Steppenwolf.

BIOGRAPHIE.

 

STEPPENWOLF/Toronto (Canada)

 

Steppenwolf 

 

Actif entre 1967 à 1972,de 1974 à 1976,de 1980 à 2015.

Label:ABC Dunhill,Epic.

Genre:blues-rock,hard rock,rock psychédélique,rock.

Site officiel:steppenwolf.com

 

Né pour être sauvage.

Les grands groupes ne meurent jamais. Sans risquer de fâcher quiconque, on peut appliquer ce constat à Steppenwolf, groupe de rock souvent considéré comme américain mais canadien pur jus, que la mémoire collective n’a jamais écarté. Actif dans les années 60 et 70, Steppenwolf a laissé au rock trois titres majeurs, Born To Be Wild et The Pusher (1968), par lesquels la célébrité est arrivée et immortalisés par Easy Rider, le film de Dennis Hopper, le troisième étant Magic Carpet Ride qui confirme une popularité étendue désormais à l’international.

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Steppenwolf est canadien de par la nationalité de son leader, le chanteur et guitariste John Kay, Joachim Fritz Kraudelat pour l’état civil teuton, dont la famille émigrée d’Allemagne, s’installe à Toronto. Avec ses compatriotes Jerry Edmonton (batteur), Dennis Edmonton, chanteur/guitariste, Goldie McJohn (claviériste) et l’allemand d’origine Nick St Nicholas, John Kay évolue dans les Sparrows, groupe de blues-rock, avant qu’il ne devienne Jack London And The Sparrows, une valeur sûre d’abord locale, puis d’être favorablement reçu sur la scène new yorkaise dans un premier temps. C’est le moment choisi par Columbia pour mettre la main sur un groupe qui va prendre la direction de la Californie pour s’épanouir.

Des Sparrows à Los Angeles.Après des débuts prometteurs qui l’amènent à fréquenter le gratin de la place, la formation se désintègre. Dennis Edmonton fait le choix de la carrière solo ; sa décision occasionne la scission des Sparrows en deux versions : les pro St Nicholas d’un côté, les pro Kay de l’autre.

Cette deuxième mouture donne le jour à Steppenwolf, alors composé de John Kay (chant, guitare), Jerry Edmonton (batterie), Michael Mornach (guitare), prodige de 17 ans, Goldie McJohn (claviers) et Rushton Moreve (basse). Le nom de Steppenwolf est inspiré du roman de l’auteur allemand Hermann Hesse, Der Steppenwolf.

Ceux qui ont été de la culture hippie ou spectateur d’Easy Rider savent combien Steppenwolf a compté dans la culture américaine. Aujourd’hui encore John Kay et son Steppenwolf revisité n’ont rien perdu de leur éclat, ni de leur énergie ou de leur talent.

Un dinosaure du rock.

Sa longévité n’altère aucunement ses prestations ; au contraire, le groupe draine encore très large et manifeste toujours autant de frénésie à l’interprétation des classiques comme Born To Be Wild ou Magic Carpet Ride. Dans le rock ambiant, il compte parmi les dinosaures, avec tout ce que ce terme impose de respect.

Réuni autour de son charismatique leader, toujours aussi efficace aux affaires malgré son achromatopsie d’ordre génétique, Steppenwolf assure des spectacles toujours aussi impressionnants à regarder. Comme en 1967, année de leur démarrage chez ABC Dunhill. A ce stade de son parcours, Steppenwolf peut revendiquer plus de 25 millions de disques vendus et passe encore régulièrement sur les ondes radiophoniques et sur les TV.

Sulfureux précurseur du hard rock.

Premier groupe à référer au heavy metal (Born To Be Wild), son style très tonique en fait un des précurseurs du son hard rock de la décennie à venir. De par son côté agitateur et contestataire, Steppenwolf a, via une écriture mature, personnifié les troubles sociaux, politiques et philosophiques affectant la fin des 60’s.

