John Paul Hammond.

BIOGRAPHIE.

 

 

JOHN PAUL HAMMOND/New York (État de New York – USA)

 

John hammond intro

 

Né le 13 novembre 1942 à New York.

Actif depuis 1962.

Labels:Vanguard,Water Music,Columbia,Rounder,Flying Fish,Point Blank,Back Porch,Chesky,Palmetto.

Genre:blues,rock,blues-rock,blues électrique,barrell blues.

Site Internet:johnhammond.com

 

Sur le front du blues.

En 1991, Channel 4 met à son programme un documentaire sur le bluesman du Delta Robert Johnson et confie les clés de l'animation de l'émission à un certain John Paul Hammond.

Ce dernier, au travers de The Search Of Robert Johnson réalisé par Chris Hunt, propose de partir à la recherche d'un des musiciens de blues les plus mystérieux et les plus influents pour des générations d'artistes comme Hendrix, Richards, Clapton, Dylan ou Page.

En se voyant affecter le rôle de guide et narrateur dans ce voyage dans les profondeurs du sud américain, Hammond se place en première ligne pour avoir les réponses aux choses qui, encore et toujours, interrogent sur cette légende du blues dont lui-même est client et admirateur. John Paul Hammond est bluesman et Johnson compte parmi ses influences.

Alors la mission qui lui est impartie a une signification particulière pour lui et il s'en acquitte avec une telle passion, une telle curiosité, avec tant d'émotion et de professionnalisme que le film reçoit des critiques élogieuses, de la presse spécialisée d'une part, des musiciens en général, de l'autre, mais plus particulièrement des amoureux de la petite note bleue.

John hammond 2John Paul Hammond, fils de...

John hammond john henry hammond denicheur talents...John Henry, grand dénicheur de talents.

John hammond 1Né sur le terreau de Greenwich.

John hammond duane allmanJohn Hammond et Duane Allman.

John hammond so many roadsL'excellent So Many Roads (1965).

Le fils à papa.

Il faut dire que John Paul Hammond n'est pas n'importe qui dans le business. C'est un fils à papa.

Junior est le rejeton de John Henry Hammond, dénicheur de talents devant l’Éternel, producteur et critique musical de CBS.

Figure parmi les plus influentes de la musique du 20ème siècle, papa Hammond, non seulement a initié ou poussé les carrières de Dylan, Pete Seeger, Aretha Franklin, Leonard Cohen, Michael Bloomfield, mais il a été, en grande partie, responsable de la renaissance de la musique de Robert Johnson et en a supervisé les rééditions posthumes.

Rappelons que c'est son paternel aussi qui organise déjà les concerts des 23 décembre 1938 et 24 décembre 1939 au Carnegie Hall (From Spirituals To Swing/1938), destinés à mettre en valeur l'histoire de la musique afro-américaine et, dans ce cadre, réunit la crème des musiciens jazz et blues de l'époque.

Robert Johnson devait en être, mais sa mort, en août 1938, a bouleversé le projet. Robert Johnson, John Harry Hammond, John Paul... Tiens, tiens... les chiens ne font pas de chats.

Grammy, Blues Hall Of Fame...

Seul artiste pouvant revendiquer haut et fort avoir eu dans son groupe, et Eric Clapton, et Jimi Hendrix, John Paul Hammond, biberonné au folk de Greenwich et au blues du delta, affiche, en 2022, soixante de carrière, menée dans la discrétion et sans tapage, loin des projecteurs, mais si brillante au regard de tous les amateurs de blues.

Celle-ci est couronnée d'un Grammy Award (1984) et de 7 nominations ainsi que d'une intronisation au Blues Hall Of Fame (2011).

John Paul Hammond, que Duane Allman aimait beaucoup, est décrit par la critique comme le Robert Johnson blanc ; ses jeux de guitare et d'harmonica sont puissants, sa voix expressive et sur scène, il assure...

