Jack Bruce.

BIOGRAPHIE.

 

JACK BRUCE/Royaume-Uni

 

Jack bruce 1

 

John Symon Asher Bruce, dit Jack Bruce.

Né le 14 mai 1943 à Bishopbriggs (Ecosse).

Décédé le 25 octobre 2014 à Suffolk(Angleterre).

Années actives:1962/2014.

Labels EMI,RSO.

Genre:rock progressif,jazz rock fusion,blues-rock,hard rock,rock psychédélique,jazz,rock.

Site officiel:www.jackbruce.com

 

Jack Bruce n'est plus.

Jon Lord le 16 juillet 2012, Alvin Lee (6 mars 2013), Peter Banks (7 mars 2013), Richie Havens (22 avril 2013), Ray Manzarek (20 mai 2013), J.J. Cale (26 juillet 2013), Lou Reed (27 octobre 2013), Phil Everly (3 janvier 2014), Peter Seeger (27 janvier 2014), Bobby Womack (27 juin 2014), Tommy Ramone (11 juillet 2014), Johnny Winter (16 juillet 2014), Paul Revere (4 octobre 2014), hier Jack Bruce (25 octobre 2014) : ça commence à faire beaucoup en si peu de temps.

Jack bruce cream

Jack bruce 2

Jack bruce 3Un des meilleurs bassistes de tous les temps.

Avec l’avancée dans l’âge, le rock des 60’s/70’s se vide petit à petit, perdant au passage des acteurs dont on ne louera jamais assez le rôle majeur et le rang qu’ils ont tenus dans la pratique de leur art, ni même l’influence qu’ils ont pu avoir sur les générations qui leur ont succédé. Jack Bruce, dont la basse et le chant ont constitué les ingrédients pour 1/3 de Cream, vient de nous quitter à son tour à l’âge de 71 ans, le 25 octobre. Hier. Et même Ginger Baker qu'il avait dans le pif autant que l'autre le détestait, pleure aujourd'hui celui avec lequel il a écrit une des plus belles pages du rock.

Le meilleur à son poste.

Malade du foie, organe pour lequel il fit l’objet d’une greffe en 2003, le partenaire de Clapton et Baker au sein du power group anthologique évoqué ci-dessus, s’est, cette fois, incliné devant le mal qui l’affectait à ce niveau. Triste nouvelle qui affecte la planète rock sur laquelle l’écossais était tenu en très haute estime, la grande majorité des connaisseurs, à l’image de Roger Waters, considérant le bassiste de Cream comme le meilleur à son poste, toutes périodes confondues. Qui pourrait remettre en cause l’éloge formulée par son concurrent de l’instrument, bien placé pour formuler un tel jugement ?

La basse et Bruce est une histoire d’amour qui remonte à l’adolescence quand il flirtait avec le jazz dans un premier temps, puis quand il s’est impliqué sur la sémillante scène blues londonienne dont il fut un des incontournables piliers.

D’abord dans la formation d’Alexis Korner, l’Alexis Korner Blues Incorporated (1962), au sein du Graham Bond Organisation (1963), où il côtoie déjà Ginger Baker, le deuxième tiers du futur Cream, puis dans les Bluesbreakers de John Mayall (entre août et novembre 1965) avant qu’Eric Clapton, troisième larron de Cream, n’intègre la mythique formation de blues anglaise et enfin, c’est moins connu, auprès de Manfred Mann pour une pige de courte durée (1966).

Un tiers de Cream.

Approché par Ginger Baker et Eric Clapton pour le projet de monter le premier power trio de l’ère rock, Jack Bruce complète une unité que les experts s’accordent à voir comme explosive, composée des trois meilleurs spécialistes du moment à leur poste. La crème des musiciens : Cream.

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« Ce qui me motive encore à 71 ans, c’est l’amour de la musique. Si je ne joue pas, que ferais-je ? Je suppose que je serais là, assis à rêvasser ou parti en promenade autour de ma maison de campagne. Je le fais déjà. Non, j’aime tout simplement jouer que ce soit sur scène ou en studio.

