Michael Bloomfield.

BIOGRAPHIE.

 

MIKE BLOOMFIELD/Chicago (Illinois)

 

Bloomfield 1

 

Né Michael Bernard Bloomfield, le 28 juillet 1943 à Chicago (Illinois).

Décédé le 15 février 1981 à San Francisco (Californie).

Actif entre 1964 et 1981.

Label:Columbia,Takoma.

Genre:blues,blues-rock, Chicago blues.

Site officiel:mikebloomfield.com

 

Une vie vouée au blues.

Michael Bloomfield a donné sa vie au blues. A chaque seconde de son existence, il était blues, il vivait blues, il respirait blues. Il en est mort, au bout d’une seringue ; Mike était le premier grand guitar-hero des américains.

Tenu en haute estime par les plus grandes figures de l’instrument et de l’époque, les King, les Waters, les Clapton, Bloomfield, bluesman blanc, fut un exemple et une influence pour des générations entières de gratteurs.

Dans une grosse quinzaine de jours (le 15 février 2015), cela fera 35 ans que sa guitare s’est tue. Trop tôt. Beaucoup trop tôt, à 37 ans et sans avoir vraiment le sentiment que Bloomfield ait été au bout des choses en 15 ans de métier seulement, ni n’ait obtenu le retour sur investissement que sa seule virtuosité aurait dû lui accorder de droit. Il était un immense guitariste.

Né avec une cuillère d’argent dans la bouche, ce fils d’une famille juive de Chicago ne voue pas une passion particulière pour l’école ; son crédo, c’est la musique et plus particulièrement le blues, le rock et la soul émis depuis les ondes des radios de l’Illinois et auxquelles il est littéralement scotché jour et nuit.

Une vague de blues blanc.

La musique, c’est son truc. Il accueille donc sa première guitare comme une occasion unique de s’y exprimer. Ado, il voue une dévotion au blues et à bien l’intention de s’y consacrer corps et âme. C’est l’époque des premières soirées passées à mater les maîtres du genre dans les clubs de blues de Chicago comme le Theresa's Lounge, le Sylvio's, le Smitty's Corner, le Florence Lounge, le Pepper's Hide Out, le David & Thelma's où produisent les glorieux anciens tels Howling Wolf, Muddy Waters, Elmore James et Hound Dog Taylor.

Très vite, de spectateur il passe acteur et tape le bœuf avec les bluesmen blacks, les Sleepy John Estes, Yank Rachell, Little Brother Montgomery. Muddy Waters va même jusqu’à l’adopter.

Au contact de ces précepteurs, Mike apprend vraiment ce qu’est le blues, point de convergence entre les minorités qui souffrent : les blacks et les juifs. C’est lui qui le dit.

Sur la très active scène de Chicago du début des 60’s et notamment au Fickle Pickle, Michael rencontre des musiciens blancs aussi fondus de blues que lui, comme le chanteur et harmoniciste Paul Butterfield, le claviériste Mark Naftalin, le guitariste Elvin Bishop et dans l’entourage desquels se profile l’auteur-compositeur et interprète Nick Gravenites, dit The Greek. Mike Bloomfield n’est donc pas un cas isolé ; on peut alors parler de vague de blues blanc.

Bloomfield butterfieldAvec le Paul Butterfield Blue Band.

Bloomfield electric flagAvec The Electric Flag.

Bloomfield super sessionSuper Session avec Al Kooper.

Highway 61 Revisited, Paul Butterfield…

En 1964, c’est pourtant la direction de New York que le folkeux et joueur de blues acoustique qu’il est encore, prend pour tenter sa chance. Déjà musicien de session sur la scène de Chicago, il participe à l’enregistrement de Highway 61 Revisited de Dylan, après que John Hammond, dénicheur de talents et producteur de Columbia, ne l’ait découvert et ne le signe, ce qui ne fut pas sans poser problème, le label ne sachant pas vraiment comment promouvoir un guitariste de blues blanc. 

Début 1965, Mike intègre le Paul Butterfield Blues Band, juste avant que celui-ci n’entre en studio pour son extraordinaire premier LP éponyme (1965) et qu’il ne se fasse le complice du controversé passage à l’électrique de Dylan, lors du festival de Newport 65.

Cette association, avec Butterfield et à Chicago, est quasi inéluctable, étant tous deux des piliers de cette scène blues électrique et ce, même si les choses ne se passent pas aussi simplement qu’il n’y paraît.

Paul Butterfield n’apprécie pas beaucoup Bloomfield, mais il a besoin d’un guitariste et il sait le talent de Mike. Il connaît l’oiseau depuis quelque temps et, bien qu’il ne ne le prenne pas trop au sérieux, va pourtant lui laisser une chance. Le blues va les réunir et se charger d’accorder ces deux personnalités complètement opposées.

Michael donne le meilleur de lui-même ; l’union de Bloomfield et de Butterfield, soutenu par un line-up prestigieux (Elvin Bishop, Mark Naftalin, Sammy Lay, Jérôme Arnold) est une aubaine pour le groupe, qui ne tarde pas à devenir un des meilleurs du milieu des 60’s comme le démontre le deuxième album East-West (1966).

L’American Music Band avant l’Electric Flag.

Lassé des contraintes de la route, fatigué par les tournées croissantes, de plus en plus éreintantes du fait des abus qui les accompagnent, Bloomfield quitte le Paul Butterfield Blues Band.

Il a en tête de monter sa propre formation pour faire les choses à son rythme, à son goût, selon ses propres règles et sans quelqu’un sur le dos. Au regard de son idée obsédante depuis son adolescence, de fusionner le blues, le jazz, la soul de chez Stax et le R & B, il fonde l’American Music Band conçu pour donner le jour à ce projet de ce qu’il appelle « musique américaine ». Cette identité s’efface au profit d’un groupe dont le nom sonne mieux : The Electric Flag (1967). Autour de lui, du beau linge : Nick Gravenites, Harvey Brooks, Barry Goldberg et Buddy Miles, le tout sous la direction d’Albert Grossman, le manager de Bob Dylan.

L’Electric Flag s’installe à San Francisco et signe rapidement la B.O du film The Trip de Roger Corman, avec Peter Fonda et Denis Hooper, sur un scénario de Jack Nicholson, dont le sujet réfère à une expérience sous LSD. Peu après les sessions de The Trip, le groupe apparaît officiellement pour la première fois en public le samedi 17 juin 1967 au Monterey International Pop Music Festival. Comme les Who, mais sous The Mike Bloomfield Thing. C’est là que l’idée de donner au groupe une nouvelle identité germe et que l’anecdote du drapeau de Ron Polte, manager de Quicksilver Messenger Service, oriente Bloomfield et les siens vers ce nom.