Une image agressive, sulfureuse et de rébellion colle alors à la peau de la bande à Kay, perceptible dès le premier LP éponyme publié pour ABC Records au début de l’année 1968. Lourd, dur, puissant, mais surtout merveilleux, il véhicule un lot de titres mémorables dont Born To Be Wild, alors second single de Steppenwolf, que la bande-son d’Easy Rider popularise et les bikers et les Hell’s Angels du monde entier s’approprient, ainsi que The Pusher, version polémique sur la drogue. Pour soigner sa communication, on n’a pas trouvé mieux. Steppenwolf est une icône de la contre-culture ambiante.

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« J’ai fait mon apprentissage à la guitare dans Steppenwolf. C’est dire.  Des souvenirs, j’en compte beaucoup, car nous avons joué quasiment partout. Nous avons joué en vedette au Forum à Los Angeles, dans tout le pays, en Europe. Partout. Y compris au Marquee Club où nous avons partagé la scène avec Howlin’ Wolf. Géant ! Je pourrais vous en citer. Mais je me souviens notamment d’une étape à New York à l’occasion de notre première tournée de promotion. Dans la voiture qui nous baladait partout, nous avons entendu Born To Be Wild à la radio. C’était quelque chose de particulier et d’agréable que de l’entendre tourner sur bande dans le studio. » (Michael Mornach)

Une bonne dynamique.

Le succès appelant le succès, Steppenwolf, plus confiant, signe, fin 1968, un deuxième LP, sobrement intitulé The Second, qui bénéficie de la dynamique portant alors les canado-californiens. Il est une sorte de copié-collé de celui auquel il succède, à savoir dur, nerveux, excellent mix de blues et de hard rock psyché, la maturité et le soin en sus. Steppenwolf progresse et continue à vendre et à affoler les foules.

Magic Carpet Ride, composée par John Kay et le bassiste intuitif que fut Rushston Moreve, troisième grand tube du groupe, est au programme de ce disque. En se classant troisième également des charts yankees, Magic Carpet Ride permet à Steppenwolf de confirmer et de briller hors des frontières américaines.

Commence un jeu de chaises musicales préjudiciable.

L’élan jusque là favorable est tempéré par la sortie d’At Your Birthday Party (1969). Malgré Rock Me, qui a flirté avec le top ten. Moins inspiré, il fait apparaître certains problèmes sous-jacents entre les membres et une évidente accumulation de fatigue à enchaîner tournées et albums sur ce rythme infernal. Pour l’heure, Nick St-Nicholas entre à la place de Rushton Moreve et Larry Byrom remplace le jeune Monarch. Commence alors un jeu de chaises musicales qui va se renouveler durant toute la discographie à venir, jusqu’à Skullduggery (1976) qui marque la fin du catalogue des années 70.

Monster, sorti en novembre 1969, a contre lui de mettre en décalage, pour ne pas dire en opposition, le message contestataire et politisé supposé être transmis (social, esclavagisme, autorité, guerre, iniquité de la justice) et la musique pratiquée pour le véhiculer, le hard rock. Qui plus est, la matière sélectionnée pour régler ses comptes y fait cruellement défaut. C’est le premier gros couac d’un Steppenwolf plutôt médiocre pour le coup.

Un live, enregistré au début de l’année 70, sur la tournée Monster s’intercale dans le catalogue studio. Nick St. Nicholas y prend part pour la dernière fois ; George Biondo prend le relais. Malgré une réception mitigée des fans, le live fait quand même disque d’or, signe que Steppenwolf est toujours populaire.

Retour aux basiques…

Seven (1970) est le septième disque du catalogue (élargi) de Steppenwolf et le cinquième studio. ABC Dunhill, qui gère ce dernier, recense également un live et un album sous Sparrows. 5 + 2 = 7 d’où Seven ; c’est aussi simple que ça.

