Papa John Creach.

BIOGRAPHIE.

 

PAPA JOHN CREACH/Beaver Falls (Pennsylvanie)

 

Papa john

 

Né John Henry Creach, le 28 mai 1917 à Bever Falls, mort à Los Angeles, le 22 février 1994.

Années actives:1970–89.

Label:Grunt,Buddah,DJM Records.

Genre:blues,blues-rock,rock psychédélique.

 

Papa John Creach, le violon pour seule thérapie.

En ayant fait partie du Jefferson Airplane, contribué aux projets de Hot Tuna et en se retrouvant dans le giron de Jefferson Airplane,  Papa John Creach, violoniste essentiellement de blues mais de jazz aussi, s’est constitué une solide réputation de virtuose et d’original dans le rock psychédélique et le pop-rock. Rares sont alors les musiciens qui pratiquent ce type d’instruments ; il doit son exceptionnelle incursion dans le rock à Joey Covington, batteur de la scène de San Francisco et de l’Airplane, sans lequel il ne serait jamais sorti de son registre blues/jazz.

Papa john creach

Papa john creach hot tuna

Enfant d’une famille nombreuse (cinq frères et quatre sœurs), John Henry Creach, affectueusement appelé Papa John, naît en Pennsylvanie, dans une ville à dominante afro-américaine (Bever Falls) mais dans un environnement favorable à la musique.

Il hérite de son oncle, membre de la marine marchande, d’un violon qui ne va jamais le quitter et avec lequel il va faire montre d’une grande expertise quel que soit le genre visité.

Un homme heureux.

De son précepteur familial, il apprend les principes de base.  Comme il le disait, « mon violon, c’est ma thérapie. Pour me sentir bien, je prends mon violon et je joue. Il me fait aimer la vie et me rend par ailleurs si heureux quand je vois les visages s’illuminer dès les premières notes. »  

Papa John Creach était un homme heureux du sort que la vie lui a réservée, tant dans son couple auprès de sa bien aimée Gretchen que par les joies que la musique lui a procurées. Chaque spectacle était pour lui une fête et une occasion de réunir autour de lui ses potes du milieu.

Son apprentissage, c’est dans les bars et les clubs de Chicago qu’il le fait au moment où la cellule parentale se pose dans l’état de l’Illinois. Il y étudie l’instrument au Conservatoire de Musique. Il a alors 18 ans et nous sommes en 1935 ; Papa John Creach s’écarte du classique, peu rémunérateur, et intègre alors un groupe de cabaret, le Chocolate Music Bars avec lequel il fait ses premières tournées. Il y installe son style et y développe sa créativité. Son jeu de violon s’amplifie.

Un grand professionnel.

En déménageant sur Los Angeles en 1945, il joue régulièrement dans le club en vogue du moment, le Chi Chi Club de Palm Springs, puis travaille sur un paquebot, avant de figurer dans quelques films et de s’engager dans un duo avec Nina Russell.

Papa john creach 2

« Un moment, c’était trop pour moi. Il me fallait ralentir. J’enregistrais avec Jefferson Starship, puis je partais sur la route avec le groupe. Idem avec Hot Tuna : enregistrements et tournées. Là-dessus rajoutez mes projets personnels. Je faisais un LP, il me fallait le promouvoir auprès du public. A 58 ans, il me devenait difficile de gérer. C’est la raison pour laquelle, dès 1975, j’ai levé le pied avec le Starship et Hot Tuna. » (Papa John Creach)

En rencontrant Joey Covington, en 1967, au Parisian Room, club de jazz angelin, le violon de Papa John va passer à l’électricité. Il est alors un quinquagénaire alerte, avec lequel le batteur de Jefferson Airplane tisse une grande amitié, amenant le violoniste  chevronné à rejoindre le groupe phare de l’acid rock san franciscain dès 1970, à l’occasion d’un concert au Winterland. Sa faculté à se fondre dans l’univers blues psychédélique de l’Airplane fait l’unanimité auprès de Jorma Kaukonen et Jack Casady qui se l’accaparent pour leur projet récréatif parallèle, Hot Tuna.

Airplane, Starship,Hot Tuna…

Grand professionnel, Papa John intègre le line-up du second album de Hot Tuna, l’excellent hard blues First Pull Up Then Pull Down (1971) ; il y livre une prestation mémorable, majestueuse, surchauffée, certainement sa meilleure dans le blues-rock psyché. Il est reconduit sur le mélodieux Burgers (1972), l’autre référence Hot Tuna. Porté par des performances souvent improvisées et techniquement très remarquées sur la scène californienne, l’Airplane, alors en perte de vitesse, le recrute pour les besoins de Bark (1971), puis de Long John Silver (1972), malheureusement disques de la phase déclinante de ce groupe culte qui migre vers deux moutures, Hot Tuna et Jefferson Starship.

Dans cet environnement confondu, Papa John Creach passe d’un groupe à l’autre. Il ouvre son compteur pour Jefferson Starship, qui n’est encore que l’embryonnaire Paul Kantner & Grace Slick, avec Sunfighter (1971).

Son premier LP, un must.

Un premier album solo et éponyme est publié fin 1971, puis un deuxième Filthy en 1972. Le live Thirty Seconds Over Winterland marque la fin de sa collaboration avec Jefferson Airplane tandis que Baron Von Tolbooth & The Chrome Nun (1973), toujours du tandem Kantner/Slick auquel il convient d’associer Paul Freiberg, amorce l’entrée dans Jefferson Starship avec lequel il prend part à Dragon Fly (1974) et Red Octopus (1975).

