Chip Taylor.

BIOGRAPHIE.

 

CHIP TAYLOR/New York (USA)

 

Chip taylor young

 

Né James Wesley Voight, le 21 mars 1970, à Yonkers (New York-USA).

Actif depuis 1958.

Labels:Buddah Records,Warner Bros,CBS,Capitol,Train Wreck.

Genre:country,country-rock,folk,folk-rock,pop-rock,rock.

Website:trainwreckrecords.com

 

Le new yorkais de la country.

Réduire Chip Taylor aux seuls Wild Thing et Angel Of The Morning constituerait une tentative de tromperie sur la marchandise. L'auteur-compositeur et interprète compte à son actif un répertoire très dense dans lequel le gratin de la musique est, régulièrement et depuis plus de 50 ans, venu faire son marché.

Parmi les plus prestigieux : Jimi Hendrix, les Troggs, Frank Sinatra, Dean Martin, Johnny Cash, Emmylou Harris, Linda Ronstadt, Bonnie Raitt, The Pretenders, Jackie DeShannon, Fats Domino, Willie Nelson, Nina Simone, Cheap Trick, Janis Joplin ou Ike & Tina Turner.

En combinant la country au blues sudiste tout au long de sa carrière, on pourrait situer les origines de Chip Taylor dans les contreforts du sud américain. Or, il n'en est rien, l'artiste est natif de l'Etat de New York, à Yonkers, ville située à moins d'une heure de New York et qui a vu naître également Lady Gaga, Steven Tyler, le chanteur d'Aerosmith ou encore l'acteur Jon Voight.

Voight, un nom lourd à porter.

Frère de Jon Voight et du géologue Barry Voight, oncle d'Angelina Jolie et de James Haven, Chip Taylor a ce penchant pour la country depuis le lycée. Il en est depuis un digne représentant et les chansons de ce songwriter prolifique, dont 39 sont entrées au Billboard (toutes catégories confondues), sont inscrites au patrimoine culturel américain.

Depuis 2016, il est entré au Rock And Roll Hall of Fame pour ses talents d'auteur-compositeur. Outre Wild Thing et Angel Of The Morning, ses empreintes les plus populaires, souvenons-nous de Try (Just A Little Bit Harder), Son Of A Rotten Gambler, I Can't Let Go, Country Girl, City Man. Taylor aurait pu, de la même manière, être honoré pour ses aptitudes au chant tant il est un formidable interprète.

Né John Wesley Voight, Chip Taylor est l'un trois fils de Barbara et d'Elmer Voight, un éminent joueur de golf du circuit professionnel q'une blessure dorsale contraint à se reconvertir dans l'enseignement de la discipline. Le nom étant trop lourd à porter, il opte pour le pseudo de Chip Taylor.

Chip taylor wes woightWes Woight & the Town Three.

Chip taylor yonkersLe new yorkais de la country.

Chip taylor gorgoni martin taylorGorgoni Martin & Taylor.

Chip taylor wild thing the troggsWild Thing, un succès de Chip Taylor...

Chip taylor hendrix wild thing...popularisé par Hendrix à Monterey (1967).

Chip taylor sceneToujours actif aujourd'hui.

De Voight à Taylor.

Son rapport avec la musique se fait très tôt dans sa vie. Il n'a pas encore 10 ans qu'il en pince déjà pour la country qu'il écoute régulièrement sur les radios virginiennes. Sa passion pour le genre trouve un premier aboutissement dans un trio rockabilly-folk fondé avec deux amis d'école, fin des années 50 : Wes Woight & The Town Three, auteur de deux 45T Midnight Blues et I Want A Lover (King Records/1958). Une année plus tard, sous l'identité de Wes Woight, il publie I'm Loving It (King Records/1959).

Wes Voight profite de son passage de King à MGM pour devenir Chip Taylor (1961). Il signe deux 45T pour ce label : Foolin' Around/Innocent Eyes (mars 1961) et If You Don't Want Me Now/Sad Songs (septembre 1961).

