Nazareth.

BIOGRAPHIE.

NAZARETH/Dumferline (Ecosse)

 

Nazareth intro

 

Actif depuis 1968.

Labels:Mooncrest,NEMS Enterprises,Vertigo,Eagle.

Genre:hard rock,heavy metal.

Site officiel:nazarethdirect.co.uk

 

Révélé par Love Hurts.

Issu de la scène musicale écossaise des 60's, celle qui a aussi donné le jour à Alex Harvey (futur star du glam rock), à Maggie Bell et son Stone The Crows (blues-rock), aux Poets (pop psychédélique, freakbeat), au funky Average White Band, Nazareth s'est révélé au grand public en 1974 par la reprise musclée de la ballade de Bryant Boudleaux, Love Hurts.

Passée préalablement entre les mains des hitmakers que furent les Everly Brothers (1960), entre celles du chevronné Roy Orbison (1961), c'est pourtant dans l'escarcelle des écossais de Dumferline que cette chanson gagne en popularité. En en faisant un excellent N° 8 des charts, Nazareth installe alors sa marque de fabrique et se forge un public de fidèles aux quatre coins du monde...

Peu d'intérêt pour le rock écossais.

Nazareth s'est constitué à la fin des 60's, en décembre 1968 pour être précis. C'est au cœur de la région industrielle et minière du Fife, le centre névralgique de la musique rock britannique que le groupe, encore en gestation, fait ses premières gammes.

Jusqu'à devenir Nazareth, le groupe bâti en 1961 sur les cendres de la formation de British Beat, The Shadettes, doit faire avec le désintérêt complet porté par l'industrie du disque à l'égard du rock écossais et surtout avec son confinement au nord du Royaume-Uni. Trop loin, à plus de 7 heures de route de Londres, Dumferline vit recluse, la scène musicale locale lutte pour exister.

Les Shadettes sont de cet échiquier depuis 1961, Pete Agnew, Alan Fraser, remplacé par Darrell Sweet (en 1963), Des Haldane suppléé par Dan McCafferty (en 1965) pointent comme les premiers tauliers.

Depuis 1961, en s'appuyant sur des reprises soul (Otis Redding, les Temptations et Sam & Dave), ce qui n'arrange rien, ils font tout pour sortir la tête de l'eau et du Fife, mais n'avancent pas, n'ayant que les seuls pubs du crû et la salle de bal locale (la Kinema Ballroom) pour s'exprimer, au point que le nom de Shadettes et leurs horribles costumes jaunes deviennent un boulet, un frein à leur progression, une croix lourde à porter. Trop lourde, souvent.

Nazareth the shadettes Formé sur les cendres des Shadettes...

Nazareth scene...les écossais de Nazareth sont révélés...

Nazareth love hurts...par Love Hurts (N°8 du Billboard).

Nazareth 1Le pire ennemi de Nazareth, c'est Nazareth.

Nazareth nowToujours actif aujourd'hui grâce à Pete Agnew.

Nazareth hair of the dog crucialLe crucial Hair Of The Dog (avril 75).

Des Shadettes à Nazareth.

Les choses changent sur la fin de la décennie quand, de semi-professionnel, le groupe passe à un format plus carré, plus crédible, plus responsable, les musiciens étant alors tous de bons maris et pères de famille.

C'est l'époque où Manny Charlton intègre le groupe qui a de plus en plus comme projet d'aller tenter sa chance sur Londres. Après avoir travaillé dans le dur si longtemps, les musiciens se sentent prêts.

Dernier line-up des Shadettes, Dan McCafferty (chanteur, guitariste rythmique), Pete Agnew (bassiste), Manny Charlton (guitare) et Darrel Sweet (batteur) constituent la première mouture de ce qui va être Nazareth (décembre 1968).

Le changement de nom est un soulagement. Celui de The Shadettes est devenu tellement obsolète que le premier nom proposé par Pete Agnew n'est même pas discuté. C'est une ligne de la chanson The Weight du Band qui fait l'unanimité dans le hall de l'hôtel Belville de Dumferline.