Dans cette implication collective pour le label Grunt, il trouve le temps de signer un troisième opus personnel, Playing My Fiddle For You (1974), suivi dans les années suivantes de quatre disques : I’m The Fiddle Man (1975), Rock Father (1976), The Cat And The Fiddle (1977) et Inphasion (1978).

La star la plus improbable du rock.

Papa John Creach a ensuite collaboré avec les San Francisco All-Stars de Joey Covington (1979/1984), avec les Dinosaures, de 1982 à 1989 et, dans la foulée, avec Steve Taylor (album I Predict 1990).

Papa Blues (1992), seul LP studio hors seventies, referme le catalogue discographique de Papa John Creach. Cette même année, il rejoint le Jefferson Starship de la nouvelle génération, avant de disparaître d’un arrêt cardiaque le 22 février 1994. Il avait 76 ans et était la star la plus improbable du rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Papa john creach papa john creach 1971

 

PAPA JOHN CREACH

PAPA JOHN CREACH – 1971  5/5

 

Publié en décembre 1971.

Produit par Papa John Creach,Mike Lipskin.

Durée:39:11.

Label:Grunt,RCA.

Genre:rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

De quoi en rester papa !

 

Papa John Creach débute dans le rock à un âge où des mecs de sa génération pensent surtout à raccrocher. Né en 1917 à Beaver Falls (Pennsylvanie), ce neveu d’un oncle violoniste et marin tombe sous le charme de l’instrument à cordes frottées à 14 ans, passion qui lui vaut de  déménager, avec sa famille, pour Chicago où il fréquente le Conservatoire de Musique local. Celui qui n’est encore que Johnny Creach intègre rapidement l’orchestre symphonique de la cité du nord-ouest de l’Illinois. Peu lucratif, cet emploi qu’il conserve trois ans, ne lui permet pas d’en vivre. Il s’en détache pour tourner dans les clubs de la ville, en quête de quoi l’autoriser à manger.

Passé pro, son violon se fait entendre durant les années 30 dans les bars jazz et blues, les lieux huppés, les hôtels privés et clubs chics, les clandés tenus par la pègre des lieux ; il y évolue à son aise et s’y sent comme un coq en pâte. L’électrification du violon, grâce à l’apparition de son premier spécimen (National Steel/1943) lui ouvre de nouveaux horizons et lui permet de fixer son style, fait d’originalité et de vitesse. Creach commence alors à se démarquer des violonistes traditionnels.  

Alors que l’époque est encore aux 78 tours, il y va de son premier disque en 1947 alors qu’il s’est installé à Los Angeles. Creach devient le violoniste vedette du crû, son instrument égayant régulièrement les salles du S.S. Catalina, le luxueux steamer (cuir et teck) qui opère la jonction entre L.A et Santa Catalina Island.

Mais c’est son association avec la scène musicale psychédélique de l’endroit et son acoquinage avec le rock qui vont lui apporter la notoriété et une sécurité financière à laquelle il n’a jamais pu prétendre avant. Pris sous l’aile du Jefferson Airplane par l’entremise de Hot Tuna avec lequel il fait ses débuts en octobre 70, son incursion sur l’échiquier psyché du moment va s’avérer fructueuse. Dans ce contexte, Johnny Creach, introduit dans cette communauté musicale par le batteur Joey Covington, un pays comme on dit, hérite de l’affectueux surnom de Papa John. Il figure sur de nombreux desseins liés à la maison Grunt (Jefferson Airplane, le Starship et Hot Tuna, ainsi que sur les projets personnels) et à ses proches comme Grateful Dead.

Mort d’un arrêt cardiaque en 1944, Papa John Creach affiche six albums pour son propre compte. L’éponyme Papa John Creach (en écoute intégrale ici) ouvre ce catalogue en 1971. Disque préféré du violoniste-star du moment et plébiscité par les fans de la période 60/70, il recense le gratin de la place angeline : outre les amis de l’Airplane, on y retrouve Jerry Garcia, Carlos Santana, John Cipollina du Quicksilver Messenger Service et tant d’autres comme la section cuivre d’Oakland, le fameux Tower Of Power, Sammy Piazza...

Sa réussite est assez paradoxale dans la mesure où son violon de prédilection n’a pas, dans le rock s’entend, la popularité qui sied aux autres instruments de base. Les groupes ou artistes l’utilisant ne sont alors pas légion. Citons sur le terrain californien, Richard Greene de Seatrain et David Laflamme (It’s A Beautiful Day), deux autres belles valeurs du genre ainsi que le progressiste East Of Eden dans l’Old Albion et Jean-Luc Ponty chez nous.

Signé par le label Grunt qui ouvre alors ses portes à tout ce qui gravite dans le giron de l’Avion et de ses diverses incarnations, Papa John Creach reçoit naturellement le soutien de la famille Airplane qui lui renvoie l’ascenseur pour tous les services rendus sur les enregistrements studios et live, collectifs ou personnels, du groupe et de ses membres. L’ancien au crâne dégarni et à la silhouette longiligne, est, en effet, de quasiment tous les bons coups discographiques ou scéniques entre Los Angeles et San Francisco, où le Dead le convie souvent à ses concerts, devenant même  partie intégrante de ces illustres formations. Adoré de ses congénères musiciens, qui n’aimait pas jouer avec lui ou magnifier ses projets par son jeu de violon unique, maîtrisé, expressif, gracieux et virtuose ?

