The Frost.

BIOGRAPHIE.

 

THE FROST/Detroit (Michigan – USA)

 

Frost intro

 

Actif entre 1968 et 1970.

Labels:Vanguard Records.

Genre:rock psychédélique,rock,hard rock,heavy blues.


 

Un chauffeur de salles très apprécié.

La scène de Détroit de la fin des 60's avait de la qualité ; elle valait le détour. Si certains, comme Iggy Pop et ses Stooges, MC 5, Alice Cooper, Grand Funk Railroad ou Ted Nugent, ont eu une aura nationale, voire internationale, d'autres ont vu leur réputation limitée au seul état du Michigan, voire déborder ponctuellement selon leur travaux sur les territoires limitrophes mais guère plus.

C'est le cas de The Frost, groupe très populaire sur l'échiquier de la Motor City pour sa propension à produire avec talent et agressivité un excellent heavy blues, pour sa vocation, à Detroit, à être un incontournable chauffeur de salles. Dans la cité du rock radical et rugissant, ce constat a valeur de totem.

Durant les deux ans de son activité et au travers des trois LP qu'il a réalisés, Frost se contentera de l'exhiber sur la place musicale du Michigan mais sans jamais, ou rarement, réussir à pénétrer des marchés externes, plus conséquents et lucratifs.

Frost the frost dick wagnerDick Wagner, initiateur des Bossmen...

Frost the bossmen avec mark farner... lesquels  mutent en Bossmen...

Frost daniel s den saginaw...groupe-maison du Daniel's Den de Saginaw.

The frost frost music Frost Music : un manque de caractère évident.

Mauvais choix, lourdes conséquences.

En faisant le choix de privilégier un label qui l'a peut-être trop choyé, Frost se coupe alors, par la même occasion, des potentialités promotionnelles et commerciales offertes par la concurrence (CBS) représentée par son dénicheur de talents, Clive Davis.

En optant pour Vanguard Records et Sam Charters, son représentant, Frost se rapproche d'un éditeur guère armé pour promouvoir des rockeurs ayant germé dans le terreau sauvage de Detroit.

A la fin des 60's, Vanguard est, rappelons-le, une étiquette axée essentiellement sur le folk (Joan Baez, Buffy Sainte-Marie), le blues et le jazz. Frost paiera au prix fort ce partenariat, la distribution et la promotion ayant été les parents pauvres de son mandat.

La patte de Wagner.

Ses trois beaux albums ne récoltent donc que peu ou prou les éloges auquel le groupe aurait pu prétendre mis entre d'autres mains. Frost reste ainsi cantonné à un crédit régional, ce qui est plutôt surprenant au regard de son énorme potentiel.

Frost est fondé par le guitariste et chanteur Dick Wagner (mort en juillet 2014) sur les cendres des Bossmen, vus alors comme les Beatles du Michigan. C'est à lui que revient essentiellement le mérite d'avoir lancé un projet en lequel il il fonde alors beaucoup d'espoirs.

Wagner sait de quoi il parle car l'homme est un musicien chevronné. Il a déjà, en effet, déroulé du câble dans sa carrière pour avoir accompagné des artistes de renom comme Lou Reed (Berlin, Rock 'n' Roll Animal, Lou Reed Live), Alice Cooper (School's Out, Billion Dollar Babies), Peter Gabriel, Rod Stewart, Tina Turner ou encore Kiss pour n'en citer que quelques-uns...

Son parcours professionnel l'amènera à pointer sur plus de 350 albums, à collaborer à plus de 35 disques d'or et de platine, à recevoir nombre de distinctions pour ses talents d'auteur-compositeur.

Nommé affectueusement le Maestro du Rock par ses fans et proches, Wagner a contribué à faire bénéficier la place de Detroit de sa brillante puissance créatrice, de son légendaire dynamisme ; les générations actuelles du monde entier continuent à s'inspirer de son jeu de guitare virtuose et inventif.

Wagner, de son vrai nom Richard Allen Wagner, est l'élément fédérateur autour du projet Frost, mais, avant d'en arriver là, l'homme de l'Iowa, débarqué dans le Michigan (Saginaw) dans le sillage de sa famille, a ses premiers contacts avec une guitare (acoustique) vers l'âge de 15/16 ans (1957/58), puis passe rapidement à l'électrique.

Des Invictas à The Frost.

Les Invictas sont le premier groupe dans lequel il évolue avant les Eldorados. C'est toutefois au sein des Bossmen (précédemment nommé Playboys) qu'il fonde en fin 1963, début 1964 (jusqu'en 1967) avec Lanny Roenicke, qu'il connaît ses premières grosses sensations.

Wagner est l'auteur-compositeur principal, le chanteur de même que le producteur d'un groupe de rock garage comptant parmi les plus populaires du Mid-Michigan ; il donne son premier concert sous cette identité au Village Pump de Bridgeport.

Lui, Warren Keith (piano), Lanny Roenicke (basse et trompette) et Pete Woodman (batterie) sont alors, d'avril 1964 à 1967, les musiciens stars du Daniel's Den (1964/70, détruit en 1988), le club (sans alcool) pour ados de la 2525 State Street de Saginaw.

