Tommy Bolin.

BIOGRAPHIE.

 

TOMMY BOLIN/Sioux City (Iowa – USA)

 

Tommy bolin 1

 

Né le 1er août 1951 à Sioux City (Iowa), mort le 4 décembre 1976 à Miami (Floride).

Actif de 1966 à 1976.

Label:Columbia Records.

Genre:hard rock,blues-rock,jazz-fusion.

Site Internet:www.tbolin.com

 

Une destinée de rock star.

La carrière de Tommy Bolin aura duré 10 ans, de 1966 à 1976. Si la première partie de son parcours est de très grande qualité, elle ne lui a pas offert le retour sur investissement médiatique auquel elle aurait, en toute logique, dû prétendre. Transiter en 1975 par Deep Purple a finalement contribué plus conséquemment à sa popularité et fait bien plus pour la reconnaissance du statut de guitariste hors pair qu'on lui prête aujourd'hui, que tous ses actes préalables.

Près de 5 mois après avoir quitté le Pourpre, sa fin tragique dans une chambre de l'hôtel Newport Resort de Miami Beach, après l'absorption d'un cocktail surdosé d'héroïne, de cocaïne, de barbituriques et d'alcool, fait basculer ce fabuleux guitariste de 25 ans, alors en passe de devenir une valeur sûre dans les sphères rock-progressives et jazz-rock, dans la légende du rock tout court.

En dépit de son jeune âge, il était capable de tout jouer : du blues-rock, du hard rock, du jazz, du prog, mais aussi de délicieuses ballades. Il était promis à une très grande carrière. Le destin en a décidé autrement.

La musique est sa vie, la guitare son moteur.

Natif de l'Iowa, Tommy Bolin, Thomas Richard Bolin pour l'état-civil de Sioux City, est l'aîné des trois enfants Bolin (les autres sont Johnny et Rick). Il sait très tôt que la musique sera sa voie.

Baignant dans un environnement familial favorable à la musique du fait de parents à fond derrière leur progéniture, l'enfant qu'il est alors subit l'influence de la radio et des disques qu'écoute Papa, des émissions rock 'n' roll télévisées ciblant les jeunes (American Banstand) et sur lesquelles passent toutes les idoles du moment : Elvis Presley, Carl Perkins, Johnny Cash...

Le père Richard, d'origine suédoise (la maman Barbara d'origine syrienne), est un grand fan d'Elvis Presley. Un jour, il emmène son rejeton de 5 ans voir un concert du King. Le gamin en reste comme deux ronds de flan, avec des images plein la tête. Et se prend à rêver de devenir un Elvis lui aussi en l'imitant.

Tommy bolin denny the triumphs 1964A 13 ans, Denny & The Triumphs (1964/1966).

Tommy bolin patch of blue 1966Au sein de Patch Of Blue (1966/67).

Tommy bolin american standardAmerican Banstand en 1967/68.

Tommy bolin zephyrZephyr (1968/1971).

Tommy bolin james gangJames Gang (août 1973/août 1974).  

Tommy bolin deep purpleDeep Purple (juin 1975/mars 1976).

Tommy bolin 2Une destinée de rock-star.

Un autodidacte surtout.

Il y met tant de ferveur que ses parents l'inscrivent à un concours pour jeunes talents sur une TV locale. Les téléspectateurs tombent sous le charme de ce gamin parodiant à merveille le King et qui se prend au jeu. Partant de là, la famille pousse derrière Tommy pour qu'il trouve sa voie et celle-ci va vite s'avérer être la musique.

Son choix s'oriente initialement vers la batterie qu'il commence à pratiquer vers l'âge de 13 ans et pendant deux ans. Même quand il devient le guitariste talentueux que l'on connaît, il continue à en jouer, pour faire travailler ses poignets et ainsi les renforcer aux fins de solidifier son jeu de guitare.

Après la batterie à laquelle il renonce en raison de son coût d'achat, il se tourne vers la guitare, puis vers les claviers, avant de revenir à la gratte, un investissement plus abordable au regard de ses moyens. Ses premières influences ont pour nom Django Reinhardt et Carl Perkins, mais aussi les Rolling Stones. Guitariste autodidacte, il se fait tout seul.

Ses relations avec l'école et l'autorité n'étant pas des meilleures (il se fera virer pour ne pas avoir voulu couper ses cheveux), il trace sans tarder le sillon qu'il s'est choisi pour son avenir. En dehors du cadre scolaire, il traîne avec d'autres musiciens au contact desquels il progresse.

