Taste.

BIOGRAPHIE.

 

TASTE/Cork (Irlande)

 

Taste 2eme mouture

 

Actif entre 1966 et 1971,réactivé en 1996.

Labels:Verve,Polydor,Major Minor,Bad Reputation.

Genre:blues-rock.

La deuxième vague du blues british.

Avec Taste, formation de la seconde vague de blues britannique, les voltmètres des amplis de nos chaînes stéréophoniques se sont soudainement affolés et mis dans le violet, les enceintes à cracher des décibels comme jamais auparavant, la musique blues à décoller, du jour au lendemain, avec une puissance rare sous la guitare incendiaire de son leader irlandais, Rory Gallagher et de la rythmique de ses compatriotes Eric Kitteringham et Norman Damery, respectivement bassiste et batteur.

Taste the fontana show bandNé sur les cendres de Fontana Show Band...

Taste rory...et impulsé par Rory Gallagher...

Taste first line up...Eric Kitteringham et Norman Damery (1er line-up)...

Taste wight..Taste fut la surprise de Wight (70)...

Taste 2eme mouture 1...dans sa 2ème incarnation...

Taste on the boards...également derrière le sublime On The Boards. 

Taste sam davidson s tasteTaste réapparu sous Sam Davidson's Taste.

En 1966, date de leur constitution, les Corkéens de Taste proposent déjà en 1966 un blues-rock de derrière les fagots, baraqué, rude, travaillé et retravaillé dans les pubs enfumés de la cité comme le Ziggy's Rock où Gallagher avait ses attaches.

Un power-trio de derrière les fagots.

L'histoire de Taste est surtout celle de Rory Gallagher, formé très tôt à la guitare et membre juvénile de l'orchestre de bal The Fontana Show au milieu des 60's.

Il a 16/17 ans quand la british invasion redistribue les cartes sur la planète rock, quand la révolution musicale accouche d'une nouvelle génération de groupes en Grande-Bretagne (Beatles, Stones, Yardbirds, Animals...).

Le Fontana auquel il appartient suit le mouvement et fait évoluer sa musique. Pour ce, la formation devient The Impact qui s'installe sur Londres et se voit offrir quelques malheureuses piges en Angleterre (1965).

Mais le répertoire conservateur du groupe ne plaît pas à Rory dont l'avenir musical s'échafaude autour du blues-rock. Avec la rythmique de The Impact, il se met en tête de marcher dans les pas de Beatles en revenant en douce à Hambourg, là où The Impact s'était précédemment produit.

A son retour à Cork, un an plus tard, Gallagher est persuadé d'un fait : la suite de sa carrière se fera en trio. Déterminé, le guitariste part à la recherche de nouveaux musiciens.

Il tourne officiellement le dos The Impact et tombe d'accord avec le batteur Norman Damery et le bassiste Eric Kitteringham, membre des Axels, qui partagent la même vision.

Un statut différent.

Taste est né (août 1966). Formé à Cork, il ne s'y attarde pas pour autant et migre sur Belfast, alors centre musical en vogue en Irlande. Gallagher et ses potes s'y établissent dès 1967.

Ils y jouissent rapidement d'une très forte popularité, devenant même le groupe maison de l'hôtel Maritime de la capitale nord-irlandaise (Club Rado).

Par ailleurs, Taste assure les premières parties de formations comme les Bluesbreakers de Mayall, de Cream, Fleetwood Mac, Jethro Tull.

Dans le même temps, soutenu par Clapton et Lennon, Taste fait de plus en plus de dates au Marquee londonien. Il y acquiert un statut différent ; ses prestations sont louées et Gallagher y est vu comme un guitariste exceptionnel.

Trop bon même pour les partenaires avec lesquels il va tourner jusqu'en mai 1968, date à laquelle le manager de Taste, Eddy Kennedy, insiste pour changer la rythmique. Ce qui est fait. Lassés par la vie sur la route, Damery et Kitteringham (décédé en mai 2013) ne s'y opposent pas.

La deuxième incarnation de Taste.

Cette décision signe la fin de la première incarnation de Taste, resté plus de 2 ans et des ensemble et auteur d'un single, Blister On The Moon/Born On The Wrong Side Of Time (avril 1968/Major Minor).

Plus tard sortira un LP enregistré en juillet 67 avec le même line-up et nommé (Taste First – 1972 – BASF). La pochette de cette édition allemande attribue injustement la performance à Gallagher et aux successeurs de Kitteringham et Damery.

La suite s'écrit avec le bassiste Richard « Charlie » McCracken et le batteur John « Gipsy » Wilson. Le Taste nouveau s'installe définitivement à Londres.

