Stepson.

BIOGRAPHIE.

 

STEPSON/Portland (Oregon – USA)

 

Stepson2

 

Actif entre 1971 et 1974.

Labels:ABC Records.

Genre:hard rock,blues-rock,heavy psyh,boogie rock.

 

Fort, très fort, lourd, très lourd...

3 des 4 membres de Stepson ont été de l'album Touch, un trésor mésestimé du rock (1969), pondu par le groupe angelin du même nom, dont l'histoire est étroitement liée à Don Gallucci, un claviériste-compositeur ayant grandi avec les Kingsmen et fondateur de Don And The Goodtimes. Uriah Heep ou Yes reconnaîtront plus tard l'influence qu'eut ce disque sur leurs débuts, puis leur carrière.

La critique de l'époque s'est alors enflammée pour le seul opus du catalogue de Touch, de surprenants américains progressifs. Même les anglais, pourtant passés maîtres dans le genre, ont fait montre de beaucoup de déférence à son endroit. C'est dire le talent prêté aux trois acteurs en question : le chanteur Jeff Hawks, le bassiste Bruce Hauser et le guitariste Vern Kjellberg, appelé Joey Newman dans le milieu.

Quand ils passent sous leur propre bannière, à savoir Stepson, en 1971/72, les trois gaillards, rejoints par Len Fagan, font le choix de muscler leur musique en mélangeant du heavy psych, du blues-rock et des éléments de proto-punk et de lâcher du groove. Ils se posent alors comme un des groupes les plus lourds et les plus puissants de la région de Detroit (Portland).

Stepson bruce hauserBruce Hauser.

Stepson joeyJoey Newman.

Stepson jef hawksJeff Hawks.

Stepson faganLenny Fagan.

Stepson whiskey gogoUne dizaine de nuits au Whisky A-Go-Go.

Bass ass rock and roll...

Pas étonnant donc que les amateurs de Cactus, de MC5, de Mountain, du J.Geils Band, de Leafhound ou du Grand Funk Railroad, les férus de gros son, de riffs à la tronçonneuse, de méchant groove, de guitares torrides, de rythmique de déménageurs et de chants hurlés et éructés, en pincent pour ce groupe jouant fort, très fort, mais pas inintéressant.

Mal vendu par son entourage professionnel, mal promu, peu soutenu, il ne fait finalement pas long feu malgré un album éponyme tonitruant qui, au terme de son écoute, laisse la désagréable sensation à l'auditeur d'avoir pris une poutre métallique en pleine tronche. Il faut en être pour juger de ce que certains critiques qualifient de bad ass rock & roll.

Hélas, derrière, plus de son, plus d'images, Stepson disparaît après deux ans d'existence. Dommage, serait-on tentés de dire au regard de Stepson, leur seul album studio...

Direction Los Angeles.

Natif de Peckville (Pennsylvanie), Bruce Hauser en est le bassiste. Après avoir grandi dans la communauté de Montdale, sa famille déménage dans le Connecticut. A 8 ans, il se prend déjà pour Elvis, aussi la musique devient vite sa passion.

Après avoir pris des cours de guitare, il rejoint un premier groupe à 14 ans, Dickie & The Sierras qui évolue surtout dans les soirées amicales et scolaires.

Avec les Windjammers, les choses sérieuses commencent. La formation se produit surtout dans les clubs d'ados du Connecticut, les week-ends. En passant au sein des Gretschmen, une étape supplémentaire est franchie : les boites de nuit.

Bruce Hauser prend alors part à ses premiers enregistrements (des chansons de Sawyer Burton), lesquels hélas ne débouchent sur rien. Cet échec suscite néanmoins des envies d'autre chose et d'ailleurs. Cet ailleurs c'est la Californie et Los Angeles.

Don Gallucci, une belle rencontre.

En février 1967, à quelques encablures du Summer Of Love, le groupe, privé de certains de ses membres mobilisés par l'armée, se reconstitue via une nouvelle mouture, laquelle se retrouve en alternance comme groupe-résident du Galaxy sur Sunset Strip, avec Iron Butterfly, les canadiens de Sparrow (futur Steppenwolf) et The Fraternity Of Man. Ne parvenant pas à décrocher un contrat, cette incarnation se dissout fin 1967.