Avec Seven, Steppenwolf remet l’église au milieu du village en revenant à ce qu’il sait faire de mieux : de la bonne musique bien lourde et graveleuse, autrement dit ce qui fait sa marque de fabrique. Finis les sermons politiques avec des pseudos messages. Du coup, Seven redonne des couleurs et de la crédibilité à la Team Kay. Intéressant même si c’est encore un peu sur la réserve, pas manque de belles envolées.

… avant la rechute.

Sixième levée, For Ladies Only (1971) traduit la rechute de Steppenwolf. Tout ça pour avoir souscrit à deux directions dans lesquelles un passé récent, Monster en l’occurrence, nous a alertés sur les difficultés du groupe à traiter certains sujets. Ici c’est le féminisme qui sert de concept alibi au disque ; encore une fois, il s’accompagne mal du genre de prédilection d’un Steppenwolf, qui, pour l’occasion, flirte même avec le rock progressif en vogue à cette époque. On n’est pas loin du zéro pointé.

For Ladies Only traduit un Steppenwolf en péril, un John Kay qui a la tête à des ambitions personnelles plus audacieuses et qui méritent une attention :Forgotten Songs And Unsung Heroes/72 et My Sportin’ Life/73. Ca sent la fin de cycle, tout simplement. Steppenwolf fait un premier arrêt aux stands en février 1972, le 14 précisément, jour de la Saint Valentin.

La deuxième vie de Steppenwolf.    

La bande est à nouveau réunie en 1974. Elle est reconstituée autour de Kay, de Jerry Edmonton, de Goldy McJohn, de George Biondo et intègre un nouveau guitariste en la personne de Bobby Cochran.

Cette même année, Slow Flux amorce la deuxième vie de Steppenwolf. Le retour en studio pour Epic est décent mais ne permet pas encore de sauter au plafond. Par contre, et ça faisait un moment que ça n’était pas arrivé, Steppenwolf se remet à fréquenter les charts avec Straight Shootin’ Woman. Sera-ce un bon indicateur pour la suite ?

Non, malheureusement. Hour Of The Wolf (1975) et son suivant Skullduggery (1976) intéresseront ceux qui veulent tout collectionner de ce groupe légendaire. L’un comme l’autre ne sont pas mémorables, Steppenwolf allant se perdre dans un pop-rock, visiblement pas sa tasse de thé. Contrat oblige, ils permettent à Kay et ses amis de tenir leurs engagements et c’est tout. La queue entre les jambes, le germano-canadien doit se résoudre à un second dépôt de bilan dans la même décennie.

Kay, 5ème décade à la tête de Steppenwolf.

Après quelques joutes juridiques sur l’exploitation du nom, le come-back de son leader, au début des 80’s, s’effectue sous John Kay And Steppenwolf. Comme le public n’a jamais réellement déconnecté, Kay a pu repartir sur des bases solides et refaire de l’album. Pas loin de boucler sa cinquième décade à la tête du mythique père de Born To Be Wild, il nous régale toujours autant en 2015. Si jamais il passe dans le coin…  (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Steppenwolf lp 1968

 

STEPPENWOLF

STEPPENWOLF – 1968  4/5

 

Publié en janvier 1968.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:46:10.

Label:ABC Dunhill.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Sur la route du metal.

 

En janvier 1968, ABC Records nous sort une petite merveille de disque d’une petite merveille de groupe : Steppenwolf (en écoute intégrale ici), un LP éponyme, lourd et dur, un bon mélange de Hard rock, de blues et de psyché. Ce disque va poser les fondations du heavy metal.

Joué fort et puissamment, porté par une voix exceptionnelle, une des meilleures du rock, celle du germano-canado-californien John Kay, cet album connaît un grand succès grâce à des titres mémorables comme Born To Be Wild, symbole de la rébellion et devenu hymne des Hells Angels, et The Pusher ; ces deux pièces sont popularisées par le film de Dennis Hopper, Easy Rider, sorti en 1969, et symbole de la contre-culture américaine. Dans la bande son de cette œuvre cinématographique culte, elles côtoient, pour mémoire, les Byrds, Hendrix, Electric Flag, Electric Prunes, Roger McGuinn…