Il vient de signer avec le label Polydor pour l'Europe, tandis qu'aux États-Unis Atco, filiale d'Atlantic, s'approprie les droits de le distribuer.

D'autre part, après avoir ouvert le concert d'adieu de Cream (26 novembre 68), le trio part faire une tournée de l'autre côté de l'Atlantique et au Canada où il ouvre pour Blind Faith (juillet/août 69).

Pour Polydor, quatre LP sont réalisés par cette mouture : deux studio, Taste et On The Boards, respectivement publiés en avril 69 et en janvier 70, et deux live posthumes, sortis en 1971, à savoir Live Taste (février) et Live At The Isle Of Wight (décembre), alors que Gallagher a fait volé en éclats Taste le soir du 31 décembre 1970.

L'incontournable On The Boards.

Avant de partir chez l'Oncle Sam soutenir le projet annoncé de super groupe (Blind Faith est composé de Clapton, Winwood, Baker et Grech), l'album Taste est publié en avril 1969.

Simple mais efficace, ce premier opus de blues-rock, manquant indéniablement de cohérence et encore un peu cru, s'articule autour de titres écrits par Rory et de reprises.

Leaving Blues, Born On The Wrong Side Of Time, Dual Carriageway Pain, Sugar Mama, Same Old Story, Blister On The Moon et Catfish en sont les pièces les plus significatives.

Gallagher est au cœur du succès de Taste. Sa guitare est puissante et virtuose, sa voix est forte bien qu'encore mal calée mais le binôme fonctionne déjà très bien.

Il va se montrer nettement plus à son avantage lors du LP suivant, On The Boards, tombé dans les bacs tout au début de l'année 70.Ce disque louvoie entre tout ce que Gallagher et son unité d'élite maîtrisent à merveille : le blues, le rock (bien lourd), le jazz, la country, la technique.

Ajoutez-y une pincée de passion, un zeste de soin dans la production, des chansons meilleures et vous obtenez le nectar du catalogue de Taste. La presse lui réserve un accueil élogieux.

Wight et des relations de plus en plus tendues.

L'année 70 est une année à marquer d'une pierre blanche pour la bande à Rory puisque, outre ce sublime LP qui se classe au 18ème rang des classements britanniques, Taste y va également d'une énorme prestation à l'île de Wight dans le cadre de son festival.

Son passage, le 28 août 1970, sur les planches de ce légendaire événement ne passe pas inaperçu. Le trio, alors en proie à de graves dissensions en interne et des problèmes de fric, ne laisse rien paraître de ses problèmes et assure un set époustouflant comme on peut en attester à l'écoute de l'album live (Live at The Isle Of Wight/décembre 71) et des images réalisées dans ce cadre, via le film de Murray Lerner de 1996 (Message To Love). Deux titres de Taste y sont visibles : Sinner Boy et Gamblin' Blues.

Taste chris barber

«Je suis toujours heureux de voir des gens pratiquer le blues que j'aime. Rory était l'un des rares joueurs virtuoses sur la place. Beaucoup de guitaristes avaient un bon son, mais Rory vous laissait bouche bée. J'habitais au dessus du Marque. Un soir, quand il s'est produit au club, j'ai pris mon trombone et rejoint Taste sur scène pour une jam. Cela peut paraître étrange, un joueur de trombone rejoignant un trio de blues-rock sur scène, mais nous avons jammé. Nous étions donc, guitare, trombone et guitare slide, en train de jouer au Marquee. C'était génial. Nous sommes restés en contact au fil des années et Rory a même joué lors de l'une de mes sessions. Il jouait magnifiquement. » (Chris Barber)

Celui-ci est le deuxième LP en public, le premier datant du début de la même année 71 : Live Taste, enregistré au Casino de Montreux le 31 août 1970, soit 3 jours après le passage à Wight. Ces deux live sont parus après la dissolution de Taste.

Clap de fin puis renaissance.

Les relations entre Gallagher et Wilson (il vit mal d'être dans l'ombre de Gallagher) notamment, sont particulièrement tendues, au point que la tournée européenne, alors engagée, tourne court lors de la soirée de la Saint Sylvestre 1970 au Queen's University de Belfast.

Rory Gallagher, 22 ans, dissout le groupe et entame alors une carrière solo tandis que Wilson et McCracken fondent Stud avec Jim Cregan et John Weider.

A La mort de Rory, ses anciens complices réactivent Taste (1996) avec Sam Davidson au chant et à la guitare. Un nouveau line-up est formé en 2018 quand, après que McCracken ait pris sa retraite en 2010, John Wilson en fait de même 8 ans plus tard.

