Jorma Kaukonen.

BIOGRAPHIE.

 

JORMA KAUKONEN/Washington (U.S.A)

 

Jorma kaukonen 2

 

Né Jorma Ludwik Kaukonen Jr. le 23 décembre 1940 à Washington DC.

Actif depuis 1964.

Label:Relix,Acadia,Columbia,Red House.

Genre:rock psychédélique,folk,blues,blues-rock.

Site officiel:jormakaukonen.com

 

Un incomparable technicien de la guitare.

54ème sur la liste de référence Rolling Stone Magazine pour ce qui concerne les meilleurs guitaristes de la planète et de tous temps du rock, Jorma Kaukonen a surtout profité de son implication dans les groupes phares de la scène psychédélique de la baie de San Francisco pour se faire un nom. Bien qu'ayant été membre fondateur et un des acteurs majeurs du légendaire Jefferson Airplane, malgré le fait d'avoir été éclipsé par les trois egos du groupe, Mary Balin, Paul Kantner et Grace Slick, et le pilier de l'extraordinaire Hot Tuna avec Jack Casady, le guitariste américain est moins populaire auprès du grand public quant à la phase personnelle de sa carrière.

Sauf des initiés, des supporters de la première heure, qui n'ont jamais lâché leur Jorma, depuis qu'il a engagé son parcours artistique en solitaire en 1974. En fouillant un peu de ce côté, on a la confirmation qu'il est un techncien incomparable de la guitare, son jeu en finger-picking, technique consistant à gratter les cordes avec les doigts de façon très précise et selon des règles strictes, ayant valeur de référence dans le milieu. Jorma Kaukonen est considéré au 21ème siècle comme un des guitaristes les plus influents des 50 dernières années.

Jorma kaukonen 3

L'influence de Buchanan et du Reverend Gary Davis.

Né dans la capitale des Etats-Unis, Washington DC pour ne pas la nommer, Jorma Kaukonen fait valoir des origines finlandaises de par ses grands parents paternels et juives de par la filière maternelle. Ses premières touches dans la musique, il les fait avec un groupe de R & B dans lequel figure déjà Jack Casady, les Triumphs, issus de Washington. Le mythique bassiste, un des plus grands de tout le rock confondu, évolue alors comme guitariste.

En quittant Washington pour ses études, Jorma rencontre Ian Buchanan, décédé en 1982, qui allait l'initier à la technique du finger-picking. Cet enseignement restera très profondément ancré en lui au point pour Jorma de constamment chercher à se rapprocher au plus près des conseils de son précepteur, jusqu'à l'imiter selon ses dires. Si Buchanan est son mentor, ses influences ont pour nom des artistes comme Reverend Gary Davis dont le répertoire a alimenté les débuts de Kaukonen et influé sur sa carrière, Pink Anderson,Blind Blake ou Scrapper Blackwell. Plus cocasse, la rencontre, en 1963, avec le fantasque mais virtuose guitariste angelin Steve Mann, présent sur I Got You Babe de Sonny & Cher à la 12 cordes, achève de le convaincre de poursuivre dans cette voie.

Pilier de Jefferson Airplane.

Jorma est venu au rock de manière progressive en n'ayant pas comme motivation première d'intégrer une formation. Fruit de la poussée du folk et du blues de la fin des 50's et début des 60's, son but est de rejoindre l'Europe et d'y jouer du blues. Mais l'attrait opéré par le rock prend vite le dessus. Quand il y fait ses premiers pas collectifs, il y trouve alors son compte en se produisant sur les mêmes scènes et dans les mêmes clubs que le Grateful Dead ou que l'étoile montante Janis Joplin qu'il accompagne ponctuellement à la guitare acoustique (The Typewriter Tape/1964). En répondant à l'invitation de Paul Kantner alors en phase de montage de Jefferson Airplane, Jorma cède d'autant plus facilement aux sirènes du rock qu'il se rend compte de toutes les possibilités qu'offrent les nouvelles technologies dans le processus de création et dans le jeu.

Au sein de Jefferson Airplane, il développe un style qui lui est propre, facilement identifiable, énergique et très technique ; il se laisse également aller à des longues improvisations, très en vogue sur l'échiquier san franciscain et la plupart du temps induit par les prises de LSD. Ces jams instrumentales révélées par les albums live de l'Airplane sont le terrain d'expression de Jorma. Il s'y engouffre goûlument, visiblement heureux d'être là et à ce niveau, et de contribuer à façonner ce qui est aujourd'hui inscrit comme le San Francisco Sound.

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"Nous ne sommes pas, quand je dis nous, j'évoque Hot Tuna, nous ne sommes pas Eagles à jouer la note pour la note, la même chose et tout le temps.

Non, je peux la modifier à tout moment, changer comme je le fais souvent et donner plus de variété à notre musique." (Jorma Kaukonen)

Le sublime Hot Tuna.

Il en est ainsi jusqu'à la fin des années 60 quand les premières tensions commencent à scinder le groupe en deux clans. D'un côté, Balin, Slick et Kantner ; de l'autre, le duo Kaukonen/Casady qui met en place parallèlement Hot Tuna, sublime combo de blues-rock évoluant dans un cadre tantôt électrique, tantôt acoustique, voire regroupant les deux formats. Hot Tuna tourne toujours en 2015 avec ses deux pères fondateurs.

Jorma Kaukonen, durant son implication dans jefferson Airplane, n'a jamais été considéré comme un compositeur prolifique. Il a néanmoins et plus discètement contribué à alimenter le répertoire des californiens en matériel de qualité : l'instrumental Embryonnic Journey sur l'album Surrealistic Pillow (1967) figurant sur toutes les compils de l'Airplane, The Last Wall of the Castle et l'épique Spare Chaynge (sur After Bathing At Baxter's/67), Star Track et Ice Cream Phoenix (Crown Of Creation/1968), Turn My Life Down sur Volunteers (1969) album qui, musicalement, se caractérise par le jeu de guitare précis de Kaukonen notamment sur les solos de son Good Sheperd, chanson traditionnelle réarrangée par ses soins, de Hey Fredrick et de Wooden Ships.

Jorma kaukonen quah 1975

Jorma Kaukonen - Quah - 1974

 

Jorma Kaukonen - Ain't In No Hurry - 2015

Jorma kaukonen aint in no hurry 2015

Il alimente par ailleurs les LP Bark (1971) de 3 originaux (Wild Turkey, Feel So Good et Third Week In The Chelsea) et Long John Silver de 2 (Trial By Fire et Eat Starch Mom/1972), se montrant un peu plus prolifique qu'à ses débuts dans le groupe.

Hot Tuna prend la suite en 1969. Le combo est le tremplin idéal pour Kaukonen pour mettre en valeur son jeu en finger-picking, le blues et son écriture. Comme il a les coudées franches et l'assentiment de Jack Casady, son pote de longue date de Washington, il ne s'en prive pas et Hot Tuna parvient même à faire oublier l'Airplane. Entre 1969 et l'éclatement du groupe en 1978, 10 Lp viennent grossir le catalogue de Hot Tuna dont quelques incontournables comme les live Hot Tuna (1970) et First Pull Up, Then Pull Down (1971), Burgers (1972) et The Phosphorescent Rat (1973).

Un parcours solo de qualité.

En 1974, Jorma Kaukonen enregsitre son premier disque solo : Quah, produit par Jack Casady. Il est un modèle de finger-picking, une grande réussite de l'artiste qui, sur un plan personnel donne un petit frère à Quah en 1979, C'est Jorma qui, s'il n'atteint pas le niveau de son ainé, n'en apporte pas moins beaucoup de plaisir aux amateurs de blues et de technique.

1979 est l'année traduisant les changements de direction artistique de Casady et Kaukonen. Le premier nommé prend la voie de la new wave en formant SVT tandis que le second, passé au punk, forme les Vital Parts avec le bassiste Denny DeGorio et Bob Steeler, l'ancien batteur de Hot Tuna.

Déçu par l'image qu'il donne alors et  éloignée de celle connue, le public se détourne de ce Kaukonen-là qui, lucide, au regard du flop  accompagnant le seul album enregistré par cette formation, reprend ses esprits et bascule à nouveau vers un parcours solo dès le début des 80's. Il pointe aujourd'hui à 13 LP studio, le dernier en date étant Ain't In No Hurry en 2015, remarquable au regard de ce qu'il a déjà accompli dans sa carrière (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S SOUS JEFFERSON AIRPLANE.

LP Studio 1 - 1966

 

Jefferson airplane takes off 1

 

JEFFERSON AIRPLANE

JEFFERSON AIRPLANE TAKES OFF – 1966  4/5

 

Publié le 15 août 1966.

Produit par Keith Wright,Mickey Thomas.

Durée:29:19.

Label:RCA Victor.

Genre:folk-rock,rock psychédélique.

 

Attachez vos ceintures.

