate. De quoi capitaliser sur un nom qui pourtant commence à s’essouffler. Un double album sur mesure pour la voix et les racines R & B de Marriott voit alors le jour, Eat It (1973), construit autour d’originaux acoustiques de son leader, d’un set en public à Glasgow et de reprises pour lesquelles trois choristes viennent en soutien du chanteur principal : Venetta Champs, Clydie King et Billie Barnum (précédée par Sherlie Matthews) : les Blackberries. Humble Pie prend une autre direction.

Méritait une autre sortie.

La tournée de promo de Eat It vire au n’importe quoi et la fin est imminente pour cette mouture sombrant dans la médiocrité à l’image de Thunderbox (1974) et victime d’un coup de pute de son éditeur pour l’insignifiant Street Rats (1975) dont la vocation initiale était d’être un LP de Marriott et rien d’autre.

La sortie de piste se fait alors dans la douleur en 1975. Au grand dam des fans, Marriott dissout l’affaire, non sans avoir souscrit à une belle tournée d’adieu et tenté de relancer la machine à la fin de la décennie (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Humble pie as safe as yesterday is

 

HUMBLE PIE

AS SAFE AS YESTERDAY IS – 1969  3,5/5

 

Publié en août 1969.

Produit par Andy Johns.

Durée:55:45.

Label:Immediate Records.

Genre:Blues rock,folk rock,hard rock.

 

Du potentiel mais…

 

Peter Frampton (ex-The Herd) et Steve Marriott (ex-Small Faces qui a bossé avec notre Jojo national) sous la même bannière, celle d’Humble Pie, le fait ne passe pas inaperçu, en 1969, lorsque le groupe est créé.

Il se fait aussi avec les ados Greg Ridley, hérité de Spooky Tooth (basse) et Jerry Shirley, batteur. Promis à être élevé au rang de « super groupe » du fait de cette prestigieuse association, Humble Pie connaît un succès immédiat en concert et la critique l’encense avant même d’avoir sorti un premier disque.

Ce LP initial est As Safe As Yesterday Is, paru en août 1969 (16ème dans le classement british), mélange de heavy blues, de rock, de folk. Album bancal, inégal, mais, attention, pas forcément désagréable, il sonne un peu comme les Small Faces avec lesquels ils ont des atomes crochus de par l’appartenance de Marriott à cette illustre expérience, toutes proportions gardées, car Humble Pie en est encore très éloigné.

Le premier album de cette unité emmenée par un excellent trio chevronné (Marriott, Frampton et Ridley) démontre néanmoins le réel et solide potentiel d’une formation qui a travaillé dans le dur sans pondre quelque chose de véritablement exceptionnel, et surtout sans prendre de risques. Il ressort de l’écoute de cet album comme un goût d’inachevé. Le Humble Pie de Safe As Yesterday Is prépare le mastodonte envisagé à terme mais encore à venir. Dans cette optique, Immediate, le label d’ Oldham peut se frotter les mains car du potentiel, les anglais n’en manquent pas. Loin s’en faut. Reste à caler certaines choses. Pour l’heure, le rendu ne permet pas de savourer comme il se doit, mais ça ne saurait tarder.

Leur blues rock lourd est encore aventureux, brouillon, arrogant, mais gaffe, plus pour longtemps. Un peu de confiance, d’audace, d’agressivité et, avec le talent dont il fait montre, le Pie va tout casser. Désormais, il faut compter avec ces gamins à l’esprit plus ricain qu’anglais. Ce qu’ils sont encore en cette fin des années 60 (RAZOR©).

 

1. Desperation.

2. Stick Shift.

3. Buttermilk Boy.

4. Growing Closer.

5. As Safe as Yesterday Is.

6. Bang!

7. Alabama '69.

8. I'll Go Alone.

9. A Nifty Little Number Like You.

10. What You Will.

 

Steve Marriott:chant,guitare acoustique,harmonica,orgue,tablas.

Peter Frampton:chant,guitare,piano,orgue.

