Suzi Quatro.

BIOGRAPHIE.

 

SUZI QUATRO/Detroit (Michigan – USA)

 

 

Suzi quatro jeune

 

 

Née Susan Kay Quattrocchio,le 3 juin 1950 à Detroit.

Active depuis 1964.

Labels:Mercury,RAK,Arista,EMI,BGO,RSO,AIP...

Genre:rock,hard rock,glam rock,pop-rock.

Site officiel:susiquatro.com

 

Mettre les hommes en boite...

 

Quand Susan Kay Quattrocchio a débuté son parcours, dans les années 60, on pouvait compter sur les doigts d'une main les groupes de filles. On peut avancer, sans risquer de choquer la plus jusqu’au-boutiste des féministes, que celles-ci n'étaient pas toujours en odeur de sainteté dans un univers machiste comme jamais et aux préjugés alors sexistes.

 

La native de Detroit fut toutefois une des premières figures du rock féminin à être prise réellement au sérieux par les mecs et par le milieu de l'industrie du disque, mais il fallut attendre la fin de la décennie pour qu'il en soit ainsi.

 

Son hit de 1973 (5 ans après Mary Hopkin, la dernière artiste solo à occuper la tête des charts UK) et N° 1 britannique, Can The Can (vendu à 2 millions et ½ d'exemplaires), propose ni plus, ni moins, de mettre les hommes en boîte...

Suzi quatro introSuzi Quatro : mettre les hommes en boite.

Suzi quatro pleasure seekersThe Pleasure Seekers.

Suzi quatro cradleCradle, où Mickie Most la repère.

Suzi quatro 2020Toujours active en 2020.

Suzi quatro can the can 2Can The Can, son hit de 1973.

Toujours active à ce jour.

 

Le pif intuitif légendaire de Mickie Most, resté célèbre pour avoir débusqué les Animals, favorisé l'éclosion, entre autres, d'Herman's Hermits, de Donovan ou du Jeff Beck Group, ainsi que pour avoir jeté les bases des Yardbirds (futurs Led Zeppelin), n'était pas enrhumé quand il a flairé l'opportunité de prendre sous sa coupe la jeune artiste découverte à Detroit, alors qu'elle évolue encore au sein des Cradle.

 

Première femme bassiste, Susi Quatro, toujours active en 2020, a suscité les vocations d'autres musiciennes et figures féminines du rock, comme Chrissie Hynde (The Pretenders) ou Joan Jett (The Runaways, The Blackhearts). Suzi Quatro, moulée dans sa tenue en latex et au jeu de scène torride, a ouvert une porte dans laquelle certaines artistes se sont engouffrées.

 

Alors qu'elle est aujourd'hui septuagénaire, celle qui fut Leather Tuscadero dans le feuilleton Happy Days, continue à arpenter les scènes de la planète où elle jouit d'une popularité jamais démentie.

 

Nul(le) n'étant prophète en son pays, il n'est que les États-Unis à ne jamais s'être trop enflammé pour cette star sauvage du glam rock, auteur de titres qui ont rencontré le succès dans les charts grands-bretons des 70's : Can The Can, Devil Gate Drive, 48 Crash, The Wild One ou If You Can't Give Me Love.

 

Sur le terreau de Detroit.

 

C'est à Detroit, dans le Michigan, que la petite Susan voit le jour. Le 3 juin 1950, son arrivée vient égayer le foyer des Quattrocchio, des abruzzais débarqués aux États-Unis dans le sillage du grand-père paternel, Michele.

 

Quatrième d'une fratrie de 5 enfants, Suzi a trois sœurs et un frère : Arlene Sue (1941), Michael (1943), Patricia Helen, dite Patti (1948) et Nancy Jean (1953).

 

Ses parents, Arthur et Helen (née Sanilay), ont la fibre musicale. Le paternel est jazzman semi-professionnel (Art Quatro Trio), bien que travaillant pour General Motors, tandis que la maman, d'origine magyar, soutient l'éveil musical de ses enfants en favorisant leur formation en chant.

 

A 6 ans, Susan sait déjà ce qu'elle veut faire plus tard : de la musique. Comme Elvis Presley qu'elle découvre un soir à la télévision, sa première influence. Elle apprend le piano classique, la basse, la guitare et les percussions. Huit ans plus tard (1964), elle reçoit en cadeau de son père sa première basse Fender, une 1957 Precision.

 

Cet événement amène la jeune fille à quitter ses études pour intégrer une première formation exclusivement féminine, celle formée, en mai 1964, par sa sœur Patti Quatro. Les Pleasure Seekers d'origine recensent également Nancy Ball, Mary Lou Ball et Diane Baker, fille du pianiste du groupe d'Art Quatro.

 

Quelques semaines après leurs premiers pas, le groupe obtient un créneau horaire dans un club pour teenagers de Detroit, le Hideout. Bien que n'ayant pas de direction artistique particulière, les demoiselles se font remarquer sur la place garage de la cité automobile.

