Savoy Brown.

BIOGRAPHIE.

 

SAVOY BROWN/Battersea (U.K)

 

Savoy brown step further

 

Actif depuis 1965.

Label:Decca,London Records.

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock,boogie-rock.

Site Web:savoybrown.com

 

Du blues, encore du blues, toujours du blues.

Goin’ To The Delta, dernier LP en date (2014) est la preuve tangible que Savoy Brown, et plus particulièrement son meneur le gallois Kim Simmonds, est toujours en activité et que sa raison d’être, près de 50 ans après ses débuts du côté de Battersea, dans le sud-ouest londonien, n’a pas dévié d’un iota : du blues, encore du blues, toujours du blues. Mais en mode Chicago Blues Band de préférence.

Les férus de blues de chez Elizabeth The Queen, voire de bon blues en général, auront tôt fait de tendre l’oreille à l’évocation d’un nom qui fut une des valeurs sûres du british blues boom, même si c’est chez l’oncle Sam qu’il y a construit son succès.

De Shake Down à Goin’ To The Delta.

Goin’ To The Delta est répertorié comme étant son trente-cinquième album, mais l’essentiel de sa discographie, un gros tiers de sa production, est concentré sur la deuxième partie des années 60 (5) et sur les années 70 (9). Shake Down (Decca), en 1967, ouvre ce catalogue qui mérite, et respect, et intérêt. Fans et critiques sont unanimes à le reconnaitre.

Groupe anglais au nom inspiré, dans sa première partie, par le label de jazz américain Savoy Records d’Herman Lubinsky, label des John Coltrane, Miles Davis, Stan Getz, Charlie Parker, et, dans sa seconde, qui réfère à un patronyme célèbre dans le microcosme du Rhythm & Blues, celui de Brown, Savoy Brown est né en 1965 d’une rencontre fortuite chez un disquaire de Soho entre Kim Simmonds, guitariste, et John O’Leary, harmoniciste.

Gros consommateur de line-up.

Savoy Brown a été gros consommateur de musiciens au cours de sa carrière, au point qu’aucun line-up ne ressemble à un autre depuis Shake Down. Celui d’origine comprend, outre Simmonds et O’Leary, le chanteur Bryce Portius, le claviériste Trevor Jeavons, le bassiste Ray Chappell et le batteur Leo Manning, mais celui qui apparaît pour le disque ouvrant le catalogue est aussitôt remanié avec Jeavons, remplacé par Bob Hall, O’Leary qui se retire et Martin Stone qui arrive. Ces remaniements intempestifs ont vraisemblablement empêché Savoy Brown d’accéder à un rang supérieur dans le rock, même s’il est considéré comme un des très bons bastions du blues britannique et notamment de sa filière blues-rock.

De ce groupe aux turn-over impressionnants, l’essentiel de la discographie réside dans la phase qui précède Jack The Toad (1973). Après ça se liquéfie un peu, au point que les années 80 et 90 sont très moyennes, Savoy Brown retrouvant quelques couleurs, à l’approche du nouveau millénaire, grâce à The Blues Keep Me Holding On (1999). Goin’ To The Delta, le dernier LP en date qui rappelle le Savoy Band des débuts, quand il se voulait le pendant anglais des groupes ricains de Chicago Blues, remet l’église au milieu du village. Il était temps pour ce combo qui ne doit pas être loin de compter parmi les derniers survivants actuels des 60’s.

Précurseur du blues-rock british.

Faire l’historique de cette formation relève du parcours du combattant. Le recensement des troupes y ayant évolué s’avère presque impossible au regard des bouleversements permanents qui l’ont animés. Seul Kim Simmonds, un peu despotique dans sa manière de procéder et de conduire son affaire, peut se targuer d’avoir été fidèle au poste de A à Z. C’est lui qui donnait le tempo, qui faisait et défaisait Savoy Brown au gré de ses démarches artistiques et de ses envies du moment. Ceci explique cela.

Précurseur du blues-rock british, Savoy Brown n’en représente pas moins une institution pour ceux qui ont eu le bonheur de suivre leur parcours des 70’s. Dans le métier, il est tenu en haute estime par des groupes comme led Zeppelin, pour lesquels il a, en quelque sorte, défriché le terrain. Dans les premières années qui suivent son premier LP, Savoy Brown est alors, il faut le savoir, un des groupes les plus appréciés outre-Atlantique. Paradoxal alors que ce premier album, Shake Down ne paraît pas aux States.

Blue Matter et Looking In en pointe.

Dans ce méli-mélo humain, le line-up le plus représentatif de Savoy Brown réunit autour de Simmonds, Roger Earl (batterie), Tony Stevens (basse), Dave Peverett (chant et guitare) et Chris Youlden (chant). On le retrouve sur Blue Matter de 1969, meilleur disque du catalogue de Savoy Brown avec Looking In, sorti l’année suivante. Raw Sienna (1969), Hellbound Train (1972) et Jack The Toad (1973) sont les autres classiques d’un groupe qui passe en trio à la fin des années 70 (Savage Return/1978).