Outre ces chansons mastodontes du rock, ce selftitled propose des superbes reprises comme Sookie Sookie du chanteur soul Don Covay, comme Hootchie Coochie Man de Willie Dixon, comme, cité plus haut, The Pusher de Hoyt Axton. Il rend également hommage à Chuck Berry dans Berry Rides Again. Le reste s’apprécie également à l’image de The Ostrich et de la ballade A Girl I Knew. Les débuts sont réussis au-delà de ce qui pouvait s’imaginer ; il serait donc injuste de réduire ce Steppenwolf aux seules chansons qui l’ont immortalisé (RAZOR©).

 

1. Sookie Sookie.

2. Everybody's Next One.

3. Berry Rides Again.

4. Hoochie Coochie Man.

5. Born to Be Wild.

6. Your Wall's Too High.

7. Desperation.

8. The Pusher.

9. A Girl I Knew.

10. Take What You Need.

11. The Ostrich.

 

John Kay:guitares,harmonica,chant.

Rushton Moreve:basse,choeurs.

Michael Monarch:guitares,choeurs.

Goldy McJohn:orgue,piano,piano électrique.

Jerry Edmonton:batterie,percussions,choeurs.

LP Studio 2 - 1968

 

Steppenwolf the second

 

STEPPENWOLF

THE SECOND – 1968  4,5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:40:25.

Label:ABC Dunhill.

Genre:rock,blues-rock,rock psychédélique. 

 

Le loup a les crocs.

 

Après avoir sobrement intitulé son premier album, Steppenwolf (1968), lequel a connu un grand succès, la bande à John Kay remet le couvert cette même année, en faisant preuve d’une imagination débordante pour  titrer ce deuxième LP : ce sera The Second (en écoute intégrale ici). Pour quoi pas après tout, Chicago (Transit Authority) nous a fait le coup durant toutes les années 70 de nommer ses albums Chicago 1, Chicago 2, Chicago 3 …

Par expérience, quand on ne se foule pas pour un titre, généralement, ça annonce du pas bien, ça suscite des interrogations sur son contenu. Ouf ! D’entrée, on est rassurés. The Second est une copie conforme du précédent : dur et blues, taillé pour réussir dans les charts et sur les ondes.

Vu le succès du LP numéro un, c’est plutôt de bon augure. Il a effectivement beaucoup de points communs avec l’album éponyme précédents : sa réussite commerciale notamment. Sa sortie très rapprochée de Steppenwolf peut être une explication. Steppenwolf surfe sur la dynamique qui l’anime.

Le groupe devant honorer contractuellement deux disques par an, le temps lui a vraisemblablement manqué pour proposer quelque chose de différent. Peu importe, puisqu’il est bon. Il est identique, mais bon. Les seules différences peuvent porter sur une bonification de l’écriture et sur une sophistication plus marquée du travail.

D’autres instruments et effets sonores ont été rajoutés par rapport au projet précédent, ce qui a nécessité un temps d’adaptation supplémentaire. Preuve que Steppenwolf expérimente aussi.

The Second est aussi fort, aussi nerveux, aussi porteur avec des titres considérés, à l’image de Magic Carpet Ride (dans sa version intégrale), comme des classiques de la pop  psychédélique et une excellente Protest Song, Don’t Step On The Grass Sam.

Comptent également parmi les passages marquants, 28, Faster Than The Speed Of Life, Tighten Up Your Wig, la ballade originale Spiritual Fantasy, Ressurection et Reflections. Sa performance globale, ambitieuse, variée,  est très convaincante, c’est du très bon Steppenwolf (RAZOR©).

 

1. Faster Than The Speed Of Life.

2. Tighten Up Your Wig.

3. None Of Your Doing.

4. Spiritual Fantasy.

5. Don't Step On The Grass, Sam.

6. 28.

7. Magic Carpet Ride.

8. Disappointment Number.

9. Lost And Found By Trial And Error.

10. Hodge, Podge, Strained Through A Leslie.

11. Resurrection.

12. Reflections.

 

John Kay:chant,guitare,harmonica.

