Leslie West.

BIOGRAPHIE.

LESLIE WEST/New York (USA)

 

Leslie west intro

 

Né Leslie Weinstein le 22 octobre 1945 à New York.

Actif depuis 1965.

Labels:Sony,Lightyear,Blues Bureau International.

Genre:rock,hard rock,blues-rock,heavy metal.

Page Facebook:www.facebook.com/lesliewestmountain

 

Un rescapé du rock.

A bientôt 75 ans, Leslie West fait un peu partie des meubles dans le rock. A l'heure où bon nombre de ses contemporains musiciens qu'il a croisés ou côtoyés durant ses plus de 50 ans de carrière, disparaissent, lui fait de la résistance.

Pourtant Dieu sait si le guitariste new-yorkais est souvent passé entre les gouttes, encouragé par une vie rock & roll excessive sous toutes ses coutures.

Dernière piqûre de rappel en date, l'amputation, en 2011, de la partie inférieure de sa jambe droite pour cause de diabète à un stade plus qu'avancé et dont le lien avec sa vie de rock star est étroitement lié. West n'avait plus le choix après 4 jours passés dans le coma : c'était passer sur le billard illico presto ou aller alimenter à son tour la liste des défunts du rock évoquée précédemment.

Depuis, le guitariste a appris à vivre avec ce handicap et relativise son malheur en se rassurant sur le fait que ce ne soit pas un membre supérieur qui ait été sacrifié sur l'autel de sa maladie. A force de courage et de lourds efforts, déterminé à juguler les obstacles, Leslie a depuis repris ses habitudes, à savoir arpenter les studios et assurer de nouvelles dates.

Derniers LP venus enrichir le catalogue, Still Climbing (2013) et Soundcheck (2015) témoignent que l'ancien leader et chanteur de Mountain, groupe parmi les plus influents du début des 70's et pionnier du heavy metal, a retrouvé un excellent niveau et que le rock peut encore compter sur lui quelques années...

Leslie west the vagrantsPassé par les Vagrants...

Leslie west mountain band...leader du phénoménal Mountain...

Leslie west west bruce laing...impliqué dans West Bruce & Laing...

Leslie west guitarist...Leslie West est un immense guitariste...

Leslie west one leg...toujours actif en 2020 malgré son handicap.

Leslie west mountain albumL'album Mountain ouvre sa discographie solo...

Leslie west soundcheck...Soundcheck (2015) la referme.

Elvis, les Beatles, les Vagrants.

D'origine juive, Leslie West est né Leslie Weinstein à New York. Il devient West au divorce de ses parents et passe sa jeunesse entre Hackensack (New Jersey) et divers quartiers de New York de la périphérie de JFK Airport (East Meadow, Forest Hills et Lawrence).

Élève au lycée d'Hackensack, il apprend la guitare quand il voit Elvis Presley se produire au Ed Sullivan Show, puis décide d'intégrer un groupe au moment où les Beatles foulent pour la première fois le sol américain, en 1964.

Ce sera les Vagrants, les Vagabonds en français, établis à Long Island. Cette première formation est le fruit de la rencontre entre deux étudiants de la High School locale, Peter Sabatino (chant, harmonica et tambourin) et Larry Weinstein (basse et guitare), frère de Leslie.

Ils reviennent enthousiasmés du concert new yorkais des Beatles au Forest Hills Tennis Stadium (28 et 29 août 64) et réunissent pour leur projet quelques gamins motivés, ayant grandi entre Forest Hills et Long Island, dans l'arrondissement du Queens.

En pleine déferlante britannique, ces jeunes musiciens veulent également être de cette révolution musicale induite par la Beatlemania, relayée par les Stones et les Animals, et que les Rascals, leurs modèles voisins, ont déjà pris en marche.

Larry Weinstein a un frère, Leslie, de trois ans son son aîné. On le dit plutôt bon guitariste, d'autant qu'il a commencé la guitare il y a six ans (1958) et qu'il a comme répertoire quelques titres qu'il maîtrise déjà parfaitement, du Presley notamment.

