Toe Fat.

BIOGRAPHIE.

 

TOE FAT/Angleterre (Royaume-Uni)

 

Toe fat 1

 

Actif entre 1969 et 1971.

Label:EMI,Parlophone,Motown.

Genre:rock psychédélique,hard rock.

 

Un super-groupe avant l'heure.

Apparu au milieu des années 60 en Angleterre et aux States, le hard rock, dans le sillage de Led Zeppelin, Deep Purple et Black Sabbath, a posé puis durablement imposé sa marque, au début de la décennie suivante.

Le genre, alors naissant, est conforté un peu plus par la deuxième lame constituée des Aerosmith, Kiss, Blue Oyster Cult, Rainbow, Scorpions, Whitesnake, AC/DC ou Van Halen.

Nombreux sont alors les musiciens, britanniques comme ricains, jeunes comme moins jeunes, à vouloir leur emboîter le pas et à monter des formations qui réunissent les ingrédients du genre : un chant hargneux et puissant, des guitares distordues, saturées, des riffs épais, une basse énergique et ronflante, une batterie de déménageur, un son qui dégage une sensation de puissance, du volume et des décibels, occasionnellement des claviers (piano, orgue) pour donner une touche mélodique et subtile à la sauce.

Toe fat the gods 67 joe konas ken hensley lee kerslakeFormé sur les cendres des Gods...

Tor fat intro...Toe Fat a tout d'un grand...

Toe fat uriah heep...qu'il devient sous Uriah Heep.

Toe fat sceneUne musique appréciée...

Toe fat lp 1...mais des visuels décriés (LP 1970)...

Toe fat two lpTwo (novembre 1970), peu vendeur.

Bien que moins populaire que toutes ces légendes du genre à l'heure où il se constitue, Toe Fat s'est forgé dans cet esprit là. Son parcours dans le hard conduira certains de ses membres (Ken Hensley et Lee Kerslake) du côté d'Uriah Heep, un autre bastion du genre.

Toe Fat, sorte de super-groupe avant l'heure avec également Cliff Bennett (Rebel Rousers) et John Glascock (Jethro Tull) dans ses rangs, donne un avant goût de ceux qui ont fait d'Easy Leavin, Look At Yourself et Lady In Black, des classiques du rock...

Le pif de Bennett.

Quand son initiateur Cliff Bennett, présent depuis 1957 sur la place beat et R&B britannique, saisit l'opportunité de changer son image de vieux de la vieille, c'est vers une structure ancrée dans le hard rock qu'il se tourne.

Ses Rebel Rousers avec lesquels il a connu le succès dans la première moitié des sixties en s'arrogeant le répertoire des Beatles, des Easybeats, de Sam & Dave ou Otis Redding, c'est désormais de l'histoire ancienne et la désillusion d'avoir loupé le train de la british invasion est digérée.

L'artiste qui a assisté aux débuts des Fab Four sent le vent tourner et tente alors de se réinventer en faisant sien le genre initié par Led Zep et consorts.

Après une première tentative infructueuse sous le Cliff Bennett Band, il jette les bases de Toe Fat, que l'on peut traduire par « gros orteil » dans la langue de Molière.

Tout d'un grand.

Déjà à ses côtés dans le Cliff Bennett Band, le claviériste Ken Hensley est également partie prenante dans cette nouvelle aventure.

Auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste, le natif de la banlieue londonienne, évoluant alors au sein des Gods, rejoint Bennett dans son projet de relance, Toe Fat.

Pour ce dernier, il s'agit là de la dernière marche avant Uriah Heep, via Spice, collectif dans lequel ses aptitudes à composer (paroles et musique) et sa technique instrumentale (claviers et guitare) vont se révéler au grand jour.

Hensley n'est pas le seul Gods à prendre part à la nouvelle entreprise, puisque le bassiste John Glascock et le batteur Lee Kerslake adhèrent également à l'initiative de Bennett. Toe Fat, formé en juin 1969, a donc tout d'un grand...

Compte tenu du pedigree de ses musiciens, Toe Fat n'a aucune difficulté à  convaincre les lables et à conclure un contrat discographique.

Une société-satellite de la Motown, Rare Earth, puis Parlophone, signent respectivement le groupe pour les marchés américain et grand-breton.

Visuels décriés, musique bien notée.

Ces partenariats ouvrent le catalogue de Toe Fat. Dès février 1970, un premier single, Bad Side Of The Moon (Working Nights en face B – Parlophone), repris au tandem Elton John/Bernie Taupin, paraît sur le marché britannique ; le 45T américain (Bad Side Of The Moon) est publié à l'automne de la même année (octobre).

Bad Side Of The Moon précède la parution, en avril 1970, d'un premier LP pour Parlophone, enregistré dans les studios d'Abbey Road. Sa pochette controversée, œuvre du designer Hipgnosis montrant des personnages aux têtes remplacées par de gros orteils, suscite de vives réactions.

