LIncoln Street Exit.

BIOGRAPHIE.

 

LINCOLN STREET EXIT/Albuquerque (Nouveau-Mexique – USA)

 

Lincoln street exit 1

 

Actif entre 1964 et 1970.

Label:Ecco,Mainstream,Psych Out,Souled Out.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,heavy blues,garage rock.

 

Une formation très incisive.

La scène d'Albuquerque au Nouveau-Mexique est, au milieu des années 60, organisée autour de deux axes. A l'est, sur les hauteurs, vivent les blancs. En contrebas et à l'ouest, dans la vallée où le Rio Grande fait office de ligne de démarcation, s'entassent les hispaniques, les amérindiens, les afro-américains.

Véritable coupe-gorge, la West Mesa, comme on l'appelle toujours, écoute James Brown du matin au soir. En amont, dans l'Eastside, on ne jure que par les groupes de la british invasion. Les rares moments où le hippie croise l'afro appartiennent à la scène musicale locale.

Lincoln street exit drive itLincoln Street Exit, groupe de la scène d'Albuquerque.

Lincoln street exit 2Une des rares formations d'origine amérindienne...

Lincoln street exit now...dont certains membres sont toujours actifs.

Lincoln street exit drive it 1970Un LP en 1970, l'excellent Drive It.

Autour des planches et sous les projecteurs, les différences se gomment, les sensibilités se mêlent.

C'est tout bénéfice pour l'échiquier d'Albuquerque qui, durant les 60's, va voire poindre des poignées de formations très incisives, parmi lesquelles Lincoln Street Exit.

Des arguments à faire valoir...

D'origine amérindienne, ce groupe, dès le milieu des 60's, devient l'un des acteurs les plus spectaculaires et les plus torrides de l'endroit.

Un chanteur bouillant et passionné, des guitares qui riffent et fuzzent à foison, une rythmique du feu de Dieu, du matériel taillé sur mesure pour le heavy blues psych qu'il pratique avec ferveur, bref, Lincoln Street Exit a des arguments à faire valoir et va s'employer à le démontrer.

Composé, à l'origine, du batteur Leeja Herrera, du bassiste Jomac Suazo, du chanteur et guitariste Paul Chapman et du guitariste (et songwriter) Michael Henry Martin(ez), Lincoln Street Exit, à défaut d'avoir été un groupe génial ou original, n'en a pas moins été une formation de grande qualité et explosive en public.

Lincoln Street Exit a pour élément déclencheur Michael Martinez, pour avoir précédemment été des Illustrations en 1964, puis des Jabobs l'année suivante.

Né au milieu des 60's...

Dès 1965, il est déjà accompagné de Mac Suazo et Lee Herrera ; Larry Leyba est le 4ème larron. Siegi Chavez, Frank Viramontes et Paul Chapman (décédé en 1964 et remplacé par R.C Gariss) ont également fait partie des débuts de l'aventure.

Leur répertoire s'appuie alors sur les reprises des standards de l'époque mais puise aussi dans le catalogue des Doors, de Lovin' Spoonful comme de Chuck Berry ou Buddy Holly.

Il évolue vers les Rolling Stones, le Velvet Underground, Jimi Hendrix, les Doors, Vanilla Fudge, Jefferson Airplane et le Dead.

Lincoln Street Exit reste plusieurs années sans susciter la reconnaissance du milieu malgré une poignée de singles comme Paper Place/Who's Been Driving My Little Yellow Taxi Cab (1966), publié sur Lance Records, label spécialisé dans les groupes psych de la scène du Nouveau-Mexique.

Ou comme Mississippi Riverboat Gamblin' Man/St. Louis Mama (Souled Out /1968) ou comme Sunny Sunday Dream/The Bummer (Ecco/1968), un EP de 3 titres en 1968 pour Psych Out (Sunny Sunday Dream/Half A Man, Whatever Happened To Baby Jesus), et en dépit d'une seconde place lors de la Highland High School Battle of The Bands, en 1967 (devancé par les Sheltons). Il fait réellement parler de lui à la fin de la décennie, après s'être séparé une première fois à l'été 68, puis reformé trois mois plus tard.

Début 1969, alors que le line-up est recentré autour de Martin(ez), Suazo, Gariss et Herrera, Lincoln Street Exit entre une nouvelle fois en studio (Norman Petty à Clovis) pour enregistrer Soulful Drifter, sorti en single (août 1970) avec en face B, Time Has Come Gonna Die.

Après quoi, il signe pour Mainstream Records, le label de Detroit du producteur visionnaire Bob Shad (Only You des Platters, premier 45T de Lou Reed, premier à signer Janis Joplin, Amboy Dukes) et donne le jour à un LP, Drive It (automne 1970), s'avérant être le seul de son catalogue.