Des débuts à 13 ans.

Un premier groupe est constitué : The Miserlous. Il n'a pas le temps de le développer que Denny & The Triumphs, formation garage de Sioux City, le sollicite aussitôt. Nous sommes en 1964, Tommy a alors 13 ans. Ayant le soutien total de ses géniteurs et l'adhésion entière des autres membres, plus expérimentés, il va très vite progresser.

Au départ du fondateur du groupe, Debby & The Triumphs devient, en 1965, l'énergique Patch Of Blue, identité référant au film du même nom. Cette incarnation, composée des frères Larwick (Brad et George), de Morey Miller, Dave Stokes, Steven Bridenbaugh et de Tommy, se taille alors une solide réputation dans l'ouest de l'Iowa. Patch Of Blue, avec un répertoire essentiellement composé de reprises, ouvre alors pour les Beach Boys, les Animals ou Herman's Hermits. L'aventure de Bolin avec Patch Of Blue prend fin en 1967 au motif qu'il joue trop fort !

A 15/16 ans, il sait que sa chance de réussir lui implique de quitter Sioux City. Il s'envole pour Denver où il croise la route de Crosstown Bus, avec lequel il jamme sur Purple Haze. Ses partenaires de fortune n'en reviennent pas. Dès le lendemain de leur rencontre, ils virent leur guitariste au profit de Tommy Bolin. Nous sommes en automne 1967.

Crosstown Bus devient American Standard qui prend ses quartiers au Family Dog, un club dont Barry Fey est le propriétaire. Ce dernier est aussi promoteur local de concerts et dispose d'un beau carnet d'adresses. Il a Tommy Bolin à la bonne et ne va plus le quitter des yeux.

American Standard y évolue tout le temps que dure le club autour d'un répertoire constitué de reprises d'artistes alors en vogue comme Dylan, Donovan, les Kinks, du blues et notamment du Robert Johnson. Sa fin d'activité, en 1968, offre à Bolin l'occasion de se mêler à des formations secondaires et éphémères sur Cincinnati (il décroche un engagement auprès de Lonnie Mack), puis au Colorado dans le Sud-Dakota où, à Vermillion, il joue un temps avec une mouture des Shattoes qui, quand il est intégré, change son nom en The Chateaux.

Karen Ulibarri, sa complice.

A la fin des 60's, il finit par revenir dans le Colorado. Il se fixe à Boulder, aux confins des Rocky Mountains, à une cinquantaine de kilomètres de Denver. L'endroit est l'épicentre de la scène hippie et de la contre-culture de la région.

Il y fait la connaissance de celle qui va partager quasiment toute sa vie, Karin Ulibarri, une designer en vêtements ; c'est elle qui, jusqu'à son passage dans Purple Purple, va dessiner la garde-robe branchée qu'il arbore sur scène.

A Boulder, Tommy Bolin active un nouveau groupe, Ethereal Zephyr, avec John Faris, claviériste influencé par le jazz et qui transmet le goût du genre à son partenaire. Il interprète un surprenant et tonique mix de jazz, de blues et de rock. Son chaland est régional.

Lors d'une jam au Buff Room de Boulder, Ethereal Zephyr se rapproche alors de David Givens et Candy Ramey, future épouse Givens, à la tête de Brown Sugar. Le courant passe, l'idée de fusionner les formations germent. Il leur faut pour ce faire un batteur qui tienne la route. Ce sera Robbie Chamberlin.

Zephyr, groupe-star du Colorado.

La nouvelle incarnation répète pendant plusieurs semaines avant d'apparaître pour la première fois sous le nom de Zephyr. Le concert a lieu dans une petite salle de Boulder, le Sink, où le groupe interprète un catalogue qui lui est propre et qui plaît bien au public.

Zephyr devient vite la formation star du Colorado et fait les premières parties de combos comme les Bluesbreakers de John Mayall, Spirit ou Vanilla Fudge.

Fort de cette popularité, la réputation de Zephyr remonte jusqu’aux oreilles des labels majeurs du moment. Après une prestation remarquée à Los Angeles, Zephyr reçoit des offres d’Atlantic, de CBS et d’ABC, par l’intermédiaire de sa filiale Probe Records (1968/70). Une démo est réalisée à Denver qui convainc cette dernière de signer le groupe.

