Muddy Waters.

BIOGRAPHIE.

 

MUDDY WATERS/Mississippi (Etats-Unis)

 

Muddy waters 6

 

Né McKinley Morganfield, en 1913 à Rolling Fork (Mississippi).

Mort le 30 avril 1983 à Westmont (Illinois).

Actif entre 1941 et 1983.

Labels:Chess,Testament, Blue Sky.

Genre:blues,Chicago Blues.

 

Une référence sacrée dans le blues.

Figure historique du Chicago Blues, Muddy Waters tient son nom des eaux marécageuses de sa région natale, le Mississippi. Né McKinley Morganfield, le 4 avril 1913, et non pas deux ans plus tard comme se plaît à le répéter pour se rajeunir, ce jeune trentenaire mature quittant alors le Delta pour s'installer à Chicago, Muddy Waters est à la tête d'un catalogue impressionnant et bouleversant, en qualité comme en quantité, dans lequel il est difficile de faire un choix.

Le nom de Muddy Waters est une référence bénie dans le blues : Clapton, Led Zeppelin, les Stones, AC/DC, Van Morrison, Hendrix s'en revendiquent ou s'en sont inspirés au cours de leur carrière. On ne compte plus les groupes et artistes qu'il a influés.

Son blues a la couleur et le goût du Delta.

Fils de paysans, il pratique très tôt l'harmonica et la guitare en prenant pour modèle les légendaires pionniers du Delta comme Son House, Henry Sims et Robert Johnson. Les couleurs de son sud, Muddy Waters les propage d'abord sur la terre où il est né, avant de les exporter en dehors des limites des Etats-Unis et de prendre du même coup l'envergure internationale faisant de lui aujourd'hui un des plus illustres bluesmen de tous les temps.

Jusqu'au début des 40's, il chante le blues de ville, souvent seul en tête-à-tête avec sa guitare, parfois accompagné de quelques musiciens de fortune, donne ses premiers spectacles, avant de tenir un juke-joint dans sa région d'origine.

En 1941, dans une Amérique que la Grande Depression a saignée à blanc et qui s'engage par écrit dans la seconde guerre mondiale, il croise la route de l'ethomusicologue Alan Lomax et John, son paternel ; tous deux sont mandatés par la Library Of Congress (Washington), autrement dit la bibliothèque nationale américaine, pour enregistrer le folklore sudiste pour lequel personne, jusque là, ne se passionne et ainsi alimenter les annales de l'Archive Of American Folk Song.

Muddy waters alexandra palace 79Une envergure planétaire.

Muddy waters newportMuddy Waters, vedette du Newport Jazz festival 60.

Muddy waters american folk blues 64Une opportunité pour pénétrer le marché anglais.

Muddy waters rolling stonesTrès proches des Stones...

Muddy waters clapton winter...d'Eric Clapton et de Johnny Winter...

Muddy waters avec howlin wolf...ou d'Howlin Wolf.

Muddy waters mike bloomfieldEntre gens de Chicago (Mike Bloomfield).

Le coup de pouce des Lomax.

A l'aide d'une camionnette chargée de 200 kgs de matériel destiné à pouvoir graver des enregistrements sur un support aluminium, les Lomax sillonnent le Deep South de long en large : les rues, les exploitations agricoles, les champs, les bouges, les prisons, les communautés rurales, les églises... tout y passe.

Les Lomax ratissent très large. Leurs investigations permettent de donner jour aux premiers enregistrements d'artistes comme Huddie William Ledbetter, alias Leadbelly, Aunt Molly Jackson, Son House, David Honeyboy Edwards, Texas Gladden, Jelly Roll Morton, Woody Guthrie. Muddy Waters est également de cette prospection ; son parcours prend, dès lors, une trajectoire plus professionnelle.

Parrainé par Big Bill.

Deux ans plus tard, Muddy Waters, nouvellement installé à Chicago, rencontre Big Bill Broonzy, géant du blues urbain des années 30, lequel lui ouvre les portes de la mythique scène blues de Chicago, des clubs du South Side notamment, favorisant ainsi son apprentissage dans le métier en lui permettant de faire la première partie de ses spectacles.