The Trip et Monterey sont une excellente vitrine pour le projet de Bloomfield qui, malgré tous les efforts consentis à tous les niveaux, demeure quasi inconnu du public américain. Entre un disque sous American Music Band et un manque flagrant de matière personnelle, Electric Flag marque le pas, le temps de se constituer un répertoire de titres à même de pouvoir figurer sur un album. Des tournées régionales et nationales meublent son quotidien du moment. Faute de grives, on mange des merles.

Dire que son premier LP était très attendu est un euphémisme. Celui qui ouvre le catalogue, A Long Time Comin’ sort finalement en mars 1968 après des sessions d’enregistrements ayant duré 6 mois. Si cet album s’est fait désirer, la raison en incombe essentiellement aux turbulences que connaît Electric Flag en interne. La toxicomanie et les addictions qui s’y rattachent ralentissent et retardent l’évolution du groupe : Barry Goldberg, Mike Bloomfield, ainsi que les membres de la section cuivres Peter Strazza et Marcus Doubleday sont tous junkies. Un véritable gâchis.

Malgré cela, ce disque tant attendu, fusion de rock psychédélique, de soul, de blues et de jazz s’en sort très bien et affiche une belle cohérence. Mike Bloomfield y laisse cependant des plumes sur le plan physique, à cause d’insomnies récurrentes à laquelle l’héro n’est pas étrangère, et dans le domaine mental, du fait d’un Buddy Miles pesant trop fortement sur la démarche artistique d’une formation dont il est le fondateur et celui qui en a fixé la ligne musicale. L’Electric Flag lui échappe, il préfère lui tourner le dos avant de repiquer au truc en 1974 pour une reformation sans intérêt et condamnée avant d’avoir existé.

Bloomfield gravenites

« Mike Bloomfield ? C’est son caractère qui m’a le plus impressionné. Il était si charismatique que tout le monde voulait l’approcher, le toucher. Il était intelligent, drôle, généreux, compatissant. On est loin des clichés qui courent sur lui. Il était une personnalité et ceux qui l’ont connu savent combien les rapports avec lui étaient profonds.

Il était aimé parce qu’il t’aidait à construire ta vie, à en faire quelque chose de bien. C’est vrai qu’il avait des problèmes psychologiques, notamment insomniaque et que cela l’a beaucoup affecté, mais jamais il ne s’est soucié de la fortune et de la gloire. Entre lui et le milieu cannibale de l’industrie du disque, c’était une guerre. Il n’a jamais travaillé main dans la main avec ceux qui l’exploitaient. » (Nick Gravenites)

Super Session, dans les annales du rock.

A sa sortie de l’Electric Flag, Mike Bloomfield est l’artiste central du projet de Super Session (1968) organisé par son pote Al Kooper. Il consiste en une jam session articulée autour du guitariste sur deux journées. 5 titres improvisés sont déjà dans la boite, quand Mike Bloomfield est victime d’un malaise.

Souffrant d’insomnie et de problèmes psychologiques, affaibli par les drogues qu’il prend abondamment, il finit à l’hôpital. Il n’est plus en mesure de boucler l’album en question ; Stephen Stills est appelé à la rescousse pour, le deuxième jour, pallier la défaillance du natif de Chicago. Super Session devient un disque culte du rock et l’album le plus vendu de l’artiste.

Par revanchard, ni aigri, Al Kooper renouvèle sa collaboration avec Mike Bloomfield et lui propose d’enregistrer, sous leurs noms respectifs, un album en public (The Live Adventures of Mike Bloomfield and Al Kooper/1969). Construit autour d’un répertoire essentiellement de reprises, il se fait sur 3 jours (26 au 28 septembre 1968) au Fillmore West de San Francisco. Santana et Elvin Bishop y font une pige.

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        Avec le KBC.

Bloomfield seul

Une carrière alors très inégale.

Un peu plus tard dans l’année, mi-décembre 68, le duo se retrouve cette fois au Fillmore East où, toujours en live mais avec un autre line-up (Paul Harris au piano, Jerry Jemmott à la basse et John Cresci à la batterie), signe l’album Fillmore East : The Lost Concert Tapes 12/13/68, toujours placé dans un registre essentiellement blues-rock. Y apparaît le jeune Johnny Winter. 

A partir de 1969, année de la sortie de son indigent premier opus solo, It’s Not Killing Me, Mike Bloomfield commence à se disperser. On le retrouve dans des sessions, des collaborations diverses ou des musiques de film (Cage Heat avec John Cale/1975).

Pour exemple, il collabore avec Barry Goldberg (Two Jew’s Blues/1969), avec Nick Gravenites (My Labors/1969) où il est l’auteur d’un solo époustouflant sur Moon Tune, avec Gravenites, Naftalin et Taj Mahal (Live at Bill Graham's Fillmore West -1969), avec Muddy Waters (Fathers and Sons (1969), avec Janis Joplin (I Got Dem Ol' Kozmic Blues Again Mama /1969), avec Brewer & Sipley (Weeds/1969), avec Dr John et John Paul Hammond (Triumvirate/1973). Triumvirate est son ultime LP pour Columbia.

Le blues américain pleure son guita-hero.

En 1974, il prend part au furtif projet de supergroupe, KGB, avec Barry Goldberg, Ray Kennedy, Rick Grech et Carmin Appice. Il n’y croit guère et se retire peu de temps après l’avoir intégré. Quelques albums personnels inégaux viennent se greffer sur cette période d’errance personnelle, passée à se satisfaire de prestations dans des petites formations la Baie de San Francisco. Michael s’éteint le 15 février 1981, au volant de sa voiture, d’une overdose. Le blues perd un de ses acteurs les plus prestigieux. Les Joe Bonamassa, Arlen Roth, Slash, Jimmy Vivino, Chuck Marteau, Eric Johnson, Elliot Easton, Robben Ford, John Scofield, Jimmy Herring, Phil Keaggy

savent tout ce qu’ils lui doivent, Carlos Santana notamment, qui dit de lui : « la première fois que j'ai vu Mickael jouer de la guitare, ça a littéralement changé ma vie au point de me dire : c'est exactement ce que je veux faire pour le restant de mes jours ».  (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 60'S PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND.

LP Studio 1 - 1965

 

Paul butterfield blues band lp 1965

 

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND – 1965  4,5/5

 

Sortie en septembre 1965.

Produit par Paul Rothchild.

Durée:38:15.

Label:Elektra Records

Genre:blues-rock,blues,Chicago blues.

 

La chute des barrières raciales.

 

A l’instar de l’autre groupe de blues de l’époque à atteindre la popularité à la même époque, les Bluesbreakers de John Mayall par lequel sont également passés les plus grands, le Paul Butterfield Blues Band joue et chante le blues comme les noirs.