Parallèlement, il pratique le golf et, doué, passe joueur professionnel. Une blessure au poignet mettant fin aux promesses qu'il suscite dans cette activité, il consacre alors tout son temps et son énergie à la musique.

Très rapidement, il tape dans l'oeil de Warner Brothers qui le signe en 1961. Il enregistre deux nouveaux 45T : le premier sort en octobre 1962 (Here I Am/ I Love You But I Know) ; il est, en janvier 1963, suivi de A Guy Don't Need A Lot Of Time/Lucky Star. Here I Am intègre pour la première fois le top 100.

A la même période (1963), il fait la rencontre d'Al Gorgoni avec lequel la connexion artistique va se faire très profonde. Les deux vont collaborer dans l'écriture et enregistrer un album sous Just Us (I Can Not Grow Peaches On A Tree/1965) ; par la suite, deux autres LP seront réalisés avec le même Gorgoni (et Trade Martin) : Gorgoni, Martin & Taylor (1971) et Gotta Get Back A Cisco (1972).

En 1964, Chip Taylor intègre Mala Records, une division de Bell qui compte parmi ses protégés des gens aussi disparates que Link Wray, David Gates ou Ronny And The Daytonas GTO, Johnny And The Hurricanes.

Deux singles naissent de ce partenariat : Joanie's Blues/On My Word (avril 1964) et Susannah (Comin' Home To Lou'siana)/Fly By Night en novembre de la même année.

Wild Thing, dans le patrimoine musical américain.

Au milieu des 60's, il s'engage avec April Blackwood Music, société d'édition de CBS pour laquelle Taylor a pour mission d'écrire une dizaine de chansons par an. Capable de produire bien plus, libéré de toute pression, il relève aisément le défi et s'affirme comme un songwriter prolifique et talentueux.

C'est au cours de cette expérience qu'il commence à combiner le R & B avec les influences country et à s'inscrire dans une lignée musicale proche du son Memphis où il va exceller.

Ses deux titres les plus notoires de l'époque sont Wild Thing et Angel Of The Morning. Ils sont depuis ancrés dans le patrimoine de la musique américaine. Son Wild Thing connaît des fortunes diverses. Enregistré à l'origine par The Wild Ones (1965), il ne connaît pas un franc succès.

Si c'est entre les mains des anglais de Troggs que Wild Thing (261 au classement Rolling Stone) passe à la postérité en devenant N°2 des charts britanniques dès mai 1966 et en occupant la première place du Billboard en juillet de cette même année, il acquiert véritablement ses lettres de noblesse en intégrant le répertoire de Jimi Hendrix qui fait sien ce titre lors de son passage au festival pop de Monterey 1967.

Le guitariste de Seattle en livre une version plus dramatique ; on peut en juger sur les images restées célèbres d'Hendrix mettant le feu à sa guitare à la fin de la chanson.

Le romantisme d'Angel Of The Morning.

Plus romantique, Angel Of The Morning connaît également des ratés à l'allumage. Après que Connie Francis l'ait refusé pour ne pas nuire à sa carrière et qu'Evie Sands n'ait pas pu la porter efficacement, faute de moyens financiers de son label (Cameo/Parkway), le titre connaît la réussite sous l'égide de Merrilee Rush.

Enregistrée à Memphis (Moman's American Studio pour Bell Records) au début de l'année 1968, ce morceau tabou (sur les relations avant le mariage) grimpe au 7ème rang des charts US en juin.

Dans plusieurs autres pays, la chanson rencontre un grand succès. Avec cette ballade tendre aux orchestrations luxuriantes, Merrilee Rush est élevée au rang de grammy award 68 pour la meilleure chanteuse pop féminine contemporaine. Juice Newton, les Pretenders, P. P. Arnold, Nina Simone se sont également appropriés ce titre à des degrés divers de leur carrière.

Un songwriter prolifique.

Parmi les autres chansons qui font la popularité de Taylor, on compte aussi Try (Just a Little Harder), co-écrite avec Jerry Ragovoy et que Janis Joplin a enregistrée pour le compte du Kozmic Blues Band. Pearl en a fait une poutre maîtresse unique de son répertoire.

