Rory Gallagher.

BIOGRAPHIE.

 

RORY GALLAGHER/Cork (Irlande)

 

Rory gallagher and his famous stratocaster 

 

William Rory Gallagher, dit Rory Gallagher.

Né le 2 mars 1948 à Ballyshannon (Irlande).

Décédé à Londres le 14 juin 1995.

Années actives:1963/1995.

Labels:Polydor,Chrysalis,Buddah,Castle.

Genres:blues,blues-rock,hard rock,rhythm & blues, rock,jazz,folk,skiffle.

Site officiel:www.rorygallagher.com

 

L’autodidacte du blues-rock.

La petite guitare en plastique reçue en cadeau alors qu’il n’est encore qu’un enfant, est l’élément déclencheur de la vocation de Rory Gallagher pour la musique et notamment l’instrument. Sa jeunesse est fortement imprégnée de cet art. A la radio, devant le poste de TV, sur son électrophone, il s’éprend des airs et des artistes alors en vogue, les Presley, Chuck Berry, Muddy Waters, Leadbelly, Woody Guthrie et, dès l’âge de 8 ans, l’irlandais d’origine galloise, seul et comme un grand, fait son apprentissage dans la musique, via la guitare, l’harmonica ou le saxo.

Rory gallagher 2

Rory gallagher 1

Rory gallagher 3

A défaut d’instrument, il chante à l’occasion, mais son univers musical  tourne essentiellement autour du blues et du folklore de son pays, l’Irlande.

Cette passion vaut à l’autodidacte Rory Gallagher de faire montre d’une grande maturité à son adolescence, au point d’être déjà fortement impliqué et bien noté sur la scène blues et rock locale.

Le symbole de la 6 cordes.  

Rory Gallagher compte aujourd’hui parmi les plus beaux guitaristes que recense la planète rock. Si sa fidèle Stratocaster Fender Sunburst 61 pouvait encore s’exprimer, elle nous ressasserait inlassablement toute l’estime en laquelle le guitariste de Ballyshannon était tenu. Seulement voilà, sa strato ne geint plus ; depuis 1995, elle est orpheline des riffs mémorables ordonnés par son self-made-man et des soli furieux nés au bout de ses doigts, une technique hautement maîtrisée qui fit de Rory le symbole de la six cordes pour toute une génération.

Celui qui a ramené au blues Eric Clapton himself, influencé Jimmy Page et été vu par Hendrix comme le meilleur guitariste au monde, n’a que 18 ans quand il fonde son premier groupe notable, Taste (1966). Ce trio avec Damery et Kittenringham, déjà de la grosse cavalerie, se partage entre Hambourg et Belfast.

Taste, son premier vrai coup.

En 1968, ce combo explose et Richard McCracken et John Wilson entrent, qui constituent avec Rory, la nouvelle mouture de Taste, celle de l’époque londonienne et signée par Polydor, lui ouvrant les portes du Marquee, d’une part, et des States, de l’autre. Deux LP studio en émanent : Taste (1969) et On The Boards (1970). Dans le même temps, Taste, alors que les membres ne s’entendent plus du tout pour des raisons de choix artistiques, triomphe au festival de Wight 70. Il obtient 5 rappels. Cette magnifique prestation (incomplète) est collectée dans le live At The Isle Of Wight de 1972, second live crédité au trio après Live Taste de 71. Taste, hélas, se sépare cette même année, laissant la porte ouverte à Gallagher pour s’engager dans une carrière solo.

Une discographie brillante.

Son parcours en solitaire prend effet à la fin de l’année 70. 6 mois plus tard, Rory sort un premier LP éponyme. Entre 1971 et 1979, pas moins de 10 albums viennent se greffer au catalogue de l’Irlandais pour la décennie des 70’s : 8 studios et 2 live. Une très belle discographie en l’occurrence, même si la Grande-Bretagne ne lui réserve pas le meilleur des accueils. Si Rory Gallagher (1971) et Deuce, trois mois après, passent encore inaperçus, le live in Europe qui suit en 1972, enregistré en l’Angleterre (Luton), l’Italie (Milan et Florence) et l’Allemagne (Ludwigsburg), pendant la tournée européenne, fait péter les charts et vaut à son auteur le titre de meilleur musicien de l’année par le Melody Maker.

Rory gallagher donalRonal Gallagher, dépositaire du catalogue de son frère Rory.

« Rory a eu plusieurs contacts pour intégrer des groupes. Cream, les Stones… mais premier d’entre eux c’était Canned Heat. Lorsque Al Wilson est décédé, Canned Heat a cherché assez rapidement à le remplacer. Longtemps après, au cours d’un spectacle commun avec Canned Heat, Bob Hite a avoué avoir essayé d’entrer en contact avec Rory pour lui offrir cette possibilité. Cela ne s’est pas fait, mais si la connexion avait eu lui à ce moment précis, il est sûr que Rory aurait accepté. » (Donal Gallagher)

Les excellents Blueprint et Tattoo, tous deux de 1973 précèdent l’autre grand live du catalogue, Irish Tour, double LP qui compile des prestations de la tournée irlandaise de 1974. Si Against The Grain publié en 1975, Photo-Finish de 1978 et Top Priority (1979) sont encore très bons, ils n’égalent pas pour autant Calling Card (octobre 76), le six étoiles du gallo-irlandais, produit par Roger Glover (Deep Purple).

Le 14 juin 1995, le rock pleure.

