Stone The Crows.

BIOGRAPHIE.

 

STONE THE CROWS/Glasgow (Ecosse)

 

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Actif entre 1968 et 1973.

Label:Polydor.

Genre:blues-rock.

 

Son sort était scellé.

Stone The Crows est écossais. Il a tenu son rang, en Grande-Bretagne, entre la fin des années 60 et le début des années 70, sans jamais toutefois appartenir au gratin du blues-rock de l'époque et de la place, son genre de prédilection.

Groupe secondaire, victime de la prolifération du blues-rock britannique, de ses faiblesses au songwriting, de son absence de promotion dans les bacs, mais surtout de la perte accidentelle de son guitariste vedette Leslie Harvey (1972), Stone The Crows n'en a pas moins fait parler de lui en publiant quatre LP suffisamment intéressants pour lui accorder de l'attention. L'autre élément ayant permis à ces écossais de sortir la tête de l'eau, c'est Maggie Bell, sa chanteuse souvent comparée à Janis Joplin. Avec James Dewar, l'autre immense voix du combo écossais, elle constitue la force de Stone The Crows.

Issue d'une famille de musiciens, cette artiste à la voix soul impressionnante, au style vocal puissant et animé de beaucoup de passion, brille depuis son adolescence au sein d'orchestres locaux, avant de chanter sur les bases aériennes américaines cantonnées en Allemagne. A son retour sur le sol écossais, elle et le guitariste Leslie « Les » Harvey, ex Blues-Council, groupe prometteur mais lui aussi frappé par le malheur, passé ensuite par Cartoone, fondent Power qui devient plus tard Stone The Crows. Les Harvey a été approché par les Animals, c'est dire le respect qu'il suscitait dans le milieu. Sa perte, en 1972 à Swansea, alors qu'il est électrocuté sur scène par un micro, signe la fin de la première mouture de Stone The Crows. Il avait 27 ans. Tiens, tiens...

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Stone the crows 1

Stone the crows maggie bell

Deux line-up, 4 LP.

Le Stone The Crows de la première génération, créé en 1969, a été géré par Mark London et Peter Grant, l'homme derrière Led Zeppelin ; cet intérêt est révélateur du potentiel que l'on prête alors à ces écossais qui, outre Bell et Harvey, comptent également dans leurs rangs le batteur Colin Allen, ancien du Big Roll Band de Zoot Money et Andy Summers, musicien de sessions pour Dylan, John Lee Hooker, Sonny Boy Williamson, Memphis Slim, Solomon Burke, les Bluesbreakers de Mayall, Donovan, Mick Taylor. A ce dernier, il convient de rajouter le regretté James Dewar (très bon chanteur mort en 2002), qui deviendra un temps le chanteur-bassiste de Robin Trower, ainsi que le claviériste John McGinnis dont l'orgue déjanté ne passe pas inaperçu. Ce line-up est présent sur les deux premiers LP du groupe, à savoir l'éponyme Stone The Crows et Ode To John Law, tous deux de 1970.

Le premier des deux opus de Stone The Crows, sorti début 1970 chez Polydor, malgré la prestation vocale fantastique de Maggie Bell (et le chant très compétent de Dewar) révèle déjà des carences criardes au niveau de la matière ; au regard du potentiel développé par ce collectif (Harvey était un guitariste fluide, sensible et créatif), il est à parier que si la formation avait pu disposer d'une véritable force au niveau de ses compositions, elle aurait rejoint le lot des très bons groupes que comptait alors le blues-rock british, Led Zeppelin compris. En public, Stone The Crows ne craignait personne.

Quoi qu'on en pense, c'était du lourd.

Malgré ces insuffisances, Maggie Bell est nommée pour le titre de meilleure chanteuse féminine de l'année 1971 (Melody Maker) ; Stone The Crows est tenu en bonne estime mais il lui manque encore de quoi franchir un palier. Pour l'heure, la belle Maggie tient le groupe à bout de bras, même si ce premier LP blues-rock à tendance progressive n'est pas à négliger, loin s'en faut.