Quoi qu’il en soit, les différentes moutures mises sur pied par Kim Simmonds, guitariste hors norme, soit-dit-en-passant, ont à leur palmarès plus d’une trentaine d’albums et les membres qui ont pris part à cette monumentale aventure ont brillé aussi sous d’autres cieux comme Fleetwood Mac, Robert Cray Band, Black Sabbath, Humble Pie, Chichen Shack, Ten Years After ou Foghat. Le bilan parle de lui-même (RAZOR©)

Simmonds

« J’ai formé le groupe avec un irlandais, John O’Leary et moi je suis gallois. Nous avons opté pour un nom fictif car il nous paraissait présomptueux, à l’un comme à l’autre, de nommer notre formation Kim Simmonds Blues Band ou John O’Leary Blues Band. Notre choix s’est porté sur Savoy, un vieux label de jazz et de R & B  et Brown, pour le nom qu’il représente dans le métier au travers de James Brown, Charles Brown et Napie Brown. C’est aussi simple que ça. » (Kim Simmonds)

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S

LP Studio 1 - 1967

 

Savoy brown shake down

 

SAVOY BROWN

SHAKE DOWN – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Mike Vernon.

Durée:39:53.

Label:Decca.

Genre:blues-rock,rock psychédélique.

 

Nul n’est prophète en son pays.

 

La critique a utilisé tous les noms ronflants pour qualifier ce groupe anglais, un des premiers en matière de blues-rock et créé en 1965 dans l’ouest londonien par Kim Simmonds, son guitariste à tendance despotique.

Toutefois, nul n’est prophète en son pays, dit l’adage. Savoy Brown, depuis la deuxième moitié des années 60, qui a connu un succès phénoménal aux Etats-Unis, a toujours (en tout cas, longtemps) été en retrait en Grande-Bretagne.

Albums et tournées se succèdent frénétiquement au pays de l’Oncle Sam pendant que, dans le même temps, l’Angleterre continue à faire la sourde oreille à ce groupe. La faute à Kim Simmonds, son leader, dont la personnalité a toujours écrasé le groupe, au point que le turn-over a peut-être été le plus prolifique de l’histoire du rock ? Allez savoir !

Toujours est-il que pour l’album qui nous concerne, Shake Down (en écoute intégrale ici) de 1967, la formation du moment (elégèrement différente de celle d’origine) comprend, outre le patron Kim Simmonds, Bryce Portius au chant, Bob Hall aux claviers, Martin Stone à la guitare, Ray Chappell à la basse et Leo Manning à la batterie.

Essentiellement constitué de standards du blues, notamment empruntés à Willie Dixon, B.B. King et John Lee Hooker, Howlin’ Wolf (l’album ne compte qu’un original instrumental signé Martin  Stone, The Doormouse Rides The Rails), cet album, paru en septembre 1967, ne sort pas aux States. Allez y comprendre quelque chose…

A retenir surtout : It’s My Own Fault, Shake’ em On Down, Black Night, Ain’t Superstitious, Little Girl, les gros atouts de ce premier disque qui en appellera d’autres ô combien explosifs et mémorables et qui traceront une voie dans laquelle le Led Zep s’est engouffré avec succès.

Même si son succès fut relativement modeste à sa sortie, vraisemblablement pour des raisons promotionnelles (mais en aucun cas dû à la qualité du travail), l’album autorise une écoute des plus agréables. Un bien beau premier disque, ma foi ! (RAZOR©)

 

1. Ain't Superstitious.

2. Let Me Love You Baby.

3. Black Night.

4. High Rise.

5. Rock Me Baby.

6. I Smell Trouble.

7. Pretty Woman.

8. Little Girl.

9. The Doormouse Rides the Rails.

10. It's My Own Fault.

11. Shake 'em on Down.

 

Kim Simmonds:guitare.

Bryce Portius:chant.

Bob Hall:claviers.

Martin Stone:guitare.

Ray Chappell:basse.

Leo Manning:batterie.

LP Studio 2 - 1968

 

Savoy brown getting to the point

 

SAVOY BROWN

GETTING TO THE POINT – 1968  3,5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Mike Vernon.

Durée:51:01.

Label:Decca.

Genre:blues-rock,rock psychédélique.

 

En v’là du blues, en v’là.

 

Getting To The Point (en écoute intégrale ici), sorti en juillet 1968, est le deuxième LP de Savoy Brown : il permet à Chris Youlden de succéder à Bryce Portius au chant. Autres changements, Ray Chappell abandonne la basse au profit de Rivers Jobe, un peu plus de 15 ans ; Dave Peverett (qui fondera Foghat par après) relaie Martin Stone à la guitare rythmique et Roger Earl s’installe derrière les fûts en lieu et place de Leo Manning. Bob Hall est toujours aux claviers, le tout sous la direction du grand manitou Kim Simmonds.

Dès la première écoute, et c’est surprenant compte tenu des mouvements de personnel, on a la sensation d’un line-up qui se connaît sur le bout des ongles et qui donne l’impression d’avoir passé sa vie musicale ensemble. Il faut dire que ces musiciens sont tous de grands artistes, techniquement s’entend.

Produit par Mike Vernon, qui a eu à s’occuper également du grand Fleetwood Mac, du célèbre Ten Years After et du non moins géant John Mayall (belle carte de visite, en effet), cet album révèle quelques titres sublimes comme The Incredible Gnome Meets Jaxman (signé Simmonds), le magnifique blues Flood In Houston, Someday People, Stay With Me Baby ou encore le titre repris de Willie Dixon, You Need Love, Mr Downchild. On peut se rendre compte, au travers de ce Getting To The Point combien la période Simmonds/Youlden fut (et de loin) la meilleure de la formation londonienne. On peut même y voir l’apogée du groupe, même si certains temps forts ont suivi cet album de 1968. C’est du blues solide, costaud, avec un Youlden façon B.B. King, un Simmonds déjà un sacré caïd de la gratte. Excellent, mais c’est pas fini ! (RAZOR©)

 

1. Stay with Me Baby.

2. Honey Bee.

3. Flood in Houston.

4. The Incredible Gnome Meets Jaxman.

5. Give Me a Penny.

6. Mr. Downchild.

7. Getting to the Point.

8. Big City Lights.

9. You Need Love.

10. Walking by Myself.

11. Taste and Try, Before You Buy.

12. Someday People.

 

Chris Youlden:chant.