L'endroit offre une visibilité unique aux formations locales et notamment aux Bossmen, dont l'écriture de Wagner, influencée par les Beatles et la British Invasion, plaît aux teenagers. Notamment Take A look My Friend, qui inonde les radios régionales, au début de l'année 65.

Les Bossmen sont rejoints durant l'été 1966 par Mark Farner, futur guitariste de Grand Funk Railroad, qui joue de la guitare sur le tube du groupe Baby Boy (label Lucky Eleven).

Ce dernier profite de son passage au sein de la formation de Dick Wagner pour écrire son premier titre personnel, Heartbreaker, qu'il chantera pour la première fois en public, juste avant son départ des Bossmen au début de l'année 1967.

Durant leur courte existence (3 ans), les Bossmen signent plusieurs singles qui rencontrent un succès local : Take A Look/It's A Shame (Warren Keith), Help Me Baby/Thanks To You (Lanny Roenicke), Here's Congratulations/Bad Girl en 1965, Wait And See/You're The Girl For Me et Baby Boy/You And I en 1966 et Tina Maria/On the Road, en 1967, année de la dissolution du groupe. Wagner dissout les Bossmen suite à une sombre histoire de marijuana affectant le batteur d'alors, Pete Woodman et qui ternit l'image du groupe.

Avant d'en arriver à Frost, Wagner présente une nouvelle mouture des Bossmen composée de Don Hartman (guitariste), Bob Rigg (batterie), suppléant de Woodman, et Jack Smolinski (basse), vite remplacé par Gordy Garris.

Elle évolue alors sous The New Bossmen, puis comme Dick Wagner & The Bossmen et comme Dick Wagner & The Frosts. Deux singles en sont issus, Bad Girl/Rainy Day (Date/1967) et Sunshine/Little Girl (Date/1968) qui préfigurent le Frost à venir.

Frost the frost wagner

« Quand nous nous sommes rendus à San Francisco pour ouvrir le spectacle de B.B. King au Fillmore West dans le cadre de la promo de notre 3ème LP, les gens qui nous suivaient, n'arrivaient pas à trouver un seul disque de nous. Aucun représentant de Vanguard ne s'est rendu sur place pour précéder et soutenir cette promotion. On ne savait rien de Frost. Nous avons donc eu le sentiment que le label nous avait laissé tomber. On a perdu le moral. La suite, vous la connaissez. » (Dick Wagner)

Manque de caractère.

Le projet Frost devient effectif en 1968 qui va devenir un groupe majeur du Grande Ballroom de Detroit, à l'instar des Mitch Ryder, MC5 ou Bob Seger.

Wagner trouve dans le Michigan qu'il connaît bien pour le pratiquer depuis longtemps, le chaland nécessaire pour fourbir ses premières armes à la tête de sa nouvelle entreprise.

Rapidement, The Frost tape dans l’œil de Clive Davis, responsable de la division musicale de Columbia. CBS en est alors à signer du lourd : Big Brother & The Holding Company, The Electric Flag, Pink Floyd. The Frost n'est pas pour lui déplaire et David le fait savoir qui, à la recherche de jeunes talents, fait le forcing pour l'attirer.

Pour des raisons difficiles à expliquer, le groupe de Wagner préfère donner son accord à Vanguard Records (1969), spécialisé dans la musique folk, le jazz et le blues. Wagner et ses collaborateurs se sentent plus proches des arguments de Sam Charters que de ceux de Clive Davies.

Le choix fait de privilégier l'état d'esprit feutré chez Vanguard au détriment de la structure commerciale efficace que CBS aurait mis en place, sera malheureusement une mauvaise décision et fatal aux ambitions du groupe.

Trop choyé, sans pression particulière, jamais poussé dans ses derniers retranchements, The Frost se contente de faire le job proprement, simplement. Revers de la médaille, cette embourgeoisement dessert sa musique qui manquera cruellement de caractère malgré du potentiel.

Rajoutez à cela une promotion très en-deçà, un manque de soutien et de moyens, un encadrement technique habitué à jouer essentiellement dans la cour du folk, du jazz et du blues et des premiers visuels (pochettes) peu avantageuses et bâclées, donc autant de freins dans les bacs.

A côté du pompon...

Trois opus, pourtant dignes d'intérêt, sont réalisés pour Vanguard Records: Frost Music , Rock and Roll Music et Through the Eyes of Love. Pour les raisons évoquées, ils n'ont jamais décroché la timbale.

Frost Music est le premier d'entre eux, sorti en 1969 et produit par Sam Charters. Ce jet initial est un melting pot de psychédélique à l'anglaise et de garage... un peu comme si les Zombies avaient fait cause commune avec les Amboy Dukes de Nugent ou que les scènes londonienne et de Detroit se soient soudainement confondues.

L'écriture étant essentiellement le fait de Wagner, ses influences nées de la déferlante britannique sur le sol américain resurgissent ici. En point d'orgue, citons Take My Hand/Mystery Man qui a eu un temps de passage très conséquent sur les ondes de la région de Detroit. 50.000 pièces de ce disque ont été écoulées dans les quelques semaines ayant suivi sa publication (100.000 au total d'après Wagner).

