The Electric Flag.

BIOGRAPHIE.

 

THE ELECTRIC FLAG/Chicago (Illinois)

 

Electric flag the original band copy

 

Années actives:1967/1969,1974,réunion en 2007.

Label:Sidewalk,Columbia,Atlantic.

Genre:blues-rock.

 

Le bébé de Bloomfield.

A force de tirer sur la corde, elle finit par casser. Michael Bloomfield peut reprendre ce proverbe à son compte lui qui, fin février 1967, et alors qu’il fait partie d’un Paul Butterfield Blues Band hyper actif et constamment sur la route, accuse sérieusement le coup physiquement d’enchaîner les tournées, d’autant qu’il est en proie à de gros problèmes d’insomnie.

Electric flag 1

Electric flag bloomfield

Trop, c’est trop, le guitariste, alors instable et perclus de complexes, ne supporte plus cette vie collective, ni le leadership tenu par Paul Butterfield, et quitte le groupe de blues électrique de Chicago, ville dont il est lui-même originaire.

Récupérer ne peut que se faire dans une formation dans laquelle il fixerait lui-même le tempo et les règles.

Les cuivres s’invitent dans le pop-rock.

Pour ce, en 1967, il crée American Music Band, son disjoncteur, dans lequel il peut enfin faire ce qu’il veut, comme fusionner tout ce qui l’inspire depuis qu’il est gamin : la musique noire américaine, le blues, le jazz, la soul alors en vogue chez Stax Records et le rhythm & blues. American Music band est rapidement supplanté par un groupe qui sonne mieux, The Electric Flag.

Au côté de Bloomfield, sont impliqués le cofondateur Barry Goldberg (de Chicago) aux claviers, Harvey Brooks à la basse, avec lequel il a préalablement partagé les sessions de Highway 61 Revisited de Dylan, le pote de Chicago, Nick Gravenites au chant et aux percussions, ainsi que le batteur Buddy Miles, débauché de chez Wilson Pickett.

Une section de cuivres vient se greffer là-dessus ; c’est une première pour une formation de pop-rock.

The Trip et Monterey, vitrine d’Electric Flag.

La bande, vue comme un super groupe pour la constellation de brillants musiciens qu’elle abrite, et placée sous la direction d’Albert Grossman, s’installe à San Francisco et signe rapidement la B.O du film The Trip de Roger Corman, avec Peter Fonda et Denis Hooper, sur un scénario de Jack Nicholson, dont le sujet réfère à une expérience sous LSD. Elle n’est encore que l’American Music Band.

Peu après les sessions de The Trip, le groupe apparaît officiellement pour la première fois en public le samedi 17 juin 1967 au Monterey International Pop Music Festival. Comme les Who, mais sous The Mike Bloomfield Thing.

C’est là que l’idée de donner au groupe une nouvelle identité germe et que l’anecdote du drapeau de Ron Polte, manager de Quicksilver Messenger Service, oriente Bloomfield et les siens vers ce nom.

Un album, vite !

The Trip et Monterey sont une excellente vitrine pour le projet de Bloomfield qui, malgré tous les efforts consentis à tous les niveaux, demeure quasi inconnu du public américain. Entre un disque sous American Music Band et un manque flagrant de matière qui lui soit propre, Electric Flag marque le pas le temps de se constituer un répertoire de titres à même de pouvoir figurer sur un album. Des tournées régionales et nationales meublent son quotidien du moment. Faute de grives, on mange des merles.

 

Electric flag gravenites

« Mike Bloomfield ? C’est son caractère qui m’a le plus impressionné. Il était si charismatique que tout le monde voulait l’approcher, le toucher. Il était intelligent, drôle, généreux, compatissant.

