Paul Butterfield.

BIOGRAPHIE 60'S.

 

PAUL BUTTERFIELD/Chicago (Illinois)

 

Paul butterfield blues band

 

Né le 17 décembre 1942 à Chicago.

Décédé le 4 mai 1987 à Woodstock (New York).

Actif de 1963 à 1987.

Label:Elektra Records.

Genre:blues,Chicago blues,blues-rock.

 

 

Dans le jus blues à 15 ans.

Paul Butterfield est un artiste incontournable du blues américain. Né en 1942 à Chicago, où il a grandi, il est décédé à l’âge de 45 ans du côté de Woodstock, où tout le gratin hippie vit alors. D’une overdose.

Enfant né du mariage entre un avocat et d’une artiste-peintre, son environnement avantageux le confronte plus précocement que les autres gamins de son âge, à l’art et notamment à la musique, où il suit un enseignement de flûte classique.

Paul butterfield 1

Paul butterfield 2

Paul butterfield 3

Féru de blues et ami de Nick Gravenites, de quatre ans son aîné et originaire de Chicago comme lui et Elvin Bishop ou encore Michael Bloomfield, Paul Butterfield, en même temps qu’il se produit dans les clubs de blues, il a alors une quinzaine d’années, abandonne la flûte au profit de l’harmonica et de la guitare. C’est sur cette scène et à cette époque du début des années 60, qu’il fait son apprentissage sur les airs de Muddy Waters, Buddy Guy, Howlin’ Wolf, Jimmy Reed, Otis Rush.

Butterfield, Bishop, Bloomfield…tous élevés au blues.

A cette période aussi, Paul Butterfield fait la rencontre d’Elvin Bishop, superbe guitariste et tout aussi mordu que lui de la petite note bleue, auquel il laissera le poste guitare pour se consacrer uniquement au chant et à l’harmonica.

Ils tapent le bœuf ensemble quelque temps avant de passer aux choses sérieuses en 1963, année où ils créent ce qui va devenir le Paul Butterfield Blues Band, avec Jerome Arnold et Sam Lay, respectivement bassiste et batteur, connus pour être la section rythmique black d’Howlin’ Wolf.  Deux blancs, deux noirs : et si on tenait là et bien avant l’heure, le premier groupe multiracial du rock ? En signant chez Elektra dès l’année suivante, grâce à l’éminent Paul Rothchild, le Paul Butterfield Blues band se voit adjoindre un guitariste supplémentaire en la personne de Mike Bloomfield, issu des quartiers sud de Chicago et élevé au blues, lui aussi.

Découvert par John H. Hammond, manager de Dylan, grâce à sa collaboration avec le Zim sur Highway 61 Revisited, Bloomfield est un plus considérable pour le son du blues électrique urbain développé par Paul Butterfield Blues Band.

Derrière la controverse Dylan.

Pendant les sessions d’enregistrement d’un premier LP, éponyme, la formation de Butterfield s’enrichit, en 1965, d’un nouveau venu, Mark Naftalin, dont le jeu de claviers popularise encore plus le son du groupe de l’Illinois. La présente formation s’articule alors comme suit : Paul Butterfield, Elvin Bishop, Mike Bloomfield, Jerome Arnold, Sam Lay et Mark Naftalin. Ce line-up, pas dans son entièreté cependant, jouera un rôle important dans la mutation électrique si controversée de Dylan initiée au festival de Newport 65. Il soutient alors Dylan dans ses apparitions scéniques.

Le premier LP sort en septembre 1965 ; il se compose de 7 reprises sur 11 titres. Paul Butterfield Blues Band livre là un des premiers disques de blues qui soit interprétés par des blancs et se pose en pionnier du british blues relayé par John Mayall depuis l’Angleterre.

Un line-up miné par les turn-over.

Dans la discographie du groupe apparaît en tête de liste le LP The Original Lost Elektra Sessions mais celui-ci ne concerne que des enregistrements datant de l’époque pré-Naftalin (1964). D’ailleurs, il est sorti bien plus tard, en 1995 si je ne m’abuse.