Cette collaboration fait franchir un cap à Zephyr qui devient rapidement une valeur montante du blues-rock et partage des scènes plus conséquentes avec les pointures du moment comme Led Zeppelin à la Boston Tea Party (1969) ou quelques mois plus tard comme Fleetwood Mac pour lequel il ouvre le concert de Central Park.

Tommy bolin warren haynes

« Je suis un fan de Tommy depuis mon adolescence. Je ne me souviens plus trop quand je l'ai entendu pour la première fois mais je me rappelle très bien de sa prestation sublime sur Spectrum. Mes frères, plus âgés que moi, m'ont permis de découvrir son parcours dans James gang, puis avec Deep Purple. J'ai vraiment connecté avec ses albums solos. J'aurai bien aimé voir jusqu'où il serait allé. » (Warren Haynes)

L'explosion de Tommy.

Si le charisme et la voix de Candy Givens sont des éléments clés de la musique des coloradiens, le jeu de guitare créatif de Bolin commence à faire des ravages. Zephyr n’attend plus qu’un album pour boucler la boucle.

Il tombe en octobre 1969. Il est éponyme et se fait avec Bill Halverson à la production. A cette époque, Bill Halverson, c’est quand même Wheels Of Fire pour Cream (1967), Wild Honey pour les Beach Boys (1967), Crosby Stills & Nash (1969), Albert King, Keith Jarrett, Chuck Berry… Cerise sur le gâteau, il est enregistré dans la Mecque des studios du moment, les Wally Heider studios de Los Angeles. Rien que ça.

En dépit de ces conditions idéales, l’album n’imprime pas auprès du public. Zephyr n’est pas satisfait de sa collaboration avec Halverson auquel il reproche d’avoir cassé le son du groupe en enregistrant les acteurs séparément et non pas ensemble, comme ils en ont l’habitude.

Bobby Berge intègre Zephyr pour le deuxième album, Going Back To Colorado (janvier 1971). Enregistré à New York, aux non moins prestigieux Electric Lady Studios faits spécifiquement pour Jimi Hendrix, il est le dernier LP réalisé avec Tommy Bolin .

Doté d’une matière un peu désuète, le disque ne parvient pas à masquer le manque d’originalité de sa chanteuse, malgré la brillance technique affichée par son guitariste. Au regard du potentiel de Zephyr depuis passé chez Warner Bros, Going Back To Colorado, plus poli, est un gâchis malgré la présence d’Eddie Kramer (Hendrix, Led Zeppelin) aux manettes.

Energy, James Gang, Deep Purple...

Bolin quitte Zephyr début 1971 et amène dans ses bagages Bobby Berge avec lequel il forme Energy, groupe de fusion jazz et rock. Ce dernier a joué un temps avec lui dans The Chateaux. Cette formation furtive permet à Bolin de s'affirmer encore plus comme le grand guitariste qu'il est devenu ; elle fait la transition entre Zephyr et James Gang sans connaître toutefois la popularité de son prédécesseur, malgré la qualité qu'on lui prête. Les rares traces de cette expérience figurent aujourd'hui dans les archives consacrées à l'artiste.

Grâce à sa petite amie designer, l'apparence de Tommy se met à changer quand, en août 1973 et, sur les recommandations de Joe Walsh parti créer Barnstorm, il intègre James Gang en remplacement de Domenic Troiano, alors en partance pour Guess Who. Et pour cause, le futur membre d'Eagles en fut le guitariste de 1968 à 1971.

Tommy Bolin porte alors sur scène des costumes lamés argentés, des nippes délurées, des chaussures en peau de léopard et physiquement, arbore un look qui ne passe inaperçu avec ses cheveux colorés et ses boucles d'oreille à plumes. Tommy fait du Ziggy.

Au sein de James Gang, il contribue conséquemment à deux LP, Bang (septembre 1973) et Miami (juillet 1974), après avoir également collaboré à Spectrum de Billy Cobham (octobre 1973). Il rompt avec James Gang en octobre 1974.

Au printemps 1975, Deep Purple lui fait les yeux doux. Frustré par le décevant Stormbringer, Ritchie Blackmore quitte le groupe après 7 ans de bons et loyaux services ; il fonde Rainbow.

La place vacante est proposée à Tommy Bolin et en ce sens, l'intervention de David Coverdale en sa faveur a certainement sauvé le Pourpre de la disparition pure et simple. Tommy prend part au dixième LP de Deep Purple, Come Taste The Band (octobre 1975). Avec lui, le groupe prend plus de liberté créative.

Le Tommy Bolin Band pour finir.