Le déménagement sur la capitale anglaise se fait en 1970. Les musiciens, plus déterminés que jamais à réussir, n'hésitent pas à quitter leurs emplois respectifs à plein temps pour se consacrer entièrement à la musique.

Encore en gestation....

Ils s'installent alors dans un appartement sale et exigu, avant de se lancer véritablement, en janvier 1971, en réalisant, pour le label Pegasus, mais après avoir vu les portes d'autres maisons de disques se refermer derrière eux, un premier LP, éponyme.

Celui-ci traduit un groupe qui tâtonne encore beaucoup dans le hard rock qu'il cherche à mettre en place, encore en gestation, manquant de maturité.

Si ce disque moyen se vend passablement, certains de ses titres n'en alertent pas moins sur les potentialités de ces écossais (Morning Dew, Witchdoctor Woman, Dear John, The King Is Dead).

Pour l'heure, Nazareth doit se satisfaire d'être un outsider du hard, dominé de la tête et des épaules par les monstres sacrés anglais du genre, tels Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple, ou, à un degré moindre comme Atomic Rooster, Uriah Heep, voire américains, à l'image de Mountain, Alice Cooper, Montrose ou Blue Oyster Cult.

Du lourd ! Du lourd !

Exercices, son suivant publié en 1972 chez Pegasus (Warner Bros pour le marché américain), ne relève pas franchement le niveau. La déception pour les fans de hard rock et de Nazareth vient de l'ambiance un peu trop moelleuse qui en émane et qui s'avère vite enquiquinante. Ce constat traduit surtout un groupe qui ne sait pas trop dans quelle direction aller.

La faute à un son qui s'est nettement adouci, à une tendance à la coolitude concrétisée ici et pour moitié (5 des 12 titres) par la présence de ballades (I Will Not Be Led, Fool About You, Madelaine, 1692 et Sad Song). Quand le fan attend du lourd, on lui sert de l'acoustique... Trop de ballades tue la ballade, c'est bien connu.

Nazareth ne laisse pourtant pas insensible. Le talent des acteurs est sous-jacent mais encore très mal exploité. Son second opus séduit les rivaux de Deep Purple lesquels leur demandent d'assurer l'ouverture de leur tournée 72 par laquelle le groupe de Roger Glover assure la promo de l'explosif Machine Head.

Glover et Razamanaz pour décoller.

Des liens sont tissés avec le bassiste, sur le point de quitter le Deep Purple de la grande époque et désormais libre pour rebondir dans la production, un domaine qu'il affectionne tout particulièrement et pour lequel il a une véritable expertise, qui plus est dans le hard rock. Glover se retrouve donc naturellement aux affaires du troisième album (Mooncrest/mai 1973).

Jusque là, le chat est maigre en termes de retombées ; Nazareth ne bouscule en rien la hiérarchie alors bien établie du genre.

Razamanaz va changer le cours des événements et, en ce sens, le producteur Glover parvient d'emblée à canaliser la fougue et l'énergie de ces écossais. D'un bout à l'autre de l'album, ces derniers se montrent enfin convaincants affichent de la constance.

Nazareth est enfin focalisé sur un hard rock classique et ça lui va bien. La réussite est au bout puisque le groupe scottish entre pour la première fois dans les classements d'albums britanniques. Londres n'a qu'à bien se tenir désormais...

Une pression d'enfer.

Au moment où Nazareth brille sur la capitale, il fait pourtant le choix d'enregistrer le N°4 du catalogue, Loud 'n' Proud (novembre 1973), en Écosse, avec l'aide du studio mobile Pye. Glover est toujours à la manœuvre d'un disque qui sort six mois à peine après son prédécesseur.

Battre le fer tant qu'il est chaud, telle est la stratégie d'un label, Mooncrest, qui met une pression d'enfer. Et nos gaillards le sont plus que jamais, persuadés de tenir enfin le bon bout. L'album gagne encore en puissance, Nazareth s'affirme plus hard que jamais, se disperse moins, mais fait aussi appel à des reprises pour boucler l'album. Signe que tout va un peu trop vite...