Son mauvais goût génère des effets de rejet aux États-Unis, aussi le label Rare Earth est contraint de publier le LP sous une identité visuelle différente.

Cette crise marketing mineure n'altère toutefois en rien la qualité de son contenu hard rock teinté d'influences psychédéliques, subtil par moments, solide souvent, mais pas révolutionnaire non plus.

Les observateurs du rock lui réservent globalement un bon accueil mais le premier opus de Toe Fat n'a pas le retour escompté dans les bacs et, en l’occurrence, il semble que sa pochette discutable en ait été le facteur déclenchant.

Dans la catégorie inélégance et laideur, le visuel du second opus n'est pas mal non plus : la pochette dévoile en effet ce qui semble être une carcasse d'animal posée sur une sorte de décor s'apparentant à du vomi.

Nommé Two, l'ensemble n'a pas dû beaucoup solliciter les méninges de leurs auteurs et de leur personnel dit créatif.

Reste que la musique qui est ici collectée, publiée pour l'étiquette Regal Zonophone (UK) et pour Rare Earth (USA), toujours d'obédience hard rock mais plus lourde que Toe Fat, est un tantinet supérieure (Midnight Sun, Idol, Stick Heat, Since You've Been Gone) au LP précédent.

Two (novembre 1970), bien que favorablement noté par les critiques de l'époque, ne sensibilise pas le public pour autant ; le disque, qui n'implique pas Ken Hensley, parti pour Spice, ni Lee Kerslake, qui rebondit au sein du National Head Band (1971), s'avère un cuisant échec commercial.

Les deux musiciens ne participent même pas à la tournée américaine 70 en soutien de Derek And The Dominos et se retrouvent fin 71 dans Uriah Heep.

Toe fat lee kerslake portrait

« Toe Fat était la suite des Rebel Rousers. Le nom a été changé juste au moment où je suis arrivé. C'était bon. Cliff avait une grande voix. Toe Fat était un tremplin pour moi car cela m'a permis de rencontrer différents musiciens et différents styles de jeu. J'ai aimé ça. Je n'y suis pas resté longtemps, avant de me retrouver dans le National Head Band. » (Lee Kerslake)

Un marchepied pour Uriah Heep.

L'effectif de Toe Fat est alors constitué de Bennett, d'un Glascock (pas John le bassiste mais son frère aîné Brian, batteur), d'Alan Kendall (guitare) et de John Konas (basse), un ancien de la maison Gods. L'harmoniciste irlandais Mox Gowland complète le line-up de Two.

L'absence de John Glascock s'explique par le fait qu'il est furtivement sollicité par Chicken Shack (janvier 1971), avant de rejoindre Carmen (1973), puis Jethro Tull (1976).

S'en est alors fini de Toe Fat, délaissé par son manager. Bennett est demandé par Uriah Heep pour assurer le rôle de chanteur, mais se retrouve finalement à remplacer David Clayton-Thomas dans Blood Sweat & Tears, avant de se perdre dans des projets aussi discrets les uns que les autres.

Conscient que son heure est passée, il se retire, à la fin des 70's, de la scène musicale pour entamer une carrière très fructueuse dans le transport maritime.

Au milieu des années 90, les deux albums de Toe Fat, quasiment introuvables sur le marché, ont été réédités sur CD par le label Beat Goes On (RAZOR©2022)

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1970

 

Toe fat two lp

 

TOE FAT

TWO – 1970  3,5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Jonathan Peel.

Durée:40:45.

Label:Regal Zonophone.

Genre:hard rock,rock progressif.

 

Basique et sans surprises.

 

Rien de véritablement surprenant ici. Le travail est bien fait mais n'a rien de spécial à offrir. Si on peut trouver en cette 2ème levée discographique du catalogue de Toe Fat un petit supplément d'âme par rapport à son devancier, la matière qu'il abrite, hard rock bluesy est assez basique et sans surprises.

Mais Two (quelle originalité !) demeure malgré tout solide et efficace, ça riffe à tout berzingue, ça wah-wahte à foison ; de ce lot produit par Jonathan Peel, on retiendra plus particulièrement Stick Heat, de Midnight Sun, Idol, Since You've Been Gone ou A New Way, mais certainement pas leur pochette peu ragoûtante (RAZOR©2022).

 

1. Stick Heat.

2. Indian Summer.

3. Idol.

4. There 'll Be Changes.

5. A New Way.

6. Since You've Been Gone.

7. Three Time Loser.

8. Midnight Sun.

 

John Konas:basse,voix.

Brian Glascock:batterie,voix.

Alan Kendall:guitare électrique,guitare acoustique.

Mox:flûte,harmonica.

Cliff Bennett:chant.

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