Bob Hall:piano.

Kim Simmonds:lead guitare.

Dave Peverett:guitare rythmique.

Rivers Jobe :basse.

Roger Earl:batterie.

LP Studio 3 - 1969

 

Savoy brown blue matter

 

SAVOY BROWN

BLUE MATTER – 1969  5/5

 

Publié en mars 1969.

Produit par Mike Vernon.

Durée:49:27.

Label:Decca.

Genre:blues,blues-rock.

 

Travail de pro.

 

Le blues électrique à son meilleur : tel est le constat qui ressort de l’écoute de Blue Matter (en écoute intégrale ici), LP studio N° 3 de Savoy Brown, publié en mars 1969, pour lequel, pour la troisième fois de rang, Mike Vernon fait office de producteur et le line-up bouleversé.  

En effet, si le disque s’appuie pour l’essentiel sur le line-up de l’album précédent, Getting To The Point, et considéré à raison comme étant la meilleure mouture que le groupe ait engendré : Youlden, Simmonds, Peverett, Earl et Stevens.

Blue Matter est certainement et jusqu’alors le meilleur des trois disques produits par Savoy Brown. Consacré à des inédits de studio (Train To Nowhere notamment) dans sa première partie et de live enregistrés à Leicester en décembre 1968 (au City Of Leicester College Of Education, très exactement), dans un second temps, Blue Matter reprend également deux titres de John Lee Hooker (Don’t Turn Me From Your Door), un bon boogie de derrière les fagots et de Muddy Waters (Louisiana Blues).

A ne pas louper aussi, le sublime Vicksburg Blues. Très bel album que je vous conseille d’avoir. Blue Matter est un argument de choix  pour impressionner les potes qui cherchent à vous opposer de l’ersatz de blues. Ici c’est du blues de pro. Généralement méconnu ou sous-estimé, Blue Matter mérite bien mieux que ça. On met la main dessus (RAZOR©).

 

1. Train to Nowhere.

2. Tolling Bells.

3. She's Got a Ring in His Nose and a Ring on Her Hand.

4. Vicksburg Blues.

5. Don't Turn Me From Your Door.

6. May Be Wrong.

7. Louisiana Blues.

8. It Hurts Me Too.

 

Kim Simmonds:guitare.

Dave Peverett:guitare rythmique.

Chris Youlden:chant.

Roger Earl:batterie.

Tony Stevens:basse.

LP Studio 4 - 1969

 

Savoy brown a step further

 

SAVOY BROWN

A STEP FURTHER – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Mike Vernon.

Durée:38:25.

Label:Decca.

Genre:blues-rock,boogie,rock psychédélique.

 

Attention aux moumoutes, ça décoiffe!

 

A l’époque de sa sortie en LP, alias en vinyle, en 1969, A Step Further (en écoute intégrale ici), qui, dixit la légende, devait s’appeler Asylum, propose une face A comprenant 5 titres studio et une face B, enregistrée en live à Cooks Ferry Inn Edmonton en mai 1969, et occupée par un seul et unique morceau de plus de 22 minutes, Savoy Brown’s Boogie.

Ce disque est alors leur quatrième après Shake Down (1967), Getting To The Point (1968) et, la même année à la référence érotique, Blue Matter, qui a connu un bon succès.

Le groupe est au faîte de sa créativité et de sa popularité américaine, étant toujours boudé en Grande-Bretagne. Sur un plan musical, le mariage de la voix de Chris Youlden avec le jeu de guitare de Kim Simmonds, fait merveille ; le boogie et le blues rock sont à l’honneur.

Si les 5 titres studio sont solides et efficaces, c’est bien entendu la sixième piste, le morceau sans fin, Savoy’s Brown Boogie, qui retient toute l’attention (Little Queenie, Purple Haze…). C’est un régal, un territoire de prouesses vocales et à ce titre, Youlden, à la voix exceptionnelle, ne donne pas sa part aux chiens. C’est aussi un endroit de performances instrumentales  avec notamment un Simmonds qui fait flamber sa guitare.

Cette paire extraordinaire contribue à donner à ce disque toute sa saveur et son caractère indispensable. Il faut avoir ce Step Further, non seulement pour son final live en apothéose, mais aussi pour Made Up My Mind une entrée en matière boogie qui vous donne des fourmis dans les pieds, pour son instrumental Waiting In The Bamboo Grove, pour le sublime I’m Tired (paru en single et faisant 74 dans les charts US), pour Where Am I.

Ce disque en a surpris plus d’un par sa lourdeur, chose à laquelle le groupe ne nous avait pas encore habituée. 71 aux States, cet album a permis à Savoy Brown de se poser comme l’égal des Cream dans l’esprit des gens (à mon avis, c’est un peu prétentieux, en dépit du talent indéniable). A Detroit, notamment, ces mecs étaient des Dieux. Amateur de blues, de boogie. C’est du sur-mesure pour vous (RAZOR©).

