Paul Kossoff.

BIOGRAPHIE.

 

PAUL KOSSOFF/Londres (Angleterre)

 

Paul kossoff 1

 

Né Paul Francis Kossoff, le 14 septembre 1950 à Hampstead (Angleterre).

Décédé le 19 mars 1976 à New York (U.S.A).

Actif de 1968 à 1976.

Labels:AM,Island,Phonogram,Atlantic,Atco,Eagle Records.

Genre:blues-rock,blues,hard-rock.

Un talent exceptionnel.

Malgré une cure de désintoxication engagée en 1975, le cœur de Paul Kossoff s’est un premier temps arrêté, avant que les médecins ne le relancent au bout d’une demi-heure d’efforts. Le deuxième arrêt lui est, par contre, fatal. L’ex leader de Free est victime d’un arrêt cardiaque le 19 mars 1976, sur un vol Los Angeles-New York. La drogue a raison de lui alors qu’il n’affiche que 25 printemps et qu’il est un guitariste vénéré dans le milieu.

Dans cette Angleterre blues-blanche des 60’s, véritable pépinière de surdoués de la 6 cordes, son nom est malheureusement éclipsé par ses contemporains, les Clapton, Beck, Page, pour ne reprendre que les plus notoires. Kossoff n’a alors rien du guitariste star. Véritable passionné de l’instrument, il joue chaque note comme si sa vie en dépend. En studio comme sur scène.

Loin de posséder la virtuosité d’Eric Clapton, la grâce de Jeff Beck ou la prétention de Jimmy Page, celui qui a Hendrix pour héros sait tirer de son jeu instinctif matière à émotion pour le porter dans des couches stratosphériques. Talent exceptionnel, le Kos, comme on dit affectueusement, appartient à la caste des 50 plus grands guitaristes de tous les temps. Son vibrato puissant et fluide reste inscrit dans la mémoire collective de ceux qui ont connu le phénomène.

Paul kossoff 2

L’exemple Clapton.

Paul Kossoff voit le jour dans la banlieue londonienne en 1950, un 14 septembre. Fils de l’acteur David Kossoff, Paul fait ses premières armes dans la musique en apprenant la guitare classique alors qu’il n’a que 10 ans. Tant qu’à faire de la guitare, autant se donner les bases techniques nécessaires. David Kossoff met donc le rejeton entre les mains d’un professeur londonien ; à charge pour ce dernier de lui enseigner également à lire une partition, et ce malgré une dyslexie partielle frappant l’élève.

Paul aime trop l’instrument et jouer, pour ne pas être rapidement bridé par l’enseignement théorique ; il laisse tomber les cours mais ne renonce pas à la guitare, d’autant qu’il est doué dit-on alors.

Un concert des Bluesbreakers de Mayall, version Eric Clapton, achève de le convaincre que son avenir est là, à la place de ce guitariste dont tout le monde parle alors. Nous sommes en 1965 et le Kos, requinqué par ce qu’il vient de voir, reprend les leçons avec Colin Falconer pour précepteur.

Celui-ci est musicien de studio à Londres et a joué non seulement avec Clapton, Beck et Page, mais également avec des artistes comme Steve Howe, Ian Moss, Big Jim Sullivan, les Everly Brothers, Wes Montgomery, Johnny McClachan, Albert Lee, Ray Smith ou encore Jerry Donahue.

Hendrix, son héros.

Clapton sert d’émulation pour Kossoff, mais comme il ne peut pas encore vivre de la guitare, il occupe un emploi, chez le célèbre Selmer, dans le centre névralgique de la musique londonienne où sont concentrés les commerces d’instruments de musique, les studios d’enregistrement et les maisons d’édition discographique. Il y croise alors tous ceux que pop, rock, blues et jazz font vivre, Hendrix notamment auquel il voue un véritable culte.

Les premières salves décochées depuis sa guitare, une Gibson Les Paul encore basique, le sont pour le compte des Black Cat Bones, son propre groupe formé en 1966 et officiant essentiellement sur le circuit de la capitale anglaise.

De Black Cat Bones à Free.

Black Cat Bones n’échappe pas à la contagion ambiante du blues-rock. Paul Kossoff y est accompagné de Paul Tiller (co-fondateur), chanteur et harmoniciste, des frères Brooks, le guitariste Derek et le bassiste Stuart, ainsi que du batteur Terry Sims, suppléé par Frank Perry, lui-même évincé par Simon Kirke. Début 1968, celui-ci est recruté parmi le public.

La formation des débuts de Kossoff ouvre certaines dates de Fleetwood Mac, prend part à la moitié des  enregistrements de l’album de Champion Jack Dupree , When You Feel The Feeling You Was Feeling (Blue Horizon/1968), avant de faire office de groupe de soutien pour la tournée que le bluesman et pianiste américain effectue au Royaume-Uni. Au sein de Black Cat Bones et au contact de Peter Green, Paul Kossoff puise toute l’expérience qui va lui servir pour la suite de sa carrière. Lui comme Kirke ne sont toutefois pas du seul LP de Black Cat Bones, le dénommé Barbed Wire Sandwich (novembre 1969), leur avenir étant tout tracé du côté de Free.

Paul kossoff free

Pour ce nouveau projet, le Kos fait montre d’un enthousiasme énorme. Il a la pêche et croit dur comme fer à sa rencontre, au Fickle Pickle Club (Finsbury Park), avec le chanteur Paul Rodgers de Brown Sugar. Plus que jamais ancré dans le blues-rock, Free se constitue autour de Rodgers (18 ans) et Kossoff (17 ans). Il n’est pas difficile de convaincre Kirke (18 ans) d’être de la partie. Dans cette optique, le jeune bassiste surdoué de 15 ans (mort en mars 2015 à 62 ans), Andy Fraser, fait le quatrième.