Le deuxième LP, Ode To John Law, sorti dans la deuxième partie de l'année 70, est meilleur ; il focalise sur le jeu de guitare incendiaire de Harvey, reproduit une grosse performance de Maggie Bell (et de Dewar), mais ne résout toujours pas la déficience affichée de son songwriting. Comme aucun titre majeur ne vient tirer vers le haut cet album, Stone The Crows fait encore chou blanc dans les bacs, malgré une maturité avérée et une puissance supplémentaire.

Stones The Crows comme Ode To John Law sont porteurs de très grosses promesses, annonciateurs d'un brillant avenir. Le destin en décida autrement.

Les départs conjoints, en 1971, de James Dewar et de John McGinnis, palliés par les arrivées respectives de Steve Thompson, alors bassiste de John Mayall (4 LP) et de Ronnie Leahy (Nazareth) marquent les premiers pas du line-up de la deuxième génération de Stone The Crows : le line-up maudit puisque subissant de plein fouet la disparition de son excellent guitariste, Les Harvey. Jimmy McCulloch (ex-Thunderclap Newman), avant qu'il ne rejoigne les Wings de Paul McCartney, reprend le poste.

Stone the crows maggie bell 2

« Quand Leslie nous a dramatiquement quittés, le cœur et l'âme du groupe se sont envolés. Stone The Crows n'a plus jamais été le même après sa disparition, d'autant qu'il était notre songwriter attitré. Côté guitare, Peter Green, ex-Fleetwood Mac, devait le remplacer.

Il a répété avec nous pendant quatre semaines, mais, la veille du festival où il devait faire ses débuts, il nous a laissés en plan. Steve Howe de Yes a pallié ce contretemps, puis Jimmy McCulloch a repris le poste, mais en pure perte. Sans Leslie, fondateur du groupe, plus rien n'a jamais été pareil. » (Maggie Bell)

Stone the crows leslie harvey

Un catalogue bien meilleur qu'il n'y paraît.

Les Harvey est encore du troisième LP, l'excellent Teenage Licks (1971). Stone The Crows est alors à son meilleur et prend part à tous les grands festivals rock internationaux aux côtés des stars du moment comme Roxy Music, David Bowie, Marc Bolan, MC5, Frank Zappa ou encore Edgar Winter. La popularité est là qui lui tend désormais les bras, sauf que le 2 mai 1972, tout s'écroule. Ou ne va pas tarder à s'écrouler, car avec l'apport de McCulloch et alors que Peter Green est d'abord pressenti pour remplacer Harvey, le groupe, dévasté et sous le choc, va faire un peu de rab, sans jamais trop espérer. Avait-il seulement le cœur à y croire ?

Le quatrième jet du groupe, Ontinuous Performance (1972), est déjà bien avancé quand le drame affectant Harvey survient. McCulloch fait de son mieux pour faire oublier son prédécesseur à la guitare, lequel a droit à un sublime hommage dans le titre qui referme l'album : le touchant Sunset Cowboy. Stone The Crows rompt en juin 1973.

McCulloch rejoint McCartney, Colin Allen Focus tandis que Maggie Bell poursuit de son côté en solo, publiant deux albums, Queen Of The Night (1974) et le très convaincant Suicide Sal (1975) sur lequel elle bénéficie de l'appui de Jimmy Page. Elle est toujours très active et sa voix d'une grande intensité émotionnelle fait aujourd'hui les beaux jours du Hamburg Blues Band, une constellation d'anciennes étoiles de la scène rock des 60's/70's. Elle y a toute sa place (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 70'S

LP Studio 1 - 1970

 

Stone the crows lp 70

 

STONE THE CROWS

STONE THE CROWS – 1970 3,5/5

 

Publié le 1er janvier 1970.

Produit par Mark London.

Durée:38:01.

Label:Polydor.

Genre:blues-rock,hard rock,boogie rock,blues.

