Keef Hartley.

BIOGRAPHIE.

 

KEEF HARTLEY/Preston (Lancashire)

 

Keef hartley

 

Né le 8 mars 1944 à Preston (Angleterre).

Décédé le 27 novembre 2011 à Preston.

Années actives de 1960 à 1980.

Label:Deram.

Genre:blues-rock,british blues.

 

Acteur influent de la scène blues-rock british.

Disparu en novembre 2011 à Preston, là même où il voit le jour en avril 1944, Keef Hartley n’est pas le premier venu dans le rock de la vieille Angleterre. Passé par les Artwoods (ex Art Wood Combo) en 1964, groupe de rhythm & blues britannique fondé par Art Wood et qui comptait en son sein Derek Griffiths et Jon Lord, le futur claviériste de Deep Purple, Keef Hartley, membre du blues britannique et acteur influent de la scène blues-rock des 60’s est un batteur réputé de cette place anglaise.

Keef hartley 1

Keef hartley john mayallJohn et Keef, une longue amitié.

Chez Papy Mayall puis à son compte.

Il est si brillant que John Mayall le convainc de rejoindre les légendaires Bluesbreakers dont il fait partie intégrante de l’unité entre juin 1967 et avril 1968, autrement dit lorsque Mick Taylor officiait à la guitare.

A son départ des Bluesbreakers, Keef Hartley fonde son propre groupe, le Keef Hartley Band avec lequel il signe, pour Deram, label créé par Decca Records, 5 LP de bonne, voire de très bonne facture pour certains, entre 1969 et 1972 : Halfbreed (1969), mélange de jazz, blues et rock où il apparaît en tenue indienne, The Battle Of North West Six (1969), The Time Is Near (1970), Overdog (1971) et Seventy-Second Brave (1972).

Invité à Woodstock.

Le Keef Hartley Band, un des rares british à avoir été invité, est la première formation britannique à se produire à Woodstock, dans le cadre de la promotion de son album fraîchement sorti Halbreed, scène sur laquelle il n’a, malheureusement, pas laissé un souvenir impérissable.

Par contre, la formation de jazz-rock montée avec Derek Wadsworth et Barbara Thompson juste après Overdog, laisse derrière elle un sublime live enregistré au Marquee en 1971 : Little Big Band. Keef Hartley, déterminé à vivre de la musique, qui a quitté la maison à 15 ans pour remplacer Ringo Starr au sein des Rory Storm & The Hurricanes, enchaîne en 1973 par un album solo, Lancashire Hustler, puis via Dog Soldier, avec Miller Anderson, sort un album du même nom en 1975, fort percutant au demeurant et à découvrir à coup sûr. Batteur de sessions, pigiste pour Mayall, Keef Hartley meuble tant bien que mal la fin des 70’s.

Keef hatley mayall

« J'ai appris la triste nouvelle de la mort de Keef Hartley suite à des complications chirurgicales. Quand je repense à toutes les aventures que nous avons eues au cours de toutes ces années, à la fois sur route et hors route, il me semble inimaginable que mon ami de longue date ne soit plus à l'affiche, ni à s'installer derrière la batterie avec l'un de mes groupes à l'avenir. Son sens de l'humour et son amour de la vie resteront toujours en moi comme des souvenirs particuliers. Tu me manqueras beaucoup mon ami. » (John Mayall)

Hors circuit.

Keef disparaît de la circulation au début des années 80, quitte la musique pour travailler comme ébéniste et donne des concerts, mais en pure dilettante avant, en 2007, de souscrire à ses Mémoires publiées sous Halfbreed. Victime de problèmes de nuque récurrents dus à la pratique intensive de la batterie, Keef repousse l’opération et fait avec une douleur insupportable. Il décède en 2011 à l’hôpital de Preston de complications chirurgicales sans que l’on sache vraiment si c’est sa passion de la batterie et du blues qui l’aura tué (RAZOR©). 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Keef hartley halfrbreed

 

KEEF HARTLEY BAND

HALFBREED – 1969  5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Neil Slaven.

Durée:44:57.

Label:Deram.

Genre:blues-rock.

 

Indien vaut mieux que deux tu l’auras.

 

Nom de Dieu, je l’avais passé sous silence celui-là ! Et pourtant, c’est un personnage plutôt original, preuve en est la présente pochette, et surtout un artiste influent oublié et mal connu. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi cet ex-Artwoods, avec Jon Lord, et ex-Bluesbreakers de Mayall  dans son époque Mick Taylor,  n’a jamais joué les premiers rôles.