Dans le même temps, il signe un premier album personnel, Teaser, grand disque s'il en est et publié en novembre 1975, très apprécié par les fans au regard de la multiplicité des styles (hard rock, jazz, reggae et latino) qu'il propose et que son auteur maîtrise complètement.

Si la critique élève Bolin au rang de guitariste hors pair, ce dernier, engagé avec Deep Purple, ne peut pas aller défendre le disque sur la route. Cet empêchement n'est pas sans influencer négativement sur son succès dans les bacs.

Après le dernier spectacle de Deep Purple le 15 mars 1976, il monte le fantastique Tommy Bolin Band avec Mark Stein (Cactus), Norma Jean bell, Reggie McBride et Narada Michael Walden, groupe qui lui permet de relancer sa carrière solo et qui l'accompagnera jusqu'à son dernier souffle.

Son parcours personnel s'enrichit d'un deuxième disque (Private Eyes/septembre 1976), disque de rock plus classique. Il est une vitrine pour sa virtuosité guitaristique et sa carrière solo commence à se montrer de plus en plus convaincante. Elle lui vaut de se produire en avant première de Peter Frampton, de Rush, de ZZ Top et de Jeff Beck.

C'est en ouverture de ce dernier qu'à la tête du Tommy Bolin Band, le 3 décembre 1976, il livre sa dernière prestation scénique au Jai-Alai Fronton de Miami. Le lendemain matin, sa mort est officialisée. A son doigt, Karen Ulibarri a glissé l'anneau que Jimi Hendrix portait le jour de sa mort. Tout un symbole (RAZOR©).
 

DISCOGRAPHIE ZEPHYR 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Zephyr lp

 

ZEPHYR

ZEPHYR – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Bill Halverson.

Durée:44:43.

Label:Probe.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Zephyr fait entendre sa voix.

 

Feue Candy Givens a une belle voix, on ne peut le nier. On la compare, toutes proportions gardées, à Janis Joplin, bien que son ex, le bassiste David Givens, s’en défende. Candy ne cherche pas à imiter Janis. Je veux bien.

Ce même David, dans une interview, reconnaît toutefois que les disques de Zephyr ne traduisent pas vraiment ce que fut  réellement la voix de madame. Le producteur Bill Halverson semble être le coupable idéal. Toujours est-il que, en ce qui me concerne, cette voix là me chiffonne.

D’ordinaire, j’aime bien ce genre de blues-rock qui, d’entrée de jeu et sans sommations, te saute à la gorge sans jamais desserrer l’étreinte jusqu’à l’ultime note.D’habitude j’aime. J’suis même addict.

L’album éponyme de Zephyr a une entame tonitruante et le profil tout désigné pour me séduire, d’autant plus que la guitare de Tommy Bolin n’attend pas longtemps pour dévoiler une agressivité sympa. Et la guitare de Bolin, vous savez les dégâts qu’elle peut occasionner dans les chaumières quand elle se montre à son avantage.

D’habitude j’aime, dis-je, mais là, y a un os dans la moulinette, une couille dans le potage, un truc qui coince : c’est la mère Candy Givens. La chanteuse de Zephyr, en dépit d’avoir pour elle de très belles dispositions pour le chant, me soûle au plus haut point, au bout de trois titres. C’est plutôt gênant pour espérer aller jusqu’au terme d’un album qui, en ce qui me concerne uniquement,  tourne trop autour de cet organe vocal, insupportable dans les aigus, dépourvu de l’incontournable charge émotionnelle pour une chanteuse de blues et un tantinet forcé.

Difficile pour moi de faire comme si, même si l’album en question marque les vrais débuts de l’ado Bolin, un guitariste que j’ai à la bonne et que le rock, dans son ensemble, a dans ses bons papiers. Givens me perturbe trop pour apprécier Zephyr à sa juste valeur. On ne peut nier son gros potentiel, mais, désolé, la dame focalise trop sur elle au détriment des autres acteurs.

En filigrane de cette gêne souffle un mélange agréable et chaleureux de blues, de jazz et de rock. Les titres les mieux pourvus, les plus équilibrés sont ceux sur lesquels Candy la met un peu en veilleuse comme l’introductif Sail On qui permet d’apprécier comme il se doit la qualité de son chant, Boom-Ba-Boom et Somebody Listen ainsi que le Hard Changin’ Woman final. Pour le reste, le jeu est efficace, les compositions acceptables. Mais, il y a cette voix… (RAZOR©).

