Johnny Winter.

BIOGRAPHIE.

 

JOHNNY WINTER/Beaumont (Texas-USA)

 

Winter intro 1

 

Né John Dawson Winter III, le 24 février 1944 à Beaumont (Texas),mort le 16 juillet 2014 à Zurich (Suisse).

Actif entre 1959 et 2014.

Labels:Columbia,Alligator,Blue Sky,Point Blank.

Genre:blues-rock,blues,rock & roll,texas blues.

Site officiel:johnnywinter.net

 

Aimé des blacks autant que des blancs.

Intronisé au Blues Hall Of Fame en 1988, classé 74ème gratteur dans les classements Rolling Stones, lauréat de deux Grammy Awards, il fut une des figures mémorables de Woodstock (un des seuls à être payé), un guitariste exceptionnel doublé d'un excellent chanteur, adulé par les blacks et plebiscité par les blancs qu'il a tout fait pour rapprocher via la petite note bleue.

Johnny Winter, par ailleurs producteur du come-back de Muddy Waters (en 1977 avec Hard Again) 8 ans après son dernier disque, a tiré sa révérence le 16 juillet 2014, à l'âge de 70 ans, après avoir donné son dernier concert en France deux jours plus tôt.

Winter brothersLa fratrie Winter : Edgar et Johnny.

Winter jeuneTrès jeune, pris par le virus du blues.

Winter johnny and the jammersJohnny And The Jammers...

Winter legende blues...avant de devenir une légende du blues.

Winter the progressive blues experiment firts lp 68Un premier LP convaincant en 1968.

Winter second winter meilleur lpSecond Winter, un de ses fleurons (1969).

Winter maladeMalade, il assure jusqu'au bout (16 juillet 2014).

Winter step back posthume 2014Posthume, Step back est publié en 2015.

Sortie de scène mais entrée dans la légende.

Pourtant très affaibli par la maladie, le texan, visiblement au bout du rouleau si l'on se réfère à sa silhouette tatouée qui, de filiforme et hâve, apparaissait de plus en plus brisée et décharnée, ne s'est pas dérobé.

Il a assuré, comme toujours et comme il en avait pris l'engagement auprès d'organisateurs-amis auxquels il ne pouvait rien refuser, son spectacle à Cahors dans le cadre du festival de blues ; ce fut son ultime concert. 48 heures plus tard, il est retrouvé mort dans une chambre de l'hôtel de Bülach au nord de Zurich.

Son état de santé inquiétant et laissant augurer une fin imminente a accéléré sa sortie de scène et, dans le même mouvement, précipité son entrée parmi les légendes du blues et du rock.

Au regard de l'héritage musical qu'il laisse et du parcours professionnel qui fut le sien, cet humble et frêle artiste, aussi généreux que discret, peut, sans problèmes, revendiquer aujourd'hui qu'il n'est plus, de trôner auprès des Jimi Hendrix, Alvin Lee, Duane Allman, Stevie Ray Vaughan, Mike Bloomfield, John Cipollina, Frank Zappa, Paul Kossoff. Sa place est là dans le gotha gratiné des guitaristes de blues et de rock.

Une fratrie musicale.

Né John Dawson Winter III et au Texas, à Beaumont plus précisément, Johnny est le frère aîné d'Edgar, plus jeune de 2 ans. Purs albinos, les frères Winter ont été sustentés très tôt à la musique. En effet, papa Winter chante dans un quatuor et refile le virus à ses fils, rapidement mis à la clarinette et au piano.

Dès l'âge de 10 ans, ceux-ci se produisent dans des concours régionaux télévisés au cours desquels Johnny se fait remarquer au ukulélé et (déjà) au chant. Le duo des Winter Brothers est alors auditionné à New York, dans le cadre de l'émission de TV The Original Amateur Hour de Ted Mack. Johnny a 11 ans.

Si Johnny prend une orientation blues/blues-rock qui le propulse parmi les meilleurs guitaristes de la planète et de tous les temps, son jeune frangin emprunte un chemin plus progressiste, qui n'empêchera pas leurs routes de se croiser souvent.

Du blues, du blues, du blues.