Ouvrier le jour, musicien la nuit, Muddy Waters s'aguerrit et se montre prêt à fair le grand saut dans la profession. Il sait tout ce qu'il doit à Big Bill Broonzy et le lui clame dans un album de 1960, Muddy Waters Sings Big Bill, deux ans après la mort de son mentor.

Dans la capitale de l'Illinois, le Chicago Blues, une des influences les plus importantes sur le rock moderne, règne alors en maître. Muddy Waters se fraie un chemin pour s'imposer sur cet échiquier concurrentiel très dense. Comme la majorité des acteurs de ce théâtre du moment, il passe à l'électrique.

Headcutters, Headhunters, Hoochie Coochie Band...

En 1946, Muddy Waters enregistre ses premiers titres pour Harlem Records, un petit label indépendant fondé par J. Mayo Williams, un ancien de Decca, en 1975. A l'époque, ils restent lettre morte. L'année suivant, Waters réunit quelques musiciens à ses côtés (Jimmie Rogers, Little Walter, Otis Spann, Elgin Evans) dans une formation à l'identité fluctuante.

Un coup, c'est le Chicago Blues Band, l'autre c'est les Headcutters, voire les Headhunters ou les Hoochie Coochie Boys. C'est son premier groupe à Chicago et un de ceux qui vont, avant les autres, définir le son du Chicago Blues.

La rencontre avec les Chess.

Créée en avril 1947 par les époux Aaron (Charles et Evelyn), la maison de disques Aristocrat Records, spécialisée dans la musique noire, voit l'arrivée, dans son giron, des frères Chess (Leonard et Phil), propriétaires d'une boite de nuit. Progressivement, ils mettent la main sur le label ; en 1948, Leonard en prend la direction, assistée d'Evelyn Aaron. Cette année-là, Muddy Waters convainc Leonard Chess d'enregistrer un 2 titres : I Can't Be Satisfied/I Feel Like Going Home.

Le disque connaît un beau succès, mais la carrière de Muddy Waters décolle véritablement dès 1950 avec des titres comme I'm Your Hoochie Coochie Man, Got My Mojo Working et I Just Wanna Make Love To You.

C'est l'époque où Aristocrat devient Chess Records et où il signe le blues poisseux qu'est Rolling Stone, adaptation de Catfish Blues, un blues traditionnel mississippien des années 20. Les anglais réfèrent à ce nom pour appeler leur groupe, le magazine Rolling Stone aussi pour leur journal.

En 1951, son groupe est toujours d'actualité, il est même au sommet de la gloire, surtout en Nouvelle-Orléans et dans la région du Delta où il jouit d'une popularité énorme. Sa renommée commence à s'étendre à toute l'Amérique. Pour l'Europe, il faut encore patienter un peu.

Une maison à Chicago.

En 1954, il gagne correctement sa vie et achète une maison à Chicago, au 4339 S Lake Park Avenue, face au lac Michigan et à portée de fusil de la 43ème rue, réputée, dans les années 50, pour son activité et sa vie nocturne ainsi que pour concentrer les bars et les clubs de blues du South Side comme le Peppers Lounge où il se produit régulièrement.

Sa maison est ouverte à beaucoup de musiciens (Howlin' Wolf, Chuck Berry, Otis Spann, Paul Oscher), qui pour jammer, qui pour répeter, voire pour squatter. Il aime renvoyer l'ascenseur à ses proches, c'est la raison pour laquelle il facilite l'engagement de Chuck Berry par Chess Records.

Muddy waters van morrison

"Muddy Waters est une influence de choix pour quiconque a évolué dans le rock and roll. » (Van Morrison)

De l'Angleterre à Newport.

En 1958, le blues électrique de Muddy Waters s'exporte en Angleterre. La rencontre entre la scène britannique et le blues des Amériques va permettre à l'artiste de devenir une star mondiale. Après sa tournée mémorable dans l'Old Albion, le bluesman plaît aussi aux rockeurs.

Son fan-club s'étoffe d'autant plus qu'en 1960 à Newport, dans le cadre du festival, sa performance retient une nouvelle fois l'attention du public, surtout des blancs, estomaqués par son blues électrique. Cette prestation alimente l'album At Newport (Chess/1960), un des premiers albums de blues à être enregistré en live.

