Uriah Heep

BIOGRAPHIE.

 

URIAH HEEP/Londres (Angleterre)

 

Uriah heep 1 1973

 

Actif depuis 1969.

Label:Bronze Records,Island Records,Sanctuary Records,Mercury Records.

Genre:hard rock,rock progressif,heavy metal,classic rock.

Site officiel:www.uriah-heep.com

Le mal-aimé du heavy metal.

Après avoir été les Stalkers sous la houlette de Mick Box, puis Spice autour du même Box, entre 1965 et 69, la mouture active prend le nom de Uriah Heep, en référence à un personnage de David Copperfield, roman de Charles Dickens (1849). Uriah Heep, groupe polémique par excellence, jamais vraiment considéré par la presse spécialisée comme un premier couteau du hard rock et du rock progressif, a paradoxalement été de tous temps un gros vendeur de disques sur le marché européen surtout (moins aux States) et drainé à sa suite des flopées de fans, toutes générations confondues.

A la suite des Stalkers et des Spice.

Uriah Heep, à ses débuts en 1969 lorsqu’il passe vraiment professionnel, réunit le chanteur David Byron, né David Garrick et décédé depuis (1985), déjà du Spice précédent, Kenneth William Hensley, dit Ken Hensley auteur-compositeur, multi-instrumentiste (piano, orgue et guitare) et producteur, ainsi que l’initiateur de l’affaire, Mick Box, guitariste. Paul Newton, bassiste de Spice et une succession de batteurs proches comme Alex Napier ou Ollie Olsson assurent le quotidien.

La particularité d’Uriah Heep, son originalité serais-je tenté de dire, est de proposer un mélange musical prog constitué d’un guitariste hard et psychédélique, d’un chanteur exceptionnel et d’un musicien polyvalent (organiste notamment) doublé d’un auteur-compositeur inspiré qui va être à la base des plus grands succès  de la formation anglaise : Look at Yourself, Lady in Black, Easy Livin', Stealin' et Free Me.

Uriah heep 1976

« Je me suicide si ce groupe fait carrière… »

La presse musicale n’a jamais été très tendre avec Uriah Heep et la publication de son premier LP, l’énigmatique Very 'Eavy...Very 'Umble, de par sa pochette affreuse et inquiétante (le visage de David Byron pris dans une toile d’araignée), suscite des réactions hostiles de la part des critiques. L’un d’eux, de Rolling Stone Magazine, pousse le bouchon un peu loin, allant jusqu’à dire du premier LP : « Ce disque est un supplice à écouter, si ce groupe fait carrière, je me suicide ». Les commentaires négatifs faisant tâche d’huile, il n’y a qu’un pas pour dire que cette image peu reluisante allait longtemps coller à Uriah Heep. Il n’était pas dans les bons papiers de ces gens de la critique ; de là à le mettre plus bas que terre, il y a des limites. Les chiens étaient lâchés, les anglais ont dû faire avec ce déferlement contre eux pour démarrer dans le métier ; en aucun cas, il ne méritait ça.

Manque d’originalité, redondance, prétention, plagiat, lourdingue, voilà ce qui revient en boucle dans les chroniques consacrées au premier jet des londoniens et sur les jets suivants. Il est vrai que, pour leur début, les comparaisons vont bon train dans le contexte rock ambiant des 70’s naissantes, dominé par Led Zeppelin et Deep Purple. On lui reproche d’être le maillon d’une stratégie publicitaire et commerciale visant à exploiter le filon rock lourd initié par Black Sabbath, mais sans qu’il ne déploie le même talent que lui.

Des débuts difficiles.

Ce lynchage médiatique pas toujours justifié, Uriah Heep le vit de front à la sortie de Very 'Eavy...Very 'Umble, beaucoup trop inconsistant pour être défendu favorablement, même par ceux qui suivent le groupe depuis ses premiers pas. Pour un LP travaillé un an en studio (produit par Gerry Bron), commencé sous Spice en juillet 69, il est léger. Comme il n’est pas sans évoquer, musicalement parlant, le Sabbath, sans en être toutefois à la hauteur, comme il tombe dans les bacs dans l’intervalle temporel entre Black Sabbath 1 et Paranoid, qui plus est chez Vertigo, le label de la bande de Birmingham, Uriah Heep se fait arranger le portrait d’entrée de jeu.