On est loin des clichés qui courent sur lui. Il était une personnalité et ceux qui l’ont connu savent combien les rapports avec lui étaient profonds. Il était aimé parce qu’il t’aidait à construire ta vie, à en faire quelque chose de bien. C’est vrai qu’il avait des problèmes psychologiques, notamment insomniaque et que cela l’a beaucoup affecté, mais jamais il ne s’est soucié de la fortune et de la gloire.» (Nick Gravenites)

Dire que son premier LP était très attendu est un euphémisme. Celui qui ouvre le catalogue, A Long Time Comin’ sort finalement en mars 1968 après des sessions d’enregistrements qui ont duré 6 mois. Si cet album s’est fait désirer, la raison en incombe essentiellement aux turbulences que connaît Electric Flag en interne. La drogue et la toxicomanie qui s’y rattache vont être des freins à l’évolution du groupe : Barry Goldberg, Mike Bloomfield ainsi que les membres de la section cuivres Peter Strazza et Marcus Doubleday sont tous addicts à l’héroïne. Un véritable gâchis.

Buddy Miles, nouveau boss.

Malgré cela, ce disque hautement espéré, fusion de rock psychédélique, de soul, de blues et de jazz s’en sort très bien et affiche une belle cohérence. Mike Bloomfield y laisse cependant des plumes sur les plans physique, à cause d’insomnies récurrentes à laquelle l’héro n’est pas étrangère, et mental, du fait d’un Buddy Miles pesant trop fortement sur la démarche artistique d’une formation dont il est le fondateur et celui qui en a fixé la ligne musicale. L’Electric Flag lui échappe, il préfère lui tourner le dos. Buddy Miles s’installe alors comme la force principale du groupe, mais le nouveau leader ne parvient pas pour autant à endiguer la spirale de la drogue, ni à apaiser les troupes dans des tensions devenues permanentes. Après un intéressant deuxième LP, The Electric Flag : An American Music Band), réalisé après que Goldberg ait également lâché l’affaire, l’Electric Flag, moins d’un an après avoir débuté, arrête les frais.

Triste fin d’un super groupe.

Une reformation a bien eu lieu, en 1974, qui donne le jour à un troisième LP studio : The Band Kept Playing, mais il est mitigé, sans originalité, ni énergie, ni inspiration, que le retour au premier plan d’Electric Flag est condamné avant même d’avoir été annoncé. Elle implique notamment Mike Bloomfield, Barry Goldberg, Nick Gravenites, Buddy Miles.

Les 28 et 29 juillet 2007, l’Electric Flag, dans une mouture assez éloignée du groupe d’origine malgré la présence de Goldberg et Gravenites, prend part au quarantième anniversaire du festival de Monterey. Six mois plus tard, Buddy Miles s’éteint à l’âge de 60 ans, rejoignant au paradis celui auquel il a succédé, Mike Bloomfield, mort le 15 février 1981 d’une overdose. C’était écrit (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Electric flag long time comin

 

THE ELECTRIC FLAG

A LONG TIME COMIN’ – 1968  5/5

 

Publié en mars 1968.

Produit par John Court.

Durée:37:06.

Label:Columbia Records.

Genre:blues-rock,blues,soul.

 

Ils avaient pourtant toutes les cartes en main …

 

Après un premier disque fait pour les besoins d’un film avec Peter Fonda, The Trip, Electric Flag sort un premier LP, A Long Time Comin’ (en écoute intégrale ici) qui tarde sérieusement à venir. Au regard de ce qu’il restitue, il eut été dommage que le projet fut annihilé par les problèmes qui minent le groupe de l’intérieur : la drogue et les égos. On n’en était pas loin car, immédiatement après sa publication et, après grosso modo une année d’existence, Bloomfield claque la porte, rejoint par Goldberg qui, sage préfère penser à sa santé avant tout. Imaginez le climat.

C’est à Monterey et devant plus de 50.000 personnes qu’Electric Flag se fait remarquer et signer dans la foulée par Columbia Records. Malgré les tournées qui s’enchaînent dans l’après Monterey, le groupe demeure quasi inconnu sur la scène musicale. Il lui faut donc coûte que coûte un LP pour assurer sa promotion un peu partout, d’autant qu’entre American Music Band et Electric Flag, les fans, très demandeurs, y perdent leur latin.