Michael Monarch:guitare.

Goldy McJohn:orgue,piano.

Rushton Moreve:basse.

Jerry Edmonton:batterie,chant.

LP Studio 3 - 1969

 

Steppenwolf at your birthday party

 

STEPPENWOLF

AT YOUR BIRTHDAY PARTY – 1969  3/5

 

Publié en mars 1969.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:41:26.

Label:ABC Dunhill.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Un loup édenté.

 

At Your Birthday Party, de mars 1969, manque singulièrement d’inspiration par rapports aux deux premiers albums que Steppenwolf a précédemment sortis. Des failles apparaissent dans la cuirasse du groupe et l’enregistrement tarde à être bouclé. En ouvrant  le songwriting à la collectivité, le message s’en trouve brouillé.

Une usure s’installe, entretenue par le rythme infernal des tournées dans lesquelles se consume Steppenwolf. Mais tant que ça marche, hors de question de lever le pied. Enfin, du point de vue de la maison de disques.

Le groupe se fissure ; Larry Byrom remplace Michael Monarch à la guitare avant la fin des sessions et Rushton Moreve ne va pas tarder à laisser sa place à la basse, à Nick Saint-Nicolas. Le jeu des chaises musicales se met doucettement en place pour ce qui va devenir, au fil de la discographie, pénible et pénalisant.

Partant de ce constat, le contexte de ce troisième LP ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. La critique musicale ne s’y laisse pas prendre, considérant At Your Birthday Party comme une déception. Ce à quoi j’adhère complètement. Confus, brouillon malgré quelques succès comme It’s Never Too Late , Jupiter’s Child, Rock Me, Happy Birthday et Mango Juice, At Your Birthday Party n’a pas vraiment marqué les esprits.

C’est un bon disque de milieu de gamme, orienté hard et sans titre majeur. Pas indispensable (RAZOR©).

 

1. Don't Cry.

2. Chicken Wolf.

3. Lovely Meter.

4. Round And Down.

5. It's Never Too Late.

6. Sleeping Dreaming.

7. Jupiter's Child.

8. She'll Be Better.

9. Cat Killer.

10. Rock Me.

11. God Fearing Man.

12. Mango Juice.

13. Happy Birthday.

 

John Kay:chant,guitare rythmique,harmonica.

Michael Monarch,Larry Byrom:guitare.

Goldy McJohn:claviers.

Rushton Moreve:basse.

Jerry Edmonton:batterie.

LP Studio 4 - 1969

 

Steppenwolf monster

 

STEPPENWOLF

MONSTER – 1969  3/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:32:53.

Label:ABC Dunhill.

Genre:hard rock,rock pychédélique,blues-rock.

 

Manque d’arguments.

 

Hervé Picart, dans un numéro de ce qui était notre bible musicale de l’époque, j’entends par là Best, s’extasie devant le Steppenwolf de Monster (en écoute intégrale ici), et lui adjuge un 5/5. Je n’objecte en rien le fait que les canado-ricains était un sacré groupe, par contre je ne sais pas où il trouve matière à justifier ici une telle cotation.

J’ai beau chercher depuis 45 ans, désolé Hervé, mais je ne vois pas. Je concède la maturité de l’album, le ram dam que sa sortie a engendré, la qualité des intervenants, Kay en tête qui figure effectivement parmi ce qui se fait de mieux au chant alors, le petit Byron à la gratte, le soin apporté à bien travailler son hard rock. Sur tout ça, on est d’accord.

Personnellement, cet album politisé avec des sujets en vogue au moment où ils furent traités et qui servent de trame au discours contestataire hippie, Vietnam, esclavage, autorité, justice, corruption, s’accommode très mal de son registre musical.

Et puis, elles sont où les grandes compositions ici ? L’ouverture en 10 minutes et 3 titres enchaînés, Monster, Suicide et America me laisse sur ma faim. Je ne trouve pas cette introduction au message politique et la voie choisie pour régler ses comptes très expressive ; le concept me paraît en décalage total.

