MC5.

BIOGRAPHIE.

MC5/Detroit (Michigan – USA)

 

Mc5 intro

 

Actif de 1964 à 1972,1992,2003 à 2012.

Labels:Atlantic Records,Elektra Records,Rhino Records.

Genre:protopunk,garage rock,hard rock,blues-rock.

Site Internet:mc50th.com

 

Sulfureux, radical, anti-establishment...

Constitué en 1964 à Lincoln Park (Chicago) et détricoté 8 ans après, MC5 a été l'un des groupes les plus influents de tous les temps pour la filière heavy metal et punk. Il fut, à n'en pas douter, le plus explosif de la scène de Detroit, là où il a débuté et brillé.

Anti-establishment, engagé politiquement, révolutionnaire, porte-parole de la tension sociale ambiante, radical, violent, subversif, MC5 a suscité un engouement populaire exceptionnel, malgré un côté sulfureux entretenu par la presse régionale.

A Detroit, le cataclysmique MC5, jusqu'à sa rupture inattendue le soir du 31 décembre 1972, c'était le Rolling Stones local. Signe de cette popularité, le groupe eut droit à la couverture du 25ème numéro de Rolling Stone.

Sa lourde instrumentation a servi de modèle pour le hard rock et le heavy métal, alors que son comportement, son énergie et les messages qu'il a portés ont contribué à ouvrir la voie au punk de la fin des 70's, pour lequel il fut une des références.

Mc5 wayne kramerWayne Kramer et Fred Smith...

Mc5 fred sonic smith mari patti...feu le mari de Patti Smith...

Mc5 1...sont à l'origine du sulfureux MC5...

Mc5 scene...radical, anti-establishment, obscène...

Mc5 kick out the jams...à l'image de son LP Kick Out The Jams...

Mc5 hudson sUne page de pub qui lui vaut d'être viré de chez Elektra.

5 gamins aux dents longues.

Connu pour faire montre d'une rare impétuosité et d'une énergie frénétique en public, l'acronymique MC5 tient son identité de la Motor City, nom donné à la ville de Detroit, le chiffre 5 correspondant au nombre de musiciens composant le groupe. 5 gamins paumés, façonnés par les difficultés de la classe ouvrière et aux idéaux révolutionnaires de gauche. Comme beaucoup de leurs fans, dont Iggy Pop et ses Stooges...

Wayne Kramer, 92ème meilleur guitariste pour Rolling Stone et Fred Smith (également guitariste), feu mari de Patti Smith, sont les instigateurs de MC5.

L'amitié entre ces deux camarades de classe et musiciens précoces issus de la banlieue de Lincoln Park, les conduit à partager la guitare, le R & B, le blues, les Yardbirds, les Who, les Ventures, Chuck Berry et Little Richard, en dehors de l'école et pendant les congés scolaires.

L'un comme l'autre ont déjà une petite expérience pour avoir joué dans des combos garage de la place, The Bounty Hunters pour Kramer et The Vibratones, pour Smith.

Des Headhunters à MC5.

Un jour de 1963, ils décident de mettre en commun leurs compétences et leur détermination au sein des Headhunters. Dans ce contexte, ils s'adjoignent, dans un premier temps, les services de Leo LeDuc (batterie) et Bill Vargo (guitare). Dans ce combo déjà très populaire sur Detroit, Smith tient la basse.

Après avoir contacté Rob Derminger pour en faire leur manager, Kramer et Smith le recrutent finalement comme bassiste. Puis le groupe évolue alors dans sa configuration, Smith passant à la guitare en lieu et place de Bill Vargo, tandis que Leo LeDuc est remplacé par Bob Gaspar (1964).

Derminger, en proie à des problèmes pour assimiler la technique de la basse, quitte la formation, avant de la réintégrer au début de l'année 1965. Patrick Burrows fait la transition.

Derminger, devenu Tyner en référence au pianiste de Coltrane, se voit confier le chant principal, poste où il apparaît plus à l'aise. Le nom du groupe passe des Headhunters à MC5 sur proposition de ce dernier.

Michael Davis, en remplacement de Burrows et Dennis Thompson suppléant de Gaspar, achèvent de stabiliser une formation dont le premier line-up officiel, en 1965) s'articule comme suit : Kramer (guitare), Smith (guitare), Tyner (chant), Davis (basse) et Thompson (batterie).

Le plus bruyant de la Motor City.

Alors que le groupe est placé sous la direction de Bruce Burnish, il fait l'acquisition de matériel lourd, en contractant un emprunt conséquent de l'ordre de 3.000 dollars. Des amplis notamment sont achetés qui dotent MC5 d'une puissance considérable et les distinguent de la concurrence.

