Juicy Lucy.

BIOGRAPHIE.

 

JUICY LUCY/Londres (Angleterre)

 

Juicy lucy 4

 

Actif entre 1969 et 1973,1995 et 1997, depuis 2004.

Labels:Vertigo,Polydor,Bronze.

Genre:blues-rock,hard rock,folk-rock.

Site officiel:juicylucyinfo.co.uk


Sur les cendres des Misunderstood.

A l'origine de Juicy Lucy, une formation ô combien importante du rock : The Misunderstood, dont les spécialistes s'accordent à dire qu'elle est une des plus précoces et des plus brillantes initiatrices de la vague psychédélique ayant déferlé sur le rock de la deuxième moitié des 60's.

Trouvaille américaine de John Peel (1966), le célèbre DJ anglais, alors employé et résident de San Bernardino (Californie), le groupe est originaire de Riverside, ville voisine. Grand fan du fabuleux joueur de steel guitare Glenn Ross Campbell, le britannique croît en eux, mais leur prédit plus un avenir en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis ; il pense les anglais plus réceptifs à leur musique et va favoriser leur installation à Londres. Il pousse son intérêt pour The Misunderstood (Glenn Ross Campbell, l'anglais Tony Hill, Rick Moe, Steve Whiting et Rick Brown) jusqu'à le manager et le produire.

Juicy lucy misunderstoodNé sur les cendres des Misunderstood.

Juicy lucy 1Glenn Ross Campbell, initiateur de Juicy Lucy.

Juicy lucy cover inZelda Plum ou la pochette osée du LP éponyme.

Des problèmes de visas et de conscription (Rick Brown) mettent un terme à la carrière de cette formation culte (début 1967), malgré l'obstination de son steel-guitariste à pérenniser l'entreprise jusqu'en 68/69 avec un groupe complètement refondé : Guy Evans (batterie), Steve Hoard (chant), Tony Hill (guitare), Neil Hubbard (guitare), Chris Mercer (saxo) et Nic Potter (basse).

Cette ultime mouture sort, en 1969, trois singles sans succès pour Fontana Records : Children Of The Sun/Unseen, (You're) Tuff Enough/Little Red Rooster et Never Had A Girl Like You Before/Golden Glass. Campbell rebondit sur Juicy Lucy.

Campbell l'élément fédérateur.

Juicy Lucy est fondé deux mois après que la dernière configuration de The Misunderstood ait rendu l'âme (début octobre 1969). Autour de Campbell, on retrouve Ray Owen au chant, et le saxophoniste Chris Mercer, connu pour avoir prélablement figuré au sein des Bluesbreakers de John Mayall.

Musicalement, Juicy Lucy tourne le dos au garage et au psychédélisme d'hier pour se lancer dans un registre différent : le blues-rock. Sur ce trio se greffent rapidement le bassiste Keith Ellis, le batteur Pete Dobson et le guitariste Neil Hubbard.

Sans tarder, le groupe se fend d'un premier single qui fait top 20 en Grande-Bretagne (N°14 au printemps de l'année 1970) et qui marche bien sur le Vieux Continent, en reprenant un titre de Bo Diddley, Who Do You Love.

Une Zelda Plum de mauvais goût.

L'album, tant attendu au regard des belles dispositions affichées par le groupe, tombe à la fin de l'année 1969.

Vertigo pour le Royaume-Uni et Atco pour le marché américain se chargent de diffuser ce premier LP dont la pochette britannique, érotisée et de mauvais goût (une Zelda Plum dénudée vautrée sur un lit de fruits), à l'époque, fait plus parler que le vinyle.

Pourtant le contenu aux racines blues américaines, produit par Nigel Thomas, a de la gueule et fait la nique à de nombreux groupes et disques du moment. Dans son sillage, la scène britannique a donné lieu à une profusion de formations tentant de sonner comme Juicy Lucy.

Juicy lucy micky moody

« Peu après avoir intégré Juicy Lucy, nous avons embarqué pour une tournée américaine d'un mois. C'est la première fois que j'allais aux States et soudainement j'avais devant moi des choses et des lieux que je n'avais vus qu'à la TV et qui m'ont fait rêver : A New York, nous avons joué au Fillmore East en soutien de Cactus et Lee Michaels, visité les studios Atlantic, puis au Fillmore West de Frisco nous avons fait l'ouverture des Kinks et d'Elton John, au Whiskey A Go-Go de L.A. Ensuite il y eut Boston, Chicago... C'était une expérience inoubliable! » (Mick Moody)


 

Turn-over incessants et problèmes juridiques.

Malheureusement pointent rapidement les premières tensions en interne. A l'appel du deuxième volume discographique, le line-up du précédent Juicy Lucy n'a que peu de points communs avec le groupe qui signe Lie Back And Enjoy It (1970). Placé dans la même veine que son prédécesseur, ce disque réalisé sans Owen, Dobson et Hubbard prend néanmoins une honorable 54ème position des charts d'albums britanniques en novembre 1970. Paul Williams, Mick Moody et Rod Coombes entrent.