 

1. Made Up My Mind.

2. Waiting in the Bamboo Grove.

3. Life's One Act Play.

4. I'm Tired.

5. Where Am I.

6. Savoy Brown's Boogie (I Feel So Good/Whole Lotta Shakin' Goin On /Little Queenie/Purple Haze/Hernando's Hideaway).

 

Chris Youlden:chant.

Kim Simmonds:guitare.

Bob Hall:piano.

Lonesome Dave Peverett:guitare.

Roger Earl:batterie.

Tony Stevens:basse.

LP Studio 5 - 1970

 

Savoy brown raw sienna

 

SAVOY BROWN

RAW SIENNA – 1970 5/5

 

Publié en mars 1970

Produit par Chris Youlden,Kim Simmonds.

Durée:36:53.

Label:Decca.

Genre:blues,blues-rock,hard rock,boogie rock.

 

Le blues entre de bonnes mains.

 

Excellent ! C’est le moins que l’on puisse dire de cet album de 1970, Raw Sienna (en écoute intégrale ici), cinquième de Savoy Brown, groupe britannique idolâtré chez les Yankees, mais qui persiste à être ignoré Outre-Manche. Excellent et original.

Album varié et chaud, j’aime ce disque qui classe cette formation, et plus particulièrement ce line-up (Youlden, Simmonds, Peverett, Earle, Stevens et Hall), parmi les très grands groupes de blues-rock et plus spécialement du British Blues.

Plus jazzy, plus complexe, sans dévier de son blues initial, c’est l’album expérimental par excellence. C’est moins lourd et rugueux que l’album auquel il succède (A Step Further).

Les éléments susceptibles de générer du plaisir sont l’introductif A Hard Way To Go, Master Hare, Needle And Spoon, chanson contre la drogue, Stay While The Night Is Young, I’m Crying... Savoy Brown n’a jamais sorti un album d’une telle qualité musicale et sonore et produit aussi magnifiquement.

Il est simplement regrettable que, malgré le soutien de la critique de l’époque, ce disque extraordinaire n’ait pas connu son heure de gloire, se contentant d’un peu glorieux rang 121 dans les charts US (autrement dit sur ses terres), ce qui, vous en conviendrez après son écoute, est une injustice innommable.

Dernier album avec son chanteur inimitable, Chris Youlden, Raw Sienna doit prendre place dans le panier du fan d’un blues vraiment entre de bonnes mains avec ces mecs là (RAZOR©).

 

1. A Hard Way to Go.

2. That Same Feelin'.

3. Master Hare.

4. Needle and Spoon.

5. A Little More Wine.

6. I'm Crying.

7. Stay While the Night Is Young.

8. Is That So.

9. When I Was a Young Boy.

 

Chris Youlden:chant.
Kim Simmonds:lead guitare.
Lonesome Dave Peverett:guitare.
Roger Earle:batterie.
Tone Stevens:basse.
Bob Hall:claviers.

LP Studio 6 - 1970

 

Savoy brown looking in

 

SAVOY BROWN

LOOKING IN – 1970  5/5

 

Publié en octobre 1970.

Produit par Kim Simmonds.

Durée:39:06.

Label:Decca.

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard blues.

 

Au sommet de leur gloire.

 

Après un album aussi surprenant, varié et réussi comme peut l’être Raw Sienna, publié l’année précédente, après le départ de son chanteur charismatique Chris Youlden, l’une des voix les plus distinctives du british blues, dont on connaît l’importance majeure, comment peut réagir Savoy Brown, au sommet de son art et surtout, que peut-il nous proposer de décent que nous puissions nous mettre sous la dent ?

Ce qu’il sait faire de mieux : du blues-rock. Pas d’affolement. Dave Peverett reprend le chant à son compte et avec bonheur, je vous le dis tout-de-go. S’il ne parvient pas à faire oublier Youlden, il s’en sort largement avec les honneurs, permettant ainsi de maintenir Savoy Brown à un haut degré.

A ce titre, Looking In (en écoute intégrale ici) de 1970, d’abord facile, peut être considéré comme un des trois meilleurs albums de Savoy Brown. Kim Simmonds est égal à lui-même et son jeu de guitare est toujours aussi époustouflant, soutenu par une très belle section rythmique.

L’écriture de Looking In, par ailleurs appuyé par une production super, est inspirée. Il n’y a rien à jeter dans ce sixième disque qui laisse les cuivres au vestiaire ! C’est, une fois de plus, excellent et l’interaction entre les désormais 4 membres est une merveille.

Tout se fait dans la facilité, la simplicité. C’est pétillant, avec des écoulements de gratte d’une grande finesse, précis et infiniment doux. Kim Simmonds maîtrise la guitare à la perfection, Peverett  s’est vite fondu dans le moule tandis que les autres sont là et bien là, à savoir Stevens et Earl, une belle rythmique au demeurant.

Ce Looking In, après Raw Sienna, c’était leur moment de gloire. Il suffit, pour s’en convaincre, de passer par les cases Money Can’t Save Your Soul, Sunday Night, Take It Easy. Inoubliable. Entre puissance et sérénité, chaque note de Looking In est inoubliable (RAZOR©).

 

1.Gypsy.

2. Poor Girl.

3. Money Can't Save Your Soul.

4. Sunday Night.

5. Looking In.

6. Take It Easy.

7. Sitting An' Thinking.

8. Leavin' Again.

9. Romanoff.

 

Kim Simmonds:guitare,piano.
Lonesome Dave Peverett:chant,guitare.
Roger Earl:batterie.
Tony Stevens:basse.