J’ai beau réécouter de long en large. On est loin du grand Steppenwolf ici, la faute à une manière peu mémorable et une idée qui fait vite pschitt. Politiquement et musicalement, l’ensemble se retrouve vite à court d’arguments. Au final, il reste quoi ? Draft Resister et Power Play d’un côté. Mais de l’autre ? A part le final, From Here To There Eventually, c’est un peu léger et bancal, non ? Steppenwolf, c’est effectivement un super groupe, mais pas ici, Vévé. Pas ici (RAZOR©).

 

1. Monster/Suicide/America.

2. Draft Resister.

3. Power Play.

4. Move Over.

5. Fag.

6. What Would You Do (If I Did That To You).

7. From Here To There Eventually.

 

John Kay:chant,guitare rythmique,harmonica.

Larry Byrom:guitare.

Goldy McJohn:claviers.

Nick St-Nicolas:basse.

Jerry Edmonton:batterie.

LP Studio 5 - 1970

 

Steppenwolf seven

 

STEPPENWOLF

SEVEN – 1970  3,5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Richard Podolor.

Durée:39:57.

Label:Dunhill.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Retour à la case départ.

 

Après le décevant politico-expérimental Monster, Steppenwolf en a fini d’haranguer ses fans avec ses chansons à pseudo-messages et redonne toute sa place à la musique.

Marri de n’avoir pas accroché les charts depuis un bon moment, et ce n’est pas avec un répertoire contestataire et incitatif à la rébellion que les radios vont lui donner du temps d’antenne, Steppenwolf tente, avec ce Seven mais cinquième album studio de 1970 (en écoute intégrale ici), de redorer son blason en revenant aux bases gagnantes : du lourd, encore du lourd, toujours du lourd.

Je n’ai pas été tendre avec les deux albums précédents (et je confirme) ; je suis plus enthousiaste pour ce disque, bien meilleur. Avec George Biondo en lieu et place de Nick Saint-Nicolas à la basse, Steppenwolf revisite un genre graveleux dans lequel il est était passé maître avant de s’en éloigner et retrouve cette efficacité qui lui a fait défaut l’espace des deux derniers opus.

Il en découle une belle collection de chansons comme Ball Crusher, Forty Days And Forty Nights, l’autobiographique ballade Renegade, Who Needs Ya, Hippo Stomp, ainsi qu’une belle reprise (Snowblind Friend) d’un artiste qui leur est familier, Hoyt Axton (The Pusher sur l’album éponyme de 1968).

Et puis il y a cet instrumental au nom imprononçable, sorte de jazz-rock mélodique assez sympa. Cet album met également à l’honneur les multiples facettes de John Kay, qui peut être aussi bon hard rock singer qu’à l’aise dans un registre acoustique (Snowblind Friend), ainsi que l’apport ô combien important de la doublette Byrom et Biondo, notamment au chant.

Seven est très intéressant, quoi que sans envolées géniales. Mais je m’en contente (RAZOR©).

 

1. Ball Crusher.

2. Forty Days and Forty Nights.

3. Fat Jack.

4. Renegade.

5. Foggy Mental Breakdown.

6. Snowblind Friend.

7. Who Needs Ya'.

8. Earschplittenloudenboomer.

9. Hippo Stomp.

 

George Biondo:basse,choeurs.

Larry Byrom:guitare,choeurs.

Goldy McJohn:claviers.

John Kay:guitares,chant,harmonica.

Jerry Edmonton:batterie.

LP Studio 6 - 1971

 

Steppenwolf for ladies only

 

STEPPENWOLF

FOR LADIES ONLY – 1971  2,5/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Richard Podolor.

Durée:45:19.

Label:MCA/Dunhill.

Genre:rock,hard rock.

 

Victime de l’amour.

 

La discographie de Steppenwolf est à l’image des montagnes russes : ça monte, ça redescend, ça remonte, ça redescend. Les deux premiers albums tutoient quasiment les sommets, puis la qualité baisse dès At Your Birthday qui demeure encore reste correct cependant.

