West, Bruce & Laing.

BIOGRAPHIE.

 

WEST BRUCE & LAING/Londres (Angleterre)

 

West bruce laing 1

 

Actif entre 1972 et 1974,2009.

Label:Windfall,Columbia.

Genre:rock,hard rock,blues-rock,heavy blues.

 

Quand la montagne accouche d'une souris.

Dans la famille des supergroupes de la sphère 60's/70's, West Bruce and Laing. West comme Leslie West, Bruce, alias Jack Bruce et Laing, Corky de son surnom, constituent en 1972 ce que l'on qualifie un power trio, à savoir une unité blues-rock, à la différence près qu'elle est plus hard et plus lourde que la norme qu'ont établie les pionniers Cream ou Jimi Hendrix Experience dans la deuxième partie des sixties.

West bruce laing westLeslie West.

West bruce laing bruceJack Bruce.

West bruce laing corky laing 2Corky Laing.

West bruce laing why dontchaLe meilleur du trio : Why Dontcha (1972).

L'idée de cette concentration de talents ayant pignon sur rue du rock en revient au bassiste Felix Pappalardi qui, lassé par la route après une tournée harrassante au Royaume-Uni, précipite, en février 72 la fin de Mountain. Il suggère alors à Leslie West, guitariste, et Corky Laing, batteur canadien, déterminés à rebondir sur un projet de super-group, de jeter leur dévolu sur Jack Bruce, bassiste britannique, et pour cause : Pappalardi ayant été producteur de 3 albums de Cream, dont le LP culte Disraeli Gears (1967), il connaît son Bruce sur le bout des ongles. Dans son esprit, l'écossais s'impose comme son remplaçant tout désigné dans l'aventure post-Mountain.

Sur les restes de Mountain.

Il est vrai que Jack Bruce n'est pas le premier venu, il a déroulé du cable depuis ses premiers pas dans le Blues Incorporated d'Alexis Korner, il y a alors 10 ans (1962). Après avoir rejoint Graham Bond (Graham Bond Quartet, puis Graham Bond Organisation) en 1963, il tient quelques mois (1965) la basse des Bluesbreakers de John Mayall avant de co-fonder, en 1966 et jusqu'en novembre 1968, avec Eric Clapton et Ginger Baker, le légendaire Cream, premier power-trio du l'histoire du rock.

Il en est la voix experte et aérienne, le bassiste tonique et virtuose, ainsi que le signataire avisé de la grande majorité des chansons du groupe. On lui doit notamment Sunshine Of Your Love, White Room, I Feel Free et Politician. Avant d'intégrer le nouveau projet, le regretté Jack Bruce s'est engagé dans une carrière solo magistralement commencée par Songs For A Taylor (1970) et relayée par Things We Like (1970) et Harmony Row (1971). Acclamés par la critique, ils ne pemettent pourtant pas à Bruce de fraire fructifier son talent. L'offre à trois tombe à pic.

Leslie West et Corky Laing, eux, ont du Mountain dans la soute. Le juif new yorkais West, né Weinstein, a fait ses armes dans les Vagrants pour lesquels Pappalardi produit quelques titres, avant de devenir le co-fondateur et guitariste-chanteur de Mountain. Pappalardi est également impliqué dans cette formation annoncée comme « A Louder Version Of Cream » et il sait de quoi il parle.

Corky Laing a d'abord servi de batteur pour les Ink Spots, groupe vocal, avant de jouer, entre 1965 et 1969, dans des formations de Montréal (B + III), puis de se faire remarquer sur la scène new yorkaise et au sein d'Energy par le même Pappalardi, retourné derrières les pupitres depuis des problèmes récurrents d'audition. Son jeu énergique l'amène à remplacer et à faire oublier N.D Smart quand Mountain commence à évoluer.

Dans l'optique de la nouvelle mouture alourdie emmenée par Leslie West, Laing s'impose naturellement. De blues-rock, le trio vire au hard blues-rock.

Sans même le moindre contrat en poche...

West Bruce & Laing, sans attendre d'avoir un contrat en poche, puise, une fois le combo constitué, dans un répertoire familier, du Cream et du Mountain, pour fourbir ses premières armes. Sans ligne directrice artistique véritablement tracée, le trio fonce tête baissée dans une mini tournée américaine, dès avril 1972 : Cleveland, le Carnegie Hall de New York et Boston ont les faveurs des premières joutes de ce combo fondé sur les restes de Mountain.

Windfall, label du précédent Mountain, par la voix de Bud Prager, offre à West Bruce & Laing l'opportunité de canaliser son parcours, de concrétiser sur acétate l'énorme potentiel de cette tierce hard-blues, ainsi que, pour lui, de capitaliser encore un peu sur une structure que le passé récent a souvent révélée gagnante et fructueuse.

