Chris Hillman.

BIOGRAPHIE.

 

CHRIS HILLMAN/Los Angeles (Californie)

 

Chris hillman 1

 

Actif depuis le début des 60's.

Labels:Rounder,Wounded Bird,Crown records, A&M,Sugar Hill,Sovereign Artists,Cooking Vinyl Records.

Genre:folk-rock,country-rock,bluesgrass,rock.

Site officiel:chrishillman.com

 

Appelez-le Monsieur Hillman.

Il est chanteur, guitariste, mandoliniste, auteur-compositeur, défricheur du bluegrass avec les Scottsville Squirrel Barkers et The New Christy Minstrels, pionnier du country-rock pour avoir été membre actif de trois groupes autant charnières que cultes, les Byrds, le Flying Burrito Brothers, au côté du génial Gram Parsons et, on a tendance à l'oublier, le Manassas de Stephen Stills.

Le Il en question, c'est Chris Hillman, né à Los Angeles le 4 décembre 1944, une figure incontournable de la musique américaine à laquelle, avec un professionnalisme permanent, il a consacré toute sa vie. Au regard de son œuvre et de son parcours, Chris Hillman est un Monsieur.

Elévé dans un environnement familial habité quotidiennement par la musique, Chris Hillman grandit au gré des goûts musicaux parentaux, à savoir les Duke Ellington, Count Basie, Frank Sinatra, Peggy Lee et au contact du rock and roll, dont les radios innondent les ondes des années 50.

Il en est très imprégné jusqu'à la fin de la décennie, quand sa sœur aînée Susan, de retour de l'Université du Colorado, le confronte au folk, au blues et à la country, via les disques de Leadbelly, de Woody Guthrie et de Pete Seeger & the Weavers. Et là, c'est le déclic, Chris Hillman craque pour ces artistes du folk revival et veut apprendre à jouer de la guitare. Sa mère lui en offre une pour qu'il puisse assouvir ce qui est devenue une véritable passion.

Chris hillman scottsville squirrel barkersThe Scottville Squirrel Barkers.

Chris hillman byrdsThe Byrds.

Chris hillman flying burritoThe Flying Burrito Brothers.

Chris hillman manassasManassas.

Chris hillman souther hillman furaySouther Hillman Furay Band.

Chris hillman mcguinn clark hillmanMcGuinn,Clark,Hillman.

Chris hillman desert rose bandDesert Rose.

Le bluegrass dans la peau.

Ses goûts musicaux s'orientent alors vers le bluegrass et les maîtres du genre que sont Bill Monroe, Lester Flatt ou Earl Scruggs ; à partir de là, il s'éprend aussi d'un nouvel instrument, la mandoline, que le grand Scott Hambly, intérimaire des Kentucky Colonels des frères White, se charge de lui enseigner comme il se doit.

Deux ans plus tard, le californien dont la progression à la mandoline s'avère fulgurante, lance sa carrière en intégrant les Scottsville Squirrel Barkers (un seul album du nom de Bluegrass Favorites), groupe de San Diego dans lequel il se retrouve à jouer essentiellement du bluegrass ; il y tient la mandoline et côtoie Larry Murray, Ed Douglas, Gary Carr et notamment Kenny Wertz, qu'il retrouve une dizaine d'années plus tard dans le Flying Burrito Brothers (Last of the Red Hot Burritos/mai 1972). Pour l'anecdote, le remplaçant de Kenny Wertz dans les Scottsville Squirrel Barkers n'est autre que le futur Eagles Bernie Leadon, avec lequel Chris Hillman partagera deux autres LP des mêmes Flying Burrito Brothers (70/71).

Chris Hillman quitte le groupe de San Diego en 1962, pour rebondir auprès d'une autre mouture de bluegrass dont la base est constituée des Golden State Boys des frères Gosdin (Rex et Vern) et de Don Parmey. Hal Poindexter partant, il est remplacé par Chris Hillman qui, outre le fait de jouer de la mandoline, chante aussi, comme c'est le cas sur la reprise de Dylan, When The Ship Comes In.

En l'honneur de ce jeune homme virtuose découvert dans un club de Pasadena, les Golden State Boys changent le nom du groupe en Blue Diamond, puis en The Hillmen qui, entre 1962 et 1964 devient une valeur sûre du sud californien.

Après quelques passages à la télévision, les Hillmen attirent l'attention de Jim Dickson, producteur des premiers LP de bluegrass pour Elektra ; ce dernier tente de convaincre son label de les signer, mais l'affaire ne se fait pas, bien qu'ils aient enregistré plusieurs morceaux entre 1963 et 1964. Elle se fera en 1969 chez Together (LP The Hillmen). La formation n'y résiste pas qui rompt au milieu de l'année 1964.

Hillman proposé aux Byrds

Jim Dickson, manager du trio des Jet Set (Roger McGuinn, David Crosby et Gene Clark), a alors en charge de constituer ce qui va devenir les Byrds, de faire le buzz autour de cette unité dans les clubs branchés de Sunset Strip ainsi que d'organiser le développement du folk-rock que cette mouture encore embryonnaire a initié en fusionnant la pop des Beatles avec le folk traditionnel ou celui de Bob Dylan.

Dans l'environnement de Dickson, Chris Hillman est proposé aux Byrds à la recherche d'un bassiste en octobre 1964. Dans la foulée de son recrutement et de celui de Michael Clarke, les Byrds font une entrée fracassante dans les hits avec le single Mr Tambourine Man, N° 1 partout. Comme le répète souvent Chris Hillman : avec Dickson, les Byrds avaient aussi leur Brian Epstein.

Au sein des Byrds, Chris Hillman est de toutes les phases artistiques des californiens : folk-rock, psychédélique et country-rock. Il est des 6 albums entre 1965 et 1968 ; ses deux premières contributions restent discrètes, le bassiste se contentant d'assurer sobrement la rythmique avec Michael Clarke derrière les trois guitaristes et chanteurs McGuinn, Clark et Crosby ; il s'implique plus fortement dès l'album suivant.

Si l'on fait abstraction du disque de la réunion de 1973, Sweetheart Of The Rodeo (1968) est sa dernière apparition, le Byrds d'origine s'est depuis vidé progressivement de ses membres : Gene Clark, David Crosby, Michael Clarke...

L'importance de Gram Parsons.

Sweetheart Of The Rodeo, enregistré à Nashville, marque l'emprise du dernier entrant, Gram Parsons, sur ce magnifique disque à dominante country. C'est avec ce visionnaire que Chris Hillman décide de prolonger sa carrière ailleurs. Après avoir décliné une tournée des Byrds en Afrique du Sud, Hillman et Parsons décident de partir fonder les Flying Burrito Brothers pour y développer la country moderne que Parsons a en tête.

Nous sommes en septembre 1968 et Sneaky Pete Kleinow et Chris Ethridge se joignent à Parsons et Hillman. Chris Hillman est le partenaire idéal pour réaliser le rêve de Parsons de réunir deux Amériques : celle country et bluegrass des Merle Haggard, l'autre héritée des groupes de la fin des 60's comme le Dead. Et ils y parviennent. Même si les genres ainsi fusionnés ne s'accompagnent pas pour autant de réussite commerciale, cette vision de musique cosmique américaine influente pour tant de leurs contemporains comme Emmylou Harris et les Stones notamment, agit sur tellement de générations derrière. La reconnaissance sera posthume.

Le natif de Los Angeles est très impliqué dans les trois premiers des 5 albums du groupe, les meilleurs : The Gilded Palace of Sin (1969), Burrito Deluxe (1970), incontournables, et The Flying Burrito Bros (1971), un peu en retrait, du fait du départ de Gram Parsons désabusé par l'insuccès de l'album précédent. Chris Hillman reprend les rênes le temps de ce troisième LP et n'est pas de la reformation en 1975, visiblement marqué par le décès par overdose de son ami visionnaire en septembre 1973 et celui accidentel de Clarence White deux mois avant.

Capitaine de route de Manassas.

En 1972, Chris Hillman répond alors favorablement à la proposition de Stephen Stills de l'épauler dans le projet Manassas pour lequel il a recruté également le steel guitariste Al Perkins, le claviériste Paul Harris, le percusionniste Joe Lala, et deux fidèles membres tapis dans l'ombre de Crosby Stills Nash & Young, le batteur Dallas Taylor et le bassiste Calvin Fuzzy Samuels. Du très lourd, qui signe deux albums de country-rock explosifs, Manassas (1972) et Down The Road (1973). Chris Hillman prend largement sa part dans cette musique faite d'un mix de rock, de country, de bluegrass, de salsa et de blues que les Byrds avaient dans l'idée de développer avant leur virage country de 1968.

Le flop Souther-Hillman-Furay Band.

Entre 1973 et 1976, l'angelin se rapproche de Richie Furay (Buffalo Springfield et Poco) et de J.D Souther, celui que l'on appelle le 5ème Eagles pour sa proximité avec ce groupe et surtout pour son amitié avec le regretté Glen Frey. Le patron d'Asylum Records, David Geffen, a alors en tête de mettre sur pied un super groupe de country-rock californien.

Le Souther-Hillman-Furay Band voit le jour en 1973, réalise deux LP moyens au regard du potentiel (l'éponyme de 1974 et Trouble In Paradise de 1975). En 1976, le soufflé retombe rapidement après avoir laissé entrevoir de grosses promesses.

Chris hillman portrait

« J'étais complètement étranger à ce que le trio McGuinn, Clark et Crosby faisait avant de les rejoindre. A L.A, il y avait deux clubs majeurs : le Troubadour et l'Ash Grove. Le Troubadour, c'était le folk traditionnel et commercial des Hoyt Axton, le club des hootenanies. L'Ash Grove, c'était Bill Monroe, Lightning Hopkins ; ça m'attirait plus que le Troubadour dont les Byrds étaient alors dans le moule. » (Chris Hillman)

Hillman choisit ce moment pour s'engager dans un parcours solo ponctué de 2 albums, Slippin' Away, qui rappelle son expérience Manassas, et Clear Sailin', bien en deça de ses possibilités, respectivement sortis en 1975 et 1977 pour Asylum.

La suite a pour nom le trio McGuinn, Clark & Hillman qui réunit les anciens Byrds pour deux LP, un excellent éponyme de 1979 qui se démarque de la période gorieuse précédente et l'agréable City (1980). Le décrochage de Gene Clark amène le trio à se recentrer en duo ; il en émerge un nouveau disque sobrement appelé McGuinn/Hillman (1980), dernier greffon des 60's/70's à réunir des Byrds.

Retour aux sources.

Le bluegrass et la country redeviennent la priorité du Chris Hillman des 80's. Pour cette raison, on le retrouve à la tête d'un regroupement de belles gâchettes du genre comme Bernie Leadon, Al Perkins, David Mansfield et Jerry Scheff pour un excellent Ever Call Ready. Si son amour pour le bluegrass s'exprime fortement sur ce album, il signe le retour de l'ex Byrds à ses origines par l'entremise de Desert Rose Band, monté pour l'occasion, en 1985.