Je retrouve le plaisir en studio, comme à Abbey Road pour mon dernier LP, de travailler avec des gens très professionnels et très compétents. C’est une joie de bosser avec eux. Je suis très heureux de pouvoir le faire, de pouvoir faire ce que j’aime et je vais m’employer à le faire durer jusqu’à ce que je n’en sois plus capable. » (Jack Bruce)

Pendant deux ans et demi, Cream redéfinit le rock en pratiquant un mélange novateur de rock psychédélique et de blues. Les compositions deviennent ambitieuses, les chansons s’étirent, les longs soli d’instruments, le plus souvent improvisés, s’invitent pour mieux afficher les indiscutables techniques de ces trois virtuoses, notamment sur scène où leurs prestations sont souvent exceptionnelles. Jack y signe, seul ou en coécriture certains des succès les plus grands du trio : Sunshine Of Your Love, Politician, I Feel Free, White Room. Cream entre dans la légende et Jack Bruce en est une des composantes essentielles.

Il peut être fier de lui.

Cream rompt en novembre 1968, Jack  Bruce et Ginger Baker n’étant plus du tout en phase, Clapton s’en va créer Blind Faith, tandis que le bassiste voit en cette fin de cycle l’occasion de s’engager dans un parcours en solitaire qui débute avec l’excellent Songs For A Tailor (1969) et qui prend fin en mars 2014 avec son quatorzième LP studio, le non moins excellent Silver Rails, dont il était particulièrement fier.

Parallèlement à sa carrière solo, Jack Bruce s’implique dans le trio West Bruce & Laing avec ce qu’il reste de Mountain (1972/73). Il est très friand de ce format à trois puisqu’il prendra part en 1981 à BLT avec Robin Trower et Bill Lordan ; il est par ailleurs très sollicité pour contribuer sur les projets de ses confrères et amis. Par Lou Reed pour Berlin (1973), Zappa pour Apostrophe (1974), par John McLaughlin, Carla Bley…

Le rock pleure.

Malgré ses problèmes de santé, Jack Bruce, de son vrai nom John Symon Asher Bruce, ne veut rien rater de la réunification, même ponctuelle de Cream, un projet considéré au fil du temps comme improbable. Pour l’occasion, Baker et Bruce remisent au vestiaire leurs veilles rancœurs et quatre spectacles sont organisés les 2,3, 5 et 6 mai 2005 au Royal Albert Hall. Cette mini tournée, qui fait l’objet d’un dvd, n’est pas restée dans les annales, faute pour ses acteurs d’avoir suffisamment répété. Elle n’est qu’un pâle reflet d’un groupe qui a quand même vendu des millions et des millions d’albums. Elle permet néanmoins de garder en mémoire ce bassiste hors norme formé à l’école du jazz et doublé d’un chanteur très compétent que tout le rock pleure aujourd’hui. Toutes nos pensées à sa famille et à ses proches (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE CREAM 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Cream fresh cream

 

CREAM

FRESH CREAM – 1966  3,5/5

 

Publié le 9 décembre 1966.

Produit par Robert Stigwood.

Durée:38:10 (U.K),34:30 (U.S.A).

Label:Reaction (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock.

 

Le mythe s’installe.

 

Le premier LP du premier super groupe de l’histoire du rock, aussi légendaire qu’éphémère, installe le mythe en douceur. Sans tambours, ni trompettes. Entre originaux au nombre de 5 et reprises pour une proportion égale, Fresh Cream (en écoute intégrale ici), envoyé en éclaireur, a pour vocation de montrer de quel bois Cream, concentré de virtuosités individuelles, peut se chauffer. Publié en fin d’année 1966, l’album offre une vision de la potentialité du trio.

Les reprises que Cream s’approprie pour l’occurrence ont ce petit quelque chose en plus qui n’appartient qu’aux grands. I’m So Glad ou Rollin’ And Tumblin’ sont sublimées par le traitement revitalisant que leur réserve nos trois experts, par la griffe qu’ils y apposent. Elles rivalisent de qualité avec des titres alors partis pour être des classiques du répertoire : Cat’s Squirrel, N.S.U., I Feel Free figurant sur la version originale US, mais pas sur celle anglaise, Spoonful absent de l’offre américaine mais présent dans la tracklist destinée au Royaume-Uni.

Eric Clapton, alors loin d’être le guitare-héros qu’il est devenu par la suite, donne sa pleine mesure dans un style rarement entendu jusque là. Inventif, inspiré, techniquement exceptionnel, il est épaulé par une rythmique qui filera des complexes à des générations entières de bassistes et de batteurs, et qui suscitera aussi les vocations d’autres.

Le registre est british blues, métissé de hard ; le son très 60’s avec un penchant psychédélique. C’est efficace certes, mais il ne traduit pas encore toute la puissance caractéristique du trio et que bon nombre de musiciens à sa suite ont cherché à calquer sur un format identique.    