Puis elle touche presque le fond avec Monster, qui voit Steppenwolf se fourvoyer dans un registre politico-hard visiblement pas fait pour lui et John Kay a l’honnêteté d’en assumer la paternité et toute la responsabilité, avant de reprendre des couleurs via Seven.  C’est le recul qui caractérise la trajectoire empruntée par For Ladies Only (en écoute intégrale ici), l’album de 1971, sixième studio.

Pour ce nouveau LP et en dépit des échecs précédents,  Steppenwolf aborde pourtant un autre thème politique, le féminisme. Comme si le hard rock pouvait s’accommoder de romantisme… Le verdict est sans concessions : re-flop.

A la différence près que cette fois-ci, c’est toute la squadra Steppenwolf qui trinque. Tous responsables ! Tout le monde, en effet, a mis la main à l’écriture de l’insipide For Ladies Only. Malheureusement sans trop de réussite au reagrd de ce qu’il recrache et, hormis Ride With Me, Sparkle Eyes, et Tenderness de Mars Bonfire, nada !

Que John Kay n’ait pas pris part à tous les enregistrements indique clairement que le gazier avait déjà la tête à ses desseins personnels. Il dissout officiellement Steppenwolf au terme de ce  sixième album, le jour de la Saint Valentin 1972. Décidément l’amour ne leur réussit pas.  Rideau jusqu’en 1974 pour leur retour (RAZOR©).

 

1. For Ladies Only.

2. I'm Asking.

3. Shackles and Chains.

4. Tenderness.

5. The Night Time's for You.

6. Jaded Strumpet.

7. Sparkle Eyes.

8. Black Pit.

9. Ride With Me.

10. In Hopes of a Garden.

 

John Kay:chant,guitare.

Kent Henry:lead guitare.

George Biondo:basse,chant.

Goldy McJohn:claviers.

Jerry Edmonton:batterie.

LP Studio 7 - 1974

 

Steppenwolf slow flux

 

STEPPENWOLF

SLOW FLUX – 1974  3/5

 

Publié en août 1974.

Produit par Steppenwolf.

Durée:45:33.

Label:Mums (U.S.A),Epic.

Genre:rock,hard rock.

 

Retour décent.

 

Slow Flux (en écoute intégrale ici), en 1974, amorce la deuxième phase discographique de Steppenwolf, séparé depuis 1972, le jour de la St Valentin, après avoir pris une veste avec For Ladies Only. La page Dunhill Records est définitivement refermée et c’est chez Mums, étiquette distribuée par CBS, que s’engage la suite ou plutôt le renouveau de Steppenwolf.

Ce dernier se reforme pour sillonner, avec succès, les routes du Vieux Continent où le Loup est toujours aussi populaire, malgré la coupure. Pour ce nouveau label, il sort trois albums.

Dopé par une popularité qui ne retombe pas, le groupe, réuni autour de Goldy McJohn, de John Kay et de Jerry Edmonton, ses piliers, de George Biondo (déjà là avant la séparation) et du nouveau venu Bobby Cochran (guitare), se remet à la planche dans le propre studio californien de John Kay.

Premier volet du triptyque discographique de la seconde période, Slow Flux est acceptable et parvient, de temps en temps, à séduire par son côté créatif. Mais ça reste rare et si l’on a la sensation de retrouver parfois le véritable Steppenwolf, c’est trop inégal pour pouvoir prétendre détenir une grande œuvre des canado-ricains.

Cet album marque cependant le retour du groupe dans les charts, grâce au titre Straight Shootin’ Woman. Ce n’était plus arrivé depuis 1969. Avec Smokey Factory Blues, le beau Morning Blue et Children Of The Night, vous tenez là les vraies réussites de ce Slow Flux. Pas assez pour sauter au plafond, suffisant pour passer un agréable moment. Le retour est décent, on n’en attendait pas moins (RAZOR©).

