Steamhammer.

BIOGRAPHIE.

 

STEAMHAMMER/Worthing (Angleterre)

 

Steamhammer

 

Actif entre 1968 et 1973.

Label:Bellaphon/CBS,B&C Records,Brain Metronome.

Genre:hard rock,blues-rock,rock psychédélique.

 

Passé par l’impitoyable filière du british blues.

En Grande-Bretagne, et plus particulièrement en Angleterre, les pubs de la fin des années 50 et des années 60 ont été le terreau sur lequel a germé un nombre impressionnant de formations de blues-rock. C’est là, devant des clients venus souvent en famille, après le travail, pour se détendre autour d’une pinte et parfois jusqu’à des heures avancées de la nuit, que le blues-rock se développe. Dans ce concert de grande concurrence, les musiciens en herbe se façonnent et œuvrent pour devenir les élites de demain. A défaut, pour alimenter le cercle plus élargi des laissés-pour-compte, car les places sont chères et le blues britannique n’a pas les bras assez longs pour étreindre tout le monde.

Comme beaucoup de formations anglaises du genre, Steamhammer est passé par cette filière formatrice impitoyable, mais comme la grande majorité d’entre elles, elle est restée sur le bord de la route malgré d’indéniables arguments dont le plus élogieux est d’avoir servi de groupe de soutien à Freddie King à l’occasion de deux passages sur le sol britannique entre 1968 et 1969. Freddie King… l’un des trois King du blues et influence majeure du british blues, d’Eric Clapton, de Stan Web, de Peter Green.

Steamhammer louis cennamo

« J’ai intégré Steamhammer début 71. C’était un vrai défi pour moi car ce groupe jouait un peu dans le style de Cream. Ils étaient progressifs et j’ai aimé autant les musiciens que les personnes derrière ces musiciens.

Nous avons été populaires en Europe mais surtout en Allemagne. Avec eux, j’ai fait un LP, pas le plus représentatif du talent de ce groupe, trop désordonné. Et puis il y a eu la mort de Mick Bradley pendant le mixage. Tout s’est alors écroulé, sans quoi… » (Louis Cennamo)

Très populaire en public et en Europe.

A cette époque, Steamhammer, fondé à Worthing (Sussex), est un groupe jeune puisqu’il vient tout juste d’être mis sur pied par Martin Quittenton et Kieran White. Quinttenton est guitariste et compositeur ; le rock a retenu son nom pour avoir été le co-auteur de Maggie May, interprété par Rod Stewart. Les accords et l’intro acoustique, c’est Quittenton que Rod voulait auprès de lui dans les Faces. Au lieu de ça, après une grave dépression nerveuse, il se retire du milieu de la musique.

Kieran White est chanteur avec une voix de baryton, mais également guitariste et harmoniciste. Au sein de Steamhammer, il co-écrit plusieurs titres avant de s’engager dans une carrière solo dès 1971 et d’intégrer le groupe de jazz-rock Nucleus, puis de rejoindre les Etats-Unis où il devient routier.

Steamhammer martin pughMartin Pugh.

Steamhammer kieran whiteKieran White.

Steamhammer quittenton

Martin Quittenton.

Avec eux, Martin Pugh, guitariste que l’on retrouve aussi dans l’entourage de Rod Stewart (An Old Raincoat Won't Ever Let You Down/fin 69) et retraité de la musique bien avant l’heure, le bassiste Steve Davy et le batteur Michael Rushton, futur membre de Baroque Bordello et des Innocents, constituent la mouture d’origine de Steamhammer.

Steamhammer a le blues qui coule dans les veines et c’est tout naturellement un premier album de blues-rock qui naît de sa collaboration, en 1968, avec le grand label qu’est Columbia, preuve s’il en est de l’intérêt porté à ce groupe pas loin de titiller les ténors du genre.

Un catalogue discographique de qualité.

L’éponyme Steamhammer, appelé aussi Reflection et publié début 69, est alimenté par un répertoire conséquent d’originaux, complété par deux reprises, l’une de B.B. King (You’ll Never Know), l’autre d’Eddie Boyd (Twenty-Four Hours). Le blues-rock proposé est agréablement rugueux, flirtant parfois avec le hard rock. Steamhammer devient alors très populaire en Europe (plus qu’en Angleterre), en Scandinavie, en Hollande et en Allemagne plus particulièrement où il passe dans le légendaire Beat Club télévisé.

A l’instar de ce que proposent beaucoup de formations du moment et du genre, la musique de Steamhammer va évoluer vers un blues rock aux influences jazz-rock, psychédéliques et progressives et ce, dès le deuxième LP, l’inspiré MK II (1969), encore très convaincant même si pas récompensé dans les bacs.

Steamhammer, alors privés de Martin Quinttenton et de Michael Rushton, remplacés respectivement par Steve Jollife et Mick Bradley, s’il est une véritable attraction en public, peine à convaincre en studio malgré une évidente créativité musicale dans son approche artistique.