East-West est publié en 1966. Sam Lay a quitté le groupe, remplacé par Billy Davenport qui ne fait qu’une apparition ici. LP reconduisant le principe des reprises, il est également le dernier réalisé par Mike Bloomfield, parti fonder Electric Flag, et Jerome Arnold.

Paul butterfield bishop

« J’ai rencontré Paul Butterfield le premier jour où j’ai mis les pieds à l’Université de Chicago. Il était là, assis sur les marches d’un escalier, il jouait de la guitare et du blues notamment, tout en buvant une pinte de bière. Rares étaient alors les blancs à s’intéresser au blues à Chicago de ce temps là. Nous devions êtres les seuls. C’est aussi simple que ça. » (Elvin Bishop)

Les reprises comme fond de commerce.

A l’appel du troisième opus, The Resurrection Of Pigboy Crabshaw (1967), Bugsy Maugh tient la basse, Philip Wilson prend place à la batterie tandis qu’une section cuivres s’invite à la fête (David Sanborn, Gene Dinwiddie et Keith Johnson). Pigboy Crabshaw étant le surnom donné à Elvin Bishop, ce dernier est la vedette du disque, d’autant que le départ de Mike Bloomfield lui libère des espaces et le remet sous les projecteurs. 7 des 9 titres sont encore des reprises.

Le quatrième album, In My Own Dream (1968), voit le Paul Butterfield Blues Band accorder une importance particulière à l’écriture ; elle est collective : 6 originaux sur 7 alimentent In My Own Dream.

Mark Naftalin et Elvin Bishop ne sont pas de la cinquième levée, Keep On Moving (1969). Le groupe est même sérieusement chamboulé dans la mesure où, hormis Paul Butterfield dernier survivant du line-up d’origine, seuls Philip Wilson et la section cuivres pointent encore. Buzz Feiten (guitare), Rod Hicks (basse), Ted Harris (claviers) sont les nouveaux entrants. Keep On Moving est le disque de trop, le groupe se perd.

Fin du PBBB.

Dans ce contexte, le double live de 70, enregistré les 21 et 22 mars de la même année au Troubadour, passe quasiment inaperçu, malgré sa bonne qualité. Sometimes I Just Feel Like Smilin’, sixième jet studio, scelle la fin du Paul Butterfield Blues Band, dissout dans le mouvement par son fondateur.

Paul Butterfield, premier harmoniciste blanc à développer un style original lui permettant d’être considéré parmi les plus grands de l’instrument et du blues, prend alors la direction de New York où il remonte une formation, The Paul Butterfield Better Days, pour laquelle il enregistre deux albums : un éponyme en 1972 et It All Comes back en 1973.

Une carrière solo en demi-teinte.

Il y met un terme en 1975 et se lance dans une carrière solo et de musicien de studio assez discrète, ponctuée néanmoins de trois disques : Put It In Your Year (1976), North-South (1981) et The Legendary Paul Butterfield Rides Again (1986). Souffrant de dépendance à l’alcool et aux drogues dures, il s’éteint en 1987 à 45 ans.

Le rock, et surtout le blues, se souviendra éternellement que  le Paul Butterfield Blues Band a énormément contribué à l’évolution du blues vers la modernité, que c’est lui, par l’entremise de son leader, qui a fait les Bishop, Bloomfield, Naftalin et qui a initié au Chicago blues toute la génération des chanteurs et musiciens yankees et blancs. (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Paul butterfield blues band lp 1965

 

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND – 1965  4,5/5

 

Sortie en septembre 1965.

Produit par Paul Rothchild.

Durée:38:15.

Label:Elektra Records

Genre:blues-rock,blues,Chicago blues.

 

La chute des barrières raciales.

 

A l’instar de l’autre groupe de blues de l’époque à atteindre la popularité à la même époque, les Bluesbreakers de John Mayall par lequel sont également passés les plus grands, le Paul Butterfield Blues Band joue et chante le blues comme les noirs.