Les premiers bluesmen blancs du PBBB sont aussi un groupe multiracial avec Paul Butterfield et Elvin Bishop qui, en 1963, unissent leurs destinées musicales à la superbe section rythmique d’Howlin Wolf, le bassiste Jerome Arnold et Sam Lay, batteur.

Rejoint par le guitariste de légende qu’est Mike Bloomfield, formé à l’école du blues noir, le PBBB, groupe du premier concert du Dylan version électrique (1965) voit Mark Naftalin (claviers) compléter le line-up en cours d’enregistrement.

Il sort cet album éponyme The Paul Butterfield Blues Band (en écoute intégrale ici) chez Elektra Records, album dont 7 titres sur les 11 proposés, sont des reprises ; l’album original a été mis de côté un moment, avant d’être réenregistré avec les claviers de Naftalin. La classe moyenne américaine va alors prendre une claque énorme dans les dents avec ces musiciens de blues blanc qui viennent bouleverser leur quotidien.

Du jamais entendu ! Ouvert sur une composition granuleuse due à Nick Gravenites, Born In Chicago, le disque enchaîne sur des bons classiques du blues empruntés à Elmore James (Shake Your Money Maker et Look Over Yonders Wall  de 1961), à Ann Cole, mais popularisé en 1957 par Muddy Waters (I Got My Mojo Working), de Little Walter (Blues With A Feeling de 1953 et Mellow Down Easy, composée par Willie Dixon en 1954), de Junior Parker (Mystery Train de 1953, popularisé par Presley en 1957), de Scrapper Blackwell (Last Night 1935) .

Butterfield est doté d’une voie apprêtée pour ce registre musical, son harmonica est fougueux et omniprésent. La section rythmique est colossale. Les deux guitaristes, Bishop et Bloomfield sont sublimes. Aux claviers, Naftalin apporte sa touche personnelle. Les décibels fusent.

La production est de Paul Rothchild qui capte toute cette énergie avec un grande compétence. Il en découle forcément une petite merveille de Chicago Blues qui va bien vite faire parler de lui.

En dépit de cette popularité incroyable, le PBBB n’a jamais figuré dans les charts. Surprenant pour un groupe qui, avec son album éponyme, a posé les jalons du blues-rock blanc (RAZOR©).

 

1. Born In Chicago.
2. Shake Your Money Maker.
3. Blues With A Feeling.
4. Thank You Mr. Poohbah.
5. I Got My Mojo Working.
6. Mellow Down Easy.
7. Screamin'.
8. Our Love Is Drifting.
9. Mystery Train.
10. Last Night.
11. Look Over Yonders Wall.

 

Paul Butterfield:chant,harmonica.
Elvin Bishop:guitare.
Mike Bloomfield:guitare.
Jerome Arnold:basse.
Sam Lay:batterie.
Mark Naftalin:claviers.

 

LP Studio 2 - 1966

 

Paul butterfield blues band east west

 

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND

EAST-WEST – 1966  5/5

 

Publié en août 1966.

Produit par Mark Abramson,Paul Rotschild.

Durée:44:21.

Label:Elektra.

 

Impossible d’y échapper.

 

Hormis le titre qui donne son nom à l’album qui nous concerne, East-West (en écoute intégrale ici), ce disque comporte des reprises ancrées dans le blues électrique urbain de Chicago. Incorporant des touches de jazz moderne et plus expérimental, ce deuxième LP du Paul Butterfield Blues Band prend une direction artistique différente par rapport à l’album éponyme précédent et ouvre une brèche dans l’expérimentation musicale liée à la fin des années 60.

Sous la conduite de son chef d’orchestre, le blues expérimental de Paul Butterfield Blues Band va plus loin que le blues traditionnel. Cette orientation psychédélique se traduit par un morceau titre, improvisé pour l’essentiel, qui fusionne, pour la première fois, le blues et le jazz et des influences venues de l’Inde.

Unique participation de Billy Davenport qui vient tout juste d’intégrer l’unité, East-West voit Bloomfield et Arnold quitter le groupe sitôt le travail de studio achevé. Bloomfield s’y fait d’ailleurs plus discret, même s’il brille encore de mille feux dans le long solo improvisé dans le jam-titre qui, à elle seule justifie amplement l’acquisition de ce disque.

13 minutes de pur régal et de sonorités jamais entendues dans la musique jusqu’alors, composées par le duo Butterfield et Bloomfield, les blancs becs de Chicago. Un must de l’acid-rock.

A côté de ce titre exceptionnel, on a également un lot de belles reprises de blues roots et de R & B empruntées aux géants du blues : Walkin’ Blues à Robert Johnson, Two Trains Running à Muddy Waters ou encore Get Out Of My Life Woman d’Allen Toussaint, Mary Mary, l’instrumental Work Song aux influences jazz.

S’il n’a pas flambé dans les bacs en pointant seulement au rang 65, East-West a malgré tout suscité l’intérêt du public blanc américain ; il n’en constitue pas moins un tournant pour le blues et la critique l’a compris qui l’encense. Entièrement dévoué à la cause du blues, 49 ans après, il sonne toujours aussi merveilleusement bien, le temps n’ayant en rien altéré sa fraîcheur et sa force.

Entre Rothchild à la console, sommité technique derrière les Doors, Paul Butterfield et son harmonica épais, les Twin Towers de la gratte, Bloomfield/Bishop, Naftalin aux claviers, c’est du grand art. On n’y échappera pas, sans quoi on risque de passer pour un piètre collectionneur et un gros naze : c’est, en effet, le disque qu’il faut avoir de ce groupe (RAZOR©). 

 

1. Walkin' Blues.

2. Get Out of My Life, Woman.

3. I Got a Mind to Give up Living.

4. All These Blues.

5. Work Song.

6. Mary, Mary.

7. Two Trains Running.

8. Never Say No.

9. East-West.

 

Paul Butterfield:chant,harmonica.
Elvin Bishop:guitare.
Mike Bloomfield:guitare.
Jerome Arnold:basse.
Billy Davenport:batterie.
Mark Naftalin:claviers.

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S THE ELECTRIC FLAG

LP Studio 1 - 1968

 

Electric flag long time comin

 

THE ELECTRIC FLAG

A LONG TIME COMIN’ – 1968  5/5

 

Publié en mars 1968.

Produit par John Court.

Durée:37:06.

Label:Columbia Records.

Genre:blues-rock,blues,soul.

 

Ils avaient pourtant toutes les cartes en main …

 

Après un premier disque fait pour les besoins d’un film avec Peter Fonda, The Trip, Electric Flag sort un premier LP, A Long Time Comin’ (en écoute intégrale ici) qui tarde sérieusement à venir. Au regard de ce qu’il restitue, il eut été dommage que le projet fut annihilé par les problèmes qui minent le groupe de l’intérieur : la drogue et les égos. On n’en était pas loin car, immédiatement après sa publication et, après grosso modo une année d’existence, Bloomfield claque la porte, rejoint par Goldberg qui, sage préfère penser à sa santé avant tout. Imaginez le climat.