Celui qui deviendra Leslie West se joint au projet fomenté par Peter et Larry.

Comme Jerry (Jay) Storch touche sa bille aux claviers et qu'il connaît quelques chansons, il n'en faut pas plus, au duo fondateur, pour faire de ce dernier un membre du groupe à part entière. Roger Mansour, passé par les Forest Hills Playboys complète le line-up.

Le groupe répète alors dans les caves des Weinstein mais, trop tapageur et indiscipliné, il est contraint de se replier sur une solution mieux adaptée à son potentiel, sa fougue, et sa puissance, autant d'arguments qui influeront, une décennie plus tard, sur la musique des Ramone, issus du même terreau new yorkais.

La solution vient du Cameo Bowling Alley (ou Casino), à la confluence de l'Austin Street et de la Continental Avenue.

Familial la journée, le lieu s'encanaille le soir venu ; dès 1964, les Vagrants s'y produisent régulièrement autour d'un registre soul-rock axé principalement sur les reprises.

Début 1965, alors que sa popularité va croissante, les Vagrants jouent dans des clubs plus huppés, comme The Scene, nouvellement créé par Steve Paul, la crème des endroits branchés d'alors où se réunissent aussi bien les jet-setters de Manhattan que les bikers de la région ou l'élite fortunée de New York.

Le club est le lieu préféré de Jimi Hendrix ; les Doors, Pink Floyd, Jeff Beck, Johnny Winter, Traffic, Fleetwood Mac et The Chambers Brothers se sont également produits dans cette grande boite de nuit des 60's, signe que les Vagrants ont une certaine crédibilité dans le concert rock du moment.

Pour franchir un palier supplémentaire, les Weinstein, Sabatino et Mansour intègrent la Professional Children's School (Quintano School), école pour saltimbanques en herbe, formant notamment aux métiers de la musique.

Des Vagrants à Mountain.

Dés l'été 1965, le groupe est contacté par une maison de disques mineure pour réaliser un premier single. Southern Sound Records lui permet de signer, en juin 1965, Oh Those Eyes/You're Too Young, qui, hélas, ne capitalise pas dans les charts.

Il attire néanmoins l'attention de Vince Scarza et Douglas Hickox lesquels intègrent la chanson dans un clip Disk-O-Tek Holiday, appelé aussi Just For You (1966), sur lequel pointent également The Bachelors, Peter & Gordon, The Chiffons, Freddy & The Dreamers, The Applejacks, The Orchids... 

Désormais, ils investissent régulièrement les clubs les plus en vue de Manhattan et de Long Island où il jouent essentiellement des adaptations de morceaux nés de la british invasion comme Gimme Some Lovin' (Spencer Davis Group), des couvertures de la Motown ou de Stax.

Leslie Weinstein (West) y rajoute une version explosive du thème d'Exodus (film d'Otto Preminger) qui sera le clou des spectacles du groupe. 

Les Vagrants cumulent aussi les apparitions sur les scènes des concerts régionaux aux côtés de leurs idoles, les Rascals, de l'autochtone Vanilla Fudge (Brooklyn) qui évolue dans un registre approchant, des Illusions et de celui qui est encore aux claviers des Hassles, Billy Joel, natif du Bronx.

Les premiers pas dans l'écriture des Vagrants se font grâce à Bert Sommer (le Woof de Hair), celui-là même qui a remplacé Steve Martin au sein de Left Banke.

Ces chansons (The Final Hour, Your Hasty Heart, And When It's Over, A Sunny Summer Rain) sont consignées dans le maigre catalogue compilé avec les titres faits sous Southern Sound Records, Vanguard Records et Atco.

Le passage dans la filiale d'Atlantic est l'oeuvre de Felix Pappalardi qui a déjà un pied dans le Mountain (1968) à venir, voulu plus lourd. Beaucoup plus lourd.