L’ambitieux et prometteur A long Time Comin’ apporte de l’eau au moulin de leur notoriété et répond à l’attente mais celle-ci se révèle très éphémère, Electric Flag ne réalisant que deux albums avant de se dissoudre.

A Long Time Comin’ se distingue pourtant dans le théâtre musical ambiant par une fusion très réussie de blues, de rock, de jazz et de rythm & blues, fusion dans laquelle les cuivres prennent une place majeure et ce, pour la première fois dans une unité pop-rock.  C’est malheureux à dire, mais cet album qui n’est pas sans évoquer Chicago, est déjà l’apogée de l’Electric Flag. Avec tout le talent qui fut le sien, et vous en avez l’incontournable preuve ici, son parcours est un véritable gâchis.

A Long Time Comin’ début d’une manière on-ne-peut-plus insolite par un discours devant le congrès américain de Lyndon Johnson, le Président des Etats-Unis évoquant la dignité de l’homme et qu’un rire franc, ironique et des applaudissements nourris viennent interrompre, histoire de laisser la place à Killing Floor d’Howlin’ Wolf, à charge pour ce titre de faire les présentations entre l’Electric Flag dont on parle tant mais dont on sait peu et le public. Cette façon de refaire le coup de « ôte-toi d’là que j’y mette ! » en mode Chicago Blues met aussitôt Mike Bloomfield sous les projecteurs et rappelle d’où il vient. Le manche de la guitare se met déjà à fumer.

Et derrière, ça ne lève pas le pied : Groovin’ Is Easy, la chanson d’Electric Flag par définition, celle qui nous rappelle le meilleur dans le pire, avec un Gravenites qui s’offre son moment de popularité, Over-Lovin’ You, magnifique œuvre du tandem de l’écriture Bloomfield/Goldberg qui situe la haute virtuosité du jeu de basse d’Harvey Brooks, le boogie-rock dansant Wine, Texas avec Buddy Miles au chant, Sittin’ In Circles qui s’ouvre sous une pluie d’orage, Another Country. Trop court au regard de ce qu’il aurait pu donner s’il avait été allongé comme un Cadbury, Easy Rider conclue de la meilleure des façons un album remarquable et dont la section cuivres, fait rare pour ne pas dire jamais exploite jusqu’alors dans le genre, est d’une audace incroyable avant d’être un atout indéniable. Le concept, avec ses multiples influences, est original et aurait mérité d’être approfondi. On sait ce qu’il advient maintenant de la suite (RAZOR©).

 

1. Killing Floor.

2. Groovin' Is Easy.

3. Over-Lovin' You.

4. She Should Have Just.

5. Wine.

6. Texas.

7. Sittin' in Circles.

8. You Don't Realize.

9. Another Country.

10. Easy Rider.

 

Nick Gravenites:chant,percussions.
Mike Bloomfield:guitare.
Harvey Brooks:basse,guitare.
Buddy Miles:batterie.
Barry Goldberg:claviers.
Herbie Rich,Peter Strazza:saxophone.
Marcus Doubleday:trompette.

LP Studio 2 - 1968

 

Electric flag an american music band

 

THE ELECTRIC FLAG

AN AMERICAN MUSIC BAND – 1968  4/5

 

Publié en décembre 1968.

Produit par Glen Kolotkin.

Durée:34:56.

Label:Columbia Records.

Genre:blues-rock,rock psychédélique,garage rock,jazz-rock.

 

Avec des si…

 

Mike Bloomfield quitte Electric Flag, peu de temps après la sortie du premier album, A Long Time Comin’ (1968), physiquement et moralement atteint et plus du tout sur la même longueur d’ondes que les autres membres du groupe, Buddy Miles en tête. C’était l’un ou l’autre.