Dans l’ombre des stars du British Blues du moment, Keef Hartley, le Sioux parce que souvent  affublé d’un couvre-chef à  plumes ou le visage orné de peintures de guerre, batteur doué parce qu’il n’avait pas les bras assez longs pour pratiquer de la guitare, a réalisé une belle carrière musicale et sorti quelques albums dignes de la plus grande considération.

Halfreed, publié sous le Keef Hartley Band qui, pour rappel, a participé au Festival de Woodstock entre John Sebastian et Santana) va même plus loin, c’est un disque exceptionnel qu’il faut absolument connaître.

Mélange de rock, blues et jazz, dont une quarantaine de minutes a habillé le set effectué à Woodstock, Halfbreed, sorti en 1969 et enregistré en trois jours, permet de redécouvrir quelques unes des meilleures chansons de la fin des sixties.

Cet accro de la culture indienne, a jeté son dévolu sur  le futur T.Rex et Savoy Brown, Miller Anderson (guitare), Spit James qui officie à la deuxième guitare, Gary Thain (basse) et Peter  Dines aux claviers pour le suivre dans sa vision progressive de la musique rock.

L’album commence par un clin d’oeil à John Mayall, via le titre Sacked (viré), dont les premières paroles préparent à l’annonce du licenciement subi par Keef, des Bluesbreakers.

Une sonnerie de téléphone du type bon vieux Siemens vert façon Derrick, retentit. Keef décroche. Au bout du fil, John Mayall qui peine à lui annoncer la nouvelle comme quoi il ne fait plus partie de l’équipe Bluesbreakers. La chute, c’est pour la fin de l’album.

Je trouve cette manière de pratiquer l’humour noir très originale ; l’album débute alors, déroulant un blues obscur et dense, rehaussé de cuivres (la section de cuivres vient du Bluesbreakers), inspiré du Blues très américain de Chicago, mais accommodé façon british.

Deux guitaristes de talent (Anderson et Thain), une voix taillée sur mesure pour le blues (Anderson), le  son gras et cathédrale de l’orgue Hammond (Peter Dines), une rythmique servant merveilleusement le blues-rock tel que défini  par Keef Hartley, des compositions originales, tels sont les fils conducteurs d’un album cohérent que je trouve, personnellement, exceptionnel. C’est l’un des tout meilleurs LP de cette fin des années 60 sur la scène internationale. Ce disque mérite de l’attention, Sioux plaît ! (RAZOR©)

 

1. Sacked (Introducing Hearts and Flowers).

2. Confusion Theme.

3. The Halfbreed.

4. Born to Die.

5. Sinnin' For You.

6. Leavin' Trunk.

7. Just to Cry.

8. Too Much Thinking.

9. Think it Over.

10. Too Much to Take (Speech).

 

Miller Anderson:chant,guitare.

Peter Dines:orgue,clavecin.

Spit James:guitare.

Gary Thain:basse.

Keef Hartley:batterie.

Henry Lowther:trompette,violon.

Harry Beckett:trompette.

Lynn Dobson:saxophone ténor,flûte.

Chris Mercer:saxophone ténor.

John Mayall:voix sur 1 et 10.

LP Studio 2 - 1969

 

Keef hartley the battle

 

KEEF HARTLEY BAND

THE BATTLE OF NORTH WEST SIX – 1969  4/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par Neil Slaven.

Durée:41:36.

Label:Deram.

Genre:blues-rock.

 

Belle confirmation.

 

Là où le Keef Hartley Band avait mis trois jours pour enregistrer son premier album Halfbreed, il lui en faudra une bonne quinzaine pour accoucher de The Battle Of North West Six (1969), sorti quelques mois plus tard.

Le line-up reste quasiment le même que sur l’excellentissime Halfbreed. Keef l’indien, personnage haut en couleurs, s’appuie sur les guitares de Spit et d’Anderson, sur la basse de Thain, lui-même prenant place derrière son instrument de prédilection, la batterie. Les seules différences notoires concernent  le remplacement du claviériste Peter Dines par Mick Weaver et le renforcement de la section cuivres par Jim Jewell, Mike Davis, Barbara Thompson et Ray Warleigh. A noter, d’autre part, la participation de Mick Taylor, alors encore dans la famille Mayall (The Bluesbreakers), sur Believe In You.

Si Halfbreed  est inspiré du Chicago Blues version English, The Battle Of NW6 (le titre vient de la guéguerre que se livraient alors les maisons de production londoniennes, NW6 étant le code postal  d’un quartier de Londres) tire plus sur un blues teinté de jazz expérimental.

