Sam Apple Pie.

BIOGRAPHIE

 

SAM APPLE PIE/Walthamstow (Angleterre)

 

Sam apple pie 2

 

Actif de 1969 à fin des 70's.

Label:Decca,Repertoire,DJM.Jigsaw,Air Mail Archive.

Genre:blues-rock,boogie-rock.

 

Du blues-rock couillu.

Walthamstow est pointée au nord-est de Londres. Dans les années 60/70, la ville abrite une scène rock blues-rock aussi fournie qu'active. Les groupes foisonnent, les endroits de réjouissances aussi. Bars, clubs, centres culturels, salles de spectacles, il n'est alors pas un lieu ni un week-end qui ne soit pas pris d'assaut par les groupes régionaux.

Parmi ceux-ci, Sam Apple Pie, apparu à la fin des 60's, et rapidement populaire pour pratiquer un blues-rock plutôt pêchu et se défouler dans du Boogie à la Canned Heat ; sa notoriété s'étend au-delà des frontières anglaises, en Europe notamment, où il jouit d'une honnête réputation grâce à une participation au festival belge pop et free jazz d'Amougies 69.

Programmé le 28 octobre 1969, Sam Apple Pie connaît son heure de gloire pour s'y produire après East Of Eden, un des piliers du festival, au milieu d'un lot de groupes dont les noms sont restés des références du rock ou de la scène anglaise : Soft Machine, Captain Beefheart, Fat Mattress, formation par laquelle Noël Redding tente de rebondir après le Jimi Hendrix Expérience.

Sam apple pie 1Sam Apple Pie, des blues-rockeurs couillus.

Sam apple pie bickershaw afficheDans tous les bons festivals du moment.

Sam apple pie lpUne entrée en matière vinylique réussie.

Avec un Z comme Zappa.

Sam Apple Pie a même l'honneur de jammer avec un des maîtres de cérémonie, Frank Zappa, privilège que le guitariste des Mothers réserve alors à Caravan, Pink Floyd, Captain Beefheart, Archie Sepp et Blossom Toes. Yes, Gong, Ten Years After, les Nice de Keith Emerson sont également conviés à cet événement parrainé par Actuel et considéré, toutes proportions gardées, comme le pendant européen de Woodstock.

Sam Apple Pie se retrouve également au programme du festival de Bickershaw 1972, organisé à Wigan, dans la région de Manchester. Son nom apparaît sur l'affiche de l'événement à côté de Grateful Dead, du J.Geils Band, de New Riders Of The Purple Sage, Dr John, Hawkind, des Kinks, Country Joe McDonald, Donovan, Wishbone Ash, de Pacific Gas And Electric et d'Incredible String Band. On peut imaginer pires fréquentations. Pour la vitalité qui caractérise sa musique, Sam Apple Pie est, à cette époque, un groupe que l'on invite sans se poser de questions.

Sur les terres de Peter Green.

Le public londonien se prend de sympathie pour cette formation un peu décalée ayant pris ses quartiers au Bottleneck Blues Club, la boite de nuit de la Railway Tavern à Stratford, situé à un gros quart d'heure de Walthamstow. Le Bottleneck Blues est le lieu de rendez-vous incontournable de la jeunesse locale, un véritable centre névralgique du blues même, depuis que des belles pointures du genre y ont fourbi leurs premières armes, à l'instar du Fleetwood Mac de Peter Green, dont Sam Apple Pie peut se revendiquer.

Sam Apple Pie est un peu la vedette dans le coin, depuis que Sam Sampson, dit Catfish, chanteur et harmoniciste a réuni autour de lui des bons soldats du crû, dont certains, comme le batteur Dave Charles et le claviériste Malcolm Morley, puis, plus tard Gary Fletcher, feront de belles carrières. Pointent également les guitaristes Mike « Thinkerbell » Smith et Steve Jolly, le slider Andy « Snakehips » Johnson et le bassiste Bob « Dog » Renny.