Cette matière se retrouve exclusivement sur le collector I Can't Make A Friend (1965-1968), sorti en 2011 par Light In The Attic, biais le plus approprié pour découvrir ces excellents new yorkais. La disparition de Cream en 1968 donne des idées à d’autres ambitieux. 

Parmi ceux-ci, Mountain qui se verrait bien devenir calife à la place du calife. Entre Cream et Mountain, un dénominateur commun : Félix Pappalardi, deux P, un L. L'homme est connu pour son implication en qualité de producteur avec le power trio anglais et, par ailleurs, membre fondateur de la formation américaine.

Le producteur-bassiste va contribuer à ce que Leslie West accède à ses objectifs après que le guitariste ait redéfini ses ambitions à la fin des Vagrants.

Pappa aime bien ce que fait Leslie et est prêt à produire son travail. Ce sera le cas dès le premier album crédité à West, Mountain (1969), enregistré avec Norman Landsberg et ND Smart et auquel le technicien derrière Disrraeli Gears vient prêter son concours à la basse.

Cet album induit l'idée d'un groupe plus performant et techniquement mieux armé. Dans cette optique, Corky Laing et Steve Knight (1970) sont recrutés. Exit ND Smart et Landsberg.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les débuts de cette formation déterminée sont tonitruants. Climbing ! de 1970, le LP qui ouvre le compteur de Mountain, est couvert d’or et son single-phare, Mississippi Queen, fait top 40.

L’ascension se poursuit dès Nantucket Sleighride (janvier 1971), également récompensé par l’or. Flowers Of Evil (1971) et le live Mountain : The Road Goes Ever On (1972) maintiennent le groupe dans le haut du panier blues-rock du moment, quoi que flirtant de plus en plus avec le hard rock. Qu’importe, Mountain est bien le profil auquel son guitariste et son bassiste rêvaient.

Leslie west portrait

« Depuis que j'ai perdu une jambe, ce n'est plus aussi facile de partir en tournée. Mais j'adore toujours aller en studio, c'est plus simple, pour moi, de rester là avec une idée et de la transformer en chanson. C'est quelque chose qui me motive tous les jours, même après tout ce temps. » (Leslie West)

Une pause avec West Bruce & Laing.

Mountain s’octroie une première pause en 1972 que Pappalardi met à profit pour soigner des acouphènes induits par le maelström de décibels déployés lors de chaque prestation scénique. Mais le mal est plus profond qu’il n’y paraît.

Comme son modèle Cream, Mountain commence à se fissurer pour des problèmes d'egos et en raison de la dope. Pappa se met en retrait pour cette raison, le reste n’est que foutaises.

Leslie West, pendant cet intermède, convainc Jack Bruce de venir grossir le trio qu’il veut monter avec Corky Laing, le temps que Pappalardi se refasse la cerise. Deux LP studios sous West Bruce & Laing et un live naissent de cette association transitoire pour laquelle le valétudinaire siffle la fin de la récré en reformant Mountain en 1973.

Le double live Twin Peaks (1974), perclus d’improvisations parfois géniales, souvent pompeuses et fatigantes, alterne le bon et le moins bon ; la première sortie japonaise est en demie teinte. La nouvelle mouture à la tête de laquelle on retrouve West et Pappalardi, est complétée par Bob Mann et Allan Schwartzberg, en remplacement de Knight et de Laing.

Suit Avalanche, un quatrième album studio montrant que Mountain n’a rien perdu de sa superbe. Il se fait avec West et Pappalardi, mais aussi avec Corky Laing, revenu ponctuellement au bercail, et David Perry engagé comme second guitariste. Celui-ci passe un an dans la maison, entre novembre 1973 et octobre 1974.