Au début des années 80, Rory Gallagher sombre dans l’alcool qu’il accompagne de crochets dans la drogue. Le stout pour l’irlandais bon teint qu’il est et qu’il consomme abusivement, les psychotropes pour venir en soutien de la rock star qu’il est devenu. Son état de santé en prend un coup, il se fait rare en studio comme sur scène et quand il réapparaît son apparence physique peine à masquer ses écarts et sa fragilité du moment.

La compilation de 1992 (Etched in Blue) sonne alors comme un ultime rendez-vous avec ses fans. En 1994, alors qu’il jette ses dernières forces dans la bataille, il doit interrompre sa tournée pour subir une greffe du foie, malheureusement vaine puisque l’irlandais s’éteint le 14 juin 1995.

The Show Must Go On.

Grâce à son frère et à son fils, dépositaire de l’œuvre de Rory Gallagher, l’artiste peut désormais dormir en paix, ces derniers exauçant son rêve d’enregistrer un album dans ce que l’irlandais considère alors comme le temple de la musique rock, San Francisco. Gallagher avait bien mis le projet en route, mais n’avait pas eu le temps de le voir aboutir. Notes From San Francisco est tombé dans les bacs en 2011, comblant ainsi un vide dans un catalogue qui se veut de très grande qualité.

Amateur de roman noir, l’irlandais voit, depuis 2013, sa discographie élargie à un concept assez novateur qui consiste en un package compilé spécialement avec le meilleur du Rory Gallagher musicien inspiré par le polar, mais également avec le nouveau livre de l’auteur écossais du genre, Ian Rankin. Kickback City (Legacy Recordings) est complété par des illustrations de Timothy Truman et un disque audio de l’histoire racontée par l’acteur Aidan Queen. Les fans apprécieront (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE TASTE 60'S/70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Rory gallagher taste on the boards

 

TASTE

ON THE BOARDS – 1970  4/5

 

Publié en janvier 1970.

Produit par Tony Colton.

Durée:37:13.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S).

Genre:blues-rock.

 

Un goût de reviens-y.

 

Que n’a-t-on déjà pas dit sur Rory Gallagher ? Tout ce que je pourrais rajouter sur cet irlandais hyperdoué, peut être un des plus complets instrumentistes de son époque, ne ferait que grossir le lot de ces lieux communs qui circulent encore sur son nom.

Mais les faits sont là, têtus, tenaces, qui plaident éternellement en ce sens. Vingt ans après sa mort, l’artiste déchaîne toujours autant les passions et son œuvre incite à faire généralement dans le dithyrambe.

Outre le sublime guitariste et mandoliniste, et le délicieux harmoniciste qu’il est, Gallagher, n’en est pas moins à l’aise dans la pratique du saxophone, instrument  pour lequel  il affiche également de belles dispositions et pour lequel il est autodidacte complet. 

Comme il est auteur-compositeur compétent et une fine lame au chant, son deuxième et dernier album sous Taste, On The Boards (en écoute intégrale ici), placé dans le sillage de l’éponyme Taste de 68, ne passe pas inaperçu des gens du métier.

Le power trio qu’il constitue autour d’une rythmique valeureuse, composée de Richard « Charlie » McCracken, bassiste, et John Wilson aux fûts, fait écho à Cream, mais a dans les rétroviseurs des valeurs alors bien établies dans l’Angleterre de fin 60, début 70,  comme Free.

Ce disque, sorti en 1970, véhicule tout ce que Gallagher et son unité d’élite maîtrisent en termes de styles : le blues, ses racines, le rock (bien lourd), le jazz, sa passion, ses influences folkloriques et la country. Ce louvoiement merveilleusement apprivoisé entre les genres a été façonné sur les routes. Rajoutez-y une dose d’ambition supplémentaire dans la production et un soin plus marqué dans les textes, une troupe qui respire la santé et animée de la fougue qui sied à la jeunesse, de l’authenticité et de la sensibilité, valeurs auxquelles Gallagher est associé pour l’éternité, et vous obtiendrez ce pour quoi je vous sollicite présentement : On The Boards.

En progression manifeste par rapport à son devancier vinylique, la variété le caractérise. Il  démarre sur les chapeaux de roue avec What’s Going On, un blues-rock puissant qui sera sa marque de fabrique dans sa future carrière en solitaire, enchaîné au très probant Railway And Gun.

It’s Happened Before It’ll Happen Again permet de rebondir sur le jazz, un genre cher à Gallagher et que valorise le jeu tout en créativité de Wilson. Le gars de Cork s’y offre un solo de sax alto très pertinent, avant de distiller un beau moment d’harmonica, comme il en est coutumier, dans le cool If The Day Was Any Longer.

Le rock, dans toute son énergie, reprend ensuite ses droits avec Morning Sun, mais sans véritable étincelle. Il diffère en cela d’Eat My Words, qui confirme la technicité étonnante dans la pratique de la slide et entrevue dans l’éponyme précédent, d’un gamin alors âgé de 20 berges.

Tout aussi intéressant, le morceau titre qui en réfère encore au jazz et le superbe See Here, souligné par une délicieuse accroche acoustique. I’ll Remember finit en grandes pompes un album qui boîte bas du côté de If I Don’t Sing I’ll Cry, et à un degré moindre, de Morning Sun.