Une part active dans la popularité de Free.

Réuni un soir pour répéter, Free donne son premier concert à cette occasion au Nag’s Head Pub de Battersea, vivier qui a vu éclore de jeunes talents comme Jethro Tull, Chicken Shack. Nous sommes le 19 avril 1968 et Free est lancé après que les membres soient tombés d’accord sur ce nom proposé par Alexis Korner.

Free installe alors un son et un style qui lui sont propres, faits d’un mélange tonique de rock et de blues inspiré des King, B.B et Albert. Entre 1968 et 1973, après qu’un break ne mette temporairement fin à ses activités en 1971, la formation londonienne enchaîne 6 albums studio et deux live ; Paul Kossoff est de toute la brillante discographie de Free réalisée chez Island Records et prend une part active dans le succès de Free : Tons Of Sobs  et Free en 1969, Fire And Water et (le très décevant) Highway en 1970, Free At Last et Heartbreaker, respectivement en 1972 et 1973.  

Si Free doit beaucoup à Kossoff dans sa popularité, Andy Fraser est celui par lequel le groupe atteint des sommets pour être l’auteur d’All Right Now, le tube planétaire du groupe, N° 1 dans plus de 20 pays. Avec la notoriété vient la pression et Free commence à imploser au point de se séparer une première fois en 1971.

Paul kossoff simon kirke

« Free s’est reformé pour essayer de venir en aide à Paul. Avec le recul, il s’avère que ce fut une erreur de notre part. A l’époque, nous ne savions rien sur les méthodes de réadaptation et de traitement des toxicomanies. Et surtout, nous ignorions à quel point le Koss avait déjà plongé. Le mal était très profond et sa descente aux enfers bien entamée. Partant de là, reformer un groupe et réactiver Free auquel Paul tenait beaucoup, n’a pas été la meilleure décision.» (Simon Kirke)

Quand les drogues prennent le dessus.

Affecté par la situation, Kossoff profite de cette rupture pour s’engager, en 1971, dans un projet éphémère avec son complice Simon Kirke, le bassiste japonais Tetsu Yamauchi et le claviériste John Rabbit Bundrick. Le quatuor publie un album très moyen, l’éponyme Kossoff, Kirke, Tetsu And Rabbit (1972). Faut-il voir une relation de cause à effet entre la faiblesse de ce disque et la plongée de plus en plus profonde de Kossoff dans les drogues ?

La reformation de Free, après que Fraser et Rodgers aient pactisé, aurait pu constituer une opportunité pour le Kos de se refaire une santé. Dans tous les sens du terme : sur un plan physique et sur un autre professionnel. La tournée américaine de Free, engagée à la suite de sa réunion et de Free At Last, enfonce un peu plus le guitariste de plus en plus dépendant des stupéfiants et au Mandrax notamment.

Heartbreaker (1973), sans Fraser, scelle la fin d’un groupe qui n’est jamais parvenu à se réconcilier vraiment depuis 1971. Paul Kossoff y livre une prestation honorable, mais se voit mettre dans les pattes Snuffy Walden pour pallier ses absences et son manque de fiabilité induits par des prises accrues de drogues.

Paul kossoff backstreet crawler

L’après Free.

Si Paul Rodgers s’en va former Bad Company, Kossoff opte pour une voie solo se traduisant par l’excellent album Back Street Crawler (1973) pour Atlantic. Ce disque donne son nom au groupe que constitue le guitariste en 1975. Back Street Crawler comprend également Mike Montgomery, Terry Wilson et Tony Braunagel.

Hélas, la qualité de cette formation auteur de 2 LP (The Band Plays On et Second Street) est éclipsée par la mauvaise publicité faite par la dépendance aux drogues de Kossoff.

Les rumeurs sont telles qu’elles occultent le reste et que le groupe est mort-né avant d’avoir pu prouver quoi que ce soit.

Le 3 mars 76, la terrible nouvelle tombe.

Récupéré une première fois par le corps médical, Paul Kossoff ne parvient pas à se sortir de cet enfer personnel. Décision est alors prise de faire appel une nouvelle fois à Snuffy Walden pour compenser les défaillances dans le jeu de guitare de Kossoff. En février 1976, Walden le remplace même au pied levé pour assurer quelques dates d’une tournée hachée par les annulations. Le 3 mars 1976, la nouvelle tombe : Paul Kossoff est décédé. Back Streer Crawler sort Back Street Crawler en novembre, à la mémoire de Kossoff, dont les cendres reposent au Golders Green Crematorium avec pour  épitaphe « All Right Now ». (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE FREE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Free ton

 

FREE

TONS OF SOBS - 1969  3,5/5

 

Publié en mars 1969.

Produit par Guy Stevens.

Durée:38:55.

Label:Island.

 

Des gamins aux dents longues.

 

Les guitaristes (complémentaires) Paul Rodgers et Paul Kossoff, le gamin Andy Fraser (15 ans à peine) à la basse et Simon Kirke, batteur… retenez bien leurs noms ou celui du groupe qu’ils forment en 1968, à Londres : les Free, un groupe né de la seconde vague de blues qui a balayé le Royaume-Uni de la fin des sixties.