C’est à Monterey et devant plus de 50.000 personnes qu’Electric Flag se fait remarquer et signer dans la foulée par Columbia Records. Malgré les tournées qui s’enchaînent dans l’après Monterey, le groupe demeure quasi inconnu sur la scène musicale. Il lui faut donc coûte que coûte un LP pour assurer sa promotion un peu partout, d’autant qu’entre American Music Band et Electric Flag, les fans, très demandeurs, y perdent leur latin.

L’ambitieux et prometteur A long Time Comin’ apporte de l’eau au moulin de leur notoriété et répond à l’attente mais celle-ci se révèle très éphémère, Electric Flag ne réalisant que deux albums avant de se dissoudre.

A Long Time Comin’ se distingue pourtant dans le théâtre musical ambiant par une fusion très réussie de blues, de rock, de jazz et de rythm & blues, fusion dans laquelle les cuivres prennent une place majeure et ce, pour la première fois dans une unité pop-rock.  C’est malheureux à dire, mais cet album qui n’est pas sans évoquer Chicago, est déjà l’apogée de l’Electric Flag. Avec tout le talent qui fut le sien, et vous en avez l’incontournable preuve ici, son parcours est un véritable gâchis.

A Long Time Comin’ début d’une manière on-ne-peut-plus insolite par un discours devant le congrès américain de Lyndon Johnson, le Président des Etats-Unis évoquant la dignité de l’homme et qu’un rire franc, ironique et des applaudissements nourris viennent interrompre, histoire de laisser la place à Killing Floor d’Howlin’ Wolf, à charge pour ce titre de faire les présentations entre l’Electric Flag dont on parle tant mais dont on sait peu et le public. Cette façon de refaire le coup de « ôte-toi d’là que j’y mette ! » en mode Chicago Blues met aussitôt Mike Bloomfield sous les projecteurs et rappelle d’où il vient. Le manche de la guitare se met déjà à fumer.

Et derrière, ça ne lève pas le pied : Groovin’ Is Easy, la chanson d’Electric Flag par définition, celle qui nous rappelle le meilleur dans le pire, avec un Gravenites qui s’offre son moment de popularité, Over-Lovin’ You, magnifique œuvre du tandem de l’écriture Bloomfield/Goldberg qui situe la haute virtuosité du jeu de basse d’Harvey Brooks, le boogie-rock dansant Wine, Texas avec Buddy Miles au chant, Sittin’ In Circles qui s’ouvre sous une pluie d’orage, Another Country. Trop court au regard de ce qu’il aurait pu donner s’il avait été allongé comme un Cadbury, Easy Rider conclue de la meilleure des façons un album remarquable et dont la section cuivres, fait rare pour ne pas dire jamais exploite jusqu’alors dans le genre, est d’une audace incroyable avant d’être un atout indéniable. Le concept, avec ses multiples influences, est original et aurait mérité d’être approfondi. On sait ce qu’il advient maintenant de la suite (RAZOR©).

 

1. Killing Floor.

2. Groovin' Is Easy.

3. Over-Lovin' You.

4. She Should Have Just.

5. Wine.

6. Texas.

7. Sittin' in Circles.

8. You Don't Realize.

9. Another Country.

10. Easy Rider.

 

Nick Gravenites:chant,percussions.
Mike Bloomfield:guitare.
Harvey Brooks:basse,guitare.
Buddy Miles:batterie.
Barry Goldberg:claviers.
Herbie Rich,Peter Strazza:saxophone.
Marcus Doubleday:trompette.

 

 

LP Studio 3 - 1974

 

Electric flag the band kept playing

 

THE ELECTRIC FLAG

THE BAND KEPT PLAYING – 1974  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Jerry Wexler.

Durée:42:25.

Label:Atlantic Records.

Genre:blues-rock,hard rock.

Que de regrets !

 

Que de regrets !

 

Electric Flag se désintègre, en 1969, après avoir sorti leur deuxième album An American Music Band.  5 ans après, les mêmes, dont Mike Bloomfield, se retrouvent pour publier un troisième album du nom de The Band Kept Playing (en écoute intégrale ici), produit par Jerry Wexler pour Atlantic Records.

Commercialement parlant, il ne pèse pas bien lourd s’il contient néanmoins de très bons morceaux de blues teintés de soul, de rock, de funk comme le soul-rock Earthquake Country, Doctor Doctor, et l’excellente Every Now & Then, signée Buddy Miles, il souffre par trop d’un manque flagrant de pêche. Par contre, le bon est très bon et prend place dans les meilleurs titres jamais réalisés par l’Electric Flag qui a le privilège de pouvoir disposer de trois chanteurs talentueux : Buddy Miles, Nick Gravenites et celui arrivé entre temps, Roger Jellyroll Troy.

The Band Kept Playing n’est pas mauvais, il manque tout simplement d’énergie et d’imagination. Avec la production insipide de l’ami Wexler mettant un peu trop l’accent sur les cuivres, pas pour le meilleur effet, il n’en faut pas plus pour que le plaisir engendré par les titres les plus en vue s’en trouve quelque peu gâché. Dommage (RAZOR©).

 

1. Sweet Soul Music.
2. Every Now & Then.
3. Sudden Change.
4. Earthquake Country.
5. Doctor, Doctor.
6. Lonely Song.
7. Make Your Move.
8. Inside Information.
9. Talkin' Won't Get It.
10. The Band Kept Playing.

 

Nick Gravenites:chant,guitare.
Mike Bloomfield:lead guitare.
Buddy Miles:chant,batterie.
Barry Goldberg:claviers.
Roger (Jellyroll) Troy:basse,chant.
Richard Newell:harmonica.
Terry George:guitare.
Richard Tee:claviers.
Barry Beckett:synthétiseurs Mellotron et Moog.

DISCOGRAPHIE 60'S BLOOMFIELD KOOPER STILLS

LP Studio - Jam Session - 1968

 

Bloomfield kooper stills super session

 

BLOOMFIELD, KOOPER, STILLS

SUPER SESSION  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Al Kooper.

Durée:50:19.

Label:Columbia.

Genre:blues,blues-rock.

 

A faire sien, les yeux fermés.

