The Gun.

BIOGRAPHIE.

 

THE GUN/Londres (Angleterre)

 

Gun 3

 

Actif entre 1967 et 1970.

Label:CBS Records.

Genre:hard rock,rock psychédélique,acid rock,rock progressif.

 

G comme Gun, G comme Gurvitz.

Articulé autour d'un format power-trio, The Gun, même s'il n'a été qu'une formation éphémère, voire simplement une étape dans la carrière des frères Gurvitz, n'en a pas moins marqué son époque et son champ d'activité, la deuxième moitié des 60's et la scène britannique.

Son single Race With The Devil, écrit par Adrian Gurvitz, a marqué les esprits en faisant top 4 au Royaume-Uni, en culminant dans la plupart des hits-parades européens et en ayant notamment un écho très favorable en France.

Gun 1One-Shot Band ou marchepied ?

Gun paul gurvitz louie farrell adrian gurvitzLouie Farrell entre Paul et Adrian Gurvitz.

Gun race with the devilFin 1968, le titre cartonne en Europe.

Gun lpGun, premier des deux LP du groupe.

Le riff incendiaire de ce titre a tellement sidéré Jimi Hendrix que ce dernier l'intègre sur la fin de Machine Gun, à l'occasion de son ultime concert (Isle Of Wight 70).

Nombre de jeunes guitaristes en herbe se sont cassé les dents sur l'intro de Race With The Devil, avant de maîtriser la guitare.

Le morceau le plus populaire de The Gun (ou Gun) figure sur le premier des deux LP inscrits à son catalogue.

Au travers de cette paire discographique et de ses apparitions remarquées en public, le power-trio britannique de la fratrie née Curtis apparaît comme une des très belles surprises de la fin des 60's...

Des Londoners à Knack...

Né le 6 juin 1949, Paul Curtis-Gurvitz est l'aîné des deux. Au début des 60's, il est le premier des enfants de Sam Gurvitz, ancien road manager des Shadows et de Gene Vincent, à fourbir ses premières armes dans le rock.

Ayant comme influences majeures Elvis Presley, Buddy Holly, Cliff Richard et, bien évidemment les Shadows de papa, le guitariste intègre d'abord des groupes de la banlieue de Londres (Ilford), avant de former sa propre formation, les Londoners (1963).

Ces derniers, avec l'appui paternel, ont le privilège de couper quelques dates de la tournée européenne de Gene Vincent et de jouer 6 mois durant au Star Club d'Hambourg, cadre des premiers pas des Beatles.

Revenus dans la capitale, les Londoners mutent en The Knack (groupe de freakbeat) dès 1965, identité inspirée par le film de Richard Lester sorti la même année.

De Gurvitz à Curtis.

Paul Gurvitz, suite au divorce de ses parents, évolue alors sous le nom de Paul Curtis, mieux adapté, selon lui, pour faire carrière dans le Rock 'n' Roll. Il reprendra son nom d'origine dans les années 70. Sam Gurvitz en devient le manager.

The Knack (Paul Curtis, Brian Parrish alias Brian Morris, Mick Palmer puis Gearie Kenworthy, Louis Farrell puis Topper Clay, puis encore Farrell et Tim Mycroft) enregistre une poignée de singles pour Decca et Picadilly, filiale de Pye : Who'll Be The Next In Line/She Ain't No Good et It's Love Baby (24 Hours A Day)/Time Time pour le premier nommé en 1965, Save All My Love For Joey/Take Your Love, Did You Ever Have To Make Up Your Mind/Red Hearts, Stop ! (Before You Get Me Going)/Younger Girl en 1966 et (The Man From The) Marriage Guidance and Advice Bureau/Dolly Catcher Man, en 1967 pour le second label.

1967 : The Gun, un power-trio explosif...

The Knack livre son dernier concert le 6 octobre 1967 au Roundhouse ; Denny Laine, futur Wings, en est aussi. Cependant, le quintet splitte juste avant de passer sous la bannière de The Gun, ce qui se fait en 1967. 

Paul Gurvitz, Louis Farrell et Adrian Gurvitz, chanteur et guitariste évoluant au sein des Rupert's People, prennent cette identité quand la mouture, plus hard rock/blues-rock, devient power-trio (1968).

Les Gurvitz se font alors appeler Curtis. Adrian tient la guitare et chante, Paul glisse à la basse et Louis en est le batteur. Durant l'année 1968, Gun aura Jon Anderson comme chanteur, mais ce dernier privilégie, la même année, les propositions de Yes.

...Race With The Devil, un riff incendiaire.

Gun ne tarde pas à faire parler de lui. Dès la fin de 1968, il sort un single dont l'énergie, la vitesse et le riff ne trompent pas sur le basculement du groupe vers le hard rock.

Race With The Devil, écrit, chanté et porté par la guitare virtuose du cadet des Gurvitz est le gros tube du moment. Le titre survole les charts entre l'automne 68 et le printemps 69.