Les deux premiers nommés, alors talentueux et prometteurs guitaristes sont étiquetés comme étant d’indéniables pointures ; Fraser a fait un petit stage chez Papy Mayall et ses Bluesbreakers, tandis que Kirke, au jeu lourd, est un batteur déjà confirmé (il fondera Bad Company avec Paul Rodgers).

Le Free de Tons Of Sobs (écouter en intégralité ici) est encore un groupe de blancs becs, ce qui ne l’empêche pas de pratiquer un blues-rock électrique énorme, qui impactera sur les générations à venir. Les comparaisons avec les Cream, Led Zep ou Beck vont bon train. Ils n’en sont toutefois pas là, quoi que leur lourdeur les en approche.

Pour un début dans le métier, Free fait montre d’une belle puissance, d’une belle ambition, à défaut d’inventivité et de maturité.  Tons Of Sobs (mars 1969) n’affiche pas moins de 8 originaux (notamment dus à Rodgers) sur les 10 proposés par le LP.

Pour des ados, l’effort est à signaler. Bon nombre de groupes  (et non des moindres) aimeraient se targuer d’une telle prestation pour un premier jet. De ce disque honnête, il faut retenir plus spécialement Worry, Over The Green Hills, Goin’ Slow Down, Walk In My Shadow. Free, pour l’heure, doit encore  se contenter de vivre dans l’ombre des géants, All Right Now le propulsera sur le devant de la scène, en 1970 (RAZOR©).

 

1. Over the Green Hills (Pt. 1).

2. Worry.

3. Walk in My Shadow.

4. Wild Indian Woman.

5. Goin' Down Slow.

6. I'm a Mover.

7. The Hunter.

8. Moonshine.

9. Sweet Tooth.

10. Over the Green Hills (Pt. 2).

 

Andy Fraser:basse.

Simon Kirke:batterie.

Paul Kossoff:guitare.

Paul Rodgers:chant.

Steve Miller:piano.

LP Studio 2 - 1969

 

Free 1969

 

FREE

FREE – 1969  4/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par Chris Blackwell.

Duré :35:56.

Label:Island Records.

 

Dépouillé.

 

Après un premier LP des plus honnêtes et une longue tournée pour assurer sa promotion, Free revient aux affaires courantes et replonge notamment dans l’enregistrement d’un deuxième album, sujet à discorde, du fait, d’un côté, de la volonté du duo de l’écriture Fraser/Rodgers de canaliser un Kossoff un peu trop spontané, et enclin à étaler ses soli de gratte, et, de l’autre, le même Kossoff, pas d’accord pour que son talent technique soit ainsi bridé.

Il faut toute la diplomatie de Chris Blackwell, le boss d’Islands Records, pour trancher dans le vif et assurer la sortie, alors très compromise, de l’album. Baptisé Free, il aurait pu ne pas être du tout, tant l’affrontement entre les deux parties ont été loin.

Pas plus que le premier album, cet éponyme n’a suscité mon intérêt de son temps, en octobre 1969. Le recul permet de l’appréhender à une plus juste appréciation.

Huit titres sur neuf sont l’apanage du tandem Fraser/Rodgers. Délaissant quelque peu le blues et s’écartant, dans le même temps, du hard-rock, Free se complaît dans un mid-tempo pas déplaisant. En émergent quelques plages mémorables comme  I’ll Be Creepin’ qui a étonnamment raté sa carrière en simple, Songs Of Yesterday (sur lequel la basse accrocheuse de  Fraser fait un drôle de numéro et qui voit Kossoff y aller d’un solo gentillet), Trouble On Double Time (signé par Free dans son ensemble et bis repetita, quant à la prestation de Fraser), ainsi que Mouthful Of Grass.

Woman et Broad Daylight, plus hard, méritent également une attention particulière. Free Me et Mourning Sad Morning, pas vraiment emballants, s’ils étaient privés du soutien vocal de Paul Rodgers, ont un côté plutôt sympa. Paul Rodgers, sur ce dernier titre, y révèle une voix  très agréable. La flûte de Chris Wood contribue à clore très joliment cet album, que je n’avais pas réécouté depuis longtemps et pour lequel j’avoue avoir eu un petit coup de cœur depuis. Il vaut mieux que les impressions initialement laissées (RAZOR©).

 

1. I'll Be Creepin'.

2. Songs of Yesterday.

3. Lying in the Sunshine.

4. Trouble on Double Time.

5. Mouthful of Grass.

6. Woman.

7. Free Me.

8. Broad Daylight.

9. Mourning Sad Morning.

 

Paul Rodgers:chant.

Paul Kossoff:guitare.

Andy Fraser:basse.

Simon Kirke:batterie.

Chris Wood:flûte.

LP Studio 3 - 1970

 

Free fire and water front

 

FREE

FIRE AND WATER – 1970  5/5

 

Publié le 26 juin 1970.

Produit par Free,John Kelly,Roy Thomas Baker.

Durée:35:01.

Label :Island,A&M,Polydor.

 

La pièce maîtresse de Free.

 

Et de trois ! Fire And Water (en écoute intégrale ici), paru en 1970, est l’album par lequel Free prend son envol, porté qu’il est, par le succès planétaire qu’est All Right Now. Toutefois, ce dernier, placé en fin de liste, s’il est significatif de la production musicale du groupe anglais, ne constitue pas pour autant le meilleur titre de ce disque. Il y a mieux, c’est dire la qualité du produit.

Le mieux, c’est le groovy Mr Big, par exemple, le langoureux Fire And Water, les ballades Heavy Load, Remember et Oh I Wept. Le rock est toujours aussi lourd avec des appétences soul.