Si on veut chercher des poux sur la tête de l’auteur de ce disque, on peut objecter que Gallagher est encore artistiquement trop isolé dans ce combo à trois. Ses épaules sont encore un peu frêles pour assumer seul, ce que les power trios ayant pignon sur rue, comme Cream, pour lequel il ouvre le concert d’adieu, ou le Jimi Hendrix Experience font collectivement. La différence se situe à ce niveau. On The Boards passe avec succès au révélateur, la presse ne s’y trompe pas qui lui réserve un bon accueil. Le même que celui qui vous lui réserverait (RAZOR©).

 

1. What's Going On.

2. Railway and Gun.

3. It's Happened Before, It'll Happen Again.

4. If the Day was Any Longer.

5. Morning Sun.

6. Eat My Words.

7. On the Boards.

8. If I Don't Sing I'll Cry.

9. See Here.

10. I'll Remember.

 

Rory Gallagher:guitare,chant,saxophone,harmonica.

Richard "Charlie" McCracken:basse.

John Wilson:batterie.

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Rory gallagher lp 71

 

RORY GALLAGHER

RORY GALLAGHER – 1971  4,5/5

 

Publié le 23 mai 1971.

Produit par Rory Gallagher.

Durée:55:10.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S)

Genre:blues-rock,blues,folk,jazz.

 

Déjà au top.

 

Un jour, la question fut posée à Hendrix de dire ce que ça faisait d’être le meilleur guitariste au monde. Jimi répondit : « Je n’en sais rien. Posez la question à Rory Gallagher ».

Bel hommage d’une icône de la six cordes à un autre monstre sacré de l’instrument.  Celui qui a ouvert les concerts de Cream et à propos duquel Clapton rappelle que c’est l’homme qui l’a ramené au blues, a fait une carrière exceptionnelle et son catalogue en atteste.

Le premier LP de cette œuvre colossale, c’est cet album éponyme (en écoute ici), sorti en 1971. Séparé, dans la douleur, du power trio Taste pour divergence artistique, l’irlandais de Cork s’adjoint les services de Gerry McAvoy, bassiste et de Wilgar Campbell, batteur pour s’embarquer dans une nouvelle aventure, mais cette fois-ci sous son nom. Pour l’occasion, Vincent Crane d’Atomic Rooster l’accompagne ici au piano.

Sa carrière solo démarre sur les chapeaux de roue dans ce trio au sein duquel il se comporte en vrai boss, et avec cet album dans lequel il assure toutes les compositions. Il a seulement 23 ans et affirme déjà une forte personnalité qui se ressent de Laundromat à Can’t Believe It’s True.

Armé d’une section rythmique efficace, faisant le travail sobrement et se mettant carpette pour son patron, Rory Gallagher, très inspiré, étale sa finesse, sa délicatesse technique avec précision. Sa stratocaster est insatiable, repoussant les limites du blues rock.

Dans le contexte très relevé de ce disque éponyme, il faut s’arracher les cheveux pour conseiller un titre plutôt qu’un autre. Autant m’éviter le casse-tête…

Absolument rien ne se néglige : les morceaux électriques, ceux acoustiques (Just The Smile, I’m Not Surprised), le titre country (It’s You). C’est tout simplement une sublime performance pour le jeunot qu’il est. L’album est très mature et déjà très très grand. On ne passe pas à côté d’un tel monument… Entre nous, vous n’avez encore rien vu… (RAZOR©).

 

1. Laundromat.

2. Just The Smile.

3. I Fall Apart.

4. Wave Myself Goodbye.

5. Hands Up.

6. Sinner Boy.

7. For The Last Time.

8. It's You.

9. I'm Not Surprised.

10. Can't Believe It's True.

 

Rory Gallagher:chant,guitare,harmonica,saxo.

Gerry McAvoy:basse.

Wilgar Campbell:batterie.

LP Studio 2 - 1971

 

Rory gallagher deuce

 

RORY GALLAGHER

DEUCE – 1971  5/5

 

Publié le 28 novembre 1971.

Produit par Rory Gallagher.

Durée:51:41.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S).

Genre:blues-rock,folk,jazz.

 

Gagnant à tous les coups.

 

Pour peu, on mettrait la note maximale à tous les albums de Rory Gallagher. Vous écoutez l’album éponyme, sorti six mois plus tôt (1971) et vous êtes convaincu de détenir son meilleur album. Vous écoutez Calling Card, c’est sûr, c’est son chef d’œuvre. Vous écoutez Deuce (en écoute intégrale ici) et vous avez encore et toujours cette même impression que Rory Gallagher atteint des sommets. Et oui, avec l’Irlandais, c’est toujours comme ça.

Chaque album est un coup gagnant. Son œuvre est d’un niveau très élevé. Gallagher a approché Deuce avec une vision différente de son travail précédent, en enregistrant, en aval ou en amont de ses concerts, certains titres pour que l’album restitue l’énergie d’un live.

Deuce (1971) collecte une dizaine de morceaux dont pas un ne ressemble à l’autre. Le magicien Gallagher, imprégné d’une grande culture musicale, est ouvert à tout. Appuyé par une rythmique toujours aussi sobre qu’efficace, il serpente ainsi entre les diverses influences pour servir sur un plateau un blues-rock électrique exceptionnel, que sa virtuosité technique et son feeling rendent encore plus unique et immortel. Je ne connais pas un bluesman qui lui ressemble. On comprend mieux l’hommage rendu par ses pairs du métier, de son vivant et à titre posthume. Hendrix, Clapton, The Edge, tous ont fait de l’irlandais leur meilleur représentant.

