John Dummer Blues Band.

BIOGRAPHIE.

 

JOHN DUMMER BLUES-BAND/Londres (Angleterre)

 

John dummer bb 1

 

Actif entre 1965 et 1974.

Label:Mercury,Fontana,Vertigo,Repertoire,Indigo,Angel Air.

Genre:blues-rock,blues.

 

Séduisante formation du british blues boom.

Batteur en anglais, ça se dit Drummer. Il est batteur et son nom de famille, à une lettre près, a bien failli se confondre avec ce métier auquel il a consacré sa vie. L'anglais John Dummer, natif de Suberton pendant la seconde guerre mondiale (1944), apprend l'instrument tandis qu'il cire encore les bancs de l'école. Alors que le british blues-boom des 60's pousse les artistes en herbe à se hausser du col, à s'improviser musicien du jour au lendemain pour imiter leurs idoles, John Dummer, fan de Graham Bond, en devient lui un des acteurs les plus séduisants.

Son premier acte musical fondateur est de réunir, dès 1963, une petité unité nommée Lester Square And The GT's avec les saxophonistes alto Chris Trengrove (Maggy Bell, Jo Ann Kelly) et ténor, Elton Dean, celui-là même qui, trois ans durant (de 1969 à 1972), sera associé à la belle aventure de Soft Machine à une époque où jazz et rock tentaient de faire bon ménage.

A la tête de son Lester Square and the GT's, John Dummer, également chanteur, passe deux années à sillonner le Royaume-Uni et l'Allemagne en interprétant, comme de nombreux jeunes de sa génération, un répertoire essentiellement R & B.

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John dummer bb cabal

John dummer and wife landes

Le premier John Dummer Blues Band.

Au terme de cette première expérience collective, Dummer réunit, dès 1965, une formation plus consistante. Il bénéficie, la même année, de l'arrêt des Grebbels, groupe ouvrant, au Crawdaddy de Richmond, pour les Yardbirds de l'ère Clapton, pour récupérer deux de ses membres, le bassiste Pete Moody et le guitariste Richard Pearce.

A ce trio, se joint le pianiste Robert Bob Hall, collaborateur de longue date d'Alexis Korner, proche des Kelly, Dave et Jo Ann, et par ailleurs fondateur de plusieurs combos ayant pignon sur rue du British Blues (The Groundhogs notamment). Comme Dummer reprend le chant et l'harmonica à son compte, un batteur entre à son tour : Dave Bidwell (Savoy Brown, Chicken Shack, Mungo Jerry). Le premier John Dummer Blues Band prend forme.

Le studio 51.

Jusqu'à ce qu'il ne signe pour Mercury Records et ne publie son premier LP, Cabal, en 1968, le groupe évolu encore. D'abord, c'est Pete Moody qui laisse sa place à Tony Walker ; ce dernier favorise l'entrée de sa sœur Regine comme deuxième voix.

Ce line-up se produit alors régulièrement tous les dimanche après-midi au Studio 51 de West End, où il côtoie des stars comme John Mayall, Long John Baldry, Keef Hartley, Champion Jack Dupree, Alexis Korner ou les Yardbirds.

Réorganisée autour de Dummer, repassé derrière les fûts, la formation accueille alors un guitariste talentueux en la personne de Tony McPhee (The Groundhogs), un bassiste écossais, Iain Thump Thomson, ainsi que l'harmoniciste irlandais John O'Leary, un des pionniers de l'introduction de l'instrument dans le blues britannique. Présente aussi, mais essentiellement pour les sessions d'enregistrement, Jo Ann kelly de l'entourage de McPhee, chanteuse qui a refusé à Canned Heat son offre d'intégrer le groupe américain.

Cabal : des débuts fracassants.

C'est ce line-up que l'on retrouve sur Cabal (1969), premier album du John Dummer Blues Band, produit par Brian Shepard. A son actif, celui-ci soutient les tournées anglaises d'Howlin'Wolf et de John Lee Hooker.

Sur cet album, le bassiste Keith Tillman, déjà impliqué sur des projets d'Aynsley Dunbar, de John Mayall et des Bluesbreakers et que l'on pointe aussi auprès de Bo Diddley, prend part à quelques titres.

Cabal, premier des 5 albums crédités au JDBB, s'appuie sur un répertoire emprunté aux légendes du blues (Muddy Waters, Willie Dixon, John Lee Hooker), mais comprend aussi des compositions émanant du collectif. Il s'avère un des albums de british blues parmi les plus intéressants de toute la production discographique du moment.

John dummer portrait

« Le meilleur moment de ma vie musicale a été quand nous avons soutenu le grand Howlin' Wolf lors de sa tournée britannique. Nous l'avons bien connu et beaucoup aimé ; c'était un homme charmant. Le pire, par contre, ça a été d'apprendre que Graham Bond s'est jeté sous un train. J'avais appris à le connaître et j'avais joué et enregistré avec lui peu de temps avant son suicide. Dans la musique, il était mon héros. » (John Dummer)

Un nouveau guitariste s'invite au moment d'aborder le deuxième Lp (éponyme de 1969) de la bande à Dummer : Adrian Putty Pietryga. Si le nom est moins ronflant que celui de McPhee, parti fondé les Groundhogs, le musicien de Bristol n'en fait pas moins montre de belles dispositions comme le restitue l'opus studio N° 2, musicalement très proche de son devancier (british blues), que les membres partent aussitôt promouvoir sur une tournée grande-bretonne et européenne. Ces deux enregistrements de l'époque Mercury sont aussi les plus recommandables du catalogue.