Chris Hillman est entouré de grands noms du genre, à savoir Herb Pedersen, un fidèle avec lequel il signera 2 disques en 1996 et 2003 (Bakersfield Bound et Way Out West), John Jorgenson, Bill Bryson, Jay Dee Manesse et Steve Duncan. L'aventure Desert Rose Band dure 9 ans, jusqu'à sa dissolution en février 1994, mais ses acteurs se retrouvent ponctuellement depuis. Son catalogue compte 5 beaux LP studio, réalisés entre 1987 et 1993.

30 ans après les avoir rencontrés à Pasadena, Hillman, en 1993, met à exécution un projet prévu de longue date avec les frères Rice, Tony et Larry. Réunis sous la bannière Rice, Rice, Hillman & Pedersen, le quatuor signe 3 albums pour Rounder Records :Out of the Woodwork (1997), Rice, Rice, Hillman & Pedersen (1997) et Running Wild (2001).

Pour l'ensemble de son œuvre, Hillman est honoré par ses pairs au titre de bénéficiaire du Lifetime Achievement Award de l'association de musique Americana (2004). Depuis, il poursuit sa voie dans la musique qu'il aime et pour laquelle il est une légende vivante, son catalogue personnel s'étant, au passage, enrichi d'une pièce supplémentaire, The Other Side (2005).

Virulent défenseur des droits d'enregistrement des artistes et des valeurs familiales traditionnelles, il est aujourd'hui un homme comblé vivant paisiblement auprès de sa petite famille ; celle du rock, au sein de laquelle il s'est épanoui pendant 5 décennies, est autrement plus grande (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE THE HILLMEN 60'S.

LP Studio unique - 1969 (années 1963/64)

 

The hillmen original

 

THE HILLMEN

THE HILLMEN – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Enregistrements de 1963/1964.

Produit par Jim Dickson.

Durée:39:30.

Label:Togeter,Sugar Hill.

Genre:bluegrass.

 

Complètement d'époque.

 

Chris Hillman, avant d’être un des légendaires Byrds, avant d’avoir été un incontournable Manassas, un influent Flying Burrito Brothers, avant de poursuivre sa route musicale avec The Desert Rose Band, est passé par The Hillmen : les Montagnards.

Cet initiateur du folk-rock, ce colporteur de country-rock, ce représentant respecté du bluegrass, seul ou en groupe, était un inconditionnel de Bill Monroe, un supporter de Lester Flatt et d’Earl Scrugs, des New Lost City Ramblers, de Buck Owens, pionnier du Bakersfield Sound, de Lefty Frizzel, promoteur de Honky-Tonk Music et de Webb Pierce.

Invité à rejoindre les Golden States Boys, ce dernier est rebaptisé The Hillmen à l’arrivée de Chris Hillman, sans qu’il n’ait pour autant le statut de leader.

L’album qui nous intéresse, The Hillmen (en écoute intégrale ici), est une réédition de travaux effectués entre 1963 et 1964. Il y a là les frères Gosdin, Vern (guitare et chant) et Rex (excellent bassiste), Don Parmley (au banjo) et, bien entendu, Chris Hillman, lequel tient la mandoline. L’affaire a tenu moins d’un an.

Album charmant, frais, plein d’enthousiasme, il est caractéristique du début du folk-rock, country-rock californien. Il n’égale pas les maîtres qui les ont inspirés, mais reste une valeur sûre du genre. Mais quel sacré coup de vieux on se prend à réécouter ces reliques incontournables du patrimoine musical américain (RAZOR©).

 

1. Brown Mountain Light.

2. Ranger’s Command.

3. Sangeree.

4. Blue Grass Chopper.

5. Barbara Allen.

6. Fair And Tender Ladies.

7. Goin 'Up.

8. Wheel Hoss.

9. When The Ship Comes In.

10. Fare Thee Well.

11. Winsborough Cotton Mill Blues.

12. Prisoner’s Plea.

13. Back Road Fever.

14. Copper Kettle.

15. Roll On Muddy River.

 

Vern Gosdin:guitare,chant.

Chris Hillman:basse,guitare,mandoline,chant.

Don Parmley:banjo,chant.

Rex Gosdin:basse,chant.

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S THE BYRDS

LP Studio 1 - 1965

 

Byrds mrtambourineman

 

THE BYRDS

MR TAMBOURINE MAN - 1965  5/5

 

Publié le 21 juin 1965.

Produit par Terry Melcher.

Durée:31:35.

Label:Columbia.

 

Un son nouveau est né.

 

Mr. Tambourine Man (lien pour écouter l'album) est un hit de Bob Dylan qui donne le titre à cet album des Byrds, leur premier, en 1965, sur Columbia Records. Le premier line-up de ce groupe d’anthologie est alors composé d’un certain Jim McGuinn (son vrai nom), plus connu sous le nom d’emprunt de Roger McGuinn, chanteur et guitariste, d’une future légende du rock, David Crosby, guitariste et officiant également au chant, de Gene Clark, l’immense Clark, un compositeur hors pair qui, outre le chant, fait aussi dans les percus, de Chris Hillman, bassiste et autre pointure, de Michael Clarke, batteur.

Très à son affaire dans le registre folk rock, les Byrds sont un peu trop souvent les « laissés pour compte » du rock. Et pourtant, ils ont tenu un rôle majeur en faisant la promotion de nombreux titres de Dylan, ce qui l’a bien aidé dans le démarrage de sa carrière et en marquant de leur empreinte la scène musicale des années 60.

Entre un rock qui commence à décliner et un psychédélisme qui n’est pas encore vraiment installé, les Byrds vont se positionner et influencer des artistes comme Simon & Garfunkel, les Beatles (et réciproquement).

En mélangeant le folk de tradition américaine à la modernité du british rock façon Scarabées, le groupe de McGuinn va définitivement tracer le sillon du folk rock. Mr Tambourine Man va être l’album déterminant qui les met sans attendre sur les bons rails.

De Dylan, dont ils reprendront régulièrement, et par la suite, au moins deux titres par LP, ils interprètent, outre la chanson titre, Chimes Of Freedom, All I Really Want To Do ainsi que Spanish Harlem Incident.

L’album ne vaut pas que par ces excellentes reprises de morceaux puisés dans le catalogue du Zim. Excellent disque d’une demi-heure, on peut y trouver des compositions, au demeurant excellentes, de Gene Clark comme I’ll Feel A Lot Better, de McGuinn (You Won’t Have To Cry), un agréable The Bells Of Rhymney d’Idris Davies et de Peter Seeger, Here Without You, I Knew I’d Want You.

On appréciera surtout sur cet opus, la belle voix de McGuinn de même que les merveilleuses et précises harmonies vocales. Produit par Terry Melcher, on y retrouve certains clients comme Leon Russel, Jerry Cole, Hal Blaine. 

Précurseurs du psychédélisme, les Byrds ont eu des retombées positives de cet album qui, aujourd’hui, est un peu daté, mais n’en demeure pas moins un disque à posséder. Ce son si particulier restera à jamais leur signature (RAZOR©).

 

1. Mr. Tambourine Man.

2. I’ll Feel A Whole Lot Better.

3. Spanish Harlem Incident.

4. You Won’t Have To Cry.

5. Here Without You.

6. The Bells Of Rhymney.

7. All I Really want To Do.

8. I Knew I’d Want You.

9. It’s Not Use.

10. Don’t Doubt Yourself, Babe.

11. Chimes Of Freedom.

12. We’ll Meet Again.

 

Jim McGuinn:lead guitare,chant.

Gene Clark:guitare rythmique,tambourin,chant.

David Crosby:guitare rythmqiue,chant.

Chris Hillman:basse électrique.

Michael Clarke:batterie.

 

LP Studio 2 - 1965

 

Byrds turn turn turn

 

THE BYRDS

TURN ! TURN ! TURN ! - 1965  4/5

 

Publié le 6 décembre 1965.

Produit par Terry Melcher.

Durée:30:24.

Label:Columbia Records.

 

Dans la cour des grands.

 

On prend les mêmes et on recommence. La même année que Mr Tambourine Man, soit1965, sort un deuxième album des Byrds, Turn ! Turn ! Turn !. Les Byrds qui ont eu la judicieuse idée de combiner la traditionnelle folk music américaine avec la modernité du rock venu d’Angleterre pour donner naissance au folk-rock.

La recette est payante dans tous les sens du terme, car Mr Tambourine Man et le single qui en est à la base, font un tabac, alors on remet ça, normal. Un peu trop tôt peut-être, car Turn ! Turn ! Turn ! n’a pas la saveur de son prédécesseur.

Deux pincées de reprises de empruntées au catalogue de Bob Dylan (The Times They Are A Changin’, Lay Down Your Weary Tune), trois pincées de morceaux composés par l’emblématique Gene Clark (Set You Free This Time, The World Turns All Around Her, If You’re Gone), une petite pincée de Crosby qui prend enfin ses responsabilités à l’écriture (Wait And See), et une pincée de Pete Seeger, via un Turn ! Turn ! Turn ! écrit à la fin des années 50 et que les Byrds vont porter sur les fonts baptismaux.  

Ce disque, plus court que le précédent, n’a pas la même saveur, disais-je, mais il reste un très bon opus, à l’image de l’ensemble de leur œuvre durant les années 60. Sorti à la hâte pour Noël 1965, alors que l’Amérique est politiquement et socialement divisée, il souffre de cette précipitation qui sied aux desseins commerciaux. Mais tout allait tellement vite à cette époque. Il fallait être réactif.

Son défaut majeur est de trop sentir le copié-collé de Tambourine Man, en plus inégal cependant. Les harmonies vocales sont toujours aussi agréables, la 12 cordes de McGuinn est présente et efficace, mais le résultat ne supplante pas Mr Tambourine Man. Par ailleurs, certaines tensions voient le jour. Il ne faut pas faire d’ombre à Mr McGuinn, Jim pour l’état civil et qui deviendra Roger. Et Clark, songwriter patenté de ce Byrds, commence à prendre du coffre.

Quoi qu’il en soit, ce deuxième album des Byrds, encore alimenté au Dylan, leur permet de se frotter, sans complexe aucun, au gotha du rock anglais et dont les Beatles sont l’élément dominant. Chez eux, pour l’heure, les Byrds ne craignent pas pour leur abattis, ils portent le costard de cadors.

Avec leur succés, devenu un véritable hymne, le groupe assoit encore plus et définitivement sa réputation. Ce disque, même s’il n’est pas celui que je conseillerais pour aborder les Byrds, n’en est pas moins un indispensable pour se familiariser avec leur histoire, faite de virages artistiques essentiels pour le rock (RAZOR©).

 

1. Turn! Turn! Turn! (To Everything There is a Season).

2. It Won't Be Wrong.

3. Set You Free This Time.

4. Lay Down Your Weary Tune.

5. He Was a Friend of Mine.

6. The World Turns All Around Her.

7. Satisfied Mind.

8. If You're Gone.

9. The Times They Are a-Changin'.

10. Wait and See.

11. Oh! Susannah.

 

Jim McGuinn:lead guitare,guitare acoustique,chant.