Quoi qu’il en soit, sa valeur confirme tout le talent entrevu dans le disque précédent. Il y a tout ce qu’il faut sur cet album pour justifier de son achat : l’incroyable Tadpole, Don’t Give Up, qui révèle en Anderson un grand chanteur de blues, Hickory et sa flûte enchantée, Don’t Be Afraid, un titre des premiers jours du groupe, Me And My Woman, vitrine pour Anderson côté guitare,  No Foolish Not Wise, un affrontement entre guitare et cuivres, scindé par un solo de batterie remarqué, mais sobre de Keef, Waiting Around, le country amusant qu’est Poor Mabel  et Believe In You, sur lequel le violon de Henry Lowther est plus remarqué que la guitare (discrète) de Mick Taylor. Je disais donc qu’il y avait tout pour en faire un achat, mais encore faut-il le trouver… (RAZOR©)

 

1. The Dansette Kid / Hartley Jam for Bread.

2. Don't Give Up.

3. Me and My Woman.

4. Hickory.

5. Don't Be Afraid.

6. Not Foolish, Not Wise.

7. Waiting Around.

8. Tadpole.

9. Poor Mabel (You're Just Like Me).

10. Believe In You.

 

Keef Hartley:batterie,percussions.

Miller Anderson:chant,guitare

Henry Lowther:trompette,cor,violon.

Jim Jewell:saxophone ténor.

Gary Thain:basse.

Spit James:guitare.

Mick Weaver:orgue,piano,percussions.

Mike Davis:trompette.

Harry Beckett:trompette,cor.

Lynn Dobson:saxophone ténor,flûte.

Chris Mercer:saxophone ténor.

Barbara Thompson:saxophone baryton, flûte.

Ray Warleigh:flute.

Mick Taylor:guitare.

LP Studio 3 - 1970

 

Keef hartley the time is near

 

KEEF HARTLEY BAND

THE TIME IS NEAR – 1970  4/5

 

Publié en août 1970.

Produit par Neil Slaven,Keef Hartley.

Durée:34:55.

Label:Deram.

Genre:blues-rock.

 

Déterrer la hache de guerre.

 

Avec le temps, cet album a pris du volume. A sa sortie en 1970, j’étais sur le reculoir et assez hermétique à ce troisième LP d’un groupe dont je déplore alors qu’il se soit fourré dans une impasse musicale à trop vouloir expérimenter. J’étais en son temps resté sur les deux ouvrages précédents, de très grand niveau. The Time Is Near me paraissait se disperser un peu trop et partir dans toutes les directions. Mais ça c’était avant.

Je l’ai reconsidéré depuis passant sa note de 3 à 4. Les quatre décennies écoulées ont gommé cette impression initiale de trop grande liberté et de manque de cohérence ; plusieurs écoutes m’ont été nécessaires pour apprécier à sa juste valeur un éventail finalement heureux de styles subtilement fusionnés et son son unique.

Avec le recul, l’avancée dans l’âge et la sagesse qui me caractérise dans ce nouveau millénaire, ma perception à son endroit est aujourd’hui totalement autre.

Finalement, avec une connaissance plus marquée du marché et des comparaisons plus faciles grâce à Internet, ce disque n’est pas sans rappeler certains américains qui ne constituaient pas non plus ma tasse de thé du moment, les Chicago ou Blood Sweat & Tears.

The Time Is Near reflète la liberté et le plaisir de jouer et privilégie plus la création artistique qu’il ne cherche le coup commercialement gagnant dont Keef Hartley se fout carrément.

Miller Anderson y démontre une vraie aptitude à composer (une seule piste, Premonition, lui échappe ici), un talent confirmé à magnifiquement prendre le chant à son compte, doublée d’une facilité déconcertante à pratiquer tant la guitare électrique qu’acoustique. Avec Keef Hartley derrière les fûts, dont le toucher colle parfaitement à une écriture qui est du cousu-main pour son jeu, Gary Thain, à la présence fortement jazzy, la colonne vertébrale est suffisamment bien charpentée pour donner du grain à moudre à cet album, et du bon, d’autant plus qu’elle est renforcée par une section de cuivres très présente.

Mixé autour du rock, du jazz, et du R & B, fusionné, ce répertoire étonnant est très créatif et bien imaginé. Ce disque est incontestablement une copie à revoir. Déterrez la hache de guerre ! (RAZOR©)

 

1. Morning Rain.
2. From The Window.
3. The Time Is Near.
4. You Can't Take It With You.
5. Premonition.
6. Another Time, Another Place.
7. Change.

 

Keef Hartley:batterie,percussions.

Miller Anderson:guitare électrique,guitare acoustique,chant.

Gary Thain:basse.

Stuart Wicks:piano,orgue sur 2/3.

Henry Lowther:trompette,cor sur 1/7,piano sur 7.

Jim Jewell:saxophone ténor sur 1/7.