Avalanche est le dernier LP de l’ère West/Pappalardi. Mountain, pourtant revitalisé, se sépare de nouveau le 31 décembre 1974, à l’issue d’un ultime concert au Felt Forum new yorkais, autrement dit au Madison Square Garden, ponctuant une tournée démarrée 3 mois plus tôt et passée par le Radio City Music Hall du Rockfeller Center (3 octobre 1974). Cette dernière prestation mémorable fait depuis l'objet d'un enregistrement sur CD qui vaut la peine de lâcher quelques brouzoufs.

Des desseins personnels.

L’après 74 des acteurs de Mountain se résume à des desseins discographiques personnels pour Laing et West. De Mountain, il ne reste alors que les souvenirs jusqu’au jour où, le 17 avril 1983, la nouvelle tombant sur les radios tue dans l’œuf toute velléité de reformation du line-up d’origine : Felix Pappalardi est mort.

Il a été tué accidentellement par balle (c’est le jugement qui a été rendu un an après) par son épouse Gail (morte en 2013) suite à une dispute, celle-là même qui était derrière l’écriture de nombreux titres du groupe et également l’illustratrice des pochettes Climbing et Nantucket Sleighride.

Le pilier historique de Mountain disparu, West décide de poursuivre seul et va signer d’autres albums comme The Great Gatsby (1975), son 2ème solo, auquel prennent part Gary Wright et Mick Jagger notamment.

Il revient au collectif ensuite avec le Leslie West Band, monté avec Mick Jones (ex Spooky Tooth), Don Kretmar (The Blues Project) et le fidèle Corky Laing. Celui-ci sort un excellent opus éponyme de blues-rock, en 1976, avant d'entamer une longue descente aux enfers et une traversée du désert tout aussi grande.

En faisant équipe avec Jack Bruce et Joe Franco, il publie Theme (1988), puis Alligator (1989). En participant à Guitar Speaks (1998) et à Night Of The Guitar (1989), il rappelle à son public qu'il a été un des meilleurs guitaristes de tous les temps.

Dodgin' The Dirt (1994), As Phat As It Gets (1999), Blues To Die For (2003), Guitarded (2005), Got Blooze (2005) et Blue Me (2006) meublent sa discographie, jusqu'à ses ennuis de santé en 2011. Ceux-ci ne l'empêchent pas de réaliser un fantastique disque de blues la même année : Unusual Suspects.

Au milieu d'invités prestigieux (Steve Lukather, Billy Gibbons, Slash, Zakk Wylde et Jo Bonamassa), Leslie West rayonne comme à ses plus belles heures. Still Climbing et Soundcheck nous ont depuis rassurés sur le fait que Leslie a recouvré tous ses moyens. Le rock sourit de nouveau à pleines dents (RAZOR©2020).


 

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Leslie west mountain album

 

LESLIE WEST

MOUNTAIN – 1969  3,5/5

 

Publié en juillet 1969.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:35:27.

Label:Windfall Records.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Le goût de Mountain, l'odeur de Mountain, mais...

 

Quand, début 1969, Leslie West tourne la page des Vagrants en rebondissant sur une formation occasionnelle avec le claviériste Norman Landsberg et le batteur Ken Janick, il se tourne vers Felix Pappalardi, bassiste (et producteur) pour trouver un bassiste dans l'optique de monter une structure qu'il veut dans la filière de Cream, mais encore plus hard.

Cream, Pappalardi connaît dans la mesure où c'est lui qui a produit leur LP culte, Disraeli Gears. Ce dernier a également produit les enregistrements des Vagrants et ne serait pas insensible au fait de se rapprocher de Leslie West dont il apprécie l'approche et le travail. Il est d'accord pour tenir la basse sur l'album, sorte de réponse américaine à Cream, que West prépare, lequel envisage de partir sur la route après pour le promouvoir.

Landsberg en est. Pas Janick, remplacé par ND Smart, ancien batteur de Remains. Nous sommes là dans les semaines, voire les jours avant l'officialisation de Mountain, le groupe. Elle sera effective quand Corky Laing (batteur) et Steve Knight (claviériste) l’intégreront à l'automne 69.