West bruce laing corky laing

« Pappalardi était éreinté par la tournée 72. West et moi étions à Londres pour en profiter un peu. Felix avait des problèmes d'audition et ne voulait plus repartir en tournée. Il n'avait plus besoin de bosser avec ce qu'il a gagné avec Cream. Avec Leslie nous voulions continuer Mountain et nous avions plusieurs options compte tenu que des groupes comme Free ou Mott The Hoople avaient rompu. Paul Rodgers, Mick Ralphs... et Jack Bruce. Leslie a sauté sur l'occasion, Robert Stigwood a appuyé le projet. Impréparé, le trio est parti sur la route, deux ans environ. Ce fut très intense. » (Corky Laing)

Un contrat tombe que Columbia enlève. Andy Johns se retrouve aux manettes de Why Dontcha, premier LP studio (novembre 1972), excellent croisement de Cream et de Mountain au demeurant, mais West n'est pas Clapton et Laing n'est pas Baker, aussi la montagne (Mountain) accouche d'une souris, au regard de tous les espoirs suscités et des personnalités respectives de ses membres. Why Dontcha, 26 au Billboard US, demeure néanmoins le meilleur opus de cette formation tricéphale et tout fan de rock à riffs et bien lourdaud se doit de l'avoir à portée de main.

L'implosion ? Prévisible !

Une tournée américaine s'engage à sa suite, jusqu'à la fin de l'année 1972. Au printemps 1973, le trio arpente le Vieux Continent avant de publier son deuxième album, Whatever Turns You On (juillet 1973). La fatigue et les excès engendrés par la vie sur la route semble laisser des traces que l'expérience des acteurs ne parvient pas à masquer. Accouché dans la douleur, il préfigure la fin d'une aventure pour ne pas dire l'implosion imminente du trio. Bruce se retrouve seul pour le finaliser, ses deux compères étant retournés aux Etats-Unis depuis.

Troisième jet, Live 'n' Kickin' sort à titre posthume en avril 1974, la dissolution du groupe étant officialisée juste avant la sortie du disque. 165 au Billboard avec 4 maigres titres, il scelle la fin d'un groupe qui, de trio redoutable, n'est plus alors qu'un pet de lapin innommable (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

West bruce laing why dontcha

 

WEST BRUCE & LAING

WHY DONTCHA – 1972 4/5

 

Publié en novembre 1972.

Produit par Andy Johns,West,Bruce,Laing.

Durée:38:15.

Label:Windfall,Columbia.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Avec 2/3 de Mountain et un de Cream, vous attendiez quoi ?

 

En novembre 1972 paraît Why Dontcha (en écoute intégrale ici), oeuvre de ce que l'on appelait alors un supergroupe, constitué de Leslie West et Corky Laing, deux anciens de Mountain, et de Jack Bruce, le grand Jack Bruce de Cream, qui revient aux affaires après un intermède en solo.

La mode est aux power-trios, que voulez-vous. Le power-trio ou super group, c'est la norme pour se faire mousser dans le blues-rock. Et West, Bruce & Laing en est un vrai, taillé sur mesure pour la meilleure et la plus vitaminée des fusions entre blues et hard.

Et Why Dontcha, le premier disque à réunir ces trois demi-dieux du moment, du fait de leur appartenance au gotha du rock d'alors : Corky Laing, un batteur canadien que le regretté spécialiste en la matière, Levon Helm (The Band), considérait dans son top five des fûts et que l'industrie du disque acclame encore aujourd'hui ; un bassiste emblématique dont ce serait faire injure que de repositionner la carrière (Bruce) et Leslie West, un chanteur aussi énorme que son physique, récemment amputé d'une jambe (mais reparti au turbin depuis), doublé d'un guitariste inqualifiable. Entre nous, j'ai honte quand je vois les chochottes qu'on nous agite sous le nez maintenant... Mais bon, passons.

Je m'empresse de vous affranchir : Why Dontcha est le seul des trois albums officiels de leur catalogue qui vaille vraiment le coup, son suivant Whatever Turns You On (1973) étant deux tons nettement en dessous et le live de 1974 (Live 'N' Kickin') une déception, car ne restituant pas comme il se doit, sur scène, l'énergie et la lourdeur dégagées en studio.

Why Dontcha lui, a tout. Il fait la part belle aux riffs tranchants qui décalottent les coiffes et à des compositions abouties, efficaces, qui suintent le plaisir d'en être. Les trois monstres sacrés laissent leur ego au vestiaire et turbinent avec aisance au service du collectif.

Leur blues-rock sauce piquante a du peps, de l'audace et de la technicité. Comme c'est inspiré, ça vole dans les hautes sphères du hard, sans toutefois avoir la prétention de déloger qui vous savez du piédestal. Ce cocktail corrosif n'est pas pour les pieds tendres. Avec 75% de Mountain et 25% de Cream, vous vous attendiez à quoi ? (RAZOR©)

 

1. Why Dontcha.

2. Out Into The Fields.

3. The Doctor.

4. Turn Me Over.

5. Third Degree.

6. Shake Ma Thing (Rolling Jack).

7. While You Sleep.

8. Pleasure.

9. Love Is Worth The Blues.

10. Pollution Woman.

 

Jack Bruce:basse.

Corky Laing:batterie.

Leslie West:guitare.

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