 

Sur la scène musicale de San Francisco, l’Airplane a été un précurseur et surtout un promoteur de ce fabuleux rock psychédélique qui lui était si  caractéristique. Très populaires, les auteurs du sublime White Rabbit ou de Somebody To Love demeurent la figure de proue de ce mouvement musical particulièrement nourri qui a déferlé sur le rock.

Ce premier album Jefferson Airplane Takes Off (en écoute intégrale ici), publié par RCA en 1966 s’inscrit dans un registre folk-rock psychédélique. La formation initiale comprend alors Marty Balin, créateur du groupe, chanteur, guitariste rythmique et songwriter (il signe huit des onze titres de Takes Off), Jack Casady à la basse, Jorma Kaukonen (guitare), Paul Kantner (chant et guitare rythmique), ainsi que Skip Spence à la batterie et Signe Anderson au chant.

Signe Toly Anderson, dotée d’une belle voix puissante, apparaît sur cet album. Elle ne participe pas longtemps aux projets de l’Airplane et est vite remplacée par Grace Slick. Sa dernière contribution est datée au 15 Octobre 1966 (au Fillmore de Frisco).

Quant à Skip Spence (un schizo notoire qui, sous acid, a démoli un studio d’enregistrement), transfuge du Quicksilver Messenger Service, dont il fut un des premiers guitaristes, il intègre Jefferson Airplane pour en devenir… le premier batteur avant de cofonder Moby Grape. Spencer Dryden lui succédera.

Jefferson Airplane Takes Off pose les bases de ce que le groupe va développer dans les années à suivre et qui vont l’installer au sommet de la vague psychédélique et du flower power. Deux titres symbolisent à merveille ce groupe encore en gestation : It’s Not Secret et Run Around.

Autres bons moments: Tobacco Road, Blues From An Airplane de Skip Spence, Bringin’ Me Down, Run Around, And I Like It et Chauffeur Blues. Ce disque est une aubaine pour qui veut  découvrir ou ré-entendre le son du milieu des années 60 d’un groupe qui l’a façonné. La Baie, c’était ça et c’est appréciable de se remettre un p’tit coup de Takes Off, de temps en temps, de se remémorer les premiers pas d’un line-up qui va compter dans la musique. Takes Off est un classique (RAZOR©).

 

1. Blues From An Airplane.

2. Let Me In.

3. Bringing Me Down.

4. It’s No Secret.

5. Tobacco Road.

6. Come Up The Years.

7. Run Around.

8. Let’s Get Together.

9. Don’t Slip Away.

10. Chauffeur Blues.

11. And I Like It.

 

Signe Anderson:chant,percussions.

Marty Balin:chant,guitare rythmique.

Jack Casady: basse.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen: lead guitare.

Skip Spence:batterie.

 

LP Studio 2 - 1967

 

Jefferson airplane surrealistic pillow 1967

 

JEFFERSON AIRPLANE

SURREALISTIC PILLOW – 1967  5/5

 

Publié en février 1967.

Produit par Rick Jarrad.

Durée:33:40.

Label:RCA Victor

Genre:rock psychédélique,folk-rock,acid rock.

 

Pierre angulaire du rock.

 

L’année 1967 est un millésime exceptionnel pour le rock et Surrealistic Pillow, au nom allusif au vocabulaire de la drogue, deuxième album de Jefferson Airplane, contribue grandement à cet état de fait, sortant en février de cette année légendaire.

Symbole de l’acid-rock, Surrealistic Pillow (en écoute intégrale ici), classé 146 pour Rolling Stone Magazine, est le premier des deux albums que Jefferson Airplane publie en 1967, l’autre étant After Bathing At Baxter’s.

Il est aussi le premier sans Signe Anderson, la chanteuse initiale du groupe et que remplace ici celle qui va devenir le visage de l’Airplane, Grace Slick.Spencer Dryden y figure également pour la première fois.

Jefferson Airplane commence son opération décollage  sous LSD, en aspergeant son folk rock californien de gouttes lysergiques. Jefferson Airplane et la drogue, nous y sommes en plein.

Jorma Kaukonen et sa guitare acide, la sculpturale Grace Slick à la voix inimitable (White Rabbit), glaçante et délurée, riche et envoûtante, plantent un décor parfois inquiétant, parfois chaleureux, tourmenté et exaltant, et incarnent le son du Jefferson de cette période d’immersion dans les trips. C’est perceptible sur le célébrissime "Somebody To love" et sur l’hymne à la drogue qu’est l’éthéré White Rabbit.

J’ai personnellement un faible pour les deux ballades que sont le mystérieux Today et Comin’ Back To Me à la sublime mélodie. Unique, zarbi, doté d’un son exceptionnel dans sa remastérisation car pour ce qui est de l’original, ça laisse sérieusement à désirer, bénéficiant d’une brochette techniquement affûtée de beaux sujets (Kaukonen, Balin, Casady, Kantner, Dryden et Slick), psychédélique comme pas deux, ce disque, dû pour l’essentiel à l’exquise écriture du raffiné Marty Balin, est un joyau en toile de fond duquel apparaît un certain Jerry Garcia du Grateful Dead, autre maître du genre, à titre de conseiller musical et spirituel.

Raison de plus pour y accorder du crédit et se faire plaisir en l’écoutant en boucle et en le replaçant dans l’esprit de l’époque. L’écriture un peu nunuche au regard des idéaux d’alors s’avère aujourd’hui dépassée, les utopies du moment, vite étouffées dans l’œuf, font bien sourire de nos jours. N’empêche, c’est un must et historiquement une pierre angulaire du rock. Donc…  (RAZOR©).

 

1. She Has Funny Cars.

2. Somebody To Love.

3. My Best Friend.

4. Today.

5. Comin’ Back To Me.

6. 3.5 Miles In 10 Seconds.

7. DCBA-25.

8. How Do You Feel.

9. Embryonnic Journey.

10. White Rabbit.

11. Plastic Fantastic Lover.

 

Grace Slick:chant,piano,orgue,flûte.

Paul Kantner:guitare,chant.

Jorma kaukonen:guitare solo,guitare rythmique,chant.

Jack Casady:basse,basse fuzz,guitare rythmique.

Spencer Dryden:batterie,percussions.

Marty Balin:guitare,chant.

Jerry Garcia:guitares,chœurs,conseiller musical et spirituel.

 

LP Studio 3 - 1967

 

Jefferson airplane after bathing at baxter s

 

JEFFERSON AIRPLANE

AFTER BATHING AT BAXTER’S – 1967  5/5

 

Publié le 27 novembre 1967.

Produit par Al Schmitt.

Durée:43:38.

Label:RCA Victor.

Genre:acid rock,rock psychédélique.

 

Plus chargé que ça tu meurs.

 

Fin 1967, alors que Jefferson Airplane a déjà sorti les deux albums Takes Off et surtout Surrealistic Pillow qui les a propulsés sur le devant de la scène internationale, arrive After Bathing At Baxter’s (en écoute intégrale ici).

Ce disque est une petite merveille de rock psychédélique, une oeuvre brillante, un peu fofolle, audacieuce et qui représente une évolution musicale importante pour le groupe californien, à ce moment précis de sa carrière.

Bâti à la manière d’un album-concept, en tiroirs étiquetés, After Bathing At Baxter’s est certainement le meilleur opus de l’Airplane, en tout cas le plus représentatif de l’influence du LSD sur leur musique et le plus étroitement lié à l’acid rock et au mouvement hippie alors en vogue (avec le Dead, bien sûr).

Laissant de côté le folk-rock qui l’a révélé, l’Airplane explore l’univers musico-hallucinatoire. D’emblée, le délirant The Ballad Of You & Me & Pooneil met en avant les guitares et une sonorité différente. Il situe bien l’ambiance d’un album, dont Kantner et Slick ont assuré une grande part de l’écriture. Un instrumental des plus étonnants lui emboîte le pas (A Short Package Of Value Will Come To You, Shortly). L’acid fait son effet, c’est indéniable.

Dans un registre plus pop, le compartiment nommé Streetmasse s’achève par un titre de Balin, qui est peut-être le seul dans les normes, de cet album (Young Girl Sunday Blues). La très jolie ballade de Kantner (Martha) entame The War Is Over, le deuxième tiroir, suivie du très hip Wild Tyme (encore de Kantner).

Hymn To An Older Generation, troisième palier à deux titres, ouvre sur The Last Wall Of The Castle, un morceau résolument pop et se referme sur Rejoyce, une magnifique ballade de Grace Slick.

Dans la partie nommée How Suite It Is, on retrouve le superbe Watch Her Ride, enchaîné par plus de neuf minutes d’un titre cosigné Casady, Kaukonen et Dryden, Spare Chaynge, une sorte de jam instrumentale déjantée.

Le cinquième bloc d’After Bathing At Baxter’s s’intitule Shizoforest Love Suite. Two Heads, le premier des deux morceaux qui le compose est une des meilleures compositions d’une Grace Slick tordue (quelle puissance vocale !) et précède un Won’t You Try/ Saturday Afternoon, aussi zarbi que rock (un titre phare de la discographie du groupe, repris à Woodstock en 1969).