Gene Clark:guitare,harmonica,tambourin,chant.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse électrique.

Michael Clarke:batterie.

Terry Melcher:orgue sur 5.

 

LP Studio 3 - 1966

 

Byrds fifth dimension

 

THE BYRDS

FIFTH DIMENSION - 1966  4/5

 

Publié le 18 juillet 1966.

Produit par Allen Stanton.

Durée:29:59.

Label:Columbia Records.

 

Un Byrds des grands jours.

 

5 D, alias Fifth Dimension (album en écoute intégrale ici), sort en 1966 sur Columbia Records, alors que la période hippie bat son plein et que les hallucinogènes tournent à donf, LSD, champignons mexicains en tête. Sous la bannière Turn On, Tune In, Drop Out, certains groupes vont fédérer autour d’eux et de leur musique, un essaim de jeunes en mal d’expériences spirituelles.

En 1966, les Byrds, à l’instar de l’Airplane, vont être les acteurs d’un créneau musical psychédélique sur lequel vont venir se greffer tous les arts. L’acid rock ou rock psychédélique, avec son atmosphère si particulière et au son si caractéristique, tisse sa toile autour de cette jeunesse. Ils comptent même parmi les premiers à avoir abordé le problème de la drogue dans la chanson.

Par le biais de leurs expériences sous LSD et autres, les Byrds vont donner un coup de boost à leur légendaire folk pop-rock qui en a fait l’égal des Beatles. Très expérimentaux sur ce troisième opus du catalogue, ils y greffent des influences jazz et des sonorités indiennes. Cela débouche sur un 5 D quelque peu hésitant, plus complexe et cérébral.

Leur musique alterne l’excellence et le moins bon, mais qui reste bon, si vous voyez ce que je veux dire. Le summum de la démarche psychédélique du moment se situe dans Eight Miles High qui réfère à la dope.  Ainsi, quand McGuinn et sa guitare caméléon revisitent le jazz façon Coltrane et l’univers mystique de Shankar, si ça pue pas le trip à plein nez, ça y ressemble bien.

Outre Eight Miles High, relevons I See You signée Crosby et McGuinn et l’abstraite, superbe et magique ballade What’s Happening d’un excellent David  Crosby enfin compositeur de haut niveau. Wild Mountain Thyme, 5 D, le réussi Mr Spaceman, fusion de country et de rock et le poignant, le macabre I Come And Stand At Every Door méritent une attention particulière. A se mettre également entre les deux oreilles, le Hey Joe d’Hendrix, une reprise folk rock sympa, sortie un an avant celle de Jimmy.

Cet album n’a pas vraiment cartonné, mais il demeure un des plus connus du groupe. Il n’est pas leur meilleur, à mon avis, car manquant de cohérence, souvent trop inégal. A ce titre, la perte de Gene Clark n’y est pas étrangère. Il est complexe aussi, voire étrange à l'image de ce solo de turboréacteur qui apparaît sur 2-4-2 Fox Trot.

Outre sa qualité et son influence, il a une triple valeur historique dans la mesure où les Byrds empruntent ici une direction musicale nouvelle, où son architecte, Gene Clark, qui est crédité ici (chœurs, harmonica et tambourin), ne fait déjà plus partie de cette formation, McGuinn s’en étant séparé, soi-disant, du fait de sa phobie pour l’avion. L’histoire omet de dire que Clark lui faisait beaucoup trop d’ombre et que McGuinn avait un putain d'ego. Enfin, troisième point important, Fifth Dimension ne contient aucune reprise de Dylan, alors que les Byrds s’en étaient faits les spécialistes. A avoir dans sa discothèque idéale (RAZOR©).

 

1. 5D (Fifth Dimension).

2. Wild Mountain Thyme.

3. Mr. Spaceman.

4. I See You.

5. What's Happening?.

6. I Come and Stand at Every Door.

7. Eight Miles High.

8. Hey Joe.

9. Captain Soul.

10.John Riley.

 

Jim McGuinn:lead guitare,chant.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse électrique,chant.

Michael Clarke:batterie.

Gene Clark:tambourin,harmonica,chant.

Van Dyke Parks:orgue.

 

LP Studio 4 - 1967

 

Byrdsyoungeryesterdaycover

 

THE BYRDS

YOUNGER THAN YESTERDAY - 1967  5/5

 

Publié le 6 février 1967.

Produit par Gary Usher.      

Durée:29:11

Label:Columbia records.

 

Better Than Yesterday.

 

Le départ de Gene Clark à l’écriture a permis aux membres restants de prendre leurs responsabilités dans ce domaine. Dans ce quatrième album, Younger Than Yesterday (album en écoute intégrale ici) produit par Gary Usher et datant de 1967, Hillman, jusqu’alors aux abonnés absents, s’y colle aussi (4 morceaux seuls et un avec McGuinn), Crosby en assurant pour sa part  trois (et un avec McGuinn), tandis que le nouveau boss (McGuinn) limite sa contribution à un maigrichon CTA – 102. Dylan fait le reste, on reprend les bonnes vieilles recettes qui marchent : ici, c’est My Back Pages qui est ciblé.

En cette année 1967, fertile en albums mythiques, les Beatles et les Stones carburent fort. Les Byrds peinent à suivre le rythme mais tirent cependant leur épingle du jeu. Leur fidèle public s’y perd un peu, Fifth Dimension, trop expérimental, les ayant détournés de leur légendaire folk rock pour verser dans un registre plus psychédélique.

Le départ de Gene Clark, l’icône de l’écriture, n’est pas fait pour arranger les choses. Dans ce contexte où il faut sortir la tête de l’eau et remettre le nez dans le guidon, McGuinn va prendre les choses en main, battre le rappel de troupes qu’il va impliquer un peu plus qu’à l’accoutumée. Il prend l’option de diversifier l’offre, de soigner les compositions et surtout, au niveau du style de fusionner pop, folk-rock, country-rock et psychédélisme. 

Commercialement l’album ne fera pas d’étincelles. Artistiquement, oui. Il est, en effet, excellent, du haut de ses 29 petites minutes. Alors, c’est quoi exactement ces merveilles en question ? D’abord le probant et ironique titre d’ouverture So You Want To Be A Rock’n’Roll Star (et ses trompettes de mariachis), le sublime Have You Seen Her Face d’un Hillman qui, dès qu’on le pousse au cul, est capable de pondre un grand morceau !, l’enivrant Why (Crosby et McGuinn), l’étrange et captivant Mind Gardens du Byrds moustachu, le merveilleux Everybody’s Been Burned, le subtile Renaissance Fair, un titre très flower power, Thoughts And Words, très Beatles et la version revisitée de My Back Pages de Dylan.

Pour le reste, des titres comme Time Between et The Girl With No Name de Chris Hillman, avec un Clarence White à la guitare, annoncent le Byrds à venir, plus country-rock (Sweetheart Of The Rodeo). Je ne lui aurais pas accordé un tel crédit à sa sortie mais l’album a si bien vieilli qu’il en est devenu une pièce maîtresse de leur discographie et de ma discothèque. Pour moi, on tient là le meilleur Byrds avec The Notorious Byrd Brothers de 1968. Donc, ça vaut pareil. Cinq Sterne qui, comme vous l’avez deviné, signifie étoiles en teuton (RAZOR©).

 

1. So You Want to Be a Rock 'n' Roll Star.

2. Have You Seen Her Face.

3. C.T.A.-102.

4. Renaissance Fair.

5. Time Between.

6. Everybody's Been Burned.

7. Thoughts and Words.

8. Mind Gardens.

9. My Back Pages.

10. The Girl with No Name.

11. Why.

 

Michael Clarke:batterie.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse,chant.

Roger McGuinn:guitare,chant.

Vern Gosdin:guitare acoustique.

Hugh Masekela:trompette.

Clarence White:guitare.

 

LP Studio 5 - 1968

 

Byrdsnotoriousbyrdsbrother

 

THE BYRDS

THE NOTORIOUS BYRD BROTHERS – 1968  5/5

 

Publié le 3 janvier 1968.

Produit par Gary Usher.

Durée:28:28.

Label:Columbia Records.

 

Tome 2 de la trilogie magique.

 

Les Byrds n'ont jamais fait dans la simplicité. Leur histoire est jalonnée de cohabitations difficiles, d'égos surdimensionnés, de rivalités nuisibles au collectif, de ruptures. Il faut dire qu'on a affaire à des sacrés lascars. Les  Roger Mc Guinn, David Crosby, Chris Hillman, Gene Clark, Michael Clarke ont tous du talent à revendre, chacun joue des coudes, quand il ne force pas le passage, pour s’imposer.

Au moment de la sortie de leur numéro 5, The Notorious Byrd Brothers (écoute intégrale ici), ils ne sont d’ailleurs plus que 4, leur leader, Gene Clark ayant jeté l'éponge avant l'excellent Younger Than Yesterday.

Pour ce nouveau disque, c'est au tour de David Crosby de se faire lourder. Membre fondateur des Byrds, auquel il apporte un registre vocal qui fait la force du groupe, Crosby lâche l’affaire suite à des brouilles avec McGuinn, compositeur principal depuis le départ de Gene Clark, auquel il reproche que ses compositions ne sont pas assez mises en avant, que les reprises priment sur elles et que patati patata. Faut dire que, quand on voit qu’un titre aussi merveilleux que Triad, finit dans l’escarcelle de Jefferson Airplane parce que le boss des Byrds n’en a pas voulu tout de suite, il y a de quoi renverser la table. Il n’a pas forcément tort le Dav’.

Est-ce pour lui faire payer son comportement souvent irascible ces derniers temps et son départ en plein milieu des sessions d’enregistrement, que les trois autres Byrds osent une pochette cynique qui fait apparaître, depuis les trois box d’une écurie, Hillman, McGuinn et Clarke, le quatrième box étant occupé par un cheval… De là à considérer Crosby comme un bourrin, il n’y a qu’un sabot… Crosby l’a longtemps eu mauvaise !

Les Byrds, une fois l’album enregistré, se retrouveront même à deux (par rapport aux 5 de départ) puisque Michael Clarke mettra également les voiles. Toujours est-il que cet album de 28 minutes, sorti au tout début de janvier 1968, cohérent, ambitieux, expérimental (sur le psychédélisme)  est une tuerie. Mélange d’un folk-rock baignant dans des vapeurs psyché, mêlé de country, d’électro et de jazz, je le kiffe grave pour contenir certains titres les plus doux et les plus éthérés du groupe.

The Notorious Byrd Brothers débute par un étrange mais énergique et entraînant Artificial Energy (sur les problèmes avec les amphés). Goin’ Back est très poignant et empli de nostalgie, cette composition est signée et Goffin. Ce duo signe également le très court morceau Wasn’t Born To Follow, repris en face A du vinyle et que l’on retrouvera en 1969 sur la musique du film Easy Rider. Draft Morning est époustouflant, Get To You, enluminé. Splendides aussi Old John Robertson ou ces deux pièces que sont Change Is Now et Space Odyssey.