Avec une basse omniprésente tenue par le surdoué Andy Fraser, un chanteur, Paul Rodgers, doté d’un organe vocal gorgé de feeling, un batteur à la frappe lourde et froide (Simon Kirke) et un Paul Kossoff visiblement mis sous contrôle et pas assez en valeur à mon gré, sur un tempo essentiellement lent, empreint de mélancolie (comme Don’t Say You Love Me), Free déroule calmement sept titres variés et posés invitant à une détente feutrée.

Arrive alors All Right Now, le méga tube au refrain mémorable, au riff des plus simples, venant en soutien du chant de Rodgers… un million d’exemplaires écoulés en un mois, l’apothéose d’une carrière, la pièce maîtresse de Free. Tout est dit. C’est LE disque de Free (RAZOR©).

 

1. Fire And Water.

2. Oh I Wept.

3. Remember.

4. Heavy Load.

5. Mr. Big.

6. Don't Say You Love Me.

7. All Right Now.

 

Paul Rodgers:chant.

Paul Kossoff:guitare.

Andy Fraser:basse.

Simon Kirke:batterie.

LP Studio 4 - 1970

 

Free highway

 

FREE

HIGHWAY – 1970  3/5

 

Publié en décembre 1970.

Produit par Free.

Durée:35:58.

Label:Island.

 

Choix artistique contestable.

 

Les deux premiers albums, Tons Of Sobs et l’éponyme, ont installé Free parmi les groupes les plus prometteurs de la seconde vague du blues anglais, sans cependant jamais leur permettre de toucher les dividendes, auxquels leur talent précoce leur permettait d’accéder. Le succès vient avec Fire And Water, porté par le phénoménal All Right Now.

Highway (en écoute intégrale ici), numéro 4 du catalogue, sorti en décembre 1970, enregistré très vite après le Festival de Wight auquel le groupe prend part avec bonheur, ne confirme malheureusement pas l’envol amorcé. Paul Kossoff, toxico, y va de ses écarts et abus, Fraser et Rodgers se bouffent le nez à la moindre occasion ; le groupe supporte mal la pression, du fait de son jeune âge et se liquéfie, lentement.

Ce nouveau LP studio pour Island Records est plus tranquille et plus cool que ceux qui le précèdent. C’est peut-être l’explication de son manque d’intérêt auprès du public et du peu de crédit que lui a accordé la critique, pas vraiment préparés à ce changement de cap.

L’autre raison concerne également une pochette manquant d’attractivité, pas bandante sur le plan esthétique, qui plus est, dépourvue de la moindre identification, ce mauvais choix de visuel détournant les clients potentiels de cet achat.

Au XXIème siècle, nous avons la chance de pouvoir disposer de Highway sur un support modernisé et techniquement amélioré, donc d’appréhender dans les meilleures conditions le produit en question. L’affaire s’avère acceptable. Ce disque de soft rock, inspiré par la musique des U.S.A et notamment le Band,  est de facture moyenne  et révèle des titres qui passent juste juste, à la manière de The Stealer, du planant Be My Friend, de Brother Jake, de Love You So, Soon I Will Be Gone, Ride On A Pony ou d’Highway Song.

L’orientation prise est surprenante de la part d’un groupe aux origines blues dont les uniques prétentions annoncées sont de culminer sur le devant de la scène blues-rock/hard-rock. Ses dispositions pour qu’il en soit ainsi, sont unanimement reconnues. Présentement, le choix artistique est donc plus que discutable.

En dépit de sa qualité moyenne malgré une ambiance agréablement décontractée, cette orientation les a détournés de leur public et les a fait rentrer dans le rang, aussi vite qu’ils s’en sont extirpés. Fraser et Rodgers peuvent s’en mordre les doigts car Highway se noie alors dans la masse des albums quasi similaires du moment, n’ayant rien de plus, ni de moins, à proposer que la concurrence (RAZOR©).

 

1. The Highway Song.

2. The Stealer.

3. On My Way.

4. Be My Friend.

5. Sunny day.

6. Ride On a Pony.

7. Love You So.

8. Bodie.

9. Soon I Will Be Gone.

 

Paul Rodgers:chant.

Paul Kossoff:guitare.

Andy Fraser:basse.

Simon Kirke:batterie.

LP Studio 5 - 1972

 

Free free at last1

 

FREE 

AT LAST – 1972  2,5/5

 

Publié en juin 1972.

Produit par Free.

Durée:36:38.

Label :Island Records..

 

Retrouvailles en demie teinte.

 

Free s’est séparé en 1970 au terme de l’enregistrement d’Highway (en écoute intégrale ici). L’année 1971 est consacrée à des desseins personnels, Peace, un power trio, pour Paul Rodgers et Toby pour Andy Fraser, par ailleurs vite abandonnés.

Paul Kossoff, dont la santé se détériore de plus en plus pour raison de dope (son addiction est déjà responsable de la dissolution du groupe en 1970), et Simon Kirke publient, quant à eux, un album avec le bassiste japonais Tetsu Yamauchi et John Rabbit Bundrick, claviériste texan.

Les quatre membres d’origine de Free, malgré l’état précaire de Kossoff, se remobilisent autour d’un nouveau projet, Free At Last, sorti en juin 1972 et qui, dans leur esprit, peut se muer en un traitement salvateur pour le guitariste accro.