Chip Taylor est également l'auteur de Son Of A Rotten Gambler avec lequel Anne Murray atteint la première place des charts canadiens et la 5ème des classements américains catégorie Country, en 1974.

La même année, les Hollies reprennent la chanson à leur compte et 7 ans plus tard, en 1981, Emmylou Harris en fait une adaptation.

Une valeur sûre de l'americana.

L'homme qui a découvert et produit (avec Al Gorgoni) son homonyme, James Taylor, alors qu'il évolue encore avec le Flying Machine (1966) n'est pas que celui écrivant pour les autres ; il est l'auteur, pour son compte, de 6 LP durant les 70's. Gasoline, en 1971 et chez Buddah, ouvre son catalogue personnel.

Solide et alimenté par un lot de très bonnes chansons, Gasoline obtient plus un succès critique que populaire. Comme son suivant, The Last Chance (1973/Warner Bros), mieux accueilli par la presse spécialisée qu'il ne flambe dans les bacs.

Ces deux premiers albums flirtant avec la country outlaw et l'americana traduisent des débuts en solo réussis et constituent des références dans le catalogue de son auteur ; Chip Taylor se positionne dès lors comme une valeur sûre de ces genres musicaux.

Chip taylor portrait

« Je suis un homme simple. Plus jeune, les chansons que j'aimais le plus étaient celles qui allaient directement au cœur des choses. Je n'aime pas tout ce qui est trop travaillé. Les premiers chanteurs de country comme Elvis dégageaient une réelle émotion dans leur chant. Quand j'ai commencé à écrire, mes premiers succès ont été pour Willie Nelson, Eddy Arnold, Waylon Jennings. J'ai écrit pour des gens comme ça, avant de pouvoir marcher. » (Chip Taylor)

Chip Taylor ratisse large.

Some Of Us (1974/Warner Bros) dégage le même sentiment de country feutrée que les disques précédents. Cette douce et agréable sensation générée par la musique de Chip Taylor trouve son aboutissement commercial dès This Side Of The Big River, quatrième levée discographique de 1975 (Warner Bros).

Ce LP de country non conventionnelle touche enfin la cible publique en se classant au 36ème rang du Billboard. Il séduit autant les amateurs de Gram Parsons, de Guy Clark, Townes Van Zandt, Mickey Newbury, Jerry Jeff Walker ou John Prine, que les branchés de soft-rock californien.

Somebody Shoot Out The Jukebox, fait pour CBS (1976), se montre aussi convaincant que toute la discographique de cette décennie ; celle-ci se referme par le très bon San Sebastian (1979 pour Capitol).

Malgré la qualité de son travail et la popularité acquise comme auteur-compositeur et interprète, Chip Taylor fait alors le choix de mettre entre parenthèse sa carrière artistique pour rebondir sur d'autres centres d'intérêt : les courses de chevaux et le jeu, le Black Jack notamment.

Il faudra attendre 1996 pour que l'artiste revienne en studio pour signer Hit Man (Gadfly Records). Une vingtaine d'album sont depuis venus compléter une discographie à laquelle les férus d'Americana viennent régulièrement se sustenter. Il serait regrettable d'ignorer l'importance de cet acteur majeur dans l'évolution de la country. Pour un new yorkais, l'exploit n'est pas peu mince (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 5 - 1975

 

Chip taylor this side of the big river

 

CHIP TAYLOR

THIS SIDE OF THE BIG RIVER – 1975  5/5

 

Publié en 1975.

Produit par Chip Taylor.

Durée:36:07.

Label:Warner Bros.

Genre:folk,country,americana.

 

La face Cashée de Taylor.

 

Si ce genre de disque et de chanteur n’ouvre pas les portes de la country music aux plus hermétiques envers le genre, c’est à n’y plus rien comprendre.

This Side Of The Big River de Chip Taylor compte, en effet, parmi les meilleurs œuvres du genre, il n’est pas vain de le rappeler avant de procéder à sa dissection.

Mais d’abord, un mot sur le new-yorkais Chip Taylor, de son vrai nom James Wesley Voight, frère de Jon l’acteur (Macadam Cowboy) et de Barry, vulcanologue de renommée internationale, tonton d’Angelina Jolie et de James Haven.