Devenu le leader, Miles supplée, poste pour poste, Bloomfield par Hoshal Wright, regonfle le moral les troupes pour réaliser un deuxième LP : The Electric Flag/An American Music Band, qui n’est autre que le nom du groupe à son origine. Un excellent album au demeurant.

Ce disque, moins ambitieux que le précédent, mais qui dévoile un groupe plus sûr de son fait et qui livre une excellente prestation, donne une idée de ce qu’aurait pu représenter Electric Flag, pionnier du blues-rock en mode Chicago et acteur de la scène blues psychédélique de la Baie de San Francisco, si la drogue et les problèmes d’égo ne s’étaient invités au quotidien des membres. Mais avec des si…

Des neuf titres pour lesquels Miles et Gravenites se répartissent le chant, je privilégie surtout Qualified, mais c’est tout un lot qui émerveille ici d’autant que le son est excellent et que le groupe semble ne pas laisser transparaître toutes les tensions qui l’habitent. A découvrir pour ceux qui aiment le blues-rock psychédélique agrémenté de cuivres (RAZOR©).

 

1. Soul Searchin’.

2. Sunny.

3. With Time There Is Change.

4. Nothing To Do.

5. See To Your Neighbour.

6. Qualified.

7. Hey Little Girl.

8. Mystery.

9. My Woman That Hangs Around The House.

 

Buddy Miles:chant,batterie.

Harvey Brooks:basse,guitare,chant.

Rich Herbie:orgue,saxophone,chant.

John Simon:piano.

Hosbal Wright:guitare.

Nick Gravenites:chant,guitare rythmique,percussions.

Terry Clements:saxophone ténor.

Marcus Doubleday:trompette.

Virgil Gonsalves:saxophone baryton,soprano et flûte.

Stemsy Hunter:saxophone alto et chant.

LP Studio 3 - 1974

 

Electric flag the band kept playing

 

THE ELECTRIC FLAG

THE BAND KEPT PLAYING – 1974  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Jerry Wexler.

Durée:42:25.

Label:Atlantic Records.

Genre:blues-rock,hard rock.

Que de regrets !

 

Que de regrets !

 

Electric Flag se désintègre, en 1969, après avoir sorti leur deuxième album An American Music Band.  5 ans après, les mêmes, dont Mike Bloomfield, se retrouvent pour publier un troisième album du nom de The Band Kept Playing (en écoute intégrale ici), produit par Jerry Wexler pour Atlantic Records.

Commercialement parlant, il ne pèse pas bien lourd s’il contient néanmoins de très bons morceaux de blues teintés de soul, de rock, de funk comme le soul-rock Earthquake Country, Doctor Doctor, et l’excellente Every Now & Then, signée Buddy Miles, il souffre par trop d’un manque flagrant de pêche. Par contre, le bon est très bon et prend place dans les meilleurs titres jamais réalisés par l’Electric Flag qui a le privilège de pouvoir disposer de trois chanteurs talentueux : Buddy Miles, Nick Gravenites et celui arrivé entre temps, Roger Jellyroll Troy.

The Band Kept Playing n’est pas mauvais, il manque tout simplement d’énergie et d’imagination. Avec la production insipide de l’ami Wexler mettant un peu trop l’accent sur les cuivres, pas pour le meilleur effet, il n’en faut pas plus pour que le plaisir engendré par les titres les plus en vue s’en trouve quelque peu gâché. Dommage (RAZOR©).

 

1. Sweet Soul Music.
2. Every Now & Then.
3. Sudden Change.
4. Earthquake Country.
5. Doctor, Doctor.
6. Lonely Song.
7. Make Your Move.
8. Inside Information.
9. Talkin' Won't Get It.
10. The Band Kept Playing.

 

Nick Gravenites:chant,guitare.
Mike Bloomfield:lead guitare.
Buddy Miles:chant,batterie.
Barry Goldberg:claviers.
Roger (Jellyroll) Troy:basse,chant.
Richard Newell:harmonica.
Terry George:guitare.
Richard Tee:claviers.
Barry Beckett:synthétiseurs Mellotron et Moog.

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