 

Arlene Quatro, deux ans plus tard, rejoint cette formation à caractère familial en remplaçant Diane Baker, tandis que Leo Fenn, son mari, en devient le manager dès 1966.

Le rôle déterminant de Mickie Most.

 

Les Pleasure Seekers publient un premier single, Never Thought You'd Leave Me/What A Way To Die (Hideout Records/1965), sorti uniquement aux States, suivi de Good Kind Of Hurt, de Light Of Love, chanté par Suzi et Locked In Your Love pour Mercury Records.

 

Les filles de Detroit sont les premières à être signées sur un label majeur en mars 68. Elles s'en détachent à l'automne de la même année, au motif de continuer à jouer du hard rock et non pas une musique qu'on leur impose.

 

Fin 1969, les Pleasure Seekers deviennent Cradle, alors managé par Arlene Quatro, et que découvre, un soir de juin 1970, Mickie Most, en déplacement à Detroit avec le Jeff Beck Group dont il gère la carrière.

 

Le producteur anglais en pince plus particulièrement pour la petite chanteuse-bassiste, laquelle n'est plus à l'aise dans ce groupe qui, en juillet 1971, a laissé entré un homme à la batterie (Gerard Jerry Nolan, futur New York Dolls). L'affaire tombe à l'eau.

 

Sur le point de se séparer, Susan renoue alors avec le britannique qui, avec Peter Grant, manager de Led Zep, vient de créer son propre label, RAK Records. Dans le même temps, Jac Holzman (Elektra) veut faire de la native de Detroit la nouvelle Janis Joplin.

 

C'est Mickie Most qui enlève l'affaire (1971) et la prend sous son aile en Angleterre. Il lui a promis de faire d'elle une artiste solo, Suzi Quatro va s'installer comme une star du glam rock et briser le moule de la femme dans le hard rock.

 

Côté familial, c'est plutôt la soupe à la grimace. On fait payer à la jeune femme son exil en Europe et l'incidence de sa décision sur la suite des carrières de ses sœurs. Cradle, cela va de soi, n'y résistera pas.

 

Seule, avec peu d'argent en poche, livrée à elle-même, Susan n'a que sa détermination pour s'en sortir et Mickie Most pour contribuer à sa réussite. Durant un an, elle vit à l'hôtel et a le soutien financier de son protecteur pour se nourrir.

Suzi quatro portrait

« Je n'oublierai jamais cette couverture de Rolling Stone. Pour une américaine, c'est important. Je suis née et j'ai grandi à Detroit. Jusqu'à 21 ans. Rolling Stones, c'est la Bible. Alors y figurer en Une, c'est un plaisir indescriptible, une fierté innommable. Je l'ai encadrée et accrochée en bonne place dans ma chambre. Quand je regarde cette photo, je me dis que je suis fière de tout ce que j'ai fait. » (Suzi Quatro)

L'explosif Can The Can.

 

Rolling Stone, son premier single, est publié en 1972. Il rencontre un succès très limité en Europe, seul le Portugal en pinçant vraiment pour le titre. Pour l'anecdote, Peter Frampton, Duncan Browne et Alan White contribuent à son enregistrement.

 

En réponse à ce départ mitigé, le manager lui adjoint alors un groupe (Alastair McKenzie, Dave Neal, Len Tuckey et parfois Robbie Blunt) et un duo de compositeurs avisés, Mike Chapman et Nicky Chinn, et ce partenariat va rapidement se révéler efficace et payant. L'artiste peaufine également son look en s'affublant désormais de tenues en cuir qui lui donne un côté androgyne.

 

En pleine mouvance glam, la suite donne raison à Most, d'autant que celui-ci trouve un accord avec les irlandais de Thin Lizzy et Slade pour que sa protégée ouvre les concerts de leur tournée britannique respective. Cerise sur le gâteau, Suzi Quatro a le privilège d'utiliser la sono du groupe de Phil Mynott à cette occasion.

 

Dès le deuxième single, l'américaine explose les compteurs. Can The Can (mai 1973) arrache le premier rang des charts UK (juin 73) et inonde le marché européen. En Australie, le titre cartonne aussi. Aux States, la bassiste doit se satisfaire d'une 56ème place du Billboard 100, mais plus tard (1976).

 

La Une de Rolling Stone.

 

Derrière, 48 Crash et Daytona Demon, la même année, Devil Gate Drive, un an plus tard (74) font quasiment aussi bien que Can The Can. Un premier album, éponyme, sort en octobre 1973 ; il rencontre un franc succès au Royaume-Uni (N°32), plus généralement en Europe, ainsi qu'en Australie (N°2). Les États-Unis continuent à bouder son auteur.

 

Jusqu'à la fin des 70's, Suzi Quatro va connaître son apogée artistique, même si ses singles s'avèrent moins vendeurs que ceux de la première moitié de la décennie. La preuve : elle fait la Une du prestigieux magazine Rolling Stone (1975).