Les musiciens sont exceptionnels, les titres très bons. Cet album est spécial, mais unique. Avec le recul, je me dis qu’ils étaient quand même bien arrangés (et chargés) pour faire ce genre d’œuvre d’art, par moments, déstructurée, qui, soit-dit-en-passant, colle parfaitement à son temps mais qui, de par sa complexité, risque de rebuter les profanes.

Ce disque est un sommet du groupe, fait dans une bonne humeur et une béatitude chimiques. Leur cuistot devait leur concocter de supers omelettes aux champignons mexicains pour les repas. L’Airplane aura-t-il l’occasion de nous refaire le coup dans ses prochains travaux ? La suite dans le prochain episode … (RAZOR©).

 

Streetmasse

1. The Ballad of You & Me & Pooneil.

2. A Small Package of Value Will Come to You, Shortly.

3. Young Girl Sunday Blues.

 

The War Is Over

4. Martha.

5. Wild Tyme.

 

Hymn to an Older Generation

6. The Last Wall of the Castle.

7. ReJoyce.

 

How Suite It Is

8. Watch Her Ride.

9. Spare Chaynge.

 

Shizoforest Love Suite

10. Two Heads.

11. Won't You Try / Saturday Afternoon.

 

Grace Slick:piano,orgue,recorder,chant.

Paul Kantner:guitare rythmique,chant.

Jorma Kaukonen:lead guitare,sitar,chant.

Jack Casady:basse.

Spencer Dryden:batterie,percussion,arrangements cuivres.

Marty Balin:guitare rythmique,chant.

Gary Blackman:choeurs.

Bill Thompson:choeurs.

 

LP Studio 4 - 1968

 

Jefferson airplane crown of creation 1968

 

JEFFERSON AIRPLANE

CROWN OF CREATION – 1968  4/5

 

Publié en septembre 1968.

Produit par Al Schmitt.

Durée:38:31.

Label:RCA.

Genre:acid rock,rock psychédélique.

 

L’état de Grace.

 

Paru en 1968, Crown Of Creation (en écoute intégrale ici) est le quatrième album studio du groupe californien qui conserve le même line-up depuis le phénoménal After Bathing At Baxter’s, l’ouvrage de référence rock psychédélique précédent.

Moins bordélique et décalé que ce dernier, plus expérimental,  Crown Of Creation fait un véritable carton (6ème des charts). Cependant, le groupe semble ne pas trop savoir quoi faire, semble hésiter sur la voie à prendre musicalement parlant, ce qui dénote une certaine inégalité dans son style sur cet album, et dévoile au grand jour, quelques faiblesses.

Revenant à un son Surrealistic Pillow, le groupe continue, parallèlement à expérimenter. Cette hésitation lui est donc quelque peu préjudiciable. Mais, que de magnifiques morceaux malgré tout : la grâce de Grace sur Lather, sa performance vocale sur Greasy Heart, le Kantner/Balin qu’est In Time (où l’acoustique et l’électrique se côtoient agréablement), Crown Of Creation, l’efficace Ice Cream Phoenix et Triad, un cadeau du ciel offert par un David Crosby qui venait (je crois bien) se faire lourder des Byrds et qui a emmené avec lui son bien.

Ce disque permet de passer de très bons moments avec les titres que je vous ai sélectionnés. Le reste de l’album reste du bon crû de l’Airplane, avec une finesse et un style bien dans le ton West Coast. Un album majeur du groupe.

 

1. Lather.

2. In Time.

3. Triad.

4. Star Track.

5. Share a Little Joke.

6. Chushingura.

7. If You Feel.

8. Crown of Creation.

9. Ice Cream Phoenix.

10. Greasy Heart.

11. The House at Pooneil Corners.

 

Marty Balin:chant,guitare rythmique.

Grace Slick:chant,piano,orgue.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen:chant,guitare électrique.

Spencer Dryden:chant,batterie,piano,orgue.

Jack Casady:basse.

Charles Cockey:guitare,chant.

David Crosby:guitare.

Tim Davis:congas.

Dan Woody:bongos.

Gene Twombly:effets sonores.

 

LP Live 1 - 1969

 

Jefferson airplane bless its pointed little head 1969

 

JEFFERSON AIRPLANE

BLESS IT’S POINTED LITTLE HEAD – 1969  5/5

 

Publié en février 1969.

Produit par Al Schmitt.

Durée:52:48.

Label:RCA Victor.

Genre:rock psychédélique,acid rock,hard rock.

 

69, année hédonique.

 

Je pourrais résumer ma chronique de Bless It's Pointed Little Head (en écoute intégrale ici), par un “allonge-toi dans l’herbe, ne dis rien, ferme les yeux et prends-en plein la gueule !”. Tout le bien que j’en pense aurait été condensé dans ces quelques mots et je lui aurais ainsi rendu le meilleur des hommages. Comme ça n’est pas le genre de la maison aussi vais-je tenter de t’éclairer sur cet album d’un autre monde, paru en 1969, un live comme on dit.

Cette même année, sur la scène californienne ambiante, les albums exceptionnels foisonnent. Quicksilver Messenger Service sort un tonitruant Happy Trails, Grateful Dead y va de son exceptionnel Live Dead. Jefferson Airplane montre qu’il est fait du même tonneau avec Bless It’s Pointed Little Head. Le leadership de cette scène musicale californienne et de la contre-culture hippie est en jeu.

Jefferson Airplane est à son meilleur niveau avec une épine dorsale exceptionnelle, Kaukonen, Casady et Dryden, une chanteuse aux prouesses vocales incomparables, comme le rock en a rarement enfantées. Ajoutez à ce line-up mythique, l’expérimenté Balin et un Kantner, toujours là pour assurer parfaitement le rôle qui lui est imparti.

Extraordinaire groupe de blues-rock et d’acid rock dont on ne connaît alors que la sublime facette studio, l’Airplane de Bless It’s Pointed Little Head, enregistré aux Fillmore East de New York et West de Frisco, fin 1968, prouve que sur scène également, il peut atteindre la même perfection avec la même énergie.

J’en veux pour preuve The Other Side Of This Life de Fred Neil, 3/5 Of A Mile in 10 Seconds de Balin, la fabuleuse reprise de Donovan, l’épique et psychédélique Fat Angel, une des pièces maîtresses du disque, It’s No Secret, Somebody To Love, ainsi qu’un Rock Me Baby arrangé par l’Airplane et qui met en exergue la technique parfaite  et le chant plein d’émotion de Jorma Kaukonen, de même que la virtuosité d’un Casady qui fait chauffer à blanc une basse magnifiquement maîtrisée. Ce dernier titre préfigure ce que sera le futur Hot Tuna.

Les onze minutes de Bear Melt (avec une rythmique incroyable) clôturent, dans une grande déferlante improvisée, ce fabuleux live qui installe définitivement le groupe au Panthéon du rock. Pour l’éternité.

Slick, Kaukonen, Balin, Kantner, Dryden et Casady te transportent à des années-lumière. Et quand la navette spatiale retrouve la terre ferme, tu es encore « tout chose »…. C’est à couper le souffle ! (RAZOR©).

 

1. Clergy.

2. 3/5 of a Mile in 10 Seconds.

3. Somebody to Love.

4. Fat Angel.

5. Rock Me Baby.

6. The Other Side of This Life.

7. It's No Secret.

8. Plastic Fantastic Lover.

9. Turn Out the Lights.

10. Bear Melt.

 

Marty Balin:chant,basse.

Jack Casady:guitare rythmique,basse.

Spencer Dryden:batterie,percussions.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant.

 

LP Studio 5 - 1969

 

Jefferson airplane volunteers 1969

 

JEFFERSON AIRPLANE

VOLONTEERS – 1969  5/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Al Schmitt.

Durée:44:19.

Label:RCA Victor.

Genre:rock psychédélique,acid rock.

 

Dernier vol pour la gloire.

 

1969. Le très discuté Volunteers (en écoute intégrale ici) sort dans les bacs. Le sujet de cette controverse vient de sa coloration politique, affichant clairement des positions antimilitaristes dans certains titres et une incitation à l’anarchie.

Ce sixième LP aborde également des idéaux écolos (The Farm et Eskimo Blue Day) tandis que certaines chansons dévoilent des textes que l’Amérique puritaine réprouve (We Can Be Together). Cela fait donc beaucoup de sujets de discorde pour un album dont les enregistrements ont été effectués à Frisco avec le line-up traditionnel (ce sera la dernière fois), auréolé d’invités de prestige, Jerry Garcia, Nicky Hopkins, Joey Covington (futur Airplane), David Crosby et Stephen Stills. Rien que des V.I.P !  

Succès commercial en dépit de son caractère sulfureux et d’une prestation quelconque à Woodstock, ce disque possède une touche particulière à laquelle Paul Kantner, le mec de Grace Slick (ça fait pas un peu Voici ou Closer ce genre de locution) n’est pas étranger.