Sur le coup, je me range du côté des détracteurs ; Very 'Eavy...Very 'Umble, paru en juin 1970, ne casse pas trois pattes à un canard, malgré quelques titres très intéressants (Come Away Melinda, I’ll Keep On Trying) et un morceau fabuleux, Gypsy, dont le riff lourd est depuis rentré dans le Gotha du metal. Il fait montre de trop de lacunes pour pouvoir prétendre à un jugement favorable, d’autant que, à l’instar de la matière proposé, les acteurs affichent de sérieuses carences techniques.

Uriah heep box

« Nous avons été descendus par la presse, les grands médias spécialisés surtout. Honnêtement, cela ne nous a pas empêchés d’aller de l’avant. Mais que pouvions-nous faire ? Changer ces opinions était impossible. Je pense pourtant que nous faisions partie de la Big Four, autrement dit des 4 grand groupes du genre avec Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. Mais nous étions le dernier arrivé à un moment où la musique était en train de changer. Au bout du compte, la tendance s’est inversée et a joué en notre faveur. Uriah Heep est devenu un groupe populaire. Ce qui compte, au final, ce sont les fans et nous sommes fiers de notre parcours. » (Mick Box)

Et puis vinrent les 16 minutes épiques de Salisbury.

Ces faiblesses sont fortement corrigées dans Salisbury (février 71) qui se distingue essentiellement par deux aspects : il panache son heavy metal de rock progressif, d’une part ; de l’autre, le songwriting est plus convaincant avec l’implication pour la première fois de Ken Hensley. Son influence sur le groupe s’en ressent, ne serait-ce qu’au niveau du morceau titre épique de 16 minutes, né d’une créativité collégiale. Uriah Heep dénote sur ce disque une personnalité nouvelle. Uriah Heep commence à faire du Uriah Heep. Salisbury demeure toutefois légèrement en retrait du meilleur de sa production discographique, celle qui suit avec Look At Yourself et Demons And Wizards.

Look At Yourself, troisième opus sorti le 15 octobre 1971, dénote une progression manifeste : techniquement, collectivement, sur le plan de l’inspiration. Disque le plus violent de la tierce initiale, c’est du très grand hard-rock dont on ressort rincé de l’écoute. Uriah heep est désormais un vrai groupe, une entité collective à part entière et non la somme d’individualités. Les détracteurs ? Aux abonnés absents, bien sûr.

Uriah heep david byron 1974

Demons And Wizards et puis plus grand chose.

David Byron, Mich Box et Ken Hensley, le noyau fondateur d’Uriah Heep refondent le line-up ; la finalité est de continuer à progresser. Lee Kerslake (batteur), Gary Thain (basse) entrent pour prendre part à Demons and Wizards (mai 1972), quatrième opus studio à apparaître au catalogue. Ce disque est porté par le démentiel Easy Leavin’ qui, n’en déplaise aux grincheux, permet à Uriah Heep de prendre place parmi les meilleurs du hard rock.

La même année 72 (en novembre) voit The Magician’s Birthday sortir. Plus progressif, le cinquième volet du catalogue d’Uriah Heep marque un recul du groupe malgré les deux singles qui en sont tirés, Blind Eye et Sweet Lorraine et les titres réussis que sont Sunrise et Echoes In The Dark.

Il est suivi du premier live (Live 1973), enregistré en janvier 1973 à l’occasion de l’étape de Birmingham de sa tournée anglaise, puis d’un nouveau LP studio, au contenu mitigé et plus aventureux : Sweet Freedom (septembre 1973) s’en sort malgré tout encore bien.

Fin de décennie en eau de boudin.