 

1. Sail on.
2. Sun's a Risin.
3. Raindrops.
4. Boom-Ba-Boom.
5. Somebody Listen.
6. Cross the River.
7. St. James Infirmary.
8. Huna Buna.
9. Hard Chargin' Woman.


Candy Givens:chant,harmonica.

Robbie Chamberlin:batterie,choeurs.

David Givens:basse,choeurs.

John Faris:claviers:flûte.

Tommy Bolin:guitare,choeurs.

DISCOGRAPHIE 70'S SOLO.

LP Studio 1 - 1975

 

Tommy bolin teaser

 

TOMMY BOLIN

TEASER – 1975  5/5

 

Publié en novembre 1975.

Produit par Tommy Bolin,Lee Kiefer.

Durée:37:38.

Label:Nemperor Records.

Genre:hard rock,blues-rock,jazz-fusion.

 

Une vitrine pour Bolin.

 

Tommy Bolin est décédé le même jour que mon paternel, le 4 décembre 1976. Même si je n’avais jamais prêté une attention particulière à sa carrière, bien qu’il ait fait partie de la mouture du James Gang délaissé par Joe Walsh et qu’il auréole de sa présence le fabuleux album de jazz-fusion Spectrum de Billy Cobham (1973), force est d’admettre de bonne grâce que ce point commun a orienté mon intérêt pour lui, mais plus tard. Longtemps après même.

C’est son pédigrée en fait qui m’a fait me pencher un peu plus sur son cas. N’est pas Deep Purple, Zephyr, James Gang qui veut ; encore faut-il avoir des atouts dans la manche. Et là, côté guitare, l’incisif gratteux qu’est Bolin en connaît un rayon.

Mieux même, il est de la race de ceux qui auraient pu reprendre le flambeau derrière Hendrix et le clamer haut et fort, sans que personne ne soit en mesure de s’en offusquer ou de crier à l’usurpateur. Bolin avait le talent, l’ouverture d’esprit pour innover encore et toujours ; il était en quête permanente de nouveaux sons et pouvait accommoder sa technique à tous les styles musicaux, du jazz au hard, du hard au blues, du blues au reggae et au latino.

Sa disparition suite à une overdose nous prive d’une suite prometteuse et laisse en l’état un catalogue studio maigrelet certes, mais néanmoins constitué de deux albums solos fantastiques. J’ai chroniqué le deuxième dans l’ordre chronologique, Private Eyes (1976) : un monument.

Teaser qui le précède d’une année dans le temps (1975), enregistré à L.A. s’intercale dans la période où il tourne le dos à James Gang et celle qui le voit rejoindre Deep Purple sur l’insistance de David Coverdale et pour pourvoir au remplacement de Richie Blackmore.

L’américain est alors en concurrence pour l’emploi avec des calibres comme Mick Ronson, l’irlandais Rory Gallagher, le clown écossais Zal Cleminson du Sensational Alex Harvey Band (groupe très théâtral mémorable). C’est lui qui décroche la timbale.

Il quittera le Deep Purple de l’ère Mark IV pour des problèmes d’addiction aux drogues qui l’empêchent d’assurer ses parties de guitare (son bras gauche sera mis à mal par une injection d’héro). Ses prestations deviennent alors très inégales.

Teaser est donc l’album par lequel il débloque son compteur personnel. On ne peut pas dire qu’il fut un franc succès, non pas que sa qualité puisse à un quelconque moment être mise en doute, mais à force de jouer sur les deux tableaux, Bolin en arrive à négliger sa promo. Il n’est pas meilleure façon de se suicider commercialement.

Pourtant il a de la cuisse cet album ; je veux mon n’veu. Il a de la tenue et carbure joliment à la ballade, au jazz rock, au reggae, au funk, au blues et au cajun. Il se pose là pour s’affirmer comme une vitrine idéale pour qui veut savoir de quoi la bête se nourrit.

Inspiré, frais, simple, polyvalent, virtuose et influent auprès d’artistes du moment ou à venir (Mötley Crue, Van Halen ou Jeff Beck), il dénote à merveille la palette musicale que Bolin pouvait appréhender sans problèmes.

Bolin pouvait s’adapter et il le prouve ici. Il en use ici et c’est ce qui rend cet album exaltant un tantinet éclectique. The Grind, Homeward Strut, la chanson titre, People People qui oscille entre reggae et funk, l’instrumental jazz-rock Marching Powder, la ballade Dreamer, Wild Dogs, Lotus alimentent un bien bel album auquel a pris part un parterre d’invités comme Phil Collins, Jeff Porcaro, David Sanborn, Micahel Walden, Jan Hammer, Bobbie Berge, Stanley Sheldon… On ne fera l'impasse en aucun cas (RAZOR©).