Du bluegrass au ragtime, du jazz au blues, le Papa John Creach nouvellement venu au rock apprivoise avec une  facilité déconcertante et une grande originalité  toutes les frettes de son instrument. Son album est une petite merveille des seventies.

Débordant de charmes, j’ai un coup de cœur particulier pour lui. Plus spécialement pour des titres comme  le tonique The Janitor Drives A Cadillac, écrit par l’ami Covington, chanté en duo avec Grace Slick et porté par la furieuse section de cuivres précédemment évoquée, comme St Louis Blues, blues à l’ancienne, comme l’extraordinaire vision qu’il a du classique Over The Rainbow, comme Plunk A Little Funk, Papa John’s Down Home Blues et String Jet Rock, trois ses signatures, ou comme l’élégant Danny Boy et Soul Fever avec Jerry Garcia à la gratte. Quatre décennies plus tard, l’effet PJC n’est pas retombé…

Autant dire que ce disque est un indispensable pour que la collection californienne du moment soit complète. Grand monsieur que ce Papa John (et énorme disque) qui  a beaucoup influé sur le mythique Jefferson Airplane comme le rappelait justement Paul Kantner à la mort de Creach. Ecoutez, vous verrez que rien ne viendra démentir mon propos du jour. On en reste papa pour la vie (RAZOR©).

 

Face 1.

1. The Janitor Drives a Cadillac.

2. St. Louis Blues.

3. Papa John's Down Home Blues.

4. Plunk a Little Funk.

5. Over the Rainbow.

 

Face 2.

6. String Jet Rock.

7. Danny Boy.

8. Human Spring.

9. Soul Fever.

10. Every Time I Hear Her Name.

 

Papa John Creach:violon électrique,chant.

Greg Adams:trompette sur1.

Rufus Anderson:guitare sur 8.

Jack Bonus:saxophone sur 1 et 2.

Nick Buck:piano sur 3.

Dave Brown:basse sur 9.

Jack Casady:basse sur 4/6/10.

John Cipollina:guitare sur 1.

Bruce Conte:guitare sur 3.

Joey Covington:batterie sur 1/9,congas sur 4.

Jerry Garcia:guitare sur 9.

Mic Gillette:trombone sur 1.

Bobby Haynes:basse sur 7/8.

Art Hillery:piano sur 5/8,orgue sur 7.

Paul Kantner:guitare rythmique sur 6.

Jorma Kaukonen:guitare sur 4/610.

Mike Lipskin:orgue sur 1,piano sur 2.

Stan Monteiro:clarinette sur 2.

Skip Olsen:basse sur 2.

Sammy Piazza:batterie sur 2/4/6/10.

Douglas Rauch:basse sur 3.

Gregg Rolie:orgue sur 9.

Carlos Santana:guitare sur 3.

Peter Sears:basse sur 1.

Grace Slick:chant sur 1.

Tony Smith:batterie sur 3.

Bob Wilson:guitare sur 2.

Los Angeles String Section:cordes sur 5.

Los Angeles Brass Section:sur 8 et 10.

DISCOGRAPHIE 70'S AVEC HOT TUNA.

LP Live 2 - 1971

 

Hot tuna first pull up

 

HOT TUNA

FIRST PULL UP, THEN PULL DOWN – 1971  5/5

 

Publié en juin 1971.

Enregistré au Chateau Liberty Los Gatos (Californie) en avril 1971.

Produit par Jorma Kaukonen.

Durée:44:06.

Label:RCA Victor.

Genre:blues-rock.

 

Du Thon hyper chaud !

 

Deuxième LP de Hot Tuna et deuxième live en 1971 : First Pull Up, Then Pull Down (en écoute intégrale ici). On laisse tomber la guitare acoustique de l’album éponyme précédent (1970) et on branche les guitares électriques. Malgré la transition, on ne perd rien au change, Hot Tuna excelle tant dans le blues acoustique que dans un registre plus blues-rock.

Pour l’occurrence, c’est le Château Liberté de Los Gatos dans les montagnes californiennes de Santa Cruz, un ancien relais de diligences du milieu du dix-neuvième siècle, qui prête son cadre à l’enregistrement de First Pull Up Then Pull Down. Bar à bikers fréquenté par la fine fleur des notables du coin, des artistes, des hippies, cet endroit de rock où Hot Tuna, les New Riders Of The Purple Sage, Moby Grape et la clique de la baie aimaient se produire, a vu défiler le gratin des formations du moment comme Quicksilver, Elvin Bishop ou les Doobie Brothers dont la photo de la pochette de l’album éponyme a été prise dans ce bar où ils étaient des habitués.

Sur le line-up de l’album précédent (Kaukonen, Casady et Scarlett) viennent se greffer le violoniste en vogue sur le circuit du moment, Papa John Creach et Sammy Piazza, qui remplace Joey Covington à la batterie. De trio, Hot Tuna passe en quintette. L’ambiance du moment est alors à une perte de vitesse du groupe-mère, l’Airplane qui perd Balin son fondateur et Dryden, et à une scène west-coast qui commence à tirer la langue.

