Peter Kaukonen.

BIOGRAPHIE.

 

PETER KAUKONEN/Kansas

 

Peter kaukonen

 

Né le 23 septembre 1945 à Topeka (Kansas).

Actif de 1964 à aujourd’hui.

Label:Grunt,Wounded Bird,Veldt.

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock,heavy blues,folk,pop-rock.

Le frère de l’autre.

On connaît Jorma ; on est moins familiarisé avec le cadet des Kaukonen, Peter, né cinq ans après l’illustre frangin, qui lui a brillé comme membre éminent de Jefferson Airplane et de Hot Tuna. Peter affiche 70 printemps cette année. Sa vie, comme tous ceux qui sont passés au crible sur ce site, il l’a essentiellement consacré à la musique et à la Californie, dans l’ombre du grand frérot. A jouer, à composer, à tourner.

Né Benson Lee Kaukonen, ce fils de diplomate né dans un environnement musical classique et exotique, a vu le jour dans le Kansas, a grandi au Pakistan et aux Philippines et vécu dans des pays aussi disparates que la Suède, l’Italie. Entre Iowa, New Jersey et Connecticut où il poursuit son enseignement secondaire, ce bourlingueur déménage pour la Californie où il prend le chemin de l’université de Stanford où il ambitionne de un moment de s’orienter vers la biochimie.

Grand technicien de la guitare.

Joueur de guitare autodidacte, il profite de la scène californienne et de Petrus (avec Ruthann Friedman) pour faire ses premiers pas dans le folk et le blues, après avoir déjà tâté du bluegrass en Suède (1964). Comme son frère, il est un superbe guitariste et passe sans le moindre problème du fingerpicking (on n’utilise que ses doigts) au flatpicking (on utilise un médiator). Elève doué, on retrouve rapidement Peter sur le circuit de la baie de San Francisco à taper le bœuf avec les grands qui ont alors nom Jefferson Airplane, Grateful Dead ou Quicksilver Messenger Service.

Puis les choses prennent des proportions plus sérieuses et Peter participent aux albums de ces monstres sacrés de l’acid rock des 60’s. Jefferson Starship, Hot Tuna, Johnny Winter, Link Wray, Terry Allen, Ruthann Friedman font appel au gamin pour leurs projets discographiques.

Hendrix et Winter dans la tête.

De fréquenter ce qui se fait alors de mieux dans le rock, donne des ambitions personnelles à cet artiste qui a l’Hendrix, Winter l’albinos et les blues du Delta et de Chicago chevillés au corps. Ce virtuose de la six cordes, électrique comme acoustique, crée alors son propre groupe, Black Kangaroo.

Black Kangaroo, le sparadrap du capitaine Haddock.

L’éphémère formation qui vaque à l’album Black Kangaroo est une belle révélation et son unique album un des grands LP de la maison Grunt Records, le label que Jefferson Airplane a sorti de son cadre personnel pour l’élargir à la communauté Airplane. Autrement dit tout ce qui gravite de près ou de loin dans l’ombre du Maître.

Non content d’être un sublime guitariste, Peter Kaukonen est également un multi instrumentiste hors pair, tour à tour bassiste, mandoliniste, pianiste. Il pratique avec autant de talent la lap steel, le bouzouki et compose depuis plus d’une quarantaine d’années. Et quand il compose, il ne fait pas semblant, la preuve avec son chef d’œuvre Black Kangaroo, dont toutes les pièces sont signées de sa patte.