Après sa performance réussie au Newport Jazz Festival et des concerts donnés à travers l'Amérique, Chess Records pousse Waters à enregistrer un nouvel album studio. Alors que tout le monde s'attend à une nouvelle démonstration de blues électrique, Waters enregistre un disque plus acoustique, Folk Singer (Avril 1964), auquel prend part Buddy Guy, engagé en qualité de deuxième guitariste.

Star planétaire.

La tournée européenne de promotion de Folk Singer s'engage un mois après son enregistrement. Elle entre dans le cadre de l'American Folk Blues, festival destiné à introduire les artistes de blues américains auprès du public du Vieux Continent, plus particulièrement des anglais.

Muddy Waters profite de cette opportunité pour se rapprocher un peu plus de l'auditoire anglais et, par voie de conséquence, de ses artistes de rock qu'il ne laisse pas insensibles. Surtout ceux formés après 1964. Avec ces derniers, il multiplie, dans les années 60 et 70, les collaborations et enregistre album sur album. Clapton, Led Zeppelin, les Stones, ACDC, Van Morrison ou Hendrix se revendiquent de Muddy Waters, devenu alors une star planétaire.

Un mythe durable.

Son passage chez Blue Sky, après des embrouilles avec Chess, se traduit par un nouveau Grammy pour l'album Hard Again/1977. Il en compte 6 à la fin d'une carrière prenant fin à sa mort par arrêt cardiaque, en avril 1983.

Depuis sa disparition, le mythe Waters n'a jamais cessé d'être ; sa musique continue à résonner par le jeu des compilations comme The Golden Anniversary Collection (2000) ou The Anthology (2001). Qui plus est le mississippien est intronisé à titre posthume au Rock and Roll Hall Of Fame (1987) tandis qu'il est récompensé, en 1992, d'un Life time Achievment Grammy Award par la National Academy Of Art. Il aura vécu sa passion à fond.

 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 4 - 1964

 

Muddy waters folk singer 1964

 

MUDDY WATERS

FOLK SINGER – 1964  5/5

 

Publié en janvier 1964.

Produit par Muddy Waters,Ralph Bass,Willie Deacon.

Durée:40:05.

Label:Chess Records.

Genre:blues.

 

Waters unplugged.

 

Que dire de plus qui n’ait pas été déjà dit à son propos ? On ne présente plus Muddy Waters, alors je ne vais pas vous la jouer original ou Monsieur Je Sais Tout, pour le seul plaisir de me faire mousser.

Non, intéressons-nous plutôt à son album de 1964, Folk Singer, acoustique de chez acoustique, et qui, visiblement prend le contrepied d’un blues qui, dans cette période des années 60, tend à s’électrifier.

Waters y a également souscrit mais là, décision est prise de revenir aux fondamentaix. Oui, mais pourquoi le titre de Folk Singer pour un LP de blues de chez Blues ? Bonne question, merci de l’avoir posé… Je n’en sais fichtrement rien, mais comme Chess Records n’est pas à un paradoxe près, acceptons-en l’augure.

Grand album que ce Folk Singer très ancré dans le Delta, avec des titres énormes (le meilleur du Waters des débuts) et joué en mode Unplugged. Cet enregistrement est un classique, doté d’un son exceptionnel et réunit, pour l’occasion, Muddy Waters (guitare et chant), Willie Dixon à la basse, Buddy Guy, en soutien à la guitare, et Clifton James à la batterie.

Grandiose ! C’est un des meilleurs disques de blues de tous les temps, malgré son titre trompeur. Hop, Hop, Hop, on ne discute pas… c’est fait pour votre collec’, ce truc (RAZOR©)

 

1. My Home Is in the Delta.

2. Long Distance Call.

3. My Captain.

4. Good Morning Little Schoolgirl.

5. You're Gonna Need My Help.

6. Cold Weather Blues.

7. Big Legged Woman.

8. Country Boy.

9. Feel Like Going Home.

 

Muddy Waters:chant,guitare.
Buddy Guy:guitare.
Willie Dixon:basse.
Clifton James:batterie.

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