Nine By Nine, numéro 1 en France.

Pour réaliser John Dummer's Music Band (1970), le groupe perd Dave Kelly et Bob Hall, recrute à leur place Nick Pickett (guitare,violon, chant) et Davey Trotter dit Crabsticks (Mellotron) tandis que Chris Trengrove (saxo) revient ; il change également de label, quittant Mercury pour Philipps. Deux autres opus traduisent ce partenariat, This Is John Dummer (titre américain) de 1972, plus connu sous le nom de Nine By Nine et Try Me One More Time (1973).

Nine By Nine est ainsi nommé du fait du succès rencontré par le single instrumental du même nom qui fit un carton en France (N°1) et au Benelux. Porté par le violon électrique de Nick Pickett, ce titre mémorable crédité au JDBB que tout le monde a entendu au moins une fois dans sa vie, est également de son fait, tout comme les arrangements.

Après Philipps, John Dummer et sa troupe prennent le chemin de Vertigo où sont réalisés Blue (1972) et Oobleedooblee Jubilee (1973). Dans la foulée, le John Dummer Blues Band cesse son activité en 1974 pour rebondir vers les Darts en 1976 ; John y rencontre sa future femme, Helen April, avec laquelle il fonde le True Life Confessions (Blue Skies/Top 50). Depuis ils sont retirés en France, dans le sud-ouest, où ils vivent de la brocante surtout, de la musique, un peu (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

John dummer bb cabal

 

JOHN DUMMER BLUES BAND

CABAL – 1969  4/5


 

Publié en 1969.

Produit par Brian Shepard.

Durée:44:06.

Label:Mercury.

Genre:blues,blues-rock.

 

Le meilleur de Dummer.

 

John Dummer Band ou John Dummer Blues Band, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Du pareil au même. Quel que soit le chemin que John Dummer, batteur de son état et bluesman de cœur, vous invite à prendre, il vous ramène immanquablement vers le blues et plus particulièrement vers celui de Chicago, qui alimente la meilleure phase de cet artiste. S’ils n’accrochent pas globalement le succès, les travaux qu’on lui prête sont pourtant dignes de la plus grande des considérations.

Groupe britannique né en 1965 (John Dummer, Pete Moody puis Tony Walker, Roger Pearce, Dave Bidwell, Bob Hall) et qui replie ses gaules au début des années 70, il est la belle et vraie curiosité que les anglo-saxons ont à nous proposer en ce temps-là. La France réserve d’ailleurs à Dummer et sa troupe, une écoute attentive, mais plus tard, et paradoxalement, pour un titre (Nyne By Nine, numéro 1 chez nous, en 1971) qui émarge de ce que ce pour quoi il était connu : un bon et solide blues-rock.

Cette chanson booste la popularité de John Dummer qui, jusqu’en 70, alterne, de manière un peu intempestive, les line-ups, mais sans en altérer pour autant sa qualité et son unité. Certains artistes parmi les plus en vue du genre passent à un moment ou à un autre de leur carrière par ce groupe londonien : Bob Hall, pianiste, Dave (guitariste) et Jo Ann Kelly, frère et sœur, le guitariste inclassable qu’est Mike Cooper, le légendaire Graham Bond, ou encore Tony McPhee avant sa période Groundhogs.

Le John Dummer Blues Band assure également le soutien à Howlin’ Wolf et John Lee Hooker à l’occasion de tournées anglaises. Ces diverses collaborations favorisent sa notoriété, mais ce n’est qu’en dissolvant ce combo que la carrière de John Dummer prend une tournure plus personnelle et progressive, notamment avec Nick Pickett, violoniste, et sous la bannière des Famous Music Band.

Au milieu des années 70, il évolue au sein des Darts, spécialisé dans les reprises de doo-wop. Aujourd’hui, Dummer tire ses vieux jours du côté de l’Aquitaine et des Landes, où, brocanteur, il restaure et vend des vieux meubles, et écrit aussi. Comme quoi sa relation avec l’hexagone dure.

Je retiens surtout, de ce bluesman très respecté par ses pairs, sa période Mercury, concrétisée par deux très bons LP, Cabal (en écoute intégrale ici) et l’éponyme John Dummer Blues Band (1969), dont on se demande bien comment et pourquoi le premier nommé notamment, n’a pas récolté les lauriers auxquels il me paraissait promis.

Que ces deux disques oubliés suscitent aujourd’hui un incontestable regain d’intérêt, n’est certainement pas le fruit du hasard. Ce sont ces deux pièces que je vous recommande avant tout. Cabal a mes faveurs, eu égard à la présence sur le disque du génial guitariste Tony McPhee et de Dave Kelly.

Le blues-rock qui y est affiché n’atteindra plus jamais un tel niveau par la suite. Autant en profiter d’autant plus qu’il est réédité couplé avec l’album éponyme cité précédemment. L’apport vocal de Jo-Ann Kelly est une motivation supplémentaire pour craquer pour cette formation vraiment très intéressante (RAZOR©).

 

1. I Need Love.

2. Just A Feeling.

3. No Chance With You.

4. Young Fashioned Ways.

5. Sitting And Thinking.

6. Low Down Santa Fe.

7. When You Got A Good Friend.

8. Welfare Blues.

9. Hound Dog.

10. Blue Guitar.

11. After Hours.

12. Daddy Please Don't Cry.

 

Dave Kelly:bottleneck guitare,chant.

Tony "T.S" McPhee:guitare,chant.

John O'Leary:harmonica.

Thumper Thompson:basse.

John Dummer:batterie.

Jo-Anne Kelly:chant sur 3/12.

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