Dans l’histoire, David Crosby le viré n’apparaît même pas sur les titres de sa composition partielle comme Draft Morning, Tribal Gathering et Dolphin’s Smile. On atteint des sommets ici. Avec son prédécesseur Younger Than Yesterday et son suivant Sweetheart Of The Rodeo, on tient là la trilogie incontournable des angelins. (RAZOR©).

 

1. Artificial Energy.

2. Goin' Back.

3. Natural Harmony.

4. Draft Harmony.

5. Wasn't Born To Follow.

6. Get To You.

7. Change Is Now.

8. Old John Robertson.

9. Tribal Gathering.

 

Michael Clarke:batterie sur 1/4/8/9.

David Crosby:guitare,basse,chant sur 4/7/8/9.

Chris Hillman:basse,guitare rythmique,chant.

Roger McGuinn:guitare, Moog,chant.

Clarence White:guitare.

James Burton:guitare.

Red Rhodes:pedal steel guitare.

Paul Beaver:piano,Moog.

Terry Trotter:piano.

Gary Usher:Moog,percussions,chœurs.

Barry Goldberg:orgue.

Dennis McCarthy:célesta.

Jim Gordon:batterie sur 2/3/5.

Hal Blaine:batterie sur 6/7.

Lester Harris,Raymond Kelley,Paul Bergstrom,Jacqueline Lustgarten:violoncelle.

Victor Sazer,Carl West,William Armstrong:violon.

Alfred McKibbon:contrebasse.

Ann Stockton:harpe.

Richard Hyde:trombone.

Jay Migliori:saxophone.

Roy Caron,Virgil Fums,Gary Weber:cuivres.

Dennis Faust:percussions.

Curt Boettcher:chœurs.

The Firesign Theatre:effets sonores.

Gene Clark:chœurs sur 2/11.

 

LP Studio 6 - 1968

 

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THE BYRDS

SWEETHEART OF THE RODEO – 1968  5/5

 

Publié le 29 juillet 1968.

Produit par Gary Usher.

Durée:32:26.

Label:Columbia Records.

 

Album séminal.

 

On ne peut pas dire que Sweetheart Of The Rodeo (1968) ait été un grand succès au niveau des ventes. Sur le plan critique, c’est autre chose ; les experts ont adoré. Crosby et Clarke, le batteur, ont décroché dernièrement. Seuls McGuinn l’inamovible et Hillman, le fidèle lieutenant subsistent du Byrds initial.

Alors que l’acid rock crame ses dernières cartouches et que la country music n’est alors pas en odeur de sainteté du côté des rockeux, qui constituent globalement la majorité du public, les Byrds prennent le contrepied de tout le monde pour sortir un album qui mêle le rock à des influences populaires, de la country et du bluegrass, du jazz et de l’électronique. Osé !

Pour ce faire, McGuinn recrute un cousin de Hillman, Kevin Kelley, batteur de son état et Gram Parsons, branché country comme pianiste. Il passe rapidement du clavier à la gratte.

Ce sixième disque est enregistré à Nashville. Il ne génère pas un seul hit et pointe à une peu glorieuse 77 position des charts. Rare pour un produit estampillé Byrds. Il faut admettre que, spontanément, on a du mal à aimer si l’on n’est pas country. Et c’est l’état d’esprit des fans de l’époque, au moment de sa sortie. Depuis, ils ont dû revoir leur copie.

Avec de l’écoute et du recul, cet album s’apprécie aussi n’est-il pas surprenant que Sweetheart Of The Rodeo soit considéré aujourd’hui comme un album charnière essentiel de l’histoire du rock.

Gram Parsons n’est pas étranger à cette métamorphose. Près de 50 ans plus tard, et quand on connaît l’histoire mouvementée des Byrds, on ne peut que constater que Roger McGuinn et sa troupe ont relevé un sacré défi, pas évident du tout au départ. Dans ce contexte toutefois, on ne dira jamais assez l’apport et l’investissement de Gram Parsons dont Sweetheart Of The Rodeo aurait pu être un album personnel. Très bon disque qui en a certainement influencé plus d’un (RAZOR©).

 

1. You Ain't Going Nowhere.

2. I Am a Pilgrim.

3. The Christian Life.

4. You Don't Miss Your Water.

5. You're Still on My Mind.

6. Pretty Boy Floyd.

7. Hickory Wind.

8. One Hundred Years from Now.

9. Blue Canadian Rockies.

10. Life in Prison.

11. Nothing Was Delivered.

 

Clarence White:guitare,chant.

John Hartford:banjo,guitare.

Chris Hillman:basse,mandoline,chant.

Gram Parsons:guitare,chant.

Lloyd Green:guitare steel.

Earl Ball:piano.

Jon Corneal:batterie.

Roy M. Junior Husky:basse.

Kevin Kelley:batterie.

Jay Dee Maness:guitare steel.

Roger McGuinn:banjo,guitare,chant.

 

LP Studio 12 - 1973

 

Byrds1973

 

THE BYRDS

BYRDS – 1973  3/5

 

Publié le 7 mars 1973.

Publié par David Crosby.

Durée:34:54.

Label :Asylum Records.

 

Le Byrds et l’argent du Byrds.

 

Ce douzième album, paru en 1973 chez Asylum Records, est un peu particulier. Les Byrds viennent de déposer les armes. Crosby-la-balance, qui se sent pousser des ailes, murmure à l’oreille de McGuinn de se séparer du dernier line-up, considérant que les vrais Byrds, c’étaient les membres fondateurs. Il lui parle du projet qu’il a en tête. C’en est donc définitivement fini du dernier line-up, McGuinn le congédiant car ne le trouvant plus à la hauteur.

Le père McGuinn et Crosby, le combinard ont la lumineuse idée de réunir le gratin fondateur : Gene Clark, Michael Clarke et Chris Hillman. Dans les faits, McGuinn lâche les Byrds pour refonder les Byrds avec les anciens. Faut le faire ! Et beaucoup vont n’y rien comprendre dans cette manœuvre destinée à faire du fric et à refaire de la notoriété. D’où ce projet pour appâter le public.

Ne nous fourrons pas le doigt dans l’œil jusqu’au trou de balle, le LP Byrds n’a aucune cohérence et ne répond à aucune logique artistique. Pour les retrouvailles, macache, peau de balle et balai de chiottes. Elles ne déboucheront pas sur aucune reformation du groupe comme annoncé à grands cris. On en restera donc là, la réunion n’aura pas de lendemain.

Crosby est en stand-by dans Crosby Stills Nash & Young, a un peu de temps disponible alors il joue les aaprentis-producteurs d’un projet plombé avant d’exister. Hillman est encore partie prenante dans un Manassas en phase terminale et rêve du super groupe, le Souther/Hillman/Furay Band, qu’on lui fait miroiter du côté de chez Asylum justement.

Seuls Clarke, en rupture de Flying Burrito Brothers et Clark, que sa carrière solo ne nourrissait pas malgré une discographie remarquable, étaient libres. Remarquez bien que l’entourloupe aurait berné le premier pékin. En effet, l’album en question n’est pas publié sous Byrds, mais décline les noms des acteurs.

Moralité, il est plus une collection de compositions personnelles mises au service d’un projet collectif à l’esprit essentiellement mercantile. Donc  destiné à ramener de l’argent ou à la maison de production ou aux membres. En l’occurrence, on optera pour la deuxième solution.

La réussite de Crosby Stills Nash & Young a été la base de cette réflexion purement commerciale. Crosby a tout pigé et influence la galerie pour faire des Byrds éparpillés, les nouveaux CSNY. Gonflé le phoque !

Toujours est-il qu’il y a un disque et que celui-ci propose 11 titres qui se ventilent de la manière suivante. McGuinn, orphelin de sa Rickenbacker 12 cordes,  apporte deux titres neutres, Born To Rock N Roll (enregistré avec la dernière mouture en 1972), et Sweet Mary, un inédit ; Hillman fait don de deux titres pas vilains (Things Will Be Better, Borrowing Time),  Crosby de deux morceaux comme le cynique Long Live The King qui traite des pratiques tordues de l’industrie du disque, pratiques qu’il met lui-même en application avec ses potes. Le deuxième apport est Laughing repris d’If I Could Only Remember My Name de 1971. Quant à Gene Clark, sa dot se résume à deux chansons, à savoir Full Circle qui met en évidence la science de la mandoline d’Hillman et Changing Heart. Deux titres sont repris du catalogue de Neil Young (Cowgirl In The Sand et About To Rain) sur proposition de Clark et un, de celui de Joni Mitchell (For Free). Pas de Dylan, en revanche, que les Byrds intégraient quasiment sur tous leurs albums.

Pour être objectif, seuls les titres de Gene Clark sont des apports de qualité. Le reste est bon, mais sans grande surprise, sans aspect réellement novateur. Bon son acoustique et relaxant. On sent la maturité des musiciens, la maîtrise des instruments, mais de là à rappeler la vieille garde pour sortir ce Byrds, sans en avoir le son, ni les compositions…

Ce disque n’ajoute rien au prestige du groupe, ni ne ternit son image. Ils se sont revu, ont rebossé ensemble comme au bon vieux temps, tout le monde est content et passe à la caisse mais aucun ne s’est vraiment investi dans le projet ni n’a vraiment joué le jeu, préférant réserver ses plus belles chansons pour des albums personnels, comme l’ont avoué plus tard,  McGuinn et Hillman.

Tout le monde est content, surtout Crosby, dont c’est l’album puisqu’il le produit. Le moustachu au nez creux (un grenier à coke à cette époque) a, commercialement parlant, bien réussi son affaire, puisque Byrds a fait Top 20. Du jamais vu, même au temps béni de ce groupe. Artistiquement, c’est  un échec. Petit coquin, va (RAZOR©).

 

1. Full Circle.

2. Sweet Mary.

3. Changing Heart.

4. For Free.

5. Born to Rock 'n' Roll.

6. Things Will Be Better.

7. Cowgirl in the Sand.

8. Long Live the King.

9. Borrowing Time.

10. Laughing.

11. (See the Sky) About to Rain.

 

Gene Clark:guitare,harmonica,tambourin,chant.

Michael Clarke:batterie,percussions.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse,mandoline,guitare, chant.

Roger McGuinn:guitare,banjo,Moog,chant.

DISCOGRAPHIE FLYING BURRITO BROTHERS 60'S/70'S

LP Studio 1 - 1969

 

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THE FLYING BURRITO BROTHERS

THE GILDED PALACE OF SIN – 1969  5/5

 

Publié en février 1969.

Produit par Henry Lewy,Larry Marks, The Flying Burrito Brothers.

Durée:37:24.

Label:A&M Records.

Genre:country-rock.

 

Une référence country.

 

Gram Parsons et Chris Hillman quittent les Byrds pour former le Flying Burrito Brothers. Parsons prend le chant, les claviers et la guitare. Hillman chante aussi et tient la guitare rythmique et mandoline. Au côté des deux créateurs de cette unité essentielle du rock, Sneaky Pete Kleinow à la pédale steel guitare, Chris Ethridge à la basse électrique et au piano.