Lincoln street exit martinez

« Je me souviens que Sunny Sunday Dream et The Bummer passaient souvent à la radio jusqu'à ce que nous soyons mis à l'écart en raison d'une illumination que nous avons eue un soir de concert dans une salle. Nous avions l'habitude de jeter de la farine pour renforcer l'effet lumineux sous les spots stroboscopiques. Là, pour le coup, on nous a accusés de jeter des sacs d'héroïne au public ! » (Michael Martinez)

Dans le moule heavy psych.

Le seul certes, mais il est globalement bon ! Les sioux font montre de belles dispositions techniques, notamment Herrera qui frappe comme un malade et les doubles attaques de guitare (Martin et Gariss), devoilent un convaincant (mais pas surprenant) cocktail fait de lourdeur, de vitalité, de fraîcheur, de spontanéité. C'est dans le moule heavy psych de l'époque et de la place, mais c'est bien exécuté.

Si les Man Machine, Dirty Mother Blues, Going Back Home, Phantom Child, Soulful Drifter ou Got You Babe n'ont rien à envier aux meilleurs, le lot de chansons, enregistré dans les conditions du direct et en une semaine, ne traduit que partiellement le potentiel de ces indiens néo-mexicains, nettement meilleurs face à un public lequel fut essentiellement régional (Texas, Oklahoma, Kansas, Arizona).

La suite sous XIT.

Le groupe, intronisé au New Mexico Music Hall Of Fame (2008) et titulaire d'un Lifetime Achievement Award émanant du Native American Music Awards (1999) s'est également produit dans la région des Grands Lacs où il jouissait d'une bonne réputation en raison du succès de Soulful Drifter (top 30 local).

Son contrat n'ayant pas été renouvelé par Mainstream, Lincoln Street Exit commence alors à tourner sous l'identité de Exit avec pour objectif avoué celui de donner une image plus amérindienne à sa musique et faire naître un Indian Rock'N'Roll. D'Exit, le nom passe alors à XIT (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1970

 

Lincoln street exit drive it 1970

 

LINCOLN STREET EXIT

DRIVE IT – 1970  3,5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Bob Shad.

Durée:32:11.

Label:Mainstream Records.

Genre:heavy psych, mues-rock,rock psychédélique.

 

Indien vaut mieux que deux tu l'auras.

 

Redbone ( The Witch Queen Of New Orleans) n’était donc pas le seul groupe amérindien parti sur le sentier de la guerre du rock de la fin 60/début 70. Par contre, il est certainement celui qui a le plus promu la race indienne sur l’échiquier musical, avant de sombrer rapidement dans l’oubli.

Bien avant ce dernier, qui s’en souvient, Lincoln Street Exit avait déjà déterré la hache de guerre. Sa cible, un rock vitaminé et rageur façon garage, rehaussé de blues et de psyché.

Né en juin 1964 au Nouveau-Mexique, plus exactement à Albuquerque, Lincoln Street Exit peut tenir l’inégalité de ses compositions, le manque d’originalité de ses textes, pour responsable de sa non-appartenance au gratin du genre pris d’assaut par les visages pâles du nom de Doors, Cream et Hendrix.

Le chant n’est pas une de ses qualités premières non plus. Pourtant, ces sioux dégagent de la qualité technique (un super batteur que ce monsieur Lee Herrera) et de l’énergie comme en atteste, en 1970 Drive It (en écoute intégrale ici), le seul scalp qu’ils aient à arborer.

Le contexte est tout à fait propice pour libérer de bien belles guitares, lesquelles ne s’en privent pas pour se montrer sous leur meilleur angle. Lourdeur, vitalité, fraîcheur, spontanéité, ambiance hypnotique… les arguments de ces indiens d’Amérique sont convaincants à l’image de Man Machine, de Dirty Mother Blues, de Going Back Home, de Phantom Child, Soulful Drifter ou Got You Babe.

Dans la catégorie des heavy psyché, Lincoln Street Exit ne donne pas sa part aux chiens. Cette affaire a botté le fan de psych lourd que je suis. Pourquoi pas vous ? (RAZOR©)

 

Face 1.

1. Man Machine.

2. Dirty Mother Blues.

3. Got You Babe.

4. Teacher Teacher.

 

Face 2.

1. Soulful Drifter.

2. Time Has Come Gonna Die.

3. Going Back Home.

4. Straight Shootin' Man.

5. Phantom Child.

 

Lee Herrera:batterie.

R.C Gariss:lead guitare.

Michael Martin:lead guitare,chant.

Mac Suazo:basse.

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