Robin Trower.

BIOGRAPHIE.

 

 

ROBIN TROWER/Londres (Royaume-Uni)

 

Robin trower intro 3

 

Né Robin Léonard Trower, le 9 mars 1945 à Catford (Londres).

Actif depuis 1962.

Labels:Chrysalis,Atlantic,Ruf,Mascot.

Genre:blues-rock,hard rock.

Site officiel:trowerpower.com

 

L'héritier de Jimi.

Guitariste souvent négligé des presses musicales à l'heure des bilans visant à étalonner les meilleurs praticiens de la six cordes, Robin Trower peut aujourd'hui revendiquer une carrière riche de plus de 6 décennies dans laquelle il est encore et toujours très impliqué.

Les débuts dans la profession de celui que les fans qualifient de White Hendrix se situent, en effet, à la fin des 50's quand il évolue déjà au sein des Raiders à Southend-On-Sea (Essex).

Le lien avec le guitariste de Seattle est l'antienne de son parcours. Elle lui a collé aux basques, certains observateurs allant même jusqu'à le considérer comme un pâle copieur de l'auteur d'Electric Ladyland.

Le natif de Catford se défend d'être ou d'avoir cherché à être, quel que soit le moment de sa carrière, un clone de Jimi. Ce sont les circonstances qui ont rapproché les deux artistes, pas une volonté du second de chausser les bottes du Maître ou de devenir calife à la place du calife.

Robin trower solo 1Robin Trower, l'héritier de Jimi.

Robin trower paramountsPassé par les Paramounts...

Robin trower jude... et à la tête de Jude.

Robin trower now 2...et toujours actif aujourd'hui.

Robin trower no more worlds to conquer 2022Son dernier LP (2022).

Robin trower bridge of sighsBridge Of Sighs (1974), son graal.

Le parallèle entre les deux guitaristes remonte à la mort de l'américain (1970) quand les fans de ce dernier, orphelins de leur héros, se reportent sur celui qui s'en rapproche alors le plus techniquement, Robin Trower.

En ce sens, les presses anglaise et ricaine ont toujours mis l'accent sur la similitude entre les deux artistes et, à la mort d'Hendrix, accordé une attention particulière à celui qui, volontairement ou pas, en assurait l'héritage.

Sortir de sa zone de confort.

Celui-ci n'a jamais caché son admiration pour le guitariste de Seattle, mais il n'en connaît que très peu le répertoire, aussi, quand Keith Reid, parolier de Procol Harum dans lequel Robin est guitariste depuis septembre 67, lui propose de rendre un hommage au défunt musicien, Trower signe la musique d'un surprenant Song For A Dreamer (1971) qui a l'adhésion de tous.

Le titre est une des meilleures œuvres jamais réalisées (sinon la meilleure) pour honorer la mémoire de Jimi. La comparaison trouve sa source ici.

Si elle honore son auteur, elle lui fait surtout prendre conscience d'un potentiel insuffisamment exprimé au sein de Procol Harum et de l'obligation, pour briller comme les guitaristes qu'il a vu défiler à Wight (Clapton, Hendrix, Page, Kossoff, Gallagher...), de sortir de sa zone de confort.

Procol Harum étant surtout l'apanage de feu Gary Brooker et de Keith Reid, l'avenir artistique du groupe ne garantit pas à Robin une ouverture pour mettre son jeu en valeur.

Il s'en éloigne donc et cette décision libère du même coup toute la frustration accumulée au sein de ce collectif ; il accorde alors la totale priorité à sa guitare et à sa personne, s'estimant en capacité de titiller les meilleurs.

Robin Trower a le toucher, le feeling et les compositions pour, ainsi qu'un son qui lui est propre...

D'abord les Raiders...

Né le 9 mars 1945 à Catford sur la rive sud de la Tamise, le jeune Robin Leonard Trower grandit dans la cité balnéaire de Southend-On-Sea, bercé par les rythmes des rockeurs de l'époque (Elvis Presley, Bill Haley, Little Richard, Gene Vincent, Jerry Lee Lewis) qui inondent les ondes radiophoniques du moment.