Tombé dans les bacs la même année, Rock And Roll Music mélange live (deux nuits au Grande Ballroom) et matériel enregistré en studio. Charters trouve ici un bon équilibre entre les deux ambiances et produit un album toujours très apprécié des fans aujourd'hui.

Il s'est écoulé, toujours selon les mêmes sources, dans la même proportion que son prédécesseur (100.000 unités). Le deuxième LP est identifié sous le nom de son titre majeur, Rock And Roll Music, gros succès dans le Michigan.

Troisième levée, Through The Eyes Of Love (1970) a été enregistré en deux semaines. Bien qu'il consiste en un délicieux rapprochement entre blues électrique, acid rock et rock prog, il n'est pas payé en retour pour les raisons que l'on connaît.

Dans ce contexte où le groupe est livré à lui-même, les membres perdent peu à peu foi en leur label, en leur potentialité et doutent de leur avenir sous cette forme et dans ces conditions. Les musiciens ne tirent plus dans le même sens et commencent même à montrer leur ras-le-bol.

Quand Rigg décide d'arrêter les frais et de quitter The Frost en pleine tournée canadienne, Wagner annule les dates suivantes et sonne la fin du Frost d'origine.

Une mouture montée furtivement par Rigg et Hartman, mais sans Wagner et Garris, tentera de relancer la mécanique. En vain, la page était déjà tournée depuis deux ans (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Frost frost music lp

 

THE FROST

FROST MUSIC – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Sam Charters.

Durée:40:02.

Label:Vanguard Records.

Genre:rock psychédélique,rock,hard rock.

 

Manque de caractère.

 

Les 3 albums de The Frost sont autant d’œuvres méconnues, au regard de l'histoire même du groupe, plombé qu'il fut de ne pas avoir fait le choix d'un label plus judicieux que Vanguard pour traduire ses desseins artistiques.

Pas soutenu comme il se doit, mal (ou pas) promu, The Frost affiche un catalogue qui est plus à découvrir qu'à redécouvrir. En effet, le groupe est passé à côté du pompon de son vivant et c'est longtemps après coup et avec du recul que l'on peut juger de ses dispositions.

Frost Music ouvre, en 1969, la discographie d'une formation qui n'aura duré que deux ans, lassée de ne pas toucher les dividendes de son travail, dégoûtée du manque de soutien de son éditeur.

On peut la comprendre dans la mesure où trouver un de ses albums dans les bacs relève alors de l'exploit. Si cet argument tient la route pour justifier leur manque de réussite, il ne faut cependant pas tout mettre sur le dos de l'étiquette. Si The Frost avait été si bon que cela, ça se serait su depuis belle lurette.

Ce que l'on dépiste aujourd'hui, à l'image de Frost Music, ne révèle rien de génial. Rien qui ne puisse autoriser à continuer à charger la mule Vanguard encore longtemps et tout lui coller sur le râble. Ici, malgré quelques titres bien sentis, la matière proposée n'a rien d'extraordinaire. Elle ne séduit que par bribes mais, surtout, dévoile un flagrant manque de personnalité.

Frost Music déroule ses premières pièces qu'aussitôt on se prêt au jeu des montagnes russes. Bien, moins bien, bien, bien, pas bien... L'ensemble s'avère inégal malgré la solidité du jeu de guitare de Wagner, la cohésion des acteurs et une écriture (encore Wagner pour l'essentiel) soignée mais irrégulière et sans artifices, visiblement influencée par les Beatles (qui figuraient à son répertoire quand il évoluait préalablement à la tête des Playboys puis des Bossmen).

Rien de vraiment original n'émerge de ce lot correct mais manquant de caractère qui s'écoute sans susciter de véritables émotions. C'est là que le bât blesse. On ressort de cette écoute partagé entre deux sentiments : il y a du talent mais il ne s'exprime que rarement ! La faute aux musiciens ou à l'encadrement qui n'a pas su exploiter un potentiel dont on devine qu'il est là ?

A trop caresser le groupe dans le sens du poil, Charters (producteur trop ancré dans le jazz et le blues), Vanguard n'a pas su faire sortir du lot la bande à Wagner. Le label avait-il les compétences pour faire mieux ? En avait-il les moyens ou la motivation ? On peut en douter au regard de la pochette peu vendeuse de l'album et de la promotion très mal assurée derrière ?

Les deux autres albums réalisés pour Vanguard souffriront des mêmes maux et Frost Music est leur meilleur. Cela vous laisse augurer de la suite (RAZOR©).


1. Jennie Lee.

2. The Family.

3. A Long Way Down From Mobile.

4. Take My Hand.

5. Mystery Man.

6. Baby Once You Got It.

7. Stand In The Shadows.

8. Little Susie Singer (Music To Chew Gum By).

9. First Day Of May.

10. Who Are You ?


Gordy Harris:basse,choeurs.

Bob Rigg:batterie.

Dick Wagner:guitare,chant.

Don Hartman:guitare rythmique,choeurs.

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