Le jeu intense d’un Jorma Kaukonen, la basse d’un Jack Casady en très grande forme, un Sammy Piazza explosif aux fûts et deux virtuoses comme Papa John Creach et Will Scarlett, voilà en quelques mots ceux à quoi vous vous exposez sur cet album de hard blues qui fait au moins aussi bien que son devancier, dans des conditions d’enregistrements similaires mais dans un registre totalement différent. Ici on laisse tomber le picking et les bonnes manières et on entre, sans s’essuyer les tiags sur le paillasson ou mettre les patinettes, dans un univers de riffs et d’accords sortis tout droit de chez Calberson.   

Pour mettre, sans attendre, le feu au bar, un instrumental pas piqué des hannetons, John’s Other et 8 minutes, autour d’un exceptionnel violon Papa John Creach : le mec a de la bouteille à ce moment-là et c’est peut-être sa meilleure prestation sur tous les projets qu’il a eus avec l’Airplane ou Hot Tuna.

Candy Man ne fait rien pour éteindre l’incendie. Au contraire, point culminant de l’œuvre, il nous scotche par son aspect bon vieux blues classique. Been So Long et Want You To Know autorisent une petite trêve sympathique et plus reposante. C’est ce qu’il faut avant de plonger dans la longueur savoureuse jam de plus de 8 minutes du populaire et croustillant Keep Your Lamps Trimmed And Burning. C’est tout le bar qui s’enflamme.

Après un Never Happen No More qui passe quasiment pour du pipi de chat (alors qu’il est réellement bon) dans ce contexte de folie furieuse, c’est le plafond qui s’embrase et qui nous tombe sur la gueule avec un délirant et fougueux Come Back Baby. Le temps que tout s’effondre, il faudra 9 minutes 30 d’un furieux blues électrique qui va court-circuiter l’endroit. Inqualifiable album, je vous le promets ! Nettement différent du premier LP plus acoustique, First Pull Up, Then Pull Down est un Hot Tuna carrément électrique, magique, intense et en totale confiance qui gagne ses galons de groupe à part entière. Pour ma part, les deux me séduisent (RAZOR©).

 

1. John's Other.
2. Candy Man.
3. Been So Long.
4. Want You to Know.
5. Keep Your Lamps Trimmed and Burning.
6. Never Happen No More.
7. Come Back Baby.

 

Jack Casady:basse.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Papa John Creach:violon électrique.

Sammy Piazza:batterie.

Will Scarlett:harmonica.

LP Studio 1 - 1972

 

Hot tuna burgers

 

HOT TUNA

BURGERS – 1972  5/5

 

Publié en février 1972.

Produit par Jorma Kaukonen.

Durée:37:21.

Label:Grunt.

Genre:folk-rock.

 

L’hommage au rock californien.

 

Pour un groupe sans autre ambition que celle de se faire plaisir, Hot Tuna, lancé par Kaukonen et Casady dans le dos de Jefferson Airplane, en arrive en ce mois de février 72  à supplanter la formation qui lui a déroulé le tapis rouge pour assoir sa popularité. Tandis que l’Airplane, écartelé entre différents choix, est sur le reculoir et aux portes de disparaître, Hot Tuna gagne ses galons de groupe à part entière et ce ne sont pas les deux lives précédents qui diront le contraire.

Hot Tuna, en 1972, y va de son premier LP studio, Burgers (en écoute intégrale ici) preuve s’il en est qu’après avoir récréé la galerie des proches et fidèles de New Orleans House à Berkeley et ceux du Château Liberté à Los Gatos, le duo fondateur croit dur comme fer en l’avenir de leur affaire, d’autant que du côté de la maison mère, ça tangue de plus en plus, Long John Silver, dernier LP studio de l’ère Jefferson Airplane 60/70 n’étant pas de nature à relever le niveau moyen qui affecte depuis quelque temps ce qu’il reste de ce groupe, en tout cas de son esprit.

Après avoir témoigné de la reconnaissance du ventre en prenant part à  l’ultime travail avec le collectif qui l’a promu au rang de rock stars, le tandem  accorde une attention toute particulière à Burgers. Résultat, cet album fusion d’électrique et d’acoustique est un nectar, Hot Tuna prend un relief indéniable.

Les fans considèrent généralement cet opus comme la pièce maîtresse de le carrière du Thon Chaud. C’est le cas. Il est vrai que l’album de ce quartet avec Papa John Creach au violon et Sam Piazza à la batterie, fourmille de compositions magnifiques dont la majorité est écrite par Kaukonen, empruntées au folk blues combiné à un rock électrique.

A ce titre, True Religion, le premier titre, débute à la manière d’un folk blues pour virer vers un trip psychédélique et revenir à son point de départ. Les arrangements sont sublimes avec des parties acoustiques phénoménales (l’instrumental Water Song), le tout bien agencé.

Cet album recèle une multitude de perles magiques comme Sea Child qui aurait pu figurer sur un album de l’Airplane, une magie dont il faut profiter, car le groupe aura du mal à la recréer par la suite : Highway Song, Year Blues, le mythique Keep On Truckin’ ou la reprise du Let Us Get Together Right Down Here (Reverend Gary Davis).

La voix nasillarde de Jorma Kaukonen et son travail en fingerpicking, la basse féline d’un Casady au top de sa forme (un des meilleurs bassistes du rock et une de ses prestations les plus mémorables), un Piazza léger aux drums qui s’en donne à cœur-joie et un violon façon Papa John Creach qui tourbillonne comme jamais en transpirant à donf le blues, voilà ce qu’est ce fameux Burgers des Hot Tuna que le violoniste black quittera juste après pour rejoindre le Jefferson Starship, une autre mouture d’un Jefferson Airplane qui ne résistera pas à cette nouvelle fuite de son personnel et qui signe, en 1973, la fin du grand groupe qu’il fut.