 

Il aura fallu un jam de 9 heures, en 1968, pour que naisse Super Session (en écoute intégrale ici), cet album extraordinaire qui reprend, pour l’essentiel de son répertoire, des grands classiques blues et pop-rock ! Dois-je vous présenter les lascars qui œuvrent sur Super Session ? Dans l’ordre, Mike Bloomfield, un musicien multi-instrumentiste hyper doué, un des meilleurs guitaristes de tous les temps, mais, hélas, héroïnomane invétéré, dont le talent s’est révélé sur Highway 61 Revisited de Dylan, puis aux côtés de Paul Butterfield, avant de voler de ses propres ailes dans Electric Flag qu’il fonde en 1967. Ensuite, Al Kooper, qui fondera le fameux Blood Sweat and Tears et enfin, le fameux Stephen Stills du CSNY, de Manassas et de…Véronique Sanson.

Un magnifique disque !  Albert’s Shuffle (composé par Bloomfield comme His Holy Modal Majesty et Really), blues torride, plante le décor avec une Gibson aux sonorités étonnantes merveilleusement maîtrisée par Bloomfield, relayée par le clavier de Kooper et soutenue par une basse efficace tenue par Harvey Brooks et agrémenté de petits solis de cuivres. C’est pur et beau comme du cristal.

Et ça continue dans la même teneur avec Stop, le deuxième morceau, un blues shuffle, un des titres phares de l’album, puis avec Really, blues plus lent à la B.B. King. Et il y a ce phénoménal Season Of The Witch (sur l’autre face du vinyle) joué par un Stills des grands jours pendant plus d’une dizaine de minutes. Ce morceau vaut son pesant d’or certes, mais toutes les compositions sont promptes à vous faire craquer pour ce disque bénéficiant de belles et inspirées improvisations.

Mike Bloomfield, tout en fluidité, assure alors une magnifique face A avant de se rétracter alors que le projet initial tournait essentiellement autour de lui. Partant de cette défection subite, Stills, dans un autre registre, plus psychédélique, joue les pompiers de service et permet de boucler l’album.

Le concept de l’album que l’on doit à Al Kooper (producteur chez Columbia en 1968) était de réunir des musicos de talent pour une jam session. Le but était de s’enfermer en studio (ce qu’ils ont fait durant 9 heures pour enregistrer cinq titres), de laisser le talent s’exprimer et de transmettre de l’émotion. Malgré les déboires qui ont perturbé son initiateur, Al Kooper, ce dernier n’en parvient pas moins à réaliser un album des plus équilibrés. L’exploit n’est pas peu mince et annonce ses futures réussites à la prod.

Super Session est un album superbe et une réunion au sommet historique mais il est avant tout celui d’un homme : Mike Bloomfield, de la race de ceux qu’on appelle guitar-hero. A posséder (RAZOR©).

 

1. Albert's Shuffle.

2. Stop.

3. Man's Temptation.

4. His Holy Modal Majesty.

5. Really.

6. It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry.

7. Season Of The Witch.

8. You Don't Love Me.

9. Harvey's Tune.

 

Mike Bloomfield:guitare électrique de 1 à 5.

Stephen Stills:guitare électrique de 6 à 9.

Al Kooper:piano,orgue,chant,guitare 12 cordes et électrique.

Barry Goldberg:piano électrique.

Harvey Brooks:basse.

Eddie Hoh:batterie.

DISCOGRAPHIE 60'S AVEC NICK GRAVENITES

LP Live 1 - 1969

 

Bloomfield live fillmore graham 69

 

MIKE BLOOMFIELD

LIVE AT BILL GRAHAM’S FILLMORE WEST – 1969  4/5.

 

Publié en 1969.

Enregistré au Fillmore West les 30 janvier et 2 février 1969.

Produit par Elliot Mazer.

Durée:48:45.

Label:Columbia Records.

Genre:blues, blues-rock.

 

Bloomfield au zénith.

 

Mike Bloomfield et Nick Gravenites, c’est de l’histoire ancienne commencée sous le Paul Butterfield Blues Band. Les acteurs de ce Live at Bill Graham’s Fillmore West, enregistré lors de deux dates à cheval sur janvier et février 69, sont des piliers de la scène de blues blanc qui a émergé 5 ans plus tôt à Chicago d’où ils sont originaires. Nick Gravenites a été du Big Brother & The Holding Company de la reformation, ainsi que le co-fondateur de l’Electric Flag avec Mike.

Pour faire simple, ces enregistrements live sont scindés en deux parties, l’une affectée à Bloomfield, le Live at Bill Graham’s Fillmore West et qui nous intéresse, l’autre parue sous My Labors et créditée à Gravenites.

Chacun a le sien, pas de jaloux. Avec Gravenites comme associé, les mêmes musiciens, la même section de cuivres, à la différence près que Live At Bill Graham’s Fillmore West (1969) n’est pas plombé par un remplissage studio, comme c’est le cas pour My Labors et qui le pénalise.

A mon sens, je ne trouve pas judicieux qu’il ait été fait appel à d’autres participations au niveau vocal (Mike Bloomfield, Taj Mahal et Bob Jones), compte tenu que le binôme Gravenites (chant) et Bloomfield (guitare) fonctionne parfaitement et n’a pas vraiment besoin de ça. 

Live At Graham’s Fillmore West est meilleur que son alter ego. Mieux, il est parfois extraordinaire, à l’image des deux anthologiques Blues On A Westside et It Takes Time d’Otis Rush et Willie Dixon. Cet album nous situe surtout où en est Bloomfield à se stade de son parcours professionnel. La réponse ne tarde pas à tomber : au top.

Celui à propos duquel Carlos Santana dit qu’il a changé sa vie, rend une copie techniquement impeccable et prouve, à la face du monde, qu’il est bien l’un des trois meilleurs guitaristes de blues de tous les temps (RAZOR©).

 

1. It Takes Time.

2. Oh Mama.

3. Love Got Me.

4. Blues On a Westside.

5. One More Mile to Go.

5. It's About Time.

7. Carmelita Skiffle.

 

Michael Bloomfield:guitare,chant.

Nick Gravenites:chant.

Mark Naftalin:piano.

Ira Kamin:orgue.

John Kahn:basse.

Bob Jones:batterie,choeurs..

Dino Andino:congas.

Noel Jewkis:saxophone ténor.

Gerald Hoshita,Snooky Flowers:saxophone baryton.

John Wilmeth:trompette.

Taj Mahall:choeurs.

Jesse Ed Davis:guitare.

LP Live 2 - 1969

 

Bloomfield gravenites my labors 69

 

NICK GRAVENITES WITH MICHAEL BLOOMFIELD

MY LABORS – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Enregistré les 31 janvier et 2 février 1969.

Produit par Eliot Mazer.

Durée:71:12.

Label:Columbia.

Genre:blues,blues-rock.

 

Illustre soirée.

 

La soirée qui prête son cadre à ce disque est une idée de Bill Graham, l’homme derrière le Fillmore West de San Francisco. Elle entre dans un projet que ce fantastique promoteur de concerts a d’y organiser quelques nuits du blues, à des fins de réaliser un disque.

