Spooky Tooth.

BIOGRAPHIE.

 

SPOOKY TOOTH/Carlisle (Angleterre)

 

Spooky tooth 1

 

Actif entre 1967 et 1970,1972 et 1974,1998/1999,2004,2008/2009.

Labels:island,CBS,A&M.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock,roots rock,rock progressif.

Site officiel:spookytooth.sk


Le gros gâchis du rock.

Ville au passé industriel florissant situé au nord de l'Angleterre en limite de l'Ecosse, Carlisle la médiévale a donné le jour à une formation britannique dont le talent ne peut se contester au regard de son parcours discographique brillant et de son ancrage dans le Swinging London ambiant.

Il faut croire cependant qu'il n'était pas suffisamment armé, ni n'a jamais eu le véritable déclic pour gravir l'échelon supérieur et passer de groupe attachant à groupe incontournable. Je veux parler de Spooky Tooth qui, quand il a déboulé sur les plateaux TV et sur les ondes belgo-luxembourgoises, a fait grand bruit ; son nom était alors largement et favorablement commenté dans la cour du bahut frontalier.

Revers de la médaille, Spooky Tooth est rapidement rentré dans le rang au point d'être monté, plus tôt que ce qui était envisagé cependant, dans la voiture-balai du rock anglais, là où se concentrent ceux qui se sont généralement vautrés ou qui n'ont pas eu de bol. Il aura fallu la mort de Pierre Henry avec lequel il signe son troisième LP (Ceremony/1970) pour raviver son souvenir et l'en extirper.

Spooky tooth the vipThe V.I.P.'s.

Spooky tooth 2Spooky Tooth.

Spooky tooth harrisonMike Harrison.

Sur les cendres des V.I.P's.

Pourtant Spooky Tooth, c'était un son. Une identité qui avait son intérêt si l'on se réfère aux belles choses qu'ils ont laissés au rock, mais brouillée par la bougeotte de son effectif et des options artistiques pas toujours bien comprises. Dans ses premières joutes, il avait plutôt de la gueule ce combo sur lequel Island, le label du jamaïcain Chris Blackwell, s'est empressé de poser sa paluche. S'il n'est pas resté dans la mémoire collective, il serait pourtant injuste d'occulter son existence et de taire ses faits d'armes les plus éclatants, ceux qui l'ont amené à titiller les meilleurs. J'en veux pour preuve I Am The Walrus des Beatles dont le groupe fait une reprise exceptionnelle.

L'histoire de Spooky Tooth débute en 1968 et s'inscrit dans les pas de ce qui est alors The V.I.P.'s, né en 1963 sur les cendres des Ramrods. Jusqu'en en 1967, les V.I.P.'s, évoluent autour d'un noyau dur constitué autour de ses membres de la première heure, Frank Kenyon (guitare rythmique), le guitariste et claviériste James Henshaw, Walter Johnstone (batteur), Mike Harrison (chant), auxquels se joignent le bassiste Greg Ridley, alias Dino de Dino & The Danubes et un certain Keith Emerson, malheureusement décédé hier 10 mars 2016 et dont tout le monde se souvient qu'il a été le premier grand joueur de synthés.

Quand les V.I.P.'s deviennent The Art (Supernatural Fairy Tales/Island 1967), Keith Emerson, resté trois mois, part fonder The Nice, précurseur d'ELP, tandis que Henshaw et Kenyon sont remplacés par la filière « Traffic », à savoir Luther Grosvenor, ancien Hellions (Jim Capaldi, Dave Mason) et futur Mott The Hoople, ainsi que par Mike Kellie (ex Locomotive avec Chris Wood). L'américain Gary Wright (originaire du New Jersey) supplée alors Keith Emerson aux claviers (octobre 1967).

L'interaction entre son jeu de claviers et le chant d'Harrison va alors installer le son spécifique de Spooky Tooth, nom préféré à The Art.

Deux albums et un trou noir.

Cette première version de Spooky Tooth (Wright/Grosvenor/Harrison/Kellie et Ridley) est celle qui entame le catalogue discographique de Spooky Tooth. Ces débuts se font pour Island via l'album It's All About,sorti en juin ; ils sont très remarqués, la musique produite dégageant une ambiance psychédélique à la Traffic.

Avec son suivant, Spooky Two (1969), hélas prématurément, il marque déjà l'apogée de Spooky Tooth qui, derrière ces deux albums ne sera jamais plus aussi intéressant. On comprend mieux sa rapide disparition. Il faut donc en être.

Cérémonie (décembre 1969), avec le compositeur électronique français Pierre Henry, n'aurait jamais dû se faire. Il est le disque qui a tué Spooky Tooth qui est allé se fourvoyer dans un projet avant-gardiste discutable.

Spooky tooth gary wright

« Plusieurs circonstances ont été préjudiciables à Spooky Tooth. Le deuxième LP, Spooky Two, a vraiment bien marché. Surtout en Allemagne où nous étions N° 1 en 1969. Nous étions sur une bonne dynamique mais nous avons accepté un projet avec le compositeur de musique électronique français, Pierre Henry. C'était son album, pas le nôtre. Juste pour la France. Une fois achevé, tout le monde l'a trouvé génial et il a été décidé de nous associer un peu plus à ce projet, choix auquel nous étions fortement opposés car il n'avait rien à voir avec la direction artistique de Spooky Tooth. Cette décision a ruiné notre carrière.» (Gary Wright)

Plombé par Pierre Henry et les turn-over.