Décidément, ces gars n’avaient pas leurs pareils pour restituer ce qu’était l’acid rock (écoutez Sunny Day Strut) et le phénomène hippie. Ce disque très inspiré est donc unique et une telle perfection musicale ne sera plus jamais atteinte par Hot Tuna. Il est en quelque sorte l’hommage de deux de ses plus éminents acteurs à tous ceux qui ont écrit le beau livre du rock californien qui passe alors la main. C’est donc cet album qu’il vous faut ! (RAZOR©)

 

1. True Religion.

2. Highway Song.

3. 99 Years Blues.

4. Sea Child.

5. Keep On Truckin'.

6. Water Song.

7. Ode for Billy Dean.

8. Let Us Get Together Right Down Here.

9. Sunny Day Strut.

 

Jorma Kaukonen:guitare,chant.

Jack Casady:basse,chant.

Papa John Creach:violon,chant.

Sammy Piazza:batterie,percussions,chant.

Nick Buck:orgue,piano sur 1/5.

Richmond Talbott:chant,guitare slide sur 3.

David Crosby:chant sur 2.

DISCOGRAPHIE 70'S AVEC JEFFERSON AIRPLANE.

LP Studio 6 - 1971

 

Jefferson airplane bark

 

JEFFERSON AIRPLANE

BARK – 1971  3/5

 

Publié en septembre 1971.

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:44:17.

Label:Grunt,RCA.

Genre:rock psychédélique,hard rock.

 

Beurk !

 

Médiocre. Voilà comment peut se résumer Bark (en écoute intégrale ici), premier album du Jefferson Airplane (sous son propre label Grunt Records) de l’après Balin, son fondateur, publié en 1971,et faisant également suite au départ du batteur Spencer Dryden.

Bark est aussi la première apparition de Papa John Creach, violoniste et de Joey Covington, en remplacement de Dryden. L’Airplane n’est plus réapparu en studio depuis deux ans.

Jorma Kaukonen et Jack Casady ont le museau à fond dans leur projet personnel, le Hot Tuna. Kantner et Slick également (Sunfighter).

Bref, le groupe balbutie sa musique, qui n’a plus l’envergure et la brillance de sa période blues-rock ou rock psychédélique antérieures. Il est orphelin de son créateur.

Kaukonen tente bien de reprendre la place laissée vacante par Balin (il écrit quatre titres), mais sans grand succès. Dans ces conditions, difficile d’attendre monts et merveilles de Bark, qui reste une curiosité, mais qui est une bien pâle copie comparée aux monuments discographiques dont le groupe nous a gratifiés.

Bark sent l’album qui ne sert pas à grand-chose, si ce n’est qu’à rajouter une ligne supplémentaire sur la carte de visite. Je vous laisse seul juge pour en trouver la substantifique moelle. En ce qui me concerne, c’est plutôt beurk que Bark…. Vous m’avez compris ? (RAZOR©)

 

1. When the Earth Moves Again.

2. Feel So Good.

3. Crazy Miranda.

4. Pretty as You Feel.

5. Wild Turkey.

6. Law Man.

7. Rock and Roll Island.

8. Third Week in the Chelsea.

9. Never Argue with a German If You're Tired or European Song.

10. Thunk.

11. War Movie.

 

Jack Casady:basse.

Joey Covington:chant,batterie,percussions.

Paul Kantner:chant,guitare.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant,piano.

Papa John Creach:violon sur 1/4/5.

Bill Laudner:chant sur 11.

Will Scarlett:harmonica sur 8.

LP Studio 7 - 1972

 

Jefferson airplane long john silver

 

JEFFERSON AIRPLANE

LONG JOHN SILVER – 1972  2,5/5 

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:41:25.

Label:Grunt/RCA.

Genre:rock psychédélique.

 

Sortie de piste fatale.

 

Avec ce septième album, Long John Silver (en écoute intégrale ici), Jefferson Airplane touche le fond. C’est le sentiment qui habite la presse de l’époque et ce ‘est pas la trompeuse vingtième place occupée dans le Billboard 200 qui change quoi que ce soit à la donne. Jefferson Airplane n’est plus.

Entre les aspirations en solitaire des uns (Hot Tuna, d’un côté et le binôme Kantner et Slick de l’autre), le départ de Balin, un Covington qui quitte le groupe durant les sessions, entre le travail individuel des membres qui, chacun dans son coin, enregistrent ses propres contributions, entre les tergiversations d’une formation qui ne sait plus vraiment où se situer et en manque d’inspiration pour le faire, le chaos règne, menant à un incroyable gâchis.

L’arrêt du groupe est la seule issue. Il y va de son image à préserver une réputation qui commence sérieusement à s’écorner et à occulter tout ce que le groupe a pu véhiculer au rock avant. Sage décision que celle prise de tout stopper avec un Long John Silver qui, vous vous en doutez bien au regard de mon pessimisme et de mon peu d’enthousiasme à introduire le sujet, est insignifiant (1972).

Le groupe tentera un rapprochement à la fin des années 80, tentative réduite à un feu de paille. Long John Silver ne véhicule pas grand-chose  qui puisse en faire un bon album.

