Area Code 615.

BIOGRAPHIE.

 

AREA CODE 615/Nashville (Tennessee)

 

Area code 615 1

 

Actif entre 1969 et 1971.

Label:Polydor.

Genre:country,country rock,country progressive,country instrumentale.

Le défricheur de Nashville.

Area Code 615 tire son nom de l’indicatif téléphonique de l’Etat du Tennessee et qui dessert le centre-nord de la région. Cet indicatif couvre Nashville et les 12 comtés qui la bordent. Nashville : le nom est lâché. C’est sur ces terres alors musicalement stéréotypées qu’éclot ce super groupe innovant et influent, défricheur d’un genre dont il a ouvert la porte pour d’autres artistes aussi audacieux, actif entre la fin des 60’s et le début des 70’s, fusionnant R & B et country et constitué en 1969 autour du Who’s Who des musiciens de sessions et des requins de studios de Nashville : Mac Gayden, Kenny Buttrey, Charlie McCoy, Bobby Thompson, Wayne Moss, Buddy Spicher, Ken Lauber puis David Briggs, Norbert Putnam et Weldon Myrick. Que du beau linge dont certains ont soutenu Bob Dylan sur les albums Blonde On Blonde (1966), premier double LP de l’histoire du rock, et Nashville Skyline par lequel le Zim’ s’essaie à la country (1969).

Area code 615 mac gayden

Photo Mac Gayden.

Mac Gayden, Buttrey, Putnam, Briggs…

Le visionnaire Mac Gayden, chanteur, guitariste et claviériste, pur produit de Nashville, est parmi les plus virulents fondateurs d’Area Code 615.

Mac Gayden est resté célèbre pour avoir été un novateur dans la country en jumelant sa guitare (une Lincoln) avec une pédale wah wah (Gibson Maestro) pour obtenir un son jusqu’alors unique dans le genre, comme en atteste sa contribution sur Crazy Mama de J.J. Cale (1972).

Le nom de Kenny Buttrey, né à Nashville et autre membre fondateur fortement impliqué dans Area Code 615, est familier de ceux qui suivent Neil Young, J.J. Cale ou Bob Dylan.

En effet, le batteur, également musicien de studio, figure sur Harvest, le quatrième LP du Loner. Ce dernier, venu enregistrer une partie de son album à Nashville (Heart Of Gold) aux studios Quadrafonic Sound à la demande du producteur Eliott Mazer, tient à tout prix à utiliser Area Code 615 pour les besoins de son disque. Seul Buttrey y contribuera.

Area code 615 charlie mccoy

Photo Charlie McCoy.

Area Code 615 est un habitué des lieux et pour cause ; non seulement ils sont les musiciens du studio, mais ce studio est le fait de Norbert Putnam et David Briggs, deux autres contributeurs actifs d’Area Code 615.

Norbert Putnam est musicien mais aussi producteur de disques. Il a joué un rôle essentiel dans la vague de modernisation de nombreuses places d’enregistrement de Nashville.

Bassiste, il a travaillé sur les sessions d’Elvis Presley, de Roy Orbison, Linda Ronstadt, J.J. Cale, Tony Joe White, Ian & Sylvia ou encore du Nitty Gritty Dirt Band.

En qualité de producteur, il a à son crédit des artistes comme Jimmy Buffett, Dan Fogelberg, J.J. Cale, Brewer & Shipley, Donovan, John Hiatt, les Flying Burrito Brothers ou les New Riders Of The Purple Sage.

David Briggs est l’associé du projet Quadrafonic avec Putnam et en partenariat avec Eliott Mazer. L’alabamain est claviériste, producteur, arrangeur et compositeur. Briggs était musicien de session pour Decca, Polydor et Monument. On le retrouve sur certains travaux de Elvis Presley, Dean Martin, Joan Baez, Nancy Sinatra, BB King, Johnny Cash, Dolly Parton, Waylon Jennings, George Harrison, Todd Rundgren, Roy Orbison, The Monkees, JJ Cale, Kris Kristofferson, Alice Cooper.