Greg Ridley n'est pas de ce disque inutile et nuisant incontestablement à l'image que Spooky Tooth s'est alors construite via les deux premiers opus. Il quitte la formation pour monter Humble Pie avec Steve Marriott et Peter Frampton. Son départ signe la fin du line-up croustillant de Spooky Tooth et la première rupture (février 70). Andy Leigh assure ponctuellement les lignes de basse sur cet album bâtard.

Gary Wright n'est pas du redémarrage de Spooky Tooth que Mike Harrison, Kellie et Grosvenor ont réactivé en invitant Henry McCulloch (guitare),Chris Stainton (claviers) et Alan Spenner (basse) à les rejoindre : moins d'un an plus tard, cette mouture, repartie en octobre 1970, rend l'âme à son tour après avoir accouché d'un quatrième LP, The Last Puff (juillet 70).

Entre alors en action, ce que l'on considère comme la deuxième incarnation de Spooky Tooth, composée du seul Harrison comme membre d'origine, de Bryson Graham (batteur) de Chris Stewart (basse),de Mick Jones guitariste (Foreigner, Johnny Hallyday) ; par contre, on assiste au retour au bercail de Gary Wright. Ce line-up réalise You Broke My Heart So I Busted Your Jaw (mai 1973), bien loin des flamboyants albums initiaux.

Graham démissionnaire, il appartient à Kellie, un ancien de la maison, d'occuper les fûts, fin 1973. Spooky Tooth publie un nouveau disque, Witness (novembre 1973) aussi insignifiant que son prédécesseur. Sans Harrison mais avec Gary Wright, Mick Jones, Mike Kellie et les nouveaux Val Burke er Mike Patto, le catalogue se referme dans le désintérêt total avec The Mirror (octobre 1974) ; Spooky Tooth, en 7 albums, a consommé 14 membres.

Et si on tenait là l'explication de l'agonie précipitée d'un groupe dont tout le monde s'accordait à reconnaître le grand talent ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 2 - 1969

 

Spooky tooth two

 

SPOOKY TOOTH

SPOOKY TWO – 1969 4,5/5

 

Publié en mars 1969.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:37:42.

Label:Island,A&M.

Genre:rock,hard rock,rock psychédélique.

 

Déjà l'apogée de Spooky Tooth.

 

Si vous avez déjà entendu parler de Spooky Tooth (Wright, Harrison, Grosvenor, Ridley et Kellie), mais que vous ne sachiez pas grand-chose de son œuvre, c’est ici et maintenant qu’il convient de se poser : Spooky Two (en écoute intégrale ici) de mars 1969.

Mis sous l’éteignoir, de son temps, par l’attention essentiellement reversée sur le premier album du dirigeable qui, sorti deux mois avant, plane déjà sur le genre hard rock, ce deuxième LP des gars de Carlisle, passés par les V.I.P’s auprès desquels le regretté Keith Emerson fit un passage furtif, est indiscutablement leur meilleur avec celui qui précède. A leur écoute, il est à regretter que ces deux excellents LP scellent prématurément la fin du groupe.

L'erreur de Spooky a été d'aller ensuite se fourvoyer dans le très spécial et controversé Ceremony (1970), réalisé avec le compositeur de musique électroacoustique français Pierre Henry, pour des raisons plus commerciales qu’artistiques. Ce choix discutable lui est revenu en pleine gueule. Derrière ce fut une lente désagrégation aggravée par la bougeotte de son personnel.

Entre le pré et le post Ceremony, deux mondes radicalement différents s'opposent, la qualité et l'intérêt se situant essentiellement avant la rencontre avec feu Pierre Henry.

L’excellence sur Spooky Two ne se discute même pas. Pourtant, tout ne démarre pas sous les meilleurs auspices et son attaque par une batterie un peu simpliste et longuette, a failli me faire renoncer (Waiting For The Wind).

Heureusement, tout rentre très rapidement dans l’ordre, grâce, dans un premier temps, à l’originalité d’un orgue génial qui distribue du riff au lieu de s’accaparer le devant de la scène (Gary Wright), puis au fil du disque, grâce à un guitariste qui distille de magnifiques notes et arpèges.

Le plaisir va donc crescendo, c’est ce que j’attends toujours d’une écoute dans les règles de l’art. Les belles pistes s’enchaînent, la passion s’avive, la palme de l’excellence revenant à l’exceptionnel bluesy Evil Woman et à Lost In My Dream.

Les six autres pistes contribuent, à des degrés différents, au haut niveau de Spooky Two, leur indéniable couronnement. Du grand blues, de la fine acoustique, du hard comme on l’aime à cette époque, des harmonies de gospel sorties de chœurs monumentaux, un étincelant Mike Harrison au chant, un Gary Wright à la plume aussi inspirée que ses claviers, un guitariste parmi les plus inventifs de sa génération (Luther Grosvenor), Spooky Two est l’opus préféré des fans et cela n’a rien de surprenant. Personnellement, je signe des deux mains (RAZOR©).

 

1. Waitin' For The Wind.

2. Feelin' Bad.

3. I've Got Enough Heartaches.

4. Evil Woman.

5. Lost In My Dream.

6. That Was Only Yesterday.

7. Better By You, Better Than Me.

8. Hangman Hang My Shell On a Tree.

 

Gary Wright:chant,claviers.

Luther Grosvenor:guitare.

Mike Harrison:chant,claviers.

Mike Kellie:batterie,percussions.

Greg Ridley:basse.

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