Cet album est quelque peu en retrait, en termes de puissance, par rapport à la production qui suivra. En dépit d’une 101ème place parmi les meilleurs disques de tous les temps, on lui préférera Disraeli Gears, sorti l’année suivante et considéré depuis des lustres comme la petite merveille de ce trio d’anthologie (RAZOR©).

 

1. N.S.U.

2. Sleepy Time Time.

3. Dreaming.

4. Sweet Wine.

5. Spoonful.

6. Cat's Squirrel (instrumental).

7. Four Until Late.

8. Rollin' and Tumblin'.

9. I'm So Glad.

10. Toad (Instrumental).

 

Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:basse,harmonica,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

LP Studio 2 - 1967

 

Cream disraeli gears

 

CREAM

DISRAELI GEARS – 1967  4/5

 

Publié le 10 novembre 1967.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:33:37.

Label:Reaction,Atco,Polydor.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock.

 

Un statut quelque peu usurpé.

 

N’en déplaise aux inconditionnels de Cream, Disraeli Gears (en écoute intégrale ici), réécouté aujourd’hui, fait vraiment daté de chez daté. Le son est à la limite d’être crade par moments et, en de rares occasions certes, il est très désagréable à se farcir entre les esgourdes. Il y a des fois où réveiller les morts ne se passe pas toujours bien. J’aimais beaucoup ce disque que j’ai considéré comme beaucoup comme culte dans l’euphorie de la Creammania ambiante. Je lui trouve désormais certaines failles qui m’avaient échappées.

Repassé au crible 48 ans plus tard, j’avoue en pincer différemment et surtout être désagréablement surpris par l’inégalité des titres qui le composent, je veux parler notamment de la tierce 3 à 5 du disque.

Disraeli Gears démarre sur les chapeaux de roue avec deux morceaux énormes, Strange Brew et l’inénarrable Sunshine Of Your Love, mais derrière et c’est plus flagrant aujourd’hui qu’hier, débarrassé de l’aveuglement qui sied au fanatisme, il déroule trois chansons loin d’être des foudres de guerre (World Of Pain, Dance The Night Away et le soporifique Blue Condition).

Tales Of Brave Ulysses reprend les choses par le bon bout ce que ne dément pas Swlabr, acronyme de She Walks Like A Bearded Rainbow, que l’on peut traduire par Elle Marche Comme Un Arc-en-Ciel Barbu. We’re Going Wrong appartient également au lot des excellents morceaux de l’album porté par la voix de Jack Bruce, son auteur et soutenu par la guitare psyché de Clapton et les roulements de batterie d’un baker frappant les fûts avec des maillets.

Les convaincants Outside Woman Blues et Take It Back précèdent une surprenante et drôlatique sortie a Cappela (Mother’s Lament). Ayant depuis écouté en boucle son suivant Wheels Of Fire, j’ai plus d’affinités avec ce dernier qu’avec Disraeli Gears. Ce qui ne remet en rien en cause le statut mythique de ce disque placé au carrefour du blues, du psychédélisme et de la pop anglaise.    

Malgré un jugement depuis tempéré, ce disque est une œuvre indispensable au regard de la trace historique qu’il a laissé au rock. Mais bon, si je devais le juger en 2015, je ne lui accorderais pas la note maximale que je lui ai toujours accordé (RAZOR©).

 

1. Strange Brew.
2. Sunshine Of Your Love.
3. World Of Pain.
4. Dance The Night Away.
5. Blue Condition.
6. Tales Of Brave Ulysses.
7. Swlabr.
8. We're Going Wrong.
9. Outside Woman Blues.
10. Take It Back.
11. Mother's Lament.


Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:chant,harmonica,basse,piano.

Ginger Baker:batterie,chant.

LP Hybride Studio 3/ Live 1 - 1968

 

Cream wheels of fire

 

CREAM

WHEELS OF FIRE – 1968  5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:84:23.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:rock psychédélique,blues-rock.

 

Le Cream parfait.

 

Sans aucun doute dans mon esprit, le meilleur de Cream se situe ici. Dans ce double album hybride parfait pour moi, moitié studio, moitié live qui répond au nom de Wheels Of Fire (en écoute intégrale ici) et sorti en juillet 1968.

Ce troisième volet du catalogue de Cream affiche le meilleur des deux facettes du power-trio. On en prend pour 36 minutes de studio, pour 44 de live.