Les premiers bluesmen blancs du PBBB sont aussi un groupe multiracial avec Paul Butterfield et Elvin Bishop qui, en 1963, unissent leurs destinées musicales à la superbe section rythmique d’Howlin Wolf, le bassiste Jerome Arnold et Sam Lay, batteur.

Rejoint par le guitariste de légende qu’est Mike Bloomfield, formé à l’école du blues noir, le PBBB, groupe du premier concert du Dylan version électrique (1965) voit Mark Naftalin (claviers) compléter le line-up en cours d’enregistrement.

Il sort cet album éponyme The Paul Butterfield Blues Band (en écoute intégrale ici) chez Elektra Records, album dont 7 titres sur les 11 proposés, sont des reprises ; l’album original a été mis de côté un moment, avant d’être réenregistré avec les claviers de Naftalin. La classe moyenne américaine va alors prendre une claque énorme dans les dents avec ces musiciens de blues blanc qui viennent bouleverser leur quotidien.

Du jamais entendu ! Ouvert sur une composition granuleuse due à Nick Gravenites, Born In Chicago, le disque enchaîne sur des bons classiques du blues empruntés à Elmore James (Shake Your Money Maker et Look Over Yonders Wall  de 1961), à Ann Cole, mais popularisé en 1957 par Muddy Waters (I Got My Mojo Working), de Little Walter (Blues With A Feeling de 1953 et Mellow Down Easy, composée par Willie Dixon en 1954), de Junior Parker (Mystery Train de 1953, popularisé par Presley en 1957), de Scrapper Blackwell (Last Night 1935) .

Butterfield est doté d’une voie apprêtée pour ce registre musical, son harmonica est fougueux et omniprésent. La section rythmique est colossale. Les deux guitaristes, Bishop et Bloomfield sont sublimes. Aux claviers, Naftalin apporte sa touche personnelle. Les décibels fusent.

La production est de Paul Rothchild qui capte toute cette énergie avec un grande compétence. Il en découle forcément une petite merveille de Chicago Blues qui va bien vite faire parler de lui.

En dépit de cette popularité incroyable, le PBBB n’a jamais figuré dans les charts. Surprenant pour un groupe qui, avec son album éponyme, a posé les jalons du blues-rock blanc (RAZOR©).

 

1. Born In Chicago.
2. Shake Your Money Maker.
3. Blues With A Feeling.
4. Thank You Mr. Poohbah.
5. I Got My Mojo Working.
6. Mellow Down Easy.
7. Screamin'.
8. Our Love Is Drifting.
9. Mystery Train.
10. Last Night.
11. Look Over Yonders Wall.

 

Paul Butterfield:chant,harmonica.
Elvin Bishop:guitare.
Mike Bloomfield:guitare.
Jerome Arnold:basse.
Sam Lay:batterie.
Mark Naftalin:claviers.

LP Studio 2 - 1966

 

Paul butterfield blues band east west

 

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND

EAST-WEST – 1966  5/5

 

Publié en août 1966.

Produit par Mark Abramson,Paul Rotschild.

Durée:44:21.

Label:Elektra.

 

Impossible d’y échapper.

 

Hormis le titre qui donne son nom à l’album qui nous concerne, East-West (en écoute intégrale ici), ce disque comporte des reprises ancrées dans le blues électrique urbain de Chicago. Incorporant des touches de jazz moderne et plus expérimental, ce deuxième LP du Paul Butterfield Blues Band prend une direction artistique différente par rapport à l’album éponyme précédent et ouvre une brèche dans l’expérimentation musicale liée à la fin des années 60.

Sous la conduite de son chef d’orchestre, le blues expérimental de Paul Butterfield Blues Band va plus loin que le blues traditionnel. Cette orientation psychédélique se traduit par un morceau titre, improvisé pour l’essentiel, qui fusionne, pour la première fois, le blues et le jazz et des influences venues de l’Inde.

Unique participation de Billy Davenport qui vient tout juste d’intégrer l’unité, East-West voit Bloomfield et Arnold quitter le groupe sitôt le travail de studio achevé. Bloomfield s’y fait d’ailleurs plus discret, même s’il brille encore de mille feux dans le long solo improvisé dans le jam-titre qui, à elle seule justifie amplement l’acquisition de ce disque.