Greg Ridley:basse,choeurs,percussions,batterie,piano,clavecin.

Jerry Shirley:batterie,percussions,tablas,clavecin,piano.

Lyn Dobson:flûte,sitar.

LP Studio 2 - 1969

 

Humble pie town and country

 

HUMBLE PIE

TOWN AND COUNTRY – 1969 4/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Andy Johns.

Durée:37:51.

Label:Immediate.

Genre:folk-rock,blues-rock.

 

Acoustique, atypique, attrayant et à avoir.

 

Novembre 1969 voit la publication du deuxième opus d’Humble Pie, Town And Country, encore et toujours produit par Andy Johns. Les adeptes de boogie-rock en seront pour leur frais, l’heure n’est pas au genre qui a fait la notoriété du groupe de Frampton, Marriott, Ridley et Shirley. L’intermède est acoustique et occupe le terrain entre le précédent As Safe As Yesterday Is, sorti quatre mois plus tôt, et le Beardsley LP (éponyme) publié en juillet 70 pour A & M Records, Immediate ayant entre temps mis la clé sous la porte, et qui remet les décibels à l’honneur.

Le quatuor prend ses distances avec l’album pop-rock, blues-rock précédent et nous propose, dans Town And Country, du country-rock, du folk et du blues de la meilleure veine.

Quasiment acoustique de A à Z et collégial dans son écriture, il entretient  une ambiance douce et agréable, mais il est vrai qu’il est complètement atypique dans le catalogue du Pie. Avec Marriott et Frampton en meneurs et une section rythmique qui pulse comme jamais, Town And Country, Town pour le blues et country pour le folk-rock et la country, déroule un tapis rouge à Every Mother’s Song, au country The Sad Bag Of Shaky Jake, au classique de Buddy Holly, Heartbeat.

Si la matière acoustique alors en magasin et qui aurait pu déjà alimenter le disque précédent, préfigure ce que qu’il adviendra du Frampton d’après Humble Pie, c’est bel et bien la dernière fois que le groupe, anglais de souche, mais yankee dans l’esprit, fera preuve d’autant de douceur. Intéressante facette du Pie (RAZOR©).

 

1. Take Me Back.

2. The Sad Bag of Shaky Jake.

3. The Light of Love.

4. Cold Lady.

5. Down Home Again.

6. Olie Olie.

7. Every Mother's Son.

8. Heartbeat.

9. Only You Can See.

10. Silver Tongue.

11. Home and Away.

 

Steve Marriott:chant,guitare acoustique,guitare électrique,percussions,sitar,piano.

Peter Frampton:chant,guitare acoustique et électrique.

Greg Ridley:basse,chant.

Jerry Shirley:batterie,percussions,maracas,tablas.

LP Studio 3 - 1970

 

Humble pie lp

 

HUMBLE PIE

HUMBLE PIE – 1970  5/5

 

Publié en juillet 1970.

Produit par Glyn Johns.

Durée:42:37.

Label:A & M.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

L’option Marriott.

 

The Beardsley LP (en écoute intégrale ici), c’est ainsi que l’on qualifie l’album éponyme d’Humble Pie, troisième à apparaître au catalogue studio durant l’été 1970. Il est ainsi nommé en référence à sa couverture illustrée par Aubrey Beardsley, dessinateur britannique du dix-neuvième siècle, associé à l’Art Nouveau et  qui fit du dessin érotique son terrain d’expression.

Humble Pie a privilégié cette présentation visuelle pour ouvrir son compteur discographique pour A & M Records, Immediate, le label des deux albums précédents ayant bu le bouillon. Le Pie a fait de cette collaboration avec A & M une histoire de gros sous, Island et Elektra, qui convoitaient la bande à Marriott n’ayant pu s’aligner sur le premier nommé. C’est dire l’estime en laquelle les anglais sont alors tenus et la volonté de l’étiquette américaine de se les accaparer afin de les promouvoir sur une terre où ils jouissent d’une popularité monstre. A ce stade de sa carrière et dans l’élan du dépôt d’activité d’Immediate, Humble Pie n’était pourtant pas loin de replier les gaules. Dire que la nouvelle offre, tombée du ciel, et certainement la plus rémunératrice du rock de ce temps là, relance le Pie est un euphémisme. Un demi million de dollars sur 3 ans, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.

