The Faces

BIOGRAPHIE.

 

THE FACES/Londres (Royaume-Uni)

 

Faces 

 

Formé à Londres en 1969.

Années actives:1969/1975,réunion en 2010.

Labels:Warner Bros,Mercury.

Genre:pop-rock,rock,hard rock,blues-rock.

Site officiel:www.the-faces.com

 

Dans les pas des Small Faces.

Dans l’arbre généalogique qui conduit aux Faces, il faut d’abord en passer par les Small Faces, groupe de rock british créé en 1965 par Steve Marriott et Ronnie Lane. Avec les Who et les Kinks, ils sont alors les plus illustres représentants des mods, ce mouvement musical et social, rappelons exclusivement anglais, né à la fin des 50’s à Londres.

Faces 1

Faces 2

Faces trioCulture mod et psyché.

Ronnie Lane et Steve Marriott s’adjoignent les services du batteur Kenney Jones et du claviériste Jim Winston, rapidement suppléé par Ian McLagan.

Cette formation signe plusieurs hits comme Hey Girl, All Or Nothing ou Mind’s Eye sur la période 65/66.

Elle  défraie ensuite la chronique en sortant, pour Immediate Records après avoir préalablement été chez Decca, des singles faisant l’apologie des drogues, les amphés notamment pour Here Come The Nice, élément de la culture mod et du psychédélisme comme Itchycoo Park.

Jour de marché chez Beck.

Quand Steve Marriott s’en va créer Humble Pie en 1969 avec Peter Frampton, la tierce restante Lane, Jones et McLagan ne tient pas à en rester là et décide de pérenniser l’affaire, mais en l’affublant d’une autre identité, plus concise : The Faces. Fallait le trouver.

Il leur faut seulement engager un guitariste et repartir au taf. Comme dans le même temps, le Jeff Beck Group splitte également, la veille de Woodstock auquel il devait prendre part, le trio va y faire son marché et proposer à Ron Wood et Rod Stewart, des connaissances de longue date certes mais surtout deux valeur montantes de la scène anglaise alors sur le carreau, d’intégrer le projet Faces.

Le hic, c’est que Ron Wood était bassiste chez Beck, mais ce dernier fait valoir de belles dispositions pour la guitare alors... Suffisant pour convaincre les ex-Small Faces de repartir à zéro.

Un groupe comme tant d’autres.

Cette renaissance opérée en enterrant tout ce qui relie aux Small Faces, se fait pour Warner Bros qui pointe, en 1970, un premier album. First Step ne fait pas beaucoup parler de lui dans les chaumières de l’Old Albion, les Faces la jouant prudent et classique en se complaisant, comme beaucoup de groupes de l’époque, dans un registre louvoyant autour du blues-rock. Rien ne les démarque alors de la masse des formations du moment.

La force des Faces, c’est son chanteur, Rod Stewart, mais qui a contre lui de mener de front une carrière en solitaire qui ne l’impliquera pas complètement dans le projet Faces. Il restera néanmoins fidèle jusqu’au bout à ses partenaires malgré sa propension à tirer la couverture à lui pour mieux souligner son parcours personnel parallèle. Cette situation aura le don d’exaspérer les autres qui, en 1975, mettent un terme à un groupe promis à un bel avenir, mais plombé par la présence de la future diva du rock dont les disques solos mettent sous l’éteignoir tout ce que Faces produit.

Faces kenney jones

« La paire Lane/Marriott est certainement la paire de songwriters la plus sous-estimée du rock… Ronnie Lane était la plus aimable des personnes que je connaisse, mon meilleur et plus fidèle ami depuis le début. Nous avons commencé ensemble. Il me manque tous les jours, vous savez. » (Kenney Jones)

Stewart, la force et la faiblesse des Faces.   

Outre First Step, Long Player et A Nod Is As Good As A Wink... To A Blind Horse tous deux de 1971, ainsi que Oh La La (1973) contribuent à grossir le maigre catalogue des Faces et à assoir une popularité qui vaut aux Faces de se constituer un réseau de fidèles et de remplir les salles. Oh La La fait numéro 1 des albums au Royaume-Uni, c’est dire.