Les brûlots polico-anti-guerre Volunteers et We Can Be Together, c’est lui qui les a signés. Tout comme Wooden Ships, écrit avec David Crosby. Volonteers annonce les prémices de la fin de l’idéal hippie.

Dernier monument de la discographie de l’Airplane, il permet de découvrir un Good Sheperd de la meilleure veine folk-rock psyché, un excellent Hey Frederick (et les solos lourds de Kaukonen). A avoir, sans aucun doute (RAZOR©).    

 

1. We Can Be Together.
2.  Good Shepherd.
3.  The Farm.
4.  Hey Fredrick.
5.  Turn My Life Down.
6.  Wooden Ships.
7.  Eskimo Blue Day.
8.  A Song For All Seasons.
9.  Meadowlands.
10.  Volunteers.

 

Grace Slick:chant,piano,orgue.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Marty Balin:chant,percussions.

Jorma Kaukonen:guitare,chant.

Jack Casady:basse.

Spencer Dryden:batterie,percussions.

Nicky Hopkins:piano.

Stephen Stills:orgue Hammond.

Jerry Garcia:pedal steel guitare sur 3.

Joey Covington:congas sur 5.

David Crosby:chant sur 6.

Ace of Cups:chant sur 3 et 5.

Bill Laudner:chant sur 8.     

 

LP Studio 6 - 1971

 

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JEFFERSON AIRPLANE

BARK – 1971  3/5

 

Publié en septembre 1971.

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:44:17.

Label:Grunt,RCA.

Genre:rock psychédélique,hard rock.

 

Beurk !

 

Médiocre. Voilà comment peut se résumer Bark (en écoute intégrale ici) de 1971, premier album du Jefferson Airplane (sous son propre label Grunt Records) de l’après Balin, son fondateur, et faisant également suite au départ du batteur Spencer Dryden.

Bark est aussi la première apparition de Papa John Creach, violoniste et de Joey Covington, en remplacement de Dryden. L’Airplane n’est plus réapparu en studio depuis deux ans.

Jorma Kaukonen et Jack Casady ont le museau à fond dans leur projet personnel, le Hot Tuna. Kantner et Slick également (Sunfighter).

Bref, le groupe balbutie sa musique, qui n’a plus l’envergure et la brillance de sa période blues-rock ou rock psychédélique antérieures. Il est orphelin de son créateur.

Kaukonen tente bien de reprendre la place laissée vacante par Balin (il écrit quatre titres), mais sans grand succès. Dans ces conditions, difficile d’attendre monts et merveilles de Bark, qui reste une curiosité, mais qui est une bien pâle copie comparée aux monuments discographiques dont le groupe nous a gratifiés.

Bark sent l’album qui ne sert pas à grand-chose, si ce n’est qu’à rajouter une ligne supplémentaire sur la carte de visite. Je vous laisse seul juge pour en trouver la substantifique moelle. En ce qui me concerne, c’est plutôt beurk que Bark…. Vous m’avez compris ? (RAZOR©)

 

1. When the Earth Moves Again.

2. Feel So Good.

3. Crazy Miranda.

4. Pretty as You Feel.

5. Wild Turkey.

6. Law Man.

7. Rock and Roll Island.

8. Third Week in the Chelsea.

9. Never Argue with a German If You're Tired or European Song.

10. Thunk.

11. War Movie.

 

Jack Casady:basse.

Joey Covington:chant,batterie,percussions.

Paul Kantner:chant,guitare.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant,piano.

Papa John Creach:violon sur 1/4/5.

Bill Laudner:chant sur 11.

Will Scarlett:harmonica sur 8.  

 

LP Studio 7 - 1972

 

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JEFFERSON AIRPLANE

LONG JOHN SILVER – 1972  2,5/5 

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:41:25.

Label:Grunt/RCA.

Genre:rock psychédélique.

 

Sortie de piste fatale.

 

Avec ce septième album, Long John Silver (en écoute intégrale ici), Jefferson Airplane touche le fond. C’est le sentiment qui habite la presse de l’époque et ce ‘est pas la trompeuse vingtième place occupée dans le Billboard 200 qui change quoi que ce soit à la donne. Jefferson Airplane n’est plus.

Entre les aspirations en solitaire des uns (Hot Tuna, d’un côté et le binôme Kantner et Slick de l’autre), le départ de Balin, un Covington qui quitte le groupe durant les sessions, entre le travail individuel des membres qui, chacun dans son coin, enregistrent ses propres contributions, entre les tergiversations d’une formation qui ne sait plus vraiment où se situer et en manque d’inspiration pour le faire, le chaos règne, menant à un incroyable gâchis.

L’arrêt du groupe est la seule issue. Il y va de son image à préserver une réputation qui commence sérieusement à s’écorner et à occulter tout ce que le groupe a pu véhiculer au rock avant. Sage décision que celle prise de tout stopper avec un Long John Silver qui, vous vous en doutez bien au regard de mon pessimisme et de mon peu d’enthousiasme à introduire le sujet, est insignifiant (1972).

Le groupe tentera un rapprochement à la fin des années 80, tentative réduite à un feu de paille. Long John Silver ne véhicule pas grand-chose  qui puisse en faire un bon album.

Même avec le recul, habité par le sentiment d’avoir peut-être manqué quelque chose, je n’ai trouvé aucun argument qui puisse contrecarrer ce ressenti de raté et d’inutile. Certes, on ne peut pas mettre la sincérité du travail en cause. L’ensemble  parait si naïf et semble n’être que du remplissage.

Heureusement que le chant de Grace Slick sauve cet album du naufrage total (et encore, y a des fois…) dont je retiens le seul Trail By Fire, très Hot Tuna. Désolé, mais y a plus la flamme, la classe. Il sent le poisson pourri ce Bark (le vinyle Bark était, si ma mémoire est bonne, représenté par une tête de hareng ou quelque chose du genre). Le seul côté positif de cet album, c’est le talent de Papa John Creach au violon. Et basta. L’Airplane a été, mais n’est et ne sera plus (RAZOR©).

 

1. Long John Silver.

2. Aerie (Gang of Eagles).

3. Twilight Double Leader.

4. Milk Train.

5. The Son of Jesus.

6. Easter?

7. Trial by Fire.

8. Alexander the Medium.

9. Eat Starch Mom.

 

Jack Casady:basse.

Paul Kantner:chant,guitare.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant,piano.

Papa John Creach:violon.

John « Goatee » Barbata:batterie,tambourin.

Joey Covington:batterie sur 3/5.

Sammy Piazza:batterie sur 7.

 

LP Live 2 - 1973

 

Jefferson airplane thirty second 1

 

JEFFERSON AIRPLANE

THIRTY SECONDS OVER WINTERLAND – 1973  3/5

 

Publié en avril 1973.

Enregistré les 24 et 25 août 1972 (Chicago Auditorium) et les 21 et 22 septembre 1972 (Winterland Arena San Francisco).

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:38:13

Label:Grunt.

Genre:rock.

 

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

 

Thirty Seconds Over Winterland (en écoute intégrale ici) est l’album des fameux grille-pain ailés ! Les initiés sauront de quoi je parle. Sorti en 1973, ce disque est le deuxième live que le groupe ait enregistré après celui de 1969, le fabuleux Bless It’s Pointed Little Head. Il s’inscrit, dans le temps, après Long John Silver (1972) et est enregistré pendant la tournée de promotion de ce dernier.

L’avion Airplane n’a plus son pilote et le groupe, en proie à des tensions, des choix professionnels plus personnels pour certains, doit remplir ses obligations contractuelles avec la maison de disques. Enregistré fin août 1972 à Chicago et  en septembre, à San Francisco, l’album est assez court (36 minutes).

Le groupe est désuni et devenu une réunion d’individualités, loin du collectif qu’il fut. Le binôme Kaukonen/Casady est impliqué dans Hot Tuna, Slick et Kantner travaillent sur leurs propres projets. Au milieu, Kantner et Papa John Creach, rejoints par Barbata (qui supplée le défaillant Covington) et le nouveau David Freiberg, co-fondateur de Quicksilver Messenger Service, composent avec.

Kantner préfère se concentrer sur l’écriture. Dans ce contexte où tout le monde se regarde en chiens de faïence, le groupe fait tout son possible pour sauver les apparences sur scène. Bark (ou Beurk !) alimente deux morceaux de ces prestations scéniques captées sur Thirty Seconds Over Winterland, Long John Silver les trois derniers titres.

Figure aussi Crown Of Creation, vestige du répertoire de  1968 et Feel so Good, le plus fougueux et le meilleur passage. Have You Seen The Saucers et Twilight Double Leader passent encore, mais pour le reste, que l’on ne me force pas la main pour me faire dire que l’album en question mérite autre chose qu’un trois étoiles maxi.

Ce disque, à des années-lumière du premier live de 1969, révèle une Grace Slick qui se met maintenant à miauler et un David Freiberg complètement perdu. Il met surtout en avant, une fois n’est pas coutume, un Papa John Creach lumineux sur Milk Train. On est bien loin de l’avion qui faisait vrombir ses moteurs sur scène. Le long courrier Airplane n’a même plus rien du planeur (RAZOR©).