La stratégie d’A & M, c’est de braquer les projecteurs sur Marriott et de faire du Pie les rock stars de demain. Marriott et sa voix rauque. Avec un tel atout, il faut du costaud, du lourd, du blues-rock. Dee opte pour les décibels. Marriott, Shirley et Ridley pensent de même.

Il n’est que Frampton à traîner des pieds, mais ce dernier voit surtout en ce plan artistique son rôle réduit à peau de chagrin, d’autant que les rôles sont précisément répartis en interne et que Marriott, leader charismatique, y occupe la plus grande place et notamment celle de leader incontesté. Plus que l’orientation lourde décidée, c’est la sensation de voir son implication dans l’écriture dorénavant plus restreinte qui gêne Frampton aux entournures. Un an plus tard, ce dernier ne pointe plus dans l’effectif d’Humble Pie.

Humble Pie, le LP, est un des meilleurs du groupe et leur préféré. Magnifiquement produit (Glyn Johns), il met en place le son qui va fixer le Pie à venir. Album transitoire, puissant, saisissant, sombre, contrasté dans son style, il dégage des titres de qualité, d’une belle intensité comme le mémorable blues d’entrée, Live With Me, qui traduit une voix d’une grande émotion (Marriott), comme les électriques One Eyed Trouser Snake Rumba, I’m Ready (reprise de Willie Dixon), le killer Red Hot Mama Red Hot et son riff lourdingue, comme l’acoustique final Sucking On The Sweet Vine, Only A Roach, ou encore le Frampton de service Earth And Water Song. A votre place, je mets la main sur ce disque qui échappe encore aux excès qui vont s’installer alors au sein du groupe : drogue, alcool, fric, arrogance. Et en plus, il est très bon, ce que beaucoup ne savent pas ! (RAZOR©)

 

1. Live With Me.

2. Only a Roach.

3. One Eyed Trouser Snake Rumba.

4. Earth and Water Song.

5. I'm Ready.

6. Theme from Skint (See You Later Liquidator).

7. Red Light Mama, Red Hot!

8. Sucking on the Sweet Vine.

 

Steve Marriott:guitare,claviers,chant.

Greg Ridley:basse,guitare,chant.

Jerry Shirley:batterie,guitare,chant.

Peter Frampton:guitare,claviers,chant.

John Wilson:batterie sur 2.

B.J. Cole:steel guitare.

LP Studio 4 - 1971

 

Humble pie rock on

 

HUMBLE PIE

ROCK ON – 1971  4/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Glyn Johns,Humble Pie.

Durée:38:43.

Label:A & M.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Plénitude artistique.

 

A ce stade de son parcours, le bilan discographique prêté à Humble Pie est plutôt élogieux, ses trois LP précédents étant bons, voire excellents pour le dernier en date, l’éponyme publié en juillet 1970. En mars de l’année suivantes, Rock On est publié qui vient conforter tout le bien qui s’attache à ce groupe, que dis-je, ce super groupe, eu égard à son socle constitué par trois vétérans aguerris du rock, Frampton, Marriott et Ridley et complété par un jeunot aux fûts qui ne donne pas sa part aux chiens, j’ai nommé Jerry Shirley.

Deuxième volet de l’aventure américaine sous A & M, Rock On marque un durcissement de sa musique, qui de blues-rock lourd tend à dériver vers un hard rock vitaminé dans lequel Frampton peine à trouver sa place. Il va pourtant profiter de ce dernier rendez-vous en studio avec le Pie pour apporter, en bon professionnel et en bon pote de Marriott qu’il est, sa quote-part à cette quatrième levée vinylique des anglais.