Malgré cela, les Faces, pas les plus originaux du monde rock non plus, peinent à décoller vraiment, étouffés systématiquement par la réussite personnelle d’un Stewart qui commence à cracher dans la soupe et à jouer les opportunistes dès lors qu’il revêt la casaque collective.

Lane, compositeur en chef des Faces et chanteur bis par la force des choses, ne supporte plus que Stewart brille sur des titres nés sous sa plume. Il quitte la formation en 1973, laissant le champ libre au blondinet. Un live sous Rod Stewart & The Faces (Coast To Coast : Overture And Beginners) tombe en 1974, sur lequel  la critique s’en donne à cœur-joie pour le descendre en flèche. Il met un terme à la saga Faces démarrée qu’on le veuille ou non en 1965 et qui aura alimenté la scène britannique pendant dix ans. Après des retrouvailles à Wembley, à l’initiative de Rod Stewart en 1986, les Faces se retrouvent de temps à autre mais sans son fondateur Ronnie Lane, décédé en 1997, d’une sclérose en plaques (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

The faces first step

 

THE FACES

FIRST STEP – 1970  3/5

 

Publié en mars 1970.

Produit par The Faces.

Durée:47:13.

Label:Warner Bros.

Genre:blues-rock,hard rock.

 

Encore un peu brouillon.

 

Les Faces ont marqué le rock de leur empreinte, c’est indéniable, mais ce n’est pas avec son premier LP que cette page s’est écrite. Pour moi, First Step (en écoute intégrale ici), publié en 1970, est le moins intéressant de la courte discographie du groupe. Il y a mieux ailleurs et après, même si on applaudit des deux mains certaines plages de ce disque marquant une rupture avec le passé sous Small Faces mais que peu de choses différencient de la majorité des formations de blues-rock british du moment.

First Step fait surtout briller Rod Stewart qui joue dans la même cour que son prédécesseur de la mouture précédente, Steve Marriott ; il révèle par ailleurs que la pioche Ron Wood, le futur Stones, est non seulement bonne mais déterminante car il s’avère, en plus de la basse, un excellent guitariste. Ils sauvent le disque du zéro pointé une œuvre déjà assez indigente pour ne pas, en plus, la laisser être massacrée par le chant de Ronnie Lane.

L’écriture de First Step est collégiale et chacun des membres y prend une part non négligeable dans 9 des 10 titres de l’album, le dixième, mais le premier à apparaître à l’écoute, étant une reprise de Bob Dylan, The Wicked Messenger, dont l’adaptation est réussie.

Partant de là, First Step a ses passages obligés : Three Button Hand Me Down, Flying (la pièce maîtresse du disque), Shake, Shudder, Shiver, Around The Plynth qui renvoie à ce que j’avançais sur Wood précédemment don’t la prestation au bottleneck est magnifique.

Le reste, peu inspiré, appartient surtout au remplissage, comme l’instrumental Pinapple And The Monkey, triste comme un bonnet de nuit, et se révèle la plupart du temps insignifiant. Ce qu’il faut retenir de ce LP un peu longuet du fait de la médiocrité de ses phases bouche-trou, c’est surtout que le groupe se cherche encore. C’est vers Long Player (surtout) et A Nod’s As Good… qu’il faut se tourner pour trouver le Faces qui a filé un sérieux coup de pied au cul du rock. On y arrive (RAZOR©).

 

1. The Wicked Messenger.

2. Devotion.

3. Shake,Shudder,Shiver.

4. Stone.

5. Around The Plynth.

6. Flying.

7. Pineapple and the Monkey.

8. Nobody Knows.

9. Looking Out The Window.

10. Three Button Hand Me Down.

 

Kenney Jones:batterie.

Ronnie Lane:basse,guitare rythmique,chant,chœurs.

Ian McLagan:piano,orgue,choeurs.

Rod Stewart:chant,choeurs,banjo.

Ronnie Wood:guitares,harmonica,choeurs

LP Studio 2 - 1971

 

Faces long player 2

 

THE FACES

LONG PLAYER – 1971  4,5/5

 

Publié en février 1971.

Produit par The Faces.

Durée:45:16.

Label:Warner Bros.

Genre:rock ‘n’ roll,boogie rock,blues-rock,hard rock,proto punk,rock.

 

Dans les pas des Stones.