LP Studio 7 - 1971

 

Savoy brown street corner talking

 

SAVOY BROWN

STREET CORNER TALKING – 1971  4/5

 

Publié en septembre 1971.

Produit par Neil Slaven.

Durée:46:13.

Label:Parrot Records.

Genre:blues-rock.

 

Savoy Brown gagne encore.

 

Les tournées battent leur plein et rien ne laisse augurer un tel scénario. Alors que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, le groupe explose. S’il n’en reste qu’un, ce doit forcément être lui : Kim Simmonds, membre d’origine du Savoy Brown, restera Savoy Brown quoi qu’il advienne. Les autres ? Peverett ? Earl ? Stevens ? Ceux du line-up de rêve… C’est d’un commun accord qu’ils quittent Simmonds pour se lancer dans le projet Foghat.

Dans le même temps, Simmonds n’est pas opposé à une refonte de son groupe pour élargir sa vision musicale. A ce septième album s’associe donc un nouveau line-up. Paul Raymond (une très bon multi-instrumentiste) remplace Peverett à la guitare mais manie avec talent les claviers à l’occasion.

La basse est désormais entre les pattes de Andy Silvester, suppléant de Stevens, tandis que derrière la batterie, délaissée par Earl, prend place Dave Bidwell, alors que Ron Berg fut préalablement candidat à cette succession. Tiens, tiens, tous sont des ex-Chicken Shack. Sans oublier Dave Walker, ancien d’Idle Race, bassiste et recruté pour chanter.

C’est avec ce line-up inédit que Street Corner Talking, sorti en 1971, atteint sa meilleure place dans les charts US et que les américains vont lui réserver un accueil triomphal en tournée. Pour marquer le changement, le retour aux bonnes vieilles méthodes gagnantes est requis. Street Corner Talking s’inscrit donc dans un registre purement blues et rock.

Le rock Tell Mama, Let It Rock, All I Can Do Is Cry (base de concerts pendant longtemps), Street Corner Talking ou encore I Can’t Get Next To You, piqué aux Temptations, et le blues Wand Dang Doodle (de Willie Dixon) en sont les prestigieuses signatures.

Très cohérent, bien pensé, complet, accessible à tout profane, plein de gaieté, ce disque blues-rock est un subtil mélange de guitare plaintive et de rock lourd qui s’inscrit au rang 75 des charts US. Comme quoi les changements ne personnels n’ont pas affecté la qualité du travail.

Au milieu des costauds du moment Humble Pie, Led Zep, Wishbone Ash, Jeff Beck Group ou autres Ten Yeras After, Savoy Brown joue des coudes et peut se prendre à rêver d’une renaissance. Toutefois, même si l’album est excellent, ses acteurs sont loin d’égaler la mouture précédente. La suite s’annonce autrement plus délicate et le prochain épisode, Hellbound Train, dirigera Savoy Brown sur une…voie de garage (RAZOR©).

 

1. Tell Mama.

2. Let It Rock.

3. I Can't Get Next To You.

4. Time Does Tell.

5. Street Corner Talking.

6. All I Can Do.

7. Wang Dang Doodle.

 

Kim Simmonds:guitare,chant,harmonica.

Paul Raymond:guitare,claviers,chant.

Andy Silvester:basse.

Dave Walker:basse,chant.

Dave Bidwell:batterie.

LP Studio 8 - 1972

 

Savoy brown hellbound train

 

SAVOY BROWN

HELLBOUND TRAIN – 1972 3/5

 

Publié en février 1972.

Produit par Neil Slaven.

Durée:33:14.

Label:Parrot Records

Genre:blues-rock.

 

Un train de sénateur.

 

Ce Hellbound Train (en écoute intégrale ici), voyez-vous, n’a rien d’un TGV. Oh, de temps en temps, il pousse encore quelques pointes, mais ahane dans la douleur. Il fume, crache, siffle pour montrer qu’il peut encore arriver à l’heure dans la station… Mais les fidèles voyageurs qui sont sur le quai pour le prendre en marche, ne sont pas dupes. Le train conduit par Savoy Brown a de plus en plus de mal, en cette année 1972.

Même si son blues-rock est encore un des meilleurs et des plus puissants qu’il soit alors donné d’entendre, des failles commencent à poindre. Des faiblesses se font apparentes. Moins inspiré, c’est pourtant paradoxal de le voir s’afficher au rang 34 des charts américains.

Là où certains le taxent d’agréable, je le vois plutôt inégal, voire quelque peu faiblard. Et pourtant, c’est toujours le même chef de gare qui officie, Kim Simmonds. Avec le même line-up qui a permis à Savoy Brown de faire ses meilleurs scores d’audience chez les ricains : Raymond, Bidwell, Walker, Silvester.

Mais on sent que c’est moins passionné, moins magique et que le charme n’opère plus complètement. Simmonds s’essouffle à l’écriture (Dieu merci, il reste fidèle à son talent à la guitare !). La musique est moins vive et leur blues est en panne de carburant. Le son est moins mordant et Papy Simmonds fatigue.

Ca en devient gentillet, sympathique, pour ne pas dire faible. C’est décent, dirons-nous, même si ça demeure élégant, comme le morceau titre Hellbound Train (un blues rock très lourd), Fine Doin’ ou I’ll Make Everything Alright. Savoy Brown n’est plus sur les bons rails et sa destination devient floue (RAZOR©).