Après Rock On, il considère ses intérêts comme étant ailleurs, dans des desseins personnels où il s’épanouira. Il figure encore sur le mythique Performance : Rockin’ The Fillmore de fin 71, avant de prendre la tangente et de laisser le champ libre, non sans regrets, à ses camarades. Il fait le job jusqu’au bout et sa contribution à l’écriture, seul, en collaboration avec Marriott ou collectivement, donne le jour à des compositions très remarquées comme Shine On, Sour Grain, Stone Cold Fever, The Light ou Strange Days.

Rock On de mars 1971 est donc le dernier disque du Pie dans sa configuration initiale et c’est regrettable dans la mesure où il atteint ici sa plénitude artistique, installant cet album dans le haut du panier discographique du team Marriott. A ce niveau de la carrière, un constat s’impose : Humble Pie aurait dû aller plus haut encore.

Rock On réunit une collection de titres époustouflants (ceux cités précédemment et A Song For Jenny, 79th And Sunset, Big George ainsi qu’une reprise probante de Rolling Stone (Muddy Waters) et fédère autour de lui, une constellation de jolis solistes comme le bluesman compatriote Alexis Korner, le regretté saxophoniste Bobby Keyes (mort fin 2014), B.J. Cole. De quoi lui accorder une attention particulière, ainsi qu’au Blackberry, ce trio vocal black qui va faire un peu bout de chemin avec le Pie. Prochaine étape, le Fillmore, avec Rock On dans la soute, pour ce qui est une des plus belles prestations live du rock (RAZOR©).

 

1. Shine On.

2. Sour Grain.

3. 79th and Sunset.

4. Stone Cold Fever.

5. Rollin' Stone.

6. A Song for Jenny.

7. The Light.

8. Big George.

9. Strange Days.

10. Red Neck Jump.

 

Steve Marriott:guitare,claviers,harmonica,chant.

Peter Frampton:guitare,claviers,chant.

Greg Ridley:basse,guitare,chant.

Jerry Shirley:batterie,claviers.

Alexis Korner:chant.

Bobby Keyes:saxophone.

B.J. Cole:pedal steel guitare.

P.P. Arnold,Claudia Lennear,Doris Troy:choeurs.

LP Live 1 - 1971

 

Humble pie rockin the fillmore

 

HUMBLE PIE

PERFORMANCE – ROCKIN THE FILLMORE – 1971  5/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Humble Pie.

Durée:72:39.

Label:A&M.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Folie furieuse.

 

Connu et apprécié de ses pairs comme du public à la ville, j’entends par là en studio, c’est sur scène toutefois qu’Humble Pie est supposé livrer ses meilleures prestations. Il est connu pour être un groupe de live et tient à le démontrer après quatre albums studios de la meilleure trempe.

Performance : Rockin The Fillmore (en écoute intégrale ici), ce qui est considéré aujourd’hui comme l’aboutissement de son parcours professionnel au regard de l’impact commercial qu’il a suscité à son époque et de ce qui suit ce disque, est là pour le rappeler.

Double album pour ce qui fut le vinyle, fort de seulement sept titres, dont deux morceaux s’accaparant à eux seuls une face entière de l’acétate (face 2 du premier pour I Walk On Gilded Splinters et face 1 du deuxième pour Rollin’ Stone), ce dernier est enregistré lors d’un concert  en mars 71 dans l’illustre fief new-yorkais de Bill Graham (Fillmore East) et avec Peter  Frampton, avant qu’il ne quitte le groupe pour une carrière personnelle plus huppée.

Dans ce contexte prestigieux et toujours prompt à s’enflammer, Humble Pie, à qui on ne la fait plus en matière de scène, joue sa carte à donf, improvise, étire les titres, prolonge le plaisir, ressort quelques bons classiques et envoie la sauce. Il en résulte un live figurant parmi les meilleurs de son temps.