MC5 répète alors dans les sous-sols du domicile de la mère de Kramer, une musique énergique inspirée du rock and roll et du free jazz, autour d'un répertoire, constitué de reprises des Stones, de James Brown, de Chuck Berry ou du catalogue de la Motown, dans les clubs pour ados de la région et dans les spectacles scolaires.

Il est le groupe le plus bruyant de l'échiquier de Detroit et ses apparitions scéniques drainent un public de plus en plus nombreux. Il attire aussi les milieux underground de la cité automobile et notamment John Sinclair, poète, militant politique et passionné de jazz, lequel devient son impresario (1966).

Pilier du Grande Ballroom.

Sous son managérat penchant fortement vers l'extrême gauche, MC5 rejoint les positions révolutionnaires du White Panther Party, structure plus active à Detroit qu'ailleurs.

En l'espace de deux ans, Sinclair popularise MC5 à l'échelle nationale. Dans le même temps, les concerts du groupe deviennent alors provocateurs, tournent parfois à l'émeute et la drogue s'invite.

Sinclair recommande ses protégés à Russ Gibb, un professeur d'études sociales doublé d'un DJ sur une radio locale. Celui-ci revient de San Francisco où il a visité le Fillmore avec Bill Graham dans ses bagages et a pour projet de faire du Grande Ballroom de Detroit un lieu à l'image des plus prestigieuses salles californiennes.

Il va la façonner comme tel et MC5, après avoir assuré la soirée d'ouverture (7 octobre 1966), devient un résident régulier de l'endroit. Bien que non payée, la formation de Kramer profite de son statut privilégie pour utiliser la salle pour travailler ses gammes.

D'AMG à Elektra.

En mars 1967, MC5 entre pour la première fois en studio et enregistre un single (I Can Only Give You Everything, reprise de Them/One Of The Guys, original), sorti sur le label mineur qu'est AMG, début 1968. Il passe quasi inaperçu et ne génère aucun temps d'antenne.

Un second single (Borderline et Looking At You sont des originaux) suit qui trouve un meilleur écho auprès du public, puis un troisième, I Can Only Give You Everything/I Just Don't Know (AMG).

Une première tournée s'engage derrière qui cible la côte est des États-Unis. MC5 va faire un peu d'ombre à quelques groupes plus huppés pour lesquels il ouvre, comme le Big Brother & The Holding Company ou Cream.

Les gros labels s'intéressent cependant à lui, notamment Elektra qui fait le déplacement de New York pour voir ces énergumènes dont tout le monde parle.

Il finit par signer MC5 en septembre 1968 et fait même coup double en engageant également les Stooges, l'autre groupe de Detroit. Ces deux formations sont les premières de hard rock à passer sous l'égide d'Elektra.

Amabilités en tous genres...

Impressionné par la force scénique du groupe, Elektra, par la voie de son attaché de presse Danny Fields, décide que MC5 doit rapidement enregistrer un premier album et que celui-ci soit live. Le cadre du Grande Ballroom est évidemment retenu (30 et 31 octobre 1968).

Publié en février 1969, Kick Out The Jams est, dans un premier temps, laminé par la presse musicale, plus particulièrement Rolling Stone qui, par l'entremise de son critique vedette Lester Bangs, juge le disque ridicule et prétentieux (il reverra son appréciation plus tard).

L'opus se classe toutefois au 30ème rang du Billboard 200. Sa sulfureuse chanson-titre fait 82 dans les charts.

Mc5 wayne kramer 2

« MC5 et Detroit ont toujours eu une approche dure et ouvrière de la musique. Ce que nous avons senti venir de San Francisco était trop léger. " (Wayne Kramer)

La version figurant sur l'album est restée célèbre pour sa phrase d'introduction sortie de la bouche de Tyner : « Kick Out The Jams, Motherfuckers ! ».

Bannie des radios au motif d'être obscène, elle est éditée à l'insu de leurs auteurs, dans un vocabulaire plus convenable, en single (Kick Out The Jams, Brothers And Sisters), tandis qu'elle est aussitôt corrigée sur le 33 Tours, re-pressé pour le coup, la chaîne de magasin Hudson's de Detroit refusant de le vendre en l'état.

Ce à quoi, MC5 répond par un Fuck Hudson's dans une publicité dans un journal underground local, adressé à Hudson et à Elektra. Le label et son boss Jac Holzman n'apprécient pas et congédient MC5, le 16 avril 1969. MC5 passe chez Atlantic Records et se sépare de Sinclair.

Quand MC5 part en sucette.

Il y publie son premier opus studio, l'excellent Back In The USA (15 janvier 1970). Meilleur que son devancier, il fourmille de bonnes idées, dévoile de très bonnes chansons et développe un son solide, propre, serré, moins cacophonique mais toujours aussi efficace pour déboucher les esgourdes.

Les fans voient en ce disque produit par Jon Landau un flop mais, avec le temps, Back In The USA va s'avérer encore plus influent que Kick Out The Jams, au son plus brut et trashy.