L’implication dans cette nouvelle entreprise se fait juste après que les deux ex-Byrds aient contribué à la référence country du groupe alors leader américain, l’énorme Sweetheart Of The Rodeo (1968).

Parsons et Hillman sont des dingues de country moderne et signent ce magnifique album produit par le magicien des pupitres, Henry Lewy : The Gilded Palace Of Sin (en écoute intégrale ici), publié à la sortie de l’hiver 68/69.

Ecrit principalement par les deux compères du Burrito Manor, une maison située dans la vallée de San Fernando, le résultat est merveilleux avec des mélodies surprenantes, accrocheuses, sans contestation aucune, les meilleures du duo Parsons/Hillman.

Parsons, notamment, n’avait pas son pareil pour pondre des gâteries country. Sa carrière individuelle en fourmille. Il nous en fournit l’heureux constat ici avec Hot Burrito 1 et 2, Sin City. Comme tous les très bons groupes de cette époque (et leur grands albums), Flying Burrito Brothers  ne rencontre pas le succès commercial  mérité, à sa sortie. Je dis mérité, parce que pour ce qui est espéré, il n’en était pas question au regard du peu d’adeptes que le country-rock fédère alors dans son élan. L’honneur est sauf depuis, et de nombreux groupes ont puisé leur inspiration dans ce genre.

Le LP suscite malgré tout les vocations : Emmylou Harris, Linda Ronstadt, les Eagles). La profession ne se trompe pas, la critique non plus qui plébiscite cette musique. Le public attendra encore un peu.

Cet album m’a surpris par sa délicatesse, sa douceur, son côté mélodieux. Parsons, au chant, n’a jamais été aussi convaincant, les harmonies vocales jamais été aussi efficaces en soutien et la steel guitare du dénommé Sneaky Pete Kleinow est une pure merveille. Elle est le cordon ombilical entre la country et le rock psychédélique.

Ce disque est leur référence artistique ; des Gilded Palace Of Sin, il n’y en aura plus dans la carrière du groupe, comme vous pouvez les compter sur les doigts d’une seule main dans le catalogue de tout le country-rock réuni. Si je ne l’ai pas écouté mille fois, je ne l’ai pas écouté une fois. Je l’ai toujours aujourd’hui à portée de main, c’est dire. Laissez-vous tenter, le jeu en vaut la chandelle (RAZOR©).

 

1. Christine's Tune.

2. Sin City.

3. Do Right Woman.

4. Dark End Of The Street.

5. My Uncle.

6. Wheels.

7. Juanita.

8. Hot Burrito #1.

9. Hot Burrito #2.

10. Do You Know How It Feels.

11. Hippie Boy.

 

Gram Parsons:chant,guitare rythmique,piano,orgue.

Chris Hillman:chant,harmonies vocales,mandoline,guitare rythmique

"Sneaky" Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Chris Ethridge:basse,piano.

Jon Corneal:batterie sur 1/3/4/5/7.

Popeye Phillips:batterie sur 8/9/11.

Eddie Hoh:batterie sur 2/10.

Sam Goldstein:batterie sur 6.

David Crosby:choeurs sur 3.

 

LP Studio 2 - 1970

 

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THE FLYING BURRITO BROTHERS

BURRITO DELUXE – 1970  4/5

 

Publié en avril 1970.

Produit par Jim Dickson,Henry Lewy.

Durée:33:08.

Label:A&M Records.

Genre:country-rock.

 

Plus rock que country.

 

Frustré par l’insuccès du pourtant génial Gilded Palace Of Sin (1969), Chris Ethridge, bassiste, met les pouces. Il ne faut plus compter sur lui, du moins pour l’instant. A la basse, c’est un autre Chris qui s’y colle : Chris Hillman. Le monsieur a un beau pédigrée (ex-Byrds), aucune inquiétude à avoir. Bernie Leadon arrive en renfort à la guitare. L’homme n’est pas un manchot, il rejoindra les Eagles par la suite.

Les Byrds ayant déjà alimenté le Flying Burrito Brothers (Parsons et Hillman) avec succès, c’est de ce côté que Michael Clarke, nouveau batteur, est recruté. The Gilded Palace Of Sin a consommé quatre batteurs, souvenons-nous. Avoir son batteur maison n’est donc pas un luxe. Sneaky Pete Kleinow (pedal steel guitare), Gram Parsons, jusqu’alors point focal du groupe, complètent le line-up qui attaque l’enregistrement de ce Burrito Deluxe de 1970, leur deuxième LP.

Avec un tel parterre de cadors, la voie est royale pour le Flying Burrito Brothers. Et là, légère déception. Serait-ce le fait de manger des grives, qui fait du mal à avoir à se contenter de merles ? Placé dans la foulée d’un disque extraordinaire, référence absolue de leur discographie, et qui a défini le genre country-rock (The Gilded Palace Of Sin), tout le monde attend beaucoup, trop peut-être, de cet album. Il n’est pas moins bon, il est simplement différent, en ce sens qu’il est plus rock que country. Il s’est souvent fait taillé à tort.

Cet album a son quota de bonnes chansons. Mais Parsons, habituellement sur le devant de la scène, et songwriter en chef, semble se désintéresser de ce Burrito Deluxe, s’en foutre comme de l’an quarante et a la tête ailleurs. Drogue ou projets perso ? Il mettra les voiles, juste après.

Cela se ressent dans une écriture devenue moins séduisante, Parsons étant particulièrement effacé. Toujours est-il que cet album mérite mieux que ce qui a pu en être dit et rien ne justifie pour autant de le dévaloriser à ce point.

En dépit d’être installé dans l’ombre de son illustre aîné, Burrito Deluxe demeure encore très probant, au moins autant, sinon plus que de nombreux albums de country rock que j’ai pu entendre depuis. Mes préférences vont à la reprise de Dylan, If You Gotta Go, Go Now, High Fashion Queen, formidable country rock, le décontracté Farther Along, God’s Own Singer, Lazy Days, le classique Cody Cody, Older Guys, Image Of Me, Man In The Fog et cette merveilleuse reprise des Stones, Wild Horses, un an avant que la bande à Jagger/Richards ne le couche sur Sticky Fingers.

Moralité de l’affaire : si cet album n’est pas la pièce maîtresse de l’œuvre des Flying, il n’en demeure pas moins un très bon album et certainement pas ce qu’ont pu en dire certains détracteurs. Redécouvrez ce qu’était leur sémillant country-rock d’autant que derrière cet album, et là je suis entièrement d’accord avec la majorité des fans, les bons moments sont rares. Du bon temps, il y en a encore à passer ici, même si Burrito Deluxe  sonne plus rock que country (RAZOR©).

 

1. Lazy Days.

2. Image of Me.

3. High Fashion Queen.

4. If You Gotta Go, Go Now.

5. Man in the Fog.

6. Farther Along.

7. Older Guys.

8. Cody, Cody.

9. God's Own Singer.

10. Down in the Churchyard.

11. Wild Horses.

 

Gram Parsons:chant,guitare rythmique,claviers.

Chris Hillman:chant,basse,mandoline.

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Bernie Leadon:chant,guitare,dobro.

Michael Clarke:batterie.

 

LP Studio 3 - 1971

 

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THE FLYING BURRITO BROTHERS

THE FLYING BURRITO BROS – 1971  3,5/5

 

Publié en juin 1971.

Produit par Jim Dickson,Bob Hughes.

Durée:36:15.

Label:A&M Records.

Genre:country-rock.

 

A un Gram près.

 

L’âme des Flying Burrito Brothers, Gram Parsons, s’en va, dans le prolongement d’un Burrito Deluxe laissant le public sur sa faim, ce dernier lui reprochant vraisemblablement le côté trop rock de ce disque après le country-rock de rêve pratiqué sur The Gilded Palace Of Sin. Néanmoins, Burrito Deluxe reste un bon album.

Gram se sépare du groupe qu’il a monté de toutes pièces avec Hillman. Le binôme de Parsons prend de suite conscience de la lourde perte que les Flying restants vont devoir digérer. Un bleu-bite du nom de Rick Roberts, inconnu au bataillon, est sollicité pour reprendre, poste pour poste, le rôle dévolu à Parsons. Gonflée la manœuvre car on ne remplace pas un zigoto de la trempe de Parsons en claquant des doigts. C’est qu’il a du casier, le Gram.

Rick Roberts ne se dégonfle pas, fait valoir des qualités de chanteur soft rock et surtout, de compositeur. C’est qu’il va falloir s’y coller à l’écriture et avoir le même talent que le Gram, ou au moins s’en approcher, sous peine de voir le Flying Burrito Brothers s’enliser et rapidement rejoindre la longue liste des groupes éphémères.

Cet album de 1971 est le juge de paix d’un Roberts motivé que l’on retrouve derrière 7 des 10 titres (dont 4 en co-signature avec Hillman) de The Flying Burrito Bros, troisième LP studio, par ailleurs complété par des reprises de Merle Haggard, de Gene Clark et de Bob Dylan.

Dans cette galère où il ne faut pas se louper, le puceau s’en sort plutôt bien et, s’il n’arrive pas à faire oublier le maître, il livre une copie plus qu’honorable, faisant de cet album faussement éponyme, un travail pas très éloigné, en qualité, du niveau de Burrito Deluxe.

Plus que les mots, l’écoute vous renverra  les bons sentiments que j’ai à son endroit : le plaintif Colorado (qui fait penser à White Shade Of Pale), le Gene Clark de service, Tried So Hard, le co-écrit Roberts/Hillman All Alone, Four Days Of Rain, Hand To Mouth, Why Are You Crying et son banjo délicieux. Roberts en arrive à supplanter Gram Parsons…en personne ?  Pas vraiment impressionné par l’ampleur de la tâche, le petit a montré qu’il avait des burnes et a plutôt bien réussi son examen de passage.

Hélas, ça ne paie toujours pas commercialement et ça sent le roussi pour les Flying Burrito Brothers de cette période de vaches maigres. Bernie Lindon, Sneaky Pete Kleinow, lassés de tant de galères, préfèrent se tourner vers des horizons plus lucratifs. Mais de cela, il en sera question dans le prochain épisode des aventures de Flying Burrito Brothers (RAZOR©).

 

1. White Line Fever.

2. Colorado.

3. Hand to Mouth.

4. Tried So Hard.

5. Just Can't Be.

6. To Ramona.

7. Four Days of Rain.

8. Can't You Hear Me Calling.

9. All Alone.

10. Why Are You Crying.

 

Rick Roberts:chant,guitare rythmique.

Chris Hillman:chant,basse.

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Bernie Leadon:chant,guitare,banjo.

Michael Clarke:batterie.

Earl P. Ball:piano.

Bob Gibson,Mike Deasy:guitare.

 

LP Live 1 - 1972

 

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THE FLYING BURRITO BROTHERS

LAST OF THE RED HOT BURRITOS – 1972  4,5/5

 

Publié en mai 1972.

Produit par Jim Dickson.

Durée:3 :45.

Label:A&M Records.

Genre:country-rock.