Il dompte l’électricité et le slide comme personne, apprivoise l’acoustique avec une égale maîtrise. C’est pourquoi, on se délectera autant du superbe folk blues d’ouverture, I’m Not Awake Yet que du rif mordant de Used To Be, on se réjouira avec un bonheur identique de There’s A Light et de sa rythmique jazzy que du diabolique boogie In Your Town.

Ce disque est une merveille d’imagination, d’authenticité, de fraîcheur, de pureté, fait par un artisan sensible, passionné et enthousiaste. Et que dire de l’immense Crest Of A Wave qui clôture le LP ? Une gourmandise improvisée pour les insatiables que nous sommes (RAZOR©).

 

1. I'm Not Awake Yet.

2. Used to Be.

3. Don't Know Where I'm Going.

4. Maybe I Will.

5. Whole Lot of People.

6. In Your Town.

7. Should've Learnt My Lesson.

8. There's a Light.

9. Out of My Mind.

10. Crest of a Wave.

 

Rory Gallagherchant,guitares,harmonica.

Gerry McAvoy:basse.

Wilgar Campbell:batterie,percussions.

LP Live 1 - 1972

 

Rory gallagher live in europe 72

 

RORY GALLAGHER

LIVE ! IN EUROPE – 1972  5/5

 

Publié le 14 mai 1972.

Enregistré en Angleterre (Luton), en Italie (Milan,Florence), en Allemagne (Ludwigsburg) entre le 5 février et le 5 mars 1972.

Produit par Rory Gallagher.

Durée:45:42.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S).

Genre:blues-rock.

 

Un live sous amphés.

 

Premier live de Rory Gallagher, In Europe (en écoute intégrale ici) est enregistré, comme l’indique son titre, pendant une tournée (février-mars 1972) sur le Vieux Continent, après la parution de Deuce, son deuxième album studio.

Gallagher sur scène, ça déménage, je vous l’assure. De tous ses disques réalisés en live, In Europe est certainement celui qui capte le mieux l’ambiance concert et qui restitue au plus juste l’osmose entre les acteurs, le trio Gallagher/McAvoy/Campbell et le public.

Rory Gallagher fait preuve d’une flamboyance exceptionnelle sur cette scène européenne, comme peu d’artistes de blues blancs ont été en mesure de le faire. Ce type de prestation scénique extraordinaire réservée à la Confrérie des grands artistes, relève même du cours de blues-rock tant elle est complètement maîtrisée.

De la cadence pour se chauffer (Messin’ With The Kid et Laundromat), I Could I’ve Had Religion, Pistol Slapper Blues pour souffler et rebelote… le rythme s’emballe à nouveau, Going To My Hometown et son jeu de mandoline mémorable, In Your Town (une des meilleures versions live).

Jusqu’au boogie endiablé qu’est Bullfrog Blues, dont Canned Heat a également fait une reprise, Rory Gallagher met à mal toutes les cordes qui se présentent à lui. Gallagher ne triche pas, s’investit au-delà de l’imaginable. Il aime son public et le lui fait savoir.

Accompagné des seuls McAvoy (basse) et Campbell (batterie), dont ce sera la dernière apparition sous la bannière de l’irlandais, le trio Gallagher livre une prestation sous amphés absolument explosive et inoubliable. L’irlandais, son meneur de revue en chef, est alors le meilleur guitariste de l’année 1972 pour Melody Maker. In Europe contribue incontestablement à la haute estime que lui vouent fans et critique musicale. Absolument indispensable (RAZOR©).

 

1. Messin 'With the Kid.

2. Laundromat.

3. I Could I've Had Religion.

4. Slapper Pistol Blues.

5. Going to My Hometown.

6. In Your Town.

7. Bullfrog Blues.

 

Rory Gallagher:chant,guitare,mandolin,harmonica.

Gerry McAvoy:basse.

Wilgar Campbell:batterie.

LP Studio 3 - 1973

 

Rory gallagher blueprint

 

RORY GALLAGHER

BLUEPRINT – 1973  4/5

 

Publié le 18 février 1973.

Produit par Rory Gallagher.

Durée:43:23.

Label:Polydor (U.K.),Atco (U.S.).

Genre:blues,blues-rock.

 

Hors des sentiers battus.

 

Wilgar Campbell, sujet à un stress qui vire à la phobie dès lors qu’il s’agit de se déplacer en avion, laisse le poste de batteur à Rod De’Ath, tandis que, dans le même temps, Lou Martin, le regretté pianiste nord-irlandais (mort en 2012 d’un cancer), incorpore la formation aux claviers qui, de trio, passe à quatuor. Ce line-up restera cinq années ensemble.

Blueprint (en écoute intégrale ici) est la première occasion de passer dans le studio pour cette nouvelle mouture à 4. Après deux LP exceptionnels (l’éponyme et Deuce) et un live épique (In Europe), ce nouveau disque studio affiche de la variété.

Gallagher cherche, encore et toujours, à aller de l’avant, explore les genres, refusant coûte que coûte de se cloisonner. D’où le côté éclectique de Blueprint, publié début 1973 : d’abord du rock puissant et cinglant Walk On Hot Coals pour ouvrir, sur lequel Lou Adler n’attend pas pour démontrer qu’on a bien fait de l’engager (ce titre deviendra un incontournable sur scène), puis du blues acoustique (Banker’s Blues), de l’instrumental, et du bon, avec Unmilitary Two-Step, un If I Had A Reason décontracté et countrysé.