13 minutes de pur régal et de sonorités jamais entendues dans la musique jusqu’alors, composées par le duo Butterfield et Bloomfield, les blancs becs de Chicago. Un must de l’acid-rock.

A côté de ce titre exceptionnel, on a également un lot de belles reprises de blues roots et de R & B empruntées aux géants du blues : Walkin’ Blues à Robert Johnson, Two Trains Running à Muddy Waters ou encore Get Out Of My Life Woman d’Allen Toussaint, Mary Mary, l’instrumental Work Song aux influences jazz.

S’il n’a pas flambé dans les bacs en pointant seulement au rang 65, East-West a malgré tout suscité l’intérêt du public blanc américain ; il n’en constitue pas moins un tournant pour le blues et la critique l’a compris qui l’encense. Entièrement dévoué à la cause du blues, 49 ans après, il sonne toujours aussi merveilleusement bien, le temps n’ayant en rien altéré sa fraîcheur et sa force.

Entre Rothchild à la console, sommité technique derrière les Doors, Paul Butterfield et son harmonica épais, les Twin Towers de la gratte, Bloomfield/Bishop, Naftalin aux claviers, c’est du grand art. On n’y échappera pas, sans quoi on risque de passer pour un piètre collectionneur et un gros naze : c’est, en effet, le disque qu’il faut avoir de ce groupe (RAZOR©). 

 

1. Walkin' Blues.

2. Get Out of My Life, Woman.

3. I Got a Mind to Give up Living.

4. All These Blues.

5. Work Song.

6. Mary, Mary.

7. Two Trains Running.

8. Never Say No.

9. East-West.

 

Paul Butterfield:chant,harmonica.
Elvin Bishop:guitare.
Mike Bloomfield:guitare.
Jerome Arnold:basse.
Billy Davenport:batterie.
Mark Naftalin:claviers.

LP Studio 3 - 1967

 

Paul butterfield blues band the resurrection of pigboy crabshaw

 

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND

THE RESURECTION OF PIGBOY CRABSHAW – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par John Court.

Durée:44:29

Label:Elektra Records.

Genre:blues-rock,rhythm and blues,blues,Chicago blues.

 

L’heure de L’Evêque.

 

Au rendez-vous de ce troisième jet du Paul Butterfield Blues Band, The Resurrection Of Pigboy Crabshaw (en écoute intégrale ici) publié en 1967, Mike Bloomfield s’en est allé former The Electric Flag, laissant les coudées franches au deuxième guitariste du groupe, Elvin Bishop, évoluant jusqu’alors quelque peu dans l’ombre de son prestigieux collaborateur démissionnaire.

Le titre de l’album fait référence à cette renaissance d’Elvin Bishop dont Pigboy Crabshaw est le surnom. C’est même son album dans la mesure où il brille plus que d’habitude, libéré du peu d’espace dont il bénéficiait avec la présence de Mike.

Jusqu’alors en retrait, le guitariste de Chicago livre ici une grande prestation individuelle, mais dans un registre différent de celui de son prédécesseur sous les sunlights. Au final, il parvient à faire oublier Bloomfield.

L’album se fait également sans Arnold, membre de la première heure, et Davenport, passé en coup de vent, remplacés respectivement par Bugsy Maugh (basse) et Phil Wilson (batterie).

The Resurrection Of Pigboy Crabshaw s’éloigne du blues et se veut plus jazz et R & B. L’arrivée d’une section cuivres avec Dave Sanborn et Gene Dinwiddie aux saxophones ainsi que Keith Johnson à la trompette, n’est pas étrangère à cette orientation.

Doté de bons arrangements au niveau des cuivres, cet album dispose encore d’une très bonne matière ; même s’il marque un léger retrait en termes de qualité par rapport à ce qui précède et plus particulièrement à East-West, la référence du groupe, ça suinte encore le talent et l’inspiration, ce qui ne sera plus souvent le cas dans une suite trop inégale et à laquelle les problèmes de drogue de son leader sont intimement liés.