Le blues, Johnny le découvre en allant voir un film à San Antonio (Texas), Pete Kelly's Blues (La Peau d'un Autre ou le Gang du Blues en français/1955). Il a alors 11/12 ans et le spectacle auquel il assiste (la musique plus que les images) lui donne l'envie de devenir musicien professionnel et de s'approprier le genre.

Dès 1959, alors qu'il approche de ses 15 ans, le texan monte son premier groupe, Johnny And The Jammers, nommé aussi John Macaroni and The Jammers (1959), lequel procède à ses premiers enregistrements pour Dart Records : School Day Blues/You Know I Love You. Sur ce titre, Edgar apparaît au saxo. Il a lui 13 ans.

Progressivement, Johnny Winter se fait un nom sur la scène texane mais, dès 1962, il n'hésite pas à forcer les portes pour s'imposer. Ainsi, lors d'un concert à Beaumont de B.B. King, le guitariste (et son frère) n'hésite pas à aller tirer la manche du bluesman mississippian pour montrer au Maître de quoi il est capable.

Invité à rejoindre la scène, Johnny Winter signe une prestation de grande qualité lui valant une standing ovation de la part du public noir venu en nombre et les félicitations de King.

Après avoir lâché ses études, il part s'installer à Chicago (1963) où il a bien l'intention de s'imposer sur cette scène. Mais il revient rapidement sur ses terres d'origine pour évoluer dans diverses formations et accompagner des stars du blues.

Premier LP avant Woodstock.

A son retour sur Beaumont, il enregistre Eternally (1965) avec Edgar. La chanson, publiée pour Atlantic, devient un succès dans la région Texas/Louisiane où, entre 1962 et 1965, Winter évolue sous différentes identités telles The Crystaliers, renommé The Coastaleers, The Beaumonts (1963), It And Them, The Gents, Black Plague.

Entre 1965 et 1967, il pointe auprès des Great Believers, de Neil And The Newcomers et devient l'artiste-maison du Club Act III de Houston (1967). Il signe durant cette période quelques singles pour différents labels du crû  comme Diamond Records, Moon-Lite Records ou Cascade Records.

Sous l'identité des Traits (David Hawk Koon, Gene Kurtz et Gerry Gibson) et pour Universal Records, il réalise, en 1966, un single : Parchman Farm (Mose Allison)/Tramp, tiré à 300 exemplaires. Ce 45T précède son premier album, The Progressive Blues Experiment (1968), publié pour le label régional Sonobeat Records (Austin/Texas).

Son premier jet discographique est alimenté par des reprises de BB King, de Slim Harpo, de Sonny Boy Williamson, de Chester Burnett mais déjà par des originaux nés sous sa plume (Bad Luck And Trouble, Tribute To Muddy, Mean Town Blues, Black Cat Bone).

The Progressive Blues Experiment est un album très compétent qui, outre Winter, implique aussi le bassiste Tommy Shannon (futur Double Trouble de Stevie Ray Vaughan) et le batteur (Uncle) John Red Turner.

Ce trio, soutenu par Edgar Winter, constitue le line-up qui se produit sur la scène de Woodstock dans la nuit du 17 au 18 août 1969.

Il y assure un set remarqué autour de Mama, Talk to Your Daughter, Leland Mississippi Blues, Mean Town Blues, You Done Lost Your Good Thing Now/Mean Mistreater, I Can't Stand It, Tobacco Road, Tell the Truth, Johnny B. Goode.

Une trilogie discographique remarquable.

Le quatuor se retrouve sur le second LP de Johnny, éponyme, enregistré à Nashville et publié pour le compte de CBS en avril 69. 

Le texan s'est engagé avec le label moyennant un contrat de 600.000 dollars. Invité à venir interpréter une chanson lors du concert de Mike Bloomfield et Al Kooper au Fillmore East, l'albinos séduit ce soir-là les pontes du label Columbia. 

Six albums vont ponctuer ce partenariat : Johnny Winter et Second Winter (1969), Johnny Winter And (1970), Still Alive And Well (1973), Saints And Sinners et John Dawson Winter III (1974). Les trois premiers opus cités constituent le sommet artistique de Johnny Winter.