Glover est encore aux manettes de Rampant, publié en avril 1974. Faites les comptes. Rampant est le troisième opus en moins d'un an ! Tout file à une vitesse folle alors.

A trop vouloir prouver, le groupe perd de sa superbe et ne prend même plus le temps de soigner ses sorties. L'ère Glover tend également à brider son naturel un peu bourrin. Nazareth cherche visiblement à s'affranchir du hard rock façonné par l'ancien bassiste du Pourpre.

L'élan sudiste adopté (Glad When You're Gone, Jet Lag et Silver Dollar Forger) ici ouvre de nouvelles voies. Nazareth va s'y engouffrer.

Nazareth pete agnew portrait

« La couverture que nous avons faite de Shapes Of Things des Yardbirds était bonne. Jim McCarthy me l'a confirmé. Tous les artistes dont nous avons couvert les chansons ont toujours été élogieux sur notre travail. A chaque reprise, notre souci premier a toujours été de nous approprier le titre par rapport à l'original et non pas de faire uniquement une version. Nous avons couvert un titre de Nils Lofgren sur l'album de Crazy Horse : Beggars Day. Son auteur a déclaré dans la presse que Nazareth en a fait la meilleure reprise. » (Pete Agnew)

Love Hurts pour les ricains.

Sans Glover, il lorgne désormais vers le marché américain pour lequel il signe Hair Of The Dog (avril 75), sixième pan de son catalogue studio. Le meilleur, soit dit-en-passant, et qui n'est pas sans influencer des hard rockeurs notoires, à l'instar d'Axl Rose et de ses Guns N' Roses.

Hair Of The Dog est l'album de Love Hurts (qui ne figure pas sur la version anglaise d'origine, Guilty lui étant préféré), une ballade reprise aux Everly Brothers.

Il ne reflète pourtant pas l'esprit de ce LP, tracté par quelques belles pièces (Changin' Times, Please Don't Judas Me, Rose In The Heather) et la sublime chanson-titre. Hair Of The Dog marque une étape capitale dans la carrière du groupe.

Une compilation (Greatest Hits/novembre 75) s'invite alors qui permet à tout le monde de souffler un peu, de digérer le succès et, pour le label, de se payer sur la bête.

Le pire ennemi de Nazareth, c'est Nazareth.

Un 7ème opus ne tarde pourtant pas à tomber dans les bacs. Un an après Hair Of The Dog, Close Enough For Rock 'n' Roll (avril 76) vient grossir le catalogue. Pas l'enrichir pour autant, car après être monté si haut, Nazareth redescend de son petit nuage. Il ne le doit qu'à lui-même.

Le pire ennemi de Nazareth, c'est Nazareth, qui retombe ici dans ses travers : mollesse, manque d'agressivité, ballades rasantes, production à la mords-moi-le-noeud...

Heureusement que l'album jette en pâture un magnifique et audacieux Telegram, parce que, dans le sillage de ce titre, le lot est trop inégal et pas suffisamment accrocheur pour espérer atteindre le niveau d'un Razamanaz, encore moins d'un Hair Of The Dog.

Play 'n' The Game (novembre 1976) et Expect No Mercy (novembre 1977) ne font rien pour redorer le blason des écossais. Nazareth ne compte pas ses efforts mais se précipite encore trop pour alimenter sa discographie.

Le rythme effréné qui a prévalu avec succès sous l'ère Glover (3 albums en 15 mois) ne produit plus les mêmes conséquences. Nazareth se crame tout seul et rentre progressivement dans le rang.

Toujours actif en 2019.

Revenu à plus de lourdeur, le dixième LP, No Mean City (1979) montre un groupe dans de bien meilleures dispositions. L'arrivée du guitariste Zal Cleminson (The Sensational Alex Harvey Band) profite à Nazareth qui signe là son dernier bon disque.

La suite amène les écossais à adopter un style plus pop-rock dès le début des 80's, le hard rock pour lequel il est visiblement taillé ne revenant que bien plus tard dans sa carrière.

Fin 90, les écossais ont la douleur de perdre leur batteur d'origine, Darrell Sweet, puis le claviériste californien John Locke (passé par Spirit) et entré au début des eighties, tandis que McCafferty les lâche en 2013 pour des raisons de santé.