 

1. Doin' Fine.

2. Lost and Lonely Child.

3. I'll Make Everything Alright.

4. Troubled by these Days and Times.

5. If I Could See an End.

6. It'll Make You Happy.

7. Hellbound Train.

 

Kim Simmonds:lead guitare.
Paul Raymond:claviers,guitare,chant.
Andy Silvester:basse.
Dave Bidwell:batterie.
Dave Walker:chant.

LP Studio 9 - 1973

 

Savoy brown lion s

 

SAVOY BROWN

LION’S SHARE – 1973  3/5

 

Publié en octobre 1972.

Produit par Neil Slaven.

Durée:39:13.

Label:Parrot Records.

Genre:blues-rock.

 

Un lion sans griffes.

 

On ne peut pas évoquer un album de Savoy Brown sans parler de changement de line-up. Ce groupe est coutumier du fait.  

Dans la foulée du décevant Hellbound Train, album qui a pourtant bien marché, Lion’s Share (en écoute intégrale ici) fait son apparition dans les bacs en 1973 en Europe, cadeau d’adieu à Dave Walker son chanteur, parti ensuite faire une toute petite pige chez les voisins du Fleetwood Mac.

Cependant, en dépit de Shot In The Head, Second Try, Howlin For My Darlin’ (de Howlin’ Wolf), Love Me Please New, les titres, essentiellement assurés par Raymond et Simmonds, ne font apparaître aucune surprise particulière. Nous sommes dans un registre de standards du British Blues.

Acceptable, dans la moyenne, avec un Dave Walker à la voix entretenue aux ablutions de vodka et aux clopes. Il faut mettre toutefois l’accent sur le talent et la forme de Kim Simmonds, l’égal des meilleurs guitaristes, et sur le gros travail de Raymond aux claviers. C’est déjà pas mal, non? (RAZOR©)

 

1. Shot in the Head.
2. Second Try.
3. The Saddest Feeling.
4. I Can’t Find You.
5. Howlin’ for My Darlin’.
6. So Tired.
7. Denim Demon.
8. Love Me Please.
9. I Hate to See You Go.

 

Dave Bidwell:batterie.

Andy Pyle:basse.

Paul Raymond:claviers,guitare,chant.

Kim Simmonds:guitare,harmonica.

Dave Walke:chant.

LP Studio 10 - 1973

 

Savoy brown jack the toad

 

SAVOY BROWN

JACK THE TOAD – 1973  4/5

 

Publié en 1973.

Produit par Barry Muray.

Durée:45:31.

Label:Decca.

Genre:blues-rock.

 

Moi j’aime.

 

Depuis l’épisode précédent, vous n’ignorez pas que ça a encore bougé dans Savoy Brown. Dave Walker, le chanteur, a répondu, un peu hâtivement, aux sirènes de Fleetwood Mac. Jackie Lynton, vieux baroudeur du rock le supplée. Pas le même calibre et pourtant…

Simmonds et le line-up restant (Andy Pyle à la basse, Dave Bidwell à la batterie, relayé par Ron Berg et Paul Raymond, Singer N°2 et guitariste) ne regretteront jamais ce choix car, outre une voix intéressante, Lynton a amené en guise de dote, sa fertilité à composer, et à composer surtout un répertoire qui colle aux desseins artistiques et musicaux du boss.

Question chant, il assume, le vieux. Question investissement dans l’écriture, il n’est pas en reste et met quatre morceaux bien sentis sur la table, écrivant le cinquième avec les autres membres. Que donne donc Jack The Toad (en écoute intégrale ici), dixième levée studio de Savoy Brown ?

Une belle plante, inspirée, techniquement réussie et bourrée d’énergie. Le bébé fait ses premières dents sur un excellent Coming Down Your Way, fait ses premiers pas avec un putain de Ride On Babe (écrit et sorti du larynx de Kim Simmonds). If I Want, Some People, Casting My Spell et Jack The Toad sont du même tonneau blues, blues-rock.

L’apport de Ron Berg, de Franck Ricotti et de Barry Murray, aux percussions, de Stan Saltzman aux saxos et la présence du mellotron de Raymond (pour la première fois) dopent le niveau de cet enregistrement tandis que les chœurs (Sue Glover et Sunny Leslie) l’agrémentent conséquemment.

J’aime ce disque que d’aucuns ont par ailleurs descendu en flèche, mais c’est comme ça. J’aime ce travail, cette complicité entre l’écriture de Lynton et le talent de gratteux de Simmonds, j’aime cette réaction de Savoy Brown pour relever la tête et se secouer la paillasse.

Pour ce dernier motif notamment, je classe Jack The Toad dans le meilleur de la production du groupe britannique et pas très éloigné des indécrottables Looking In et Raw Sienna. Mais encore une fois, cela n’engage que moi (RAZOR©).

 

1. Coming Down Your Way.
2. Ride on Babe.
3. Hold Your Fire.
4. If I Want To.
5. Endless Sleep.
6. Casting My Spell.
7. Just Cos’ You Got the Blues Don’t Mean You Gotta Sing.
8. Some People.
9. Jack the Toad.

 

Sue Glover,Sunny Leslie:choeurs.

Jackie Lynton:chant.

Stan Saltzmann:saxophone.

Ron Berg:batterie,percussions.

Dave Bidwell:batterie.