Les guitares survoltées de Marriott et de Frampton s’opposent avec bonheur, la rythmique est bien en place, efficace, soutenue et se transcende pour l’occasion, la voix de Marriott est dans une forme exceptionnelle, furieuse, puissante. Il n’en faut pas plus pour rendre gagnantes les reprises de Dr John, I Walk On Guilded Splinters (24 minutes, c’est parfois un peu exagéré), de Ray Charles, I Don’t Need No Doctor, de Muddy Waters, Rolling Stone (16 minutes), de Willie Dixon, I’m Readyde Ida Cox, Four Day Creep, le seul original présent étant Stone Cold Fever figurant sur le Rock On sorti peu avant le concert.

Le Café du Commerce rapporte l’anecdote selon laquelle, au moment du mixage, les prises d’enregistrement concernant le  public avaient été purement et simplement oubliées par leurs auteurs. Je ne vous dis pas le tollé dans le studio ! Ce disque est autant un killer qu’une base de toute discothèque de fous furieux (RAZOR©).

 

1. Four Day Creep.

2. I'm Ready.

3. Stone Cold Fever.

4. I Walk on Gilded Splinters.

5. Rollin' Stone.

6. Hallelujah I Love Her So.

7. I Don't Need No Doctor.

 

Steve Marriott:guitare,chant,claviers,harmonica.

Peter Frampton:guitare,chant.

Greg Ridley:basse,chant.

Jerry Shirley:batterie.

LP Studio 5 - 1972

 

Humble pie smokin

 

HUMBLE PIE

SMOKIN’ – 1972  3/5

 

Publié en mars 1972.

Produit par Steve Marriott.

Durée:43:30.

Label:A&M.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

L’ombre de Frampton.

 

Il appartient au désormais trio, format dans lequel se retrouve un Humble Pie amputé depuis que Peter Frampton a pris la décision de voler de ses propres ailes, de reprendre le flambeau et de capitaliser sur les deux disques de l’année précédente, l’excellent Rock On et le non moins juteux LP en public, le dénommé Performance : Rockin’ The Fillmore, élevé au rang de mythe depuis.

Si l’alcool, les drogues et les problèmes d’égos se sont, entre temps, invité au programme quotidien du Pie, ceux-ci n’altèrent pas encore la qualité de la prestation des anglais. Marriott, nanti des pleins pouvoirs, veille au grain et tient à ce que son leadership ne soit pas entaché. Il continue à assurer à l’écriture, même s’il accorde du mou à la laisse pour ses co-contributeurs, il veille au recrutement et s’attache à engager Clem Clempson, un ancien de la prestigieuse maison Colosseum mais au style plus jazzy, pour suppléer Frampton, sélectionne une petite poignée de proches pour faire l’appoint (Stephen Stills et Alexis Korner) et s’affaire personnellement à produire ce qui est le numéro 6 du catalogue et le cinquième disque studio : Smokin’, publié en mars 1972.

Peu de choses diffèrent entre cet album studio et son précédent. Si Clempson est plutôt bon guitariste, sa performance ne tire pas le disque vers le haut pour autant et le parallèle avec Frampton vient immédiatement à l’esprit. Si sa technique fait oublier son prédécesseur au poste, il ne bénéficie pas de matière suffisamment porteuse pour faire plus. A ce niveau, Frampton manque beaucoup au nouveau Pie.

Néanmoins, Smokin’ s’en sort encore bien et se positionne comme la meilleure vente d’Humble Pie. L’effet Fillmore vraisemblablement car sur ce qu’il a en soute, il ne mérite pas, pour moi, ce statut avantageux. En bonne affaire de blues et de hard rock, il donne une suite honorable à la carrière de la Marriott Team, sans qu’il y a occasion de s’enflammer pour autant.

Ce disque vaut par certains titres incontournables comme 30 Days In The Hole, Hot ‘N’ Nasty, I Wonder, The Fixer (signé par le collectif), Sweet Peace And Time. Le reste est quelconque.