On appréciera notamment le funky One More Heartache de Smokey Robinson, Born Under A Bad Sign d’Albert King (l’influence de la Motown se ressent fortement), Driftin’ And Driftin’, Drivin’ Wheel (avec Bugsy Maugh au chant), le soul Double Trouble et Tollin Bells, triste comme pas deux. Quatre des titres ici présents alimenteront le set interprété au festival de Monterey, le 17 juin 1967 : One More Heartache, Driftin’ And Driftin’, Double Trouble et Droppin’ Out.

Parvenu à un honorable cinquante deuxième rang au classement des albums, le LP de Bishop, alias l’Evêque dans la langue de Molière, au son plus soul et plus ensoleillé que la production discographique antérieure, réalise le meilleur score jamais effectué par un disque du groupe (RAZOR©).  

 

1. One More Heartache.

2. Driftin' and Driftin'.

3. I Pity the Fool.

4. Born Under a Bad Sign.

5. Run Out of Time.

6. Double Trouble.

7. Drivin' Wheel.

8. Droppin' Out.

9. Tollin' Bells.

 

Paul Butterfield:chant,harmonica.

Elvin Bishop:guitare.

Dave Sanborn:saxophone alto.

Gene Dinwiddie:saxophone ténor.

Keith Johnson:trompette.

Marc Naftalin:claviers.

Bugsy Maugh:basse,chœurs.

Phil Wilson:batterie.

LP Studio 4 - 1968

 

Paul butterfield blues band in my own dream

 

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND

IN MY OWN DREAM – 1968  3,5/5

 

Publié en 1968.

Produit par John Court.

Durée:36:29.

Label:Elektra.

Genre:blues,rock,blues-rock,Chicago blues.

 

Du grain à moudre.

 

Le précédent The Resurrection Of Pigboy Crabshaw est une première étape dans la distance mise entre le Paul Butterfield Blues Band et le Chicago Blues qui l’a révélé. La tendance se confirme dans In My Own Dream (en écoute intégrale ici), publié en 1968, par lequel le groupe de l’Illinois s’éloigne un peu plus de ses racines pour s’en aller pratiquer un registre plus soul et moins blues que ce qu’on lui connaissait à ses débuts.

La section cuivres emmenée par David Sanborn est reconduite d’où cette sensation et cette insistance alors mal comprise de la critique, car dénaturant une incomparable référence du blues électrique de Chicago. Les fans insistent encore un peu et font du rab au côté d’un Paul Butterfield qui déconne de plus en plus avec la dope. Résultat : ce quatrième LP studio pour Elektra fait 79 au Billboard. Beaucoup s’en contenteraient.

Last Hope’s Gone, soutenu par les cuivres, avec un excellent Sanborn au saxo, révèle d’entrée cette atmosphère très agréable, mélangée de blues, de jazz et de soul. Derrière s’enchaînent six titres dont un seul échappe à l’écriture collégiale : Just To Be With You, emprunté à Muddy Waters. La tendance est inversée, jusqu’alors les reprises étaient majoritaires sur leurs albums.

Morning Blues, Drunk Again, In My Own Dream, Just To Be With You émergent d’un lot brillant qui met en avant le bel harmonica de Butterfield, son chant plus soul aussi, la virtuosité de l’Evêque à la six cordes (son chant sur Drunk Again est plutôt cocasse), l’étincelance de la section cuivres, des harmonies vocales qui n’ont jamais été aussi bonnes. Chaque acteur y va de sa petite touche personnelle, sans jamais déborder, ni chercher à démontrer, ni même empiéter sur l’autre. Chacun a son espace d’expression et c’est aussi compétent qu’apprécié.

Il en résulte une œuvre où l’on trouve de quoi se satisfaire, à condition que l’on n’y cherche pas le Paul Butterfield roots des débuts. C’est la der pour deux piliers : Elvin Bishop et Mark Naftalin. Demain est un autre jour. Mais pour l’heure, j’aime (RAZOR©).


