Barefoot Jerry.

BIOGRAPHIE.

 

BAREFOOT JERRY/Nashville (Tennessee)

 

Barefoot jerry 5

 

Actif entre 1971 et 1977,réunions ponctuelles depuis

Label:Capitol,Warner Bros,Monument.

Genre:rock sudiste,country-rock.

Site officiel:barefootjerry.com

 

Le super groupe de Nashville.

Barefoot Jerry n'est pas le plus populaire des groupes de southern rock ou de country-rock, domaines dans lesquels il pointe et il excelle : on laissera ce privilège aux formations habituellement les plus citées comme Lynyrd Skynyrd, Allman Brothers Band, Poco ou les Byrds.

Barefoot wayne mossWayne Moss, seule constante de Barefoot Jerry.

Barefoot jerryLe line-up de Southern Delight en 1971.

De là à le considérer comme un sous-fifre, un ersatz ou un second couteau, au motif ne pas être spontanément, ni régulièrement énoncé dans ces catégories , il y a des limites à ne pas enfreindre car, et tous les férus de musique gorgés de soleil sudiste vous le diront, Barefoot Jerry, né sur les cendres de l'incontournable Area Code 615, est digne de son prédécesseur.

L'énergique Area Code 615 (son premier LP est nommé pour un grammy en 70), super groupe bâti autour de musiciens country chevronnés du célèbre studio de Nashville, c'était du lourd ; il a joué un rôle actif sur la place ténnesséenne. Wayne Moss, Mc Gayden, Kenny Buttrey, ça parle forcément aux connaisseurs de choses country-rock.

Des pointures sollicitées par le milieu.

Le parcours de Barefoot Jerry prend forme en 1971, quand s'achève celui d'Area Code 615, pour durer jusqu'en 1977. Moss, Mc Gayden et Buttrey rebondissent en recrutant John Harris, claviériste. Propriétaire d'un studio depuis 1961 (Cinderella créé dans un garage de Nashville), Wayne Moss, virginien débarqué dans le Tennessee en 1959, est un multi-instrumentiste de talent que l'on retrouve sur les enregistrements d'artistes et de groupes huppés.

Ainsi, Dylan, Steve Miller Band,Linda Ronstadt, Roy Orbison, Nancy Sinatra, Carl Perkins, Everley Brothers, Kris Kristofferson, Joan Baez, Charlie Daniels, Fats Domino, Dolly Parton, Waylon Jennings, Mike Nesmith, Charley Pride ont croqué du Moss.

A ses côtés, McGavock Dickinson, dit Mac Gayden, le régional de l'équipe, guitariste, claviériste et chanteur. Ce guitariste de session est surtout réputé, à cette époque, pour sa pratique novatrice et visionnaire de la slide guitare. Outre une présence remarquée sur Blonde on Blonde de Bob Dylan, il pointe dans l'environnement discographique de sérieux clients comme John Hiatt, les frères Allman, Steve Young, Jerry Jeff Walker, Elvis Presley, Ian & Sylvia, Leonard Cohen ou encore de Simon & Garfunkel.

Le batteur de session Aaron Kenneth Buttrey, aujourd'hui décédé (2004), est également natif de Nashville, mais a une vocation plus rock puisqu'il fera partie du Stray Gators, groupe de tournée de Neil Young. Très influent sur la place, il a beaucoup bossé avec ce dernier (4 LP), avec Dylan (4 LP), J.J. Cale (4 LP) et Jimmy Buffett. John Harris, claviériste complète le trio et fixe le line-up d'origine de Barefoot Jerry, un groupe qui va beaucoup bouger durant son existence.

Wayne moss interview

« Area Code 615 était essentiellement instrumental. Barefoot, qui lui succède, a évolué vers un processus plus conventionnel. Si Charlie Mc Coy, Kenneth Buttrey, Mac Dayden et moi même avons joué dans les deux moutures, les objectifs des uns et des autres ont amené le groupe à remplacer les membres au fur et à mesure des départs, au point que pas moins de 25 acteurs de Barefoot Jerry ont été recensés durant son existence jusqu'en 1977. » (Wayne Moss)

25 membres, 3 labels, 6 LP.

On retiendra, sur ce créneau spatio-temporel, une rotation de 25 musiciens, le partenariat avec trois maisons de disques (Capitol, Warner Bros et Monument) et la réalisation de 6 albums. Wayne Moss est le seul dénominateur commun à cette période et à son activité.