 

1. Have You Seen the Saucers?

2. Feel So Good.

3. Crown of Creation.

4. When the Earth Moves Again.

5. Milk Train.

6. Trial by Fire.

7. Twilight Double Leader.

 

Jack Casady:basse.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant.

Papa John Creach:violon.

John Barbata:batterie,percussions.

David Freiberg:chant.

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S SOUS HOT TUNA.

LP Live 1 - 1969

 

Hot tuna lp 1970

 

HOT TUNA

HOT TUNA – 1969  5/5

 

Publié en mai 1970.

Produit par Al Schmitt.

Durée:45:59.

Label:RCA Victor.

Genre:blues acoustique.

 

Ambiance feu de camp.

 

Lorsque Hot Tuna, monté à des fins récréatives par le duo Kaukonen/Casady, pointe le bout de son nez en 1969, alors que le guitariste et le bassiste sont d’inamovibles et influents piliers d’un Jefferson Airplane, qui n’a pas vu, en ce projet parallèle, la fin annoncée de la formation mère et phare de l’acid rock et du San Francisco Sound ?

Qui n’a pas soupçonné, ni ne leur en a pas voulu, que leur projection dans ce parcours engagé de front et pour satisfaire leur seul plaisir acoustico-blues, leurs racines, ne sème la zizanie dans un collectif élevé au rang de mythe et sacralisé ? Hot Tuna n’est-il pas le fossoyeur de l’Airplane ou en tout cas le responsable de son déclin ? Si flamboyant jusqu’à Volunteers, publié en novembre 1969, l’Airplane marque le pas à sa suite et pendant deux ans fait ceinture, Kantner et Slick s’accordant du répit pour la naissance de leur enfant. Pour meubler avant Bark (1971) et Long John Silver (1972), albums qui traduisent le recul évoqué précédemment, RCA publie une compil’, The Worst of Jefferson Airplane.

Jorma Kaukonen et Jack Casady mettent à profit cette pause pour donner plus de poids à un Hot Tuna encore embryonnaire mais qui va donner rapidement aux deux compères l’occasion de lui accorder une attention plus marquée pour ne pas dire exclusive.

L’avenir nous apprendra que les soupçons pesant sur de supposées petites tensions en interne sont finalement avérés, que la paire Kantner/Slick ne voit pas d’un bon œil l’implication de Kaukonen et de Casady dans Hot Tuna, surtout quand ça se fait au détriment de l’affaire juteuse qu’est l’Airplane. La maison de disques abonde dans le sens du couple et pointe du doigt Kaukonen qu’elle tient pour responsable d’avoir sabordé en quelque sorte Jefferson Airplane.

Pour un temps encore, le binôme continue à assurer le casse-croûte quotidien en restant fidèle à l’Airplane, tout en prenant son pied dans la configuration acoustique annexe. Il passe alors allègrement du blues-rock électrifié à un folk-blues dépouillé, jusqu’au jour où Hot Tuna devient son unique foyer, la société qui l’accapare à plein temps et sa seule raison d’être.

Une fois admise et bien ancrée dans les esprits, cette alternance n’a jamais posé le moindre problème aux puristes évoluant dans la sphère de l’Airplane. On a fait avec les deux. Le tandem Casady/Kaukonen doublonne avec un égal bonheur et son  implication  ne dépare pas dans le collectif Airplane.

Le premier LP, Hot Tuna (en écoute intégrale ici) qui naît de sa marginalisation artistique est si bien accueilli que l’idée germe en Casady et Kaukonen de poursuivre cette expérience discographique ; elle va quand même être reconduite à 8 reprises jusqu’au terme de la première phase de leur carrière fin des années 70.

Leur union a débuté dans la première moitié des 60’s dans la région de Washington D.C et leur amitié ne s’est jamais démentie à ce jour. Elle se profile en filigrane de cet album éponyme, appelé aussi Recorded Live, enregistré à partir de concerts de septembre 1969 à la New Orleans House de Berkeley, une petite salle qui se prête magnifiquement à cet exercice intime, et publié en mai 1970.

L’harmoniciste Will Scarlet offre son concours à cette prestation folk-country-blues en comité restreint, qui s’articule autour d’un répertoire repris aux anciens comme Leroy Carr, Jelly Roll Morton et Reverend Gary Davis, dont les interactifs acteurs Kaukonen et Casady ont saisi tout l’esprit, ainsi qu’autour de titres originaux de Kaukonen ou traditionnels, mais arrangés par le duo.

Sans jamais donner l’impression d’être répétitifs, les airs de blues très voisins les uns des autres, s’enchaînent dans une ambiance bon enfant, entretenue par les jeux décontractés et tout en technicité de deux musiciens accomplis et virtuoses. On insistera plus sur celui de Jorma Kaukonen, son compère bassiste se contentant d’un rôle, certes actif et plein de maîtrise, mais, pour l’occasion, plus contenu. On connaît depuis longtemps le style vif, imaginatif, en nuances et original du blond binoclard, considéré à son poste comme l’un des meilleurs du rock de tous les temps.

La partition acoustique cool de Kaukonen, loin des standards psyché-électrifiés de l’Airplane, s’appuie sur la technique du fingerpicking. Elle  révèle ici de ce guitariste, de l’élégance, de l’agilité, de la subtilité, de la grâce, de la diversité. Ni sa manière de jouer, ni le chant qui l’accompagne  ne donnent jamais le sentiment qu’il force.

Le sous-estimé Hot Tuna (l’album) est une superbe conversation musicale qui rend le meilleur des hommages au blues et à ceux qui ont installé ses bases avant Kaukonen et Casady. Oui, ce couple pouvait coexister dans l’environnement de Jefferson Airplane. Non, il n’a pas été étouffé par son illustre fratrie. Au contraire, il a contribué à la déstabiliser et à en précipiter sa fin. Ne négligez pas ce disque chaleureux à trois acteurs, articulé autour de la gratte sèche, qui fait très ambiance feu de camp, il est énorme (RAZOR©).

 

1. Hesitation Blues.

2. How Long Blues.

3. Uncle Sam Blues.

4. Don't You Leave Me Here.

5. Death Don't Have No Mercy.

6. I Know You Rider.

7. Oh Lord, Search My Heart.

8. Winnin' Boy Blues.

9. New Song.

10. Mann's Fate.

 

Jorma Kaukonen:guitare acoustique.

Jack Casady:basse.

Will Scarlet:harmonica.

 

LP Live 2 - 1971

 

Hot tuna first pull up

 

HOT TUNA

FIRST PULL UP, THEN PULL DOWN – 1971  5/5

 

Publié en juin 1971.

Enregistré au Chateau Liberty Los Gatos (Californie) en avril 1971.

Produit par Jorma Kaukonen.

Durée:44:06.

Label:RCA Victor.

Genre:blues-rock.

 

Du Thon hyper chaud !

 

Deuxième LP de Hot Tuna et deuxième live en 1971 : First Pull Up, Then Pull Down (en écoute intégrale ici). On laisse tomber la guitare acoustique de l’album éponyme précédent (1970) et on branche les guitares électriques. Malgré la transition, on ne perd rien au change, Hot Tuna excelle tant dans le blues acoustique que dans un registre plus blues-rock.

Pour l’occurrence, c’est le Château Liberté de Los Gatos dans les montagnes californiennes de Santa Cruz, un ancien relais de diligences du milieu du dix-neuvième siècle, qui prête son cadre à l’enregistrement de First Pull Up Then Pull Down. Bar à bikers fréquenté par la fine fleur des notables du coin, des artistes, des hippies, cet endroit de rock où Hot Tuna, les New Riders Of The Purple Sage, Moby Grape et la clique de la baie aimaient se produire, a vu défiler le gratin des formations du moment comme Quicksilver, Elvin Bishop ou les Doobie Brothers dont la photo de la pochette de l’album éponyme a été prise dans ce bar où ils étaient des habitués.

Sur le line-up de l’album précédent (Kaukonen, Casady et Scarlett) viennent se greffer le violoniste en vogue sur le circuit du moment, Papa John Creach et Sammy Piazza, qui remplace Joey Covington à la batterie. De trio, Hot Tuna passe en quintette. L’ambiance du moment est alors à une perte de vitesse du groupe-mère, l’Airplane qui perd Balin son fondateur et Dryden, et à une scène west-coast qui commence à tirer la langue.

Le jeu intense d’un Jorma Kaukonen, la basse d’un Jack Casady en très grande forme, un Sammy Piazza explosif aux fûts et deux virtuoses comme Papa John Creach et Will Scarlett, voilà en quelques mots ceux à quoi vous vous exposez sur cet album de hard blues qui fait au moins aussi bien que son devancier, dans des conditions d’enregistrements similaires mais dans un registre totalement différent. Ici on laisse tomber le picking et les bonnes manières et on entre, sans s’essuyer les tiags sur le paillasson ou mettre les patinettes, dans un univers de riffs et d’accords sortis tout droit de chez Calberson.   

