Montrose.

BIOGRAPHIE.

MONTROSE/San Francisco (Californie – USA)

 

Ronnie montrose intro

 

Actif de 1973 à 1977,réunion en 1987 et 2005.

Label:Warner Bros.

Genre:hard rock,heavy metal.

Site officiel:www.ronniemontrose.com

 

Quand Sammy rencontre Ronnie.

Un jour du début 73, alors que l'Edgar Winter Group se produit au Winterland de San Francisco, Sammy Hagar, présent au concert, est subjugué par le guitariste du groupe de l'albinos Jr, Ronnie Montrose. Il ne le connaît ni d'Adam, ni d'Eve, et souhaite en savoir plus sur ce musicien exceptionnel auquel il veut ressembler.

Dans le public, un spectateur lui révèle l'identité et l'adresse du virtuose dont c'est la dernière apparition sous la casaque Winter. Sous le charme, Hagar a en tête de le rencontrer sans attendre et fait aussitôt le chemin de Frisco à Sausalito où, Les Paul en bandoulière et carnet de chansons en poche, il se présente au domicile de Montrose.

Ronnie montrose band 2Church,  Hagar, Montrose et Carmassi.

Ronnie montrose 1Ronnie Montrose : un guitariste hors pair.

Montrose sawbuck 71
Sawbuck avant Montrose. 

Montrose 4La réponse américaine à Led Zeppelin.

Ronnie montrose montrose lpMontrose : LP éponyme sorti en 1973.

Ronnie montrose 3Ronnie Montrose, mort à 64 ans.

Ce dernier a un projet de groupe en tête. Culotté, Hagar vient hardiment postuler pour en être le chanteur et se met à lui jouer quelques-unes de ses chansons consignées dans son carnet. Ce à quoi Montrose réagit en tapant dans la main de Sammy.

C'est d'accord : il sera le chanteur de ce groupe encore virtuel qui s'étoffe avec l'entrée du bassiste Bill Church, suggéré par Montrose, ainsi que celle du batteur Denny Carmassi que Hagar connaît bien et apprécie beaucoup.

Montrose, un groupe plein de promesses.

Sur le principe, Montrose, le groupe, est né ce jour là. Dans les faits, c'est un mois plus tard que le label Warner Bros s'approprie cet espoir. Bien que resté globalement sous-coté, il est un des premiers groupes de hard rock estampillé USA à défier l'hégémonie que les britanniques ont alors installée sur le rock planétaire du début des 70's. Van Halen, que Hagar rejoint en 1985, The Cult, Iron Maiden ou Boston en feront une de leurs principales influences...

Ronnie Montrose est né le 29 novembre 1947 à San Francisco, mais passe l'essentiel de son enfance à Denver, enfance bercée par les Beatles, les Rolling Stones, Elvis Presley, Chet Atkins, Hank Williams, Johnny Smith. Il revient dans la baie au début des 70's à un moment où l'acid rock qui a fait la légende de la place, est en phase terminale.

Si le rock psychédélique le laisse insensible, San Francisco non, car la ville fourmille de bons musiciens qui vont pouvoir l'aider à évoluer à la guitare, instrument qu'il pratique alors depuis 5/6 ans (dès l'âge de 17 ans) et en dilettante.

L'aubaine Tupelo Honey.

Sa passion pour la guitare et les accords favorisent son éclosion, puis son évolution. Talentueux, il n'a pourtant pas dans l'idée de faire une carrière de musicien (il fait de la menuiserie en parallèle) jusqu'à ce qu'il se voit offrir l'opportunité de travailler sur l'album de Van Morrison, Tupelo Honey (novembre 1971).

Van Morrison, ancien leader charismatique de Them, auteur du mythique Astral Weeks, vedette internationale, vient de déménager de Woodstock pour la Californie mais sans son groupe du moment, le Caledonia Soul Orchestra. Il est contraint de recruter des musiciens de fortune parmi lesquels Bill Church, Connie Kay, Gary Mallaber ou Jack Schroer.

Quand Van Morrison le sollicite pour une audition, via David Rubinson (l'associé de Bill Graham et ingénieur de studio), Ronnie Montrose joue au sein de Sawbuck avec Bill Church (1969). Lui et Church sont affairés à l'enregistrement d'un album, l'éponyme Sawbuck.

L'offre de l'irlandais est une aubaine à ne pas manquer, les deux musiciens y répondent favorablement et doivent se contenter d'une participation à deux des titres de l'album avant de quitter Sawbuck.

Un bon collaborateur.

