The Animals.

BIOGRAPHIE.

 

THE ANIMALS/Newcastle (Angleterre)

 

Animals 2

 

Actif de 1962 à 1969,en 1975/76,1983,depuis 1992.

Labels:Columbia,Decca,MGM,Jet,I.R.S,Atco,Atlantic.

Genre:blues-rock,rock psychédélique,british blues,R & B.

Site:www.theanimalswebsite.com

 

Maillon fort de la British Invasion.

En 1964, quand les Beatles ont donné le top départ de la British Invasion sur le sol américain, un bataillon de formations débarquait en rangs serrés derrière eux. Parmi elles, Dave Clark Five, les Rolling Stones, Herman's Hermits, les Searchers, les Hollies, les Kinks, les Yardbirds, Gerry et ses Pacemakers, Peter & Gordon, Chad et Jeremy et bien évidemment les Animals.

Eux viennent de Newcastle. C'est là, en 1956 et au Newcastle College Of Art And Industrial design, que son noyau dur s'est constitué. Le nucléus en question réfère à Eric Burdon et John Steel, deux étudiants se découvrant une passion commune pour la musique. En pleine mouvance jazz (1957), le duo décide de former un groupe avec des potes, Jimmy Crawford et Alan Blackie Sanderson. Ils le nomment The Pagan Jazzmen. Burdon joue du trombone et chante, pendant que Steel joue de la trompette, Crawford du banjo et Sanderson de la batterie.

En 1958, alors le rock and roll est en plein boom, le groupe change son nom en The Pagans ; il se met à la musique du moment et au Rhythm & blues. Burdon laisse tomber le trombone pour se consacrer exclusivement au chant tandis que Steel passe à la batterie et que David Ashcroft s'installe derrière le piano. Un an plus tard, les Pagans intègrent Alan Price aux claviers, Ashcroft glisse à la guitare.

Au début des 60's, au gré des mouvements de personnel, les Pagans évoluent en Kansas City Five. En mai 1962, Alan Price séme le trouble au sein du groupe en allant faire une pige avec une formation concurrente The Kon Tors (connu comme The Kontours aussi), dans laquelle le bassiste est Bryan Chas Chandler.

Déçu, Eric Burdon quitte le groupe et part tenter sa chance à Londres où il rejoint le Blues Incorporated d'Alexis Korner et Cyril Davies dans lequel figurent Jack Bruce et Charlie Watts. Quand il revient à Newcastle, Burdon reprend sa place au sein du Kansas City Five qui, avec le retour d'Alan Price, est devenu The Alan Price Rhythm And Blues Combo.

Animals 3The Animals : le maillon fort du british blues.

Animals 1Leur sauvagerie scénique en fait un groupe énorme en live.

Animals burdonEric Burdon.

Animals alan priceAlan Price.

Animals john steel 2John Steel.

Animals hilton valentineHilton Valentine.

Animals chas chandlerChas Chandler.

Animals friendsAujourd'hui, ils sont les Animals & Friends.

L'influence Mickie Most.

Le line-up s'articule alors comme suit : Alan Price, Chas Chandler, John Steel, Eric Burdon et un nouveau guitariste Hilton Valentine, venu des Wildcats. En décembre 1963, le groupe prend le nom de The Animals, en référence, selon Eric Burdon, à un gang de Newcastle dont un des membres s'appelle Animal Hogg. On dit aussi que le nom pourrait avoir été suggéré par Graham Bond.

Les Animals interprètent alors un répertoire essentiellement R & B (John Lee Hooker, Nina Simone, Sonny Boy Williamson) et deviennent le groupe maison du Club A Go Go, un des lieux de spectacles en vogue à Newcastle entre 1964 et 1967.

Le Gogo est à Newcastle ce que le Marquee est à Londres. Un album live des Animals y est enregistré et une chanson lui est consacrée.

Mickie Most, un des producteurs de pop musique les plus prospères, les découvre dans ce club. A cette époque, les Animals viennent d'enregistrer une démo (EP) qu'ils se sont empressés d'envoyer sur Londres afin d'attirer l'attention des producteurs.

Celle-ci tombe entre les mains de Graham Bond lequel alerte Giorgio Gomelsky sur le potentiel de ce groupe. En 1964, Gomelsky n'est autre que le manager des Yardbirds ; il en a entendu suffisamment pour le faire venir dans la capitale. Dans le même temps, Mickie Most négocie un contrat avec EMI.

Un premier single est publié, Baby Let Me Take You Home (1964), adapté de Baby Let Me Follow You Down que Dylan a couvert sur son premier album. Celui-ci fait 21 (mars 1964) dans les classements pop britanniques ; sa face B, Gonna Send You Back To Walker, vu comme étant vraisemblablement le premier titre folk-rock, se place au 57ème rang des charts pop américains.

Cette popularité nouvelle vaut aux Animals d'être programmé par Don Arden, le Al Capone de la pop, pour une tournée britannique (mai 64) en première partie de Chuck Berry.

La bombe House Of The Rising Sun.

