Mama Lion.

BIOGRAPHIE.

 

MAMA LION/Los Angeles (Californie – USA)

 

Mama lion

 

Actif entre 1972 et 1974.

Labels :Family Productions,Philips.

Genre:blues-rock,rock,hard rock,rock psychédélique.

 

Une pochette polémique.

Il fut un temps où le rock était au vinyle et où le flacon revêtait autant d'importance que le jus. Comprenez par là que la pochette comptait autant que la galette. Quand les disques arrivaient en import et sans ramdam de communication préalable, l'action d'achat, si l'artiste était inconnu au bataillon, reposait souvent sur le visuel, la couverture.

Celle de Preserve Wildlife (1972) par Mama Lion avait pour elle de mettre à l'honneur Lynn Carey, la pulpeuse et sensuelle chanteuse californienne du groupe. Au regard de la couverture sur laquelle le faciès de la dame apparaît derrière des barreaux, on constate qu'elle est effectivement fort jolie et ce n'est pas par hasard qu'elle ait précédemment entamé une carrière de mannequin et d'actrice (cinéma et TV) et fait, la même année (décembre 72), la une du Penthouse, la célèbre revue de charme.

En poussant plus loin, autrement dit en faisant glisser le gatefold du disque, on découvre une femme à la plastique avantageuse donnant le sein à un lionceau. Dire que ce fut la meilleure chose du disque serait réduire Lynn Carey et Mama Lion à trois fois rien, mais ce fait a indéniablement pesé dans l'attention portée à ce binôme, d'autant que la pochette, loin d'être provocatrice au regard de ce que l'on voit aujourd'hui, est interdite dans de nombreux pays. A cette époque puribonde, on en est encore à l'adage : couvrez ce sein que je ne saurais voir...

Mama lion 3Fondé en 1971 à Los Angeles.

Mama lion lynn carey cover penthouse 12 72La pulpeuse et sensuelle Lynn Carey...

Mama lion gatefold...et la pochette polémique de Preserve Wildlife (1972).

Mama lion neil et lynnNeil Merryweather et Lynn Carey.

De C.K Strong à Mama Lion en passant par Penthouse.

Mama Lion est fondé en 1971, après que Lynn Carey et Neil Merryweather se soient précédemment retrouvés autour de deux albums, Ivar Avenue Reunion (1970) réunissant aussi les chicagoans Charlie Musselwhite et Barry Goldberg ainsi que Vacuum Cleaner, réalisé en commun (1971).

Avant cette collaboration, Lynn Carey, fille de l'acteur et poète Edward MacDonald Carey, partage son temps entre le mannequinat et le métier d'actrice. En 1966, elle joue Sally Grace dans la comédie culte qu'est Lord Love A Duck (1966/George Axelrod). On la retrouve aussi sur les écrans TV, dans Lassie, The Man From Uncle, Run For Your Life ou Wild Wild West.

Férue de musique, elle se passionne également pour le jazz, le blues, le pop/rock et pour le chant. Dotée d'une voix aussi puissante que modulable, un organe à la Joplin, elle la met au service de C.K Strong, groupe qu'elle monte avec l'excellent guitariste qu'est Jefferson Kewley ; C.K Strong pratique un très bon mélange de hard rock, de boogie et de heavy blues faisant de la formation une valeur montante de la région de Los Angeles.

Au regard du seul album (éponyme/1969/Epic records) crédité à C.K Strong, ce qu'il réalise est carré, techniquement bien foutu. Ce disque permet en outre à Lynn Carey de faire ses premiers pas en qualité de songwriter.

Merryweather, un cursus long comme le bras...

Comme évoqué précédemment, la suite se fait avec Neil Merryweather. Le canadien de Winnipeg présente alors un cursus plutôt chargé et très respectable commencé dans la région de Toronto sous Bobby Neilson, Robert Nelson Lillie étant son vrai nom.

L'homme est passé entre 1964 et 1966 par The Night Tricks, Gary Muir & The Reflections, les Ookpics, les Sikusis, puis The Just Us, un groupe de la trépidante scène de Yorkville Village qui a l'honneur d'ouvrir pour les Byrds au Varsity Stadium de Toronto, le 22 juin 1966.

Pour des raisons juridiques, en septembre de la même année, The Just Us évolue en The Tripp pour se mettre en conformité avec une période passée au psychédélisme.

En mai 1967, Neil reçoit une proposition pour rejoindre les Mynah Birds, connu pour avoir vu défiler au fil de son existence (1964/67) des musiciens prestigieux comme Neil Young, Bruce Palmer, membres fondateurs du Buffalo Springfield ou Goldy McJohn et Nick St. Nicholas (Steppenwolf). Il accepte l'offre, mais l'aventure tourne court, les Mynah Birds explosant suite à des différends entre Bill Ross et Ricky James Matthews, son fondateur.