Ils foulent pour la première fois les studios Wally Heider (San Francisco) où Ted Templeman officie comme producteur de Tupelo Honey. Lui aussi est novice. Habité par le trac, la peur de mal faire, le jeune prod' se repose souvent sur l'humour et la bonne humeur de Ronnie pour faire avancer les sessions. Van Morrison apprécie tout particulièrement ce guitariste sympa et l'ambiance qu'il fait régner.

Flegmatique et ne se prenant pas au sérieux, Ronnie rend les séances d'enregistrement très détendues. Malgré sa nonchalance, il se montre très motivé durant l'année qu'il passe aux côtés de Van.

L'album marche bien (27 au Billboard) et Wild Night, le morceau sur lequel il apporte sa touche (il joue aussi sur Listen To The Lion qui paraîtra sur St Dominic's Preview/1972), se classe à un honorable 28ème rang des charts. Van Morrison est satisfait, tandis que Ronnie prend enfin conscience de son talent et envisage alors de faire de la guitare son métier.

Boz Scaggs puis l'albinos.

Arès avoir mis le pied à l'étrier, il fait son apprentissage auprès de Boz Scaggs qu'il accompagne durant la tournée de promotion de son LP, Boz Scaggs And Band (71), et avec lequel il enregistre à Muscle Shoals.

La tournée les mène au Kansas où Boz Scaggs et son groupe ouvrent pour Edgar Winter. C'est là que se nouent les contacts amenant Montrose à s'intéresser à l'Edgar Winter Group. Dès 1972, il le rejoint et participe à l'enregistrement de l'album They Only Come Out At Night (3ème de l'artiste et premier du groupe).

Celui-ci, 3ème du Billboard, reste à ce jour le plus gros succès commercial de Winter. Les deux singles gagnants qui en émergent, Frankenstein et Free Ride, font respectivement N°1 et N°14 dans les charts. 

Ils contribuent un peu plus à la popularité de Montrose qui ne s'éternise pas au sein de l'Edgar Winter Group. Ronnie pointe peu de temps (3 à 4 mois) auprès d'Edgar et prend part à une grosse poignée de concerts supplémentaires pour l'albinos.

La réponse de l'Amérique à Led Zep.

Ronnie est prêt pour fonder sa propre formation. Il passe à l'acte en 1973 et lui donne comme identité Montrose, récupérant au passage Bill Church, recrutant Sammy Hagar dans les conditions énoncées précédemment ; celui-ci ramène dans ses valises le batteur Denny Carmassi.

Le quatuor enregistre rapidement une première démo qui tape dans l’œil d'un Ted Templeman qui, depuis l'épisode Tupelo Honey, a pris du volume chez Warner Bros. Le producteur californien vient tout juste de contribuer à propulser Toulouse Street et les Doobie Brothers sur le devant de la scène, quand il signe Montrose pour son label (Warner Bros).

Le groupe n'a encore pas de nom ; il se fait appeler Ronnie Montrose And Friends et apparaît sous cette identité en public. Le 21 avril 1973, la formation de Montrose se produit sur la radio FM san franciscaine KSAN et marque les esprits des auditeurs (bootleg, cette prestation est officiellement publiée en 2017).

On voit alors en le combo de Montrose un des seuls groupes américains à pouvoir damer le pion au rock britannique. La presse ose même le surnom de « réponse de l'Amérique à Led Zeppelin ».

Ronnie montrose sammy hagar

« Si vous voulez vous souvenir de qui était Ronnie, repassez-vous le premier LP de Montrose et vous comprendrez. » (Sammy Hagar)


 

Dans la cour des très grands.

Les 4 musiciens entrent alors en studio pour enregistrer un premier LP (1973). Éponyme, publié sous le patronyme de Montrose et produit sous l'égide de Templeman, il va s'avérer devenir, au fil des décennies, l'un des disques les plus influents du hard rock et du heavy metal, malgré un accueil dans les bacs assez décevant (133 au Billboard).

En 8 titres, c'est un lot impressionnant qui s'abat sur le rock : les chansons sont saisissantes (Rock The Nation, Space Station # 5, Bad Motor Scooter, Rock Candy, Make It Last), les riffs tueurs, les performances vocales puissantes, la rythmique a bouffé du lion... Montrose entre dans la cour des très grands...

Malgré ce statut, Bill Church est le premier à quitter le groupe. Il est remplacé à la basse par Alan Fitzgerald lequel assure également les parties de claviers. Ce changement intervient juste avant le deuxième LP de Montrose, Paper Money (octobre 1974).

Ronnie Montrose veut alors sortir du métal auquel il ne croit pas beaucoup pour l'avenir. Son souhait est d'élargir le son et le style de son groupe. Même si cette orientation déplaît fortement aux fans et aux critiques, elle s'avère efficace dans les chiffres puisque Paper Money pointe au 65ème rang du Billboard. Montrose est en avance sur son temps et son leader ne s'en aperçoit pas.