Bruce dote la partie initiale de 4 titres sur 9, tous cosignés avec Pete Brown : White Room, As You Said, Politician et Deserted Cities Of The Heart. Ginger Baker assure 3 morceaux avec Mike Taylor (Passing The Time, Pressed Rat And Warthog, Those Were The Days) ; deux reprises complètent la partie studio : Sitting on Top of the World d’Howlin’ Wolf et Born Under A Bad Sign de Booker T. Jones et William Bell.

Dans cette partie studio, les titres rivalisent de réussite même si l’extraordinaire White Room a ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Passing The Time est un petit bijou trippy qui me plaît bien tout comme Politician et son riff assassin, un classique du répertoire de Clapton, le blues Sitting On The Top Of The World, le merveilleux et atypique As You Said ainsi que le brillant Those Were The Days qui met en avant toute la science du chant du regretté Bruce et le tonique Deserted Cities of the Heart final proche de rivaliser avec White Room. Cette phase studio est très aboutie, très inventive et supérieure à Disraeli Gears.

Que dire alors du contingent live ici collecté ? Exceptionnel, d’autant que les acteurs donnent libre cours à ce qui fait la légendaire explosivité de Cream et que les enregistrements studios ne restituent pas complètement.

Comment ne pas être secoué par le niveau de prestation d’un ardent Crossroads  ou par les 17 minutes du Spoonful de Willie Dixon, ne pas être surpris par le Toad à rallonges de Baker ou tout simplement séduit par l’inédit de Jack Bruce, Traintime et son solo d’harmonica ?

Cream est à son meilleur et c’est là qu’il faut être avant Disraeli Gears. Ici on a le meilleur de Cream puissance 10 et on prend un panard du diable (RAZOR©).

 

Studio

1. White Room.

2. Sitting on Top of the World.

3. Passing the Time.

4. As You Said.

5. Pressed Rat and Warthog.

6. Politician.

7. Those Were the Days.

8. Born Under a Bad Sign.

9. Deserted Cities of the Heart.

 

Live.

10. Crossroads.

11. Spoonful.

12. Traintime.

13. Toad.

 

Jack Bruce:chant,basse,violoncelle,harmonica,guitare acoustique.

Eric Clapton:guitare,chant sur 10,chœurs.

Ginger Baker:batterie,percussions,cloches,glockenspiel.

Felix Pappalardi:alto,instruments à vent,cloches,orgue.

LP Studio 4 - 1969

 

Cream goodbye

 

CREAM

GOODBYE – 1969  3/5

 

Publié le 5 février 1969.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:30:09.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:hard rock.

 

Adieu manqué.

 

Goodbye (en écoute intégrale ici), quatrième pli discographique de Cream, est un album posthume. Entendez par là que, quand il est publié le 5 février 1969, le power-trio britannique est dissous depuis novembre 1968. Polydor en assure la distribution européenne et Atco en fait de même de l’autre côté de l’Atlantique.

Trois titres live et trois studios, un album concis (30 minutes), Cream reprend pour Goodbye, une formule hybride déjà éprouvée dans le précédent  Wheels Of Fire à la différence près que la qualité de la matière ici présente est loin de valoir la collecte de Wheels Of Fire, le meilleur et surtout le plus abouti des disques de Cream. Disque d’adieu comme son nom l’indique, il ne fait pas regretter la séparation de ses auteurs.  

Le torchon brûle entre Baker et Bruce, Clapton a d’autres desseins en tête, alors la maison de disques insiste pour publier le der des ders (1969), sachant que le power-trio n’a plus d’avenir. Leur mort est déjà annoncée d’où l’ultime tentative de faire fructifier le nom. A procédé douteux, disque précipité et sous contrainte commerciale, peu travaillé et de ce fait moyen. Ce disque ne reste pas gravé dans les annales du rock. Encore moins dans mon esprit.

Chacun y est allé d’un titre, comme pour dire : « J’y étais ! ». Même Clapton qui pourtant était aux abonnés absents de l’écriture du LP qui précède. Hormis Badge (avec Pappalardi et Georges Harrison, alias L’Angelo Misterioso) et I’m So Glad, je ne vois pas grand chose digne d’intérêt sur ce disque ; par ailleurs, les trois derniers titres Doing That Scrapyard, What A Bringdown et Anyone For Tennis sont particulièrement décevants. Très peu pour moi ce Goodbye (RAZOR©).