Parmi ceux auxquels la proposition est faite, le guitariste fabuleux Mike Bloomfield, un ami de Bill et habitué des lieux, alors au sommet d’une carrière magnifiée par l’exceptionnel (mais inachevé en ce qui le concerne) Super Sessions et The Live Adventures Of Mike Bloomfield And Al Kooper.

Ce dernier accepte et réunit un parterre de potes pour l’occasion, notamment Nick Gravenites, partenaire sous la tunique d’Electric Flag et Mark Naftalin, avec lequel il se lie d’amitié du temps du Paul Butterfield Blues Band.

Cette illustre soirée (enregistrée entre le 30 janvier et le 2 février 1969) fait bien l’objet d’un disque, mais pas sous la forme imaginée… Ces enregistrements au Fillmore sont en effet scindés en deux supports bien distincts, l’un affecté à Nick Gravenites (My Labors-1969), l’autre revenant de droit à Mike Bloomfield et identifiable sous le nom de Live At Bill Graham’s Fillmore West (1969).

Les motivations dictant cette décision de séparer la soirée en deux parts équitables se devinent aisément. « Toi tu prends ça, moi ça. Celui-là c’est pour moi, toi tu peux mettre celui-là. Celui-là, c’est toi qui l’a écrit alors tu l’embarques… ». C’est un peu dans cet état d’esprit mercantile, intéressé et idiot que s’est fait ce disque.

Il n’est pas nécessaire chercher un quelconque fil conducteur ici ou une logique d’albums. Raven a, depuis, corrigé le tir en répartissant les deux albums de 1969 dans sa réédition et à en faire un ensemble cohérent.

Pour l’heure, pris individuellement, on ne retiendra de ces deux LP que l’essentiel : le spectacle. Fabuleux, ça explose sans attendre ! S’appuyant sur des compositions de Gravenites ainsi que sur des reprises, le répertoire est gagnant et sublimement interprété par un line-up trié sur le volet, rehaussé par des cuivres, mais essentiellement porté par la guitare ardente et chauffée à blanc de Bloomfield qui n’en finit pas de s’épancher dans de juteux solos, sans toutefois que celui-ci n’en fasse trop.

Nick Gravenites, au chant, montre de belles aptitudes et dévoile une belle inspiration dans son écriture, comme c’est le cas en ce qui concerne la partie studio qui complète l’événement live.

Comme le son de Labors est excellent, tous les ingrédients sont réunis pour passer un moment exceptionnel. Le heavy blues Killing My Love démarre en fanfare la partie live, relayé par un contenu, mais incontournable Gypsy Good Time et un Holy Moly qui n’est pas sans évoquer l’époque Electric Flag. Moon Tune conclut comme il a commencé la face A du support que nos aïeuls appelaient alors vinyle ou galette.

D’aucuns pourrons trouver les trois titres suivants (My Labors, Throw Your Dog A Bone et As Good As You’ve Been To This World) un peu fades par rapport à leurs prédécesseurs et un motif suffisant pour les sauter. Vrai, mais c’est le contexte de l’époque qui voulait ça que de mêler studio et live. Ils font office de remplissage, c’est certain. L’album y perd en cohérence certes, mais la matière proposée par Gravenites n’est pas vilaine non plus, alors…

Et puis, ils constituent une petite pause avant que les 13 minutes de Wintry Country Side ne nous ramènent au Fillmore West pour un round final époustouflant, d’abord contenu et débuté par une belle intro au piano de Naftalin, puis progressivement plus intense avant que la guitare tranchante de Bloomfield, qui se alors fait désespérément désirée, n’occupe le devant de la scène. Magique.

A l’heure du bilan, il est évident que cet album aurait mérité le maximum, et serait entré parmi les « anthologiques », s’il n’avait pas été pénalisé par le bricolage qui le caractérise avec l’apport studio. Mais avec des si… vous connaissez le dicton !

En y regardant de plus près, il aurait été plus judicieux d’en faire un album en commun et d’y faire figurer ce qui alimente Live At Bill Graham’s Fillmore West. Quoi que la version remastérisée, My Labors And More, avec trois bonus en plus, a de la gueule. Mais quand les intérêts priment sur l’art… (RAZOR©)

 

1. Killing My Love.

2. Gypsy Good Time.

3. Holy Moly.

4. Moon Tune.

5. My Labors.

6. Throw Your Dog a Bone.

7. As Good as You've Been to This World.

8. Wintry Country Side.

 

Michael Bloomfield:guitare,chant.

Nick Gravenites:chant.

Mark Naftalin:piano.

Ira Kamin:orgue.

John Kahn:basse.

Bob Jones:batterie,choeurs..

Dino Andino:congas.

Noel Jewkis:saxophone ténor.

Gerald Hoshita,Snooky Flowers:saxophone baryton.

John Wilmeth:trompette.

DISCOGRAPHIE POSTHUME

Live 1976/77 - 1998

 

Bloomfield live at the old waldorf 1998

 

MIKE BLOOMFIELD

LIVE AT THE OLD WALDORF – 1998  5/5

 

Publié en 1998.

Enregistré au Old Waldorf de San Francisco, entre décembre 1976 et mai 1977.

Produit par Norman Dayron.

Durée:47:39.

Label:Legacy Records.

Genre:blues.

 

Live de haute volée.

 

Le Dorf, comme il est communément appelé, est un petit club de San Francisco dans lequel les plus grands se sont produits : Gallagher, les Flamin’ Groovies, Jerry Garcia, Blue Oyster Cult… et Mike Bloomfield qui, dans cette boite de nuit célèbre et exigüe, ouverte par Jeff Pollack en 1976 et vendue à Bill Graham plus tard, évolue quasiment à domicile.

Presque tous les week-ends, entre janvier 1976 et août 1978, Mike Bloomfield y est l’attraction. L’environnement du Old Waldorf a ceci de rassurant et de régénérant que son intimité permet alors au guitariste san franciscain de faire retomber le soufflé à une période où sa carrière est à son point culminant et la pression qui l’accompagne à son comble.

Pour échapper à la Bloomfieldmania, Mike s’engage dans un circuit de petits clubs qui va le mener jusqu’à l’Old Waldorf. Entre décembre 1976 et mai 1977, en compagnie de Nick Gravenites (qui alimente l’album avec quatre de ses titres) et Mark Naftalin, les vieux complices de l’Electric Flag et du Paul Butterfield Blues Band, avec une section rythmique articulée autour de Roger « Jelly Roll » Troy (bassiste) et Bob Jones (batteur que l’on retrouve sur le Live At Bill Graham’s Fillmore West du tandem  Gravenites/Bloomfield), Mike Bloomfield n’a pour autre objectif que celui de prendre son pied avec ses potes et devant les siens.