Gallagher s’éloigne des sentiers battus avec un mélodieux Daughter Of The Everglades et sur Hand’s Off, le saxo s’invite. Les points d’orgue de cet album d’une grande richesse sont le haletant et très collectif Race The Breeze de même que le téméraire Seventh Son Of A Seventh Son de plus de 8 minutes. Du grand Gallagher pour ce troisième album perso (RAZOR©).

 

1. Walk on Hot Coals.

2. Daughter of the Everglades.

3. Banker's Blues.

4. Hands Off.

5. Race the Breeze.

6. Seventh Son of a Seventh Son.

7. Unmilitary Two-Step.

8. If I Had a Reason.

 

Rory Gallagher:guitare,harmonica,mandoline,saxophone,chant.

Rod de'Ath:percussions,batterie.

Lou Martin:guitare,claviers.

Gerry McAvoy:basse.

LP Studio 4 - 1973

 

Rory gallagher tattoo

 

RORY GALLAGHER

TATTOO – 1973  4,5/5

 

Publié le 11 novembre 1973.

Produit par Rory Gallagher.

Durée:46:51.

Label:Polydor.

Genre:blues-rock,blues,jazz.

 

Un sacré numéro.

 

En 1973, lorsque Tattoo (en écoute intégrale ici) est publié, Rory Gallagher est déjà une pointure internationale du blues rock, il a déjà engrangé les lauriers, il affiche une discographie déjà impressionnante. Les autres Gallagher célèbres, Noël et Liam d’Oasis, anglais eux, étaient alors en culottes courtes pour le premier, et dans les langes pour le second.

De la tribu des Gallagher (aucun lien de parenté entre eux), l’histoire n’en retiendra qu’un, celui de Cork, né au Rock Hospital (ça ne s’invente pas) de Ballyshanon, l’homme à la chemise de bucheron à carreaux, portant jean’s usagé et stratocaster en bandoulière, discret, pas frimeur pour deux sous, plus souvent loin des projecteurs et du tapage, généreux, et pas avare d’efforts pour son public. Le seul Gallagher qui soit : Rory, mort à 47 ans, en 1995 et qui a laissé au rock un héritage discographique époustouflant, dont Tattoo est un des maillons forts.

Pensez qu’en dépit du rythme infernal sur lequel il enfile les dates, il trouve néanmoins les ressources nécessaires pour se consacrer à l’écriture de ce quatrième album studio. Respect Mr Gallagher…

Auteur prolifique et animé d’une grande confiance, engendrée par les retours favorables de la critique musicale, les réactions du public et les témoignages de fidélité de son cartel de fans, il assure ici 9 titres de sa composition considérés, pour certains d’entre eux, comme figurant parmi les meilleurs de sa riche carrière : Tattoo’d Lady, Craddle Rock, A Million Miles Away, Sleep On A Clothes-Line (quel riff monstrueux !), 20 :20 Vision, Who’s That Comin’.

Avec un Lou Martin bien intégré aux claviers, instrument qui passe mieux aussi auprès des supporters, et une rythmique de première force, Rory Gallagher, omniprésent, insatiable et en pleine forme, continue inlassablement, d’album en album, à faire montre de ses immenses aptitudes. Il n’est pas un de ses disques qui ne soit pas assorti du sceau de la qualité. L’aboutissement de celui-ci n’échappe pas à la règle : magique, bluffant et tout le tralala. Rory Gallagher nous fait un sacré numéro comme dirait Thierry Adam (RAZOR©)

 

1. Tattoo'd Lady.

2. Cradle Rock.

3. 20:20 Vision.

4. They Don't Make Them Like You Anymore.

5. Livin' Like a Trucker.

6. Sleep on a Clothes Line.

7. Who's That Coming.

8. A Million Miles Away.

9. Admit It.

 

Rory Gallagher:chant,guitare,harmonica.

Gerry McAvoy:basse.

Rod De'Ath:batterie.

Lou Martin:claviers.

LP Live 2 - 1974

 

Rory gallagher irish tour 74

 

RORY GALLAGHER

IRISH TOUR – 1974  5/5

 

Publié en juillet 1974.

Enregistré en janvier 74 (Belfast/Dublin/Cork).

Produit par Rory Gallagher.

Durée:79:30.

Label:Chrysalis.

Genre:blues-rock,british blues.

 

Mémorable.

 

Rory Gallagher possède une particularité que d’autres artistes peuvent lui envier, celle de présenter une production discographique extraordinaire en termes d’albums studio, pour la décennie 70. Jetez un coup d’œil sur les œuvres qui précèdent : tout est dit.

Par ailleurs, la richesse du catalogue de ce musicien exceptionnel, trop tôt disparu, intègre également des live de très haut niveau. Live ! In Europe (1972) est un premier jalon mémorable en matière d’enregistrements de concerts.

Arrive Irish Tour 74 (en écoute intégrale ici). Je pensais alors, à l’époque, et objectivement, qu’il était difficile, voire impossible, de faire mieux que le live réalisé en 1972 et ceux qui y ont souscrit ne me démentiront aucunement. Et bien si, c’est possible, mais alors, faudrait inventer le six étoiles…

En 1974, l’Irlande est déchirée et Irish Tour déboule dans les bacs, avec une pochette hideuse et simpliste, dans les tons gris qui fait penser, au premier abord, à un soupçonné piratage.