1. Last Hope's Gone.

2. Mine to Love.

3. Get Yourself Together.

4. Just to Be With You.

5. Morning Blues.

6. Drunk Again.

7. In My Own Dream.

 

Paul Butterfield:chant,harmonica.

Elvin Bishop:guitare,chant.

Gene Dinwiddie:mandoline,flûte,saxophone ténor,tambourin,choeurs.

Phillip Wilson:batterie,choeurs.

Bugsy Maugh:basse,choeurs.

David Sanborn:saxophone soprano,saxophone alto, saxophone baryton.

Keith Johnson:trompette.

Al Kooper:orgue.

Naffy Markham,Mark Naftalin:claviers.

LP Studio 5 - 1969

 

Paul butterfield blues band keep on moving

 

PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND

KEEP ON MOVING – 1969  3/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par Jerry Ragovoy.

Durée:42:09.

Label:Elektra.

Genre:blues.

 

Maillon faible du catalogue.

 

A l’écoute de ce cinquième disque du catalogue, Keep On Moving (en écoute intégrale ici), on en vient à regretter fortement le Paul Butterfield Blues Band rugueux des débuts sur la scène de Chicago, théâtre sur lequel il fut une incontournable référence avançant alors avec des arguments autrement plus convaincants que ce que propose ce disque.

En faisant le choix de s’éloigner du blues d’origine pour aller arpenter les arcanes de la soul depuis The Resurrection Of Pigboy Crabshaw, le Paul Butterfield Blues Band a fait montre dans ses travaux précédents d’un grand intérêt. Il est moindre ici et pour cause.

Naftalin, aux claviers, et Bishop, à la guitare, s’en sont allés depuis, laissant Paul Butterfield, abîmé par la dope, se démener seul avec le groupe et ses projets. Le capitaine se perd, et si l’équipage tente bien de sauver le navire, l’entreprise semble d’ores et déjà vouée à une fin irrémédiable.

Keep On Moving sonne comme le disque de trop et le titre qui l’introduit, Love March, ressemble à une pitrerie à propos de laquelle on hésite à rire ou à s’apitoyer. Le LSD n’a pas fait que des heureux à en croire cette pièce désarticulée. Mais bon, on ne va pas tirer sur l’ambulance : Paul Butterfield a si souvent prouvé et tellement apporté au blues, que lui en faire grief à ce moment de sa carrière et alors qu’il est affaibli, serait vil.  

Du dernier line-up, il ne reste que la section de cuivres (Sanborn, Dinwiddie et Johnson) et le batteur Philip Wilson. Buzz Feiten relaie Elvin Bishop et Rod Hicks remplace Bugsy Maugh à la basse. Pour pallier au départ de Naftalin, il est fait appel à Ted Harris. Ce line-up est celui que l’on retrouve lors de la prestation matinale du 18 août à Woodstock, entre Crosby Stills Nash & Young et Shanana. La performance en question n’a pas été retenue sur le film, signe du passage à vide traversé par la formation de Paul Butterfield.

Keep On Moving est faible, mais pas au point de le repousser comme un pestiféré. Toutefois, il est le moins intéressant de tout le catalogue des 70’s. Hormis l’énormité d’entame, l’album a des en-cas digestes à grignoter à l’image de Losing Hand, de Walking By Myself. Buzz Feiten s’y montre à son avantage, preuve que le costume délaissé par Bloomfield et Bishop lui va bien. Maillon faible de la discographie (RAZOR©).

 

1. Love March.

2. No Amount of Loving.

3. Morning Sunrise.

4. Losing Hand.

5. Walking by Myself.

6. Except You.

7. Love Disease.

8. Where Did My Baby Go.

9. All in a Day.

10. So Far, So Good.

11. Buddy's Advice.

12. Keep on Moving.

 

Paul Butterfield:chant,harmonica.
Buzz Feiten:guitare.
Rod Hicks:basse.
Philip Wilson:batterie.
Ted Harris:claviers.
David Sanborn:saxo.
Gene Dinwiddie:saxo.
Keith Johnson:trompette.

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