 

1. I'm So Glad.

2. Politician.

3. Sitting on Top of the World.

4. Badge.

5. Doing That Scrapyard Thing.

6. What a Bringdown.

7. Anyone For Tennis.

 

Jack Bruce:basse,orgue sur 5/6,piano,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

Felix Pappalardi:piano,Mellotron,basse sur 6.

George Harrison (L'Angelo Misterioso):guitare rythmique,choeurs sur 4.

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Jack bruce songs for a tailor

 

JACK BRUCE

SONGS FOR A TAILOR – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:31:32.

Label:Polydor (U.K.),Atco (U.S.).

Genre:rock psychédélique,jazz-rock,rock progressif,blues-rock.

 

En hommage à Jeannie.

 

Songs For A Tailor (en écoute intégrale ici), sorti en 1969 pour Polydor en Europe et chez Atco aux Etats-Unis est un disque que j’écoute encore beaucoup. Chronologiquement, il est le premier opus solo de Jack Bruce. L’écossais, une fois l’aventure Cream définitivement consommée en novembre 1968, se lance dans une carrière personnelle dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est réussie jusqu’à son dernier disque paru quelques mois avant sa mort le 25 octobre 2014, j’évoque là Silver Rails.

Songs For A Tailor donne le clap de départ de son catalogue solo. Chris Spedding, Jon Hiseman, Dick Heckstall-Smith, Art Themen et George Harrison font le déplacement pour soutenir un projet qui consiste à rendre hommage à Jeannie Franklyn, designer de mode pour la scène underground de Sunset Trip où elle tient boutique dans laquelle les Cream, les Monkees, Paul Revere, David Crosby, Donovan viennent y faire leur plein de nippes hip.

Jeannie se tue sur la route au retour d’un concert que le Fairport Convention donne en mai 1969 en Angleterre. Affecté par la dramatique disparition de celle qui est alors la petite amie du guitariste Richard Thompson et qui fut celle du bassiste aussi, l’artiste écossais lui dédie ce travail de fusion de pop et de jazz, au son assez éloigné du heavy blues pratiqué par le trio Clapton-Bruce-Baker.

Cette orientation explique le choix de Chris Spedding à la guitare, au jeu radicalement différent de celui de Slowhand. Les seuls éléments qui puissent relier Songs For A Tailor à Cream sont la voix soul de Bruce et la prédominance de son jeu de basse, ainsi que Pete Brown, le parolier ayany coécrit  avec Bruce une partie des succès du légendaire power trio, et qui signe toutes les paroles de Songs For A Tailor. Pour le reste, on en est loin, compte tenu de la diversité qui l’anime et qui complique sa catégorisation. Jack Bruce n’est pas, par ailleurs, dans l’état d’esprit de donner une suite musicale à ce qui fut sa plus grande expérience à ce moment précis de sa carrière.

Les textes de l’album prêtent à division, la critique du moment stigmatisant ce que beaucoup voient comme un frein au disque et arguant alors que si le bât blesse quelque part, c’est essentiellement au niveau d’un lyrisme littéraire excessivement prétentieux et pas assez accrocheur ou accesible. Bien que clivant, l’album n’a rien du patchwork ennuyeux et sans fil conducteur ou du concentré défraîchi de riffs jazz, de rock, de paroles baroques dépeint par Rolling Stone à sa sortie.

Il s’en sort même plutôt bien dans les charts en faisant 6 au Royaume-Uni et 55 au Billboard ricain. Si Bruce est loin des scores engendrés par sa dernière formation, l’accueil est quand même des plus honorables auprès du public. Songs For A Tailor est bien une des plus belles réalisations de l’ex-Cream.

Produit par Felix Pappalardi, l’ancien producteur de Cream et par ailleurs bassiste de Mountain, la caractéristique première de Songs For A Tailor est sa dynamique et l’émotion qu’il véhicule autour d’un lot de très beaux titres. Parmi ceux-ci, relevons notamment  les deux morceaux qui introduisent l’album Never Tell Your Mother She’s Out Of Tune (avec George Harrison sous le pseudo de l’Angelo Misterioso pour des raisons contractuelles) ainsi que l’élégant et frais Theme For An Imaginary Western, la perle par définition du Bruce nouveau, que le même Mountain reprend à son compte sur Climbing et interprète à Woodstock, Rope Ladder To The Moon, Tickets To Waterfalls, To Isengard, l’original Boston Ball Game 1967, Weird Of Hermiston et The Clear Out qui auraient pu figurer sur Disreali Gears, car datant des sessions new yorkaises liées à ce disque culte de Cream.