Smokin’ permet au Pie de marquer des points sur l’échiquier du rock, de montrer qu’il peut rivaliser avec les meilleurs pour peu qu’il hausse son niveau (il restera un groupe « bon, mais… »). Il est un disque important pour ces anglo-saxons, pour leurs respectables supporters, mais je ne lui voue pas un culte aveugle. Loin de là… Pourtant Marriott s’est tellement investi dans ce travail qu’il en est tombé de fatigue (RAZOR©).

 

1. Hot 'n' Nasty.

2. The Fixer.

3. You're So Good for Me.

4. C'mon Everybody.

5. Old Time Feelin'.

6. 30 Days in the Hole.

7. (I'm A) Road Runner.

8. Road Runner's 'G' Jam.

9. I Wonder.

10. Sweet Peace and Time.

 

Steve Marriott:chant,guitare,harmonica,claviers.

Clem Clempson:guitare,claviers,chant.

Greg Ridley:basse,chant.

Jerry Shirley:batterie,claviers.

Alexis Korner :chant,mandoline sur 5.

Stephen Stills:orgue,chœurs sur 1.

Doris Troy,Madeline Bell:chœurs sur 3.

LP Studio 6 - 1973

 

Humble pie eat it

 

HUMBLE PIE

EAT IT – 1973  3/5

 

Publié en avril 1973.

Produit par Steve Marriott.

Durée:65:20.

Label:A & M.

Genre:R&B,blues-rock, hard rock, soul.

 

Difficile à avaler.

 

Le fric appelle le fric. A trop vouloir rebondir sur le succès, certains disques comme Eat It, volume 7 du catalogue Humble Pie sorti après les lucratifs Rockin’ The Fillmore et Smokin’, incitent à la méfiance. Le coup de Jarnac n’est pas loin. J’entends par là que les raisons qui dictent à la sortie de ce disque, double de surcroît, sont suspicieuses et interrogent sur l’état d’esprit animant Marriott et son environnement professionnel.

Pour ceux qui suivent Humble Pie depuis le début, il est indéniable que la période dorée des anglais prend fin avec Smokin’. Depuis le départ de Frampton, Marriott, orphelin à l’écriture, n’arrive pas à hausser le niveau avec ses seules compositions. Le recours régulier et de tout temps aux reprises masque d’ailleurs la difficulté qu’a toujours eu Humble Pie à fournir en matière originale de qualité. Marriott n’a donc jamais été un pourvoyeur aussi fertile qu’Eat It (1973) pourrait le laisser supposer.

Alors, vous pensez bien qu’un double disque, après la supercherie commerciale précédente organisée par le label même qui, sous Lost And Found (1972) réédite, à grand renfort de publicité fallacieuse, les deux premiers disques chez Immediate en faisant croire que, ça sent le coup fourré.

Le stratagème prend puisque cet album de faisans, Lost And Found, fait 37 dans les charts. Puisque ça marche une fois, pourquoi pas deux.  Eat It prend le relais avec un Marriott autour duquel on brode pour capitaliser et faire marcher le tiroir-caisse. C’est lui qu’on fait mousser. Le boss, le leader charismatique, le seul à faire fructifier un temps les desseins de tout ce beau monde du marketing…

Eat It pratique la brosse à reluire à outrance. Face 1 du premier disque, du Marriott de sa composition. Face 2, du répertoire taillé sur mesure pour lui : les reprises de R’N’B. Et ça lui va bien, faut le dire. Face 1 du deuxième disque, du Marriott avec cette fois-ci ses propres compositions acoustiques. On connaît. Face 2, du live avec Humble Pie à Glasgow et ça il sait faire. Marriott est donc omniprésent sur Eat It.

Loin de moi l’envie de critiquer son talent, mais le garçon pousse le bouchon un peu loin allant même jusqu’à enregistrer ce double dans son propre studio. Tout ça, c’est un peu nombriliste et permet de toucher à plusieurs facettes de son talent.