Gris dehors, bleu dedans. Avec du blues de chez Rory Gallagher qui est ici  sur ses terres, évolue à domicile devant ceux qui l’ont fait, avec ceux qu’il chérit, qu’il n’oubliera jamais, parce que c’est un mec d’une fidélité exemplaire, alors il donne encore plus qu’il ne concède habituellement.

Son énergie atteint un paroxysme inégalé devant les gens de Belfast l’ensanglantée, alors en plain chaos politique, de Cork la familière et de Dublin, la capitale. Il électrise ses fans et les scotche littéralement.

Entre reprises comme l’acoustique de Tony Joe White As The Crow Flies, I Wonder Who de Muddy Waters, Too Much Alcohol de J.B. Hutto) et compos persos (Craddle Rock, Tattoo’s Lady, A Million Miles Away, Who’s That Coming de Tattoo, Walk On Hot Coals de Blueprint, l’irlandais prend son pied et communique un plaisir incomparable et mémorable, intense, non seulement au parterre de fidèles réunis lors de ces concerts, mais aussi à l’acquéreur de cette pièce de musée. C’est tout ça, Irish Tour 74, et les britanniques peuvent remercier son troubadour irlandais d’opposer aux grands live ricains un tel argument. « And Now, Ladies And Gentlemen, Rory Gallagher….” (RAZOR©).

 

1. Cradle Rock.

2. I Wonder Who.

3. Tattoo'd Lady.

4. Too Much Alcohol.

5. As the Crow Flies.

6. A Million Miles Away.

7. Walk on Hot Coals.

8. Who's That Coming?.

9. Back on My Stompin' Ground (After Hours).

 

Rory Gallagher :chant,guitare,harmonica.

Gerry McAvoy:basse.

Lou Martin:claviers.

Rod de'Ath:batterie,percussions.

LP Studio 5 - 1975

 

Rory gallagher against the grain 387279

 

RORY GALLAGHER

AGAINST THE GRAIN – 1975  3,5/5

 

Publié en octobre 1975.

Produit par Rory Gallagher.

Durée:44:11.

Label:Chrysalis.

Genre:blues-rock.

 

Manque un titre porteur.

 

Jusqu’où Rory Gallagher est-il capable d’aller ? Against The Grain (en écoute intégrale ici) succède à quatre pièces maîtresses de sa discographie studio (Rory Gallagher, Deuce, Blueprint et Tattoo) et deux live hors normes (In Europe et Irish Tour, une tournée phénoménale).

Sur la pochette de ce cinquième LP, sa vieille et fidèle Fender Stratocaster, usée jusqu’à la corde. Tout un symbole… Excepté la maison de disques, le label indépendant Chrysalis qui remplace Polydor, rien ne change dans l’environnement humain de Rory Gallagher. C’est le même line-up, un groupe désormais affûté et d’une grande cohésion, qui se met à la planche pour attaquer les enregistrements de ce disque de 1975. Le cadre est le studio londonien Wessex.

Musicalement, la recette conquérante est reconduite : du blues, du rock, du blues-rock, parfois du folk. Marginal dans ce milieu du show-biz, Rory Gallagher reste fidèle à ses racines. Mais alors, c’est encore un coup gagnant ???? Et bien, oui, ça l’est, à la petite différence près qu’il manque un titre porteur pour en faire l’égal des disques précédents.

Against The Grain est certainement le disque le moins connu de Gallagher, étouffé par Irish Tour au succès incommensurable. Dur, dur, de se faire un nom coincé entre Irish Tour, un live mythique et le chef d’œuvre à venir, Calling Card. Cela n’empêche en rien ce LP d’être encore une fois très bon, du début à la fin.

Bought And Sold, rock survitaminé, le blues-rock All Around Man, Let In Me, rock endiablé, Out On The Western Plains, Cross Me Off Your List, I Take What I Want, s’ils ne sont pas des titres que l’Irlandais a gravés pour la postérité, ont une maturité impressionnante, un enthousiasme communicatif. Je pourrais tous les citer.

Non, désolé, il n’y a pas de pous à aller chercher dans la crinière du bucheron irlandais. Quand c’est excellent, on l’admet. Tous les ingrédients d’un excellent moment de plaisir sont regroupés sur ce disque : la matière, le son, l’interprétation, le style, la section rythmique, les solos, les ballades… Que voulez-vous objecter ?  Je ne suis en rien responsable  si Rory Gallagher est une des plus grandes figures que le blues-rock ait mis en travers de ma route (RAZOR©).

 

1. Let Me In.

2. Cross Me Off Your List.

3. Ain't Too Good.

4. Souped-Up Ford.

5. Bought and Sold.

6. I Take What I Want.

7. Lost at Sea.

8. All Around Man.

9. Out on the Western Plains.

10. At the Bottom.



Rory Gallagher:guitare,chant.

Gerry McAvoy:basse.

Lou Martin:claviers.

Rod de'Ath:batterie,percussions.

LP Studio 6 - 1976

 

Rory gallagher calling card

 

RORY GALLAGHER

CALLING CARD – 1976  5/5

 

Publié le 24 octobre 1976.

Produit par Roger Glover,Rory Gallagher.

Durée:45:14.

Label:Chrysalis.

Genre:blues-rock,folk,blues,hard rock.

 

Gallagher se métallise.

 

Chroniquer Gallagher, c’est faire des choix cornéliens dans une discographie dense, mais pas seulement en nombre d’albums réalisés, dense également en terme de qualité. Pas simple d’un privilégier un plus qu’un autre...