Barry Murray:percussions.

Andy Pyle:basse.

Paul Raymond:guitare,claviers,Mellotron,chant.

Frank Ricotti:percussions.

Kim Simmonds:guitare,guitare rythmique,harmonica,chant.

LP Studio 11 - 1974

 

Savoy brown boogie brothers

 

SAVOY BROWN

BOOGIE BROTHERS – 1974  3/5

 

Publié en 1974.

Produit par Harry Simmonds.

Duré:38:25.

Label:Decca.

Genre:blues-rock.

 

Du potentiel, mais…

 

La pochette ne prête à aucune ambigüité : trois guitares y trônent qui annoncent la couleur de la structure propre à Boogie Brothers, le numéro 11 de la discographie studio de Savoy Brown. Enième lubie de Kim Simmonds, me direz-vous, dont la stabilité des line-up qu’il est amené à conduire n’est pas le point fort, loin s’en faut !

Pourtant, ici, le trio destiné à enflammer Boogie Brothers (en écoute intégrale ici) a sacrément de la gueule à en juger par les noms ronflants qui occupent ces postes. On passera sous silence Simmonds ; depuis le temps qu’on le pratique, on sait de quoi il est fait côté guitare.

Stan Webb, c’est Chicken Shack, une autre bastion du blues-rock anglais et un putain de client dès que l’on parle six cordes et blues. Le troisième larron, et non des moindres, a également pignon sur rue du british blues et a gagné ses galons dans le Keef Hartley Band, Spencer Davis Group, Broken Glass. L’écossais n’est pas manchot. Ajoutez à cela une belle rythmique avec le duo Jimmy Leverton (basse) et Ric Dillon (batterie).

Une telle association, ça fait saliver et ça a normalement pour finalité première de faire sauter la banque. Peau de balle et balai de chiotte, c’est rare quand ça décolle ! Simmonds réunit du beau linge pour faire mousser son retour depuis Jack The Toad et la réunion accouche d’une souris.

A moins que l’intérêt de ce disque ne soit que celui de taper le bœuf. Le C.V et le pédigrée des pèlerins qui prennent part à Boogie Brothers est à lui seul un argument convaincant pour déplacer le fan vers ce nouvel album studio. Mais c’est par trop inégal et en deçà de ce que l’on est en droit d’attendre. Boogie Brothers manque d’émotion, pourtant les belles choses sont là : My Love’s Lying Down, You Don’t Love, Rock ‘N’ Roll Star, Threegy Blues… Comme beaucoup de travaux publiés ces deux/trois  dernières années, le rendu est moyen, moyen +, toujours très instable sans pour autant être digne de rejet (RAZOR©). 

 

1. Highway Blues.      

2. Me And The Preacher.    

3. My Love's Lying Down.   

4. You Don't Love Me.        

5. Always The Same.  

6. Everybody Love A Drinking Man.      

7. Rock 'N' Roll Star.  

8. Boogie Brothers.    

9. Threegy Blues.      

 

Kim Simmonds:guitare.

Miller Anderson:chant,guitare rythmique.

Stan Webb:guitare.

Jimmy Leverton:basse.

Eric Dillon:batterie.

LP Studio 12 - 1975

 

Savoy brown wire

 

SAVOY BROWN

WIRE FIRE – 1975  3/5

 

Publié en 1975.

Produit par Paul Raymond.

Durée:36:22.

Label:London Records.

Genre:rock,blues-rock.

 

Rien d’extra.

 

Rien d’extra, si ce n’est du blues-rock de papa, dont le seul intérêt porte sur les arabesques de guitare du leader Simmonds et quelques titres ça-et-là. Alors, de deux choses l’une, si on se place du côté des supporters invétérés de Savoy Brown, on sort les écharpes, les bonnets aux couleurs maison, les cornes de brume et on fait du tapage histoire de continuer à montrer sa fidélité Ad Vitam Eternam envers ses poulains et Wire Fire.

Dans ce cas, on est prêt à tout pardonner. Hors de question pour ceux-ci de se détourner de leur idéal. Ce disque vient prendre place dans leur collection qu’ils ont amorcée depuis la nuit des temps.

Les autres ? Ceux qui n’entrent pas dans la filière chauvine trouveront en Wire Fire un LP sympatoche du genre on l’aime bien au village, autrement dit auquel il ne faut pas accorder une importance démesurée. Manque d’inspiration, manque de pêche, manque d’originalité. Cet album n’est pas vital pour le second profil qui ne manquera pas grand-chose à ne pas l’écouter.

Tout juste apprendra-t-il que le titre d’ouverture (Put Your Hands Together), que Hero To Zero, Ooh What A Feeling, Born Into Pain (qui ferme le disque), voire Deep Water sont de bonnes chansons, n’ont pas l’étoffe des grandes chansons. Cet album n’a pas la brillance de Looking In, Raw Sienna.

Kim Simmonds, le capitaine de l’équipe Savoy Brown commence à se faire un peu vieux pour l’écriture, ça se sent (RAZOR©).


1. Put Your Hands Together.

2. Stranger Blues.

3. Here Comes the Music.

4. Ooh What a Feeling.

5. Hero to Zero.

6. Deep Water.

7. Can't Get On.

8. Born Into Pain.

 

Kim Simmonds:guitare,harmonica,chant.
Paul Raymond:claviers,guitare,chant.
Andy Rae:basse.
Tommy Farnell:batterie,percussions.
Dave Bidwell:batterie.

