Zephyr.

BIOGRAPHIE.

 

ZEPHYR/Boulder (Colorado)

 

Zephyr 2

 

Actif entre 1968 et 1972,réunion en 1973,1982.

Label:ABC Records,Warner Brothers Records,BGO Records,One Way Records,Casablanca Records.

Genres:hard rock,blues-rock,jazz fusion.

 

Une pointure du Colorado.

Dans le même temps que Michael Jackson entre à l’hôpital pour soigner sa chevelure crépue embrasée par une étincelle à l’occasion du tournage d’une pub pour Coca Cola, Candy Givens décède accidentellement à l’âge de 37 ans. Nous sommes le 27 janvier 1984 et la nouvelle de sa disparition par noyade passe quasi inaperçue, du fait du ramdam entretenu autour du cas du cadet des Jackson. Pourtant Candy Givens, la charismatique chanteuse de blues et membre de Zephyr, a de qui tenir. Toutes proportions gardées, on la compare, ni plus, ni moins, à Janis Joplin. Comme elle, elle finit sa vie dans un affreux et dernier mélange d’alcool et de médocs…

Zephyr : le nom est lâché. Originaire du Colorado, ce groupe de hard rock/blues-rock est constitué à Boulder en 1969 ; il intègre un guitariste dont le nom n’est pas inconnu pour la caste des fidèles du rock : Tommy Bolin, mort jeune et d’une overdose comme Candy Givens, mais lui à 25 ans. Jusqu’à cette échéance fatale du 4 décembre 1976, l’américain de l’Iowa a tâté du Zephyr deux ans, entre 1969 et 1971, du James Gang, en 1973/74 quand il s’est agi de remplacer Joe Walsh parti pour Eagles et du Deep Purple, en 1975/76, en remplacement de Ritchie Blackmore.

Entre Brown Sugar et Ethereal Zephyr.

Zephyr est né de la rencontre entre le couple Givens, David (bassiste) et Candy de Brown Sugar avec Tommy Bolin et John Faris eux-mêmes à la tête d’Ethereal Zephyr, ainsi nommé en référence à un train qui circulait entre Denver et Chicago. Leur association a pour cadre la Buff Room de Boulder où les deux formations se produisent tous les mercredis. Brown Sugar et Ethereal Zephyr fusionnent en une seule et même mouture : Zephyr, que rejoint  Robbie Chamberlin, batteur recommandé par le bluesman coloradien Otis Taylor.

Candy Givens au chant, David Givens à la basse, Tommy Bolin à la guitare, John Faris aux claviers et Robbie Chamberlin à la batterie constituent le line-up original de ce groupe resté en l’état jusqu’à l’été 1970 quand Bobby Berge s’installe derrière les fûts à la place de Chamberlin.

Valeur montante du blues-rock.

Les premiers pas de Zephyr se font sur la scène régionale où il acquiert une réputation qui remonte jusqu’aux oreilles des labels majeurs du moment. Après une prestation remarquée à Los Angeles, Zephyr reçoit des offres d’Atlantic, de CBS et d’ABC, par l’intermédiaire de sa filiale Probe Records (1968/70). Une démo est réalisée à Denver qui convainc cette dernière de signer le groupe.

Cette collaboration fait franchir un cap à Zephyr qui devient rapidement une valeur montante du blues-rock et partage des scènes plus conséquentes avec les pointures du moment comme Led Zeppelin à la Boston Tea Party (1969) ou quelques mois plus tard comme Fleetwood Mac pour lequel il ouvre le concert de Central park.

Si le charisme et la voix de Candy Givens sont des éléments clés de la musique des coloradiens, le jeu de guitare créatif de Bolin commence à faire des ravages. Zephyr n’attend plus qu’un album pour boucler la boucle.

Zephyr david givens

« Candy était accusée de copier Janis Joplin, mais c’était faux. Elle n’a jamais été un clone de Janis. Janis est venue nous voir à Denver ; elle aimait Candy et n’a jamais eu le sentiment que Candy cherchait à l’imiter. Nos disques ne reflètent pas la qualité de son chant ; jamais elle n’a été capturée au meilleur de son chant. » (David Givens)

Des conditions idéales.

Il tombe en octobre 1969. Il est éponyme et se fait avec Bill Halverson à la production. A cette époque, Bill Halverson, c’est quand même Wheels Of Fire pour Cream (1967), Wild Honey pour les Beach Boys (1967), Crosby Stills & Nash (1969), Albert King, Keith Jarrett, Chuck Berry…

Cerise sur le gâteau, il est enregistré dans la Mecque des studios du moment, les Wally Heider studios de Los Angeles. Rien que ça.

Zephyr 3

En dépit de ces conditions idéales, l’album n’imprime pas auprès du public. Zephyr n’est pas satisfait de sa collaboration avec Halverson auquel il reproche d’avoir cassé le son du groupe en enregistrant les acteurs séparément et non pas ensemble comme ils en ont l’habitude. Un tantinet pinailleur, je trouve car l’album est excellent pour peu que l’on supporte Candy Givens jusqu’au bout…

Bobby Berge intègre Zephyr pour le deuxième album, Going Back To Colorado (janvier 1971). Dernier LP avec le génial mais sous-estimé Bolin, il est cette fois-ci enregistré à New York, aux non moins prestigieux Electric Lady Studios faits spécifiquement pour Jimi Hendrix.