Survient alors la rencontre avec Don Gallucci, cité en préambule et sur le point de donner une nouvelle impulsion à son Don & The Goodtimes. Celui qui, à 15 ans, est l'auteur du célèbre riff d'orgue de Louie Louie (The Kingsmen) sollicite Hauser qui accepte l'offre de rejoindre ce qui devient The Fourth Way.

Au sein de ce groupe qui va migrer en Touch, Hauser côtoie l'excellent Jeff Hawks et Joey Newman, originaire de Seattle et ancien de Merrilee Rush And The Turnabouts Party, également de Seattle.

Aucun des trois n'est de L.A et le hasard fait qu'ils se retrouvent sur la côte est des Etats-Unis à évoluer ensemble auprès de l'ambitieux, inventif et influent Galluci. Cette collaboration jusqu'à Touch va énormément compter dans leur carrière respective.

De Touch à Stepson.

Au début des 70's, leur route se sépare toutefois. Hauser et Hawks continuent à travailler ensemble, alors que Newman transite par Blue Mountain Eagle (juin 1969), une structure montée sur les restes de Buffalo Springfield par Martin Dewey et dans laquelle il joue un rôle prépondérant en écrivant quasiment tous les titres du seul album (éponyme pour Atlantic/70), qui lui est crédité.

Au même moment, Jeff Hawks et Bruce Hauser évoluent dans Lil' Bit pour lequel ils recrutent Len Fagan, batteur originaire de New York avant de débarquer dans la vallée de San Fernando (Los Angeles). Jusqu'en 1968, il bat un peu partout avant de monter sa propre formation, Wichita Fall (1968) avec laquelle il enregistre un excellent LP de pop psychédélique, Life Is But A Dream (Liberty/Imperial Records/1969).

Mais Len Fagan (Feigin) n'aime pas, alors il rebondit sur The Freebs, avant d'intégrer Lil' Bit (70/71). Le groupe tourne surtout sur Los Angeles et récupère Joey Newman.

En 1972, Jeff Hawks profite de son amitié avec le producteur-ingénieur Wiley Brooks pour squatter les studios. Il bat le rappel de ses potes Bruce, Len et Joey et, après avoir mis en place un répertoire, enregistrent quelques sessions auxquelles le batteur Ron Woods et le guitariste Craig Tarwater prennent aussi part.

L'envol de Stepson.

On tient là les débuts de Stepson (1972), qui se met en quête d'un local pour pouvoir répéter dans des conditions à peu près décentes. Stepson ne se fait pas prier pour jammer jour et nuit, 24h/24... d'abord dans le garage des Hauser, puis dans une pièce aménagée en studio, sans climatisation et exigüe, avant d'occuper des locaux plus spacieux et bien équipés dans les studios Instrument Rentals d'Hollywood. Ces moyens mis à sa disposition permet à Stepson de progresser et, surtout, de prendre son envol.

En prenant de l'envergure, Stepson, managé par le légendaire Jerry Heller (Creedence Clearwater Revival, Pink Floyd, les Who, Elton John, Black Sabbath, Marvin Gaye...) se retrouve à l'affiche de salles de spectacles angelines autrement plus prestigieuses (le Long Beach Auditorium, le Long Beach Arena, le Santa Monica Auditorium, le Hollywood Palladium ou le Shrine Auditorium) que les petits clubs par lesquels le groupe a dû en passer jusque là. Ainsi au mythique Whisky-A-Go-Go d'Hollywood, il assure une dizaine de soirées.

Pris au sérieux par les organisateurs de concerts, le groupe est régulièrement invité à partager l'affiche avec les formations huppées du moment (Mountain, T.Rex, The Guess Who, Steely Dan).

A Reno (Nevada), il a le privilège d'ouvrir pour Quicksilver Messenger Service, tandis qu'il foule la scène du November Jam sur l'Ontario Motor Speedway (10 novembre 73) au milieu de pointures du rock telles que Chuck Berry et Three Dog Night, ainsi que celle d'Escondido, avec Dr Hook And The Medicine Show et Lee Michels.

Stepson bruce hauser 1

« Je me souviens avoir entendu parler d'une édition à 50.000 exemplaires du LP éponyme de 74, mais sans en être véritablement certain. Par contre ce dont je suis sûr, c'est que la photo de la pochette a été réalisée par Lorrie Sullivan et Jimmy Wachtel. Les enfants sur la photo sont Tommy Smothers Jr. Et trois de ses camarades d'école. L'intégralité du LP a été enregistré dans les studios Gold Star d'Hollywood où Phil Spector a réalisé la grande majorité de ses hits. » (Bruce Hauser)

Un LP détonant.