Pendant la tournée, les Animals s'accordent le temps d'enregistrer une prise d'une ballade folk américaine destinée à devenir leur second single, The House Of The Rising Sun, que Johnny Hallyday popularise en France sous Le Pénitencier. Ce titre les fait décoller aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis ou en Australie.

Ce succès international est le premier d'une belle série qui va permettre aux Animals de se positionner comme un acte majeur dans la déferlante britannique chez l'oncle Sam.

Don't Let It Be Misunderstood, repris à Nina Simone, Boom Boom de John Lee Hooker ou l'écolo We Gotta Get Out Of This Place (écrite par Barry Mann et Cynthia Weill) permettent au groupe de faire aussi bien que les Beatles dans les charts du moment. On les dit alors meilleurs que ces derniers.

Bob Dylan, Nina Simone, John Lee Hooker, Sam Cooke (Bring It On Home To Me)... en reprenant des titres d'autres, les Animals montrent leur limite à l'écriture. Ils ne sont ni des songwriters prolifiques, ni accomplis.

Mais comme interprètes, ils se posent là. Leur sauvagerie scénique en fait un groupe énorme en live ; leurs performances sur scène, dans le sillage de la voix puissante, féroce et rapeuse de Burdon, justifient à elles seules le choix du nom The Animals.

Premières tensions.

Cette popularité n'empêche cependant pas Alan Price de quitter le line-up (mai 1965), au motif qu'il ne supporte pas l'avion. Dans les coulisses, il est évoqué un désaccord avec Eric Burdon quant au leadership des Animals, mais en filigrane se devine une histoire de royalties pour des arrangements non rémunérés. Price fonde sa propre formation, The Alan Price Set.

Mick Gallagher, un claviériste de Newcastle et venu des Unknows, le supplée dans le cadre d'une tournée en Scandinavie, avant que Dave Rowberry, un second choix dit-on, ne le relaie.

Ce dernier figure sur certains singles célèbres mais surtout sur les meilleurs LP du groupe (Animalism). Malgré ses états de service, il est mis à l'écart quand les Animals sont intronisés au Rock And Roll Hall Of Fame (1994). Mécontents des chansons sélectionnées par Mickie Most et de l'orientation trop commerciale qu'il leur donne, les Animals ne prolongent pas pour EMI qu'ils délaissent pour Decca (fin 1965).

Pourtant, à la même période, en octobre 1965, le groupe décroche un nouveau succès avec It's My Life, N°7 en Angleterre et N°23 aux Etats-Unis. Ce titre proposé par Most, Eric Burdon l'aborde en traînant des pieds et refuse de le chanter tel quel ; il en changera certaines paroles et Mickie Most ne fait plus partie des plans des Animals.

Peu de temps après, le torchon brûlant entre Burdon et ses acolytes, John Steel passe la main, remplacé par Barry Jenkins des Nashville Teens, le seul qui restera fidèle à son leader. Mi 1966, Chas Chandler en fait de même (il devient manager d'Hendrix, puis de Slade et de Nick Drake), suivi en cela de Hilton Valentine, à la fin de cette même année.

Eric Burdon And The Animals.

Burdon met un terme à l'incarnation classique des Animals en septembre 1966, après un dernier single publié uniquement sur le marché américain, See See Rider. Derrière, il travaille sur son album personnel, Eric Is Here, le dernier pour Decca. Cette mouture originelle, désargentée à ce stade de sa carrière, est l'auteur de trois LP studio incontournables : The Animals (Columbia/1964), Animal Tracks (Columbia/1965) et Animalisms (Decca/1966).

Les Animals de la deuxième génération, sous la conduite de Burdon, désormais seul maître à bord malgré le dévoué Jenkins, s'installent en Californie, l'antre de la musique psychédélique du moment. The Animals deviennent Eric Burdon And The Animals (ou The New Animals), nom qu'il a l'autorisation de continuer à exploiter. A San Francisco, le groupe prend une voie plus psychédélique et Burdon commence à taper dans la boîte à acids.

Eric Burdon And The Animals a peu de communes mesures avec le line-up d'origine. La nouvelle équipe, outre Burdon et Jenkins, se compose de John Weider (guitare, violon, basse), de Vic Briggs (guitare, piano) et de Danny McCulloch (basse). Les premiers pas de la seconde incarnation des Animals datent de décembre 1966. Trois singles marquent le virage opéré et plus lourd : San Francisco Nights, Monterey et Sky Pilot.

En avril 1968, le claviériste Zoot Money complète le groupe ; celui-ci prend également la basse et occasionnellement le chant à son compte, après le départ de McCulloch. Toujours en 1968, John Weider est écarté, Vic Briggs est suppléé par un certain Andy Summers, futur Police. Money et Summers viennent tous deux des Dantalian's Chariot, groupe psychédélique londonien dissous en avril 68. Eric Burdon And The Animals cesse d'être après un ultime concert à Newcastle le jour de Noël. Cette cessation d'activité intervient en février 1969.