 

Les albums Quatro (1974), Your Mama Won't Like Me (1975), Aggro-Phobia (1977), If You Knew Suzi (1978), Suzi... And Other Four Letter Words (1979) alimentent son catalogue des seventies, mais sans vraiment marquer les esprits.

 

La collaboration avec Mickie Most et RAK prend alors fin, Chapman's Dreamland Records prenant alors le relais en 1980. Elle fait alors le choix de se réinventer.

 

Au rock, elle ajoute la production musicale, le cinéma, la TV, l'animation radio et continue toujours aujourd'hui à arpenter les scènes et les studios (No Control, son 17ème opus, est sorti en 2019). Pour le plus grand bonheur de ses fans, Leather Tuscadero n'a jamais supplanté Suzi Quatro (RAZOR©2020).

 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Suzi quatro lp 2

 

SUZI QUATRO

SUZI QUATRO – 1973  4/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par Mike Chapman,Nicky Chinn.

Durée:50:10.

Label:Rak records.

Genre:glam rock,rock.

 

Suzi, chef de bande.

 

C'est plus la curiosité pour les choses du rock qu'un réel intérêt pour la musique de la dame qui m'a fait consacrer une étape au sujet Suzi Quatro. A l'époque, autrement dit au début des 70's, la fille de Detroit m'était complètement indifférente (eh oui, j'y étais) et le genre qu'elle pratique alors ne m'inspire pas plus.

 

Le glam rock, n'est pas ma tasse de thé et je n'ai connaissance de son existence qu'en entendant son titre Can The Can éructé en boucle par les enceintes des auto-tamponneuses de la fête foraine locale, comme Deep Purple et son Smoke On The Water, Adriano Celentano et son Prisencolinensinainclusol, Gilbert O' Sullivan et son Get Down, Lou Reed et son Walk On The Wild Side...

 

En grattant pour en savoir plus sur le sujet, il ressort que la pépette en question, sous des abords frêles et discrets malgré le cuir et les clous, est une des premières et rares musiciennes (elle est bassiste) à évoluer dans un milieu où le poil et la testostérone priment. Ces messieurs se sont appropriés le rock, les nanas ils n'en veulent pas...

 

La nénette de Detroit, une scène où elle en a certainement vu d'autres des michetons tatoués, n'a pas froid aux yeux et les gaziers de l'Old Albion, où Mickie Most l'a installée pour en faire une star, vont l'apprendre à leurs dépens. L'italo-américaine n'attend pas des lustres pour se faire une place dans cet univers couillu. Dès son premier album, en fait.

 

Celui-ci est éponyme et est publié sur le label RAK (1969), monté par l'intuitif Mickie Most, un mec qui sait y faire pour transformer en or tout ce qui passe entre ses mains.

 

En consacrant un minimum de moyens, le producteur et dénicheur de talents anglais était en mesure de révéler des talents et d'en faire des stars. Souvenons-nous des Animals, d'Herman's Hermits, de Donovan,The Nashville Teens, des Arrows, Hot Chocolate et du Jeff Beck Group. Il en fait de même avec Susan Quattrochio, alias Suzi Quatro.

 

Le LP en question, chaud comme la braise, sort en octobre 1973. La critique lui déroule le tapis rouge mais ; mieux que ça, il réussit aussi dans les bacs, culminant à la 32ème place au Royaume-Uni et se comportant plutôt bien en Europe. Il n'est qu'aux États-Unis que la rockeuse, qui se pose pourtant ici comme un véritable chef de bande (le guitariste Len Tuckey, le batteur Dave Neal et Alastair MCKenzie compètent le line-up), peine à convaincre.

 

Entre reprises bien senties de Lennon/McCartney (I Wanna Be Your Man), d'Otis Blackwell qu'Elvis reprend à son compte (All Shook Up), de Johnny Kidd And The Pirates (Shakin' All Over), entre l'apport efficace du tandem de l'écriture et de la prod Mike Chapman/Nicky Chinn recruté par Rak dans le but de pondre des Crash et Primitive Love ainsi que celui, majoritaire de Suzi Quatro et de son futur mec Len Tuckey (Glycerine Queen, Shine My Machine, Official Suburbian Superman, Stick & Stones, Skin Tight Skin, Get Back Mama et Rockin' Moonbeam), l'album a du coffre et de la personnalité, porté par la voix puissante et pleine d'autorité de Suzi.

 

On passe un bon moment ici et, visiblement, c'était l'intention de la dame (RAZOR©).

 

 

1. 48 Crash.

2. Glycerine Queen.

3. Shine My Machine.

4. Official Suburbian Superman.

5. I wanna Be Your Man.

6. Primitive Love.

7. All Shook Up.

8. Sticks & Stones.

9. Skin Tight Skin.

10. Get Back Mama.

11. Rockin' Moonbeam.

12. Shakin' All Over.

 

 

Suzi Quatro:basse,chant.

Len Tuckey:guitare,slide guitare,chœurs.

Alastair McKenzie:piano électrique,Mellotron,chœurs.

Dave Neal:batterie,chœurs.

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