Speech, très prisé des fans de rock progressif.

A l’été 1970, de quintet Steamhammer passe en quatuor avec le départ de Steve Jollife et prend une direction plus hard rock comme le démontre son troisième LP, le collectif Mountains (novembre 1970).Un quatrième disque paraît début 1972 : Speech. Encore très bon, il se fait sans Steve Davy que supplée Louis Cennamo et sans Kieran White.

Steamhammer évolue alors en trio pour ce qui est l’ultime opus du groupe : Martin Pugh, Louis Cennamo et Mick Bradley. Malheureusement, Mountains est endeuillé par la perte de Bradley juste avant le début du mixage (février 72).

Considéré par les fans de rock progressif comme le meilleur travail de Steamhammer, il se compose de trois longs titres, en partie instrumentales, très différents du blues de ses débuts.

Après la mort de Bradley, Steamhammer continue un temps avec John Lingwood (batteur) et Ian Ellis (chanteur), mais finit par se dissoudre fin 1973. Deux ans après cette triste perte, fin 74, Pugh et Cennamo rejoignent Keith Relf, l’ex Yardbirds, choriste et producteur sur le dernier LP du groupe, pour fonder avec Bobby Caldwell, le fameux Armageddon. Kieran White s’en est également allé depuis, terrassé par un cancer en 1995 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Steamhammer reflection lp 1

 

STEAMHAMMER

REFLECTION – 1969  4/5

 

Publié en mars 1969.

Produit par Michael Vestey.

Durée:38:44.

Label :Bellaphon/CBS.

Genre:blues rock.

 

Avis de recherche.

 

La guitare acoustique qui égrène ses notes mélancoliques dans le doux clapotis d’un ruisseau en filigrane, augure d’une ambiance apaisante. Le temps à Water (Part I) de s’écouler et le filet d’eau est aussitôt troublé par une déferlante assassine.

Le riff tueur du blues-rock Junior’s Wailing s’abat sans sommations sur l’auditeur. Ouvrez le parapluie !  A ce moment là du disque, on flaire le bon endroit, le bon moment. Bingo ! Le programme des réjouissances est à la hauteur des espérances suscitées par une entrée en matière réussie.

Steamhammer, dans son Reflection (en écoute intégrale ici) de 1969, pratique, avec bonheur et inspiration, cette belle alternance à connotation blues prog. Reflection est une petite merveille peu connue et, comme c’est souvent le cas, disparue six pieds sous terre rejoindre le lot des laissés-pour-compte du rock.

Ces anglais du sud de l’Angleterre (Worthing), formés en 1968 et signés par CBS Records un an plus tard, ont le seul tort de contribuer à inonder alors une scène blues-rock déjà surchargée et en limite de saturation. Le public anglais, gâté-pourri, peine à mordre à ce énième groupe du genre, il y est indifférent d’autant plus qu’une première vague du british boom l’a préalablement ratissé de long en large.

Pourtant la compétence est là, l’inspiration également. La compétence s’appelle Martin Pugh, excellent praticien de la six cordes, Martin Quittenton, aussi efficace à la rythmique que talentueux songwriter (cosignataire de Maggie May valorisée par Rod Stewart), Kieran White à la voix pincée très expressive et au beau jeu d’harmonica, Steve Davy (basse) et Michael Rushton (batterie), le binôme actif de la rythmique.

Le futur co-fondateur de Jefferson Airplane, Pete Sears (piano) et le flûtiste jamaïcain Harold McNair font l’appoint sur cet album aux influences ou similitudes nous ramenant vers des artistes comme Freddie King, Jethro Tull et Hendrix dans l’utilisation de la wah wah.

La ballade Lost You Too, She’s The Fire, les reprises de King (B.B), You’ll Never Know et de Boyd (Eddy), Twenty Four Hours, Even The Clock, Down The Highway et surtout Junior’s Wailing sont les éléments qui incitent à lancer un avis de recherche en bonne et due forme sur ce disque.

Sorti de son contexte du moment où le blues-rock était parfois prétexte à tout et n’importe quoi, Reflection démontre de bien belles choses alors trop vite englouties. Ses 38 minutes d’écoute sont brillantes. Je veux, mon n’veu (RAZOR©).

 

1. Water, Pt. 1.

2. Junior's Wailing.

3. Lost You Too.

4. She Is the Fire.

5. You'll Never Know.

6. Even the Clock.

7. Down the Highway.

8. On Your Road.

9. Twenty-Four Hours.

10. When All Your Friends Are Gone.

11. Water, Pt. 2.

 

Kieran White:chant,harmonica,guitare acoustique.

Martin Pugh:guitare.

Martin Quittenton:guitare rythmique.

Steve Davy:basse.

Michael Rushton:batterie.      

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