Animals john steel

« La vie était chouette. Le monde se remettait de la Seconde Guerre mondiale. Tout le monde avait du boulot et de l'argent, le rock était la musique nouvelle. Il faisait bon être ado à cette époque. On vivait et on respirait la musique, de Leadbelly à Ornette Coleman. Nos parents étaient ouvriers mais on ne manquait pas d'argent. Nous étions la première génération qui pouvait choisir ce qu'elle voulait faire. » (John Steel)

De réunions en réunions.

Ce créneau 1967/68 ne laisse pas un souvenir impérissable. Moyens, les albums qui y sont rattachés sont dispensables : Winds Of Change (septembre 1967/MGM), The Twain Shall Meet (avril 1968/MGM), Every One Of Us (août 1968/MGM) et Love Is (décembre 1968/MGM).

La formation d'origine, autrement dit le cinq majeur (Burdon, Price, Valentine, Steel et Chandler) renaît en 1976, sous l'égide de Chas Chandler et sous l'identité de The Original Animals. 11 ans après leur dernier LP en commun, les Animals de la première réunion publient un bien bel album, méconnu de la grande majorité des fans, mais digne d'intérêt : Before We Were So Rudely Interrupted sur Barn Records, le label de Chandler, décédé en 1996.

En 1983, la formation d'origine se réunit à nouveau et furtivement pour réaliser le satisfaisant Ark (IRS)et engager une tournée à sa suite. Mais qui s'intéresse encore aux Animals ? Rip It To Shreds – Greatest Hits Live et The Last Live Show restituent ces prestations publiques pourtant de qualité. Peu motivé pour cette tournée, Burdon se contente d'assurer et de prendre son chèque. Le groupe se sépare une fois de plus.

Deux Best Of édités dans les années 90, The Complete Animals (période 1964/65) et Inside Looking (période 1965/66) rappellent que les Animals ont été un groupe énorme, pénalisé assurément par une carence dans l'écriture. Néanmoins, ils demeurent une légende vivante qui a su traverser l'histoire du rock malgré des ruptures, des reformations. Aujourd'hui, relancé par John Steel, The Animals And Friends continue à faire briller ce nom illustre désormais ancré dans la mémoire collective (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio US N° 5 - 1966

 

Animals animalism 66

 

THE ANIMALS

ANIMALISM – 1966  5/5

 

Publié en novembre 1966.

Produit par Tom Wilson.

Durée:39:54.

Label:MGM.

Genre:blues-rock,R & B.

 

Des Animals de compagnie.

 

Dans la masse des groupes anglais qui a émergé lors du British Blues Boom, les Animals ont été un des pionniers et boxé dans la catégorie des très grands. Il faut s’en souvenir. La bande à Eric Burdon, son leader charismatique, est une des valeurs sûres des sixties.

Formé en 1962, il ne lui faut pas attendre des lustres pour apparaître aux premières loges des ventes, à côté des Beatles ou des Stones. Le titre puisé dans les entrailles du folk traditionnel U.S, The House Of The Rising Sun, considéré encore aujourd’hui comme leur morceau le plus populaire (1964), annonce d’autres succès comme l’écologique We Gotta Get Out Of This Place (1965).

Les Animals sont, par ailleurs, des précurseurs pour avoir, avec les Stones, importé le rhythm & blues noir américain sur le Vieux Continent (Ray Charles, Bo Diddley). Alors qu’ils évoluent encore sous l’identité d’Alan Price Combo, ces fils des quartiers ouvriers de Newcastle interprètent avec une telle férocité, une telle ferveur, les standards des géants du blues, que le choix de les identifier comme The d'Animals (1963) s'impose naturellement.

Animalism (ne pas confondre avec Animalisms avec un S) est sorti en novembre 1966 chez Decca, après que le groupe ait explosé et que Price, son initiateur, ait quitté la formation l’année précédente, est assurément leur meilleur album.

Sans surprise, les douze chansons d'Animalism (en écoute intégrale ici) mettent le R&B, le blues et la soul à l’honneur et réunissent le line-up originel des Animals, le meilleur, le seul, le vrai : Burdon, Chandler, Valentine, plus Rowberry et Jenkins.

All Night Long signé Frank Zappa, Louisiana Blues, Outcast, les reprises comme Hit The Road de Ray Charles, Shake de Sam Cooke, Hey Gip de Donovan, Rock Me Baby de B.B King ou encore Smokestack Lightning d’Howlin Wolf sont les notes dominantes d’un disque qui saisit parfaitement le côté bestial d’un groupe alors à son pic et pour lequel Zappa a contribué. Indispensable, cela va de soi. De ce groupe, c’est cet album qu’il faut et pas un autre (RAZOR©).

 

Face 1.

1. All Night Long.

2. Shake.

3. The Other Side of This Life.

4. Rock Me Baby.

5. Lucille.

6. Smokestack Lightning.

 

Face 2.

7. Hey Gyp.

8. Hit the Road, Jack.

9. Outcast.

10. Louisiana Blues.

11. That's All I Am to You.

12. Going Down Slow.


Eric Burdon: chant.

Chas Chandler:basse.

Dave Rowberry:claviers.

Hilton Valentine:guitare.

Barry Jenkins:batterie.

John Steel :batterie sur 9 et 11.

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