Même avec le recul, habité par le sentiment d’avoir peut-être manqué quelque chose, je n’ai trouvé aucun argument qui puisse contrecarrer ce ressenti de raté et d’inutile. Certes, on ne peut pas mettre la sincérité du travail en cause. L’ensemble  parait si naïf et semble n’être que du remplissage.

Heureusement que le chant de Grace Slick sauve cet album du naufrage total (et encore, y a des fois…) dont je retiens le seul Trail By Fire, très Hot Tuna. Désolé, mais y a plus la flamme, la classe. Il sent le poisson pourri ce Bark (le vinyle Bark était, si ma mémoire est bonne, représenté par une tête de hareng ou quelque chose du genre). Le seul côté positif de cet album, c’est le talent de Papa John Creach au violon. Et basta. L’Airplane a été, mais n’est et ne sera plus (RAZOR©).

 

1. Long John Silver.

2. Aerie (Gang of Eagles).

3. Twilight Double Leader.

4. Milk Train.

5. The Son of Jesus.

6. Easter?

7. Trial by Fire.

8. Alexander the Medium.

9. Eat Starch Mom.

 

Jack Casady:basse.

Paul Kantner:chant,guitare.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant,piano.

Papa John Creach:violon.

John « Goatee » Barbata:batterie,tambourin.

Joey Covington:batterie sur 3/5.

Sammy Piazza:batterie sur 7.

LP Live 2 - 1973

 

Jefferson airplane thirty second

 

JEFFERSON AIRPLANE

THIRTY SECONDS OVER WINTERLAND – 1973  3/5

 

Publié en avril 1973.

Enregistré les 24 et 25 août 1972 (Chicago Auditorium) et les 21 et 22 septembre 1972 (Winterland Arena San Francisco).

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:38:13

Label:Grunt.

Genre:rock.

 

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

 

Thirty Second Over Winterland (en écoute intégrale ici) est l’album des fameux grille-pain ailés ! Les initiés sauront de quoi je parle. Sorti en 1973, ce disque est le deuxième live que le groupe ait enregistré après celui de 1969, le fabuleux Bless It’s Pointed Little Head. Il s’inscrit, dans le temps, après Long John Silver (1972) et est enregistré pendant la tournée de promotion de ce dernier.

L’avion Airplane n’a plus son pilote et le groupe, en proie à des tensions, des choix professionnels plus personnels pour certains, doit remplir ses obligations contractuelles avec la maison de disques. Enregistré fin août 1972 à Chicago et  en septembre, à San Francisco, l’album est assez court (36 minutes).

Le groupe est désuni et devenu une réunion d’individualités, loin du collectif qu’il fut. Le binôme Kaukonen/Casady est impliqué dans Hot Tuna, Slick et Kantner travaillent sur leurs propres projets. Au milieu, Kantner et Papa John Creach, rejoints par Barbata (qui supplée le défaillant Covington) et le nouveau David Freiberg, co-fondateur de Quicksilver Messenger Service, composent avec.

Kantner préfère se concentrer sur l’écriture. Dans ce contexte où tout le monde se regarde en chiens de faïence, le groupe fait tout son possible pour sauver les apparences sur scène. Bark (ou Beurk !) alimente deux morceaux de ces prestations scéniques captées sur Thirty Seconds Over Winterland, Long John Silver les trois derniers titres.

Figure aussi Crown Of Creation, vestige du répertoire de  1968 et Feel so Good, le plus fougueux et le meilleur passage. Have You Seen The Saucers et Twilight Double Leader passent encore, mais pour le reste, que l’on ne me force pas la main pour me faire dire que l’album en question mérite autre chose qu’un deux, trois étoiles maxi étoiles.

Ce disque, à des années-lumière du premier live de 1969, révèle une Grace Slick qui se met maintenant à miauler et un David Freiberg complètement perdu. Il met surtout en avant, une fois n’est pas coutume, un Papa John Creach lumineux sur Milk Train. On est bien loin de l’avion qui faisait vrombir ses moteurs sur scène. Le long courrier Airplane n’a même plus rien du planeur (RAZOR©).

 

1. Have You Seen the Saucers?

2. Feel So Good.

3. Crown of Creation.

4. When the Earth Moves Again.

5. Milk Train.

6. Trial by Fire.

7. Twilight Double Leader.

 

Jack Casady:basse.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant.

Papa John Creach:violon.

John Barbata:batterie,percussions.

David Freiberg:chant.

DISCOGRAPHIE 70'S AVEC PAUL KANTNER & GRACE SLICK.

LP Studio 2 - 1971

 

Kantner slick sunfighter

 

PAUL KANTNER/GRACE SLICK

SUNFIGHTER – 1971  4/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Paul Kantner.

Durée:41:36.

Label:Grunt/RCA.

Genre:rock psychédélique,folk rock.

 

Tout le gratin autour du berceau.

 

Très beau premier album que Sunfighter (en écoute intégrale ici), réalisé par le couple Paul Kantner/Grace Slick en hommage à  China Wing-Kantner, la petite fille (de la pochette) qui vient de naître.

Sorti en novembre 1971, ce baptême musical réunit le gratin de la famille West Coast : David Crosby, Graham Nash, Jerry Garcia, Jack Casady, Joey Covington, Craig Chaquico, Papa John Creach, Spencer Dryden, Jorma Kaukonen, ainsi que le trio de cuivres Tower Of Power et les Edwin Hawkins Singers (Oh Happy Days).