Doté d’une matière un peu désuète, le disque ne parvient pas à masquer le manque d’originalité de sa chanteuse, malgré la brillance technique affichée par son guitariste. Au regard du potentiel de Zephyr depuis passé chez Warner Bros, Going Back To Colorado, plus poli, est un gâchis malgré la présence d’Eddie Kramer (Hendrix, Led Zeppelin) aux manettes.

L’après Bolin, digne d’intérêt.

Bolin quitte Zephyr début 1971 et amène dans ses bagages Bobby Berge avec lequel il forme Energy, groupe de fusion jazz et rock.

Zephyr remet le couvert pour deux autres disques. Jock Bartley, futur Firefall, et Michael Wooten remplacent Bolin et berge au pied levé dès Sunset Ride, 2ème jet pour Warner, 3ème du catalogue. Boudé par les fans de l’ancien guitariste, ce disque, orienté jazz, a l’adhésion de ceux de l’après Bolin. Album marquant une forte implication du couple Givens, Sunset Ride (1972) s’avère encore très bon.

Après Bartley, Eddie Turner, guitariste de blues cubain, rejoint le groupe en qualité de guitariste jusqu’à la mort de Candy Givens. Diverses moutures se succèdent alors, qui restent cantonnées dans des spectacles régionaux. Un dernier LP, Heartbeat en 1982, met fin à l’histoire de ce qui fut un des plus grands groupes du Colorado.

Preuve, s’il en est, que Zephyr ne laisse personne insensible aujourd’hui encore, un coffret remasterisé en édition limitée est publié en 2014, qui comprend les meilleures pièces de son catalogue. Ce groupe avait du chien et méritait mieux que sa courte et discrète carrière (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Zephyr lp

 

ZEPHYR

ZEPHYR – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Bill Halverson.

Durée:44:43.

Label:Probe.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Zephyr fait entendre sa voix.

 

Feue Candy Givens a une belle voix, on ne peut le nier. On la compare, toutes proportions gardées, à Janis Joplin, bien que son ex, le bassiste David Givens, s’en défende. Candy ne cherche pas à imiter Janis. Je veux bien.

Ce même David, dans une interview, reconnaît toutefois que les disques de Zephyr ne traduisent pas vraiment ce que fut  réellement la voix de madame. Le producteur Bill Halverson semble être le coupable idéal. Toujours est-il que, en ce qui me concerne, cette voix là me chiffonne.

D’ordinaire, j’aime bien ce genre de blues-rock qui, d’entrée de jeu et sans sommations, te saute à la gorge sans jamais desserrer l’étreinte jusqu’à l’ultime note.D’habitude j’aime. J’suis même addict.

L’album éponyme de Zephyr a une entame tonitruante et le profil tout désigné pour me séduire, d’autant plus que la guitare de Tommy Bolin n’attend pas longtemps pour dévoiler une agressivité sympa. Et la guitare de Bolin, vous savez les dégâts qu’elle peut occasionner dans les chaumières quand elle se montre à son avantage.

D’habitude j’aime, dis-je, mais là, y a un os dans la moulinette, une couille dans le potage, un truc qui coince : c’est la mère Candy Givens. La chanteuse de Zephyr, en dépit d’avoir pour elle de très belles dispositions pour le chant, me soûle au plus haut point, au bout de trois titres. C’est plutôt gênant pour espérer aller jusqu’au terme d’un album qui, en ce qui me concerne uniquement,  tourne trop autour de cet organe vocal, insupportable dans les aigus, dépourvu de l’incontournable charge émotionnelle pour une chanteuse de blues et un tantinet forcé.

Difficile pour moi de faire comme si, même si l’album en question marque les vrais débuts de l’ado Bolin, un guitariste que j’ai à la bonne et que le rock, dans son ensemble, a dans ses bons papiers. Givens me perturbe trop pour apprécier Zephyr à sa juste valeur. On ne peut nier son gros potentiel, mais, désolé, la dame focalise trop sur elle au détriment des autres acteurs.

En filigrane de cette gêne souffle un mélange agréable et chaleureux de blues, de jazz et de rock. Les titres les mieux pourvus, les plus équilibrés sont ceux sur lesquels Candy la met un peu en veilleuse comme l’introductif Sail On qui permet d’apprécier comme il se doit la qualité de son chant, Boom-Ba-Boom et Somebody Listen ainsi que le Hard Changin’ Woman final. Pour le reste, le jeu est efficace, les compositions acceptables. Mais, il y a cette voix… (RAZOR©).

 

1. Sail on.
2. Sun's a Risin.
3. Raindrops.
4. Boom-Ba-Boom.
5. Somebody Listen.
6. Cross the River.
7. St. James Infirmary.
8. Huna Buna.
9. Hard Chargin' Woman.


Candy Givens:chant,harmonica.

Robbie Chamberlin:batterie,choeurs.

David Givens:basse,choeurs.

John Faris:claviers:flûte.

Tommy Bolin:guitare,choeurs.

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