Winter joe bonamassa

« Repose en paix Johnny Dawson Winter III. Tu étais un fils du Texas et un fils du Blues. Il n’y aura jamais un autre Johnny Winter. Tu étais unique. Merci de m’avoir appris à jouer de la slide et à utiliser le micro avant. La guitare perd un géant, le blues aussi mais c'est toute la musique en général qui pleure. » (Joe Bonamassa)

La suite se fait sous Blue Sky Records, étiquette créée par Steve Paul pour Columbia pour le coup promoteur et distributeur. Captured Live et Together (1976) réunit les frères Winter, tandis que Nothin' But The Blues (1977) est dédicacé à Muddy Waters, lequel prend part à son enregistrement avec ses musiciens.

White Hot And Blues (1978) est le dernier Johnny Winter des 70's, l'artiste se consacrant surtout à travailler avec Muddy Waters dont le texan a contribué à relancer la carrière.

L'adieu de ses pairs.

Il produit les 4 LP de la période Blue Sky de celui que l'on surnomme « le Père du Blues de Chicago » : Hard Again (1977), I'm Ready (1978), King Bee (1981) et le live Muddy Mississippi Waters (1979). Hard Again est nommé et obtient le Grammy Award dans la catégorie Best Ethnic Or Traditional Recording 1978, son suivant est distigué pour l'année 79.

Après avoir ouvert les 80's avec son neuvième opus studio en 1980 (Raisin' Cain/Blue Sky), Johnny Winter s'accorde une pause, puis reprend les enregistrements auprès de différents labels dont Alligator Records, MCA, Point Blank ou Virgin.

Un dernier album studio est publié en 2011 (Roots pour Megaforce) tandis qu'en septembre 2014, Step Back est édité à titre posthume. Il réunit plusieurs invités comme Clapton, Dr John, Billy Gibbons venus taper le bœuf autour du blues. Grammy 2015 (Best Blues Album), Step Back couronne ainsi la carrière exceptionnelle de ce virtuose de la six cordes (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 3 - 1969

 

Winter second winter meilleur lp

 

JOHNNY WINTER

SECOND WINTER – 1969  5/5

 

Publié le 27 octobre 1969.

Produit par Johnny Winter.

Durée:46:53.

Label:CBS Records.

Genre:blues-rock,rock.

 

Hystérique Johnny !

 

55ème du Billboard 200 à sa sortie, ce disque, injustement intitulé Second Winter (octobre 1969/CBS) pour apparaître à la troisième place du catalogue studio de l'albinos, est publié deux mois après la participation de Johnny Winter à Woodstock.

La fameuse nuit du 17 au 18 août 1969, le bluesman blond apparaît sur scène avec Tommy Shannon, futur Double Trouble de Stevie Ray Vaughan et bassiste de son état, et le défunt (Uncle) John Red Turner, batteur décédé en juillet 2007. C'est la formation originale qui encadre le texan à ses débuts, une unité formée à l'huile de coude dans les clubs texans et du Sud.

Le trio, constitué depuis le premier LP de Winter, The Progressive Blues Experiment (CBS/1968) et reconduit sur l'éponyme Johnny Winter (avril 1969), qui est le véritable deuxième opus de la discographie du natif de Beaumont, est encore de la fête ici.

La formule marche bien, les débuts discographiques de l'aîné des Winter sont généralement considérés comme la période la plus faste de sa discographie. Edgar Winter, le cadet de Johnny, s'invite pour le projet et apporte sa compétence aux claviers et au sax.

A l'époque du vinyle, Second Winter (en écoute intégrale ici) avait la particularité d'être un double album...de 3 faces seulement, la dernière étant vierge de tout enregistrement, et ce, au motif que son auteur n'avait pas assez de titres dans son escarcelle pour alimenter une quatrième plage. Heureusement qu'il est bon ! Très bon même car beaucoup de gogos de l'époque l'ont trouvé saumâtre... j'en sais quelque chose.

Enregistré à Nashville, Second Winter est certainement le disque par lequel il montre tout ce dont il est capable et qui ne le cantonne pas exclusivement au blues. Second Winter est un pan incontournable du catalogue.