Ce projet les voit revenir sur des terres plus rock, où ils ont fait valoir de sérieux arguments dans un passé récent (Fire And Water), pour tenter de reprendre l’élan amorcé par All Right Now.

Hélas, il semblerait que l’indolence qui affecte Kossoff gagne les autres membres, allant jusqu’à rendre leur jeu apathique, jusqu’à les priver de toute inspiration. Il se situe dans la lignée de Highway, en pire. C’en est pitoyable. Cet album de retrouvailles est un coup d’épée dans l’eau.

Si Free feint encore l’unité au sein du collectif, ce n’est qu’apparence. Free souffre. Free, c’est bel et bien fini. Ce cinquième LP studio de neuf pistes n’a rien de mémorable ou d’accrocheur. On peut, en le retournant dans tous les sens, trouver une raison de s’attarder sur Little Bit Of Love mais au-delà…

Tout est résumé dans le titre qui clôture Free At Last : Goodbye. Au revoir, Messieurs et merci pour tout. Adieu, Paul Kossoff, qui crèvera de son addiction aux stups, que l’on n’oubliera jamais. Ce qui n’est pas le cas pour cet album (RAZOR©).

 

1. Catch A Train.

2. Soldier Boy.

3. Magic Ship.

4. Sail On.

5. Travellin' Man.

6. Little Bit Of Love.

7. Guardian Of The Universe.

8. Child.

9. Goodbye.

 

Paul Rodgers:piano,chant.

Paul Kossoff:guitare.

Andy Fraser:basse.

Simon Kirke:batterie.

LP Studio 6 - 1973

 

Free heartbreaker sealed lp record 419805

 

FREE

HEARTBREAKER – 1973  4/5

 

Publié en janvier 1973.

Produit par Free,Andy Johns.

Durée:35:45.

Label :Island Records.

 

Bel adieu.

 

Malgré la tumultueuse tournée de promo 1972, qui voit le guitariste junkie Paul Kossoff, raide défoncé, briller par son absence et son instabilité dans tous les sens du terme, attitude provoquant son départ (voulu ou contraint ?), d’une part, lors des sessions d’enregistrement de Heartbreaker, et  la décision du jeune Fraser (20 ans) d’autre part, de quitter cette formation en proie à une progression fortement réfrénée sur le plan artistique, Free continue à y croire.

Cet acharnement à ne pas sombrer, se révèle fructueux, Heartbreaker (en écoute intégrale ici), sixième album studio, a vraiment une belle gueule. Publié en janvier 1973, il réunit, outre Kirke et Rodgers, les anciens Free, John Rabbit Bundrick (et un pote du nom de Snuffy Walden), Tetsu Yamauchi qui ont bossé avec Kirke et Kossoff, dans le créneau libéré par la première rupture de Free (1971), ainsi que…  Kossoff, réduit à l’état de loque et de musicien de session, car (anormalement) non crédité comme membre à part entière de Free.

Heartbreaker est une belle surprise, en effet. Souffrant de la perte de Fraser (son suppléant n’a pas son génie, mais assure le coup), mais bénéficiant du jeu inventif de John Rabbit Bundrick (ainsi que de son aptitude à l’écriture) et d’une prestation globalement satisfaisante d’un Paul Kossoff, en meilleure forme visiblement, Heartbreaker affiche plus de cohérence que les insignifiantes directions prises par Highway (Travellin’ In Style est le seul à repiquer au truc) et Free At Last.

Cerise sur le gâteau : Paul Rodgers se remet à bien chanter. Et l’on a pu juger, dans le passé, de l’excellence de sa voix particulièrement expressive.  Wishing Well, Muddy Water, Common Mortal Man, Heartbreaker plaident incontestablement en sa faveur et étaient le constat que Free est de retour à un excellent niveau. Malheureusement, cet album achève la carrière d’une formation éminemment marquante du rock. La mort de Paul Kossoff en 1976 réduit à néant toute idée de reformation. Free disparaît l’année même de ce Heartbreaker et nous a fait un beau cadeau avant de tirer sa révérence (RAZOR©).

 

1. Wishing Well.

2. Come Together In The Morning.

3. Travellin' in Style.

4. Heartbreaker.

5. Muddy Water.

6. Common Mortal Man.

7. Easy on My Soul.

8. Seven Angels.

 

Paul Rodgers:chant,guitare.

Paul Kossoff:guitare.

John "Rabbit" Bundrick:claviers,choeurs.

Tetsu Yamauchi:basse.

Simon Kirke:batterie.

"Snuffy" Walden:guitare sur 7.

Rebop Kwaku Baah:congas sur 1.

DISCOGRAPHIE PAUL KOSSOFF SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Paul kossoff back street crawler 1971

 

PAUL KOSSOFF

BACK STREET CRAWLER - 1973  4/5

 

Publié en 1973.

Produit par Paul Kossoff,Bob Potter.

Durée:35:54.

Label:Island.

Genre:blues-rock,hard rock,jam rock,instrumental rock.

 

Kos..taud !

 

51ème meilleur guitariste de tous les temps pour le classement Rolling Stone, le londonien Paul Kossoff entame ici sa carrière solo. A ce stade de son parcours, il s'est fait remarquer en co-fondant Black Cat Bones alors qu'il a 15/16 ans, et avec lequel il soutient la tournée anglaise du bluesman américain Jack Dupree, puis en prenant une part active dans l'épanouissement de Free sur la scène internationale (de 1968 à fin 1972), avant de lancer en 1972 le quatuor Kossoff Kirke Tetsu Rabbit.