Partant de là, la couverture de ce programme est diversifiée, c’est le moins que l’on puisse dire mais de cette diversification naît une inégalité frappante. Personnellement, dans ce fourre-tout, à part quelques acoustiques plutôt sympathiques (Say No More et Summer Song), je ne trouve rien d’exceptionnel à ce disque, et surtout pas les pistes live. Eat It est vraiment difficile à avaler et n’apporte rien de nouveau sous le soleil du Pie. Moyen, mais ça, on le pressent depuis Smokin’. Les belles heures d’Humble Pie sont derrière lui (RAZOR©).

 

1. Get Down to It.

2. Good Booze and Bad Women.

3. Is It for Love?

4. Drugstore Cowboy.

5. Black Coffee.

6. I Believe to My Soul.

7. Shut up and Don't Interrupt Me.

8. That's How Strong My Love Is.

9. Say No More.

10. Oh, Bella" (All That's Hers).

11. Summer Song.

12. Beckton Dumps.

13. Up Our Sleeve.

14. Honky Tonk Women.

15. (I'm A) Road Runner.

 

Steve Marriott:chant,guitare,harmonica,claviers.

The Blackberries (Clydie King,Billie Barnum,Venetta Fields):choeurs.

Dave Clempson:guitare.

B.J. Cole:steel guitare.

Sydney George:saxophone.

Jerry Shirley:batterie.

LP Studio 7 - 1974

 

Humble pie thunderbox

 

HUMBLE PIE

THUNDERBOX – 1974  3,5/5

 

Publié en février 1974.

Produit par Steve Marriott.

Durée:43:48.

Label:A & M.

Genre:hard rock,soul,R & B,blues-rock.

 

Pas dégueu.

 

La couverture du vinyle était mémorable. Plus que le disque, même si ce dernier, Thunderbox (traduction ancienne de Toilettes), sorti en février 1974, n’est pas si vilain que ça. La pochette d’abord…

Un trou de serrure par lequel on peut voir une femme assise sur la cuvette d’un WC… vous ne pouvez pas oublier la pochette de ce Thunderbox de 1974 qui a mis en transes tous les voyeurs de la planète. On n’en dira pas autant du contenu, même si, comme je vous le dis précédemment, Thunderbox a du charme.

Il n’est pas génial, génial, mais il a du charme par petites touches. Pas assez toutefois pour prétendre à mieux car le Humble Pie de cette époque souffre pour garder la tête hors de l’eau. La faute à une inspiration en berne, qui affecte essentiellement son leader, Steve Marriott mais qui semble toucher le collectif.

Humble Pie et son boss rament désormais. On est loin de l’apogée commerciale de 71, les choses n’étant plus ce qu’elles furent avec Frampton, sans faire offense à Clempson, son suppléant, absolument étranger à ce déclin. La fin de cycle s’inscrit surtout par la plongée dans la dope de son élément moteur, par ailleurs schizo ce qui n’arrange rien et que la séparation d’avec sa première épouse achève.

La charge de travail, la fatigue engendrée par les tournées, les contraintes et dérives du rock star système minent complètement son chanteur qui peine à mettre un pied devant l’autre. Il garde néanmoins assez de lucidité pour boucler un disque, qu’il produit aussi, avec un lot de reprises, faute de mieux. Et embauche un trio de choristes féminines pour soutenir un projet fortement teinté R & B dans lequel il évolue comme un poisson dans l’eau. C’est sa force et le remplissage qu’il opère passe comme une lettre à la Poste.

Thunderbox, Rally With Ali, Drift Away, Every Single Day, Groovin’ With Jesus, Ninety-Nine Pounds sont les faits saillants d’un album qui manque malgré tout de cohérence et d’objectif, si ce n’est celui de bien se positionner dans les charts. Raté ! Chez l’Oncle Sam, Humble Pie fait son pire score et ses compatriotes anglais s’en détournent carrément.

Mais Marriott est assez expérimenté et talentueux pour s’en sortir et enflammer l’affaire pour en faire un produit plutôt sympa. Quoi qu’il en soit, Thunderbox est certainement supérieur à celui qui le précède Eat It (RAZOR©).