Toujours est-il, Calling Card (en écoute intégrale ici) est le huitième opus en solitaire de l’irlandais, expert es 6 cordes, et le deuxième pour Chrysalis Records. C’est à Munich qu’il est enregistré. En 1976. Le verdict tombe : prodigieux ! La critique l’encense, les fans s’en délectent.

Rory est alors dans une phase de progression, passe à la vitesse supérieure, abandonnant l’autoproduction coutumière pour jeter son dévolu sur un producteur qui sente bien le rock, et pour poser les jalons d’un rock qu’il privilégie désormais, au détriment de son chatoyant blues-rock.

Le son se durcit, sur l’intervention et les conseils de Roger Glover (Deep Purple, bassiste). Aidé des fidèles serviteurs et supers musiciens Gerry McAvoy à la basse, ainsi que des futurs partants le batteur Rod De ‘Ath et le claviériste Lou Martin qui reprennent leur liberté juste après cet enregistrement, Rory Gallagher sort un album essentiel dans sa carrière.

Il apporte des modifications au niveau du son en ajoutant des synthés, explore d’autres horizons musicaux. Sa strato se fait pleureuse d’entrée, dès le dépouillé Do You Read Me, puis devient support d’une voix méchamment blues.

Gallagher durcit son rock, le métallise même, conférant à sa musique une puissance qu’on ne soupçonnait pas et à laquelle peu étaient habitués. Ainsi Moonchild, Country Mile, Secret Agent, terriblement collants et rageurs.

Mais Gallagher est d’abord et avant tout de la race des bluesmen blancs, son répertoire n’échappe donc pas au blues qui le ramène dans des ambiances plus feutrées avec un excellent jazz-blues, Calling Card ou plus lancinantes (Jack-Knive Beat).

Des ballades s’invitent au programme, magnifiques comme You’re Gone, se glissant judicieusement dans cet univers de riffs, de notes lascives et de sonorités durcies. Très réussi également ce mélodieux et triste Edged In Blue qui précède une sortie de studio surprenante et fort sympathique, tout en acoustique, jazzy : Barley & Grape Rag. Non seulement, il faut l’acheter, ce Calling Card, mais il faut l’acheter ! (RAZOR©)

 

1. Do You Read Me.
2. Country Mile.
3. Moonchild.
4. Calling Card.
5. I'll Admit You're Gone.
6. Secret Agent.
7. Jack-Knife Beat.
8. Edged In Blue.
9. Barley & Grape Rag.


Rory Gallagher:guitare,harmonica,chant.

Rod De'Ath:percussions,batterie.

Lou Martin:claviers.

Gerry McAvoy:basse.

LP Studio 7 - 1978

 

Rory gallagher photo finish

 

RORY GALLAGHER

PHOTO-FINISH – 1978  3,5/5

 

Publié en octobre 1978.

Produit par Rory Gallagher,Alan O’Duffy.

Durée:44:14.

Label:Chrysalis.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Enthousiaste, nerveux et encore bon.

 

Deux ans après que le rock se soit vu offert sur un plateau, le « 6 étoiles » qu’est Calling Card, pour les besoins de Photo-Finish (en écoute intégrale ici), Rory Gallagher reconduit son durcissement sonore engagé sous le LP précédent, d’une part, mais surtout en réduisant d’une unité son line-up pour le ramener à un trio, tout en changeant de batteur.

Le bassiste Gerry McAvoy est reconduit dans la nouvelle section rythmique, Ted McKenna prend place derrière les fûts. Voilà pour l’humain.

Pour l’artistique, Photo-Finish (1978) traduit bien la métallisation ambiante et la montée en puissance sonore de l’irlandais. C’est solide et bien dans les normes Gallagher, avec du rock flamboyant et nerveux (The Last Of The Independents, Shadow Play, Brute Force & Ignorance), bourré d’enthousiasme et joué par des musiciens qui prennent leur rôle très à cœur.

Difficile de ne pas être en phase avec Cloak And Dagger, avec Mississippi Sheiks. Ce n’est pas le meilleur des Gallagher, mais je m’en contente largement (RAZOR©).

 

1. Shin Kicker.

2. Brute Force & Ignorance.

3. Cruise On Out.

4. Cloak & Dagger.

5. Overnight Bag.

6. Shadow Play.

7. The Mississippi Sheiks.

8. The Last of the Independents.

9. Fuel to the Fire.

 

Rory Gallagher:chant,guitare,harmonica.

Gerry McAvoy:basse.

Ted McKenna:batterie.

LP Studio 8 - 1979

 

Rory gallagher top priority

 

RORY GALLAGHER

TOP PRIORITY – 1979  3,5/5

 

Publié le 16 septembre 1979.

Produit par Rory Gallagher.

Durée:46:45.

Label:Buddah Records.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Rendez-nous Rory !

 

Top Priority (en écoute intégrale ici), huitième disque studio et quatrième sous l’ère Chrysalis, est publié en 1979, alors que la popularité de l’irlandais est dans une phase décroissante, sans qu’un quelconque relâchement artistique puisse lui être imputable.

Chrysalis continue à soutenir fermement l’artiste, s’engage verbalement à lui donner les moyens d’une relance et va au terme de l’engagement promis. Rory Gallagher, en guise de remerciement à son employeur, veut, pour cet album, un titre qui résume cette fidélité dans les promesses : il opte pour Top Priority, « priorité absolue » dans la langue de Molière.