Dave Caswell:trompette sur 2/5,cor sur 2/5,euphonium sur 2, piano électrique sur 4/5.

Lyle Jenkins:saxophone tenor sur 2/5,flûte sur 3,saxophone baryton sur 4/5.

Del Roll:percussions sur 7.

LP Studio 4 - 1971

 

Keef hartley overdog

 

KEEF HARTLEY BAND

OVERDOG – 1971  3,5/5

 

Publié le 8 avril 1971.

Produit par Neil Slaven,Keef Hartley.

Durée:35:37.

Label:Deram.

Genre:blues-rock.

 

Le feu sacré en moins.

 

Ce nouveau LP de Keef Hartley Band, Overdog, quatrième studio sorti en 1971, n’est pas si mal. Fidèle à son registre blues-rock-jazz, le Keef Hartley Band s’appuie, pour les sessions d’enregistrement d’Overdog, sur le noyau des fidèles, Mick Weaver aux claviers, Miller Anderson à la guitare, Gary Thain à la basse et Keef Hartley à la batterie, renforcé par une section de cuivres composée de Dave Caswell, Johnny Almond et Lyle Jenkins.

Jos Hiseman, batteur de Colosseum, vient faire la pige sur quelques pistes. Ecrit essentiellement par Miller Anderson, il n’est pas sans ressembler, ce qui est flatteur dans ma bouche car ce groupe ne m’a jamais laissé de marbre, à du Colosseum.

La présence d’Hiseman dans l’entourage proche d’Hartley explique cette influence et cette similitude. Certaines chansons au ton plus lourd se démarquent : You Can Choose, Plain Talkin.

Le reste arpente un univers plutôt prog. Malgré cette similitude qui me plaît bien, Overdog n’a pas le feu sacré des albums antérieurs, mais demeure très écoutable sans pouvoir toutefois se targuer d’être indispensable (RAZOR©).

 

1. You Can Choose.

2. Plain Talkin'.

3. Theme Song / Enroute / Theme Song Reprise.

4. Overdog.

5. Roundabout.

6. Imitations From Home.

7. We Are All The Same.

 

Keef Hartley:batterie,percussions.

Miller Anderson:guitare,chant.

Gary Thain:basse.

Mick Weaver:claviers.

Dave Caswell:trompette,cor.

Lyle Jenkins:saxophone tenor,flûte.

Johnny Almond:flûte.

Jon Hiseman:batterie,percussions.

Peter Dines:claviers.

Ingrid Thomas,Joan Knighton,Valerie Charrington:choeurs.

LP Studio 5 - 1972

 

Keef hartley seventy second

 

KEEF HARTLEY BAND

SEVENTY TWO BRAVE – 1972  3/5

 

Publié en 1972.

Produit par Keef Hartley Band.

Durée:36:13.

Label:Deram.

Genre:blues-rock.

 

L'album que je keefe le moins.

 

Seventy Second Brave clôt la discographie studio du Keef Hartley Band. Sorti en 1972, il se fait sans Miller Anderson, un des rouages essentiels du groupe et surtout son principal compositeur. Et ça, c’est la tuile pour Keef Hartley.

Parti pour des raisons de choix de carrière, Miller Anderson n’a pas quitté ses camarades pour des raisons de tension, voire de désaccord avec Keef Hartley, comme cela a pu être dit.

Côté album, le cinquième opus de KHB implique un line-up remodelé : Junior Kerr (qui a collaboré avec Bob Marley et les Wailers) à la guitare et au chant, Pete Wingfield (ex-Jellybread) au piano et au chant, ajout de deux saxos (Chris Mercer et Nick Newell), maintien de Gary Thain (basse) et de Mick Weaver (claviers) autour de Keef Hartley (batterie).

Immanquablement, le départ d’Anderson a une grande influence sur l’orientation musicale de cet album. Doté de plusieurs compositeurs, le style est plus varié mais l’album sent l’usure, le trop-plein.

A mon avis, sans être réellement inintéressant (rien de Keef Hartley n’est insipide), Seventy Second Brave est l’album qui me branche le moins de toute son œuvre. Celui que je Keef le moins en quelque sorte (RAZOR©).

 

1. Heartbreakin' Woman.

2. Marin County.

3. Hard Pill To Swallow.

4. Don't You Be Long.

5. Nicturns.

6. Don't Sign It.

7. Always Thinking of You.

8. You Say You're Together Now.

9. What It Is.

 

Junior Kerr:guitare,chant.

Pete Wingfield:piano,chant.

Gary Thain:basse,chant.

Chris Mercer:saxophone ténor,saxophone baryton.

Nick Newell:saxophone alto,flûte.

Keef Hartley:batterie.

Mick Weaver:orgue.

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