Lauber, McCoy,Thompson, Moss, Myrick, Spicher…

Briggs succède aux claviers à Ken Lauber, pianiste new-yorkais qui, alors qu’il enregistre son propre album, Contemplation View, à Nashville, bénéficie du soutien d’Area Code 615. C’est dans ces conditions qu’il se lie avec le groupe jusqu’à ce que David Briggs ne vienne le suppléer. 

Charlie McCoy est également partie prenante dans cette entreprise. L’harmoniciste a joué avec une palanquée d’artistes internationaux au rang desquels figurent Elvis Presley, Bob Dylan, Simon & Garfunkel, Johnny Cash et même les deux rockeurs français Johnny et Eddy.

Il est alors un des joueurs d’harmonica les plus prisés de Nashville, assurant bon an, mal an, près de 400 enregistrements annuels.

Le banjoiste, c'est Bobby Thompson dont on mesure aujourd’hui, grâce à ses implications dans Area Code 615 et sa suite Barefoot Jerry, toute l’évolution qu’il a apportée au banjo et à la musique US.

Area code 615 mac gayden 2

« Avec l’Area Code 615, nous avons effectué un concert génial au Fillmore West où le son était exceptionnel. La tête d’affiche était Country Joe and the Fish.

Linda Ronstadt a chanté plusieurs chansons et nous a présentés au public alors le plus bohême de la planète et de l’époque, celui de San Francisco. Jerry Garcia était au premier rang. C’est un excellent souvenir. (Mac Gayden)

Le  guitariste Wayne Moss a pour lui d’avoir évolué en studio avec tout le gratin du moment. Membre entreprenant d’Area Code 615, c’est lui qui donne l’impulsion vers Barefoot Jerry, indissociable de la mouture à laquelle il succède et précurseur du seul country-rock digne de ce nom.

Le texan Weldon Myrick est un autre maillon de ce super groupe de country, proche qu’il est alors de Mac Gayden, Norbert Putnam, Wayne Moss et Charlie MacCoy. Le joueur de pedal steel guitare signe quelques belles pièces lors de son passage dans Area Code 615, Southern Comfort notamment.

Dernier membre impliqué dans Area Code 615 : Buddy Spicher, un violoniste entendu sur tous les grands albums de country et de bluegrass. Malgré son emploi du temps de musicien de sessions chargé, il consacre une partie de son temps à accompagner cette formation de country atypique parce que progressiste.

Area code 615 area code 615 et trip in the country 2000

Deux en un (Koch Records/2000).

Quand le collectif prime sur l’individualité.

En dépit du scepticisme habitant les fans de country traditionnelle et de la mauvaise réputation faite alors aux renégats du genre, Area Code 615 montre, durant les quelques concerts qu’il donne et sur les deux disques qu’il enregistre, une vraie cohésion collective, une communion musicale extraordinaire, la virtuosité technique individuelle de ses acteurs étant mise essentiellement au service de la communauté. Le résultat est très surprenant ; il relègue la country figée et classique de papa au rang de ringarde et d’obsolète quand, dans le même temps il ouvre le genre au rock.

La suite s’appelle Barefoot Jerry.

Deux LP retracent le parcours de cette Dream Team des musiciens de studios de Nashville, indispensables de par leur influence historique : Area Code 615 (1969) et Trip In The Country (1970). Après, la plupart des membres sont retournés vaquer à leur premier métier : le travail de sessions. Dans son sillage, sous la tutelle de Wayne Moss et de Mac Gayden et avec d’anciens membres d’Area Code 615 comme Charlie McCoy et Kenney Buttrey, naît Barefoot Jerry, actif entre 1971 et 1977. Les trois fantastiques LP qui ouvrent son catalogue marquent le point de départ  d’une nouvelle ère, celle du country-rock progressif. Area Code 615 ne peut pas ne pas y être associé pour l’éternité (RAZOR©).

Compilation LP studio 1 (Area Code 615/1969) et LP Studio 2 (Trip In The Country/1970) - 2000

 

Area code 615 area code 615 et trip in the country 2000

 

AREA CODE 615

AREA CODE 615 (1969)/TRIP IN THE COUNTRY (1970) – 2000  5/5

 

Compilation publiée en 2000.

Produit par Area Code 615,David Nives (compilation).

Durée:74:15.

Label:Polydor,Koch Records (compilation).