Peter kaukonen 2

« Black Kangaroo ne m’a pas aporté tout ce que j’en espérais. Alors qu’il figurait bien au Billboard et au Cash Box , que la critique l’avait apprécié, le LP n’a pas suivi au niveau de la distribution. Les gens qui voulaient l’acheter ne le trouvaient nulle part ou alors n’importe où. Il n’a  pas eu le destin espéré. Oui, j’en suis très frustré. » (Peter Kaukonen)

Un seul opus en studio, certes. Et peu représentatif de la west coast le terreau sur lequel il a germé. Mais quel feu d’artifice ! Peter met le blues-rock psyché cul par-dessus tête. On croirait qu’Hendrix, pourtant mort depuis deux ans quand sort Black Kangaroo (1972), a été exhumé de son tombeau pour jouer les lignes omniprésentes de guitare et les hallucinés solos wha-whatés. Tel est l’esprit de ce disque fabuleux dont je n’ose même pas dire à quel point il est incontournable non seulement pour qui bricole dans le registre heavy psyché, mais pour tout azimuté de bon et vrai rock incandescent. Cette oeuvre lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock. Pour mémoire, rappelons-en les principaux protagonistes : Peter Kaukonen (guitare), Joey Covington et Shelley Silverman (batterie), Larry Weissberg, Mark Ryan et Peter Marshall (basse), Nick Buck (claviers).

Que de regrets derrière…

Après une telle démonstration de technicité, un tel déploiement d’inspiration et de diversité, il est malheureux qu’il n’ait pas poursuivi dans cette voie pleine de jus, de vitalité, visiblement taillée sur mesure pour lui, préférant mettre un terme à cette exceptionnelle formation en 1972. Peter décline même la proposition de Jefferson Starship de tenir la basse pour eux. C’est dire…

Il préfère aller son petit bonhomme de chemin pour sa pomme et donner quelques coups de main à droite, à gauche. On le pointe alors sur l’album Be What You Want To (1973) de Link Wray, sur Manhole (1974) de Grace Slick ou Juarez (1975) de Terry Allen.

Un catalogue bien maigre au regard du potentiel.

Pour le reste, on ne peut pas dire que Peter ait fait montre d’un investissement très marqué dans sa carrière solo, la faute à des choix de parcours pas toujours très conventionnels, qu’il regrette souvent et pour lesquels il éprouve de la frustration aujourd’hui.

Celle-ci se résume à un album acoustico-instrumental réalisé en 1984 avec Norton Buffalo (harmonica), Norman aux saxos et Darol Anger au violon. Sans overdubs, sans effets de studio, doté d’un son très pur, il réfère au blues du Delta et aux rythmes siciliens. Traveller a été réédité et remastérisé en 2007.

Avant cette réédition, en 2004, Peter a publié Going Home, un album-concept portant sur les derniers moments de la vie de sa mère. Douceur et grace du fingerpicking, profondeur des harmonies gospel et des paroles, une wha-wha qui geint, des orchestrations obsédantes, la chronologie musicale installée par Peter rend le plus beau des hommages à celle pour laquelle il l’a composée. Ce disque assez complexe, disponible en téléchargement sur son site, est une petite merveille.

Beyond Help (2004) est carrément folk contemporain et à message : y passent le génocide, l’ethnicide, le racisme, la cupidité, la vénalité, la corruption, l’arrogance… Peter règle ses comptes en provoquant, en s’engageant mais surtout en s’amusant comme un fou.

Trois ans plus tard, alors qu’il avait abandonner tout espoir de voir son Black Kangaroo réédité un jour, faute de labels qui se bousculent au portillon, Wounded Bird, en 2007, s’offre le luxe de réactiver un nom célèbre dans le milieu du rock, celui de Kaukonen, mais pas celui qu’on attendait. Peter Kaukonen a finalement de qui tenir (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Peter kaukonen black kangaroo

 

PETER KAUKONEN

BLACK KANGAROO – 1972  5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Peter Kaukonen.

Durée:36:48.

Label:Grunt Records.

Genre:blues-rock,hard blues,heavy blues,rock psychédélique.

 

Pour l’honneur des Kaukonen.

 

Peter, c’est le frère cadet de Jorma, l’autre Kaukonen, et dans cette fratrie, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas le plus connu des deux. Si l’aîné fut un ponte de l’Airplane et un des co-leaders du mythique Hot Tuna, le plus jeune s’est plutôt fait remarquer dans l’entourage de Jefferson Starship, la subdivision qui découle de la cessation d’activités de l’Avion et dont les instigateurs sont Grace Slick et Paul Kantner.