Pour mettre, sans attendre, le feu au bar, un instrumental pas piqué des hannetons, John’s Other et 8 minutes, autour d’un exceptionnel violon Papa John Creach : le mec a de la bouteille à ce moment-là et c’est peut-être sa meilleure prestation sur tous les projets qu’il a eus avec l’Airplane ou Hot Tuna.

Candy Man ne fait rien pour éteindre l’incendie. Au contraire, point culminant de l’œuvre, il nous scotche par son aspect bon vieux blues classique. Been So Long et Want You To Know autorisent une petite trêve sympathique et plus reposante. C’est ce qu’il faut avant de plonger dans la longueur savoureuse jam de plus de 8 minutes du populaire et croustillant Keep Your Lamps Trimmed And Burning. C’est tout le bar qui s’enflamme.

Après un Never Happen No More qui passe quasiment pour du pipi de chat (alors qu’il est réellement bon) dans ce contexte de folie furieuse, c’est le plafond qui s’embrase et qui nous tombe sur la gueule avec un délirant et fougueux Come Back Baby. Le temps que tout s’effondre, il faudra 9 minutes 30 d’un furieux blues électrique qui va court-circuiter l’endroit. Inqualifiable album, je vous le promets ! Nettement différent du premier LP plus acoustique, First Pull Up, Then Pull Down est un Hot Tuna carrément électrique, magique, intense et en totale confiance qui gagne ses galons de groupe à part entière. Pour ma part, les deux me séduisent (RAZOR©).

 

1. John's Other.
2. Candy Man.
3. Been So Long.
4. Want You to Know.
5. Keep Your Lamps Trimmed and Burning.
6. Never Happen No More.
7. Come Back Baby.

 

Jack Casady:basse.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Papa John Creach:violon électrique.

Sammy Piazza:batterie.

Will Scarlett:harmonica.

 

LP Studio 1 - 1972

 

Hot tuna burgers

 

HOT TUNA

BURGERS – 1972  5/5

 

Publié en février 1972.

Produit par Jorma Kaukonen.

Durée:37:21.

Label:Grunt.

Genre:folk-rock.

 

L’hommage au rock californien.

 

Pour un groupe sans autre ambition que celle de se faire plaisir, Hot Tuna, lancé par Kaukonen et Casady dans le dos de Jefferson Airplane, en arrive en ce mois de février 72  à supplanter la formation qui lui a déroulé le tapis rouge pour assoir sa popularité. Tandis que l’Airplane, écartelé entre différents choix, est sur le reculoir et aux portes de disparaître, Hot Tuna gagne ses galons de groupe à part entière et ce ne sont pas les deux lives précédents qui diront le contraire.

Hot Tuna, en 1972, y va de son premier LP studio, Burgers (en écoute intégrale ici) preuve s’il en est qu’après avoir récréé la galerie des proches et fidèles de New Orleans House à Berkeley et ceux du Château Liberté à Los Gatos, le duo fondateur croit dur comme fer en l’avenir de leur affaire, d’autant que du côté de la maison mère, ça tangue de plus en plus, Long John Silver, dernier LP studio de l’ère Jefferson Airplane 60/70 n’étant pas de nature à relever le niveau moyen qui affecte depuis quelque temps ce qu’il reste de ce groupe, en tout cas de son esprit.

Après avoir témoigné de la reconnaissance du ventre en prenant part à  l’ultime travail avec le collectif qui l’a promu au rang de rock stars, le tandem  accorde une attention toute particulière à Burgers. Résultat, cet album fusion d’électrique et d’acoustique est un nectar, Hot Tuna prend un relief indéniable.

Les fans considèrent généralement cet opus comme la pièce maîtresse de le carrière du Thon Chaud. C’est le cas. Il est vrai que l’album de ce quartet avec Papa John Creach au violon et Sam Piazza à la batterie, fourmille de compositions magnifiques dont la majorité est écrite par Kaukonen, empruntées au folk blues combiné à un rock électrique.

A ce titre, True Religion, le premier titre, débute à la manière d’un folk blues pour virer vers un trip psychédélique et revenir à son point de départ. Les arrangements sont sublimes avec des parties acoustiques phénoménales (l’instrumental Water Song), le tout bien agencé.

Cet album recèle une multitude de perles magiques comme Sea Child qui aurait pu figurer sur un album de l’Airplane, une magie dont il faut profiter, car le groupe aura du mal à la recréer par la suite : Highway Song, Year Blues, le mythique Keep On Truckin’ ou la reprise du Let Us Get Together Right Down Here (Reverend Gary Davis).

La voix nasillarde de Jorma Kaukonen et son travail en fingerpicking, la basse féline d’un Casady au top de sa forme (un des meilleurs bassistes du rock et une de ses prestations les plus mémorables), un Piazza léger aux drums qui s’en donne à cœur-joie et un violon façon Papa John Creach qui tourbillonne comme jamais en transpirant à donf le blues, voilà ce qu’est ce fameux Burgers des Hot Tuna que le violoniste black quittera juste après pour rejoindre le Jefferson Starship, une autre mouture d’un Jefferson Airplane qui ne résistera pas à cette nouvelle fuite de son personnel et qui signe, en 1973, la fin du grand groupe qu’il fut.

Décidément, ces gars n’avaient pas leurs pareils pour restituer ce qu’était l’acid rock (écoutez Sunny Day Strut) et le phénomène hippie. Ce disque très inspiré est donc unique et une telle perfection musicale ne sera plus jamais atteinte par Hot Tuna. Il est en quelque sorte l’hommage de deux de ses plus éminents acteurs à tous ceux qui ont écrit le beau livre du rock californien qui passe alors la main. C’est donc cet album qu’il vous faut ! (RAZOR©)

 

1. True Religion.

2. Highway Song.

3. 99 Years Blues.

4. Sea Child.

5. Keep On Truckin'.

6. Water Song.

7. Ode for Billy Dean.

8. Let Us Get Together Right Down Here.

9. Sunny Day Strut.

 

Jorma Kaukonen:guitare,chant.

Jack Casady:basse,chant.

Papa John Creach:violon,chant.

Sammy Piazza:batterie,percussions,chant.

Nick Buck:orgue,piano sur 1/5.

Richmond Talbott:chant,guitare slide sur 3.

David Crosby:chant sur 2.

 

LP Studio 2 - 1973

 

Hot tuna the phosphorescent rat

 

HOT TUNA

THE PHOSPHORESCENT RAT – 1973  4/5

 

Publié en janvier 1974.

Produit par Mallory Earl.

Durée:37:46.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock,hard rock.

 

A bon chat, bon rat.

 

Entre Burgers de 1972 et America’s Choice de 1975, Hot Tuna sort le « Rat », en 1973 : The Phosphorescent Rat (en écoute intégrale ici), plus exactement. Le groupe a tourné le dos au folk acoustique du début de sa carrière pour s’adonner, avec succès, à un blues-rock plutôt bien léché. Dans l’affaire, il a abandonné au passage quelques fans hippies du désormais défunt Airplane, mais a largement gagné au change.

Dans son quatrième LP (le deuxième en studio), Hot Tuna continue à prendre son pied, à se faire (et à nous faire) plaisir. C’est leur manière de fonctionner au sein de cette formation qui ne se prend pas le chou et qui joue sans pression. Résultat : un album au gré des envies, partagé entre des titres tantôt rock, blues et country.

Le « Rat », il n’est pas inutile de le préciser, est le premier album qui sort au moment de la rupture d’avec le Jefferson. Jusqu’alors, Hot Tuna évoluait en parallèle de son illustre aîné. Hot Tuna est, pour cet album, une entité complètement indépendante de l’Airplane. Ce petit point pour vous faire sentir l’ambiance libérée du « Rat » qui, pour l’anecdote, sera l’ultime de Sam Piazza à la batterie, pour le groupe s’entend, tandis que Papa John Creach a lui déjà rejoint le Jefferson Starship de Slick et Kantner.

On retrouve sur The Phosphorescent Rat, des grands titres comme Soliloquy For 2 qui n’aurait pas dépareillé sur un album de l’Airplane, l’accrocheur I See The Light, Day To Day Out The Window Blues, In The Kingdom, Living Just For You, le brûlant hard rock Easy Now, Corners Without Exits, plus soft.