Pour l'heure, l'album, publié en juillet 1969, est crédité à Leslie West. Certains le considèrent, à tort, comme le premier opus de Mountain, nommé ainsi en référence à ce disque. Le fait que la tournée de promotion se fasse également sous le nom de Mountain rajoute à la confusion sur la paternité du travail.

Mountain, placé dans une veine Cream et blues-rock, met surtout en évidence le jeu de guitare de Leslie West. Il satisfera les fans de Mountain pour cette raison, mais on n'est pas encore vraiment dans Mountain.

Si les débuts sont décents, tous les ingrédients (puissance notamment) ne sont pas encore réunis. Meilleurs titres : Long Red, This Wheel's On Fire, Southbound Train, Dreams Of Milk And Honey, Storyteller Man. (RAZOR©).

 

1. Blood Of The Sun.

2. Long Red.

3. Better Watch Out.

4. Blind Man.

5. Baby I'm Down.

6. Dreams Of Milk And Honey.

7. Storyteller Man.

8. This Wheel's On Fire.

9. Look To The Wind.

10. Southbound Train.

11. Because You Are My Friend.

 

Leslie West:guitare,chant.

Felix Pappalardi:basse,claviers,production.

N.D. Smart:batterie.

Norman Landsberg:claviers.

DISCOGRAPHIE ÈRE MODERNE.

LP Studio 12 - 2013

 

Leslie west still climbing 2013

 

LESLIE WEST

STILL CLIMBING – 2013  4/5
 

Publié en 2013.

Produit par Leslie West,Mike Goldberg.

Durée:47:00.

Label:Mascot Records.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Vent d’West, avis de tempête.
 

A première vue et si l’on se fie à la pochette (de mauvais goût) de son avant-dernier disque (Soundcheck est sorti depuis en 2015), le moins que l’on puisse dire est que Leslie West colle toujours d’aussi près au collectif qui l’a révélé : Mountain, un précurseur de métaux lourds.

Ressemblant au niveau du graphisme et dans le choix des tons orangés dominants, allusif quant à son titre, Still Climbing (Climbing de 1970 était le premier album de Mountain), l’opus de 2013 marche dans les traces du légendaire passé musical du groupe de Long Island et renoue avec les belles pages qu’il a écrites. L’intérieur confirme l’impression initiale, Leslie West évolue dans des sphères qui lui sont très familières.

Après le précédent et excellent Unusual Suspects (2011), déjà pas mal chargé en termes de lourdeur, Leslie leste encore plus la mule pour un résultat efficace qui, ma foi, convient parfaitement au fan du « gros » que je suis depuis belle lurette.

Le gros, c’est Leslie, nourri aux hamburgers dès le berceau et qui, en surcharge pondérale permanente (c’est comme ça qu’on l’a toujours connu depuis les 70’s), culminant largement au-delà du quintal pendant une grande partie de sa vie, l’a récemment payé de sa personne en se faisant amputer une partie de sa jambe droite pour cause de diabète parvenu à un stade létal (juin 2011).

C’était ça ou prendre place dans le costume en sapin avec poignées en laiton. Un mois plus tard, le mastard était sur une scène new yorkaise, il faut quand même le souligner…

Aujourd’hui, il va mieux, la preuve en est donnée dans l’album qu’il a concocté. Ce géant de la guitare est toujours très actif et bien considéré dans le milieu du rock.

Il y dispose d’un réseau de potes musicalement bien nés dont certains, comme Steve Lukather (de Toto), Joe Bonamassa (Black Country Communion), Billy Gibbons (ZZ Top), Slash (Guns N’ Roses) ou Zakk Wylde (Ozzy Osbourne), se sont manifesté sur le LP qui précède.

Le talentueux et précoce Jonny Lang, le vétéran Johnny Winter, Dee Snider (Twisted Sister) et Mark Tremonti (Creed et After Bridge) répondent ici à l’invitation ponctuelle de West.