 

1. Thunderbox.

2. Groovin' with Jesus.

3. I Can't Stand the Rain.

4. Anna (Go to Him).

5. No Way.

6. Rally with Ali.

7. Don't Worry, be Happy.

8. Ninety-Nine Pounds.

9. Every Single Day.

10. No Money Down.

11. Drift Away.

12. Oh La-De-Da.

 

Greg Ridley:basse,chant.

Jerry Shirley:batterie,chant.

Steve Marriott:guitare,harmonica,claviers,chant.

Dave Clempson:guitare.

Mel Collins:cuivres.

The Blackberries (Carlena Williams,Venetta Fields,Billie Barnum):choeurs.

LP Studio 8 - 1975

 

Humble pie street rats

 

HUMBLE PIE

STREET RATS – 1975  2/5

 

Publié en février 1975.

Produit par Andrew Loog Oldham,Steve Marriott.

Durée:37:16.

Label:A&M.

Genre:blues-rock,hard rock.

 

Entre rats, on se comprend.

 

Ce genre de disques mérite-t-il que l’on s’étende sur lui ? J’en doute car Street Rats est le genre de coup de pute que l’on préfère généralement passer sous silence que mettre en avant. L’initiateur en est la maison de disques A&M, jamais la dernière pour mettre la pression sur le Pie, et qui là, en 1974, intime l’ordre à Marriott, sur la base des contrats les liant avec Humble Pie, de se sortir les doigts du cul et de donner un coup de collier pour sortir impérativement quelque chose.

Le précédent coup marketing Lost And Found étant resté en travers de la gorge de Marriott, ce dernier, en situation de recharger les accus après une série de tournées harassantes, met la pédale douce sur les intentions de l’employeur et continue à bosser gentiment sur quelques maquettes et aide parallèlement Ridley à réaliser son projet.

Intervient alors le vorace Dee Anthony (Peter Frampton, Joe Cocker, Jethro Tull, J. Geils Band), manager cupide, négociateur agressif et commercial redoutable, un professionnel qui voyait toujours grand, toujours plus grand et dont la devise, telle que mentionnée dans The Mansion On The Hill, le livre de Fred Goodman, était : un, avoir de l’argent, deux, ne pas oublier d’avoir de l’argent, trois, ne pas oublier de toujours se souvenir d’avoir de l’argent. Révélateur…

Comme Marriott a de quoi alimenter un LP en magasin, mais qu’il se le réserve sentant que la fin du partenariat est imminente, les fieffés escrocs de la direction d’A&M et Dee Anthony, animés par la cupidité et le besoin pressant d’argent font main basse sur la matière au nom du contrat en cours, font appel à un producteur indépendant qui s’avère être Andrew Loog Oldham, le producteur des années Immediate. Tiens, tiens… comme on se retrouve entre rats. Le titre colle parfaitement à l’histoire de ce disque.  

Tout ceci est fait, bien entendu, sans l’accord de l’auteur… Vous aurez donc deviné qu’il n’y a pas, dans cette supercherie, les conditions réunies pour atteindre une qualité et une cohérence suffisantes et que la filouterie ne mérite pas une étoile. J’y vais néanmoins de deux, mais seulement pour faire barrage à ceux qui auraient dans l’idée de s’y intéresser (RAZOR©).

 

1. Street Rat.

2. Rock and Roll Music.

3. We Can Work It Out.

4. Scored Out.

5. Road Hog.

6. Rain.

7. There 'Tis.

8. Let Me Be Your Lovemaker.

9. Countryman Stomp.

10. Drive My Car.

11. Queens and Nuns.

 

Greg Ridley:basse,chant.

Jerry Shirley:batterie.

Steve Marriott:guitare,harmonica,claviers,chant.

Clem Clempson:guitare,slide guitare.

Mel Collins:cuivres.

Tim Hinkley:claviers.

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