Les neuf titres vifs, tantôt optimistes, voire intimes pour la plupart, sont de Kaukonen, ce qui prouve que Hot Tuna est devenu le terrain d’expression privilégié du guitariste-compositeur. Il est vraiment dans son élément et ça se sent dans son toucher de guitare magique et son son envoûtant. A ses côtés, Casady assure avec toujours autant de maîtrise et de percussion à la basse. L’un comme l’autre ont de l’énergie à revendre. Par moments, le disque n’est pas sans évoquer l’Airplane. J’aime encore beaucoup, mais c’est quand même un bon ton en dessous de Burgers, la référence studio. Par moments, il semblerait que la cuirasse se fissure, du côté de Piazza notamment un peu à la ramasse. Que demander de plus  pour prendre également son pied ? (RAZOR©)

 

1. I See The Light.

2. Letter To The Nort Star.

3. Easy Now.

4. Corners Without Exits.

5. Day To Day Out The Window Blues.

6. In The Kingdom.

7. Seeweed Strut.

8. Living Just For You.

9. Soliloquy For 2.

10. Sall, Where'd You Get Your Liquor From ?

 

Jorma Kaukonen:chant,guitares.

Jack Casady:basse,balalaika.

Sammy Piazza:batterie,percussions.

 

LP Studio 5 - 1975

 

Hot tuna american s choice

 

HOT TUNA

AMERICA’S CHOICE – 1975  4/5

 

Publié en mai 1975.

Produit par Hot Tuna,Mallory Earl.

Durée:

Label:Grunt.

Genre:blues-rock.

 

Changement de Thon.

 

Cinquième album de Hot Tuna, enregistré en 1974 et sorti en mai 1975, America’s Choice (en écoute intégrale ici) marque un tournant majeur dans la carrière musicale du groupe.

Avec l’apport de Bob Steeler, en remplacement de Sam Piazza, le style, dès le milieu des années 70, devient plus hard. Le nouveau batteur apporte un indéniable punch et un style supplémentaire. Le trio entame une période artistique très électrique.

Jorma Kaukonen, au top et qui vient de boucler Quah, son premier album solo, développe un jeu de guitare très créatif, tandis qu’une rythmique incendiaire assure derrière. Sept des huit chansons de cet album qui, de par son côté très hard, s’inscrit dans une trilogie électrique plus avec les futurs Yellow Fever et Hopkorv, sont l’œuvre de Kaukonen, la dernière Walkin’ Blues étant une reprise de Robert Johnson.

Album quadriphonique (une innovation), America’s Choice possède une base très rock, mais l’entame se fait en douceur avec Sleep Song et le chant de Kaukonen. Funky# 7, jam incontournable et interminable en concert, donne un ton psychédélique étrange, mais agréable.

Il précède un brillant Walkin’ Blues et dévoile le grand travail de Steeler aux fûts, la grande performance de Casady à la basse (également un grand moment de live). Pendant 7 minutes, Invitation, du très bon Hot Tuna, déroule une piste qui, dans sa deuxième partie, vire en jam instrumentale.

Le malicieux Single # 1, plus rock est fantastique. Dans Serpent Of Dreams, très beau titre, la poésie impressionniste et sombre de Kaukonen prend tout son sens. Le rôle de Steeler y est capital. Phénoménal ! Le bizarre et funky I Don’t Want To Go, avant Great Divide : Revisited, un Thon en dessous, referment ce fantastique album auquel Bob Steeler apporte une incontestable plus-value et un esprit guerrier (RAZOR©).

 

1. Sleep Song.
2. Funky #7.
3. Walkin' Blues.
4. Invitation.
5. Hit Single #1.
6. Serpent Of Dreams.
7. I Don't Wanna Go.
8. Great Divide: Revisited.

 

Jorma Kaukonen:guitares,chant.

Jack Casady:basse.

Bob Steeler:batterie,percussions.

 

LP Studio 6 - 1975

 

Hot tuna yellow fever

 

HOT TUNA

YELLOW FEVER – 1975  5/5

 

Publié en novembre 1975.

Produit par Hot Tuna,Mallory Earl.

Durée:39:25.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock,hard rock.

 

Pure frénésie !

 

Ce sixième album de Hot Tuna, Yellow Fever (en écoute intégrale ici) est le deuxième sorti en 1975 avec America’s Choice.  Chargé d’électricité, il s’inscrit dans la même veine que son prédécesseur (et que son suivant) et est encore très bon. Dès l’entame, avec le blues électrique Baby What Tou Want Me To Do, une reprise de Jimmy Reed, on retrouve un Jorma Kaukonen qui fait péter les watts sur sa guitare, un Jack Casady percutant et virevoltant derrière sa basse, soutenu (et oh combien !) par un Bob Steeler qui n’est pas le dernier à rajouter de la puissance et de la tonicité à la communauté musicale, de par son jeu de batterie très percutant.

Les acteurs communiquent par instruments interposés et sont en osmose totale. Ils y aspirent l’auditeur. Du grand art, dans un style bien à eux. Hot Jelly Roll Blues (de Bo Carter) permet de souffler quelque peu sans altérer le plaisir de l’écoute. C’est simultanément lourd et suave. Très bon titre.

Débutent alors les titres signés Hot Tuna. Un Free Rein enchaîne, qui se fait violent et dévastateur. Et ce n’est pas sur Sunrise Dance With The Devil qu’il faut compter pour récupérer, même s’il démarre comme un blues.

Yellow Fever, c’est du grand Hot Tuna, avec des titres que le groupe prit plaisir à faire durer toute la nuit durant, lors d’interminables concerts. La musique s’y prête parfaitement. Toujours aussi frénétique et puissant, Yellow Fever déroule, emporte tout sur son passage. Il n’est qu’à se poser sur Song For The Fire Maiden.

Dans le mouvement, le magnifique Bar Room Crystal Ball autorise une petite trêve de 7 minutes (avec un apport de synthé, eh oui !). Hot Tuna est à son meilleur. Pas un accroc. Half/Time Saturation et l’instrumental Surphase Tension achèvent parfaitement le boulot.

Hot Tuna, en trois disques, prouve qu’il a définitivement le statut rock, hard rock même, après avoir traversé le blues avec succès et posé ses premiers jalons dans le folk-rock. Hot Tuna passe entre les gouttes avec infiniment de talent, de virtuosité. On peut ne pas aimer l’un ou l’autre Hot Tuna, mais on doit respecter. Ces deux lascars, que sont Kaukonen et Casady, ont marqué l’histoire du rock avec ce groupe, plus qu’avec l’Airplane. Yellow Fever ? Le pied ! (RAZOR©)  

 

1. Baby What You Want Me To Do.
2. Hot Jelly Roll Blues.
3. Free Reign.
4. Sunrise Dance With The Devil.
5. Song For The FIre Maiden.
6. Bar Room Crystal Ball.
7. Half/Time Saturation.
8. Surphase Tension.

 

Jorma Kaukonen:guitares,chant.

Jack Casady:basse.

Bob Steeler:batterie.

Nick Buck:synthétiseur.

John Sherman:guitare.

 

LP Studio 7 - 1976

 

Hot tuna hoppkorv

 

HOT TUNA

HOPPKORV – 1976  4/5

 

Publié le 11 octobre 1976.

Produit par Harry Maslin.

Durée:36:00.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock.

 

Coupure électrique.

 

Hoppkorv (en écoute intégrale ici), en 1976, est le septième album de Hot Tuna. La collaboration avec Grunt Records prend fin après cet enregistrement. Cet album achève, par la même occasion, la trilogie dite électrique commencée par America’s Choice (1975) et relayée par Yellow Fever (1975). Il est donc bâti dans le même moule que les deux auxquels il succède, à la différence qu’il est moins hard.

Ce LP se caractérise par de belles reprises de Buddy Holly (It’s So Easy), de Muddy Waters (I Can’t Be Satisfied), de Billy Boy Arnold (I Wish You Would) et de Chuck Berry (Talkin’ About You), le reste étant constitué d’originaux, signés Kaukonen et Nicky Buck qui ne se contente pas, cette fois, de faire une courte apparition comme sur l’album précédent, mais s’implique conséquemment.

Les morceaux de choix de Hoppkorv s’articulent autour de plages très électriques. Hormis le très beau folk rock Watch The North Wind Rise, plus acoustique, et Song From The Stainless Cymbal, une sublime composition de Jorma Kaukonen et charmant folk électrique, le Thon est chaud, très chaud !

Dans le registre électrique et puissant, vous avez le choix entre Santa Claus Retreat, du lourd avec une très belle guitare de Kaukonen, qui ne demande qu’à surchauffer, entre It’s So Easy, un hommage concis à Buddy Holly, Bowlegged Woman, Knock Kneed Man, Drivin Around (la contribution de Nick Buck), I Wish You Would, I Can’t Be Satisfied, Talkin’ About You, Extrication Love Song. Bien construit, il y a vraiment de la place pour de bonnes sensations, de quoi faire pour se taper un petit panard d’autant que le picking de Jorma revient sur le devant de la scène… (RAZOR©)

 

1. Santa Claus Retreat.

2. Watch The North Wind Rise.

3. It's So Easy.

4. Bowlegged Woman, Knock Kneed Man.

5. Drivin' Around.

6. I Wish You Would.

7. I Can't Be Satisfied.

8. Talking 'Bout You.

9. Extrication Love Song.

10. Song From The Stainless Cymbal.

 

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Jack Casady:basse.

Bob Steeler:batterie,percussions.

Nick Buck:claviers.