LP Studio 13 - 1976

 

Savoy brown skin n bone

 

SAVOY BROWN

SKIN N BONES – 1976  3/5

 

Publié en 1976.

Produit par Savoy Brown.

Durée:37:06.

Label:London Records.

Genre:blues-rock,rock.

 

Que la peau et les os !

 

Après les albums précédents (Boogie Brothers et Wire Fire), peu représentatifs de la valeur de Savoy Brown, il ne reste plus que la peau et les os à la formation anglaise menée par son leader instable, Kim Simmonds.

La peau et les os, Skin N’ Bone dans la langue de Pippa Middletown, est un titre prémonitoire. Il aurait pu s’appeler les yeux pour pleurer, que ça en serait du pareil au même.  Pas grand-chose dans le sac, c’est le moins que l’on puisse dire.

Les compositeurs habituels (Simmonds et Raymond) manquent d’inspiration depuis quelque temps et c’est avec un grand intérêt que l’on attend ce disque de 1976 car on en pince pour cette formation qui nous a quand même pondu Raw Sienna et Looking In ; on espère d’elle qu’elle nous accouche d’un dernier bon p’tit album pour la route au regard de son parcours.

Savoy Brown a prouvé, par le passé, qu’il savait toujours relever la tête après une période de disette. Qu’en est-il pour cet album Skin N’ Bone ? Et bien, sur les 6 titres proposés, il y a 50% d’excellentes chansons, le reste rentrant dans le rang pour être d’une grande neutralité et n’appelant à aucun plaisir, ni aucune émotion.

Par contre, beau blues avec belle voix et belle guitare pour This Day Is Gonna Be Our Last. Le morceau éponyme vaut également le déplacement avec ses presque 8 minutes de virtuosité (guitare et claviers, autrement dit Simmonds et Raymond) et d’impétuosité rythmique (Ian Ellis à la basse et Tommy Farnell à la batterie). Des lauriers aussi pour Walkin’ And Talkin’ (12mn et 14 sec), autre moment purement blues-rock live enregistré à Cleveland. A un degré moindre, notons une reprise de Hank Ballard (She’s The One). 50% ne permet pas de donner autre chose que trois à ce disque, même si ce 50% est bon. Ah oui, j’allais oublier.

Pour la énième fois, le line-up a encore souscrit au turn-over (Ian Ellis). On ne peut pas dire que Simmonds ne se décarcasse pas pour trouver les solutions à un retour sur le devant de la scène de son Savoy Brown. En attendant que l’inspiration ne revienne un jour, il faut se contenter de tous ces albums situés en milieu de tableau. C’est la dure loi du rock (RAZOR©).

 

1. Get on up and Do It.

2. Part Time Lady.

3. This Day Is Gonna Be Our Last.

4. She's the One.

5. Skin 'N' Bone.

6. Walkin' and Talkin'.

 

Paul Raymond:guitare,claviers,chant.

Kim Simmonds:guitare,chant,harmonica.

Ian Ellis:basse,chant,chœurs.

Tom Farnell:percussions,batterie.

LP Studio 14 - 1978

 

Savoy brown return

 

SAVOY BROWN

SAVAGE RETURN – 1978  2/5

 

Publié en 1978.

Produit par Robert John Mutt Lange.

Durée:36:58.

Label:London Records.

Genre:blues-rock,rock.

 

Qui n’avance pas, recule.

 

Ils ont été cinq, ils sont désormais trois. Depuis 1974, Kim Simmonds passe son temps à faire et à défaire les line-up, tâtonnant incontestablement sa musique.

Là, en 1978, pour la sortie de Savage Return, c’est plus grave, car Raymond Paul, seul et dernier fidèle depuis 1970, quitte Savoy Brown pour UFO, alors en vogue. Raymond n’est pas le dernier des couillons, c’est l’âme créatrice féconde du groupe, un groupe justement en panne d’inspiration depuis quelques albums, le dernier Skin N’ Bone étant jugé honnête sans plus.

Désormais, seuls Ellis et Farnell, respectivement à la basse et à la batterie, assistent Kim Simmonds qui prend, avec succès, reconnaissons-le, le chant à son compte. Qu’attendre de Savage Return alors ? Une autre orientation, loin du blues, éloigné du boogie (sauf deux titres).

Plus de puissance ou plutôt plus de violence. On entre de plein pied dans le heavy, les riffs s’alourdissent, la section rythmique se fait plus vive avec un joli et dense jeu de batterie signé Farnell, une basse plus profonde chez Ellis.

C’est heavy dès le départ avec The First Night et Bay Don’t Do It Baby, Do It, mais blues aussi, histoire de rappeler d’où on vient, avec Walk Before Run et Double Lover, notamment. Ainsi se termine le Savoy Brown des années 60/70 qui va migrer quelque temps vers le métal au début des années 80. Kim Simmons semble usé, au bout de son chemin artistique ; il piétine sérieusement. Entre nous, ça n’est pas plus mal que le rideau se referme. Il ne mériterait pas le goudron et les plumes (RAZOR©).

 

1. The First Night.
2. Don’t Do It Baby Do It.
3. Spirit High.
4. Play It Right.
5. Walk Before You Run.
6. My Own Man.
7. I’M Alright Now.
8. Rock ‘N’ Roll Man.
9. Double Lover.

 

Ian Ellis:basse,chant.

Tom Farnell:batterie,percussions.

Kim Simmonds:guitare,harmonica,chant.

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