 

Ce deuxième LP de Faces, Long Play (en écoute intégrale ici) sort très peu de temps avant le troisième album  solo de son chanteur principal, Rod Stewart (le best seller Every Picture Tells A Story). On pourrait s’en battre comme de l’an quarante, et pourtant… Ce point de détail a son importance dans la mesure où, les Faces peuvent surfer sur la popularité de son membre le plus éminent pour tirer les marrons du feu avec Long Player, pièce maîtresse de leur catalogue.

Réduire le succès de cet album à ce seul constat serait mal considéré ce qu’il recèle. C’est avant tout au nom de sa réelle valeur que Long Player (1971) se fait une place au soleil. Avant toute autre considération, il le doit à lui-même, car il excelle durant tout son cheminement, parfois même il confine au sublime à l’image de Richmond.

Avec le LP à venir, A Nod’s As Good As A Wink…To A Blind Horse, il représente le meilleur des Faces.  Il en va ainsi de l’enjoué Bad ‘n’ Ruin, de l’acoustique Richmond que j’ai évoqué (écrit par Lane), de la sublime reprise de Paulo MacCa, Maybe I’m Amazed (live), Had Me A Real Good Time, On The Beach, Sweet Lady Mary ou de l’instrumental Jerusalem.

Quand Rod, le paon, hurle avec une si belle justesse raucité, que Ron fait gueuler sa gratte comme ça ou slide comme un malade, ça fait du dégât. Mais quand tout le groupe ne fait qu’un et qu’il se sent costaud, c’est tout le rock qui en bénéficie. 40 ans après, j’entends toujours cette musique libre et énergique qui se place dans les pas des Stones.

Même si l’album louvoie entre mélange de titres studio et de live, contraste entre tendresse des ballades et dureté rock, et si un ou deux titres ratés tirent quelque peu le travail vers le bas, Long Player figure parmi ce que la musique a engendré de mieux au début des seventies. Ronnie Lane peut faire le malin, c’est lui qui signe le meilleur travail. Et quel travail ! Donc à ne pas occulter, sous peine de mourir idiot et ça, je ne pourrais pas l’accepter. Le seul problème, c’est que Rod Stewart a l’esprit ailleurs… (RAZOR©).

 

1. Bad 'n' Ruin.

2. Tell Everyone.

3. Sweet Lady Mary.

4. Richmond.

5. Maybe I'm Amazed.

6. Had Me a Real Good Time.

7. On the Beach.

8. I Feel So Good.

9. Jerusalem.

 

Rod Stewart:chant.

Ronnie Lane:basse,guitare,tambourin,chant.

Ronnie Wood:lead guitare,slide guitare,pedal steel guitare.

Ian McLagan: piano,orgue,claviers.

Kenney Jones:batterie.

Bobby Keyes:saxophone ténor sur 6.

Harry Beckett:trompette sur 6.

LP Studio 3 - 1971

 

The faces a nod s as

 

THE FACES

A NOD’S AS GOOD AS A WINK…TO A BLIND HORSE – 1972  5/5

 

Publié le 17 novembre 1971.

Produit par The Faces, Glyn Johns.

Durée:36:08.

Label:Warner Bros.

Genre:rock,boogie rock,blues-rock,hard rock.

 

Rod, Ron, Ronnie. RRRRRRR !

 

Un signe de tête est aussi bon qu’un clin d’œil…à un cheval aveugle. En anglais, A Nod’s As Good As A Wink…To A Blind Horse (en écoute intégrale ici), nom du troisième album des Faces, l’un des groupes les plus importants de la période de transition 60/70. Fallait le trouver ce titre !

Sa pochette prête à confusion et je m’y suis laissé abuser, en 1972, quand ce vinyle a débarqué dans les bacs : il n’est pas un live. Celui qui succède à First Step (1970) et Long Player (1971) est un album tout ce qu’il y a de studio.

Pour les profanes, Faces est créé à la suite du départ des Small Faces de Steve Marriott (pour Humble Pie), laissant Ronnie Lane (basse et chant), Kenny Jones (batterie) et Ian McLagan (claviers) sur le carreau. En 1969, Ronnie Lane, pote avec les musicos du Jeff Beck Group, débauche de ce groupe, le chanteur Rod Stewart, alors considéré comme le meilleur chanteur de rock, et le guitariste Ronnie Wood. Faces est né.