Recensé comme protagoniste de la scène musicale californienne de par ses liens du sang avec elle, ce natif de San Francisco est pourtant une exception chez Grunt Records (le label de Jefferson Airplane) étiquette qui signe tout collectif ou toute individualité évoluant de près ou de moins près dans le giron de l’Airplane : Hot Tuna, Jefferson Starship, Papa John Creach, Marty Balin, Joey Covington, Grace Slick, Jorma Kaukonen, Paul Kantner sont tous des produits de cette maison.

Peter, multi-instrumentiste mais surtout guitariste et compositeur, est un cas à part dans la mesure où on le retrouve très impliqué sur l’échiquier de l’Area Bay, de par ses participations sur les disques de Paul Kantner et Grace Slick (Blows Against The Empire, Sunfighter et Manhole), mais qui s’en dédit, dès son premier album, préférant la pratique d’un style plus hard rock/heavy blues.

Influencé par le Chicago Blues, le blues du Delta, par Hendrix et feu Winter l’albinos, il publie Black Kangaroo en 1972. Le culte voué au gaucher de Seattle ne trompe personne comme il est possible d’en juger sur ce premier LP solo qui, malheureusement, restera sans suite.

En se servant d’arguments identiques à ceux qui caractérisent son idole, Peter réalise un disque qui mérite une attention particulière. A grand renfort de variété, de vitalité, d’énergie et de technique, même s’il flirte parfois avec la complexité, Kaukonen Jr. nous sert un spécimen de belle charge sonore. Jamais il ne verse dans une quelconque imitation du Maître.

Ses tonalités vocales, son son, l’esprit qui sied à l’atmosphère qu’il entretient, son style de jeu virtuose, nourri d’une touche personnelle qui lui évite de tomber dans le plagiat, sont bluffants, laissant à penser qu’Hendrix est redescendu sur terre.

Tour ou tour, il part, dans des solos furieux qui ramènent immanquablement à la sauvagerie guitaristique de Jimi (Up Or Down, Dynamo Snackbar et Prisoner) ou, appuyé par les aboiements canins exaspérants perceptibles en filigrane, visite en picking, avec loquacité et générosité, un hallucinant et étrange blues-rock psyché (Barking Dog Blues). Psyché ? Chassez le naturel, il revient au galop ; on ne tourne pas le dos aux siens (ou aux chiens) comme ça.

Billy’s Tune, sorte de rap avant l’heure, l’acoustique de clôture That’s A Good Question, élégant instrumental qui n’est pas sans évoquer la patte du frérot, Postcard, mi-acoustique, mi-électrique, et le killer What We All Know And Love complètent joliment un répertoire (8 titres pour l’original, 13 pour la réédition de Wounded Bird) qu’il a créé de toutes pièces en songwriter compétent  et clairvoyant qu’il est.

Black Kangaroo tire tout bénéfice de la présence en accompagnement d’une troupe recrutée sur la base de ses relations avec l’Airplane (Joey Covington, Shelley Silverman) et auprès de sessions-men aguerris (Larry Weisberg dit Larry Knight, Mark Ryan…).

Tous les acteurs sont sur la même longueur d’ondes et tirent dans le même sens. Comme la production et la qualité sonore éclatent aussi, Black Kangaroo s’avère plus que recommandable. Il est indispensable et permet de rappeler que dans la famille Kaukonen, il y a aussi le petit, Peter, et qu’il n’est pas pourri du tout le gamin (RAZOR©).   

 

1. Up Or Down.
2. Postcard.
3. What We All Know And Love.
4. Billy's Tune.
5. Barking Dog Blues.
6. Dynamo Snackbar.
7. Prisoner.
8. That's A Good Question

 

Peter Kaukonen:chant, guitare. 
Diane Earl:choeurs. 
Terry Adams:cello. 
Larry Weisberg,Peter Marshall,Mark Ryan:basse. 
Joey Covington,Shelley Silverman:chant, batterie. 
Nick Buck:orgue,claviers. 

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