Genre:country-rock,bluegrass,funk.

 

Le super groupe de Nashville.

 

Area Code 615 s’inscrit dans la continuité des albums Blonde On Blonde (1966) et Nashville’s Skyline (1969) de Dylan. Je m’explique. Jusqu’à cette double contribution sur les albums du Zim, les gaillards de Nashville qui constituent cette sémillante formation empruntant leur nom à l’indicatif téléphonique du Tennessee, se sont jusqu’alors, bien qu’ils aient été tous très actifs depuis le début des années soixante, cantonnés au seul  rôle de musiciens de sessions.

Leurs compétences sont avérées, aussi quand Dylan donne une orientation country à sa carrière, c’est à ces professionnels gratinés qu’il fait appel pour le soutenir sur ses projets. Le temps d’y travailler, d’y prendre goût au point de sortir deux albums pour leur compte, Area Code 615 en 1969 et Trip In The Country en 1970 (en écoute intégrale ici), et ces requins de studio réintègrent leur tanière de prédilection.

Née sur les sessions d’enregistrement du double LP des Monkees à l’occasion d’un bœuf sur Lady Madonna des Beatles, cette expérience est reconduite qui ouvre des horizons menant notamment à Barefoot Jerry comme c’est le cas pour Mac Gayden, Kenny Buttrey et Wayne Moss. Barefoot Jerry qui fera encore plus fort.

Les autres pointures ont pour nom Charlie McCoy, Bobby Thompson, Buddy Spicher, David Briggs, Ken Lauber, Norbert Putnam et Weldon Myrick et ponctuellement Elliot Mazer, producteur gravitant du côté de Nashville et attirant dans ses studios tout ce qui voulait en découdre avec la country.

Bon, que tout soit clair entre nous : les ceusses qui n’ont pas la country music tatouée là où bat le cœur feront semblant de s’y intéresser, mais les autres seraient impardonnables de ne pas accorder d’intérêt à ces deux albums réunifiés en une impressionnante enfilade de 24 titres (Koch/2000) et qui constituent autant une indéniable vitrine pour ses acteurs qu’un indispensable de discothèque.

L’instrumental Area Code 615 débute avec Southern Comfort et prend fin avec Just Like A Woman. L’éclectique Trip In The Country prend le relais avec Scotland et finit sur Devil Weed And Me. Deux titres bonus complètent ces deux albums cultes : John Henry et Tennessee Green.

Créativité, innovation, virtuosité… Area Code 615 combine le rock, la country et le bluegrass, revisitant dans un esprit instrumental et prog des titres des Beatles comme Hey Jude, Lady Madonna notamment, ou des classiques comme Lil’ Maggie ou Classical Gas. Stone Fox Chase et Devil Weed And Me les révèlent talentueux au niveau de leur propre investissement dans l’écriture.

C’est magnifiquement interprété et comme disent les Anglais, Very Exciting. On prend donc, si on a la country chevillée au corps et même si pas (RAZOR©).

 

Area Code 615 (1969)

1. Southern Comfort.

2. I've Been Loving You.

3. Hey Jude.

4. Nashville 9 - NY 1.

5. Lady Madonna.

6. Ruby.

7. Medley:Crazy Arms/Get Back.

8. Why Ask Why.

9. Lil' Maggie.

10. Classical Gas.

11. Just Like a Woman.

 

Trip In The City (1970)

12. Scotland.

13. Always the Same.

14. Stone Fox Chase.

15. Russian Red.

16. Judy.

17. Gray Suit Men.

18. Katy Hill.

19. Sligo.

20. Sausilito.

21. Welephant Walk.

22. Devil Weed and Me.

 

Bonus

23. John Henry.

24. Tennessee Green.

 

Buddy Spicher:banjo,violon.

Mac Gayden:guitare.

Kenneth A. Buttrey:batterie

Elliott Mazer:orgue.

Wayne Moss:basse,guitare 12 cordes.

Weldon Myrick:cordes,steel guitare.

Bobby Thompson:orgue,banjo 5 cordes.

Norbert Putnam:orgue,basse,cordes.

David Briggs:piano.

Charlie McCoy:basse,harmonica,cordes.

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