Il évolue sous l'égide de Sam Davidson (avec Albert Mills et Lyn McMullan) et l'identité de Sam Davidson's Taste. Malgré sa fidélité à l'esprit de Taste, en dépit de la bonne volonté et du talent individuel de ses musiciens pour coller au plus près à leurs prédécesseurs, on est quand même bien loin du Taste de Gallagher (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Taste on the boards

 

TASTE

ON THE BOARDS – 1970  4,5/5

 

Publié en janvier 1970.

Produit par Tony Colton.

Durée:37:13.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S).

Genre:blues-rock.

 

Un goût de reviens-y.

 

Que n’a-t-on déjà pas dit sur Rory Gallagher ? Tout ce que je pourrais rajouter sur cet irlandais hyperdoué, peut être un des plus complets instrumentistes de son époque, ne ferait que grossir le lot de ces lieux communs qui circulent encore sur son nom.

Mais les faits sont là, têtus, tenaces, qui plaident éternellement en ce sens. Près de vingt-cinq ans après sa mort, l’artiste déchaîne toujours autant les passions et son œuvre incite à faire généralement dans le dithyrambe.

Outre le sublime guitariste et mandoliniste, et le délicieux harmoniciste qu’il est, Gallagher, n’en est pas moins à l’aise dans la pratique du saxophone, instrument pour lequel il affiche également de belles dispositions et pour lequel il est autodidacte complet.

Comme il est auteur-compositeur compétent et une fine lame au chant, son deuxième et dernier album studio sous Taste, On The Boards (1970), placé dans le sillage de l’éponyme Taste de 68, ne passe pas inaperçu des gens du métier.

Le power trio qu’il constitue autour d’une rythmique valeureuse, composée de Richard « Charlie » McCracken, bassiste, et John Wilson aux fûts, fait écho à Cream, mais a dans les rétroviseurs des valeurs alors bien établies dans l’Angleterre de fin 60, début 70, comme Free.

Ce disque véhicule tout ce que Gallagher et son unité d’élite maîtrisent en termes de styles : le blues et ses racines, le rock (bien lourd), le jazz, des influences folkloriques et la country. Mettez-y de la passion, de la vitamine et vous avez tout compris de ce que vous réserve le Rory de On The Boards.

Rajoutez-y une dose d’ambition supplémentaire dans la production et un soin plus marqué dans les textes, une troupe qui respire la santé et animée de la fougue qui sied à la jeunesse, de l’authenticité et de la sensibilité, valeurs auxquelles Gallagher est associé pour l’éternité, et vous aez devant vous tous les ingrédients pour passer un grand moment.

En progression manifeste par rapport à son devancier vinylique, la variété le caractérise. Il démarre sur les chapeaux de roue avec What’s Going On, un blues-rock puissant qui sera sa marque de fabrique dans sa future carrière en solitaire, enchaîné au très probant Railway And Gun.

It’s Happened Before It’ll Happen Again permet de rebondir sur le jazz, un genre cher à Gallagher et que valorise le jeu tout en créativité de Wilson. Le gars de Cork s’y offre un solo de sax alto très pertinent, avant de distiller un beau moment d’harmonica, comme il en est coutumier, dans le cool If The Day Was Any Longer.

Le rock, dans toute son énergie, reprend ensuite ses droits avec Morning Sun, mais sans véritable étincelle. Il diffère en cela d’Eat My Words, qui confirme la technicité étonnante dans la pratique de la slide et entrevue dans l’éponyme précédent, d’un gamin alors âgé de 20 berges.

Tout aussi intéressant, le morceau titre qui en réfère encore au jazz et le superbe See Here, souligné par une délicieuse accroche acoustique. I’ll Remember finit en grandes pompes un album qui boîte bas du côté de If I Don’t Sing I’ll Cry, et à un degré moindre, de Morning Sun.

Si on veut chercher des poux sur la tête de l’auteur de ce disque, on peut objecter que Gallagher est encore artistiquement trop isolé dans ce combo à trois. Ses épaules sont encore un peu frêles pour assumer seul, ce que les power trios ayant pignon sur rue, comme Cream, pour lequel il ouvre le concert d’adieu, ou le Jimi Hendrix Experience font collectivement. La différence se situe à ce niveau. On The Boards passe avec succès au révélateur, la presse ne s’y trompe pas qui lui réserve un bon accueil. Le même que celui qui vous lui réserverait (RAZOR©).

 

1. What's Going On.

2. Railway and Gun.

3. It's Happened Before, It'll Happen Again.

4. If the Day was Any Longer.

5. Morning Sun.

6. Eat My Words.

7. On the Boards.

8. If I Don't Sing I'll Cry.

9. See Here.

10. I'll Remember.

 

Rory Gallagher:guitare,chant,saxophone,harmonica.

Richard "Charlie" McCracken:basse.

John Wilson:batterie.

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