En septembre 1967, Neil rebondit sur The Flying Circus, un groupe fondé avec Marty Fisher, Gordy McBain et Bobby Kriss, rejoint par Bruce Cockburn. Il y reste jusqu'en mars 1968 avant de le quitter. Il a alors en tête de réunir une nouvelle formation et de prendre la route de la Californie, là où tout se passe alors.

Ses anciens partenaires de Tripp, Ed Roth et Jimmy (James) Livingstone adhèrent immédiatement au projet. Avec David Colin Burt (Spencer Profit) et Gary Hall, Neil Merryweather forme le line-up qui répond au nom de New King Boiler (1968), puis de Heather Merryweather (1969) et de Merryweather (été 1969).

Le groupe partage l'affiche de festivals avec les plus grands du moment : les Byrds, Chicago Transit Authority, Hendrix, Poco, Mountain... Neil Merryweather devient une figure de la place angeline. D'ailleurs Stephen Stills lui propose in plus ni moins de rejoindre le backing band de Crosby Stills & Nash.

Tout pour et autour de Lynn.

En septembre 1969, à l'occasion d'un festival, Merryweather fait la connaissance de Lynn Carey, alors membre de C.K Strong, laquelle devient sa petite amie, avant d'être sa partenaire musicale. Le canadien a l'idée de réunir un groupe autour de la chanteuse. Cette collaboration mène à Mama Lion, créé en 1971. Le groupe prend le nom d'un restaurant du centre de Los Angeles.

Pour encadrer Lynn, Neil Merryweather recrute le batteur Coffi Hall (Merryweather), le guitariste Rick Gaxiola et James Newton Howard (aujourd'hui grand compositeur de films), après que son premier claviériste (un dénommé Charlie) se soit blessé au bras. Le line-up enregistre une démo (Gimme Some Lovin') que Neil soumet à un ami, Russ Regan, Président d'Uni Records.

Mama lion lynn carey

« Me faire poser avec le lionceau était une idée de Neil. J'avais peur de me faire dévorer. Mais le petit animal n'avait que trois semaines et était si mignon. Il tétait vraiment mais n'a rien pu avoir. Cette pochette fit scandale à l'époque. Elle a été censurée dans de nombreux pays. En Suède, un sticker a été collé sur la photo pour cacher le sein. Incroyable ! A l'inverse, dans d'autres pays, c'est mon visage qui était masqué et ma poitrine dévoilée. C'était chaud ! » (Lynn Carey)

Celle-ci remonte jusqu'à Ken Mansfield, directeur A & R des disques Verve à New York, lequel prend contact avec le label indépendant Family Productions d'Artie Ripp, filiale de Famous Music et nouvellement installé à Los Angeles.

Ce dernier signe Mama Lion et établit un contrat dans lequel il donne les moyens au groupe (équipements, salle pour répéter, location d'un appartement, accès aux studios Plant Records). Dans le même élan, Mansfield devient manager de Mama Lion qui s'attache à réaliser un premier LP, le fameux disque à la pochette audacieuse évoqué en introduction (Preserve Wildlife/1972), une idée de Merryweather approuvée par le responsable du label.

La photo de ce disque, osée pour les 70's, est prise dans une réserve de chasse privée du Nord de Los Angeles. C'est là que les initiateurs du projet dénichent Kimo, le lionceau utilisé pour réaliser la photographie signée Maria Del Rey, une proche de Lynn.

Mama Lion a alors le vent en poupe, mais le partenariat avec Artie Ripp et Family Productions s'avère une grosse erreur, car ce dernier ne respecte pas ses engagements et fait montre de ses limites dans la production de Preserve Wildlife. Il plombe même la tournée mondiale que Mama Lion doit assurer aux côtés d'Alice Cooper.

Coup de froid sur Mama Lion.

C'en est trop pour Merryweather qui, dans le même temps, enregistre, sans Lynn Carey, sous Heavy Cruiser (1972). Mama Lion ressort frustré de cette situation. Des problèmes de gestion commencent à poindre ainsi que des tensions entre les membres du groupe où l'entente n'est plus de mise (égos, drogues). Neil avec Lynn, Neil avec Rick Gaxiola... Celui-ci est écarté de Mama Lion en pleine tournée européenne passant notamment par Paris.