Doté d’une belle qualité d’écriture qui aborde les problèmes de la race humaine et de la planète terre, Sunfighter, disque un peu mystérieux et mystique, commence de façon on-ne-peut-plus sublime et convaincante, avec un captivant Silver Spoon que vient relayer un Diana élégiaque (Part I), scindé en deux parties, en hommage à Diana Oughton, une militante gauchiste, tuée par la bombe qu’elle confectionnait et soufflant la maison de Greenwich Village où elle cohabitait.

Look At The Wood, China, Earth Mother ou When I Was A Boy I Watched The Wolves situent bien le talent des auteurs que sont Kantner et Slick. Il est un des trésors de cette époque de rébellion contre la politique américaine, de la révolution écologique naissante.

Le duo Kantner/Slick n’a pas à faire le moindre complexe par rapport à l’Airplane du moment, aussi, ceux que cette scène musicale et que cette période inspirent, doivent être au rendez-vous de Sunfighter (RAZOR©).

 

1. Silver Spoon.

2. Diana.

3. Sunfighter.

4. Titanic.

5. Look at the Wood.

6. When I Was a Boy I Watched the Wolves.

7. Million.

8. China.

9. Earth Mother.

10. Diana 2.

11. Universal Copernican Mumbles.

12. Holding Together.

 

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Grace Slick:chant,piano.

Greg Adams:trompette,bugle.

Jack Casady:basse.

Craig Chaquico:guitare.

Joey Covington:batterie.

Papa John Creach:violon.

David Crosby:choeurs,tambourin.

Spencer Dryden:batterie.

Jerry Garcia:guitare.

Mick Gillette:trombone.

Pat Gleeson:piano,synthétiseur.

Jorma Kaukonen:guitare.

Peter Kaukonen:guitare, mandoline.

Bill Laudner:choeurs.

Graham Nash:choeurs,arpèges.

Phil Sawye :effets sonores.

Steven Schuster:saxophone,flûte,arrangements.

Shelley Silverman:batterie

Edwin Hawkins Singers:choeurs.

The Spanish Sexuals:flûte.

Jack Traylor:choeurs,guitare.

John Vierra:synthétiseur.

Chris Wing:batterie.

LP Studio 3 - 1973

 

Kantner slick baron von tolbooth

 

PAUL KANTNER/GRACE SLICK/DAVID FREIBERG

BARON VON TOLBOOTH & THE CHROME NUN – 1973  5/5

 

Publié en mai 1973.

Produit par Paul Kantner,Grace Slick,David Freiberg.

Durée:40:22.

Label:Grunt/RCA.

Genre:rock,rock psychédélique.

 

La tête dans les étoiles.

 

En 1973, les cendres de Jefferson Airplane fument encore que Paul Kantner, Grace Slick et David Freiberg se plongent dans l’enregistrement du superbe Baron Von Tolbooth & The Chrom Nun (en écoute intégrale ici), dont le titre est suggéré par David Crosby, l’auteur de ces surnoms affectés respectivement à Paul Kantner et Grace Slick.

Produit par les trois artistes, il réunit, hormis Crosby, les proches de la scène californienne comme Jerry Garcia et Mickey Hart (Grateful Dead), Jorma Kaukonen et Jack Casady de l’Airplane ou comme John Barbata et Papa John Creech.

Album qui fait le lien entre feu Jefferson Airplane et l’avenir, représenté par le Jefferson Starship, Baron Von Tolbooth & The Chrome Nun balance entre folk et psychédélisme.

Nanti d’un son exceptionnel (presque trop clean), il est un des plus beaux fleurons  de la famille Airplane/Starship.  Kantner (qui n’a jamais été aussi prolifique) et Slick persistent et signent dans le psychédélisme, continuent à rêver, la tête dans les étoiles, et à nous faire rêver.

De Ballad Of The Chrome Nun à Sketches Of China, cet album, porté par le couple Kantner/Slick, est une vraie merveille (RAZOR©).

 

1. Ballad Of The Chrome Nun.

2. Fat.

3. Flowers Of The Night.

4. Walkin’.

5. Your Mind Has Left Your Body.

6. Across The Board.

7. Harp Tree Lament (Freiberg-Hunter).

8. White Boy.

9. Fishman.

10. Sketches Of China.

 

Johnny Barbata:batterie.

Chris Ethridge:basse.

Craig Chaquico:guitare.

Jerry Garcia:guitare.

David Crosby:choeurs.

The Pointer Sisters:choeurs.

Jack Traylor:chant,guitare.

Papa John Creach:violon.

Jack Casady:basse.

Mickey Hart:percussions.

Jorma Kaukonen:guitare.

DISCOGRAPHIE 70'S AVEC JEFFERSON STARSHIP.

LP Studio 1 - 1974

 

Jefferson starship dragonfly

 

JEFFERSON STARSHIP

DRAGON FLY – 1974  3,5/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Jefferson Starship,Larry Cox.

Durée:42:25.

Label:Grunt/RCA.

Genre:rock.

 

Le début d’une autre histoire.

 

Jorma Kaukonen et Jack Casady d’un côté. Grace Slick, Paul Kantner de l’autre. L’Airplane a explosé en vol et s’est scindé, d’une part en Hot Tuna, de l’autre en Jefferson Starship (ce nom avait déjà été utilisé en 1970 pour un projet de Paul Kantner en 1970).

De Jefferson, ce dernier n’en a que le nom car il n’a pas et n’aura jamais l’aura du groupe californien de la première période, en dépit de sa qualité. Le cherche-il d’ailleurs ?