Paul Kossoff est alors très abîmé, tant physiquement que psychologiquement, du fait de prises répétées de drogues dures. Il en devient pathétique et exaspérant pour ses partenaires. Sur scène, il pique du nez. En studio, il est absent, approximatif et peu fiable.

Bref, alors que son talent et sa virtuosité ne sont pas mis en accusation, Paul Kossoff, dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est un des 5 plus grands britanniques à son poste, est diminué à l'heure d'amorcer son basculement professionnel vers une carrière individuelle.

Back Street Crawler (en écoute intégrale ici) et ses 5 titres entament son cursus solo. Bien que de plus en plus dépendant à l'héroïne, le Kos se sert de son expérience et de sa grande maturité pour masquer ses problèmes d'addiction. Le travail qu'il fournit ne souffre pas de son état comme en attestent la piste maîtresse de l'album, Molten Gold, Time Away ou les plus de 17 minutes (jamais ennuyeuses) de Tuesday Morning.

Si la matière est moins croustillante que ce qui fut fait sous Free (qui se dissout à ce moment), son jeu de guitare est à la hauteur du talent qu'on lui a toujours prêté. Bluesman monstrueux, Kossoff place ici la barre très haut. Album incontournable difficile à trouver dans sa version d'origine mais disponible maintenant dans une édition Deluxe (RAZOR©).

 

1. Tuesday Morning.

2. I'm Ready.

3. Time Away.

4. Molten Gold.

5. Back Street Crawler (Don't Need You No More).

 

Paul Kossoff:guitare solo.

Trevor Burton,Alan Spenner,Tetsu Yamauchi,Andy Fraser,Clive Chaman:basse.

Alan White,Simon Kirke,Conrad Isidore:batterie.

John Rabbit Bundrick,Jean Roussel:claviers.

Jess Roden,Paul Rodgers:chant.

John Martyn:guitare.

DISCOGRAPHIE BACK STREET CRAWLER 70'S.

LP Studio 1 - 1975

 

Paul kossoff backstreet crawler

 

BACK STREET CRAWLER

THE BAND PLAYS ON - 1975  3,5/5

 

Publié en octobre 1975.

Produit par Back Street Crawler.

Durée:44:16.

Label:Atlantic.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Une victoire pour le Koss.

 

Il est plus que vraisemblable que, s'il n'avait pas été aussi accro aux drogues dures, addiction qui accélère sa déchéance et précipite sa mort (le 19 mars 76) alors qu'il n'a que 26 ans, Paul Kossoff aurait été une très très grande star du rock.

Au lieu de ça, en faisant le choix de bouffer les pissenlits par la racine du fait d'une vie outrancière, il rejoint prématurément le cercle des jeunes disparus du rock sans avoir fait totalement le tour de ce à quoi son talent précoce le destinait.

Il n'aura même pas le privilège d'intégrer le légendaire club des 27 et de pouvoir prétendre, par ce biais, à une gloire posthume et éternelle. Kossoff, aux portes des 50 meilleurs guitaristes de tous les temps, n'a que le soutien des fans de Free ou des puristes du rock pour éviter de tomber dans les oubliettes. Parti trop tôt, le précoce londonien (il a débuté dans Black Cat Bones à 15 ans) n'a pas eu le temps, ni la possibilité d'en faire plus, de faire mieux. Regrettable au regard de ce qu'il a montré sur les dix ans au cours desquels il a exercé.

Le meilleur de son œuvre tient dans sa période Free (1968/1972) ; il y joue un rôle prépondérant, notamment au niveau du son et du jeu de guitare époustouflant qu'il développe, contribuant à porter le groupe parmi les plus belles réussites de blues-rock britanniques de cette époque.

Revers de la médaille, à force de déconner avec la dope, au point de flirter constamment avec la ligne rouge et la faute professionnelle, il est aussi à la base de la dissolution de Free, pour, alors que son état devient pitoyable, ne plus être d'une grande fiabilité, ni d'un grand secours. Son comportement perturbe le présent autant qu'il obstrue l'avenir du groupe.

Free tire le rideau. Si Paul Rodgers et Simon Kirke s'en vont former Bad Company tandis qu'Andy Fraser en fait de même avec Sharks. Paul Kossoff prend une voie plus personnelle qui se traduit par l'excellent Back Street Crawler (1973) pour Atlantic.

Ce disque donne son nom au groupe qu'il constitue en 1975 alors qu'il va un peu mieux. Back Street Crawler comprend également Mike Montgomery, Terry Wilson-Slesser et Tony Braunagel. Groupe de qualité, il est plus commenté pour les déboires de santé de son leader que pour la pertinence de sa musique. Ces deux LP, le présent The Band Plays On (1975) et son suivant Second Street, sorti à titre postume à l'automne de l'année suivante, n'ont pas les commentaires élogieux qu'ils méritent.

The Band Plays On (en écoute intégrale ici) alterne entre chansons sublimes comme le blues It's a Long Way Down to the Top, Jason Blue, Hoo Doo Woman et surtout Train Song, et titres moins accrocheurs (le reste). Malgré la qualité de l'écriture de Montgomery, The Band Plays On manque d'un matériel qui soit au niveau des pièces évoquées précédemment.