Le troisième volet du catalogue, Get A Whiff A This (Bronze/1971), est encore et toujours tributaire des va-et-vient affectant Juicy Lucy. Ainsi Jim Leverton remplace Keith Ellis. S'il ne souffre pas trop de ce turn-over dans le domaine de la technique et de la cohésion, l'album montre malgré tout certaines limites du groupe au niveau des compositions et fait appel, un peu plus que de raison, à des reprises.

Toujours actif aujourd'hui.

Pieces (1972/Polydor) boucle la discographie de Juicy Lucy qui n'a plus aucune mesure avec la formation d'origine. Glenn Ross Campbell a alors quitté le navire pour se rapprocher de Joe Cocker avec lequel il part en tournée. Juicy Lucy est dissout dans le mouvement. En dépit d'incessants changements de personnel et de problèmes juridiques, Juicy Lucy est encore en activité au 21ème siècle, mais ne jouit plus de la même aura auprès des fans de la première heure. C'est là qu'il a véritablement marqué le rock de son empreinte (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Juicy lucy lp

 

JUICY LUCY

JUICY LUCY – 1969  4,5/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par Gerry Bron,Nigel Thomas.

Durée:41:40.

Label:Vertigo (UK),Atco (USA),Bronze (Allemagne).

Genre:blues-rock.

 

Hormis la pochette, aucune faute de goût.

 

Sans les californiens de Misunderstood, groupe de garage, il n’y aurait vraisemblablement jamais eu de Juicy Lucy. Grâce à l’initiative des premiers nommés venus des States pour s’essayer sur le sol britannique, car faisant face à des difficultés à s’imposer chez l’Oncle Sam, les seconds voient le jour par l’entremise de Glenn Campbell (steel guitariste) qui, contrairement à ses congénères de Misunderstood de la première heure, rappelés au pays pour souscrire aux obligations militaires en pleine guerre du vietnam, fait la sourde oreille aux devoirs civiques.

Avec Nic Potter (basse) et Guy Evans (batterie), des futurs Van Der Graaf Generator, il met sur pied une deuxième version des Misunderstood, celle qui mute en Juicy Lucy (1969) et qui comprend au final Ray Owen au chant, Neil Hubbard à la guitare, Pete Dobson à la batterie, Keith Ellis à la basse et Chris Mercer au saxo.

Juicy Lucy est le nom d’une prostituée figurant dans le roman Virgin Soldiers de Leslie Thomas. Aussitôt constitué, cette formation frappe un grand coup au Royaume-Uni en entrant dans les charts (au rang 14), avec une reprise brûlante du Who Do You Love de Bo Diddley.

Vertigo Records, qui les a signés, peut se frotter les mains. Cette magnifique reprise (la reprise du Nadine de Chuck Berry vaut également son pesant de strings) est un tremplin idéal pour leur premier album, sur lequel elle figure en bonne place, l’éponyme Juicy Lucy, celui qui est vraiment à retenir de leur production discographique, à la pochette érotisée, très provoc’ pour l’époque, et qui représente une femme d’un genre douteux, dénudée (Zelda Plum dit-on) vautrée sur un lit frugal.

Imaginez un peu les tronches des teenagers devant les bacs. L’assise de ce document de grande qualité est blues, élargi au hard rock et au rock psychédélique.

Original, audacieux, talentueux, collectif, Juicy Lucy l’album (en écoute intégrale ici) peut figurer dignement dans l’histoire du rock pour le gros travail de slide guitare de Campbell, le chant âpre et expressif d’Owen, pour la belle prestation de son line-up (il faut en profiter car les changements de personnel vont porter préjudice à Juicy Lucy), pour la belle dynamique qui s’en détache et, eu égard à des compositions qui tiennent le haut du pavé, tantôt blues alourdies comme Mississippi Woman, blues rock de feu, ou She’s Mine She’s Yours, tantôt psychées à l’instar de Are You Satisfied ou de Just One Time, tantôt countrysées (Chicago North Western), ou plus conventionnelles comme Train, bon petit rock qui remplit sa mission.

Finalement, à part sa pochette de mauvais goût, je ne vois pas quelles raisons pourraient vous détourner d’un groupe et d’un album dignes d’un très grand intérêt (RAZOR©).

 

1. Mississippi Woman.

2. Who Do You Love ?

3. She’s Mine, She’s Yours.

4. Just One Time.

5. Chicago North Western.

6. Train.

7. Nadine.

8. Are You Satisfied?

 

Glenn Ross Campbell:guitare,slide guitare.

Ray Owen:chant.

Neil Hubbard:guitare.

Pete Dobson:batterie.

Keith Ellis:basse.

Chris Mercer:saxophones.

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