Rory Gallagher apporte une réponse claire et précise : il n’a rien perdu de sa flamme, il est en forme, son nouveau projet est solide, bien lourd. L’affaire sent la sueur, c’est de l’excellent Rory Gallagher. Pouvait-on en douter ? Mais fut-il en forme, il ne convainc pas totalement et intéresse moins pris sous cet angle métal, même s’il redouble d’énergie à tenter de convaincre.

Le seul reproche qui puisse être apposé à ce disque, c’est son manque de diversité. De Follow Me à Public Enemy N°1, Rory lâche carrément les chevaux avec une belle autorité certes, mais dans un registre hard un peu trop ressemblant qui semble ne plus accrocher autant qu’avant. Ses délicieux intermèdes acoustiques ou ses blues bien léchés et un peu plus doux font défaut. Ces plages transitoires auraient au moins eu le mérite de casser le rythme d’un LP qui va trop vite pour moi.

L’album, en dépit d’une qualité qu’on ne peut pas ne pas lui reconnaître, ne permet pas de souffler. Les décibels, à la longue, au fil de l’écoute, farcit le cerveau du teen-ager que j’étais alors et du sexagénaire en devenir. Elles lui auraient assuré un meilleur équilibre. C’est là que le bat blesse surtout. D’autres s’en satisferont pour moi, j’en suis convaincu (RAZOR©).

 

1. Follow Me.

2. Philby.

3. Wayward Child.

4. Key Chain.

5. At the Depot.

6. Bad Penny.

7. Just Hit Town.

8. Off the Handle.

9. Public Enemy No. 1.

 

Rory Gallagher:chant,guitare,harmonica.

Gerry McAvoy:basse.

Ted McKenna:batterie.

DISCOGRAPHIE POSTHUME.

LP Posthume - 2011

 

Rory gallagher notes from san francisco

 

RORY GALLAGHER

NOTES FROM SAN FRANCISCO  - 2011  4/5

 

Publié le 11 mars 2011.

Produit par Elliot Mazer,Daniel Gallagher.

Durée:120:24.

Label:Eagle Rock.

Genre:blues-rock.

 

Heureuse initiative.

 

Seize ans après sa disparition, le frère cadet de Rory, Donal, manager, soutien, confident du vivant du frangin, dépositaire du patrimoine depuis, a la merveilleuse idée d'exhumer des rebuts de studio, des bandes datant de fin 1977, derrière lesquelles se profile le producteur de Janis Joplin, le discuté Elliot Mazer (qui a travaillé avec Neil Young aussi), et que Gallagher avait écartées, mécontent du mixage.

Le frangin et le fils de Rory Daniel qui a contribué à retravailler les bandes,  exaucent ainsi le rêve du défunt artiste d'enregistrer un album dans ce qu'il considère comme le temple du rock : San Francisco. Ce disque amorcé en 1977/78, au lendemain d'une tournée réussie, ne voit jamais le jour pour la bonne et simple raison que Mazer perturbe considérablement les plans de l'irlandais en raison de mauvais choix de matériel, de problèmes techniques, d’orientations et de visions discutables du producteur. Gallagher y met un terme et quitte, après quelques jours, la salle mythique du Winterland, préalablement réservée pour la circonstance.

Pour notre plus grand plaisir, la famille Gallagher récupère les chutes et nous livre aujourd'hui un album excellent, Notes From San Francisco (en écoute intégrale ici), moins roots toutefois que ce que le frérot voulait publier. Qu'à cela ne tienne, le blues est de première qualité, le rock de première force.

La première partie, studio, est plus familière ; on retrouve des titres de Photo Finish de 1978 et compte, parmi ses douze morceaux, quelques inédits comme B Girl, Cut A Dash et Out On The Tiles ; la seconde, live, est tirée de prestations scéniques au Old Waldorf de Frisco (décembre 1979).

Le groupe y apparaît alors sous forme du trio explosif que l’on connaît : Gallagher à la guitare, McAvoy à la basse et McKenna à la batterie. Là encore, douze titres parmi lesquels quelques mémorables comme Bullfrog Blues, Tattoo'd Lady.

Notes From San Francisco est une heureuse initiative qui nous permet de faire revivre ce sublime guitariste et incomparable chanteur de blues. Il n'apporte rien de nouveau que nous ne sachions déjà sur cet immense talent, mais complète parfaitement un catalogue déjà avantageusement pourvu. Retrouver Gallagher, même posthume, est toujours un événement et un très grand plaisir (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Rue the Day.

2. Persuasion.

3. B Girl.

4. Mississippi Sheiks.

5. Wheels within Wheels.

6. Overnight Bag.

7. Cruise On Out.

8. Brute Force & Ignorance.

9. Fuel to the Fire.

10. Wheels within Wheels Alt. Version.

11. Cut a Dash.

12. Out on the Tiles.

 

Disque 2.

1. Follow Me.

2. Shinkicker.

3. Off the Handle.

4. Bought and Sold.

5. I'm Leavin'.

6. Tattoo'd Lady.

7. Do You Read Me.

8. Country Mile.

9. Calling Card.

10. Shadow Play.

12. Bullfrog Blues.

13. Sea Cruise.

 

Rory Gallagher:guitare,chant,harmonica.

Gerry McAvoy:basse.

Rod de'At:batterie.

Lou Martin:claviers.

Ted McKenna:batterie.

Martin Fiero:saxophone.

Joe O'Donnell :violon.

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