La convivialité et la bonne ambiance se prêtent à cette démarche, aussi n’est-il pas surprenant que la prestation ne dévie souvent en bœuf de haute volée, mais pouvant aussi parfois servir de prétexte à faire n’importe quoi.

Sur les enregistrements compilés en 1998 pour les besoins du Live At The Old Waldorf (en écoute intégrale ici), quelques familiers s’invitent, comme ici, Barry Goldberg, organiste et co-fondateur de l’Electric Flag, comme Mark Adams, harmoniste talentueux de la baie de Frisco et George « Chuck » Rains, un batteur du cru.

Les Friends, comme ils se font appeler, constituent un soutien idéal à la guitare de Bloomfield. C’est en leur compagnie et en ces lieux que la légende de Bloomfield s’est construite. Sans ses incontournables amis qui connaissent leur Mike sur le bout des doigts et ses réunions informelles, l’histoire se serait peut-être écrite différemment.

Quoi qu’il en soit, la synergie entre ces musiciens est bien réelle. Preuve en est ce Live At Waldorf qui rend Bloomfield encore plus exceptionnel qu’on ne le dit, plus chaleureux qu’on ne le pense, plus libre et plus détendu que jamais. Sa guitare inspirée et maîtrisée lui vole alors la vedette et son jeu s’envole, sans limites, sans retenue, sans faille, élégamment.

Neuf titres extirpés de six spectacles différents permettent de l’accompagner dans sa quête de plaisir. Abordé sous l’angle d’un medley blues collecté à partir d’une performance live de 1974 à Sausalito et de reprises de B.B King (Sweet Little Angel) et d’Earl Hines (Jelly Jelly), ce premier titre est à lui seul révélateur de ce qui enchaîne.

Le très haut niveau occupe le terrain de cet album qui voit Mike passer avec grand talent, de la six cordes à la slide. Bad Luck Baby, The Sky Is Crying, Buried Alive In The Blues, Fool Dancin’, Feel So Bad restituent parfaitement l’osmose qui cimente ce band de fortune et sur lequel s’appuie Bloomfield pour lâcher les chevaux.

Naftalin, comme toujours, s’y montre subtil pianiste de blues ; il est certainement encore un des meilleurs aujourd’hui en activité. Nick Gravenites et Bob Jones, avec des arguments différents au chant, sont le complément idéal à la guitare de Bloomfield, artiste qui a pesé lourd sur l’orientation artistique de beaucoup de guitaristes et dont personne ne peut douter au vingt et unième siècle qu’il trône dans le top five des plus grands guitaristes de blues (RAZOR©).   

 

1. Medley:Sweet Little Angel/Jelly Jelly.

2. Feel So Bad.

3. Bad Luck Baby.

4. The Sky Is Crying.

5. Dancin' Fool.

6. Buried Alive in The Blues.

7. Farther Up the Road.

8. Your Friends.

9. Bye, Bye.

 

Mike Bloomfield:guitare,chant.

Nick Gravenites:chant sur 3/5/6/9.

Roger "Jellyroll" Troy:basse,chant sur 1/7/8.

Bob Jones:batterie,chant sur 2/4.

Mark Naftalin:piano.

Barry Goldberg:orgue.

George "Chuck" Rains:batterie.

Mark Adams:harmonica.

COLLECTION.

Coffret CD + DVD - 2014

 

Bloomfield from his head 2014

 

MICHAEL BLOOMFIELD

FROM HIS HEAD TO HIS HEART TO HIS HANDS – 2014  5/5

 

Coffret 3 CD + DVD publié en 2014.

Durée:192:43.

Label:Columbia,Sony Legacy.

Genre:pop-rock,blues,blues-rock.

 

C’est quand même beau l’amitié. Al Kooper était le grand pote de Mike Bloomfield et à voir From His Head To His Heart To His Hands (en écoute intégrale ici), la box anthologique que le premier consacre à son binôme disparu à l’âge de 37 ans (février 1981), son attachement au guitariste n’a pas failli depuis. Que ce soit Al, producteur expert, qui mène à terme cette magnifique rétrospective est finalement des plus logiques. Il est certainement celui qui l’a connu le mieux et le plus apte à collecter la croustillance de son œuvre.

Les fans de Bloomfield, dans l’attente d’une telle collection depuis sa mort, s’en réjouissent. 3 CD, un documentaire vidéo très captivant (Sweet Blues : A Film About Mike Bloomfield) et un livret très informatif habillent ce coffret magnifique et parfaitement ciblé par Kooper, dont il faut louer l’investissement et le travail technique ici. L’offre publiée sous l’identité de From His Head To His Heart To His Hands (2014) réinstalle sous les projos un artiste qui n’a pas eu, de son temps, la reconnaissance qui lui revenait de droit, au seul motif de son incroyable talent.

Respecté de ses pairs, notamment ceux de la branche blues, et des guitaristes pour lequel il était la voie à suivre, Michael Bloomfield de Chicago a influé sur de nombreux artistes. Le meilleur exemple est Carlos Santana qui, dès qu’il a vu Mike jouer de la guitare, a décidé d’en faire son instrument jusqu’à la fin de sa vie. Pour Dylan, il fut le plus grand guitariste qu’il n’ait jamais entendu. Cela se passe de commentaires.

La carrière de Bloomfield, une découverte de John Hammond père, mémorable dénicheur de talents (Count Basie, Leonard Cohen, Aretha Franklin, Billie Holiday, Pete Seeger, Bruce Springsteen, et surtout de Bob Dylan) s’étire sur une quinzaine d’années. Elle se répartit entre l’expérience Paul Butterfield Blues Band, précédée de la pige mythique avec Dylan (Highway 61 Revisited), et suivi par le projet de l’Electric Flag qu’il crée en 1967 avec Nick Gravenites et un Buddy Miles qui va vite plomber l’affaire. Les drogues aussi.

Mike Bloomfield, on le retrouve sur le légendaire Super Session (1968) qui réunit également Al Kooper et Stephen Stills et étoffé par la puissante section rythmique composée d’Harvey Brooks (basse) et d’Eddie Hoh (batterie). Ce jour là, les acteurs étaient touchés par la grâce et pourtant…

Et pourtant… Mike Bloomfield sur les deux jours d’enregistrements initialement prévus, ne réapparaît pas le lendemain, la faute à des insomnies récurrentes, dira la version officielle. La drogue plus sûrement, avance-t-on depuis que les langues se délient. Bloomfield est miné par l‘héro, ne tient plus son rôle, c’est la raison pour laquelle Stills le remplace au pied levé sur un disque réaménagé différemment : une face pour Mike qui a pu enregistrer 5 titres, l’autre pour Steven. Ainsi était Michael Bloomfield dont la plus grande partie de la discographie est posthume.