Après avoir produit le deuxième LP, Give It Everything I've Got (1973/Family Productions) enregistré entre New York et L.A et prévu pour être un double, Neil Merryweather présente sa démission de Mama Lion. Comme le montre la couverture de l'album, Mama Lion est alors réduit à la seule Lynn Carey, grisée par le succès et les belles promesses, confortant en cela le stratagème fomenté depuis quelques mois par Artie Ripp.

Neil Merryweather l'a alors compris depuis longtemps et profite de ses dernières heures sous la bannière de Mama Lion pour soutenir de toutes ses forces le projet d'album solo de son claviériste, James Newton Howard. Les relations se dégradant fortement entre Lynn et Neil, le guitariste quitte Mama Lion (remplacé par Judson Huss) pour s'en aller créer Space Rangers, avant de mener une carrière conséquente. La formation avec Carey à sa tête n'y résiste pas et implose à sa suite (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE STUDIO 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Mama lion preserve wildlife 72

 

MAMA LION

PRESERVE WILDLIFE – 1972 3/5

 

Publié en 1972.

Produit par Artie Ripp.

Durée:34:35.

Label:Family Productions,Philips.

Genre:blues-rock.

 

Jamais mieux trahi que par les seins...

 

J’vais pas la jouer Pervers Pépère quarante ans après, mais c’est vrai que le nichon qu’exhibe la sculpturale blondasse en train d’allaiter le lionceau sur la pochette de Preserve Wildlife (en écoute intégrale ici) de Mama Lion, n’était pas passé inaperçu auprès de l’ado que j’étais alors. Le jeune félin, je n’y pris garde que beaucoup plus tard, une fois assagi et rangé des bagnoles.

Ne connaissant rien ni de la dame, ni de Mama Lion, et comme le LP trônait en bonne place sous la lettre M des bacs rock du moment (1972), c’est sur la base de ce seul argument que ce disque a atterri chez bibi. Et certainement pas pour défendre la cause animale comme le réclame son titre.

En fait, c’est plus vicelard que ce que je veux bien vous en dire, because il fallait faire glisser la cage masquant le délit d’atteinte à la pudeur pour libérer la vue de ce sein que nous ne savions voir. Joli subterfuge pour détourner ce qui était alors réprouvé par la morale… Tu parles Charles !

La blondasse en question qui a, ma foi, des beaux lolos (peut-être plus maintenant), c’est Lynn Carey, chanteuse de Mama Lion, fille de MacDonald Carey pour ceux qui touchent leur bille en cinoche. Elle est angeline, entendez par là native de Los Angeles, actrice (on la retrouve dans Lassie et Wild Wild West), auteur-compositeur, et playmate du mois de décembre 72 (Pet Of The Year) pour Penthouse, auquel j’étais abonné, ça coule de source.

C’est justement en 72 qu’elle nous dévoile ce merveilleux Robert discographique pour les besoins de Mama Lion et pour préserver la faune. Mama Lion vient alors d’être créé. Il publie deux albums, celui-ci et Give It Everything I’ve Got (73) et fait l’essentiel de sa promo en Europe et en Amérique du Nord.

Mama Lion est construit autour de Lynn Carey, la véritable attraction ici en raison d’une superbe voix à la Janis. Le reste, c’est du blues-rock bien fignolé et dans le ton de ce qui se faisait alors. Toutes proportions gardées, on peut y trouver certaines analogies avec le Big Brother & The Holding Company.

Son répertoire est articulé autour de reprises comme Ain’t No Sunshine (Bill Withers), Can’t Find My Way Home (Blind Faith), Ain’t Too Proud To Beg (Temptations), Candy Man (Fred Neil), Cry (Churchill Kohlman) et d’originaux dont le principal co-pourvoyeur, avec Lynn, est Neil Merryweather, bassiste de Mama Lion et son petit ami. Petit veinard, va ! Tu ne devais pas t’ennuyer.

Globalement, l’offre est acceptable, mais qui ne se distingue pas du lot de ce type de disques. Si je ne m’étais pas laissé distraire par le néné de la dame, sûr que je ne saurai toujours pas qui est Mama Lion à l’heure actuelle. Soyez forts, résistez, car vous avez peu de choses à y gagner (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Ain't No Sunshine.

2 .Be Bad With Me.

3 Ain't Too Proud To Beg.

4 Wildcat.

5 Candy Man.

 

Face 2.

1 Mr. Invitation.

2 Sister Sister (She Better Than A Man).

3 Can't Find My Way Home.

4 It's Only A Dream.

5 Cry.

 

Jim Howard, Lynn Carey,Neil Merryweather:choeurs.

Neil Merryweather:basse.

Coffi Hall:batterie.

Rick Gaxiola:guitare.

Jim Howard:claviers.

Lynn Carey:chant.

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