Cette carence, ainsi qu'une voix à la Paul Rodgers pour les porter, auraient doté l'album d'une étoile supplémentaire. On reste donc à 3,5/5, ce qui, au stade sanitaire concernant Paul Kossoff est plutôt une victoire. Hélas, on connaît la suite... (RAZOR©)

 

1. Hoo Doo Woman.

2. New York, New York.

3. Stealing My Way.

4. Survivor.

5. It's a Long Way Down to the Top.

6. All The Girls Are Crazy.

7. Jason Blue.

8. Train Song.

9. Rock & Roll Junkie.

10. The Band Plays On.

 

Paul Kossoff:guitare.

Terry Wilson-Slesser:chant,basse,guitare.

Tony Brunagel:batterie.

Mike Montgomery:claviers,choeurs.

LP Studio 2 - 1976

 

Back street crawler 2nd street

 

BACK STREET CRAWLER

2ND STREET – 1976  4/5

 

Publié en novembre 1976.

Produit par Back Street Crawler.

Durée:37:53.

Label:Atlantic.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Tout acquis à son Koss.

 

Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor, Jimmy Page, Jeff  Beck… on ne compte plus les guitaristes exceptionnels que la Vieille Angleterre a envoyés au casse-pipe pour la représenter dignement sur la scène rock internationale.

Les noms de ces spécimen uniques sont ceux les plus évoqués par les spécialistes, encore que cette sélection prestigieuse pourrait être élargie à d’autres virtuoses dont Paul Kossoff fait incontestablement partie depuis ses premiers pas dans le métier, sous la bannière de Black Cat Bones.

Les Robin Trower, Gary Rossington, Warren Haynes n’ont jamais caché leur admiration pour le jeu du Koss. Avec Free, en solo, puis au sein de Back Street Crawler, Koss justifie, sans jamais faillir, son statut de géant du rock et de la guitare.

La formation qu’il monte en 1975, baptisée du nom de son premier album en solitaire, Back Street Crawler, et sur laquelle Atlantic Records essaie avidement de capitaliser après que Kossoff ait passé l’arme à gauche en mars 1976 (la même année disparaît un autre oublié de cette liste, Tommy Bolin), est sa dernière famille ; 2nd Street est le dernier bébé que ce junkie invétéré ne verra pas naître.

Back Street Crawler a alors les moyens de ses ambitions, le premier opus The Band Plays On (1975) en fournissant la preuve incontestable. A 25 ans et perturbé par une santé qui va déclinante, le Koss assure encore une dernière fois dans 2nd Street (1976), album de blues-rock enregistré lors de sessions sur le sol américain (Los Angeles, New York), dans le cadre d’une tournée.

Le batteur texan Tony Braunagel, le chanteur anglais Terry Wilson-Slesser, le bassiste Terry Wilson (ce n’est pas une erreur, il y a bien deux Terry Wilson ici), le claviériste John « Rabbit » Bundrick encadrent  un Kossoff qui, au regard de son jeu plus mélancolique et plus en émotion que jamais, sent que le temps lui est désormais compté. Il jette ses dernières forces dans ce projet assurément très mésestimé.

2nd Street (en écoute intégrale ici) est un grand album oublié et des pistes comme Blue Soul, Some Kind Of Happy, le rock énergique Stop Doing What You’re Doing, l’acoustique Raging River, le merveilleux blues Some Kind Of Happy, les 6 minutes de Just For You, On Your Life ou le final de Leaves In The Wind sont là pour le rappeler, pour appuyer là où ça fait mal.

Si le Koss y est déchirant, la réussite de ce disque tient également dans la prestation très remarquée de Bundrick aux claviers et dans la beauté de la voix soul de Terry Wilson-Slesser (notamment Just For You), éléments qui se combinent parfaitement.

Kossoff et le Rabbit  avaient d’indéniables accointances ; ils se complètement sublimement. Il eut été intéressant de voir ce que la suite aurait donné. Comme le talentueux bassiste Terry Wilson et l’expérimenté batteur Tony Braunagel, au jeu simple et efficace, se contentent de conduire la troupe sans jamais envahir le devant de la scène, il résulte de ce 2nd Street un ouvrage sur lequel l’aspect émotionnel prime et qui laisse libre cours au talent du guitariste anglais.

Le Kossoff de l’après Free maintient un niveau élevé, cet opus incroyablement bon laissait entrevoir de belles promesses pour l’avenir de cette formation. La drogue en a décidé autrement (RAZOR©).

 

1. Selfish Lover.

2. Blue Soul.

3. Stop Doing What You’re Doing.

4. Raging River.

5. Some Kind of Happy.

6. Sweet, Sweet Beauty.

7. Just for You.

8. On Your Life.

9. Leaves in the Wind.

 

Terry Wilson-Slesser:chant.

Paul Kossoff:guitare.

Terry Wilson:basse,guitare acoustique,guitare électrique.

John "Rabbit" Bundrick:claviers,chant.

Tony Braunagel:batterie,chant.

LP Live 1975 - sortie 1998

 

Paul kossoff craydon 75

 

PAUL KOSSOFF & BACK STREET CRAWLER

LIVE AT CROYDON FAIRFIELD HALLS 1975 - 1998  5/5

 

Publié le 4 mars 1998.

Enregistré au Fairfield Halls de Croydon en juin 1975.

Produit par Paul Kossoff,Back Street Crawler.

Durée:59:19.

Label:Street Tunes.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Noble Koss.
 

Joe Bonamassa qui touche sa bille sur le sujet dit de lui : « le vibrato d’un guitariste, c’est son empreinte digitale, c’est dans votre ADN, c’est votre personnalité, c’est le timbre de votre voix. Paul Kossoff avait un vibrato rapide, tout en étant bluesy et soulful, un vibrato sous contrôle et toujours passionné ». Arrivé à maturité, le vibrato inné de Kossoff était extraordinaire et inimitable. Paul Kossoff était inimitable.