From His Head To His Heart To His Hands semble s’annoncer comme le dernier flash-back sur cet acteur déterminant du rock, plus particulièrement d’un blues-rock qu’il a élevé à un niveau rarement égalé. Au regard de ce que Kooper a sélectionné pour donner vie à l’hommage à son pote, les collectes (enregistrements studio, live, raretés, inédits) sont d’une grande qualité technique, artistique et d’une justesse historique. Les choix sur lesquels s’est portée la collecte dénotent une grande connaissance du sujet de son auteur.

Restituées sous quatre axes (Roots, Jams, Licks et Sweet Blues), les présentes apparitions de Bloomfield accordent la part belle aux racines et réfèrent à la période blues de Chicago façon Paul Butterfield Blues band et celui plus psyché d’Electric Flag (CD1). Le deuxième volet (CD2) est essentiellement axé sur les projets partagés en commun par Bloomfield et Kooper (Super Session, The Live Adventures…) tandis que le CD3 consiste en un assemblage de prestations datées pour l’essentiel de 1977 et captées au McCabe’s Guitar Shop de Santa Monica qui, outre un magasin de musique réputé, disposait d’une arrière-salle intime qui fut un lieu de spectacles prisé à Los Angeles.

Pour l’anecdote, ces enregistrements alimentent le live de 1977, réédité en 2008, I’m With You Always. Le quatrième pan de cette offre est affecté aux images via un mini-documentaire de Bob Sarles, qui mêle interviews d’époque et prestations scéniques de Mike avec interventions et commentaires de son entourage proche et de ses fans.

Tout au long de cette magnifique collecte intelligemment agencée dans le temps, on retrouve la merveilleuse faculté d’improvisation de Michael, sa fabuleuse énergie et la solidité de sa technique légendaire, souvent sollicitée pour les besoins des LP des confrères. Il était musicien de sessions très demandé et pour cause.

Ce coffret couvre l’essentiel de son parcours et de son œuvre. Il situe parfaitement le guitariste génial qu’il fut. Les images sont un complément opportun pour rappeler que derrière le guitar-hero se devinait un homme sensible et touchant. Merci Al pour ce must que tout supporter de Mike fera sien. Merci pour lui. C’est ça les vrais amis (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. I’m A Country Man.

2. Judge,Judge.

3. Hammond’s Rag.

4. I Got My Mojo Working.

6. Like A Rolling Stone.

7. Tombstone Blues.

8. Michael Speaks About Paul Butterfield.

9. Born in Chicago.

10. Blues with A Feeling.

11. East-West.

12. Killin’ Floor.

13. Texas.

14. Susie’s Shuffle.

15. Just A Little Something.

16. Easy Rider.

 

Disque 2.

1. Albert’s Shuffle.

2. Stop.

3. His Holy Modal Majesty.

4. Intro – Fillmore West.

5. 59th Street Bridge Song (Feeling Groovy).

6. Don’t Throw Your Love On Me So Strong.

7. Santana Clause.

8. The Weight.

9. Intro – Fillmore East.

10. One Way Out.

11. Her Holy Modal Highness.

12. Fat Grey Cloud.

13. Mary Ann.

14. That’s All Right Mama.

 

Disque 3.

1. I’m Glad I’m Jewish.

2. Men’s Room.

3. Don’t You Lie to Me.

4. Can’t Lose What You Never Had.

5. Gypsy Good Time.

6. One Good Man.

7. It’s About Time.

8. Carmelita Skiffle.

9. Darktown Strutters Ball.

10. Don’t Think About It Baby.

11. Jockey Blues / Old Folks Boogie.

12. A-flat Boogaloo.

13. Glamour Girl.

14. Spoken Intro.

15. The Groom’s Still Waiting at The Altar.

16. Hymn Time.

17. They Just Don’t Make ‘Em Like That Anymore.

 

Disque 4 (DVD).

1. Introduction.

2. He Was a Nice Young White Boy.

3. Chicago.

4. Breaking Out.

5. Dylan.

6. Heading West.

7. Elecric Flag.

8. Monterey Pop.

9. Super Session.

10. Insomnia.

11. The Bottom Line.

12. He Had Soul.

13. Credits.

 

Ace of Cups:choeurs.  

Dino Andino:congas.   

Jerome Arnold:basse.

Maury Baker:batterie.

Elvin Bishop:guitare.

Michael Bloomfield:guitares,chant.        

Harvey Brooks:basse.

Paul Butterfield:harmonica,chant.

Brad Campbell:basse.

Lonnie Castille:batterie.

The Chambers Brothers:choeurs.  

Terry Clements:saxophone ténor.

Johnny Cresci:batterie.

Billy Davenport:batterie.

Carolyn Dennis:choeurs.

Marcus Doubleday:trompette.

Tim Drummond:basse.

Donald "Duck" Dunn:basse.

Bob Dylan:guitare,harmonica,chant.     

Brian Friedman:piano.

Luis Gasca:trompette.

Barry Goldberg:claviers.

Nick Gravenites:percussions.

Bobby Gregg:batterie.

Paul Griffin:piano.

Paul Harris:piano.

Regina Harris:choeurs.

Buddy Helm:batterie.

Eddie Hoh:batterie.

Stemzie Hunter:saxophone baryton.

Jerry Jemmott:basse.

Noel Jewkis:saxophone tenor.

Mike Johnson:guitare.

Bob Jones:batterie.

Janis Joplin:chant.

John Kahn:basse.

Ira Kamin:orgue.

Jim Keltner:batterie.

Richard Kermode:orgue.

Clydie King:chant.

Al Kooper:claviers.

Bruce Langhorne:tambourin.

Sam Lay:batterie.

Bill Lee:basse.

Joe Mack:basse.

Norman Mayell:batterie.

Mike Melford:guitare,mandoline,chant.

Mike Fonfara:claviers.

Buddy Miles:batterie.

Charlie Musselwhite:harmonica.

Mark Naftalin:claviers.

Buell Neidlinger:basse.

Fred Olsen:guitare.

Gerald Oshita:saxophone baryton.

Skip Prokop:batterie.

George Rains:batterie.

Orville Rhodes:pedal steel guitare.

Herbie Rich:claviers,saxophone ténor.

Roy Ruby:piano.

Richard Santi:accordéon.

Russ Savakus:basse.

Paul Simon:harmonies vocales.

Sivuca:guitare,percussions.

William D. "Smitty" Smith:orgue.

Snooky Flowers:saxophone baryton.

Otis Spann:piano.

Rev. Ron Stallings:saxophone alto.

Peter Strazza:saxophone ténor.

Fred Tackett:guitare.

Mark Teel:saxophone.

Roger Troy:basse.

Sid Warner:basse.

Muddy Waters:guitare,chant.

John Wilmeth:trompette.

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