Les ceusses qui n’entravent quedal à la zizique des sixties/seventies sont en manque de repères sur le compte de ce guitariste mythique. Petit rappel : non content d’avoir donné le jour à et mené (avec Felix Pappalardi, autre monstre sacré du rock) Mountain (69/74) au sommet du heavy blues-rock, Leslie a également, dans l’intervalle, contribué au power trio de choc (avec l’ex-Cream Jack Bruce et un Corky Laing ramené de Mountain), West Bruce & Laing (72/74).

S’ensuit alors une carrière solo plutôt convaincante dont Still Climbing est la douzième balise discographique. Le rendez-vous qu’il nous fixe ici est, sur le fond, une suite logique à son dernier travail, à la différence près que les fines lames ici invitées diffèrent, sans pour autant perdre au change, que les guitares sonnent encore plus fort et que les rhéostats ont été poussés à donf.

West montre encore beaucoup de détermination à faire le job ; malgré des pépins de santé qui ont failli l’envoyer ad patres et un âge avancé (68/69 ans), il dévoile un dynamisme surprenant. C’est respectable à plus d’un titre.

A propos de titres, l’artiste en allonge 11 dans Still Climbing, certains lui appartenant et dépoussiérés comme Long Red, d’autres repris à autrui (Feelin’ Good à Traffic) voire empruntés au répertoire de la musique amerloque (Over The Rainbow et When A Man Loves A Woman) et un lot d’inédits inspirés, signés par ses soins et par Jenni (sa femme), qui tendent à démontrer que West n’a pas perdu la main.

Même si le schéma qui consiste à reprendre des morceaux ayant déjà figuré antérieurement est à nouveau appliqué, le new yorkais ne signe pas pour autant un disque à l’économie. Aucun ne doute là-dessus !

Au contraire : du blues, il en défouraille à toutes les sauces, avec force et simplicité, avec originalité et honnêteté. A sa performance instrumentale, il rajoute une exhibition vocale ardente, renforcée vraisemblablement par son arrêt du tabac et par le fait de s’être libéré des drogues. Comme la rythmique est sur la même longueur d’ondes…

Révélé par Woodstock, cet ancien des Vagrants établit une nouvelle norme en termes de lourdeur ; son blues-rock est vraiment très excitant.

J’ai eu le coup de cœur pour Dyin’ Since The Day I Was Born et ses riffs pesants, Not Over You At All (et son sax), Feelin Good introduit au piano avant de décoller, pour Hartfield Or McCoy aux relents de marais et qui aurait pu prendre place dans l’élite du blues-rock sudiste, pour un Long Red qui renaît de ses cendres (Mountain 1969), ainsi que les ballades bluesy à émotions telles que le romantique Fade Into You (ouvert en acoustique avant de déflagrer) et Tales Of Woe.

Mais j'en pince surtout pour Busted Disgusted Or Dead (avec Winter) qui est une tuerie guitaristique entre deux miraculés du rock (West et Winter).

Par contre, je suis moins fan des reprises des standards du catalogue U.S. Les seules failles semblent se situer à ce niveau.

Quoi qu’il en soit, le bilan de ce disque confirme bien, comme l’indique son titre, que Leslie West, un des pères fondateurs du hard et du métal, a toujours le vent dans le dos. Un vent d'West qui annonce ici un avis de tempête (RAZOR©).

 

1. Dyin’ Since The Day I Was Born.
2. Busted, Disgusted or Dead.
3. Fade Into You.
4. Not Over You At All.
5. Tales Of Woe.
6. Feeling Good.
7. Hatfield or McCoy.
8. When A Man Loves A Woman.
9. Long Red.
10. Don’t Ever Let Me Go.
11. Rev Jones Time.

 

Leslie West:guitare,chant.

Mike Goldberg:batterie.

Rev Jones:basse.

Elaine Caswell:chant.

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