Durant sa courte existence, Stepson aura eu au moins le mérite de se montrer en public. Sa popularité tient essentiellement dans ses sorties remarquées, car ce n'est pas son unique album, l'éponyme Stepson (label ABC/1974), sorti dans l'indifférence la plus totale, sacrifié sur l'autel de la promotion et de la distribution (50.000 exemplaires dit-on), qui permet de maintenir hors de l'eau, la tête d'un groupe alors en proie à de sérieuses difficultés financières. Celles-ci amènent Stepson, désabusé, à se séparer dans la foulée.

La qualité de son seul legs discographique studio oblige à avoir des regrets que l'aventure ne se soit pas prolongée un peu plus. L'album, depuis réhabilité par la presse spécialisée, jouit d'un gros succès auprès des collectionneurs et des dénicheurs de trésors obscurs.

Bel exemple de hard rock/hard blues en mode Detroit, il est alimenté pour la plupart des titres par des pièces (assez sarcastiques) écrites par le groupe dont quelques unes très intéressantes comme It's My Life, Rude Attitude, Lil' Bit, Rule In The Book, sorties en singles en 1974, respectivement chez ABC et Probe (Japon).

Pour compléter l'oeuvre de ce groupe détonant, The Lost Tapes 72/74 (publié début 2013 chez Rockadrome) est publié quatre décennies après le retrait de Stepson. Longtemps espérés, ces enregistrements voient enfin le jour grâce à Len Fagan qui met les bandes de l'époque à disposition afin de les transférer sur support numérique.

Avec le soutien et l'apport technique d'Hauser, une belle collection de 12 chansons (parfois embryonnaires et brutes de décoffrage) s'invite désormais au catalogue du groupe de Portland. Et c'est un plaisir que de redécouvrir le son typique de Stepson, la férocité de la guitare de Newman, la voix si expressive de Hawks ainsi que la fureur de la rythmique Hauser/Fagan. Un très bon groupe qui fait juste du rock'n'roll (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1974

 

Stepson lp 74

 

STEPSON

STEPSON – 1974 3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Bob D'Orleans.

Durée:39:09.

Label:ABC Records.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Bon à prendre.

 

Stepson, originaire de Portland, n’a pas inventé l’eau chaude, cela se saurait depuis. J'évoque là la musique qu'il développe, bien évidemment. Ce pour quoi il est connu (encore que…), il le fait correctement, à savoir du hard blues de fort bon calibre, joué en se frisant les moustaches, à l’aide Blaise, fort et puissamment, mais des comme Stepson, on en rencontre malheureusement beaucoup en cette première moitié des seventies.

Ce qu'il pratique toutefois lui vaut de s’attirer au passage des éloges bien mérités de la part des professionnels qui jugent le seul et unique LP 1974/ABC Records) de leur existence, l’éponyme Stepson (en écoute intégrale ici) comme complet, globalement compétent et agréablement surprenant.

J'adhère totalement à ce constat : voix taillée sur mesure pour ce répertoire (Jeffrey Hawks), une rythmique qui ne fait pas le déplacement pour rien et pas là pour amuser la galerie (Bruce Hauser et Len Fagan), une guitare mordante qui la joue solo ou qui riffe à tout berzingue (Joey Newman), une belle utilisation de l’harmonica, des titres maison... il n’en faut pas plus pour que la mayonnaise monte et se révèle goûteuse comme j’ai pu en juger en y trempant un doigt.

Rude Attitude, I Apologize, Hurt Burnin’ dépassent les autres chansons d’une courte tête. Ma foi, une belle collection d’ensemble qui ne déçoit jamais. Attention, ça peut piquer... (RAZOR©)

 

1. Rule In The Book.

2. Lil´ Bit.

3. Rude Attitude.

4. It´s My Life.

5. I Apologize.

6. Suffer.

7. Back To Bama.

8. Man, I´m A Fool.

9. Turnpike.

10. Burnin´ Hurt.

 

Len Fagan:batterie.

Bruce Hauser:basse.

Jeffrey Hawks:chant.

Vern Kjellberg (Joey Newman):guitare.

Jeff Simmons:harmonica sur 2.

Jimmy Scooter Greenspoon:claviers sur 1/5/6.

John Gallucci:piano sur 7.

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