Fils de John Henry Hammond et de l'actrice Jemison McBride, une descendante des Vanderbilt, famille privilégiée qui a joué un rôle majeur dans l'histoire du commerce et des affaires américains, John Paul a commencé à jouer de la guitare au lycée, avant de s'y engager de manière plus franche, Jimmy Reed et l'environnement musical dans lequel le jeune homme gravite achevant de le convaincre que sa voie est là.

Bien qu'enfant de parents divorcés et vivant avec sa mère, il continue à fréquenter son père lequel lui ouvre la voie des studios et des concerts et lui complète sa formation musicale en lui faisant découvrir de nouveaux disques et artistes comme Sonny Terry et Brownie McGhee, Ray Charles, Bo Diddley, Chuck Berry ou Little Richard.

Né sur le terreau de Greenwich.

Au début des années 60, il entame ses premiers spectacles qui le mènent un peu partout sur le territoire de l'Oncle Sam et s'installe délibérément à Los Angeles pour pouvoir débuter sa carrière sereinement, loin de la pression new-yorkaise.

John Paul ne veut pas que son nom, déjà lourd à porter, constitue un frein à son épanouissement, aussi c'est quand sa carrière est lancée qu'il effectue son retour sur son terreau de Greenwich Village où le Gerde's Folk lui ouvre ses portes.

Il se produit alors aux côtés de Phil Ochs, tandis que le label Vanguard, par l'entremise de Maynard Salomon, son boss, lui offre la possibilité de procéder à ses premiers enregistrements. L'aspirant-bluesman qu'il est publie entame son catalogue avec un disque éponyme et acoustique (John Hammond/1963).

A 21 ans, John Paul Hammond est le premier de sa génération à publier un album à son nom. Celui-ci contribue à lui faire obtenir une participation au festival de Newport 63 où il croise la route des Mississippi John Hurt, John Lee Hooker et du Reverend Gary Davis.

Électrique avant Dylan.

A Manhattan, la scène du moment est folk et blues. Il se mêle à cet échiquier encore en gestation et essentiellement acoustique, et en joue les trublions quand il publie un deuxième LP de blues électrique (Big City Blues/1964) qui peut laisser penser que son auteur a pris pris un virage électrique un an avant Dylan...

Dans un style à la Muddy Waters et autour d'un répertoire de la Chess Records et de titres traditionnels, John Paul permet au nom de blues-rock d'être cité pour une des toutes premières fois.

John hammond portrait

« Je fais des chansons que j'aime. Je suis définitivement dans le blues. C'est ma vie. Je pense que la musique blues est toujours pertinente et dynamique – très honnête – et j'ai été inspiré pour le faire pendant toute ma carrière. Une bonne chanson mérite d'être chantée, et je ne pense pas qu'il faille être auteur-compositeur pour être un bon chanteur ou joueur. »(John Hammond Jr.)

A l'occasion d'une étape au Canada, John Paul fait la rencontre des Hawks, alors en rupture de Ronnie Hawkins ; avec une partie d'entre eux (Helm, Robertson et Hudson), il signe son troisième opus, So Many Roads (1965), toujours chez Vanguard.

Un grand serviteur de la cause du blues.

L'harmoniciste Charlie Musselwhite et Mike Bloomfield (au piano) que John Paul connaît depuis son séjour à Chicago au début de la décennie, sont également de la partie pour un album de blues électrique qui est un des joyaux du catalogue de Hammond.

A la fin de l'année 1965, l'artiste revient à une approche plus acoustique et individuelle, via Country Blues, construit autour de standards du blues (Robert Johnson, John Lee Hooker, Blind Willie Mc Tell, Willie Dixon, Jimmy Reed, Sleepy John Estes, Bo Diddley).

Déjà se précise sa volonté de redonner au blues des anciens la place qu'il mérite et de le mettre à portée du public blanc. En ce sens et compte tenu de la prestation pure, simple et très authentique de l'artiste ici, il sert parfaitement la cause.

Respect !

Le descendant de la lignée Vanderbilt fait taire les derniers sceptiques qui pourraient lui reprocher d'être né avec une cuillère dorée dans la bouche. L'artiste démontre qu'il s'est fait seul et peut, à ce stade de sa carrière, marcher la tête haute.