Outre sa chance d'avoir pu croiser le fer avec Zappa, d'avoir côtoyé le Dead et fait un peu de passage radio (BBC), Sam Apple Pie a la bonne fortune de pouvoir être signé par un label, Decca en l'occurence, et d'enregistrer un premier disque.

Solide entrée en matière.

Dans la masse du british blues boom ambiant qui a vu de nombreuses formations du même genre être refoulées au portillon, le groupe de Sampson a cet autre avantage et ne se prive pas de le convertir en un solide dossier, même si celui-ci n'a pas l'étincelle qui sied aux grands du genre et du moment.

Le potentiel est là, c'est indéniable, et au regard de ce que révèle l'énergique album éponyme de 1969, nul doute que, sur scène, Sam Apple Pie devait bien dépoter. Son vinyle réunit des chansons qu'ils se sont donné la peine d'écrire, ce qui ne gâche rien. L'intention est louable quand d'autres parmi leurs contemporains se satisfont de reprendre le répertoire d'autrui. Mais bon, rien de génial non plus, ça s'écoute, mais ça peine à accrocher.

Sam apple pie morley

« L'histoire de Zappa avec Sam Apple Pie tient au fait que le groupe a jammé avec Frank au Festival Amougies en Belgique fin 1969. Des bootlegs, notamment une prétendue vidéo, existent sur cette anecdote ; mais nous n'avions pas l'exclusivité de ce privilège puisqu'aussi bien Caravan, Blossom Toes, Aynsley Dunbar Retaliation et Pink Floyd l'ont fait. » (Malcolm Morley)

Si on ne boxe pas dans la catégorie des cadors, force est de reconnaître que le Sam en question à le Mac dans la peau et qu'il tient son rang dans ce que l'on peut considérer comme la catégorie des seconds couteaux, celle concentrant la grande majorité de la scène blues-rock du moment.

Avec des Hawk...

Avec une dose d'originalité supplémentaire ou d'autres Hawk (leur titre-référence ouvrant l'album), on aurait pu le voir tutoyer des formations comme Savoy Brown ou Chicken Shack.

Dave Charles et Malcolm Morley quittent Sam Apple Pie après cet album pour monter Help Yourself tandis que Steve Jolly rejoint Freedom, fondée par les bannis de Procol Harum Ray Royer et Bobby Harrison.

Une seconde mouture prend alors le relais autour de Sam Sampson, d'Andy Johnson et de Bob Renny : elle intègre Denny « Pancho » Barnes (guitare) et Lee Baxter Hayes (batterie), mais elle n'est pas un modèle de stabilité puisqu'après le second LP du groupe, Barnes et Hayes n'y sont déjà plus. Mark Demajo entre alors à la basse et Martin Bell prend la batterie.

Sauvé de l'oubli par Repertoire.

East 17 (1973) est le deuxième album de Sam Apple Pie. Inconsistant, il passe complètement à travers les mailles du filet ; il amène Sam Apple Pie à se dissoudre, le temps de faire le point pour les membres encore mobilisés.

Vincent Crane, en 1974, leur propose ponctuellement de faire office de backing Band dans sa tentative de sauvetage de ce qu'il reste d'Atomic Rooster. Sam Apple Pie renaît de ses cendres en 1976 sous l'identité des Vipers mais le retour est furtif et le groupe disparaît dans la discrétion. Depuis, Andy Johnson et Mike Smith ne sont plus de ce monde et Sam Apple Pie ne doit qu'à la réédition de son album éponyme par Repertoire (2003) de faire parler de lui. Sans quoi...(RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Sam apple pie lp

 

SAM APPLE PIE

SAM APPLE PIE – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Ian Sippen,Peter Shertser.

Durée:48:38.

Label:Decca.

Genre:blues électrique,blues-rock.

 

Le Mac dans la peau.