 

Comme dit dans le titre: c’est le dernier.

 

Des membres d’origine, seul Chris Hillman est sur ce disque de 1972. Gram Parsons ? Parti après Burrito Deluxe. Sneaky Pete Kleinow ? Parti après l’album éponyme de 1971 pour officier comme musicien de session. Bernie Leadon ? Envolé pour les Eagles.

Entre temps, le groupe a embauché en lieu et place des deux démissionnaires, Al Perkins (pedal steel guitare) et Roger Bush à la basse et ajoute un guitariste en la personne de Kenny Wertz ainsi qu’un violoniste, Byron Berline, habitué à tourner sur tous les projets de ses potes de la west coast.

Avec Hillman, Roberts et Clarke, ils constituent le line-up qui figure sur ce Last Of The Red Hot Burritos de 1972. A peine sorti (ou pas encore achevé), Hillman s’investit aussitôt dans Manassas (avec Perkins), Berline, Bush et Wertz s’en vont aussi. Il appartient au seul Roberts de pérenniser l’affaire Flying Burrito Brothers. Il préfèrera dissoudre le groupe l’année suivante.

A & M, la maison de disques ne lui ayant pas fait confiance pour réaliser un nouvel album studio, c’est ce live qui sortira pour permettre au contrat initial d’être respecté.

Last Of The Red Hot Burritos contient des titres de l’époque Parsons comme Christine’s Tune, My Uncle, Hot Burrito #2, High Fashion Queen, des country basiques, comme Six Days On The Road, Orange Blossom Special, des merveilles comme Ain’t That A Lot Of Love et du bluegrass, style de predilection de Chris Hillman (Dixie Breakdown, Don’t Let Your Deal Go Down).

Musicalement, ce live est très bon. Le line-up est top niveau, jouant remarquablement et avec émotion leur adieu à la scène sous l’étiquette Flying Burrito. Il est un de mes préférés du catalogue (RAZOR©).

 

1. Christine's Tune (A.K.A. Devil in Disguise)

2. Six Days on the Road.

3. My Uncle.

4. Dixie Breakdown.

5. Don't Let Your Deal Go Down.

6. Orange Blossom Special.

7. Ain't That a Lot of Love.

8. High Fashion Queen.

9. Don't Fight It.

10. Hot Burrito #2.

11. Losing Game.

 

Chris Hillman:chant,basse,mandoline.

Rick Roberts:chant,guitare rythmique.

Al Perkins:pedal steel guitarr,lead guitare.

Kenny Wertz:chant,guitare,banjo.

Michael Clarke:batterie.

Byron Berline:violon.

Roger Bush:basse acoustique,guitare acoustique (overdubbed/6).

Earl P. Ball or Spooner Oldham:piano (overdubbed sur 8/11).

DISCOGRAPHIE MANASSAS 70'S.

LP Studio 1- 1972

 

Manassas1

 

STEPHEN STILLS/MANASSAS

MANASSAS - 1972  5/5

 

Publié le 12 avril 1972.

Produit par Stephen Stills, Chris Hillman et Dallas Taylor.

Durée:70:07.

Label:Atlantic Records.

 

Incontournable.

 

Stephen Stills, en rupture de Crosby Stills Nash & Young (1970) et se la jouant solo avec plus ou moins de bonheur depuis, crée Manassas, en 1972, avec Chris Hillman (Byrds) lui même dans une impasse avec le Flying Burrito Brothers et qui en profite pour débarquer Al Perkins ainsi que ceux qui étaient alors ses musiciens de studio occasionnels, à savoir Dallas Taylor, Calvin Fuzzy Samuels ,Joe Lala et Paul Harris.

Malgré son désir de réagir sur le plan artistique en se détachant d’un registre individuel exacerbant  son nombrilisme et guère payant au regard de son décevant deuxième LP (Stephen Stills 2/1971), l’expérience collective  tourne court (2 albums).

Manassas est le nom d’une ville du nord de la Virginie, théâtre des batailles de Bull Run, pendant la guerre de sécession (la photo de la pochette est prise à Manassas Junction, la gare de cette ville). Manassas (1972), double album de 21 titres, est un disque ambitieux, réussi, fondamental pour la carrière du texan et pour le rock, incontournable dans une discothèque qui se respecte (En écoute ici). Il amène à regretter que le groupe Manassas n’ait été qu’un coup d’épée dans l’eau après tous les espoirs qu’il a sucités. En 1973, l’affaire était déjà pliée, Stephen Stills renouant alors avec ses confrères Crosby, Nash et Young pour la fabuleuse tournée des retrouvailles 1974.

Le disque est organisé en quatre sections, The Raven, The Wilderness, Consider et Rock & Roll, sans qui l’on puisse évoquer à son endroit d’un album-concept puisqu’aucune histoire ne lie ces différents tiroirs. Manassas s’articule autour de la musique américaine dans la variété de ses genres musicaux, revisitant tour à tour la musique rock, latine, country, bluegrass, folk et blues.

Le résultat est impressionnant avec des chansons telles que Song Of Love sur laquelle la voix brillante de Stills donne le ton portée par des guitares d’une belle sensualité. Colorado, plus rock bénéficie de chœurs célestes. A relever aussi  le fonceur Right Now, le fantastique What To Do,T he Love Gangster dont la basse est tenue par Bill Wyman, grand fan du groupe. J’ai un faible également pour un très agréable Rock And Roll Crazies, mélange de rock, de notes cubaines, de bluegrass ainsi que le titre de clôture Blues Man, au cours duquel Stephen Stills confirme, quatre minutes durant et seul avec sa gratte, qu’il est un très grand guitariste, un songwriter émérite et interprète avisé.

L’expérience Manassas aura été une des plus convaincantes que le rock ait connues. Stephen Stills est alors au faîte de son talent et s’avère un meneur de groupe prodigieux, aidé en cela par un autre grand monsieur, Chris Hillman.

L’album, trop méconnu à mon sens, est son sixième de suite placé dans les meilleures ventes, il se classera à la quatrième place du Bilboard. La critique a encensé cet album. On tient certainement là le meilleur album se Stephen. Pour l’anecdote, certains membres de Manassas (Stills, Passarelli et Lala) ont contribué à l’album de Véronique Sanson Le Maudit (1974), alors son épouse. Mais de cela, on s’en fout royalement. L’essentiel est ailleurs. Dans cet album que je vous recommande entre tous (RAZOR©).

 

The Raven.

1. Song of Love.

2. Medley (Rock & Roll Crazies/Cuban Bluegrass).

3. Jet Set (Sigh).

4. Anyway.

5. Both of Us (Bound to Lose).

 

The Wilderness.

6. Fallen Eagle.

7. Jesus Gave Love Away for Free.

8. Colorado.

9. So Begins the Task.

10. Hide It So Deep.

11. Don't Look at My Shadow.

 

Consider.

12. It Doesn't Matter.

13. Johnny's Garden.

14. Bound to Fall.

15. How Far.

16. Move Around.

17. The Love Gangster.

 

Rock & Roll is Here to Stay.

18. What to Do.

19. Right Now.

20. The Treasure (Take One).

21. Blues Man.

 

Stephen Stills:chant,guitare,bottleneck guitare,piano,orgue,piano électrique,clavinet.

Chris Hillman:chant,guitare,mandoline.

Al Perkins:pedal steel guitare,guitare,chant.

Calvin "Fuzzy" Samuel:basse.

Paul Harris:orgue,piano,clavinet.

Dallas Taylor:batterie.

Joe Lala:percussions,chant.

Sydney George:harmonica.

Jerry Aiello:piano,orgue,clavinet.

Bill Wyman:basse.

Roger Bush:guitare acoustique.

Byron Berline:violon.

 

LP Studio 2 - 1973

 

Manassas 2

 

MANASSAS & STEPHEN STILLS

DOWN THE ROAD – 1973  4,5/5

 

Publié le 23 avril 1973.

Produit par Stephen Stills, Chris Hillman et Dallas Taylor.

Durée:30:50.

Label:Atlantic Records.

 

Un p’tit dernier pour la route.

 

Down The Road de 1973 (en écoute intégrale ici), marque la cessation d’activité de ce que l’on considère aujourd’hui et avec le recul comme ayant été l’un des plus grands groupes de rock des années 70, voire de tous les temps : Manassas, œuvre de Stills.

Ce deuxième album suit  leur monstrueux éponyme de 1972, reconnu comme étant un incontournable des discothèques ou cédéthèques rock. Il leur était difficile de faire mieux, d’où l’impression que la musique est fade, qu’il est médiocre et en retrait par rapport à son devancier.

Impression seulement, car Down The Road reste très bon, même s’il se situe en dessous de son prédécesseur qui a placé la barre très haut. On s’en satisfera d’autant que Manassas va disparaître dans la foulée et que c’est une vraie perte pour la musique.

Riche mélange de rock tranchant et dur avec Isn’t It About Time, rock aussi avec Down The Road, Lies (Chris Hillman) et Do You Remember The Americans (Stills), Rollin’ My Stone, additionné de rythmes latino comme Pensiamento, Guaguanco de Vero, Down The Road est bien mieux que ce que l’on veut en dire.

Alors, le mieux à faire, c’est de prendre un peu de recul dans son jugement et de commencer par s’en mettre plein les esgourdes. Ca ne fera pas de mal ! Parce qu’un groupe de cette trempe, avec Dallas Taylor (batterie), Chris Hillman (guitare), Joe Lala (percussions), Al Perkins (pedal steel), Samuels Fuzzy (basse), emmené par un Stephen Stills qui a encore des choses à dire, même si son travail d’écriture est réduit considérablement par rapport à l’album précédent, c’est la dernière fois qu’on voit ça. C’est cela le plus dommageable dans l’histoire (RAZOR©).

 

1. Isn't It About Time.

2. Lies.

3. Pensamiento.

4. So Many Times.

5. Business on the Street.

6. Do You Remember The Americans.

7. Down The Road.

8. City Junkies.

9. Guaguancó de Veró.

10. Rollin' My Stone.

 

Stephen Stills:guitare,piano,basse,chant.

Dallas Taylor:batterie.

Chris Hillman:guitare,basse,mandoline,chant.

Joe Lala:percussions,chant.

Al Perkins:guitare,pedal steel guitare,banjo.

Calvin "Fuzzy" Samuel:basse,chant.

Paul Harris:piano.

Joe Walsh:slide guitare.

Bobby Whitlock:claviers.

Sydney George:flûte

Jerry Aiello:orgue.

Charlie Grimes:guitare.

Guille Garcia:percussions.

Lachy Espino:percussions.

Pat Arnold:choeurs.

 

LP Compil Sessions de studio - 2009

 

Manassaspieces

 

MANASSAS

PIECES – 2009  4/5

 

Enregistré en 1973.

Publié en 2009.

Produit par Howard Albert,Ron Albert et Stephen Stills.

Durée:43:00.

Label:Rhino Records.

 

Belle rétrospective.