 

1. The Grind.

2. Homeward Strut.

3. Dreamer.

4. Savannah Woman.

5. Teaser.

6. People, People.

7. Marching Powder.

8. Wild Dogs.

9. Lotus.

 

Tommy Bolin:guitare,chant.

Stanley Sheldon:basse sur 1/2/3/5/6/7.

Paul Stallworth:basse 4/8/9.

Dave Foster:piano,synthétiseur sur 1/2/3.

Jan Hammer:synthétiseur sur 6/7.

Ron Fransen:piano sur 9.

David Sanborn:saxophone sur 6/7.

Jeff Porcaro:batterie sur 1/2/3/5.

Prairie Prince:batterie sur 4/8.

Michael Walden:batterie sur 7.

Bobbie Berge:batterie sur 9.

Phil Collins:percussions sur 4.

Sammy Figueroa:percussions sur 6/7.

Rafael Cruz:percussions sur 6/7.

Dave Brown:choeurs sur 1.

Lee Kiefer:choeurs sur 1.

LP Studio 2 - 1976

 

Tommy bolin private eyes 76

 

TOMMY BOLIN

PRIVATE EYES – 1976  5/5

 

Publié en 1976.

Produit par Tommy Bolin,Dennis Mackay.

Durée:

Label:Columbia Records.

Genre:hard rock,rock,rock psychédélique.

 

A la tienne Tommy !

 

J’aimais bien le p’tit Bolin, rappelé au paradis, un peu prématurément, alors qu’il n’affiche que 25 printemps. Mort à Miami, le jour où j’étais moi-même dans la douleur de la perte de mon paternel, cet artiste, guitariste de rock, a un parcours qui débute réellement avec Zephyr (1968), puis qui l’entraîne vers James Gang.

Son jeu de guitare éveille alors l’attention de Billy Cobham qui le recrute pour l’enregistrement du fabuleux Spectrum de 1973, avant que Tommy aille en découdre avec un Deep Purple alors déclinant (1975), puis  filer un coup de main aux canadiens de Moxy pour leur premier LP et, enfin,  finir par une carrière sous sa propre bannière (Tommy Bolin Band créé en mars 76).Malheureusement, c'est sous son propre étendard que sa vie est irrémédiablement interrompue par l’héroïne.

Deux albums font aujourd’hui office de témoignage de son passage remarqué dans le rock : Teaser (1975), bon outil de promo pour ses aptitudes avérées à la guitare (fait alors qu’il est toujours dans l’entourage de Deep Purple), et notre sélection du jour, Private Eyes (en écoute intégrale ici).

Bolin y fait valoir une facilité à manier les genres. Malgré une toxicomanie bien avancée et véritable frein à son inspiration, Bolin parvient à témoigner d’une belle polyvalence dans ses compositions, à fusionner avec subtilité les influences qu’il porte en lui et, de ce fait, à restituer un travail de grande valeur et plutôt complet.

Le vain rappel à l’ordre sur la dangerosité de la drogue du titre Post Toastee, s’il ne sert pas de leçon à son auteur, n’en est pas moins la pièce essentielle du disque. Prémonitoire, cette chanson jammée de neuf minutes dispose d’une belle structure et d’un solo de guitare incendiaire époustouflant. Shake The Devil est son pendant aussi convaincant.

De grande guitare, il est question dans le You Told Me That You Loved Me final. Bolin fait aussi dans le folk et dans le bon folk de surcroit. Dans ce registre plus acoustique, il dévoile une série de quatre pièces délicates : Gypsy Soul et l’extraordinaire travail de saxo de Norma Jean Bell, Hello Again, Sweet Burgundy ainsi que Someday We’ll Bring Our Love Home. J’aimais vraiment bien ce p’tit Bolin…(RAZOR©)

 

1. Bustin' Out for Rosey
2. Sweet Burgundy
3. Post Toastee
4. Shake
the Devil
5. Gypsy Soul
6. Someday, We'll Bring Our Love Home
7. Hello, Again
8. You Told Me That You Loved Me

 

Tommy Bolin:guitare,piano,claviers,chant.

Carmine Appice:batterie.

Norma Jean Bell:percussions,saxophone.

Bobby Berge:batterie.

Reggie McBride:basse.

Mark Stein:claviers.

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