Comme, dans le même temps, les arrangements sont judicieux, Songs For A Tailor figure parmi les bons albums sortis à cette période de la fin des années soixante et constitue plus qu’une écoute très agréable, une acquisition en bonne et due forme. Ce que j’ai fait en 1970 et que je n’ai jamais eu à regretter depuis (RAZOR©).

 

1. Never Tell your Mother She's Out of Tune.

2. Theme for an Imaginary Western.

3. Tickets to Waterfalls.

4. Weird of Hermiston.

5. Rope Ladder to the Moon.

6. The Ministry of Bag.

7. He the Richmond.

8. Boston Ball Game, 1967.

9. To Isengard.

10. The Clearout.

 

Jack Bruce:chant,basse,piano sur 1/6/8/10,orgue sur 2/4/10,cello sur 5,guitare sur 5/7/9.

George Harrison alias l’Angelo Misterioso:guitare sur 1.

Chris Spedding:guitare sur 2/4/5/9/10.

Jon Hiseman:batterie sur 1/4/5/8/10.

John Marshall:batterie sur 5/7.

Felix Pappalardi:chant sur 5/9,guitare sur 9,percussions sur 7.(

Harry Beckett,Henry Lowther:trompettes sur 1/6/8.

Dick Heckstall-Smith,Art Themen:saxophone ténor et soprano sur 1/6/8.

DISCOGRAPHIE WEST BRUCE LAING 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

West bruce laing why dontcha

 

 

WEST BRUCE & LAING

 

WHY DONTCHA – 1972  4/5

 

Publié en novembre 1972.

Produit par Andy Johns,West,Bruce,Laing.

Durée:38:15.

Label:Windfall,Columbia.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Avec 2/3 de Mountain et un de Cream, vous attendiez quoi ?

 

En novembre 1972 paraît Why Dontcha (en écoute intégrale ici), oeuvre de ce que l'on appelait alors un supergroupe, constitué de Leslie West et Corky Laing, deux anciens de Mountain, et de Jack Bruce, le grand Jack Bruce de Cream, qui revient aux affaires après un intermède en solo.

La mode est aux power-trios, que voulez-vous. Le power-trio ou super group, c'est la norme pour se faire mousser dans le blues-rock. Et West, Bruce & Laing en est un vrai, taillé sur mesure pour la meilleure et la plus vitaminée des fusions entre blues et hard.

Et Why Dontcha, le premier disque à réunir ces trois demi-dieux du moment, du fait de leur appartenance au gotha du rock d'alors : Corky Laing, un batteur canadien que le regretté spécialiste en la matière, Levon Helm (The Band), considérait dans son top five des fûts et que l'industrie du disque acclame encore aujourd'hui ; un bassiste emblématique dont ce serait faire injure que de repositionner la carrière (Bruce) et Leslie West, un chanteur aussi énorme que son physique, récemment amputé d'une jambe (mais reparti au turbin depuis), doublé d'un guitariste inqualifiable. Entre nous, j'ai honte quand je vois les chochottes qu'on nous agite sous le nez maintenant... Mais bon, passons.

Je m'empresse de vous affranchir : Why Dontcha est le seul des trois albums officiels de leur catalogue qui vaille vraiment le coup, son suivant Whatever Turns You On (1973) étant deux tons nettement en dessous et le live de 1974 (Live 'N' Kickin') une déception, car ne restituant pas comme il se doit, sur scène, l'énergie et la lourdeur dégagées en studio.

Why Dontcha lui, a tout. Il fait la part belle aux riffs tranchants qui décalottent les coiffes et à des compositions abouties, efficaces, qui suintent le plaisir d'en être. Les trois monstres sacrés laissent leur ego au vestiaire et turbinent avec aisance au service du collectif.

Leur blues-rock sauce piquante a du peps, de l'audace et de la technicité. Comme c'est inspiré, ça vole dans les hautes sphères du hard, sans toutefois avoir la prétention de déloger qui vous savez du piédestal. Ce cocktail corrosif n'est pas pour les pieds tendres. Avec 75% de Mountain et 25% de Cream, vous vous attendiez à quoi ? (RAZOR©)

 

1. Why Dontcha.

2. Out Into The Fields.

3. The Doctor.

4. Turn Me Over.

5. Third Degree.

6. Shake Ma Thing (Rolling Jack).

7. While You Sleep.

8. Pleasure.

9. Love Is Worth The Blues.

10. Pollution Woman.

 

Jack Bruce:basse.

Corky Laing:batterie.

Leslie West:guitare.

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