Ce que conforte la qualité de la 5ème levée du catalogue , I Can Tell, réalisé pour Atlantic (1967). John Hammond aime le blues, aime se l'approprier et il le transpire par tous les pores.

Sa discographie se complète la même année d'un disque hybride réunissant, d'un côté, des extraits des sessions des albums précédents (John Hammond, Big City Blues, So Many Roads et Country Blues) et de l'autre, un John Hammond acoustique (Mirrors/1967 – Vanguard).

Sooner And Later (1968/Water Music) persiste dans du blues repris, solide et toujours aussi bien maîtrisé. Bien que le nom de John Hammond soit toujours très largement sous-estimé des fans de blues, il ne fait aucun doute que l'artiste suscite le plus grand respect.

La présence de la Muscle Shoals Rhythm Section, alias les Swampers, des musiciens de studio chevronnés, ainsi que celle de Duane Allman sur quatre titres (Shake For Me, Cry'in For Me Baby, I'm Leavin' You et You'll Be Mine) du passionné et énergique Southern Fried (1969/Water Music) crédibilise un peu plus Hammond auprès du public, le milieu lui étant déjà largement acquis depuis longtemps.

Le meilleur usage du blues.

Les 70's maintiennent le musicien à un excellent niveau. Sept albums studio viennent se greffer au répertoire : Source Point, Little Big Man, B.O du film du même nom (avec Dustin Hoffman) et I'm Satisfied, respectivement publiés pour Columbia en 1970, 1971 et 1972, Can't Beat The Kid (Acadia/1975), John Hammond Solo (1976/Vanguard), Footwork (1978 (Vanguard) et Hot Tracks/With Nighthawks (Vanguard/1979), un de ses meilleurs disques.

Près d'une vingtaine de pièces vinyliques sont depuis tombées dans l'escarcelle de l'artiste, sans jamais se départir de ce qui fait sa force, les reprises et l'exhumation du terroir sudiste.

Il n'a jamais été un songwriter en tant que tel mais un musicien au volume très élargi. Qu'il soit seul ou au sein d'un collectif, il porte, depuis le début des 60's, le blues authentique à bout de bras et, à chacune de ses appropriations, en fait un usage toujours meilleur (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 5 - 1965

 

John hammond i can tell

 

JOHN HAMMOND JR

I CAN TELL – 1967  4,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Yves Beauvais.

Durée :35:19.

Label:Atlantic.

Genre:blues électrique,blues-rock.

 

Du blues et des étoiles.

 

Descendant de la lignée Vanderbilt (côté William Henry), enfant du légendaire John H. Hammond, producteur et musicien, incomparable dénicheur de talents (Cohen, Dylan, Seeger, Springsteen, Ray Vaughan, Bloomfield…) et ami personnel de Count Basie (ou inversement), John Paul Hammond aurait pu se satisfaire d'être né avec une cuillère d’argent dans le bec et profiter que papa soit bien placé dans la musique et sur la place de Manhattan pour lancer sa carrière.

Quand ce dernier opte pour le domaine professionnel dans lequel papa est alors un personnage très influent, on se dit que son géniteur n’est pas étranger à ce choix et que son statut de très grand professionnel de la musique américaine a pesé dans cette décision.

C’était quasiment écrit, même si les rapports père-fils sont alors assez distants. Ce qui le fut moins, c’est que le fiston tourne le dos à cette jeunesse dorée et s’oriente vers le blues classique où ses maîtres se nomment Robert Johnson et Jimmy Reed notamment.

Il s’y forge seul, autour du blues rural du Delta, un parcours de musicien itinérant, sans jamais regarder derrière lui, sans jamais rien regretter et sans solliciter qui ou quoi que ce soit qui aurait pu favoriser sa carrière. Il s'exile même loin de New York pour étayer son intention de ne pas recevoir l'appui de son daron. Ses débuts officiels se font pour l’étiquette Vanguard Records, au-début des 60's.