Il est regrettable que ce guitariste anglais hors pair n’ait pas eu la reconnaissance qu’il mérite. Les bilans et classements ont tendance à l’oublier au moment des comptes ou à le reléguer derrière le quatuor britannique Clapton, Green, Lee, Page dont il est au moins l’égal et auxquels il n’a absolument rien à envier. Mais on ne raye pas des tablettes sur un simple claquement de doigt un musicien de sa trempe, malheureusement doublé d’un junkie notoire qui affiche à peine 25 printemps quand la drogue l’emporte pour toujours. A deux ans près, il intégrait le club des 27, et ça aurait peut-être contribué à ne pas l’oublier.

Le Koss est né pour être guitariste, mais la révélation vient des Bluesbreakers et de Clapton. A 17 ans, il intègre les Black Cat Bones, un groupe de blues électrique anglais, mais c’est sous l’étendard de Free (68) que Paulo, accompagné de Paul Rodgers, Andy Fraser et Simon Kirke embarqué dans ses valises, connaît ses premiers succès avec All Right Now, The Hunter ou Wishing Well. Début 70, Free est le groupe de blues-rock anglais qui vend le plus en Grande-Bretagne.

Le problème chez Kossoff, c’est qu’il est un angoissé permanent, malgré le succès et l’intérêt que lui portent alors les grandes stars du rock. Il est souvent à côté de la plaque en raison d’une consommation outrancière de stups. Son manque de fiabilité de plus en plus récurrent sonne le glas de l’aventure Free. Kossoff se met souvent chiffon, son addiction aux drogues dures prend progressivement le dessus et est de moins en moins en mesure d’assurer sa partition.

A la fin de Free (73) vu par Al Kooper comme le meilleur de tous les groupes, Rodgers et Kirke migrent vers Bad Company tandis que le Koss forme le Back Street Crawler. Alors qu’il semble reprendre du poil de la bête et qu’une tournée britannique s’annonce avec sa nouvelle formation en tête d’affiche et Bad Company en ouverture (avril 76), Kossoff rechute et s’éteint sur le vol Los Angeles New York du 19 mars 76. De l’épisode Free, l’histoire a retenu le superbe Live de 1971. Kossoff y est magistral.

Guitariste influent pour des gars comme Pat Travers, Robin Trower, Joe Bonamassa, Angus Young, Warren Haynes, la force de Kossoff résidait dans sa simplicité, qualité qui faisait l’admiration de ses congénères de la profession et le respect de son auditoire.

Back Street Crawler (1973) est le titre de l’album qui marque sa sortie de Free et ses premières joutes en solo. C’est aussi le nom qu’il donne à son unité de blues-rock composée de Tony Braunagel, Terry Wilson et Mike Montgomery avec lesquels il publie The Band Plays On en 75.

La tournée de mai/juin 75 qui voit BSC atterrir au Fairfield Halls de Croydon, dans la banlieue londonienne, sert de support à la promotion de cet album qui doit sortir en fin d’année. Dans le même temps, se finalisent parallèlement les derniers détails du disque. De nouvelles dates supplémentaires sont annoncées, mais Kossoff ne peut les honorer qu’après la sortie du LP prévue en octobre, pour des problèmes de santé. La maladie s’aggravant malgré les traitements, cette prestation scénique est une des dernières apparitions officielles de Kossoff. La fin est programmée le 3 mars 76 au Starwood de Los Angeles…

Retour au Fairfield Halls (juin 75). Il faut en être, les occasions de se péter du Kos live étant maigres, la faute à un catalogue qui n’a pas eu le temps de prendre du coffre pour les raisons que l’on connaît. En dépit d’une qualité sonore un peu boiteuse et malgré les efforts louables de remastérisation, ce live est hyper dynamique et très excitant.

S’il est encore des sceptiques pour émettre un doute sur mes propos initiaux favorables au soldat Kossoff, qu’ils ouvrent grand leurs esgourdes. Sa présente performance apportera indéniablement de l’eau à leur moulin. C’est net et précis ; c’est le Koss de Free. Il est énorme d’entrée de jeu, signe des soli d’enfer, ne faillit que rarement, mais faillit quand même. La dope, que voulez-vous. Mandrax, coke et héro, ça vous fait piquer du blair pour moins que ça.

Comme la troupe est sur la même longueur d’ondes, avec notamment un chanteur de derrière les fagots, le sieur Terry Wilson-Slesser qui la joue dans un registre Steve Marriott, rien ne justifie donc de passer à côté de cette affaire qui vaut son pesant de peanuts.

Les chansons que Back Street Crawler défend sur scène sous le nom de Paul Kossoff, sont essentiellement celles de l’album en cours de réalisation. Montgomery en est le principal signataire, mais le travail est bien collégial comme le démontre cette écoute que je classe parmi les grands live des années 70. Il m’aurait bien plu d’être dans la salle ce jour là (RAZOR©).
 

1. The Band Plays On.

2. Sidekick To The Stars.

3. Long Way Down To The Top.

4. New York.

5. Train Song.

6. Survivor.

7. Stealing My Way.

8. All The Girls Are Crazy.

9. Jason Blue.

10. Rock ‘n’ Roll Junkie.

11. Molten Gold.

 

Paul Kossoff:guitare.

Terry Wilson-Slesser:chant,basse.

Tony Braunagel:batterie.

Mike Montgomery:claviers,chant.

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