Barefoot Jerry ouvre son catalogue discographique studio par Southern Delight, réalisé pour le label Capitol pour lequel ces rednecks (plus ultra) se sont engagés en 1971. Cette douceur du sud, mélange de country et de rock nourri d'une touche psychédélique façon Byrds, est la seule à émerger de ce partenariat, car, faute de moyens supplémentaires garantis par l'éditeur du moment, la suite se fait pour Warner Bros, avec un LP éponyme (1972) mais sans Kenny Buttrey, parti rejoindre Neil Young, et Mac Gayden.

L'éclectique numéro 2, pour lequel le talentueux Russ Kicks et l'inventif Kelly Malone remplacent respectivement Gayden et Buttrey, dévoile une formation cohérente, uniforme et très professionnelle, malgré la perte de la moitié de son effectif. Le magnifique jeu de steel guitare de Hicks devient sa marque de fabrique.

Watchin' TV, en 1974, se fait chez Monument après que le groupe ait essuyé un nouveau turn-over : Si Edwards, Fred Newell, Dave Doran, Buddy Skipper, Bobby Thompson prennent part aux enregistrements du troisième volet du catalogue, aussi indispensable que les deux premiers. Southern Delight, Barefoot Jerry et Watchin' TV sont les maillons forts de la discographie de cette formation de rock sudiste.

Monument Records est également derrière le quatrième opus, le dénommé You Can't Get Off With Your Shoes On (1975) qui voit Jim Colvard, Terry Delmore, Warren Hartman, Russ Hicks et Charlie McCoy, invité, se joindre aux précédents acteurs ; Can't Get Off With Your Shoes On précède le double Crocery (1976), qui n'est autre que la réédition des deux premiers LP de Barefoot Jerry.

A l'appel de Keys To The Country (1976), Terry Dearmore, Barry Chance, Steve (Cool Breeze) Davis accompagnent Wayne Moss, soutenu par Russ Hicks et Si Edwards. C'est dans une configuration proche de celle-ci que le groupe de Nashville signe le dernier LP, Barefootin' (1977) : Dearmore, Colvard, Hartman, Mike McBride et Moss. Il se retire la même année, mais la grande majorité des membres qui l'ont façonné au fil du temps sont encore et toujours actifs aujourd'hui (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971 

 

Barefoot jerry southern delight

 

BAREFOOT JERRY

SOUTHERN DELIGHT – 1971 4,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Wayne Moss.

Durée:36:54.

Label:Capitol Records.

Genre:country-rock,southern rock.

 

Rednecks...plus utra.

 

Barefoot Jerry. Que voilà un beau sujet de conversation ! Pour en référer à cette formation du southern rock, il faut d’abord en passer par le génial Area Code 615 (nom de l’indicatif qu’il fallait alors composer pour joindre le Tennessee), qui réunit tout ce que Nashville compte de plus calibré en matière de musiciens de studio et de country-rock.

La majeure partie de ses pointures contribuent notamment sur Blonde On Blonde et Nashville Skyline, deux must de Bob Dylan. C’est dire la haute estime qu’on leur porte.

Actif entre la fin des années 60 et le début des années 70, Area Code 615 passe la main peu après une prestation au Fillmore West (1970) pour donner naissance, grâce à Wayne Moss (chanteur et guitariste), Mac Gayden (guitariste) et Kenney Buttrey (batteur), trois de ses musiciens de base, à Barefoot Jerry, alias Jerry Les Pieds Nus. John Harris, claviériste, fait le quatrième.

En dépit de la qualité de ces rednecks (et fiers de l’être), Barefoot Jerry reste méconnu de beaucoup. Il est vrai que ces oiseaux nichés dans la chaleur du sud sortent rarement de leur contrée. En dehors de leur sud natal, rares sont leurs incursions sur des scènes extérieures. Cette attitude casanière n’a pas favorisé leur éclosion commerciale et ils sont rapidement tombés dans l’oubli.

Moi-même, j’en avais perdu la trace et il a fallu que je retombe sur la fabuleuse compil Delta Swamp Rock (Sounds From The South) de Soul Jazz Records (2011) et le sublime Smokies qui apparait en deuxième piste du premier CD, pour que l’envie de les ressusciter m’habite.

Barefoot Jerry signe chez Capitol Records où un premier album est publié : Southern Delight (en écoute intégrale ici, titres de 1 à 10) qui peut se traduire par « douceur du Sud ». Cinq autres disques s’enchaînent derrière ce premier jet, mais le partenariat avec Capitol s’arrête avec Southern Delight. Celui avec Gayden et Buttrey également. Warner Bros et Monument se relaient alors pour produire une suite que Wayne Moss sera le seul à accompagner.

Mélange de country et de rock, nourri d’une belle touche psychédélique, ce premier album est enregistré au Cinderella Sound Studio, à Madison, dans le Tennessee (le studio de Moss). S’il marque les débuts de Barefoot Jerry, il n’en affiche pas moins une belle expertise, ce qui ne surprendra personne compte tenu du pédigrée des rednecks, de la variété également.