Bluesman respecté, ce new yorkais qui débute, comme ses idoles, à la guitare acoustique et à l’harmonica, est dans les bons papiers des critiques et de ses confrères (JLH, Gallagher, Duane Allman, Robbie Robertson…), moins dans ceux d’un public difficile à motiver et à faire adhérer aux choses du blues.

Néanmoins, le chaland qu’il se constitue est conséquent et grossit encore et toujours ses rangs au fil des décennies. Aujourd’hui, Hammond est une véritable institution du blues.

Basé à New York, dans Greenwich Village, il n’est pas surprenant d’y retrouver Hammond passer d’un club à l’autre. Au Gaslight notamment, il se permet même le luxe de réunir, en même temps, dans sa formation du moment, et Clapton des Bluesbreakers, et le grand Hendrix.

Il enregistre avec Howlin’ Wolf, Willie Dixon, tourne avec John Lee Hooker, travaille sur des spectacles avec Mississippi John Hurt ou Lightnin’ Hopkins. Au bon endroit, au bon moment, il sait donc de quoi il retourne d’être sur la route maintenant qu’il a atteint le statut d’incontournable star de country-blues version Delta.

Choisir un LP dans son magnifique itinéraire discographique, relève du casse-tête. C’est un peu au doigt mouillé que ça s’opère, tant Hammond est un artiste talentueux, un interprète convaincant et coriace.

I Can Tell de 1967 me paraît judicieux pour faire une entrée dans son univers artistique. Cet album offre le double avantage de feuilleter les pages du blues, le répertoire (je parle ici de la réédition sur CD auréolée de quatre bonus extraits de Southern Fried/70) étant ciblé sur des reprises énergiques et probantes de Willie Dixon, d’Elmore James, de John Lee Hooker, de Billy Arnold, Chuck Berry, de Jimmy Reed, de Chester Burnett, ainsi que de disposer ponctuellement et selon les titres, d’un line-up balaize en soutien

Robbie Robertson (sur toutes les pistes) et Rick Danko (sauf I Can Tell et I Wish You Would où il est suppléé par Bill Wyman) du Band (les éléments du groupe sont très présents dans la discographie 65/67 de John P. Hammond), Duane Allman, la brigade de sessions du Muscle Shoals Sound Studio (Eddie Hinton, Joe Arnold, Barry Beckett, Roger Hawkins), le Memphis Horns (Ed Logan, Lewis Collins, James Mitchell), le trompettiste Gene Mille, le pianiste de jazz Leonard Feather, les claviéristes Artie Butle, Barry Beckett et Jimmy Lewis, le batteur de blues notoire Charles Honeyman Otis… Par ailleurs, I Can Tell est un incontournable et radieux disque de Chicago Blues.

Pour un blanc qui n’a pas bouffé de la vache enragée comme c’est de tradition dans le genre, la performance est louable ; l’album mérite de chambouler sa discothèque et de le positionner en bonne place. Pour ce, encore faut-il faire fi du frein qui empêche d’apprécier à sa juste valeur le blues et des merveilles comme I Wish You Would, Spoonful, Smokestack Lightning, I’m In The Moodou I Can Tell. Le blues électrique (guitare, harmonica, voix) est ici à son meilleur (RAZOR©2021).

 

1. I Wish You Would.

2. I'm In The Mood.

3. I Can Tell.

4. Spoonful.

5. Coming Home.

6. My Baby Is Sweeter.

7. Brown Eyed Handsome Man.

8. Smokestack Lightning.

9. Five Long Years.

10. You're So Fine.

11. Going To New York.

12. Forty Days And Forty Nights.

 

Billy Wyman:basse sur 1 et 3.

Jimmy Lewis:basse sur 2.

Rick Dank:basse sur 4 à 12.

David Hood:basse.

Charles Otis:batterie.

John Hammond,Robbie Robertson,Duane Allman,Leonard Feather,Eddie Hinton:guitare.

Artie Butler:piano sur 1.

John Hammond:chant,harmonica.

Joe Arnold,Lewis Collins,Ed Logan,James Mitchell:saxophone.

Barry Beckett:claviers.

Gene Miller:trompette.

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