Medicine Head.

BIOGRAPHIE.

 

MEDICINE HEAD/Stattford (Angleterre)

 

Medicine head

 

Actif de 1968 à 1977,bref retour en 2011.

Genre:blues rock.

Labels:Dandelion,Polydor,WWA.

 

Les Rémi Bricka du blues-rock.

Medicine Head. Pour ceux qui s’en souviennent encore, ils auront tôt fait de retapisser ce groupe de blues-rock anglais a minima, actif durant les seventies. Je dis a minima parce que réduit à sa plus simple expression. Il faut être deux pour faire un groupe et bien eux, ils pratiquent en duo, sortes de Rémi Bricka du rock qui, pendant l’essentiel de son parcours, engage John Fiddler, chanteur, guitariste, pianiste et batteur, et son pote gallois Peter Hope Evans, harmoniciste principalement mais aussi expert es guimbarde, cette lamelle métallique actionnée par le doigt comme élément vibrant et sollicitant la bouche comme cavité de résonnance.

Medicinehead

Medicine head 2

A l’occasion, et notamment lors de ses prestations scéniques, le tandem s’étoffait avec les apports de musiciens supplémentaires. Ainsi des artistes comme Clive Edwards, Keith Relf, Tony Ashton, Roger Saunders, George Ford, John Davies, Rob Townsend ou Morgan Fisher ont accompagné les projets de Medicine Head.

6 LP au compteur.

Avec six LP au compteur et un single, One And One Is One (1973), qui fit 3 dans les charts british, Medicine Head a fait une belle carrière, qui plus est pour une formation bon marché dont l’objectif premier était de se faire plaisir et d’en donner, et l’idée de restituer l’esprit et le son des vieux bluesmen ricains.

Cette belle et intéressante structure, née de la rencontre informelle (1968) dans le cadre estudiantin de Fiddler et de Hope-Evans, évolue dans un registre blues influencé par les Robert Johnson, Muddy Waters et autres Fats Domino. Elle combine le folk british au blues de Chicago, mais avec des bouts de ficelle.

Ici pas de synthés, pas de solos de gratte, ni de batterie, juste deux gugusses avec un Vox et des amplis, le reste du matériel étant surtout digne du bricolage à la McGywer. Avec des moyens aussi limités, l’effet est absolument époustouflant.

La référence New Bottles Old Medicine.

L’excellent New Bottles Old Medicine (1970) est, à ce titre révélateur, de cette ambiance particulière de studio réalisée sans overdubs, ni aucune adjonction ultérieure. C’est du brut de décoffrage bluesy, enregistré et mixé en moins de trois heures qui a mis sur le cul les cadors du moment, les Clapton, Lennon, Townsend... Il est vrai que la prestation est mémorable, construite  autour de riffs et de l’harmonica en feu de Peter. Pour le rendu qui en émerge, l’exploit réalisé sous la houlette du producteur John Peel et pour son label Dandelion, n’en est pas peu mince.

Le deuxième LP, Heavy On The Drum (1971), produit par l’ex Yardbirds Keith Relf, perd un peu de l’esprit qui sied à son prédécesseur. Moins accompli, il précède le départ de Hope-Evans et les arrivées de John Davies (batterie) et de Keith Relf (basse,chant) que l’on retrouve sur le moyen Dark Side Of The Moon de 1972, dernier LP de l’ère Dandelion.

Medicien head john fiddler

« Medicine Head a été mon premier groupe, monté pendant que j’étais étudiant à l’Art School. Je ne pensais d’ailleurs jamais avoir une formation un jour. Ma première guitare, je l’ai eue à 20 ans. J’ai grandi dans ce que l’on appelle la Black Country dans les Midlands, une terre de musique qui a engendrée tant de groupes et de musiciens et j’ai été influencé essentiellement par Robert Johnson, Muddy Waters, Lightnin’ Hopkins, le rock ‘n’ roll des Elvis, Cochran et le R & B des Little Richard, Fats Domino, Otis Redding et Aretha Franklin. » (John Fiddler)

Après Dandelion, Polydor.

Polydor relaie Dandelion et Hope-Evans réintègre la maison pour le quatrième jet, One And One Is One (1973) qui, outre le fait de mettre en avant deux singles à succès, Rising Sun et la chanson-titre, n’est pas pour autant mémorable et amène Medicine Head à rentrer dans le rang après avoir suscité de belles promesses.

Le numéro 5, Thru A Five (1974), marque l’extension du groupe qui passe à six unités : Fiddler et Hope-Evans sont rejoints par Tony Ashton (claviers), George Ford (basse), Roger Saunders (guitare) et Rob Townsend (batterie). Très éloigné du son de la référence discographique New Bottles Old Medicine, il est aussi l’album par lequel Medicine Head atteint pour la dernière fois les charts british. C’est un très bon disque avec quelques belles originalités.