Chip Taylor, professionnel avisé dans l’industrie musicale, a notamment découvert et produit James Taylor. On doit à cet auteur-compositeur de grand talent connu pour ses chansons pop, Wild Thing, qu’Hendrix propulsera sauvagement sur le devant de la scène après que les Troggs en ait fait un single à succès, ainsi que Angel Of The Morning passé entre les mains de Chrissie Hynde, Juice Newton et popularisé par Merilee Rush.

Le catalogue de Taylor a également été ponctionné par les Hollies, Willie Nelson, Janis Joplin, Waylon Jennings, Linda Ronstadt, Emmylou Harris et par notre Jojo national.

ix albums jalonnent son parcours des seventies, avant qu’il ne se prenne au jeu dans le milieu hippique et des casinos. Légende de la musique américaine, Taylor est par ailleurs un redoutable joueur de cartes, passion qui l’éloigne, plus d’une décennie, de la country, son répertoire de prédilection. Voilà pour l’homme.

This Side Of The Big River de 1975 est son cinquième LP et le troisième d’une succulente trilogie réalisée pour le compte du label Warner Bros, commencée en 1973 avec Chip Taylor’s Last Chance, album culte sur le Vieux Continent mais boudé en son pays et poursuivie avec Some Of Us (1974), qui fait de Taylor le premier artiste country à succès de la maison Warner.

Si la valeur de ces LP, et notamment du troisième, est passée inaperçue à sa sortie, le genre ne bénéficiant pas alors d’une grosse cote de popularité, le marché n’étant pas demandeur et Warner pas formé pour promouvoir ce type de produits, avec le recul, elle saute aux yeux aujourd’hui et le positionne comme un des fleurons d’une country non conventionnelle.

Sa manière personnelle et créative d’explorer et de traiter le genre, fait de This Side Of The Big River une œuvre qui doit être prise en considération. Elle est le point de départ de l’axe que va prendre désormais le futur professionnel de l’artiste.

Cet album aux 10 pistes mémorables, dont on se dit qu’un titre comme le politisé Same Ol’ Story (à propos du Vietnam) ne peut pas ne pas avoir influencé la descendance countryiste, est articulé autour de 7 enregistrements de studio et de 3 chansons (le Big River de Johnny Cash, John Tucker’s On The Wagon Again et You’re Alright Charlie) capturées à partir d’une émission radiophonique dans le New Hampshire puis retravaillées en studio.

L’essentiel de l’écriture passionnée de ce disque plein de chaleur repose sur des personnages qui gravitent dans le giron plus ou moins proche de Chip Taylor comme l’énigmatique fan John Tucker, l’ami Charlie Knoblock, son ex (Sleepy Eyes, Circle Of Tears, Holding Me Together), s’appuie sur des faits vécus (May Be God With Me).

Talentueux et assurément sous-estimé, voire oublié dans les annales country, genre qui pourtant le retient comme un grand et subtil auteur-compositeur, Chip Taylor offre ici un beau et émouvant florilège de belles chansons introspectives traitées avec beaucoup d’amour.

Johnny Cash, himself, n’a pas hésité une seule seconde pour faire le tour de ses relations dans le business à des fins de promotion d’un disque pour lequel il eut le coup de foudre. Moi aussi (RAZOR©).

 

1. Same Ol’ Story.

2. Holding Me Together.

3. Getting’ Older, Lookin’ Back.

4. John Tucker’s On The Wagon Again.

5. Big River.

6. May Be God With Me.

7. Circle Of Tears.

8. Sleepy Eyes.

9. I’ve Been Tied.

10. You’re Alright Charlie.


 

The Jordanairs:choeurs.

Dave Kapell:basse.

Charlie Powers:batterie.

Buddy Spiker:violon.

John Platania:guitare électrique.

George Kiriakis:guitare électrique et acoustique.

Pete Drake:pedal steel guitare.

Joe Renda:piano électrique.

Chip Taylor:chant,guitare rythmique.

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