Commercialement parlant, il ne marque pas les esprits (137 pour le Billboard), pas plus que les singles qui en sont extraits (The American Ruse et Tonight).

High Time (coproduit par MC5 et Geoffry Haslam) sort en juin 1971. Troisième LP du catalogue et 2ème studio, bien que plus accessible, il ne permet pas de redorer le blason de MC5 dont les problèmes d’ego et de drogue dure minent de plus en plus les musiciens et fissurent l'unité du groupe.

Atlantic ne les retient pas et, jusqu'à la fin de cette même année 71, ils vont jouer sous diverses configurations. Durant la tournée anglaise du début de 1972, Steve Moorhouse remplace Michael Davis à la basse, puis le même Moorhouse est suppléé par Derek Hughes.

Ces changements de personnel affectent la cohésion et la motivation de MC5 qui continue pourtant à se produire. Les départs de Dennis Thompson et de Rob Tyner en novembre scellent la fin de l'aventure, le soir de la Saint Sylvestre 72. Le concert d'adieu donné ce soir là au Grande Ballroom réunit un parterre très clairsemé... (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Mc5 kick out the jams

 

MC5

KICK OUT THE JAMS – 1969  2/5

 

Publié en 1969.

Produit par Jac Holzman,Bruce Botnick.

Durée:36:17.

Label:Elektra.

Genre:protopunk,hard rock.

 

Démesurément surfait.

 

A sa publication, Kick Out The Jams a clivé l'opinion comme jamais. Dans sa version d'origine, l'album a dirigé contre lui des critiques d'une violence rare et il y a de quoi à l'époque.

En effet, l'expression Motherfuckers apparaissant sur la pochette intérieure (et dans l'introduction du morceau-titre également retoqué par le label) a provoqué des torrents d'insultes contre leurs auteurs, MC5. Au point que le disque, au contenu jugé obscène pour l'Amérique d'alors, a été retiré des bacs, notamment de ceux des grands magasins de l'enseigne Hudson's, alors leader mondial.

Au lieu de mettre le mouchoir dessus, MC5 remet une pièce dans la machine et contre-attaque en publiant, dans une presse underground locale, une annonce publicitaire pleine page qui, avec la même finesse que que les mots employés dans le disque, va raviver les tensions entre les parties. La critique musicale ne se prive pas de relayer l'incident et de descendre en flèche, et le disque et le groupe.

Dans la foulée, MC5 est lourdé de chez Elektra quelques semaines après ce scandale, tandis que le LP en question, après avoir été irrémédiablement écarté, est pressé à nouveau, mais dans une autre version (Fuck est toutefois conservé sur le visuel), censurée bien sûr, et qui voit Kick Out The Jams corrigée, l'expression « Kick Out The Jams, Motherfuckers » devenant « Kick Out The Jams, Brothers And Sisters ». Dans le même temps, la version originale continue à circuler sous le manteau.

Côté laudateurs, on voue un culte à ce disque, cela va de soi. Tous les goûts sont dans la nature, me direz-vous et c'est leur droit le plus strict. Mais bon, entre nous, on n'a pas décroché le jackpot avec ces 5 kids de Detroit. Ils sont loin d'être des grands techniciens du rock.

Accordons-leur l'énergie, la puissance, la détermination voire le culot, le sens de la provocation, l'envie (fabriquée ?) de rentrer dans la gueule de tout ce qui n'est pas à gauche-gauche, un encadrement habile à les promouvoir et à faire le buzz... mais soyons conscients aussi que d'autres groupes ados de rock garage supplantent largement ce que propose MC5 à ce moment précis de sa carrière. Est-ce que ça s'est bonifié par la suite ? Impossible de répondre, je n'y étais plus depuis le premier jour où je les ai écoutés.

Je n'ai jamais eu de sympathie pour ce groupe, encore moins pour Kick Out The Jams, que j'ai eu entre les pattes en 70 ou en 71, au motif que son contenu est par trop brouillon, sauvage pour ne pas dire cacophonique. La matière est très en-deçà. Bref, ce disque n'a aucun argument pour me séduire, pas plus hier qu'aujourd'hui. Par contre, je lui préfère, sans discussion aucune, son suivant Back In The USA (RAZOR©).

 

1. Ramblin' Rose.

2. Kick Out The Jams.

3. Come Together.

4. Rocket Reducer N°62 (Rama Lama Fa Fa Fa)

5. Borderline.

6. Motor City Is Burning.

7. I Want You Right Now.

8. Starship.

 

Rob Tyner:chant.

Michael Davis:basse,choeurs.

Wayne Kramer:guitare,choeurs,chant sur 1.

Fred Sonic Smith:guitare,choeurs.

Dennis Thompson:batterie.

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