 

Groupe mésestimé s’il en est et n’ayant jamais connu les joies du retour sur investissement, Manassas n’a fait que passer dans le rock des années 70, ne parvenant à rallier à ses basques qu’une maigre cohorte de fidèles fans.

Les décennies suivantes n’ont rien changé à la donne : Manassas, le Manassas des légendaires Stephen Stills, pour lequel l’engagement fut surtout une remise en question musicale et Chris Hillman, ça dit bien quelque chose à certains, mais sans plus. Et pourtant, la carrière de ce groupe ricain qui aura duré un an et demi et accouché de deux albums explosifs, est une des plus belles pages du rock de c’temps d’alors.

Ceux qui s’en souviennent, peuvent attester de l’énergie que dégageait alors cette formation dont on eut aimé qu’elle pousse l’expérience plus loin, voire que les têtes pensantes Stills et Hillman ne se concentrent uniquement, à ce stade de leur parcours professionnel, qu’à ce projet tonique et inspiré.

D’autant plus qu’avec, sur le porte-bagage, Joe Lala (percus), la section rythmique de Crosby Stills Nash & Young (Dallas Taylor et Calvin « Fuzzy » Samuels), Paul Harris et Al Perkins, le projet avait de la gueule et aurait pu devenir une grande référence de la musique amerloque. Peut-être même la meilleure. Mais avec des si…

Depuis une quarantaine d’années, on se satisfait de l’éponyme et de Down The Road. Mince consolation. Jusqu’à ce qu’en 2009 nous tombe du ciel, grâce à Rhino, le fameux Pieces, qui réunit quelques inédits de sessions, deux versions alternatives de titres de l’époque qui suffisent amplement à notre plaisir et à raviver la mémoire d’un groupe créatif et vitaminé sérieusement négligé.

L’offre axée sur une quinzaine de pièces, est excellente, de belle qualité sonore. On y souscrit plus que jamais et goûlument, c’est dans la logique des choses après la maigrichonne discographie que le groupe de Floride nous a laissés. Manassas n’était pas un coup du hasard, qu’on se le cale une fois pour toutes au fonds de la cabessa. La preuve se situe encore dans cette belle rétrospective enregistrée en 1973 (RAZOR©).

 

1. Witching Hour.

2. Sugar Babe.

3. Lies.

4. My Love Is A Gentle Thing.

5. Like a Fox.

6. Word Game.

7. Tan Sola Y Triste.

8. Fit To Be Tied.

9. Love and Satisfy.

10. High And Dry.

11. Panhandle Rag.

12. Uncle Pen.

13. Do You Remember the Americans.

14. Dim Lights, Thick Smoke (And Loud, Loud Music).

15. I Am My Brother.

 

Stephen Stills:chant,guitares,basse,piano,claviers,slide guitare.

Chris Hillman:basse,guitares,mandoline,chant.

Dallas Taylor:batterie.

Al Perkins:steel guitare,banjo,guitares.

Paul Harris:orgue,piano,claviers.

Calvin 'Fuzzy' Samuels:basse.

Joe Lala:percussions,congas,timbales,chant.

Jerry Aiello:orgue.

Lachy Espinol:percussions.

Guille Garcia:percussions.

Sydney George:flute.

Charlie Grimes:guitares.

Bobby Whitlock:claviers,chant.

Joe Walsh:guitare,slide guitare.

Bonnie Raitt:choeurs.

 

DVD Live 1972 - 2003

 

Stills muzikladen 72 2

 

STEPHEN STILLS & MANASSAS

MUSIK LADEN LIVE 1972 – 2003  4,5/5

 

Publié en 2003 (Format DVD).

Produit par Edward Secard,Gary Katz.

Durée:35:28.

Label:Pioneer Artists.

Genre:rock,country-rock.

 

Rares images…

 

Dans le sillage d’un premier album éponyme publié en mai 1972 et particulièrement bien accueilli, autant par la presse que par les fans de Stephen Stills, Manassas, sa formation la moins connue, mais certainement la meilleure qu’il ait eu avec Crosby Stills & Nash, capitalise sur sa bonne étoile en prenant part à quelques concerts américains, mais aussi, en faisant quelques TV, à l’instar de ce Musikladen Live  réalisé la même année, pour une émission télévisée, dans les studios radiophoniques d’une station est-allemande de Brême. Rares sont les occasions de voir évoluer Manassas : en voilà une !

Quel bonheur que de retrouver sur ces images un père Stills au sommet de sa gloire, entouré d’une crème de zikos pas piqués des hannetons. L’exploit est peu mince de réunir, sous la même tunique, le fidèle en amitié et grand professionnel devant l’Eternel qu’est Chris Hillman, alors ex-Byrds (65/68) et ancien du Flying Burritos (68/70), le claviériste de sessions Paul Harris, toujours dans les bons coups dans les années 60/70, le steel guitariste virtuose texan Al Perkins, le bassiste Calvin Fuzzy Samuel préalablement impliqué dans les projets sous CSN, le percussionniste Joe Lala (Blues Image) et le batteur Dallas Taylor, autre familier de la période Crosby Stills et Nash.

A ces musiciens chevronnés, il faut associer les interventions ponctuelles de Byron Berline (violon) et Bill Wyman (basse), ce dernier ayant toujours clamé haut et fort qu’il aurait quitté les Stones pour pouvoir pousser plus loin l’expérience avec le groupe de Stills.

Vu comme une des plus grandes formations des seventies par les initiés, Manassas mérite une réhabilitation dans les règles. Le mieux pour se convaincre du statut de Terrific Band tel que le définissait alors son leader, est de se poser sur ce live de studio d’une quarantaine de minutes ainsi que sur les deux albums qui collent à son existence.

En incorporant à son rock, des influences country, folk, blues, bluegrass et latino, Manassas pouvait tout jouer ; sa fusion des genres est terriblement efficace et très distinctive de la production vinylique du moment. Il est simplement à déplorer que cette aventure ô combien prometteuse n’ait pas été prolongée bien au-delà des deux années qui marquent son existence dans le concert rock californien.

Stephen Stills y tient le rôle central, fort d’une stature alors à son faîte. C’est le Stills comme on l’aime, celui qui a influencé le rock californien, appuyé en cela par un lot de lieutenants qui s’engagent sans compter, sans retenue, en toute confiance. Le rendu est plus que convaincant ; vous avez 40 minutes pour juger que la réputation de Manassas était loin d’être surfaite. Fans de west-coast, à vos lecteurs, la performance est grande, propre, inspirée et (en ce qui concerne les images) unique ! (RAZOR©)

 

1. Bound To Fall.

2. It Doesn't Matter.

3. Hide It So Deep.

4. Song Of Love.

5. Rock n' Roll Crazies.

6. Cuban Bluegrass.

7. Jet Set.

8. Jam #1.

9. The Treasure.

 

Stephen Stills:guitares,chant,banjo.

Chris Hillman:guitares,chant,mandoline.

Al Perkins:guitares,chant,pedal steel guitare.

Paul Harris:claviers.

Joe Lala:percussions,chant.

Calvin Fuzzy Samuel:basse.

Dallas Taylor:batterie.

DISCOGRAPHIE SOUTHER HILLMAN FURAY 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Souther hillman furay

 

THE SOUTHER-HILLMAN-FURAY BAND

SOUTHER-HILLMAN-FURAY BAND – 1974  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Richard Podolor.

Durée:38:41.

Label:Asylum Records.

 

Avec des si...

 

On ne peut pas faire référence à ce groupe sans évoquer David Geffen, alors incontournable initiateur d’Asylum Records (1971), obnubilé par un projet de super groupe et sans lequel ce trio n’aurait vraisemblablement pas pris forme.

Geffen, déjà derrière les engagements sous le label Atlantic Records, de Crosby Stills & Nash, puis de Jackson Browne, Joni Mitchell, Bob Dylan, Tom Waits, avait dans l’idée de refaire le coup de CS&N, une grosse réussite artistique et commerciale.

Il est vrai que John David Souther, Chris Hillman et Richie Furay réunis, ça a drôlement de la gueule. Le premier nommé est un excellent et sensible auteur-compositeur ayant œuvré notamment pour les Eagles dont il est à la base de certains tubes.

Hillman, faut-il encore le présenter ? Byrds, Flying Burrito Brothers, Manassas… que du lourd ! Richie Furay n’est pas en reste et affiche une présence influente dans Buffalo Springfield et Poco. Geffen met son projet, devenu véritable obsession, à exécution en 1973.

Le trio est alors complété, en backing band, par trois ex-Manassas : Paul Harris aux claviers, Al Perkins (guitare, pedal steel et dobro) et Joe Lala (aux percussions). L’arrivée du schizo Jim Gordon (batteur de Derek & The Dominos et assassin de sa mère) fixe cette formation à 7 unités.

Réunir des stars, c’est une chose. Chacun peut apporter à la collectivité son lot de titres, et ceux-ci sont généralement bons, chaque titre peut être agréablement exécuté, chacun membre peut réciter sa partition à la perfection, cependant, si le liant entre les différentes composantes fait défaut, l’effet obtenu n’est pas à la hauteur des espoirs légitimement entretenus. C’est le cas. C’est ce qui ne se retrouve pas dans ce montage huppé, le ciment, l’osmose, la cohésion.

Et c’est ce qui traduit ce premier album du Souther Hillman Furay Band. Geffen avait de l’ambition pour cette formation créée de toutes pièces et n’imaginait pas la déception qui allait naître de ce disque.

Les dix titres proposés sont corrects, mais... The Heartbreaker et Border Town de Souther, Fallin’ In Love (Furay), Believe Me (encore Furay), Safe At Home de Chris Hillman sont agréables, mais ne font pas profiter l’album de leur qualité.

Ce disque éponyme de 1974 est d’un intérêt moindre pour les vrais fans de ces artistes, même fait par de très grands professionnels. Pour ces raisons de sauce qui ne prend pas vraiment. Mais il ne fait pas de mal à écouter, non plus. Pour le situer, on pourrait dire qu’il appartient au ventre mou de ce que ces musiciens ont réalisé. Ni bon, ni mauvais. Du 3,5/5 en quelque sorte.

A noter que Heavenly Fire (signé de Len Fagan et Chris Hillman) est un hommage à Gram Parsons qui venait de décéder en septembre 1973. Le rock n’oublie jamais les siens (RAZOR©).

 

1. Fallin' in Love.

2. Heavenly Fire.

3. The Heartbreaker.

4. Believe Me.

5. Border Town.

6. Safe at Home.

7. Pretty Goodbyes.

8. Rise and Fall.

9. The Flight of the Dove.

10. Deep, Dark and Dreamless.

 

J.D. Souther:guitare,chant.

Chris Hillman:chant,guitare,basse,mandoline.

Richie Furay:chant,guitare.

Jim Gordon:batterie,percussions.

Paul Harris:claviers.

Joe Lala:percussions.

Al Perkins:pedal steel guitare,dobro,basse,guitare.

 

LP Studio 2 - 1975

 

Southerhillmanfuraybandtrouble inparadise

 

THE SOUTHER HILLMAN FURAY BAND

TROUBLE IN PARADISE - 1975  3/5

 

Publié en 1975.