On ne peut pas dire la même chose de son suivant Wonderworld (juin 1974), fait dans un moule identique à Sweet Freedom mais moins inspiré. Uriah Heep est dans une spirale négative et l’accident qui affecte son bassiste Gary Thain (il est électrocuté) lors d’un concert à Dallas et amenant à annuler le reste de la tournée américaine, est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Gary Thain peine à se remettre de ce choc ; le 14 décembre 1974, il joue pour la dernière fois avec Uriah Heep (remplacé par John Wetton de King Crimson) avec lequel il est entré en conflit début 1975. A la fin de l’année, il décède d’une overdose d’héro.

Jusqu’à la fin de la décennie, tout en restant populaire, Uriah Heep publie encore 4 albums prenant place dans le ventre mou de leur production : Return To Fantasy (1975), High And Mighty (1976), Firefly et Innocent Victim (1977), Fallen Angel (1978). Sur ce créneau temporel, Uriah Heep perd son chanteur David Byron, mais la fin de la grande période des anglais est déjà derrière lui depuis un bon moment : Demons And Wizards notamment. Il est toujours actif en 2015 grâce à Mick Box, lequel est aujourd’hui entouré de Bernie Shaw (chant), Phil Lanzon (claviers), Russell Gilbrook (batterie) et du bassiste Davey Rimmer (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Uriah heep salisbury 70

 

URIAH HEEP

SALISBURY – 1970  3,5/5

 

Publié en décembre 1970 (U.S.A), en février 1971 (U.K).

Produit par Gerry Bron.

Longueur:37:59.

Label:Vertigo (U.K),Mercury (U.S.A).

Genre:rock progressif,hard rock,heavy metal.       

 

Prépare le terrain au heavy.

 

Incontournable morceau ! Pièce historique ! Révélation ! Tous ceux qui ont assisté en direct live à la sortie de Salisbury (en écoute intégrale ici) et de son morceau titre surtout, ce disque de 1970 d’Uriah Heep, vous le diront. Les britanniques  marchent alors dans les pas de Deep Purple, le Purple costaud d’In Rock, ce qui ne gâche rien. Ce qu’on lui reprochera d’ailleurs.

Uriah Heep affiche enfin une belle personnalité, alors que Salisbury n’est que son deuxième studio. Je n’ai jamais été un hard rockeur de la première heure, mais là, les londoniens m’ont agréablement séduit, au point que cet album et ses deux suivants surtout ont fini dans mon bac à disques de l’époque.

Considéré injustement comme de l’ersatz de Deep Purple (à cause du chant haut perché de Byron, je présume) ou jugé comme plagiat de Black Sabbath, cet Uriah Heep là fait valoir de très belles choses.

Si le premier album, Very’ Eavy, Very Humble (70) installe un groupe encore incertain et qui coince  techniquement, son suivant, Salisbury affiche une ambition accrue, affirme du tempérament et évolue vers un style plus mélodique et progressif qui, à partir de là, coupera court à tous les étalonnages avec les groupes dominant le hard du moment.

Uriah Heep rajoute à son arc la corde de l’inventivité et va le prouver pendant un bon moment. Look At Yourself (71) et Demons & Wizards surtout, mais The Magician’s Birthday par bribes, se hissent au niveau de ceux qui  détiennent alors les clefs du genre.

Pour en revenir à Salisbury, album diversifié, bien équilibré entre lourdeur et finesse, sa clé de voûte, c’est sa piste titre, plage progressive extraordinaire, sorte de petit opéra rock symphonique, délicieusement étiré au-delà des seize minutes : une merveille.

J’ai un faible très prononcé également pour les belles parenthèses douces et mélodieuses que sont son hymne acoustique Lady In Black et le soft In The Park.

Salisbury, s’il n’est pas ce qu’Uriah heep a fait de mieux, a une valeur à part pour moi. Ne boudez pas votre plaisir à revisiter cette fabuleuse pièce épique, unique dans sa structure (RAZOR©).


1. Bird Of Prey.

2. The Park.

3. Time To Live

4. Lady In Black.

5. High Priestess.

6. Salisbury.

 

David Byron:chant.

Mick Box:guitare.

Ken Hensley:claviers.

Keith Baker:batterie.

Paul Newton:basse.

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