Il défouraille ici de l'excellent rock and roll, à l'image de Johnny B.Goode, de Miss Ann et surtout de Slippin' and Slidin' et décoche de belles pièces bien dans l'esprit psychédélique du moment comme I'm Not Sure, The Good Love ou Fast Life Rider. Par ailleurs, il signe en final de la seconde face, une version bouillonnante de Highway 61 Revisited, propriété de Bob Dylan ainsi que quelques titres nés sous sa plume (I Love Everybody et sa suite I Hate Everybody, Fast Life Rider et I'm Not Sure).

Taillé sur mesure pour le fan de rock et de blues-rock, Second Winter a, de tous temps, draîné à sa suite des commentaires élogieux, pour ne pas dire dithyrambiques. Ce n'est pas ici et avec moi que les choses vont changer. Indispensable! (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Memory Pain.

2. I'm Not Sure.

3. The Good Love.

 

Face 2.

4. Slippin' And Slidin'.

5. Miss Ann.

6. Johnny B. Goode.

7. Highway 61 Revisited.

 

Face 3.

8. I Love Everybody.

9. Hustled Down In Texas.

10. I Hate Everybody.

11. Fast Life Rider.

 

Johnny Winter:guitare,mandoline,chant.

Edgar Winter:claviers,saxophone alto,chant.

(Uncle) John Turner:batterie,percussion.

Tommy Shannon:basse.

DISCOGRAPHIE AVEC EDGAR WINTER.

LP Live 1976

 

Winter johnny et edgar live together 76

 

JOHNNY & EDGAR WINTER

TOGETHER – 1976  4/5

 

Publié en mai 1976.

Enregistré au Swing Auditorium (San Bernardino) et au Sport Arena (San Diego).

Produit par Johnny Winter.

Durée:37:22.

Label:Blue Sky Records.

Genre:blues-rock,rock,hard rock.

 

Pour le plaisir.

 

Dans la discographie complexe des Winter Brothers, il y a ce Together (live), que l’on peut attribuer à l’un comme à l’autre, puisque, comme son nom l’indique, il réunit les deux frères.

Donc, si je continue mon raisonnement, il est, selon l’option retenue, soit le dixième de Johnny, soit le huitième d’Edgar. Pour corser le tout, ce live enregistré en septembre 1975 et publié mi-1976, réunit les musiciens de Johnny Winter (Floyd Radford, Randy Jo Hobbs et Richard Hughes) et les boys d’Edgar Winter Group (Rick Derringer, Dan Hartman et Chuck Ruff). Vous suivez ?

Une tournée commune des deux frangins albinos leur a permis de taper le jam ensemble. C’est comme ça que ce Together a vu le jour. Et c’est pourquoi aussi aucun nom n’apparaît sur ce disque de reprises très rock and roll et blues empruntées à Little Richard, Fats Domino, Carl Perkins, Jimmy Reed, Shirley & Lee, Mitch Ryder, Chuck Berry, The Righteous Brothers, Sam & Dave…

Les Winter s’offrent du bon temps et cet album bourré de vitamines n’a pas d’autres prétentions que de se faire plaisir et d'en donner en retour. Il n’est pas indispensable, mais quand les Winter tapent le bœuf, ça ne se loupe pas (RAZOR©).

 

1. Harlem Shuffle.

2. Soul Man.

3. You’ve lost That Lovin’ Feelin’.

4. Rock & Roll Medley:Slippin’ & Slidin’,Jailhouse Rock,Tutti Frutti,Sick & Tired,I’m Ready,Reelin’ and Rockin’,Blue Suede Shoes,Jenny Take a Ride,Good Golly Miss Molly.

5. Let the Good Times Roll.

6. Mercy, Mercy.

7. Baby, Whatcha Want Me To Do.

 

Johnny Winter:chant,guitare,harmonica.

Floyd Radford:guitare.

Randy Jo Hobbs:basse.

Richard Hughes:batterie.

Edgar Winter:chant,claviers,saxophone.

Rick Derringer:guitare.

Dan Hartman:piano.

Chuck Ruff:batterie.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.