Produit par Tom Dowd.

Durée:33:27.

Label:Asylum Records.

 

Dans l'anonymat des 70's.

 

Le projet de Geffen de faire du Souther Hillman Furay Band, un Crosby Stills & Nash bis, a vécu. C’est un flop. Le premier album éponyme du trio SHF, enrichi de membres de Manassas et de Jim Gordon (ici remplacé par Ron Grinel), a suscité beaucoup d’espoirs, mais les promesses de la potentialité supposée de cette réunion étoilée, n’ont pas été à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre.

Tom Dowd, tout droit débarqué d’Atlantic Records, produit ce qui est le deuxième et dernier album de cette formation que l’on nous a fait miroiter à grands renforts d’annonce, mais qui s’avère finalement une formation installée dans l’anonymat de ce que le rock proposait alors  : Trouble In Paradise (en écoute intégrale ici) ne casse donc pas trois pattes à un canard.

Comme son prédécesseur, on lui accordera une attention, eu égard au pédigrée de nos protagonistes. N’est pas Furay, Hillman ou Souther (connu pour sa collaboration avec Eagles et Linda Ronstadt), qui veut !

Convenable disque de country-rock, il peut drainer dans son sillage les aficionados de pointures comme les Flying Burrito d’Eagles ou de Poco, toutes proportions gardées cependant. Mais qu’ils sachent qu’on est en dessous de ces formations autrement plus convaincantes.

A propos de Poco, Richie Furay, son ex-chanteur et nouveau converti au Christianisme, apporte au projet Trouble In Paradise, deux contributions, For Someone I Love et On The Line, tandis que Souther se taille la part du lion en écrivant quatre titres sur neuf (Trouble In Paradise, Mexico, Prisoner In Disguise et Somebody Must Be Wrong), Hillman trois (Move Me Real Slow, Love And Satisfy et Follow Me Through). Les apports de Furay et Souther sont les plus convaincants.

Décontracté, facile à encaisser, ce disque consiste en un classique country-rock sorti, et resté, dans l’anonymat de la production du milieu des années 70, sur la côte Ouest des Etats-Unis. SHF se sépare aussitôt cet album. Au regard des attentes et de la trace qu’il a laissé, on comprend mieux pourquoi (RAZOR©).

 

1. Trouble In Paradise.

2. Move Me Real Me.

3. For Someone I Love.

4. Mexico.

5. Love And Satisfy.

6. On The Line.

7. Prisoner In Disguise.

8. Follow Me Through.

9. Somebody Must Be Wrong. 

 

JD Souther:chant,guitare,batterie.

Chris Hillman:chant,basse,mandoline.

Richie Furay:chant,guitare.

Paul Harris:claviers,flûte.

Al Perkins:guitare,pedal steel,dobro.

Joe Lala:percussions.

Ron Grinel:batterie.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1976

 

Chrus hillman slippin away

 

CHRIS HILLMAN

SLIPPIN’ AWAY – 1976 3,5/5

 

Publié en 1976.

Produit par Howard Albert,Ron Albert.

Durée:36:30.

Label:Asylum.

Genre:country-rock,country.

 

Le Chris de Manassas.

 

C’est l’album solo de Chris Hillman que je préfère, celui le plus proche de ce qu’il fit avec Manassas. Il vient alors de quitter le Souther Hillman Furay Band, dissous, et qui n’a pas beaucoup contribuer à promouvoir sa carrière. Slippin’ Away, sorti en 1977, oui.

Il a, en effet, quelques belles petites gâteries qu’il faut écouter : Slippin’ Away, Love Is The Sweetest Amnesty, Step On Out, Take Me In Your Lifeboat.

Entouré du gratin des musicos et du meilleur panel vocal du moment parmi lesquels le fidèle Herb Pedersen, Bernie Leadon, Byron Berline, Timothy B. Schmit, Al Perkins, Donnie Dacus, Russ Kunkel, Chris Hillman démontre qu’il est un rocker avéré et qu’il ne se cantonne pas qu’au folk et à la country.

Individuellement, c’est sur cet album que l’on peut vraiment découvrir d’autres aspects de la musique de ce monstre sacré des années 60/70. Slippin’ Away, égaré dans la surabondante production des années 1975/1979, méritait mieux que l’oubli : une réhabilitation. C’est avec plaisir que je le remets sur le haut de la pile de disques (RAZOR©).

 

1. Step On Out.

2. Slippin' Away.

3. Falling Again.

4. Take It On The Run.

5. Blue Morning.

6. Witching Hour.

7. Down In The Churchyard.

8. Love Is The Sweetest Amnesty.

9. Midnight Again.

10. (Take Me In Your) Lifeboat.

 

Chris Hillman:chant,guitare acoustique,guitare électrique,guitare 12 cordes,mandoline.

Herb Pedersen:choeurs,guitare acoustique,banjo.

Bernie Leadon:choeurs,guitare,guitare acoustique.

Byron Berline:choeurs,violon.

Richard Marx:choeurs,guitare.

Rick Roberts:choeurs,hand claps.

Howard Kaylan,Mark Volman,Timothy B. Schmit:choeurs.

Al Perkins:guitare,guitare électrique,steel guitare.

Steve Cropper:guitare,guitare électrique.

Donnie Dacus:guitare,slide guitare.

George Terry,Sam Broussard:guitare.

Ivory Joe Harris,Paul Harris:claviers.

Albhy Galuten:synthétiseurs.

David Garibaldi,Jim Gordon,Russ Kunkel:batterie.

Joe Lala:tambourin,hand claps,percussion.

Howard Albert:percussion.

Flo & Eddie:choeurs.

 

LP Studio 2 - 1977

 

Chris hillman clear sailin a

 

CHRIS HILLMAN

CLEAR SAILIN’ - 1977  3/5

 

Publié en 1977.

Produit par Jim Mason

Durée:38:01.

Label:Asylum.

Genre:country-rock.

 

Avec des si…

 

Son premier album solo était déjà un exploit en ce sens que Chris Hillman n'a jamais été du genre très prolixe en matière d’écriture ; si vous analysez bien sa carrière, vous vous apercevrez qu’Hillman a eu une contribution très canalisée, voire souvent réduite à la co-signature, en qualité d’auteur-compositeur.

Entre Clark et McGuinn (Byrds), Stills (Manassas), Souther et Furay (SHF Band), Parsons et Roberts (Flying Burrito Brothers), Hillman a souvent été coincé. Il n’a jamais semblé s’en plaindre.

Son deuxième album personnel est un peu la sanction de du consetement à cette facilité. Et c’est dommage qu’il ne se soit pas plus livré (mais, avec des si…), car ce qu’il propose sur ce Clear Sailing de 1977, n’est pas vilain du tout, même si c’est un peu moins bon que Slippin Away ; il y a encore un échantillon de belles chansons imbibées de douce chaleur californienne : Heartbreaker, Fallen Favorite, Clear Sailin’, Playing The Fool, Hot Dusty Roads. A redécouvrir, ça ne peut faire que du bien (RAZOR©).
 

1. Nothing Gets Through.

2. Fallen Favorite.

3. Quits.

4. Hot Dusty Roads.

5. Heartbreaker.

6. Playing The Fool.

7. Lucky In Love.

8. Rollin' And Tumblin'.

9. Ain't That Peculiar.

10. Clear Sailin'.

 

Chris Hillman:guitares,chant.

Richard Marx:guitar,choeurs.

John Brennan:guitare.

Merel Bregante:batterie,choeurs.

Skip Edwards:claviers,pedal steel guitare,synthétiseurs.

Larry Sims:basse,choeurs.

Al Garth:violon,viola,saxophone.

Joe Lala:percussion.

Jock Bartley:guitare.

Michael Clarke:tambourin.

Timothy B. Schmit:choeurs.

Bobby LaKind:percussion.

DISCOGRAPHIE MCGUINN CLARK HILLMAN 70'S.

LP Studio 1 - 1979 

 

Mcguinn hillman clatk 79

 

MCGUINN CLARK & HILLMAN

MCGUINN CLARK & HILLMAN – 1979  3/5

 

Publié en 1979.

Produit par Howard Albert,Ron Albert.

Durée:38:44.

Label:Capitol.

Genre:folk-rock,country-rock.

 

Plaisir mitigé.

 

Ils auraient pu refaire le coup des Byrds et reprendre à leur compte un nom qu’ils ont contribué à rendre mythique. Ils, ce sont Roger McGuinn, Gene Clark et Chris Hillman. Ils auraient pu, mais, pour des raisons déontologiques évidentes, ils se sont contentés de réunir leurs patronymes respectifs et de les apposer sur le contrat d’enregistrement, sous label Capitol, de ce disque éponyme collectif.

C’est donc sous McGuinn, Clark & Hillman (en écoute intégrale ici) que sort ce LP de 1979. J’étais de ce disque à l’époque. Imaginez mon impatience d’en découdre avec lui moi grand fan des Byrds devant l'Eternel.

Même sans Crosby, avec trois éléments sur cinq, on tient là 60% des Byrds, non de dieu ! Et bien il m’a fallu déchanter. Ce groupe qui sonne alors si contemporain, n’a rien de son illustre devancier.

Les trois ex-Byrds ne revendiquent d’ailleurs pas leur statut passé, déclarent à tout-va que les Byrds, c’est de l’histoire ancienne, et que cette nouvelle mouture à trois n’a pas pour objectif de repiquer au truc.

L’album n’est pas dégueu, s’écoute avec plaisir mais sans passion, tant la matière appropriée pour le pousser vers le haut, fait défaut. Aujourd’hui encore, j’éprouve une inégale satisfaction à l’auditionner, mais c’est plus par nostalgie du passé et par respect pour ces vétérans que je le fais.

Même les titres de Gene Clark (Little Mama, Backstage Pass, Feelin’ Higher et Release Me Girl) que je vénère, ne me touchent pas comme d’habitude.

Les trois larrons n’ont toutefois pas perdu la main sur Long Long Time, Surrender To Me (de Rick Vito), Don’t You Write Her Off et Bye Bye Baby. Par contre, en flirtant avec le disco, le disque s’effiloche et perd de son attrait dès le cinquième titre.

Ce produit, au risque de me répéter, intègre la profusion de disques moyens de la fin des années 70. Milieu de gamme, pas plus (RAZOR©).

 

1. Long Long Time.

2. Little Mama.

3. Don't You Write Her Off.

4. Surrender To Me.

5. Backstage Pass.

6. Stopping Traffic.

7. Feelin' Higher.

8. Sad Boy.

9. Release Me Girl.

10. Bye Bye Bay.

 

Gene Clark:guitare,chant.

Chris Hillman:basse,guitare,chant.

Roger McGuinn:guitare,chant.

Paul Harris:clavier.

Joe Lala:percussion.

George Terry:guitare électrique,guitare acoustique,piano.

Greg Thomas:batterie.

Mike Lewis:arrangements cuivres et cordes.

Charles Chalmers,Sandra Chalmers,Donna Rhodes:choeurs.

John Sambataro:guitare,choeurs.

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