Si vous aimez les Byrds ou le Buffalo Springfield, c’est pour vous. Dernière précision : Southern Delight est couplé avec l’album éponyme suivant (1972). Ce deux-en-un de 1975 est également une excellente option d’achat : Barefoot Jerry’s Grocery (RAZOR©).

 

1. Hospitality Song

2. I'm Proud to Be a Redneck

3. Smokies

4. Quit While You're a Head (Song of Sensible Compromise)

5. Blood Is Not the Answer

6. Come to Me Tonight

7. Finishing Touches

8. The Minstrel Is Free at Last

9. Nobody Knows

10. That's OK, He'll Be Your Brother Someday

 

Wayne Moss:basse,guitare,chant.

Mac Gayden:guitare,basse,chant.

John Harris:claviers.

Kenneth Buttrey:batterie,chant.

LP Studio 2 - 1972

 

Bareffot jerry lp

 

BAREFOOT JERRY

BAREFOOT JERRY – 1972 4,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Wayne Moss.

Durée:38:19.

Label:Warner Bros.

Genre:country-rock,southern rock.

 

Quand des pros se font plaisir...

 

A l’appel du second album, l’éponyme de 1972 (en écoute intégrale ici, titres de 11 à 21), Barefoot Jerry accuse le départ de Gayden et Buttrey (il rejoindra Neil Young), pas très chauds pour assurer les tournées de promo de l’album précédent Southern Delight et rompt avec Capitol Records qui, pourtant, lui donne des moyens supplémentaires. Pas assez, faut-il croire.

Preuve s’il en est que Barefoot Jerry est crédible, en dépit d’avoir, à l’image de la musique qu’il pratique, le cul entre deux chaises, faute de ne pas basculer franchement dans le camp des rockers, et de paraître un peu trop aventureux pour les partisans du terroir. Hier on ne les comprenait pas, aujourd’hui, on les applaudit des deux mains. Il faut prendre ce groupe très au sérieux. Sous des abords décontractés, Barefoot Jerry est un ensemble très uniforme et professionnel, sorti tout droit de l’élite de l’école de Nashville.

Russ Hicks et le batteur créatif qu’est Kenny Malone, le maître du groove de Nashville, pourvoient au remplacement des sortants et Warner Bros assure la sortie du second LP studio. Paul Harris et l’inamovible Wayne Moss complètent le line-up vaquant aux taches de ce nouvel album de 1972, aussi méconnu que son prédécesseur, aussi sous-estimé que son suivant, Watchin' The TV, et qui forment, à mon sens, la trilogie discographique incontournable de ces rednecks.

Les départs auraient pu porter un lourd tribut à Barefoot Jerry, notamment celui du guitariste Gayden, par ailleurs compositeur et chanteur principal, mais l’apport du virginien Hicks compense cette perte importante, au-delà de toute espérance, au point que son jeu de steel guitare devient une norme dans le son du groupe.

La publication de Barefoot Jerry (l’album) fait rapidement taire tous les doutes, coupe court à toutes les interrogations. Les compositions ont de la gueule, les voix sont belles, le jeu efficace, les zikos à fond les manettes, les mélodies agréables et l’offre est variée ; Barefoot Jerry ne faiblit pas du début à la fin, d’autant plus que le pondéré Wayne Moss veille au grain à tous les niveaux et montre la voie à suivre. Sans lui, Barefoot Jerry n’aurait pas été et ne serait pas. D’autant plus que le plaisir prime sur le travail.

A partir de là, on en arrive à des In God We Trust, à un cool Warm, aux excellents Ain’t It Nice In Here, One Woman, Little Maggie, Friends et à l’instrumental remarqué Fish ‘N’ Tits, un titre que n'aurait pas renié celui à partir duquel Barefoot Jerry est né, Area Code 615.

Un tel lot mérite assurément une autre issue que la sous-évaluation, voire l’ignorance ou le peu d'intérêt dont ce groupe est frappé depuis son avènement. Terriblement injuste et absolument pas justifié… Passe à ton voisin, réhabilitons Barefoot Jerry (RAZOR©).

 

1. Castle Rock.

2. One Woman.

3. In God We Trust.

4. Message.

5. Friends.

6. Snuff Queen.

7. LIttle Maggie.

8. Warm.

9. Fish 'N Tits.

10. Ain't It Nice In Here.

11. Ebenezer.

 

Wayne Moss:guitare,basse,chant,orgue.

John Harris:claviers,chant.

Russ Hicks:pedal steel,chant.

Kenny Malone:batterie,percussions.

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