Un disque du King suscite l'envie du jeune homme de prendre une guitare et de se mêler à la fête. Il devient musicien et surtout un guitariste qui ne laisse pas insensible un certain Gary Brooker dont la famille s'est, au milieu des 50's, installée à Southend-On Sea. De leur rencontre en 1962 naît les Paramounts dont l'origine se confond avec celle des Raiders (1960) dans laquelle évoluent notamment Robin et son frère aîné Mick.

...avant les Paramounts...

Les Paramounts (Gary Brooker, Mick Brownlee, Chris Copping, Bob Scott et Robin Trower) jouent du R&B ainsi que des standards de rock 'n' roll et arborent costumes à rayures/cravates et coupes au bol.

Estampillés beat,ces derniers publient, entre 1963 et 1965 une grosse poignée de singles pour le label Parlophone : Poison Ivy/I Feel Good All Over (1963), Little Bitty Pretty One/A Certain Girl, I'm The One Who Loves You/It Won't Be Long et Bad Blood/Do I en 1964, Blue Ribbons/Cuttin' It et You Never Had It So Good/Don't Ya Like My Love (1965).

Ils sont également auteurs d'un LP, l'éponyme The Paramounts, sorti en 1964, mais c'est Poison Ivy (35ème des charts UK) qui reste leur étendard. Par ailleurs, un album sorti en 1983 réunit tous leurs singles (Whiter Shades Of R&B).

Le succès de Poison Ivy, même s'il n'est pas majeur, est toutefois suffisant pour les voir apparaître dans Ready Steady Go et pour en faire le groupe de soutien des tournées européennes de Sandy Shaw et de Chris Andrews.

...et Procol Harum.

Les Paramounts se séparent à l'automne 1966 pour rebondir sur des projets personnels mais Robin Trower n'en est plus depuis fin juin/début juillet, parti fondé sa propre unité, The Jam, un format en trio.

Dans le même temps, Gary Brooker lance Procol Harum et cartonne avec A Whiter Shade Of Pale (1967), écoulé à plus de 10 millions d'exemplaires sur la planète.

Quand Procol Harum remplace son guitariste Ray Royer, Gary Brooker sollicite son ami Robin Trower pour le suppléer. Une telle opportunité ne se refuse pas.

Débarqué en 1967 alors que le groupe capitalise sur la réussite de son légendaire single, Robin en repart en 1971 et est des cinq premiers LP de Procol Harum : Procol Harum (juin 1967), Shine On Brightly (décembre 1968), A Salty Dog (juin 1969), Home (juin 1970) et Broken Barricades (juin 1971), pour lequel il signe le sublime Song For A Dreamer évoqué précédemment.

Son passage dans Procol Harum, qui privilégie les claviers et le rock symphonique, se fait dans une grande discrétion et dans l'ombre de Gary Brooker, de Matthew Fisher et de Keith Reid.

Robin opère sa mue...

Bien qu'il s'implique sans retenue et contribue, sans piper mot, du mieux qu'il lui est demandé et malgré un Broken Barricades plus blues-rock, Trower ne voit pas de débouchés pour lui dans la vision artistique du tandem Brooker/Reid.

Trower n'a alors qu'une idée en tête : revenir au rock et au blues pour exhumer tant d'années de frustration, qui plus est quand les premières analogies avec Hendrix s'invitent.

Il amorce sa mue en créant Jude pour lequel il sollicite un ancien de la maison Jethro Tull, Clive Bunker (batteur), Frankie Miller au chant et James Dewar, ex bassiste de Stone The Crows.

Robin trower portrait

« Dans Procol Harum, je n'ai pas réalisé que j'avais un vrai besoin de pratiquer la guitare. Tout ce que j'ai fait au sein de ce collectif m'est venu naturellement. Quand j'ai décidé de tracer ma propre route, j'ai découvert alors ce qu'était la sensation de m'asseoir, de jouer en me concentrant sur mon jeu. J'écrivais seul et cela m'a forcé, en quelque sorte, à focaliser sur ma musique comme jamais auparavant. » (Robin Trower)

Le penchant pour le goulot de l'écossais Miller et la réticence de Bunker à s'éloigner trop loin et trop longtemps des siens mettent à mal un projet rapidement tué dans l’œuf et vierge de tout enregistrement. Robin Trower lance alors sa carrière solo (1972).