Bien vite, ces jeunes gens marchent sur les traces du succès, ce qui, grosse tête oblige, va nuire à la pérennité du groupe, chacun se sentant pousser des ailes pour voguer sans les autres.

Quoi qu’il en soit, ce disque va être un réel succès, atteignant une sixième place aux States et une dix-septième au Royaume-Uni. En figure de proue de ce magnifique opus de blues-rock british, Memphis terrain d’expression d’un grand Ron Wood, Stay With Me, Debris avec un bon Ronnie Lane au chant histoire de préparer l’après Rod Stewart qui se profile dans la foulée d’Every Picture Tells A Story, That’s All You Need ou encore You’re So Rude, Miss Judy’s Farm et encore une fois la belle guitare de Wood, Love Lies Here.

Classique des seventies, cet album est très représentatif du travail d’une formation qui a servi efficacement le rock, même si on peut lui reprocher ici de ne pas afficher une régularité constante sur la durée de l’album.

La voix forte, rauque et typique de Rod Stewart, le jeu de guitare inspiré de Ronnie Wood et les qualités techniques de Lane, Jones et McLagan font des Faces une formation britannique majeure des années 70, placée dans le sillage immédiat des Stones, ce qui, à l’écoute de ce disque, ne vous surprendra aucunement.

Excellent disque de leur maigre discographie dont on fera l’acquisition si l’on en pince pour la scène anglaise de cette époque. Si tel n’est pas le cas, et bien, on le prend quand même. RRRRR ! (RAZOR©).

 

1. Miss Judy's Farm.

2. You're So Rude.

3. Love Lives Here.

4. Last Orders Please.

5. Stay with Me.

6. Debris.

7. Memphis, Tennessee.

8. Too Bad.

9. That's All You Need.

 

Rod Stewart:chant.

Ronnie Lane:basse,guitare,chant.

Ron Wood:guitare,harmonica.

Ian McLagan:piano,orgue.

Kenney Jones:batterie.

LP Studio 4 - 1973

 

Faces ohlala

 

THE FACES

OOH LA LA – 1973  3,5/5

 

Publié en avril 1973.

Produit par Glyn Johns.

Durée :30 :33.

Label :Warner Bros.

Genre :rock,boogie rock,blues-rock,hard rock.

 

L’album de la fin.

 

Si l’on doit résumer cet album, Oh La La (en écoute intégrale ici), en un mot, on pourrait dire : trahison. Trahison d’un Rod Stewart qui se la pète grave depuis le succès de sa carrière solo menée parallèlement et qui sèche les séances d’enregistrement pour, finalement, avancer avec une grande prétention que cet album est de la daube. La diva, avec ses comportements hautains et irrespectueux, avec ses propos offensants, fout le feu dans la formation.

Offensant et peu respectueux pour Ronnie Lane qui s’est investi comme un malade dans le projet en l’alimentant de cinq titres, McLagan étant mouillé sur quatre morceaux. Que faut-il en déduire ? Daube ou pas daube ?

Mon sentiment est qu’il faut reconnaître de la valeur dans ce travail que je préfère de loin à l’album initial, First Step, et ce, même s’il n’est en rien comparable aux deux disques précédents, hors concours.

Cindy Incidentally, Borstal Boys, Silicone Grown sont de très bons titres. Ooh La La, initialement prévue pour être chantée par Rod Stewart, échoit à Ron Wood, dont c’est une des meilleures interprétations vocales de sa carrière. Ce sera le dernier album  à réunir ces Faces et il permet encore de passer de bons moments à leur contact. Ce groupe était formidable et  cet album tend encore à en apporter la preuve (RAZOR©).

 

1. Silicone Grown.

2. Cindy Incidentally.

3. Flags and Banners.

4. My Fault.

5. Borstal Boys.

6. Fly in the Ointment.

7. If I'm on the Late Side.

8. Glad and Sorry.

9. Just Another Honky.

10. Ooh La La.

 

Rod Stewart :chant,guitare rythmique.

Ronnie Wood:lead guitare,slide guitare,guitare rythmique,basse,chant.

Ian McLagan:piano,orgue,harmonium.

Ronnie Lane:basse,guitare rythmique,tambourin,chant.

Kenney Jones:batterie.

Neemoi "Speedy" Aquaye:congas,shakers sur 6.

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