John Sherman:2ème guitare sur 4.

Karen Tobin:choeurs.

 

LP Live 3 - 1978

 

Hot tuna double dose

 

HOT TUNA

DOUBLE DOSE – 1978  5/5

 

Publié le 13 mars 1978.

Enregistré au San Francisco Theatre, les 5/6 août 1977.

Produit par Felix Pappalardi,Don Gehman,Gail Collins.

Durée:76:41.

Label:Grunt.

Genre:blues-rock.

 

Le Thon a la pêche !

 

Double Dose (en écoute intégrale ici) de 1978, comme son nom l’indique, est un double album. Live de surcroît et surtout, le premier depuis 7 ans. Il met un terme à l’histoire qui liait jusqu’alors les deux leaders de Hot Tuna. Du moins temporairement, puisque Jorma Kaukonen et Jack Casady, après des expériences personnelles respectivement dans Vital Parts et SVT, se retrouveront au début des années 80, avant de reformer le groupe en 1986.

Avant de se quitter, le duo, complété par Nick Buck aux claviers et Bob Steeler à la batterie, nous fait don d’un exceptionnel disque qui sent la maturité, partagé entre l’acoustique (face A) et l’électrique (Face B,C et D).

Produit par Felix Pappalardi (de Mountain), ce double fait partie de la race des grandes oeuvres. Kaukonen y livre tout d’abord une grande performance acoustique en solo (Winin’ Boy Blues, Keep Your Lamps Trimmed And Burning, Embryonic Journey et Killing Time In The Cristal City), puis Hot Tuna prend le relais dans un registre plus électrique, dans un excellent blues rock de bonne famille. Et soudain, tout explose et s’enchaîne : I Wish You Would, l’extraordinaire Genesis (puisé au répertoire acoustique de Kaukonen et méchamment électrifié), Extrication Love Song et Talkin’ About You (de l’album Hoppkorv).

Beaucoup de supers titres alimentent cet album comme See The Light, Watch The North Wind Rise, I Can’t Be Satisfied, mais un des points culminants de Double Dose est Serpent Of Dreams qui rappelle, si besoin est, que ces mecs étaient les cadors du rock psychédélique. Le temps n’a en rien altéré la qualité exceptionnelle de cet album qui est un très grand live dont il serait faire injure que de passer à côté tant on tient là ce que le rock a fait de mieux à cette période. Pour clore le chapitre Hot Tuna, je vous invite à jeter un coup d’œil à la notation de la série discographique produite entre 1969 et 1978 et qui se passe de tout commentaire : 5, 5, 5, 4, 4, 5, 4 et 5… qui dit mieux ? (RAZOR©)

 

1. Winin' Boy Blues.
2. Keep Your Lamps Trimmed and Burning.
3. Embryonic Journey.
4. Killing Time in the Crystal City.

5. I Wish You Would.
6. Genesis.
7. Extrication Love Song.
8. Talking 'Bout You.

9. Funky #7.
10. Serpent of Dreams.
11. Bowlegged Woman, Knock-Kneed Man.

12. See the Light.
13. Watch the North Wind Rise.
14. Sunrise Dance With the Devil.
15. I Can't Be Satisfied.

 

Jorma Kaukonen:guitare,chant.
Jack Casady:basse.
Nick Buck:claviers.
Bob Steeler:batterie.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Jorma kaukonen quah 1976                                                                                                                                                                                                        

 

JORMA KAUKONEN

QUAH - 1974 5/5


 

Publié en 1974.

Produit par Jack Casady.

Durée:38:29.

Label:Grunt.

Genre:folk rock.


 

De la haute couture musicale.


 

Ce premier disque en solitaire de Jorma Kaukonen, ex-Airplane et ex-Hot Tuna, date de 1974. L’histoire dit que Quah aurait dû être enregistré avec Tom Hobson, chacun se partageant une face du vinyle. Ce que n’a finalement pas accepté RCA, la maison de disques, jugeant Hobson pas assez populaire pour ce projet, contrairement à Kaukonen.

Cela ne s’est pas fait sans problème, Hobson ne s’étant pas satisfait de cette décision. Il en sera réduit à la portion congrue. Le résultat a donné raison à MCA, Quah pouvant être considéré parmi les très grands disques acoustiques du rock et j’en profite pour rassurer tout le monde, Hobson est un réel talent qui n’aurait en rien atténué le succès de ce disque.

Ses prestations sur Quah en attestent. Grand maître du picking, Jorma Kaukonen, parfaitement bien en voix, opère un retour vers ses racines blues avec sa seule guitare sèche. Enregistré dans le continuité du divorce d’avec l’Airplane et alors que Jorma est toujours un Hot Tuna actif, Quah est une œuvre d’art qui inspire tantôt de la gaieté, tantôt de la tristesse.

Genesis, une de ses pièces maîtresses ouvre magnifiquement un album intemporel duquel je n’extirpe pas plus un titre qu’un autre. Que ce soient sur les originaux solides et brillants de Kaukonen (Genesis, Song ForThe North Star, I’ll Let You Before I Leave You, Flying Clouds ou Hamar Promenade), sur les interprétations et adaptations magistrales et impressionnantes de morceaux comme I’ll Be All Right (Reverend Gary Davis), Another Man Done Gone, I’m The Light Of This World (Davis), Police Dog Blues (Blind Arthur Blake), Blue Prelude (Gordon Jenkins) et Sweet Hawaiian Sunshine (Tom Hobson), il se dégage une magie incomparable, une âme et une vérité du cœur profondes, renforcée par des textes poignants, alimentée par des chansons pures et fraîches.

Quah est également exceptionnel dans la tendresse de ses mélodies. D’une beauté extrême. D’une grande chaleur, très humain. Pur et clair comme du cristal jusque dans un son finement raffiné.

De la haute couture musicale. Par ailleurs, si ce disque (produit par le complice de toujours Jack Casady) ne donne pas envie de se mettre à la guitare acoustique, je ne m’y connais pas (RAZOR©).

 

1. Genesis.

2. I'll Be All Right.

3. Song for the North Star.

4. I'll Let You Know Before I Leave.

5. Flying Clouds.

6. Another Man Done Gone.

7. I Am The Light Of This World.

8. Police Dog Blues.

9. Blue Prelude.

10. Sweet Hawaiian Sunshine.

11. Hamar Promenade.


 

Jorma Kaukonen:guitare acoustique,chant.

Tom Hobson:guitare acoustique,chant.

Edward Neff:violon.

Teressa Adams,Melinda Ross:cello.

Nancy Ellis,Miriam Dye,Don Ehrlich,Mary Jo Ahlborn:viola.

Thomas Heimberg:viola.

Nathan Rubin,Thomas Halpin,Daniel Kobialka,Carl Pederson,Eva Karasik,Anne Kish:violon.

Mischa Myers:violon.

LP Studio 2 - 1979

 

Jorma kaukonen jorma 1979

 

JORMA KAUKONEN

JORMA- 1979 3,5/5

 

Publié le 22 octobre 1979.

Produit par Jorma Kaukonen,David Kahne.

Durée:33:43.

Label:RCA Records.

Genre:folk-rock.

 

 

Bon mais sans surprises.

 

 

On sait Jorma Kaukonen grand technicien de la guitare ; il en fait une nouvelle et probante démonstration sur ce qui constitue son second LP solo, publié en 1979 : Jorma. Son jeu tout en picking en fait un des rares virtuoses de l’acoustique.

 

Après avoir œuvré quinze ans en groupe, via Jefferson Airplane, Hot Tuna notamment, ce fils d’un américain d’origine finlandaise et d’une maman americano-juive, nous propose dans ce Jorma, un subtil et habile mélange de folk et de blues, tantôt acoustique, tantôt électrique.

 

Sorti chez RCA, Jorma Kaukonen aura attendu cinq ans pour donner un petit frère au sublime Quah (1974). Toutes les compositions sont de lui, sauf Vampire Woman et Da-Ga Da-Ga.

 

Jorma, s’il n’a pas de faiblesse criarde, n’a pas le côté exceptionnel de Quah, le chef d’œuvre du Professeur. Produit par David Kahne, dans le registre blues de ses débuts, il n’apporte pas de mauvaises surprises. C’est du bon Kaukonen.

 

Technique, affûté, mature, le membre fondateur de l’Airplane égrène une musique blues, puisée dans les racines profondes de l’Amérique populaire. Du plus bel effet, encore une fois.

 

Jorma n’est pas un indispensable, mais on peut passer un excellent moment en sa compagnie. Je lui préfère, dans les années 70, Quah, autrement plus intéressant. Il n’en permet pas moins de ravir les amateurs de blues (RAZOR©).

 

 

1. Straight Ahead.

2. Roads and Roads &.

3. Valley of Tears.

4. Song for the High Mountain.

5. Wolves And Lambs.

6. Too Long Out/Too Long In.

7. Requiem For An Angel.

8. Vampire Woman.

9. Da-Ga Da-Ga.

 

Jorma Kaukonen:guitare,chant.

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