 

Que de Bell promesses !

 

L’histoire de Stone The Crows prend naissance à Glasgow, en 1968, date à laquelle, sous la houlette de Maggie Bell et de Leslie Harvey, le groupe fait parler de lui pour la première fois. Ils ne sont alors que les Power, pour lesquels, Peter Grant, pourtant difficilement impressionnable du fait de son statut de manager de Led Zep et qui donc en a vu d’autres, s’entiche. Il tombe sous le charme de cette formation enthousiasmante, aux racines solidement ancrées dans la terre bleue et de sa chanteuse, Maggie Bell, ex-étalagiste, dotée d’une sublime voix rauque et chargée d’émotion. La comparaison avec Janis Joplin tombe sous le sens.

Stone The Crows profite de cet indéniable atout pour installer un blues-rock puissant et sans détour, peaufiné pendant les années de galère précédentes. L’excellent guitariste Leslie Harvey, transformé par un court séjour chez l’Oncle Sam, est l’autre élément focal de Stone The Crows, capable, selon le besoin, de jouer le feu ou plus sobrement.

Sa vision au retour des Etats-Unis change radicalement le regard du groupe qui, au lieu de continuer à couvrir des reprises d’autrui, se lance dans la composition de ses propres chansons. La rythmique n’est pas en reste, composée de Colin Allen qui a battu pour Mayall et Jimmy Dewar, solide bassiste très apprécié dans le milieu, deuxième voix du groupe et aussi graveleuse que celle de Maggie. Le claviériste John McGinnis complète ce line-up chapeauté par Peter Grant.

Un premier LP découle rapidement de cette union : l’éponyme Stone The Crows (1970). Il se fait dans les studios londoniens et indépendants d’Advision, l’un des lieux d’enregistrement les plus en vogue en Europe, l’un des plus modernes, bénéficiant des dernières technologies et apte à accueillir une soixantaine de musiciens. Yes et ELP, notamment, y ont réalisé leurs plus grandes œuvres.

Leur premier disque a Mark London pour producteur. Sa face A intègre quatre titres inégaux: le merveilleux et mélodieux slow blues The Touch Of Your Loving Hand, au chant superbement réparti entre Bell et Dewar et qui confirme la douceur et la finesse du jeu de guitare de Leslie Harvey (le tout sur un fond d’orgue délicieux), Raining in Your Heart, plus rock, mais moins croustillant, le bluesy traditionnel Blind Man, repris à Josh White, un des grands fondateurs de l’école du Piedmont Blues et une des influences de Maggie Bell, ainsi que Fool Of The Hill des Beatles, dans une version plus soul et complètement détournée de l’original.

Le verso du vinyle est couvert par une suite en dix-huit minutes plutôt expérimentale, et en quatre phases : I Saw America. Elle se déroule comme une sorte de carnet de voyage musical et, dans un concept un peu progr, relate la découverte des States par Stone The Crows, sur un rythme influé par le rock, le blues, le jazz et la soul.

Personnellement, je trouve cette approche un peu présomptueuse et de nature à faire baisser le niveau du disque. Mais, ne tirons pas sur l’ambulance ; pour un début dans la profession, cet éponyme démontre que les écossais ont les ingrédients qu’il faut pour percer sur l’échiquier du début des années 70 : de la puissance, du graveleux, de la matière et du talent.

En dépit du fait que Stone The Crows soit un des meilleurs trucs de blues-rock du moment que j’ai entendu (je parle de sa face initiale), le démarrage est difficile et la bande à Bell, mal payée de ses efforts. Pourtant, hors de question d’en douter, Stone The Crows est une vraie valeur anglaise de ce temps d’alors (RAZOR©).

 

1. Touch of Your Loving Hand.
2. Raining in Your Heart.
3. Blind Man.
4. Fool on the Hill.
5. I Saw America.

 

Maggie Bell:chant.

Les Harvey:guitare.

John McGinnis:claviers.

James Dewar:basse,chant.

Colin Allen:batterie.

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