Que de regrets !

La dernière levée des anglais se fait par Two Man Band (1976) avant que Medicine Head ne mette la clé sous le paillasson en 1977. Le nom a été réactivé en 2011, mais il est à regretter qu’après les gros espoirs entretenus dans le sillage de son premier LP, Medicine Head n’ait pas persisté dans sa forme la plus représentative, le duo à la Bricka. En passant à une unité plus étoffée, il n’a fait que perdre son âme, au point d’être passé à côté du pompon et d’affaire finalement fait une carrière dans la discrétion. Mais que de regrets (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Medicine head new bottles old medicine

 

MEDICINE HEAD

NEW BOTTLES OLD MEDICINE – 1970  4/5

 

Publié en 1970.

Produit par John Peel.

Durée:53:33.

Label:Dandelion Records.

Genre:rock,blues,blues-rock,folk-rock.

 

Les Remi Bricka du rock.

 

Medicine Man, c’est d’abord et avant tout John Fiddler, anglais venu tout droit des Midlands et qui, avec son pote étudiant, le gallois Peter Hope-Evans, constitue, en 1968, un duo qui fait un barouf du diable et apporte de la nouveauté sur la scène musicale londonienne du début des années 70.

Comme quoi à deux, on peut faire un groupe de rock…. Laissez-moi vous briefer sur cette affaire plutôt atypique, amusante et ô combien crédible, familière pour les uns, inconnue pour la grande majorité, dans la lignée et dans l’esprit des vieux bluesmen américains.

Imaginez un peu deux hommes-orchestres façon Remi Bricka. L’un pratique l’harmonica comme un cador, de l’arc musical, confectionné de façon rudimentaire, joue de percussions généralement constituées de bric-à-brac fait maison ; c’est Peter Hope-Evans. L’autre, joue de la guitare, le cul posé sur un tabouret, martèle du pied une grosse caisse surmontée de cymbales, trouvée chez un brocanteur et chante. C’est John Fiddler, influencé par les Robert Johnson, Muddy Waters et par le R & B de Fats Domino.

Figurez-vous que ce duo avait les faveurs des Lennon, de Clapton et de Pete Townshend, quadruplement  séduits par l’ingéniosité, l’originalité, l’improbable talent de ces hurluberlus et surtout par leur son incroyable, combinant le folk british au blues de Chicago. Comme quoi, avec des bouts de ficelle, on peut faire du rock ou une musique qui s’en approche… Rajoutez-y un Vox et des amplis pour obtenir le son qui leur est propre.

Tantôt rebelles et contestataires, tantôt doux comme des agneaux, tantôt poètes, tantôt spirituels, nos Mc Gyver multi-instrumentistes s’inscrivent comme des artisans du rock, sans que ni l’expression, ni le statut n’aient la moindre connotation péjorative.

New Bottles Old Medicine (en écoute intégrale ici), premier de leur six LP, est leur référence. Ici pas d’envolées de guitare, mais du riff. Pas de solo de batterie, mais ça balance, et pas de synthés. Medicine Head, c’est le son de l’Amérique combiné au charme british, à l’innocence, à la sobriété et à l’excentricité.

New Bottles Old Medicine (1970) est la restitution parfaite de ce folk-rock-blues instrumenté a minima. Signé par Dandelion Records (1969/1972), le label idéaliste de John Peel, Medecine Head est un mélange de douceur folk rock et de lourdeur blues, traité sans overdubs, sans retouches, enregistré dans les conditions du direct, mixé et achevé en à peine trois heures.

Pour ceux qui connaissent, Pictures In The Sky, leur succès le plus marquant de 1971… et bien, New Bottles Old Medicine est dans la même veine. Ca fleure bon le naturel et c’est diablement bon. Ok, Medicine Head a rarement été à la une des presses musicales de l’époque et moi-même, de son temps, bien qu’ayant eu vent de ces énergumènes hors pair, j’ai toujours privilégié les standards que le rock nous proposait. Réécouté aujourd’hui, Medicine Head prend une autre dimension et vous comprendrez aisément pour quelles raisons (RAZOR©).

 

1. When Night Falls.

2. Ooee Baby.

3. Next Time The Sun Comes Round.

4. This Love Of Old.

5. Home's Odyssey.

6. Oh My Heart To Peace.

7. Do It Now.

8. Be It As We Are.

9. Fire Under Mountain.

10. Two Men Now.

11. Crazy 'Bout You Baby.

12. Goin' Home.

13. His Guiding Hand.

14. Walkin' Blues.

 

John Fiddler:guitare,cymbales,batterie,chant.

Peter Hope-Evans:harmonica,guimbarde,percussions.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.