Gun paul gurvitz

« Durant nos répétitions au club du célèbre jazzman Ronnie Scott, il y avait un gars qui peignait sur les murs de la boite. Ce qu'il dessinait nous a tapé dans l'oeil et nous lui avons demandé s'il était d'accord pour illustrer la pochette de l'album que nous avions en préparation. Il a accepté. C'était Roger Dean qui est devenu l'illustrateur-maison de Yes, notamment, et de bien d'autres artistes. » (Paul Gurvitz)

Malheureusement, il ne permet pas au groupe de décoller réellement ; Gun reste ce que l'on appelle un one-hit wonder, malgré deux albums qui tiennent la route, l'éponyme Gun (CBS/1968) dont le graphisme de la pochette est l'oeuvre de Roger Dean, et Gunsight (CBS/1969). 

Insuffisant pour espérer voir l'aventure se transformer en or. The Gun se dissout en 1970 et les chemins des frangins divergent un temps ; leurs projets se mélangent alors.

Three Man Army, BGA...

Adrian emboîte un parcours solo, avant de prendre part, pendant deux ans, à la tournée américaine du Buddy Miles Express au cours de laquelle il côtoie Ginger Baker, l'ancien Cream et Blind Faith avec lequel il fomente l'idée de projets à venir (Baker Gurvitz Army).

Paul, de son côté, signe un joli album avec Brian Parrish, sous le nom de Parrish & Gurvitz (1971) et sous la direction de George Martin (Beatles), le deuxième n'étant pas édité.

Dans le même temps, les frères d'Ilford se reconstituent en 1971 autour de ce qui va donner Three Man Army, sorte de prolongation de Gun, avant d'écrire, entre 1974 et 1976, un nouveau chapitre avec Ginger Baker et BGA. Cette fratrie fut assurément une des belles surprises des années 60's/70's (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Gun lp

 

THE GUN

THE GUN – 1968  3,5/5

 

Publié fin 1968.

Produit par John Goodison.

Durée:38:38.

Label:Epic Records.

Genre:hard rock,rock psychédélique.

 

Dans l'esprit de la fin des 60's.

 

A l'écoute de Race With The Devil et de son riff carnassier, on est frappé par ce groupe de furieux britanniques. C'est par ce titre qui a cartonné sur le Vieux Continent fin 1968, début 1969, que les banlieusards londoniens sont remontés jusqu'à nos oreilles dans l'hexagone. Des pièces comme Race With The Devil, on apprécie et on signe des deux mains pour en avoir d'autres sur le premier album du groupe des frères Gurvitz. Elles ne viendront jamais.

Quand on suit la carrière de cette formation qui, dans la première moitié des 70's, va dériver vers Three Man Army, puis vers Baker Gurvitz Army (le Baker de Cream, Ginger), on ne peut que faire le constat que The Gun, à ce stade de leur jeune carrière, fait plutôt office de marchepied aux fils du manager des Shadows. Tout n'est pas encore bien calé autour des frangins pour espérer jouer un rôle sur le créneau déjà très dense des hard rockeurs underground anglais. The Gun est donc une étape dans l'évolution musicale de la fratrie.

Si Race With The Devil, dont l'intro, passage obligé des guitaristes en herbe, et le rythme sont les éléments accrocheurs, le propulse sur le devant de la scène européenne (N°1 quasiment partout) et britannique (N°4 au Royaume-Uni), force est de constater que ce titre est un peu isolé dans le répertoire proposé par le premier LP, The Gun (en écoute intégrale ici), sorti fin 1968. Hormis ce one-shot populaire, on en fait vite le tour.

Cela ne veut pas dire que la matière alors concotée par les frérots Gurvitz/Curtis, Paul et Adrian (et Louie Farrell) soit mauvaise. Loin s'en faut, la track-list véhicule certaines chansons (hard rock et psyché) qui méritent attention ou intérêt, mais qui n'ont pas le peps de sa pièce majeure, laquelle naturellement ouvre le disque.

Derrière Race With The Devil pointent un lot de bons documents à l'image de The Sad Saga Of The Boy And The Bee, de Yellow Cab Man, et à un degré moindre de Rat Race, un peu trop orchestré à mon goût et placé dans la lignée des succès du moment tels Sympathy (Rare Bird/69).

Bien qu'affichant une bonne lourdeur, de la puissance, de la solidité, l'album souffre souvent trop de son manque de direction et de son incohérence, à l'image de l'épique Take Off final (et du solo de batterie de Farrell, indispensable dans un disque de ce type et de cette époque). Cette sortie traduit toutes les insuffisances du moment du répertoire de Gun. Néanmoins, au regard de la matière consommable, on peut y accorder une oreille attentive. C'est bien dans l'esprit de la fin des 60's et c'est pour cela que je lui accorde un peu plus que la moyenne... (RAZOR©).

 

1. Race With The Devil.

2. The Sad Saga Of The Boy And The Bee.

3. Rupert's Travels.

4. Yellow Cab Man.

5. It Won't Be Long (Heartbeat).

6. Sunshine.

7. Rat Race.

8. Take Off.

 

Paul Curtis (Gurvitz):basse.

Adrian Curtis (Gurvitz):guitare.

Louie Farrell:batterie.

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