 

1. Gang War Blues.

2. Children of the Night.

3. Justice Don't Be Slow.

4. Get into the Wind.

5. Jeraboah.

6. Straight Shootin' Woman.

7. Smokey Factory Blues.

8. Morning Blue.

9. Fool's Fantasy.

10. Fishin' in the Dark.

 

George Biondo:basse,chant.

Jerry Edmonton:batterie.

Bobby Cochran:guitare.

John Kay:guitare,chant.

Goldy McJohn:claviers.

LP Studio 8 - 1975

 

Steppenwolf hour of the wolf

 

STEPPENWOLF

HOUR OF THE WOLF – 1975  2/5

 

Publié en 1975.

Produit par Steppenwolf.

Durée:37:58.

Label:Epic.

Genre:rock.

 

Sans intérêt.

 

Inutile de faire semblant ou de faire durer le suspense : Steppenwolf, à l’appel de Hour Of The Wolf (en écoute intégrale ici), sorti en 1975 et deuxième album du come-back de l’après For Ladies Only (1972), n’y est plus et s’éloigne de plus en plus de ce pourquoi on aimait ce groupe précédemment. J’entends par là la formation des débuts.

En panne d’arguments convaincants, dans un registre pop-rock décevant, on réservera ce Hour Of The Wolf (1975) aux inconditionnels de Steppenwolf, pour compléter leur collection seulement. Il n’est pas un grand succès commercial (aucun single) et pas un grand disque.

Caroline, qui ouvre, révèle un son différent avec lequel je n’ai pas beaucoup d’accointances. Exit le hard blues, l’univers proposé est résolument pop-rock. Aucune surprise dans le sac, l’album sent le réchauffé.

Steppenwolf ne propose rien de nouveau et surtout d’aguichant. La matière fait gravement défaut.  Seul Annie Annie Over se distingue ; c’est maigre et annonciateur d’un dépôt de bilan imminent. Je ne vois donc pas d’intérêt particulier d’en pincer pour ce disque si ce n’est pour ne manque pas un bouton à la discographie de Steppenwolf (RAZOR©).

 

1. Caroline (Are You Ready for the Outlaw World).

2. Annie, Annie Over.

3. Two for the Love of One.

4. Just for Tonight.

5. Hard Rock Road.

6. Someone Told a Lie.

7. Another's Lifetime.

8. Mr. Penny Pincher.

 

George Biondo:basse,chant.

Bobby Cochran:guitare.

John Kay:guitare,chant.

Jerry Edmonton:batterie.

Andy Chapin:claviers.

LP Studio 9 - 1976

 

Steppenwolf skullduggery

 

STEPPENWOLF

SKULLDUGGERY – 1976  1,5/5

 

Publié en 1976.

Produit par Steppenwolf.

Durée:34:26.

Label:Epic.

Genre:pop-rock.

 

La queue basse.

 

Il fallait le faire, contrat oblige. C’est fait. Point barre. On passe à autre chose plutôt que de rester à tartailler des heures inutilement sur un disque qui n’en vaut pas la peine.

Dire qu’il y a des chroniqueurs qui le pointent à 4, voire 5 étoiles. No comment. Il faut rester objectif. La casquette de supporter est parfois lourde à porter, demandez aux supporters messins.

Aucune chanson n’est à relever, le loup rebrousse chemin  la queue basse.  L’affaire finit en eau de boudin. Il est des moments où il vaut mieux s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Pour ne pas l’avoir appliqué à ses dépens, Steppenwolf signe ici sa plus grosse daube (RAZOR©).

 

1. Skullduggery.

2. (I'm A) Road Runner.

3. Rock and Roll Song.

4. Train of Thought.

5. Life Is a Gamble.

6. Pass It On.

7. Sleep.

8. Lip Service.

 

Bobby Cochran:guitare,chant.

John Kay:guitare,chant.

George Biondo:basse,chant.

Wayne Cook:claviers.

Jerry Edmonton:batterie,percussions,choeurs.

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