 

Du 24 au 28 Octobre 69, le festival d’Amougies est la réponse européenne à Woodstock. Initialement programmé sur les pelouses de Saint-Cloud, puis déplacé à la frontière belgo-française pour des raisons de sécurité dans l’après Mai 68 hexagonal, ce rassemblement organisé par le journal Actuel accueille le gratin des groupes du moment : Pink Floyd, les Nice, Yes, Ten Years After, Colosseum, East Of Eden, Captain Beefheart, les Pretty Things, Cruciferus, Archie Sepp… et côté français, Martin Circus ou encore l’Alan Jack Civilization.

Les prairies givrées de cette petite localité rurale près de Tournai voient débouler sans prévenir (ou tardivement), au pied du Mont-de-l’Enclus, une flopée de hippies, de fanatiques de musique, de jeunes drogués aux cheveux longs et aux nippes négligées et sales que les élus d’une droite ringarde refusent de voir dans les murs de la capitale et interdisent sur le sol gaulois.

Frank Zappa (en annexe The Amougies Tapes) est un peu le maître de céans de ces réjouissances. Dans les brumes de cette fin d’automne musicale, Moustache tape le bœuf avec qui le lui demande. Un groupe alors peu connu dans le concert british blues de la fin des sixties, Sam Apple Pie, a alors le privilège de croiser la guitare avec Frankie, sous le chapiteau de 6000 m2 (12.000 personnes) et devant un parterre clairsemé.

Sam Apple Pie n’est pas une grosse pointure mais tient son rang dans le concert du british blues. Il connaît son heure de gloire en jouant Moonlight Man avec l’illustre musicien et dénicheur de talent avéré.

La première fête pop-rock organisée sur deux jours à Pilton (Angleterre), le Glastonbury Festival de 1970, planifiée le lendemain de la mort de Jimi Hendrix, et encore peu fréquentée par les groupes en vogue (Marc Bolan, Al Stewart, Quintessence, Amazing Blondel et Ian Anderson figurent parmi les plus connus) recense également la participation de cette formation née dans le nord-est londonien (Walthamstow), finalement plus connue des festivaliers que des amateurs de disques studio.

Avec pour line-up, Sam Tomcat Sampson, chanteur-harmoniste et le slider Andy Snakehip  Johnson, tandem de l’écriture, avec les guitaristes Mike Tinkerbell  Smith et Steve Jolly, le bassiste Bob Dog Rennie, le batteur Dave Charles et le claviériste Malcolm Morley, Sam Apple Pie réalise un premier LP (East 17 de 1973 est leur second et dernier) pour l’étiquette Decca Records en 1969.

Bien dans la tradition du blues-rock cher à nos amis anglais en cette fin d’années 60, cet album éponyme ne bouleverse en rien l’ordre établi d’un genre comptant pléthore de monstres sacrés, faute à une énergie que l’on ne retrouve pas en studio, et qui est le moteur de ses apparitions en public, faute aussi à des compositions inégales, certaines étant un peu légères et moins captivantes.

Il dispose malgré tout de fort jolies munitions et fait montre de belles compétences, d’un potentiel manifeste. Il suffit d’en référer à Stranger, à Hawk, à Swan Song, à Moonlight Man, à Uncle Sam’s Blues, à Somtime Girl, à Annabelle ou à Winter Of My Love.

Il y a du Fleetwood Mac de la première heure dans ce groupe, la brillance et la technicité d’un Peter Green en moins. Mais bon, ne soyons pas plus royalistes que le roi, l’ensemble accroche, séduit, promet, procure du plaisir et c’est tout ce qui compte. Le reste, on s’en tape (RAZOR©).

 

1. Hawk.
2. Winter of My Love.
3. Stranger.
4. Swan Song.
5. Tiger Man (King of the Jungle).
6. Something Nation.
7. Sometime Girl.
8. Uncle Sam's Blues.
9. Annabelle.
10. Moonlight Man.
 

Sam "Tomcat" Sampson:chant,harmonica.

Mike "Tinkerbell" Smith:guitare.

Steve Jolly:guitare.

Bob "Dog" Rennie:basse.

Malcolm Morley:claviers.

Dave Charles:batterie.

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