Reformé en 2009, Nazareth est aujourd'hui toujours actif, emmené par Pete Agnew, assisté de son batteur de fiston Lee, du guitariste Jimmy Murrison et du chanteur Carl Sentance.

Auteur d'un 24ème album studio bien maîtrisé (Tattooed On My Brain/2018), le quatuor joue mieux et plus fort que jamais, confortant ainsi son statut de meilleur groupe écossais de tous les temps... avec Simple Minds (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 6 - 1975

 

Nazareth hair of the dog crucial

 

NAZARETH

HAIR OF THE DOG – 1975  4/5

 

Publié le 3 avril 1975.

Produit par Manny Charlton.

Durée:40:34.

Label:Vertigo Records.

Genre:hard rock,heavy metal.

 

Pas l'oeuvre du siècle non plus.

 

Il aura fallu attendre le sixième album, Hair Of The Dog (ici avec Guilty) de son catalogue pour que Nazareth sorte enfin un travail à la hauteur de ce que les fans sont en droit d'attendre.

Il faut toutefois, présentement, raison garder, les écossais ne bouleversent en rien l'ordre établi au sommet de la pyramide du hard rock. Ils n'inventent ici rien que l'on n'ait pas encore entendu chez leurs rivaux ou chez les barons du genre du début des 70's, mais, pour une fois, ils séduisent du début à la fin du disque.

Il est vrai qu'ils traînent jusque là et derrière eux une réputation d'à-peu-près, d'inabouti, font des mauvais choix qui les pénalisent, comme celui notamment de ne jamais être là où on les attend, passant à leur guise de l'électrique à l'acoustique, du hard rock à un rock plus soft ou usant de ballades.

Ils ont même tenté la solution Roger Glover comme producteur (3 disques en 15 mois) pour sortir du lot. Finalement, après coup, on peut considérer que ce partenariat ne leur a pas permis pour autant de faire exploser leur carrière.

Le pire ennemi de Nazareth, c'est Nazareth et il ne faut pas être grand sire pour s'en apercevoir dans la discographie qui précède, d'autant que le label Mooncrest leur fout, en plus, une pression d'enfer, amenant les acteurs à sacrifier les compositions et à amasser les LP à un rythme dingue.

Sorti en 1975, Hair Of The Dog est une étape importante pour les écossais qui ont eu le nez creux en s'appropriant une reprise des Everly Brothers, Love Hurts.

Cette ballade propulse le groupe sur le devant de la scène internationale et fait beaucoup pour la popularité de l'album dans sa version US (en Angleterre, Love Hurts est remplacé par Guilty) et du groupe.

Elle n'est pas pour autant l'intérêt majeur de cet opus pensé et exécuté dans une simplicité rock basique (gros riffs, gros son, lourdeur). Et c'est efficace.

L'essentiel est ailleurs, dans des pièces comme la chanson-titre, Beggars Day, Miss Misery, Changin' Times ou Please Judas Me.

Même si l’œuvre est louable et durablement attachée au crédit de méritants scottish, dire qu'elle est incontournable (comme j'ai pu le lire) me paraît un peu usurpé. Faut pas forcer sur le Bunnahabhain Stiùireadair, ça secoue mec (RAZOR©) !

 

Version US.

(Dans la version UK, Guilty remplace Love Hurts et est agencé différemment.)


1. Hair Of The Dog.
2. Miss Misery.
3. Love Hurts.
4. Changin' Times.
5. Beggars Day.
6. Rose In The Heather.
7. Whiskey Drinkin' Woman.
8. Please Don't Judas Me.

 

Dan McCafferty:chant,talk box sur Hair Of The Dog.

Manny Charlton:guitare,synthétiseur.

Pete Agnew:basse,choeurs.

Darrell Sweet:batterie,choeurs.

Max Middleton:piano sur Guilty.

Simon Phillips:tabla sur Please Don't Judas Me.

Vicki Brown,Liza Strike,Barry St. John:choeurs sur Guilty.

Vicky Silva:choeurs sur Please Don't Judas Me.

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