...en solo.

Twice Removed From Yesterday (mars 1973/Chrysalis), produit par Matthew Fisher (Procol Harum) donne le départ de sa nouvelle vie musicale. D'emblée, il est patent que l'artiste libère un trop-plein canalisé depuis trop longtemps et que ses meilleures heures sont devant lui.

Sa décision de voler de ses propres ailes s'accompagne ici d'un premier bonheur, Bridge Of Sighs (avril 1974) confortant sa percée commerciale en se plaçant au 7ème rang du Billboard 200 et en passant 31 semaines dans le classement. James Dewar et Reg Isidore l'encadrent sur les deux albums.

For Earth Below (février 1975), l'excellent Robin Trower Live (mars 1976), Long Misty Days (octobre 1976), In City Dreams (juin 1977), Caravan To Midnight (août 1978) complètent le catalogue des 70's.

Son travail, d'obédience heavy-blues, est alors très personnel et de qualité même si Bridge Of Sighs demeure son incontournable référence et Daydream, Little Bit Of Sympathy et Too Rolling Stoned des chefs d’œuvre de son répertoire.

No More Worlds To Conquer.

Si les américains en sont friands, le parallèle avec Hendrix n'est pas établi, l'influence étant indéniable, mais qui le guitar-hero noir n'a-t-il pas influé ?

Si la discographie personnelle de Robin se pare aujourd'hui d'une cinquantaine d'albums (studio, live et compils confondus), Robin Trower n'en a pas pour autant accompli définitivement sa mission. No More Worlds To Conquer est sur le point de la grossir un peu plus.

Gageons que, comme il le dit, « chaque album étant le meilleur qu'il puisse faire à l'instant T, chaque chanson devant être à la hauteur des objectifs fixés », No More Worlds To Conquer s'annonce d'ores et déjà comme un grand crû. A 77 ans (il vient de les avoir le 7 mars dernier), Robin n'a pas fini de nous surprendre (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1974

 

Robin trower bridge of sighs

 

 

ROBIN TROWER

BRIDGE OF SIGHS – 1974  5/5

 

Publié en avril 1974.

Produit par Matthew Fisher.

Durée:37:22.

Label:Chrysalis Records.

Genre:blues-rock.

 

Grand moment de blues-rock.

 

En 1971, Robin Trower étouffe quelque peu au sein de Procol Harum, groupe placé sous l'influence des claviers de Gary Brooker et de Matthew Fisher et très orienté rock progressif/symphonique.

Pour un guitariste de sa trempe, il lui devient compliqué de continuer à accepter d'être bridé et réduit à la portion congrue dans ce collectif alors pourtant sur le devant de la scène. Il a des idées à faire valoir mais elles ne pourront jamais se concrétiser tant qu'il ne volera pas de ses propres ailes.

Le guitariste décide de faire le grand saut et de rebondir dans un projet personnel. Il est gonflé à bloc pour le mener à bien et a de la créativité et du talent à revendre.

Le premier LP né de cette nouvelle ère, Twice Removed From Yesterday (1973), affiche de très belles dispositions et ouvre sa carrière solo de la meilleure manière qui soit.

Bridge Of Sighs confirme au-delà de toutes espérances les débuts tonitruants de l'artiste, ici assisté de la rythmique constituée du bassiste James Dewar (également chanteur) et du batteur Reg Isidore.

Commercialement, il touche sa cible en se positionnant au 7ème rang des classements d'albums aux States.

Certifié or, Bridge Of Sighs, porté par les deux joyaux que sont About To Begin et Roo Rolling Stoned, dévoile un guitariste au style unique et un grand rendez-vous de blues-rock. Il faut en être (RAZOR@2022).

 

1. Day Of The Eagle.

2. Bridge Of Sighs.

3. In This Place.

4. The Fool And Me.

5. Too Rolling Stoned.

6. About To Begin.

7. Lady Love.

8. Little Bit Of Sympathy.

 

James Dewar:basse,chant.

Reg Isidore:batterie.

Robin Trower:guitare.

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