Papa John Creach (violon électrique), Craig Chaquico (lead guitar), John Barbata (batterie), David Freiberg (ex-Quicksilver et claviers) et Peter Sears (basse) complètent ce line-up de Dragon Fly (en écoute intégrale ici), premier véritable album sorti en 1974, travail qui, entre parenthèses, n’est pas passé loin du top ten et qui est disque d’or au bout de six mois d’existence.

Pour un album plutôt de transition entre la fin d’une histoire et le démarrage d’une autre, c’est plutôt rassurant sur le potentiel et le devenir de cette formation. Certes, le style n’est pas celui du défunt Jefferson Airplane. Il sonne plus seventies.

Parmi les titres les plus marquants et d’excellente facture : Hyperdrive de Slick, Devil’s Den, Caroline (avec l’apparition du revenant Marty Balin), Ride The Tiger, Be Young You, All Fly Away.

Plus harmonique et faisant appel aux synthés et aux claviers, Dragon Fly est le fruit d’un travail artistique différent de la mouture de l’Airplane. Il n’est en rien une pâle copie nostalgique de l’Airplane. C’est élégant, raffiné et tout l’album est agréable à écouter.

Une nouvelle histoire est en marche. Elle ne manque pas d’intérêt, même si j’en suis moins friand. Mais ceux qui veulent connaître la suite de l’histoire, c’est le moment pour prendre le train du Jefferson Starship en marche (RAZOR©).

 

1. Ride the Tiger.
2. That's for Sure.
3. Be Young You.
4. Caroline.
5. Devils Den.
6. Come to Life.
7. All Fly Away.
8. Hyperdrive.

 

Grace Slick:chant,piano sur 3.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

John Barbata:batterie,percussions.

Craig Chaquico:lead guitare.

Papa John Creach:violon électrique.

Pete Sears:piano,clavecin,orgue.

David Freiberg:chant,claviers,orgue.

Marty Balin:chant sur 4.

LP Studio 2 - 1975

 

Jefferson starship red octopus

 

JEFFERSON STARSHIP

RED OCTOPUS – 1975  3,5/5

 

Publié en juin 1975.

Produit par Jefferson Starship,Larry Cox.

Durée:42:00.

Label:Grunt/RCA.

Genre:rock.

 

Rien à voir avec qui vous savez.

 

Red Octopus (en écoute intégrale ici) est très agréable à écouter. Le Jefferson Starship avait eu la belle surprise d’assister au retour discret de Marty Balin pour une pige (Caroline) sur l’album précédent Dragon Fly. Balin est encore là sur Red Octopus de 1975. Le moins qui puisse être dit sur cette collaboration est qu’elle a déposé une véritable empreinte sur ce disque.

Red Octopus se classe au sommet des charts et, sur un plan purement commercial, dépasse même tous les albums de l’Airplane. Là s’arrête la comparaison, car ce groupe, formé sur les cendres de son illustre aîné, n’a en rien le son des années 60’s de la bande californienne. C’est un produit purement 70’s, comme Dragon Fly, et il ne faut pas chercher des points de rapprochement entre les deux histoires, ni entre les rendus artistiques.

Je ne répéterais jamais assez que ceux qui viennent visiter le répertoire du Starship par pure nostalgie, espérant y retrouver des bribes de l’Airplane, perdent leur temps. Les deux époques diffèrent, les formations ne sont plus dans le même registre.

Red Octopus est album intéressant, puissant et plein d’énergie, qui révèle un bon équilibre entre les titres rock et les ballades. Il y en a pour tout le monde. Grace Slick (par ailleurs très expressive) y va de ses trois titres, Marty Balin (qui a écrit ou coécrit 5 des 10 titres) et Paul Kantner veille toujours autant au grain.

Papa John  Creach y va de son instrumental (Git Fiddler), Pete Sears, du sien, plus progressif et très Procol Harum (Sandalphon). Ces deux derniers titres font toutefois un peu remplissage.

Parmi les titres forts, je vous invite à découvrir la très belle histoire d’amour et ballade intemporelle Miracles (écrite par Balin pour son amie de l’époque, Barbara), chantée par deux êtres qui s’aimaient beaucoup (Marty et Grace) et dont les échanges vocaux sont magnifiques, Al Garimasu, Sweeter Than Honey, Play On Love, There Will Be Love ou encore I Want To See Another World.

A l’image d’un line-up qui joue comme si les membres étaient ensemble depuis longtemps, le groupe regarde avers l’avant. Cet album agréable, je le répète, se caractérise par sa diversité musicale. Il peut donc manquer parfois de cohérence mais, au moins, il est abordable dans une orientation purement 70’s. Pourquoi le bouder ? (RAZOR©)

 

1. Fast Buck Freddie.

2. Miracles.

3. Git Fiddler.

4. Ai Garimasu (There Is Love).

5. Sweeter Than Honey.

6. Play On Love.

7. Tumblin.

8. I Want To See Another World.

9. Sandalphon.

10. There Will Be Love.

 

David Freiberg,Pete Sears:basse,claviers,chant.

John Barbata:batterie,percussions,congas,chant.

Craig Chaquico:lead guitare,chant.

Bobbye Hall:percussions,congas.

Grace Slick:piano,chant.

Paul Kantner:guitare rythmique,chant.

Irv Cox:saxophone.

Papa John Creach:violon.

Marty Balin:chant.

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