Quand Sammy quitte Ronnie.

Le torchon brûle alors entre Ronnie et Sammy et les divergences se font plus profondes encore lors de la tournée européenne de promo 74/75 de Paper Money. Hagar quitte Montrose en février 75.

A l'automne 1975, Montrose sort son 3ème opus, Warner Bros Presents. ..Montrose. Pas de Hagar, pas de Templeman, mais un nouveau chanteur, Bob James, et un claviériste complètement dédié à sa fonction, Jim Alcivar. Le groupe passe en quintet.

Ronnie Montrose assure lui-même la production d'un LP que la presse musicale et les fans accueillent favorablement. Il se classe 79 du Billboard, soit le 2ème meilleur score d'un disque de Montrose.

Jump On It (septembre 1976/Warner Bros.), 4ème levée du catalogue et dernier album du groupe durant les 70's, entérine la décision de Ronnie Montrose de tourner délibérément le dos au hard rock/metal. A part un ou deux titres, on ne retrouve plus trace du Montrose des débuts.

Jump On It, qui voit Randy Jo Hobbs prendre la basse, oscille entre rock californien de la fin des 70's et de la pop finement ciselée avec des mélodies bien léchées. Après un concert au Winterland, le 31 décembre 1976, Bob James quitte Montrose. Le groupe splitte alors.

Une trace indélébile, même sans hit.

Ronnie Montrose prend l'option de poursuivre seul. Après avoir travaillé avec Tony Williams (jazz-fusion), il entreprend de faire un album instrumental, Open Fire (janvier 1978). Ce projet lui tenait à cœur depuis longtemps.

Ronnie crée ensuite Gamma (avec des membres de Montrose), un projet plus AOR que Montrose, mais qui n'a jamais vraiment décollé. Il est dissous en 1983. Le guitariste reprend dès lors ses activités en solo mais sans beaucoup de succès. Il reforme Montrose en 1987 et signe un dernier disque affecté au collectif, en 1987 : Mean.

D'autres réunions sporadiques se succèdent entre le début des années 2000 et mars 2012, date à laquelle Ronnie Montrose, dépressif, se suicide en se tirant une balle dans la tête.

Hagar, Church et Carmassi, avec Joe Satriani à la guitare, lui rendent un dernier hommage le 7 avril 2013. Même sans succès majeur, Montrose aura laissé une trace indélébile dans l'histoire du rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Ronnie montrose montrose lp

 

MONTROSE

MONTROSE – 1973  5/5

 

Publié le 19 octobre 1973.

Produit par Ted Templeman,Ronnie >Montrose.

Durée:32:24.

Label:Warner Bros. Records.

Genre:hard rock.

 

La réponse américaine à Led Zep.

 

Je n'ai jamais été un inconditionnel de hard rock ou de heavy metal, mais je veux bien m'accorder quelques dérogations quand le contenu de ce que je dois me coller entre les oreilles, a un tantinet de cohérence, de technicité, une énergie bien canalisée et ne part pas dans tous les sens au moindre pet de travers. Si ça me soûle au bout de 10 minutes ou de 2 titres, on oublie.

Le premier album de Montrose est une de ces exceptions. Il riffe à tout berzingue, rentre dans le lard sans disperser la barbaque aux quatre coins du ring et sans jamais ralentir ou atténuer les coups portés.

Une rythmique de malade, un guitariste de folie, un chanteur aussi compétent que Robert Plant et des titres bien construits qui s'enchaînent à la queue-leu-leu et pendant une grosse demi-heure bien maîtrisée, je prends.

Les originaux Rock The Nation, Bad Motor Scooter, Space Station #5, Rock Candy, Make It Last et la reprise Good Rockin' Tonight constituent le lot gratiné d'un album à classer comme une des toutes premières galettes de l'histoire du heavy metal.

Commercialisé sur le marché européen, et dans l'hexagone, l'année suivant sa sortie américaine, cet album réalisé par Warner, est produit par Ted Templeman, lequel retrouve, pour la circonstance, Ronnie Montrose avec lequel il a figuré dans le casting de Tupelo Honey de Van Morrison (1971).

133 au Billboard, Montrose se classe au 43ème rang sur les terres de Led Zeppelin auquel il est souvent comparé (RAZOR©).

 

1. Rock The Nation.

2. Bad Motor Scooter.

3. Space Station #5.

4. I Don't Want It.

5. Good Rockin' Tonight.

6. Rock Candy.

7. One Thing On My Mind.

8. Make It Last.

 

Dammy Hagard:chant.

Ronnie Montrose:guitare.

Bill Church:basse.

Denny Carmassi/batterie.

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